26/11/2016

DIVORCES EN HAUSSE

Taux de divorce élevé au Sénégal: causes et conséquences d’une tare sociale

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Juridiquement parlant le divorce est la rupture du lien conjugal prononcé par un juge. Un divorce arrangé par les deux époux ou leur famille sans l’intervention du juge «n’est pas valable devant la loi». Il existe deux types de divorce: le divorce par consentement et le divorce contentieux. Dans ce reportage effectué par SeneNews, on a l’impression que le divorce est devenu un phénomène de mode. Des divorcés et des spécialistes en la question ont expliqué les causes de cette recrudescence des divorces ainsi que les conséquences qui peuvent en découler.
Les cas de divorce augmentent de plus en plus au Sénégal. Des recherches ont confirmé que le phénomène gagne de plus en plus du terrain. Rien que pour 2013, le nombre de divorce s’est élevé à 126.286. Mais, La majorité des cas concernent les «femmes avec 96.049 personnes et les 30.236 sont des hommes» ce qui montre qu’au Sénégal, le taux d’instabilité des unions reste très élevé, surtout chez les femmes.
D’après les chiffres de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, « les divorcés sont plus nombreux dans la région de Dakar (2,5%). La capitale est suivie par les régions de Matam et Saint-Louis avec 1,5% chacune (identique à la moyenne nationale). La région de Sédhiou avec 0,5% enregistre la plus faible proportion de personnes divorcées, suivie de Kédougou et Kaffrine avec 0,7% chacune».
Rien qu’à Dakar, durant l’année 2015, le tribunal départemental a ainsi eu à prononcer 1775 divorces.
Selon Mame Alioune Mboup, coordonnateur adjoint de la Maison de la Justice des HLM à Dakar, les causes sont multiples. « A mon avis, cette situation est due à l’évolution des mœurs au Sénégal. Auparavant la religion avec un impact très fort dans la vie sociale mais tel n’est plus le cas. La religion a un peu perdu de son apanage. Il y a aussi le statut laïc de notre république. Les individus subissent ce que l’on appelle une dégradation des mœurs. Les femmes sont devenues plus perverties qu’auparavant et les hommes sont de moins en moins responsables. Ce qui fait que y a beaucoup de divorces de nos jours », a expliqué le juriste.
A. F, une divorcée fait part de sa situation. Elle s’est mariée avec un immigré. « On sortait avant qu’il ne parte .Une fois en Europe, on a scellé le mariage. J’avais de bons rapports avec mon époux. Mon problème, c’était les membres de ma belle-famille, surtout ma belle-mère. Elle était insupportable et me menait la vie difficile. Je n’ai pas pu supporter cette situation», a-t-elle confié.
N. S s’est séparée de son mari pour un engagement non respecté: « quand on s’est marié, je préparais mon Baccalauréat. Il était convenu entre nous qu’une fois mon diplôme en poche, j’allais continuer mes études supérieures, car mes parents comptaient sur ma réussite, étant donné que je suis leur aînée. Une fois le Bac en poche, il voulait que j’arrête les études. Il m’avait menti. Je n’avais plus confiance en lui. Au début, je voulais céder, en laissant tomber mes études. Mais, après réflexion, je me suis dit que si jamais je laissais passer cela, il allait exiger autre chose ».
Cette grand-mère, trouvée devant le seuil de sa maison aux HLM 1, donne son avis en ces termes : « les jeunes filles de nos jours ne savent pas gérer un ménage. Elles ne connaissent même pas le sens du mariage. Pourtant elles ont des avantages que nous, leurs mères, n’avions pas à notre époque, mais nos mariages ont duré grâce à notre capacité à se soumettre, à notre endurance et à notre patience. Il faut qu’elles incarnent ces valeurs ancestrales pour mener à bien leur mariage et avoir une bonne progéniture. »
D’après le sociologue Djiby Diakhaté, la recrudescence des divorces «doit être une préoccupation de la communauté car c’est une série de phénomène d’éloignement »
Au sociologue d’ajouter que «le premier éloignement c’est l’individu par rapport à la famille. C’est à l’intérieur de la famille qu’on inculque à l’individu un certain nombre de valeurs qui, par la suite, impriment une orientation dans sa vie. Le deuxième éloignement, c’est par rapport à certaines valeurs comme le sacré. Aujourd’hui, le sacré a cédé la place au matériel. Les relations sociales sont monétisées.»
De ces divorces peuvent découler des conséquences comme l’envie de ne plus se remarier aussi bien chez les hommes que chez les femmes divorcés, un traumatisme chez les enfants dont les parents sont séparés.
Cependant des études ont montré que les mariages sont beaucoup plus stables au Sénégal que dans beaucoup d’autres pays d’Afrique.
Coumba Ndoffene Diouf/Senenews

Commentaires

"Cette grand-mère ... donne son avis en ces termes : ... nos mariages ont duré grâce à notre capacité à se soumettre, à notre endurance et à notre patience. Il faut que ... les jeunes filles de nos jours ... incarnent ces valeurs ancestrales pour mener à bien leur mariage et avoir une bonne progéniture".

