08/02/2017

LA DETTE DU SENEGAL

Record absolu : La dette du Sénégal dépasse les 5 000 milliards de francs

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La dette du Sénégal s’est très rapidement reconstituée en dix ans après les annulations des initiatives Pays pauvre très endetté (Ppte) et d’allégement de la dette multilatérale (Iadm) de 2006.
Alors que Wade avait laissé un encours de 3076 milliards de francs Cfa, son successeur en est déjà à 5 100 milliards.
Niveau alarmant de l’endettement public. L’encours de la dette publique du Sénégal a, selon le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, atteint 5 100 milliards de francs. Ce qui correspond à un peu plus de 60 % de son Produit intérieur brut (Pib) là où l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) plafonne l’endettement des pays membres à 70 % de leur Pib.
Si pour le gouvernement, ce niveau d’endettement est révélateur de la confiance des partenaires financiers du Sénégal, des économistes, préoccupés par la viabilité de la dette et la soutenabilité des finances publiques, le trouve alarmant.
Après les annulations de la dette du pays issues des initiatives Pays pauvre très endetté (Ppte) et l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale (Iadm) de 2006 qui a vu le taux d’endettement passé de 78 % à 20,9 %, on note une tendance haussière. Ainsi, ces annulations ont ouvert d’autres possibilités d’emprunt pour le Sénégal, notamment à l’extérieur. Ce qui fait peur à certains à cause des variables financières très importantes dans la dette que sont le taux d’intérêt et le taux de change. En effet, le poids de la dette extérieure dans le stock de la dette publique fait de la variable taux de change un élément dont l’évolution influe fortement sur les indicateurs de l’endettement public. La fluctuation du dollar, monnaie à laquelle le pays s’endette souvent, peut rendre les remboursements plus onéreux, comme le montre le service de la dette qui dépasse les 50 milliards de francs Cfa par mois. Une manne qui, avec la masse salariale de l’Etat, risque de grever le budget de l’Etat. De même, pour la dette intérieure le coût du crédit affecte de manière directe le niveau des remboursements.
Profitant de la détente des taux sur le marché financier international, en 2013, l’Etat avait émis une obligation de 500 millions de dollars pour combler le gap de financement et réduire le recours aux financements à court terme sur le marché domestique. Cependant, le retournement de cette tendance baissière a remis en cause cette option.
Malgré tout, le rythme d’endettement du pays n’est pas alarmant pour l’argentier de l’Etat. «Pour l’heure, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. La dette du Sénégal s’élève à 5 100 milliards de francs. La dette n’est pas mauvaise. Il n’y a aucun économiste qui dit qu’il ne faut pas s’endetter. Celle qui est mauvaise est la dette utilisée pour faire du fonctionnement. Si on s’endette avec un taux d’intérêt qui baisse pour faire des investissements, c’est une excellente chose. Mais on doit être vigilant. Nous avons un ratio d’endettement de 60 % du Pib contre une limite de 70 %», relève Amadou Bâ. Qui soutient que, pour l’essentiel, le Sénégal a une dette multilatérale très longue, avec une concessionnalité qui varie entre 15 et 50 % et une maturité qui varie entre 20 et 25 %. «L’encours de la dette est tout à fait soutenable. Il représente à peu près 30 % de nos recettes alors qu’en 2011 le service de la dette représentait 34 % de nos recettes», a-t-il ajouté.
Le rythme de reconstitution de la dette publique n’est pas sans rappeler des critiques de télégrammes formulées par Jean-Christophe Rufin, ambassadeur de France à Dakar. Lequel déconseillait à son pays de consentir un nouveau prêt au Sénégal. Signer un pareil chèque sans demander au Sénégal de réformer profondément son système politique, reviendrait, selon lui, à fournir à un toxicomane la dose qu’il demande, mais qui le conduit un peu plus sûrement vers sa fin.
Seyni DIOP/Walf Quotidien

