05/11/2016

LES ENFANTS FANTÔME DU SENEGAL

Les enfants fantômes du Sénégal

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Dakar estime qu’ils étaient 53 000 élèves de primaire sans acte de naissance en 2015. Un terrible handicap qui prive de scolarité après le CM2 et limite la vie sociale.
Les Sénégalais les surnomment les « enfants fantômes ». Pourtant, dans le quartier de Sintian près de Kolda, en Casamance, tous les habitants les ont déjà vus. Il suffit de poser la question. Une main se tend alors en direction d’une bâtisse. Rien de paranormal. Elle est semblable aux autres, un toit de chaume et du torchis pour les murs. Sur le perron, on appelle et le petit fantôme sort à pas feutrés.
La lumière l’éblouit. Il se passe l’avant-bras sur le front pour écraser quelques gouttes de sueur puis renifle, le regard hébété face à l’assemblée de voisins et de badauds. Le petit fantôme raconte son histoire d’une voix imperceptible. Au bout d’un moment, tous ces gens autour de lui, et cette honte qui le tiraille, c’en est trop. Ses joues se strient de larmes. Allons plutôt nous réfugier avec lui dans la pénombre.
Le petit fantôme a aussi une identité. Elle s’appelle Khady Sira*. Elle a 15 ans… peut être 14. Ni elle ni sa mère ne savent plus vraiment. Car d’existence administrative elle n’en a pas. Ses parents n’ont jamais déclaré sa naissance aux autorités et n’ont donc jamais obtenu le précieux acte qui l’inscrit dans les registres de la mairie de Kolda, lui donne un âge, une origine et un avenir. Khady, comme ses autres camarades, a tout de même pu aller à l’école dès le cours d’initiation (CI), l’équivalent du CP français. Elle y a « fait les bancs », de 6 ans jusqu’à 11 ans. Arrivée en CM2, son instituteur lui a empêché de passer l’examen de fin d’année qui sanctionne le cycle primaire et conditionne l’entrée au secondaire. Il y était obligé, comme l’exige la loi sur l’orientation scolaire qui interdit la poursuite de la scolarité après le CM2 aux élèves sans acte de naissance.
Tristesse et désœuvrement
Khady a donc dû quitter le confort des bancs d’école pour les racines noueuses du manguier devant sa maison, sur lesquelles, assise toute la journée, elle observe ses anciennes camarades partir et revenir de l’école. Elle a l’impression de les voir grandir quand elle s’enracine dans l’indolence que provoquent sa tristesse et son désœuvrement. Sa mère a bien essayé de lui trouver un travail. Elle l’a envoyé à Dakar chez son oncle pour aider au ménage, à la cuisine et garder les enfants. Un oncle sympa qui l’a prise sous son aile et a tenté plusieurs démarches pour décrocher le sésame tant convoité auprès des autorités. Mais la tâche s’est révélée plus compliquée que prévu. Ni la mère de Khady ni son père n’ont jamais possédé d’acte de naissance à leur propre nom, ce qui empêche Khady d’en avoir un.
A vrai dire, personne dans la famille de Khady n’a d’acte de naissance. Aucun de ses cinq frères ni la dizaine de demi-frères. Quand on lui demande pourquoi, la mère, gênée, hésite, invoque le manque d’argent, le mari décédé sans le sou, et les transports longs et onéreux quand ils habitaient dans un village reculé, à quatre heures de trajet du premier centre d’état civil. Si le manque de moyens est un problème récurrent dans ces quartiers périphériques des villes de Casamance, pour Yves-Olivier Kassoka, spécialiste de la protection de l’enfant à l’Unicef, ce n’est pas l’unique raison.
« Il est vrai qu’il existe une corrélation entre le taux d’analphabétisme, le taux de pauvreté et le nombre d’enfants sans acte de naissance, avance-t-il. Plus les familles sont pauvres, plus les enfants risquent d’être absents des registres de l’état civil. Mais l’argent n’est pas la raison principale. De nombreux parents ne se rendent pas compte de l’importance d’un tel document pour le futur de leurs enfants et l’amélioration des conditions de vie de toute la famille, car ils ont toujours vécu sans. Il n’y a pas de retour immédiat sur l’investissement que représente un enregistrement coûtant entre 200 et 700 CFA (moins d’un euro), selon les régions. Si la procédure est compliquée et le centre trop éloigné, un parent peu informé abandonnera bien vite cette option.
Matteo Maillard
http://www.lemonde.fr/afrique/visuel/2016/11/04/les-enfan...

