30/12/2016

PORTRAIT DU SENEGAL

Le Sénégal, une mosaïque naturelle et culturelle

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Après un plongeon dans le tourbillon de Dakar, on découvre les villages et le ballet des aigles pêcheurs dans le delta du Sine Saloum, avant de profiter de la Petite Côte…
Du phare des Mamelles, le regard embrasse la presqu’île du Cap-Vert et Dakar. Amadou Ndiaye, ancien directeur des Phares et balises, se souvient que « la reine Elisabeth y est restée des heures avec le président Senghor ». En octobre 2016, ses propriétaires, Diana et Hicham, ont métamorphosé ce monument bâti en 1864 en haut lieu des night-clubbers, alternant concerts, DJ et autres surprises. Ainsi va Dakar, métropole émergente où se mêle un invraisemblable bric-à-brac architectural, où le marché aux poissons de Soumbédioune côtoie le kitchissime Monument de la Renaissance africaine, à côté du camp militaire où a grandi Ségolène Royal. Ensuite, filons vers le delta du Sine Saloum. Ouverte en octobre 2016, une autoroute relie Dakar à son futur aéroport, autour duquel un quartier d’affaires sort de terre.
Les hôtes de la mangrove
Quarante kilomètres plus loin, l’Afrique « éternelle » se fait jour. Encombrée de camions en route pour le Mali, la route mène à Kaolack. Dans ce paysage plat comme la main, les montagnes de sel étincellent sur la latérite. Près de Toubacouta, la forêt reprend ses droits, et des singes gambadent dans les arbres. Dans ce paradis contemplatif, posons nos bagages devant le Saloum. En pirogue, faufilons-nous entre les îles bordées de mangroves. Solitaire, un héron goliath file au ras de l’eau. Au sommet d’un arbre, un aigle pêcheur va fondre sur sa proie. Sur « l’île aux coquillages », des crabes violonistes courent sur les millions de coquilles qui tapissent le sol. A l’horizon, le soleil plonge dans l’océan, et cormorans, hérons, aigrettes, tisserins gendarmes et martins-pêcheurs regagnent leur « reposoir » pour se mettre à l’abri des hyènes et des chacals. Evidemment, l’atterrissage du gros pélican gris provoque des piaillements ! Le lendemain, naviguons vers l’île de Sipo, où les villageois ont créé une réserve marine pour protéger leur pêche. Autour, ils accueillent les voyageurs dans des cases qui permettent de partager leur vie. Pionnier dans le « tourisme intégré », le Sénégal propose des « écolodges », comme à Simal, que nous gagnons en prenant le bac à Foudiougne.
Pêche en eaux protégées
C'est l'heure de la promenade sur le marché. Venues en charrette ou Jakarta (motos-taxis), les vendeuses drapées dans leur boubou proposent mangues et arachides, bissap (fleur d’hibiscus) et fruits du baobab. La rivière franchie, nous roulons jusqu’au village de Fimela. Comme à Toubacouta, il est possible de s’aventurer sur le fleuve en paddle ou canoë et de partager le quotidien des habitants en pêchant avec eux carpes et capitaines. A Joal-Fadiouth, bourg natal de Léopold Sédar Senghor, une passerelle mène au-dessus d’un bras de mer jusqu’aux mosquées et églises de ce pittoresque village où les cochons dénichent les coques à coups de groin. En remontant la petite côte, voici Mbour, célèbre pour ses centaines de pirogues truffées de gris-gris. Gagnons ensuite la réserve de Bandia pour apercevoir rhinocéros, girafes, buffles et anti lopes au milieu des baobabs. Après, il est temps de profiter pleinement des plages de Saly avant que la formidable avancée de l’océan ne les emporte définitivement.
Gorée de l'enfer au paradis
Avec ses maisons ocre, rouge et jaune aux volets bleus et verts, cette île évoque davantage un village provençal qu’un bagne. Pourtant, ces demeures de négociants possèdent toutes leur « porte du voyage sans retour », par laquelle les captifs quittaient l’île pour les Amériques. Nelson Mandela, Barak Obama ont visité la Maison des Esclaves, profitant de cette plateforme « pour lancer des messages forts sur les libertés » affirme son conservateur, Eloi Coly. Ensuite, promenons-nous à l’ombre des baobabs sur les chemins de sable de ce village de 1800 âmes. En chemin, on croise parfois Éric Serra, compositeur du Grand bleu, le financier Georges Soros ou Valérie Schlumberger, mère de Léa Seydoux et mécène d’artistes africains, qui y ont une maison.
Y aller
Paris Dakar à partir de 500 € l’A/R avec Corsair International.
Voyagiste
TUI propose des voyages sur mesure. Un voyage en voiture individuelle avec chauffeur passant par Dakar, Toubacouta, Fimela et Saly est à partir de 2265 € par personne avec les vols pour 7 nuits en ½ pension dans les meilleurs hôtels du pays, soit le Terrou Bi à Dakar, Les Palétuviers à Toubacouta, le Lodge Souimanga à Fimela et Le Lamantin Beach à Saly. En version 3 étoiles, le séjour revient à 1745 € par personne. Pour un circuit du delta du Sine Saloum à Saint-Louis, comptez 1799 € par personne. Pour un départ de province, ajoutez 140 €. TUI : 0825 000 825.
Savourer
A Somone, près de Saly, on accède par bateau au restaurant bar Paradise Rasta, posé au bord de la lagune. Excellents poissons, vue fabuleuse.
Shopping
Jean-Pierre Reymond/Femmeactuelle

http://www.femmeactuelle.fr/voyage/destination-voyage/sen...