Commentaires

C'est vrai, une dette élevée peut devenir uen source de problèmes, mais il faut également examiner le pourquoi (le pour-quoi) de cette dette.
Je suis convaincu qu'à très moyen terme, le type de la dette contractée par le Sénégal sera porteur de nouvelles richesses, parce que cette dette a été générée par des travaux très porteurs et créateurs de richesses diverses et d'une adaptation aux normes modernes de la gestion d'un état.
Le développement de routes modernes et en bon état, la multiplication des terres rendues arables, l'aménagement des nouvelles zones portuaires et aéro-portuaires sont des investissements et équipements qui ne tarderont pas à booster les mouvements économiques et la création de nombreux emplois, d'où viendra l'accroissement du pouvoir d'achat du citoyen lambda.
Vive le caractère émergent de l'Etat Sénégalais et merci à son Président, Monsieur Macky Sall d'avoir une vision aussi audacieuse que réaliste.

Écrit par : Alain Goetghebuer | 08/02/2017

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Rien de plus .....

Écrit par : oyster | 08/02/2017

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L'endettement du Sénégal est inquiétant. Le FMI et Mme Lagarde ont déjà déclaré leurs inquiétudes. L'ambassadeur Rufin qui déconseille un nouveau prêt au Sénégal comme si continuer, à donner sa dose à un toxicomane pour le conduire à sa fin, vaut son pesant de cacahuètes.
Le Président Macky Sall n'a pas le choix, il doit développer le pays à marche forcée, coincé par une jeunesse sans avenir et sans espoir, prête à exploser, à immigrer aux risques de sa vie, faute de travail. Et une puissante gouvernance parallèle religieuse rétrograde contre le progrès pour sauvegarder leurs privilèges hors d'âge et maintenir le peuple dans la peur, la misère et l'ignorance, capables d'aller jusqu'à radicaliser le pays pour arriver à leurs fins...
Pas le choix ! Mais comme tout élu, Macky Sall partira dans une retraite dorée et si le Sénégal n'est pas développé, avec ou sans pétrole surement déjà hypothéqué sur 20 ou 30 ans, les dettes accumulées devront être remboursées jusqu'au dernier franc cfa. C'est encore le peuple sénégalais qui trinquera si il y a échec du développement. Des risques de révoltes populaires ou d'extrémismes peuvent se déclarer et déstabiliser le pays, faisant fuir les investisseurs.
Les occidentaux ne devraient pas laisser la création d'un Etat islamique sénégalais, dans le pire des cas. Mais, historiquement, les occidentaux ont lâché le Shah d'Iran pour finir avec la République Islamique Iranienne. Ils ont viré Saddam Hussein, Moubarak, Ben Ali, Kadhafi et le Président yéménite pour accoucher du monstre Daesh. Est-ce le tour de l'Afrique, de faire les mêmes conneries car l'Histoire est un éternel recommencement qui ne sert jamais d'exemple ?

Stop, je reviens vers les chroniqueurs optimistes. Macky Sall doit réussir dans sa quête du développement à marche forcée du Sénégal. Suivant le conseil du Président Hollande à Dakar en 2012 et avec la bénédiction du nouveau Président français en mai 2017, qu'il utilise les 50% des réserves de change dont les états africains du franc cfa disposent auprès du Trésor public français, puisque c'est du fric africain. Même cachée, en aide française au développement de l'Afrique, cela paiera les dettes et calmera les inquiétudes du FMI.
En avant toute, le PSE de Macky ! Rien que pour un meilleur avenir des enfants sénégalais. Et puis le ministre-conseil de l'économie, DSK est là. Ha ! Ha !

Écrit par : issa gibb | 09/02/2017

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dans le domaine des dettes, OUI, le Sénégal est un champion de l'émergence

Écrit par : jacobus | 10/02/2017

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dans le domaine des dettes, OUI, le Sénégal est un champion de l'émergence

Écrit par : jacobus | 10/02/2017

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En France nous en sommes après de 98 % ,ce qui ne fait toujours pas peur aux gouvernants ,qui ne sont pas juridiquement responsables ......
Déjà à son époque le premier ministre qui était FILLON disait que l'état était en faillite .............
Travailler moins, pour gagner plus en empruntant d'avantage à l'étranger.............

Écrit par : oyster | 12/02/2017

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Forcément avec des Fillons qui nourrissent leur famille sur l'argent public!!!quelle référence FILLON ....

Écrit par : chees | 12/02/2017

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