06/10/2016

PETROLE: SAGES CONSEILS...

Pièges du Pétrole : Les 3 conseils d'une autorité Nigériane au Sénégal

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Le pétrole est capable du meilleur comme du pire. En effet, il peut catalyser l’ascension d’un Etat, en lui donnant toutes les ressources financières et énergétiques nécessaires à son rayonnement, comme il est capable de lui attirer un destin des plus funestes. Aujourd’hui, le Sénégal qui a découvert l’or noir dans son sous-sol, fait office de néophyte dans le secteur. Sans expérience conséquente dans le domaine, les autorités ont opéré, ou devront opérer, des choix qui engageront toute une nation, sur l’exploitation de ses énormes ressources minières.
«J’aurais donné 3 conseils au Sénégal»
Depuis longtemps leader de la production pétrolière en Afrique, le Nigéria a, lui, commencé à exploiter l’or noir depuis 1958. Le business n’a plus de secret pour lui. Durant ses 58 années de production, le pays a, tantôt, joui des juteuses rentes de cette ressource, tantôt pâti de ses sombres effets. Aujourd’hui, le Nigéria semble être l’un des Etats africains les mieux placés pour souffler au Sénégal, les erreurs qu’il ne devra surtout pas commettre. Et justement, numéro deux de la chambre des représentants du Nigéria, Yusuf Sulaimon Lasun, qui a tiré toutes les leçons des déboires de son pays avec le pétrole, sait ce que le Sénégal doit faire pour ne pas tomber dans les mêmes travers que le Nigéria. Sa première recommandation, c’est d’exiger des compagnies pétrolières d’opérer un transfert de technologies afin de permettre au pays, de pouvoir exploiter lui-même ses ressources dans l’avenir.
Exiger un transfert de technologies aux compagnies
«J’aurais donné 3 conseils au Sénégal. Le premier, c’est le transfert de technologies. En effet, le Nigéria a découvert le pétrole en 1956, a commencé à en vendre en 1958. Mais, pendant toutes ces années, il ne disposait pas de la technologie nécessaire. Il dépendait des compagnies étrangères qui, eux, apportaient leur technologie. Donc le premier conseil que je donnerai au Sénégal, c’est de prévoir, dans un délai donné, qu’au moins 70 à 80 % de la technologie soit transférée aux Sénégalais pour qu’au bout de quelques années, vous puissiez faire la prospection et l’exploitation seuls, sans l’aide de l’étranger», conseille le vice-président de la chambre des représentants dont le pays est aujourd’hui plongé dans une situation économique sans précédent.
Diversifier et ne surtout pas devenir accro au Pétrole
En effet, accro au pétrole et de ses rentes qui farcissent le budget et embellissent les exportations, le Nigéria n’a pas supporté la chute des cours du brut. La croissance a tellement chuté que le pays est plongé dans la récession. Une situation, sur laquelle le Nigéria a tiré des leçons que M. Lasun recommande au Sénégal. «Le deuxième conseil, c’est qu’il ne faut pas être tributaire d’un seul produit. Si vous prenez la Malaisie comme exemple, ce pays produit du pétrole, or il a des millions d’hectares de plantations de palmiers pour faire de l’huile de palme. Donc ce pays a diversifié son économie», montre-t-il la voie au Sénégal.
Investir les recettes du pétrole dans les autres secteurs
En plus des deux conseils, le numéro deux de la chambre des représentants recommande aux autorités sénégalaises, d’utiliser les ressources générées par l’or noir pour investir dans les autres secteurs stratégiques de l’économie sénégalaise. «Si le Sénégal respecte ces trois conseils, il ne tombera pas dans le même travers que le Nigéria», estime M. Lasun.
Aujourd'hui, nombre de Sénégalais pensent que l'or noir va changer leur vie et celle de la nation. Mais, pour cela, il faudra d'abord que les autorités sachent tirer les meilleures leçons des erreurs des pays producteurs et apprendre des pays ayant réussi leur politique pétrolière et économique, comme la Norvège.
Youssouf SANE/Seneweb

Commentaires

Le Nigéria effectivement a connu et connaît encore des déboires dans ce domaine. Le Sénégal a d'autres pays amis producteurs de pétrole, à même de le mettre en garde, pour d'une part éviter les écueils et erreurs dont certains ont fait les frais, et d'autre part élaborer des stratégies permettant la mise en place d'une véritable politique de progression économique et sociale pour le bien du pays et de sa population, ce qui entre tout à fait dans l'objectif du PSE. On apprend toujours -si on veut bien y prendre garde- des erreurs des autres, pays producteurs de pétrole... ou pas.

Écrit par : Candide | 06/10/2016

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EN VERITE AVEC CKEIKH HAMIDOU KANE – ECRIVAIN : ‘’Comment bien gérer le pétrole et le gaz…’’
Publié le 6 octobre 2016 - http://www.enqueteplus.com/content/en-verite-avec-ckeikh-hamidou-kane-

Du pétrole et du gaz viennent d’être découverts au Sénégal. Comment le pays devrait-il se comporter pour que ces richesses ne deviennent pas source de conflit ?
Le Sénégal doit tirer les leçons des mauvais exemples que nous donnent actuellement les pays africains qui possèdent du pétrole. Bien qu’ils disposent de quantités importantes, ils continuent d’avoir une population pauvre, mal soignée. Parce que les ressources pétrolières ne rapportent pas grand-chose à ces pays. Aussi, elles sont gérées par des multinationales étrangères. Alors, à mon avis, il faut mettre en place une gouvernance propre au Sénégal. Et pour le moment, il faut se féliciter d’avoir découvert ces quantités importantes de gaz et de pétrole. Il faut que le Sénégal et la Mauritanie se concertent dans la gestion. D’ailleurs, je crois que nous en prenons la direction. 

Quel type de gouvernance préconisez-vous pour la gestion de ces richesses ?
On peut s’inspirer des pays notamment les Scandinaves qui ont des richesses en hydrocarbures. Ils ont mis en place une gouvernance qui permet de gérer ces ressources au grand bonheur de la population. Donc, il faut qu’on s’inspire de ces exemples, plutôt que des pays africains possesseurs de pétrole ou de gaz, et qui ne font pas le nécessaire. On doit faire confiance aux responsables politiques. Parce qu’ils connaissent le secteur. De ce point de vue, rien ne doit l’empêcher de mettre en œuvre une gouvernance propre à l’exploitation de ces richesses. On doit permettre ainsi au pays de disposer d’un outil que les gouvernements qui ont précédé le régime de Macky Sall n’ont pas eu à faire. A cet égard, il a tout intérêt à jouer ce rôle. Et on peut lui faire confiance.

Écrit par : Candide | 06/10/2016

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