Grand-mère, selon “ces valeurs ancestrales”, il faut donc revenir au système matriarcal qui existait sur le continent africain, puisque les racines africaines sont matriarcales (au Sénégal : matriarcat Baïnouk, matriarcat Bassari, matriarcat Mandingue, matriarcat Sérère, matriarcat Wolof).

https://matricien.org/geo-hist-matriarcat/afrique/

Si notre planète Terre était gouvernée par les femmes (52% de la population mondiale) au lieu d'être dirigée par les hommes (48% de la population mondiale), il y aurait certainement moins de conflits, moins de guerres meurtrières, moins de douleurs...

Le monde change, les mariages "arrangés" ne conviennent plus aujourd'hui aux jeunes, filles et garçons. La femme ne veut plus être la servante de Monsieur son mari (et de sa famille, à lui), elle ne veut plus s'agenouiller devant lui pour lui servir un verre d'eau, elle ne veut plus être soumise, malmenée, battue, violée (car le viol conjugal existe bel et bien), elle ne veut plus être déconsidérée, dénigrée, insultée, bafouée. Elle ne veut plus n'être qu'un ventre pour faire des enfants...

Écrit par : Xx | 26/11/2016

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Tout a fait d'accord avec vous respectez les femmes elles le méritent ,elles sont courageuses,ce ne sont pas des marchandises la dot ne devrait plus exister c'est humiliant pour les femmes!!!!l'Afrique de toutes façons changera par les femmes

Écrit par : eddy | 26/11/2016

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completment d'accord !!!!

Écrit par : flopaty | 26/11/2016

Pour sortir les femmes sénégalaises de l'obscurantisme matriarcal, il faut des lois dures et appliquées contre les mariages des mineures, les mariages arrangés et contre les fillettes achetées par des marabouts pédophiles à des familles pauvres.
Il faut comme au Maroc, promulguer une loi sur l'égalité de la femme sur l'homme pour l'éducation des enfants pour sortir les femmes sénégalaise de leur sous-caste humaine dans laquelle elles sont enfermées dans la soumission et le silence face à la caste supérieure des hommes.
Encore comme Maroc, les femmes battus, violentés ou répudiés doivent être protégées par les institutions étatiques dans des coopératives de femmes où en groupes de femmes, elles retrouvent par le travail, des revenus pour survivre, dignité et fierté. Des coopératives de femmes où les abrutis maris violents, alcooliques et autres vices masculins... sont interdits sous peine de problèmes avec la justice. Car les femmes sont l'avenir du Monde. Les choses marchent mieux quand on leur donne des pouvoirs et des responsabilités.
Enfin, il faudra s'éloigner des enseignements religieux arriérés qui préconisent les mariages pluralistes jusqu'à 4 ou 8 femmes pour un homme, qui interdisent la contraception et qui sont contre les contrôles des naissances au nom de l'Islam. Tout en violant des fillettes de 8 ans et en sodomisant des petits talibés de 5 ans dans leurs daaras.
Ou encore, ce grand cheikh religieux saoudien, presque aveugle, qui annonce que l'homme peut manger sa femme dans un cas extrême (famine) pour sa survie et que cela sera pour elle, la femme, une preuve de soumission, de respect et d'amour pour son mari ??? sans lui demander son avis. Le sacrifice d'Isaac, fils d'Abraham remplacé au dernier moment par un mouton, n'est pas loin et donc applicable à la femme, selon ce vieux fou qui devrait dormir dans un asile, depuis longtemps.
Devant toutes ces conneries d'un autre âge, Sénégal fait un petit effort pour monter les femmes sénégalaises à leur rang d'être humain égalitaire des hommes. Elles le méritent toutes !
Sinon, on arrivera à l'obligation de castrer la gente masculine sénégalaise pour les redescendre à une position égalitaire de la caste des femmes, les sans-couilles comme en Inde. Il faudra bien faire un choix, un jour, messieurs les machos sénégalais ???

Écrit par : issa gibb | 26/11/2016

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Non Issa, le "matriarcat" n'est pas une mauvaise formule, bien au contraire : le matriarcat ("droit maternel", ou "ordre social maternel", et non pas "pouvoir aux femmes") est un modèle de société structuré sur la filiation maternelle, et où l’autorité parentale légale est exclusivement maternelle : le père biologique n’a aucun droit sur l’enfant. La mère -et non le père- détient la propriété, c’est à dire le pouvoir réel : sur l’enfant, la maison, la terre, les richesses…
Le système clanique matriarcal est régit par 3 lois :
1. le Totem (le droit) : co-propriété et jouissance du patrimoine (matrimoine) indivisible du clan,
2. le Mund (le devoir) : devoir de protection, aide et assistance inconditionnelles à tous les membres du clan ; en particulier aux femmes et aux enfants,
3. le Tabou (l’interdit) : tous les membres du clan sont considérés comme de même sang. Toute pratique, évocation ou démonstration amoureuse ou sexuelle sont strictement interdites entre membres d’un même clan.

