27/09/2016

TOURISME A SALY

Une synergie des acteurs pour la relance de Saly-Portudal

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La station de Saly a connu une phase d'exploration, avant de devenir une station balnéaire, c'est-à-dire entre les années 50 et les années 70. Les infrastructures rudimentaires : Saly étaient composées par des bungalows communément appelés « cabanons ». Les touristes procuraient aux villageois du travail informel. Ce tourisme local était donc un tourisme relativement intégré à la culture locale.
Dans le but d'atteindre un développement économique, en 1972, un Plan d'aménagement touristique de la Petite-Côte est mis en place à la suite d'une étude de faisabilité réalisée, en 1976, par le Cabinet Louis Berger International. Pour mieux réaliser ce projet, et plus particulièrement, l'implantation d'une station balnéaire compétitive sur le marché international, le gouvernement sénégalais crée, le 7 novembre 1975, la Société d'Aménagement de la Petite Côte (SAPCO-SA). Cette phase d'implication du secteur privé formel et informel mais surtout des autorités nationales va de 1977, quand la première unité, Saly Sud, fut réalisée ; à 1983, avec la création des trois premiers hôtels : Palm Beach (ouvert déjà le 23 Novembre 1980), Novotel Saly et Savana Saly. Pendant cette phase, le nombre de flux touristiques internationaux commence à augmenter et les locaux restent encore très impliqués.
C'est entre 1984 et 2006 (avec une petite interruption) que la station a connu une vraie phase de développement (particulièrement pour l'année 2002, qui a enregistré 132.947 arrivées internationales), en se positionnant sur le marché international comme station balnéaire et de loisirs. Plus précisément, la destination s'était positionnée entre les années 1980-1995 comme une simple station balnéaire de masse et, déjà, à partir des années 1995-1999 avait connu une première phase de déclin vu son produit peu original. Dans le but de relancer le tourisme, une nouvelle reconversion fut mise en place, notamment : de produit balnéaire à produit balnéaire de loisirs avec l'installation de sports nautiques, sports mécaniques, activités de loisirs, etc? C'est dans cette période que d'autres hôtels, les premières résidences et d'autres infrastructures commencent à s'installer. Des investissements publics mais surtout privés dans la promotion sont mises en place : des grands TO comme Thomas Cook, Jet Tours, Nouvelles Frontières, Fram, Look voyages et Tui signent des contrats d'exclusivité avec certains hôtels et vendent la destination dans le monde entier. Le secteur touristique devient la principale activité économique génératrice d'emplois dans la station : certains quittent les villages pour venir « gagner » leur vie à Saly. C'est dans cette période de développement que des spéculations s'organisent en nuisant le milieu naturel (exploitation des plages, vente des terrains de la forêt protégée, etc.) et socio-culturel (phénomène d'européisation, perte des valeurs traditionnelles, petite corruption, etc.), des impacts, amplifiés par d'autres facteurs (endogènes et exogènes), qui conduiront à une phase de déclin.
Comme déjà affirmé, la station de Saly n'a jamais connu une vraie phase de consolidation, de notoriété sur le marché national et international, par de grandes opérations de marketing. Malheureusement, la petite reconversion « autonome » (car aucune étude n'a été développée), adoptée dans les années 1990, n'était pas suffisante et efficace. Avec le premier choc exogène, notamment la crise économique en Europe, la station tombe dans une phase de maturité. En effet, on pourrait plutôt affirmer que de 2007 à 2016, la station a connu une phase de maturité vu l'interaction d'importants et tragiques facteurs endogènes (absence de politiques touristiques de 2000 à 2012, troubles à la suite des élections présidentielles en 2012, installation du Visa, manque d'une