10/11/2016

SAINT LOUIS AGONISE

Patrimoine architectural de Saint-Louis : La «Venise africaine» en quête d’un éclat perdu

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Le charme de l’île Saint-Louis, c’est avant tout son architecture, archétype des cités coloniales. Une balade en calèche suivant le circuit touristique de la ville permet de saisir la beauté de la ville tricentenaire et de replonger dans l’histoire qui se cache derrière cet ensemble architectural classé au patrimoine mondial de l’Unesco.
« Venise africaine » ! Ceux qui l’ont surnommé ainsi n’ont pas tort. Comme la ville italienne de l’amour éternel, l’île de Saint-Louis occupe une situation géographique exceptionnelle à la confluence de l’Océan atlantique et des deux bras du fleuve Sénégal. Toutes deux sont bâties sur l’eau. La comparaison n’est pas que géographique, elle est aussi historique. Venise fut la porte de l'Orient, Saint-Louis fut la porte d’entrée de la colonisation française au Sénégal et en Afrique occidentale française (Aof). La ville historique italienne a toujours été isolée de la terre ferme, jusqu'en 1841 où commencèrent les travaux de construction du pont ferroviaire, l’ancienne capitale de l’Aof connut la même situation d’enclavement avant la construction et l’inauguration du pont Faidherbe en 1897. La ville entière de Venise et la Lagune ont été déclarées en 1979 au patrimoine de l'humanité par l'Unesco, l’île de Saint-Louis, ses berges, ses quais et le pont Faidherbe ont été inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2000.
De la corniche nord du quartier Sor qui borde le grand bras du Fleuve Sénégal, l’île se dévoile sous toutes ses coutures. Le panorama des différents types de bâtisses coloniales qui s’offre à la vue est exquis. Apprécier Saint-Louis de loin est un spectacle visuel particulier, le fouler et contempler l’architecture de près est un autre sentiment ineffable. Malgré les vicissitudes du temps, le charme de ses façades claires à arcades et balconnets de fer forgé et son allure de ville coloniale sur la côte africaine restent intacts.
Parcourir la ville en calèche en compagnie d’Amadou Diop de l’Association les Guides amis du patrimoine et de son jeune cocher, c’est d’abord découvrir le style architectural de la maison saint-louisienne avec ses variantes (boutiques anciennes aux portes en bois plein surmontées de lucarnes rectangulaires ou en plein cintre bordées de tiges de fer, vestiges de l’ancienne aération des cellules d’esclaves qui donnent dans la cour ; habitation à étage avec balcon en bois et balustrade en fer forgé, le double toit en pente recouvert de tuiles rouges, « maisons basses portugaises, baraques des captifs affranchis etc.,). Et c’est ensuite replonger dans 350 ans d’histoire faite de continuité et de ruptures parfois douloureuses comme ce jour de 1957 lorsque la capitale fut transférée à Dakar. On se rend compte alors, comme l’a si bien mis en exergue Abdoul Hadir Aïdara dans son ouvrage « Saint-Louis du Sénégal d’hier à aujourd’hui », que «Saint-Louis constitue un témoin architectural diversifié permettant d’évoquer, mieux que les autres villes coloniales du Sénégal, l’expansion française et les premiers essais des structures administratives, politiques et éducatives ».
Ile modeste
Longue de 2,5 km et large de 364 mètres, l’île de Saint-Louis, en termes de superficie, est bien modeste. Elle se divise en trois parties. La partie comprise entre la Gouvernance et la grande mosquée de Lodo au nord constitue la zone administrative et commerçante. La Pointe nord située au-delà de cette maison de culte est la zone militaire qui, dans le passé, accueillait de nombreuses casernes. La partie sud de l’île appelée aussi Sindoné ou Kertian est considérée comme la partie résidentielle. Comme à l’époque coloniale, c’est le lieu d’implantation des structures sanitaires (hôpitaux) et éducatives (écoles).