L'obscurantisme d'aujourd'hui est typiquement "patriarcal" parce que l'homme (le mâle) se croit -à tort- toujours supérieur à la femme... N'en déplaise à ces machos, il existe des femmes chefs (ou cheffes) d'état, chefs d'entreprise, pilotes d'avions de ligne ou d'avions de chasse, chirurgiens (chirurgiennes), scientifiques, etc... Vous remarquerez d'ailleurs que certains "titres" ont du mal encore de nos jours à trouver leur équivalent féminin... on se demande bien pourquoi...

Pour le reste, je suis globalement d'accord avec vous...

Écrit par : Xx | 26/11/2016

La religion influence la mise sous tutelle des femmes ,mais ceci est un débat qui n'explique pas tout......

Écrit par : oyster | 27/11/2016

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Je me suis laissé dire que les femmes Sénégalaises,ne pouvaient en aucun cas etre propriètaires,c'est pourquoi dans les familles c'est toujours un garçon qui hérite !!!!peut etre est-ce de l'enfumage??

Écrit par : eddy | 27/11/2016

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J'avancerais, sans certitude générale, mais expliquée par le père de mon filleul salisien : La maison familiale et l'héritage revient à l'aîné mâle des enfants, qui devient aussi le chef responsable de la famille, au décès du père. La position inférieure des frères cadets et la soumission au frère aîné donnent des réussites de solidarité familiale, mais aussi des envies de départ pour l'Europe. Les filles, les sœurs n'ont pas droit à la parole, elles généralement sont déjà mariées et vivent dans les familles de leurs maris. Le nouveau chef de famille, doit nourrir toute la tribu, la mère veuve, les autres femmes veuves du père, s'il y en a (Exemple du voisin Abdoulaye D. 16 ans : Mais, mon père, il a 7 femmes, Tonton Issa !), les jeunes frères et les sœurs, les frères et sœurs mariés et leurs enfants quand ils sont là, des vieilles tantes veuves, des neveux ou des nièces quand les parents travaillent ou quand le père est parti travailler en Europe, encore des neveux et des nièces en vacances, des cousins de Matam ou de Casamance qui sont venus chercher du travail, les petits amis de passage ou les futurs fiancés de passage, ou simplement des voisins invités ou le taximan du coin pour la réduction sur une course. C'est la Téranga entre eux : solidarité familiale et hospitalité sénégalaise !
La Téranga, hospitalité sénégalaise pour les touristes et les étrangers, c'est de l'enfumage hypocrite, un argument dépassé de tourisme. L'accueil est agréable et chaleureux, mais il finit toujours par une demande d'argent, d'aide financière. C'est toujours calculé et lassant à la fin pour les touristes, une des causes de leur fuite du Sénégal. Ce n'est jamais assez ! La Téranga est devenue de la mendicité hospitalière calculée.
Avec 30 à 40 bouches à nourrir, de nombreuses familles sénégalaises ne font plus qu'un seul repas par jour et un sandwich, le matin comme petit déjeuner pour aller à l'école ou avec le café, pour les adultes. C'est le cas du père de mon filleul, qui m'a avoué : Depuis la mort de son père qui l'a propulsé chef de famille avec 9 enfants d'une seule femme, mais avec 40 bouches à nourrir, qu'il rêvait qu'il laissait tout tomber et qu'il partait vivre seul en Europe avec une riche veuve toubab...
Mais ce n'est qu'un rêve, rétorque-t-il en jetant son bras au dessus de sa tête en guise de ras-le bol et de fatalisme !

Écrit par : issa gibb | 27/11/2016

Je réécris donc : Pour sortir les femmes sénégalaises de l'obscurantisme patriarcal, il faut des lois dures et appliquées....pour donner l'égalité entre les femmes et les hommes ...
Merci Xx, heureux d'être corriger et de vous lire comme G. Oyster.
On peut dire "Madame la Ministre" depuis si peu de temps. çà avance doucement.
Cordialement

Écrit par : issa gibb | 27/11/2016

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De plus en plus de divorce,normal tant que les femmes seront considérées comme monnaie par la famille !!!! Ce ne sont pas des marchandises,et puis souvent elles acceptent de se marier pour se libérer de la famille justement,une fois divorcées elles sont libres et ne sont plus esclaves de leur famille et belle famille

Écrit par : chees | 02/12/2016

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