vraie stratégie de marketing touristique) et exogènes (érosion côtière, la crise économique en Europe, l'Ebola en 2014-2015 et la menace du terrorisme de nos jours). Cette phase est aussi caractérisée par le recul d'investisseurs privés internationaux (FRAM en Octobre 2015, Nouvelles Frontières et Tui en Novembre 2014), par le mécontentement de la population locale qui n'arrive plus à « gagner » du tourisme, par une diminution importante de flux touristiques, par des impacts socio-économiques et environnementaux négatifs comme conséquence d'une phase de développement non-maitrisée, par une concurrence déloyale et surtout par un vieillissement important du produit vu le manque de moyens pour investir. Tout ça amène à une perte importante de l'attractivité et de la compétitivité de la destination.
Le rôle des professionnels du tourisme et des décideurs politiques devient alors essentiel afin de renouveler et repositionner l'offre touristique. Paradoxalement, c'est dans cette phase de déclin du tourisme balnéaire/de loisir international qu'une nouvelle courbe est venue se dessiner, notamment : le tourisme d'affaire/le tourisme local qui est, encore aujourd'hui, en plein développement et qui pourrait constituer le nouveau positionnement de Saly dans le marché touristique.
La station a enregistré déjà à partir de 2016 une légère reprise grâce à d'importants facteurs tels que la mise en place d'un projet d'embellissement de la station pour une valeur d'un milliard de francs CFA, la prise de conscience de la nécessité de travailler en synergie avec tous les acteurs de la station, l'organisation de certains événements comme la Semaine du Tourisme Local, etc. D'autres facteurs, impacteront encore plus de manière positive, notamment : l'ouverture du nouvel aéroport international et de l'autoroute, l'avancement du projet de la Banque Mondiale pour faire face au phénomène de l'érosion côtière, l'application de l'étude « Saly Ville Verte », la valorisation de la forêt à l'entrée de Saly, la disposition de prix plus compétitifs et l'installation du programme de Formation professionnelle pour l'emploi et la compétitive - Projet Cluster Tourisme/Hôtellerie- financé par l'Etat du Sénégal, la Banque Mondiale et l'Agence Française de Développement.
Mais il nous faut surtout beaucoup plus d'audace en mettant en oeuvre des stratégies marketing plus agressives coordonnées entre l'Agence Sénégalaise de Promotion du Tourisme (ASPT), le Ministère du Tourisme et des Transports Aériens (MTTA), la SAPCO-Sénégal, et l'APIX, l'Agence Sénégalaise de Promotion des Exportations (ASEPEX) et même l'AIBD. Les budgets individuels de promotion de ces structures ne suffisent certes pas à mener des actions de grandes envergures sur le plan mondial. Il devient donc une nécessité pour ces entités de créer un cadre et de mutualiser leur force en guise de conquête du marché mondial. Alors dans ce cas nous pourrons nous permettre de rêver d'avoir des visibilités lors des grands rendez-vous (Jeux olympiques, Coupe d'Europe, coupe d'Afrique etc.).
Saly nécessite à l'heure actuelle de réfléchir à son repositionnement sur le marché mondial (ville verte, station d'affaire, pôle économique, station de sport, station balnéaire, etc.) et définir des stratégies marketing afin de renouveler son image et son identité. La reprise ne pourra être atteinte que dans un contexte de gouvernance et de synergie entre tous les acteurs. Nous devons trouver un consensus fort autour de la destination SALY. Pourquoi ne pas mettre en place des contrats de DESTINATION. Voilà pourquoi, il sera nécessaire de redynamiser le Comité de station de Saly.
Mais d'abord posons-nous la question de savoir, Quel Saly nous voulons ?
La réponse à une telle question servira de viatique pour la définition de la stratégie à mettre en oeuvre pour relancer le tourisme à Saly.
Babacar Mbengue Ingénieur Informaticien Professionnel du Tourisme/Dakaractu