La balade en calèche commence par la petite stèle plantée derrière la Gouvernance en face des locaux du Syndicat d’initiative et de tourisme de Saint-Louis et juste à la descente du Pont Faidherbe en venant de Sor. De ce côté-là, un petit bâtiment aux murs fortifiés n’attire pas forcément les regards : c’est le Fort de Saint-Louis. Le tout premier bâtiment de l’île construit en 1659, selon notre guide Amadou Diop. « Toute l’histoire de Saint-Louis est partie de cette bâtisse », dit-il.
Une de ces histoires qui rappellent des souvenirs douloureux liés à l’esclavage, un bâtiment situé sur l’alignement du quai Roume qui borde le grand bras du fleuve Sénégal dans le quartier Lodo, en a été témoin. Cette esclaverie aujourd’hui transformée en fabrique de pain, date des années 1820. Ses murs épais traversés par de petites fenêtres gardent encore les stigmates de la traite négrière. A deux pâtées de là, une splendide bâtisse, « La Maison Rose », impose sa beauté. Cette ancienne maison de commerce est sans doute l’un des édifices coloniaux les mieux entretenus de l’île de Saint-Louis. L’intérieur est organisé autour d’une cour intérieure en patio. Ce type d’architecture fait de tuiles rouges, de murs de grosse épaisseur et des portes et fenêtres surmontées d’arcades permet au bâtiment d’emmagasiner une certaine fraîcheur. Toujours, le long du quai Roume, les maisons de commerce des grandes compagnies comme Cfao, Peugeot ou encore Lacoste et Singer de l’autre côté, rappellent l’époque faste de l’économie de Saint-Louis. Dans le même prolongement, à un pas de la grande mosquée de Saint-Louis (voir ailleurs), en bord de quai, une grue à vapeur de 20 tonnes se dresse sur un massif en maçonnerie.
Une position militaire stratégique
Fouler la Pointe nord de l’île, c’est saisir toute l’importance stratégique que représenta Saint-Louis sur le plan militaire pour le colon. Ce quartier calme a accueilli des casernes militaires et continue d’être une zone militaire malgré la présence de quelques civils qui habitent dans des bâtiments réformés. La bâtisse blanche qui accueillait le Consulat de France est aujourd’hui le siège de l’Institut français. Elle est mitoyenne à l’ancien camp des Spahis transformé en Caserne de sapeurs-pompiers. Le collège d’enseignement Abdoulaye Mar Diop était une ancienne caserne. Les maisons occupées jadis par des officiers français accueillent aujourd’hui des officiers militaires sénégalais. Le bâtiment des chantiers navals est devenu le siège des Travaux publics avant de devenir le Quai des Arts. Le champ de tir, lui, est devenu un terrain de football. L’ancien camp des Tirailleurs appelé « Camp Archinard » côtoie l’ancienne résidence du Gouverneur Faidherbe. Cet édifice communique avec l’ancien Fort de Saint-Louis par un tunnel souterrain, informe notre guide Amadou Diop.
Le commissariat de l’île, le siège de la station régionale de la Rts et le Centre culturel régional figurent parmi les derniers blocs de bâtiments qui donnent sur l’îlot de Bopp Thior caché derrière une végétation luxuriante. Cet îlot habité par une centaine de personnes fait face à l’extrême nord du quartier de Gokhou Mbacc. Il abrite un ancien cimetière de Saint-Louis et la première briqueterie de la région. A sept kilomètres de l’île, on débouche sur un village mauritanien. Toujours dans ce quartier nord de Lodo mais de l’autre côté tout près du petit bras du Fleuve Sénégal, on retrouve la prison centrale de Saint-Louis non loin du pont Ousmane Masseck Ndiaye reliant ce côté-ci de l’île à la langue de Barbarie. Jusqu’à