04/02/2017

LES SALAFISTES AU SENEGAL

Au Sénégal, la contagion salafiste

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Le pays compte plus de 95% de musulmans qui pratiquaient jusqu’ici un islam tolérant. Crise économique, frustrations postcoloniales, pétrodollars des Saoudiens… Tout contribue aujourd’hui à la radicalisation des mosquées. Reportage.
Natacha Tatu Natacha TatuPublié le 26 juin 2016 à 08h07
Avec sa barbichette aussi blanche que son qamis immaculé, l’imam Alioune Ndao est connu ici, à Kaolack, pour ne pas mâcher ses mots. Le genre à refuser le moindre compromis avec "la vérité d’Allah", à pourfendre sans relâche les kouffar ("infidèles") et autres "compagnons de Satan"… Voile obligatoire pour les femmes, longue barbe pour les hommes, récitation du Coran à 4 heures du matin pour les enfants, interdiction d’écouter de la musique pour tous. Bref, un salafiste pur et dur, un "Ibadou Rahmane" comme on appelle ici ces fondamentalistes religieux revendiquant un islam "authentique" d’inspiration wahhabite, tournant à la fois le dos aux traditions sénégalaises et à l’"occidentoxication"…
Le 26 octobre dernier, à 3 heures du matin, une vingtaine de gendarmes armés jusqu’aux dents ont débarqué chez lui. Ils ont défoncé la porte du logement de ses femmes, mis sa modeste baraque à sac, confisqué ses documents et l’ont embarqué manu militari, menottes aux poignets, sous l’œil de la télévision et de ses fidèles en larmes. Mis en examen pour apologie du terrorisme, blanchiment de capitaux et association de malfaiteurs, le prêcheur soupçonné d’être en relation avec Boko Haram est incarcéré à Saint-Louis.
Depuis plusieurs mois, les opérations coup de poing contre les fondamentalistes religieux se multiplient. Une trentaine de personnes au total, dont trois imams, sont sous les verrous. Après les attentats de Grand-Bassam en Côte d’Ivoire, de Bamako et du Burkina Faso, les services de renseignement qui traquent les "cellules dormantes" censées être disséminées dans le pays sont en alerte rouge.
Une vingtaine de Sénégalais seraient partis en Syrie. D’autres auraient rejoint Boko Haram au Nigeria ou différents groupes armés, comme Ansar Dine et le Mujao, dans la bande sahélo-saharienne… "La question n’est pas de savoir si le Sénégal va être touché, mais quand", entend-on régulièrement à Dakar, où des équipes de sécurité renforcées filtrent désormais l’accès de tous les grands hôtels.
Après avoir longtemps fermé les yeux, le gouvernement a déclaré la guerre aux mosquées radicales qui prospèrent dans le pays. Les communautés salafistes, en plein essor, sont surveillées de près…
Natacha Tatu/l'obs

Commentaires

Cet article a déjà paru sur le blog, c'est un rappel de la radicalisation salafiste au Sénégal et de l'arrestation de l'imam Alioune Ndao dont on ne connait pas la date du procès et son devenir au Sénégal ???
L'islam tolérant, modéré, confrérique, radical, rigoriste, fondamentaliste, intégriste, soufie, sunnite, chiite, wahhabite ou salafiste, etc ... doit nous rappeler qu'il n'y a qu'un seul ISLAM.
Faute de hiérarchie religieuse et Guide suprême, chaque groupe interprète la religion musulmane à sa façon et dans son propre intérêt. Si bien que des groupes armés terroristes qui sont les bras armés de l'Islam et se revendique guerriers du Djihad et du Saint Coran....
Nous sommes en présence d'une grande famille d'un milliard d'êtres humains, en groupes dispersés, parfois en guerre comme les chiites et les sunnites, avec aucun Guide Suprême pour montrer le chemin. Livrée à elle même et à tous ses groupes disparates, cette religion se traîne de graves casseroles et historiquement s'est souvent propagée dans le sang et la douleur des peuples (comme d'autres religions).

Au Sénégal, Oumar Foutiyou Tall (1794-1864), souverain de l'Empire Toucouleur, érudit musulman et éminent soufi, a propagé la religion version tidjane par le Djihad avec son armée dans de nombreuses guerres du Fouta-Djalon jusqu'au Niger : Prises de Dinguiraye en Guinée (1847), du Mandingue et du Bambouk (1853), de Nioro (1854), du Kaarta (1856), de Ségou (1861), de Macina (1862). Oumar Tall fit la guerre aux troupes coloniales françaises de 1857 à 1860 et il s'est fait exploser avec ses fils dans les grottes de Bandiagara au Mali, assiégé par les Peulhs du Macina en révolte
Au contraire de son successeur, Cheikh Maodo Malick Sy (1855-1922) érudit de théologie asharite et de jurisprudence malikite, imam et fondateur de la confrérie soufie tidjane du Sénégal. El Hadji Malick Sy a propagé la voie spirituelle musulmane tidjane avec discrétion et habileté en entretenant de très bonnes relations avec les coloniaux français et les prêtres catholiques. Son idée centrale fut la construction d'une mosquée et une daara = école d'enseignement coranique dans chaque quartier des villes et dans chaque village au Sénégal. Imparable !
Son cousin, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké (1853-1927) théologien et juriste musulman soufi, fondateur et guide spirituel de la confrérie des mourides a moins de chance. Arrêté par les autorités coloniales qui le prennent pour un agitateur. Serigne Touba est exilé au Gabon (1895-1902) et en Mauritanie (1903-1907) puis mis en résidence surveillée à Diourbel. Les autorités françaises comprennent enfin qu'il ne veut pas faire le Djihad et décident de collaborer avec lui. Serigne Touba refuse la Légion d'honneur, mais il obtient la construction des mosquées à Diourbel, puis la grande mosquée Touba où il est enterré. Il est aussi considéré comme le plus grand poète du monde avec 7 tonnes d'écrits.
Ces confréries reposent essentiellement sur l'obéissance au guide fondateur et à ses khalifes successeurs, mais les groupes musulmans "orthodoxes" considèrent ces dévotions extrêmes comme une forme d'idolâtrie, indigne de l'Islam et d' Allah, Dieu unique.

3 guides religieux, 3 parcours différents, 3 propagations différentes de la religion musulmane. Maintenant au Sénégal, on nous parle de radicalisation, de wahhabisme et de salafisme...Les guides religieux doivent se retourner dans leurs tombes. Surtout un, en voyant ce que sont devenus, les baye fall défoncés et les thiantacounes déjantés.
Pourtant, il est simple de faire le tri :
D'un côté, les musulmans qui respectent les autres religions, la laïcité garante de la pratique des religions, les lois humaines, républicaines et démocratiques, internationales et tous les peuples.
De l'autre, les musulmans qui ne respectent pas les autres religions, qui veulent imposer leur religion par le Djihad et le sang, qui propagent la haine contre les occidentaux mécréants, infidèles, compagnons de Satan, qui bafouent la laïcité et les lois humaines et autres, qui ne respectent pas les autres peuples.
Il reste plus que 2 groupes avec ce tri, ce sera plus facile à surveiller au Sénégal comme dans le monde entier !

Écrit par : issa gibb | 05/02/2017

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De toutes façons au Sénégal,les religieux Musulmans n'ont aucun respect pour les autres !!!ils veulent a tout prix imposer l'islam c'est pourquoi les chants religieux toutes les nuits ,deviennent quasiment continues, et avec le soutien de la police qui ne fait pas respecter la loi...

Écrit par : chees | 05/02/2017

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