Commentaires

et pour le tourisme pour quand ouverture aéroport;iden autoroute saly;M Bour pour quand la est la raison pour nous touriste Francais et Belge a quand votre réponse svp pour cette année en novembre .!!!.???.

Écrit par : BARBAIX | 27/09/2016

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Tres bonne analyse avec beucoup d'exactitude dans les dates. Bravo !

Écrit par : Alain | 27/09/2016

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Après toutes leurs réunions, colloques, séminaires, assemblées, semaine du tourisme local, ils ne savent pas encore, le Saly qu'ils veulent ??? C'est curieux, non !
On va encore attendre la réponse à la question avec des réunions, des colloques, des séminaires, des assemblées et des semaines du tourisme qui pourront servir de viatique pour la définition de la stratégie de mise en œuvre pour relancer le tourisme à Saly ??? Mais, çà veut dire quoi cet assemblage de mots. On se fout de qui et depuis combien de temps sur le tourisme !
Si on finissait l'aéroport, si on baissait les prix des billets d'avion et les taxes aéroportuaires, si on finissait l'autoroute jusqu'à Mbour et plus si affinités, à la Gambie et la Casamance, si on nettoyait les rues et acheter des poubelles pour que la ville soit belle et propre, si on virait les harceleurs et les arnaqueurs dès que l'on sort des hôtels, si on sortait les talibés de la rue, si on construisait les digues parallèles et légèrement en oblique les unes des autres, pour le passage des bateaux des pêcheurs, si les baye-fall arrêtaient leurs chants nocturnes qui dérangent la population et les touristes, si la teranga était de retour au lieu de prendre les touristes pour des portefeuilles à plumer, etc... Avec des si qui se réalisent, on aurait plus besoin de tos ces réunions, colloques, séminaires, assemblées et semaines du tourisme, ces bouffe-pognons qui n'amènent à rien, c'est du anti-viatique !

Écrit par : issa gibb | 28/09/2016

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superbe vérité tout est dit vu de la Belgique ...

Écrit par : jean | 28/09/2016

superbe vérité tout est dit vu de la Belgique ...

Écrit par : jean | 28/09/2016

Ce qu'ils veulent l'argent des touristes mais pas les touristes!!!!!Le beurre et l'argent du beurre

Écrit par : maie | 28/09/2016

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qu'il commence par nettoyer Saly, village et côté balnéaire

Écrit par : jacobus | 28/09/2016

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qu'il commence par nettoyer Saly, village et côté balnéaire

Écrit par : jacobus | 28/09/2016

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Bonjour. Je trouve l'analyse très pertinente. D'ailleurs il faut en profiter pour remercier et féliciter M. Mbengue. Depuis qu'il est à Saly il ne cesse de prendre des initiatives. Nous sommes à Saly depuis plus de 10 ans mais au moins on voit que Saly est entrain de changer de visage. Il y'a des trottoirs, il y'a des poubelles dans les rues, il y'a des bancs publics, il y'a des lampadaires solaires. Le chemin est encore long mais soit persévérant.

Écrit par : Massamba | 28/09/2016

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il y a des trottoirs, oui mais ils sont plus occupés par des voitures que par des piétons, les lampadaires solaires, beaucoup sont installés sous les arbres et beaucoup ne fonctionne pas, pas d'écoulement d'eau dans Saly et beaucoup de grandes flaques d'eau après la pluie, voir devant Casino et beaucoup d'autres endroits. voir aussi la route qui va vers la plage entre Paradis et Safari. Les arbres de la haie de LOOKEA devenu Saly Princesse qui vont dans les fils électriques, une cloture toute délabrée depuis plus de 10 ans.Dans le village, débris et déchets de toutes sortes partout et construction diverses qui empiètent sur les routes

Écrit par : jacobus | 28/09/2016

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L'Afrique ne serait plus L'Afrique si tout restait nickel!!!la rue leur appartient et ils s'approprient tout ce qu'ils y trouvent,mais surtout pas de critiques ,autrement nous sommes traités de racistes,tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil,continuez comme ça ,vous etes entrain de faire marche arrière et ce n'est pas parce que vous avez un smartphone que ça changera qq chose,vous etes des esclavagistes d'enfants et ça c'est archaique

Écrit par : eddy | 29/09/2016

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Bien vu ,mais finalement très négatif et surtout pas constructif..................

Écrit par : oyster | 29/09/2016

C'est sur vous avez raison, mais il faut bien dire les choses comme elles sont!!! et bon nombre de Sénégalais(es) aimeraient que ça s'arrangent ,il n'y a que les imbéciles pour cracher sur le tourisme...

Écrit par : eddy | 29/09/2016

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