une date récente, cette infrastructure métallique s’appelait « Pont de la Geôle » en souvenir de l’exécution, au même emplacement, d’un jeune podorois qui avait tué un équipage d’esclaves. « C’était la première fois et la dernière fois qu’une personne était guillotinée à Saint-Louis », souligne Adama Diop. Au cœur de la zone commerçante, se trouve l’ancien tribunal européen devenu le tribunal de Saint-Louis. Il jouxte un bâtiment qui, jadis, abritait le tribunal musulman où officiaient des Cadis. En passant par la Place Faidherbe pour aller dans le quartier sud appelé Sindoné ou Kertian, on ne peut manquer de remarquer deux grands bâtiments se font face. Il s’agit d’anciennes casernes appelées Rogniat. Le Rogniat nord est devenu un hôtel. Sur l’un de ses flancs, se trouve le lycée Elhadji Omar Tall ancien lycée Faidherbe. Le Rogniat sud est occupé par l’armée. L’hôpital de Saint-Louis anciennement hôpital militaire se trouve derrière et donne sur le petit bras du fleuve en face du quartier de Guet Ndar.
Kertian ou le quartier des chrétiens
Le quartier Sindoné, à l’époque coloniale, était la zone résidentielle. C’est la raison pour laquelle y étaient concentrés hôpitaux et écoles. Cette partie de l’île conserve encore des maisons basses appelées « maisons portugaises » finement ouvragées dans un esprit baroque colonial.
Le quartier Sud ou Sindoné est le plus ancien de Saint-Louis. C’est de ce côté qu’habitaient les chrétiens d’où l’appellation Kertian, les métisses, les mulâtresses, les quarterons et les quarteronnes, plus les négresses libres et leurs captifs. Ce quartier Sud qui va de la Gouvernance jusqu’à la rue Repentigny est la zone la plus homogène et la plus urbanisée. On y trouve la Maison des Sœurs Cluny aujourd’hui fermée aux visiteurs. C’est là qu’habitait Anne Marie Javouhey avec sa congrégation de six sœurs. « Elles recueillaient des femmes noires qui étaient tombées enceintes des colons qui avaient regagnés leur pays. Elles les accompagnaient jusqu’à leur accouchement et parfois même prenaient en charge les nouveau-nés », souligne Amadou Diop.
A la pointe sud de l’île, on a la « Promenade des Saint-Louisiens » qui borde le Centre de recherche documentaire du Sénégal (Crds) ex-Ifan. Le Crds est un complexe avec un musée et une bibliothèque qui est la plus ancienne de l’Afrique francophone hérité du fonds bibliothécaire de la colonie du Sénégal. La création de cette bibliothèque, rassemblant plus de 35 000 documents, daterait de 1837. Ses rayons abritent un ouvrage datant de 1546. Il est en latin et parle des philosophes du 16 siècle. On y retrouve aussi des revues, des périodiques (Dakar-matin, Paris-Dakar, le Soleil), ainsi que les archives du tribunal colonial. La maison familiale du fondateur de la maison d’édition Présence Africaine d’Alioune Diop se trouve à un jet de pierre du Crds. Le lycée des jeunes filles Ameth Fall est situé dans cette même zone. Ce lycée fut d’abord le siège de l’ancien hôpital civil puis abrita le lycée Blanchot où ont été formés les premiers instituteurs d’Afrique en Aof. Cet établissement scolaire est niché sur le Quai Henry Jay, un des plus grands négociants de Saint-Louis qui, en partant, a laissé tous ses biens aux œuvres sociales. Sur le même prolongement, tout au bout du quai, le bâtiment du Conseil régional se dévoile. Dans le passé, il fut le siège du Conseil général.
La calèche revient au point de départ en face du majestueux Pont Faidherbe avec ses sept arches métalliques, orgueil et fanion de Saint-Louis. Pour nous, la balade est terminée. Mais pour le guide Amadou Diop, c’est un éternel recommencement.
Saint-Louis, « un héritage prestigieux qui nécessite un effort de valorisation »