Commentaires

Encore une description idyllique du Sénégal qui ne peut pas faire de mal à personne et au tourisme. Seule erreur, l'Ile de Gorée qui représente au Sénégal, le symbole de l'esclavage transatlantique n'a jamais été historiquement un haut-lieu de l'esclavage et le bagne décrit dans l'article ci-dessus.

Par pure logique, il aurait été totalement idiot de faire passer des millions d'esclaves par la minuscule île de Gorée. Cette petite île sans ressource où il aurait fallu les transporter, les loger et les nourrir et beaucoup d'eau potable. Alors qu'il était plus simple de les faire partir vers les Amériques, directement du port de Dakar et du port de Saint Louis, ce qui est la réalité historique... Gorée n'a jamais servi d'embarcadère pour l'enfer de l'esclavage aux Amériques !

Les maisons coloniales appartenaient à des négociants signares qui avaient des esclaves domestiques pour le fonctionnement des maisonnées sur l'île et qu'ils avaient formé pour leurs affaires commerciales. Les cellules des sous-sols servaient d'entrepôts de marchandises pour la gomme arabique, l'ivoire, les peaux et les cuirs, des outils et du bois pour la réparation des bateaux. Les signares étaient opposés à la traite négrière transatlantique et ils gardaient jalousement leurs esclaves ouvriers pour leurs activités commerciales. On estime que du 16° au 19° siècle, il y a eu 2000 à 3000 esclaves qui sont passés par Gorée et ils étaient enfermés dans le petit fort portugais de l'île...Des esclaves n'ont jamais été enchaînés dans les cellules des maisons signares de l'île de Gorée !

Rénovée et sauvegardée à coups de milliards internationaux, la Maison des esclaves à Gorée n'est pourtant qu'un mythe. Cette maison a été construite en 1783, un peu avant l'abolition de l'esclavage, par le commerçant et notable signare Nicolas Pépin. Puis, elle a appartenu à sa sœur Anna Colas Pépin qui avait des esclaves domestiques et des cellules remplies de produits pour le commerce. La porte arrière "du sans retour" ne servait qu'à jeter les déchets de la maison à la mer. Il était dangereux d'aborder avec des bateaux à cet endroit à cause des rochers et il existait une muraille jusqu'à 1780... Des milliers de visiteurs tombent dans le panneau des cellules avec des chaînes importées et de la photo de la porte "du mensonge historique" !

C'est un médecin militaire français Pierre André Carriou qui a entièrement inventé le mythe de la Maison des esclaves de Gorée en 1940, dans un roman jamais publié. Cette idée fut subtilement reprise par le premier Président sénégalais Léopold Senghor et son complice, le conservateur Joseph Ndiaye pour en faire un haut-lieu culturel et touristique, un musée symbole de la traite négrière au Sénégal, mondialement reconnu ???...C'est ainsi que le conservateur Joseph Ndiaye, décédé en 2009 et puis son successeur Eloy Coly mentent depuis des années à des générations d'écoliers sénégalais et à des milliers de touristes tout en remplissant leurs devoirs de mémoire sur l'esclavage : Crime contre l'Humanité !

Il est regrettable que ce musée ignore des questions essentielles sur l'esclavage : La participation des intermédiaires africains, l'importance de la traite arabe et de ses razzias, la collaboration avec les pouvoirs coloniaux, les conflits inter-ethniques jusqu'à censurer délibérément les traites intra-africaines comme dans le Royaume du Ghana au 8° siècle et dans le Royaume du Mali au 11° siècle où 50 % des populations étaient esclaves... De nos jours, seule la traite européenne ou transatlantique ou triangulaire est dénoncée par les instances internationales comme si les européens étaient les seuls à être capable de repentance !

Quand vous visitez la Maison des esclaves à Gorée. Que cette maison soit une fausse esclaverie, ce n'est finalement pas important. C'est le symbole qu'elle représente : L'esclavage et la traite négrière qui sont des Crimes contre l'Humanité. L'esclave est une personne à qui on a pris sa liberté et pourtant, encore de nos jours, au Sénégal, les mots "Liberté" et "Talibé" ne fonctionnent toujours pas. L'esclavage de milliers d'enfants africains perdure et se développe au Sénégal, comme si les histoires de Monsieur Joseph Ndiaye n'avaient servi à rien !

Écrit par : issa gibb | 31/12/2016

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Merci d'évoquer encore ici cette vérité, trop souvent passée sous silence..... -mais le mensonge rapporte....alors !-

Écrit par : loulou21 | 31/12/2016

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Il est seulement dommage qu'on ne puisse pas profiter d'une ballade dans ses villages sans etre abordés par des hordes de soi-disant guides,gardien de parking,qui ne vous lachent pas et vous donnent envie de foutre le camp pour avoir la paix!!!!!ils n'ont rien compris au tourisme ,on oblige pas les gens,on leur propose et on leur fout la paix si ils refusent ce genre de services,le harcèlement n'est pas payant!!!!!

Écrit par : eddy | 12/01/2017

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