Commentaires

Au Sénégal et partout ailleurs dans le monde un enfant né est un fruit d'un amour consommé par la volonté divine et doit porter au moins le nom de sa mère à défaut de celui du père génital et être inscrit dans les registres de naissance de l'État en présence d'un seul autre témoin de préférence membre de la famille.
Cette pratique doit aussi se faire pour les enfants nés sous X , ces bouteilles jetées à la mer dans des couffins en forêt ou nulles parts ailleurs abandonnés.
Il se peut que parmi ces enfants se trouve un savant ,un sportif ou notre sauveur de ce bas monde.
C'est injuste de laisser cet état de chose sans proclamer une campagne de sensibilisation pour éradiquer ce mal qui a trop duré.

Écrit par : Ahmed Bouchakour | 05/11/2016

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Au Sénégal et partout ailleurs dans le monde un enfant né est un fruit d'un amour consommé par la volonté divine et doit porter au moins le nom de sa mère à défaut de celui du père géniteur et être inscrit dans les registres de naissance de l'État en présence d'un seul autre témoin de préférence membre de la famille.
Cette pratique doit aussi se faire pour les enfants nés sous X , ces bouteilles jetées à la mer dans des couffins en forêt ou nulles parts ailleurs abandonnés.
Il se peut que parmi ces enfants se trouve un savant ,un sportif ou notre sauveur de ce bas monde.
C'est injuste de laisser cet état de chose sans proclamer une campagne de sensibilisation pour éradiquer ce mal qui a trop duré.

Écrit par : Ahmed Bouchakour | 05/11/2016

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Au Sénégal et partout ailleurs dans le monde un enfant né est un fruit d'un amour consommé par la volonté divine et doit porter au moins le nom de sa mère à défaut de celui du père géniteur et être inscrit dans les registres de naissance de l'État en présence d'un seul autre témoin de préférence membre de la famille.
Cette pratique doit aussi se faire pour les enfants nés sous X , ces bouteilles jetées à la mer dans des couffins en forêt ou nulles parts ailleurs abandonnés.
Il se peut que parmi ces enfants se trouve un savant ,un sportif ou notre sauveur de ce bas monde.
C'est injuste de laisser cet état de chose sans proclamer une campagne de sensibilisation pour éradiquer ce mal qui a trop duré.

Écrit par : Ahmed Bouchakour | 05/11/2016

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c'est vrai une partie des parents ne déclarent pas leurs enfants ce qui pose d'enormes problemes au niveau de la scolarité et qu'on se retrouve a declaer des gens de 15 ans qui en realité en ont 20.....ce qui fait qu'on voit arriver en europe des soi disants mineurs qui en realité n'en sont pas, il suffit de radiographier les dents et l'ossature et on peut determiner l'age!!!!!

Écrit par : flopaty | 05/11/2016

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Déclarer la naissance d'un enfant devrait être OBLIGATOIRE et GRATUIT dans un délai de... (à définir par les têtes bien pleines) suivant le jour de la naissance. Pour les zones reculées, les maires pourraient organiser des tournées périodiques (cadence à définir là aussi...) jusque dans les villages les plus reculés, afin de rechercher et d'inscrire les enfants venus au monde.
Ces enfants sont des apatrides, toutes les portes se fermeront devant eux les unes après les autres, ils n'auront même pas le droit de voter à l'âge adulte. Ils n'ont aucun avenir. Officiellement, ils n'existent pas ! Et s'ils procréent à leur tour, leurs propres enfants seront dans la même situation apparemment... Il faut régulariser ces cas ; une campagne de sensibilisation c'est bien mais çà ne suffit pas ; l'Etat ET les responsables locaux (préfet, maire, chef de village...) doivent aussi prendre leur responsabilité en la matière, et donc prendre le taureau par les cornes !
C'est invraisemblable, au 21ème siècle ! après 60 ans d'indépendance !
Le dernier recensement de la population (2013 ou 2014) n'a rien révélé de bizarre ? il devrait être possible de comparer le résultat du recensement avec le chiffre des naissances et des décès dûment déclarés et enregistrés, et se poser un certain nombre de questions...
Où est la citoyenneté dans tout çà ?

Écrit par : Xx | 05/11/2016

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il faut voir comment et par qui ce recensement a été fait

Écrit par : flopaty | 07/11/2016

l'émergence n'existe pas encore dans tous les services administratifs des mairies, dans beaucoup d'autres secteurs aussi d'ailleurs : gouvernement, police, gendarmerie, senelec, sonatel et autres,infirmerie, école, garderie d'enfants, travaux publics, respect du code de la route, mauvais état des voitures et taxis

Écrit par : jacobus | 06/11/2016

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Enfants non déclarés, sans état civil = enfants fantômes ou enfants talibés = enfants abandonnés. Même combat ! Lâcheté de parents irresponsables et laxisme général pour s'occuper, élever, éduquer et protéger les enfants. Au XXIème siècle, c'est minable et pas émergent du tout !

Écrit par : issa gibb | 07/11/2016

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