S’il y a un ouvrage qui, de manière synthétique et pédagogique, revisite le patrimoine architectural de Saint-Louis, c’est bien celui d’Abdoul Hadir Aïdara, ancien directeur du Centre de recherche documentaire du Sénégal (Crds) : « Saint-Louis du Sénégal d’hier à aujourd’hui ». Selon l’auteur, si d’autres villes africaines comme Grand Bassam et Bingerville en Côte d’Ivoire, Porto-Novo au Bénin sont également riches en monuments, rares sont celles où les styles des diverses périodes s’associent aussi harmonieusement. « Ces villes ont ensuite subi d’importantes transformations au point de définitivement altérer l’harmonie de leur ensemble. Ce qui n’est pas le cas de Saint-Louis qui est donc un prestigieux héritage nécessitant un effort de conservation, de restauration et de valorisation », écrit M. Aïdara.
Organisée à partir d’un plan en damier se justifiant par sa silhouette élancée, l’île de Saint-Louis, explique l’auteur, possède une superbe anthologie d’architecture coloniale comprenant des éléments qui se sont superposés les uns à la suite des autres depuis la fin du 18ème siècle. « Saint-Louis est, de par son organisation spatiale, représentative des premières villes coloniales en damier, développées sur le continent africain à partir du 16ème siècle. Les rues sont agencées perpendiculairement autour d’une place centrale, lieu des pouvoirs : gouvernance, armée, église et justice », écrit l’auteur. La première stratigraphie est constituée de bâtis antérieurs à 1820. La seconde stratigraphie comporte les bâtiments les plus importants et les plus imposants de la ville, construits entre 1818 et 1848 sous la Restauration et la Monarchie de juillet. La troisième stratigraphie concerne la période de 1854 à 1890 sous le Second empire et la Troisième République. « L’urbanisme y est florissant grâce à l’implantation des structures administratives, politiques et éducatives de la colonie du Sénégal. Les principaux bâtiments publics tels que le palais du gouverneur, l’hôpital militaire, l’hôtel de l’administration, le palais de justice sont restaurés, agrandis ou reconstruits. En même temps, le patrimoine de l’Etat s’enrichit de nouveaux édifices : la caserne de l’Artillerie, l’Hôtel de ville, le Conseil général et l’école Brière de l’Isle », souligne M. Aïdara. Enfin, la dernière stratigraphie est celle de la période postérieure à la Seconde Guerre mondiale de 1947 à 1957. « C’est une période glorieuse avec la construction d’immeubles modernes dans l’île et dans les faubourgs : la Maison du combattant, le Crds ex-Ifan, les casernements, les Blocs 22, le palais de la Pointe nord, le commissariat central, la maison de la radio ».
Patrimoine en péril
Plus ancienne ville construite par les Français en Afrique de l’ouest, l’essentiel du patrimoine bâti de l’île de Saint-Louis est constitué par un ensemble architectural légué par la colonisation. D’une superficie de 72 ha, l’île est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis décembre 2000. Ce classement concerne aussi les zones tampons que sont la corniche de Sor nord et sud et les corniches de la Langue de Barbarie nord et sud. L’île doit en grande partie son inscription au patrimoine mondial à son ensemble urbain, architectural et culturel remarquable. Cependant, « le bâti urbain est en train de subir des mutations parfois significatives qui constituent de sérieuses menaces sur l’intégrité de ce patrimoine mondial », regrette Moustapha Ndiaye dit « Och », directeur du Centre culturel régional de Saint-Louis et gestionnaire de l’île de Saint-Louis.
Cette menace s’explique par le non respect du règlement d’architecture, les démolitions et réhabilitations tout azimut. Ainsi, « des pans entiers de l’histoire de cette ville s’écroulent au fil des ans ». Cette situation est d’autant plus fâcheuse que les malfaçons notées ces dernières années sur des projets de restauration privée sont parfois l’œuvre de grandes personnalités publiques qui ont eu à occuper des responsabilités gouvernementales. Une situation que ceux qui sont engagés dans le Plan de sauvegarde et de mise en œuvre (Psm) du patrimoine de l’île trouvent regrettable. Le Psm a été élaboré et approuvé par décret présidentiel n°2008-694 dans le but d’arrêter la dégradation de Saint-Louis. En application depuis juin 2008, ce plan réglemente les travaux, les constructions ainsi que tous les aménagements urbains. En effet, il se pose un véritable problème de conservation et d’entretien du patrimoine bâti de l’île de Saint-Louis. Les bâtiments sont pris entre l’enclume de riches propriétaires qui les modifient radicalement à leur goût et le marteau de gens qui n’ont pas les moyens de les entretenir en l’état et donc les laissent se dégrader. Moustapha Ndiaye en appelle à l’intervention de l’Etat car, dit-il, « l’entretien nécessite beaucoup de moyens ». Néanmoins, un début de solution est entrevu dans le cadre du Programme de développement touristique de Saint-Louis (Pdt) dont une des composantes prévoit la réhabilitation de 134 unités architecturales sur un total de 1344 unités architecturales. Une goutte d’eau dans la mer mais qui aura quand même le mérite, aux yeux du Gestionnaire « de redorer un peu le blason de l’île ». « La réhabilitation de ces 134 unités architecturales fera tache d’huile et on espère que cela fera effet boule de neige pour la réhabilitation de l’ensemble des unités architecturales », appelle-t-il de ses vœux. Dans la même dynamique, le Comité du patrimoine mondial a fait une recommandation forte lors de sa dernière session demandant à mettre en place un plan d’action lequel a été déjà élaboré, selon Moustapha Ndiaye. Il plaide pour la mise en place d’un collège de contrôle des contrefaçons, des démolitions, des destructions et des constructions anarchiques qui réunira en son sein les services techniques municipaux, le gestionnaire, le service de logement, bref tous les acteurs. En attendant, le Gouverneur de la région a pris un arrêté interdisant toute démolition de bâtiment sur l’île. Peut-être le début de la conservation durable de ce riche patrimoine architecturale.
La mosquée à cloche, une curiosité bien saint-louisienne
Une cloche comme dans les églises. La grande mosquée de Saint-Louis, située dans le quartier nord de Lodo, doit être le seul lieu de culte musulman au monde à en disposer. A l’époque où il n’y avait pas encore de sonorisation, cette cloche servait à appeler à la prière, informe l’éclectique artiste Saint-louisien Pape Samba Amadou Sow dit Zumba. « Cette mosquée est unique en son genre au monde », ajoute-t-il. Autre version de la présence de cette coche, c’est que « le Gouverneur général ne voulait pas entendre la voix du muezzin », avance Amadou Diop de l’Association Guides amis du patrimoine. Même si cette cloche n’est plus utilisée aujourd’hui, elle est toujours en place et reste bien visible en haut du minaret. Financés par l’administration coloniale, les travaux de cette mosquée dont l’emplacement a été choisi par Elhadji Omar Tall, l’un des plus farouches opposant à la colonisation française, ont duré de 1825 à 1847. Si le débat du maintien ou non de cette cloche a été posé à un certain moment, il reste qu’elle est l’illustration parfaite de l’harmonie dans laquelle musulmans et chrétiens ont toujours vécu à Saint-Louis du Sénégal, ville par excellence du métissage racial, religieux et ethnique qui a traversé plusieurs générations.
Lesoleil - http://www.lesoleil.sn/grand-air/item/57578-patrimoine-ar...

Commentaires

Que l'hypocrisie s'arrête aussi à Saint Louis, toute comme à Gorée et dans tout le Sénégal. C'est une volonté affichée des gouvernants et des responsables religieux de laisser se dégrader les constructions coloniales. Ils ne trompent plus personne, ils vont même jusqu'à laisser se délabrer des écoles publiques de type colonial (encore appelées écoles françaises) pour faire disparaitre le souvenir colonialiste qui aurait pillé le pays ??? Alors que les écoles publiques (et de moins en moins laïques) manquent cruellement au Sénégal.
C'est pareil, pour les anciens bâtiments coloniaux abandonnés à la destruction du temps, alors qu'ils pourraient encore servir comme hôpital, crèche, dispensaire, centre culturel, maison de quartier, maison des jeunes, etc ... Mais non, ils ne doivent plus servir, ils sont d'architecture coloniale si détestée !
Alors, l'Unesco et tous les autres organismes de protection et de sauvegarde du patrimoine mondial arrêtait d'injecter notre fric au patrimoine colonial du Sénégal, le fric disparaît en fumée dans les poches des requins qui ont renié leur passé. UN PAYS QUI RENIE SON PASSE, N'A PAS D'AVENIR !

Écrit par : issa gibb | 12/11/2016

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C'est tout à fait incompréhensible et sidérant cette obstination aveugle de vouloir éradiquer les bâtiments de l'époque coloniale en les laissant se dégrader lentement mais sûrement. Le patrimoine immobilier, partie intégrante du patrimoine culturel, reste en effet une richesse inestimable pour un pays quel qu'il soit, et pas seulement sur le plan financier...

Par exemple, l'Espagne (réputée très catholique) a conservé les Palais et Jardins de l'Alhambra en Andalousie : “chef d'oeuvre du génie civil, militaire et artistique islamique, construit par les Arabes aux 13° et 14° siècles. Alors que presque partout dans le monde musulman les palais anciens ont disparu ou ne sont plus que des ruines, l’Alhambra possède encore 2 groupes de Palais du 14° siècle. C'est, avec la Grande Mosquée de Cordoue, le plus prestigieux témoin de la présence musulmane en Espagne du 8° au 15° siècle”. Aujourd'hui, 7000 personnes visitent l'Alhambra quotidiennement, soit + de 2 millions de visiteurs par an pour ce seul site.

Que dire des conquêtes de la Rome Antique (du 8° siècle avant J.-C. au 5° siècle **) en Europe et en Afrique, où l'on trouve aujourd'hui encore un nombre impressionnant de témoignages de ces conquêtes : aqueducs, ponts romains routiers et piétonniers, barrages, temples, amphithéâtres et théâtres antiques, odéons, thermes, fortifications, remparts, murailles, arènes, tours, portes et arcs de triomphe, portiques, mausolées, bibliothèques, vestiges de forts, de maisons, de maisons souterraines, de villas, de villes, de parcs, baptistères, nécropoles, monuments votifs, mosaïques, obélisques et colonnes, cirques, forums, etc.

Et si on avait détruit ou laissé se dégrader tant de témoins du passé... on serait bien avancé !

La Rome antique a contribué grandement à l'élaboration du droit, des institutions et des lois, de la guerre, de l'art et la littérature, de l'architecture et de la technologie, ainsi que des langues dans le monde occidental. Son histoire continue d'avoir une INFLUENCE MAJEURE SUR LE MONDE D'AUJOURD'HUI.


** “En proie à l'instabilité interne et aux attaques de la migration des peuples, la partie occidentale de l'Empire comprenant l'Hispanie, la Gaule, la Bretagne, l'Afrique du Nord et l'Italie, se scinde en royaumes indépendants à la fin du 5° siècle”.

Notons au passage que la migration des peuples (grand sujet d'actualité aujourd'hui, au 21° siècle...) existe depuis la nuit des temps, depuis l'origine de l'humanité en fait, origine que les archéologues, anthropologues, ethnologues et autres “...logues” distingués, situent en Afrique. Le continent Africain serait donc le berceau de l'humanité ! C'est là sans doute que Dieu créa Adam et Eve...

Écrit par : Candide | 14/11/2016

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Bientot nous verrons des pagodes,cela nous changera,et le métissage sera chinois,c'est super ils émigreront en chine...

Écrit par : eddy | 14/11/2016

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dommage ils ne pourront pas aller en chine avec des pirogues !!!!

Écrit par : flopaty | 15/11/2016

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