12/07/2017

LA HONTE DU SENEGAL

Insuffisance des efforts de lutte contre la mendicité des enfants

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L'exploitation des enfants talibés et les abus dont ils sont victimes restent monnaie courante
Des dizaines de milliers d'enfants talibés au Sénégal continuent d’être forcés à mendier et de souffrir d'abus dans certaines écoles coraniques traditionnelles, un an après le lancement d’un programme gouvernemental visant à réprimer ces pratiques, ont déclaré dans un rapport publié aujourd'hui Human Rights Watch et la Plateforme pour la Promotion et la Protection des Droits de l'homme (PPDH), une coalition sénégalaise d’organisations de défense des droits humains.
Le rapport de 45 pages, intitulé « “Je vois encore des talibés mendier” : Insuffisance du programme gouvernemental pour protéger les enfants talibés au Sénégal », examine les succès et les échecs de la première année d'un nouveau programme du gouvernement visant à retirer des rues les enfants forcés à mendier. Le rapport documente les abus persistants – et notamment l'omniprésence de la mendicité forcée, de la violence et des abus physiques, l'enchaînement, l'emprisonnement et les abus sexuels – auxquels ont été confrontés de nombreux enfants talibés à Dakar et dans quatre autres régions du pays, pendant et malgré la mise en œuvre du programme. Human Rights Watch et la PPDH ont également évalué les défis qui restent à relever pour que les victimes d'abus puissent avoir accès à la justice.
« Bien qu'il représente un pas dans la bonne direction, le programme du Sénégal visant à retirer les enfants des rues n'a presque rien changé au nombre alarmant de jeunes talibés qui sont tous les jours victimes d'exploitation, d'abus et de négligence », a déclaré Corinne Dufka, Directrice adjointe de la division Afrique à Human Rights Watch. « Pour empêcher les abus et s'attaquer au cœur du problème, le gouvernement devrait veiller à ce que les maîtres abusifs fassent l’objet de sanctions ou de poursuites. »
Les deux organisations ont exhorté le gouvernement à renforcer le programme lors de sa deuxième année de mise en œuvre, à ouvrir des enquêtes et à engager des poursuites contre les maîtres coraniques abusifs, et à mettre en place un cadre juridique pour réglementer les pensionnats coraniques traditionnels, aussi connus sous le nom de daaras. Les candidats aux élections du 30 juillet à l'Assemblée nationale devraient placer les droits de l'enfant au centre de leurs campagnes et la nouvelle Assemblée s'efforcer de mettre fin à la mendicité forcée et d'accélérer l’adoption du projet de loi portant statut des daaras.
Les enfants talibés qui fréquentent des daaras qui les exploitent sont légion. Un talibé de Dakar âgé de 8 ou 9 ans a confié à Human Rights Watch que dans son ancien daara, « Nous faisions la mendicité pour de l’argent et pour du riz. Le marabout [maître coranique] demandait 400 francs CFA [0,70 dollar US] par jour. Le mercredi, c’était 500 francs CFA [0,85 dollar US], pour payer le loyer et l’électricité. Si nous n’apportions pas l’argent, ou si nous ne récitions pas les versets, le marabout nous battait. »
Le rapport s'appuie sur des entretiens approfondis menés de janvier à juin 2017 avec des enfants talibés anciens ou actuels, des maîtres coraniques, des activistes, responsables gouvernementaux, travailleurs sociaux et travailleurs humanitaires sénégalais, et des responsables de l'ONU. Il fait suite à un rapport de juillet 2016 intitulé « Sénégal : Nouvelles mesures pour protéger les talibés et les enfants de la rue » et sur des rapports de 2015, 2014 et 2010 documentant les abus contre les talibés.
À travers le Sénégal, environ 50 000 enfants talibés – selon les estimations – vivent dans des daaras où leurs maîtres coraniques les forcent à mendier chaque jour pour de l'argent, du riz ou du sucre. Les talibés vivent souvent dans des conditions de misère extrême et sont fréquemment soumis à des abus physiques ou psychologiques équivalant à des traitements inhumains et dégradants.
Certes, tous les daaras n'ont pas recours à l'exploitation et aux abus. De nombreux maîtres coraniques respectent les droits des enfants dont ils ont la charge. Mais beaucoup d'autres font fonctionner leurs écoles comme des entreprises, sous prétexte d'enseigner le Coran.
Durant la période d’avril à juin, Human Rights Watch a observé des centaines de talibés vivant dans des daaras sordides et mendiant au vu et au su de tous dans les villes de Dakar et de Saint-Louis. Les enfants – qui pour bon nombre d’entre eux n'avaient pas de chaussures, étaient couverts de saleté, portaient des vêtements en lambeaux, souffraient d'infections cutanées et semblaient aussi souffrir de malnutrition – mendiaient souvent devant les policiers ou les gendarmes, près des immeubles du gouvernement et sur des routes très fréquentées.
Lancé en juin 2016 à Dakar, le programme du gouvernement visant à lutter contre la mendicité forcée des enfants et connu sous le nom de « retrait des enfants de la rue » a rencontré un certain succès. Entre juin 2016 et mars 2017, 1 547 enfants ont été retirés des rues de Dakar et plusieurs centaines d'entre eux ont pu rejoindre leurs familles.
Mais au final, plus de 1 000 enfants identifiés comme talibés ont été renvoyés auprès de leurs maîtres coraniques, ceux-là mêmes qui au départ les avaient forcés à mendier. Le gouvernement n'a formellement ouvert aucune enquête sur les maîtres impliqués, personne n'a été arrêté et aucune inspection officielle n'a été effectuée pour déterminer les conditions de vie dans les daaras.
« L’État n’est jamais allé voir si l’enfant a été placé dans un bon daara ou non », a expliqué l’Imam Elimane Diagne, président du Collectif pour la modernisation des daaras. « Dans ces daaras, il n’y a pas de bonnes conditions… Les enfants dorment à même le sol. Il y a des maladies comme la gale… Parfois, ce sont des daaras sans eau ou robinet… Et au-delà de tout ça, l’enfant continue à mendier. »
Des responsables du programme ont indiqué en mai à Human Rights Watch qu'ils avaient pris la décision d'arrêter de renvoyer les enfants talibés dans leurs daaras, mais il est difficile de dire si cette mesure résulte de l’application d’un protocole particulier. Les responsables ont ajouté qu’encore récemment – en avril – des enfants avaient été renvoyés dans des daaras.
Pendant le premier mois du programme, les activistes et les travailleurs humanitaires ont observé une baisse spectaculaire de la mendicité des enfants. Mais l'absence d'enquêtes et de poursuites contre les maîtres abusifs a entraîné un retour au statu quo.
Pendant la première année de mise en œuvre du nouveau programme, Human Rights Watch a également documenté la mort de deux talibés suite à des abus dans des écoles coraniques ; cinq cas d'abus sexuels ou de tentatives d'abus sexuels par des maîtres coraniques ou leurs assistants ; et 28 cas de talibés battus, enchaînés ou emprisonnés dans des daaras. Ces abus ont eu lieu à Dakar et dans quatre autres régions du Sénégal.
Le gouvernement devrait veiller à ce qu'aucun enfant ramassé pendant qu'il mendiait ne soit renvoyé dans une école coranique qui a violé ses droits en le forçant à mendier ou en lui faisant subir d'autres abus, ont déclaré Human Rights Watch et la PPDH. Les ministères de la Famille, de la Justice et de l'Intérieur devraient coordonner leurs efforts pour faciliter les enquêtes et les poursuites contre les maîtres coraniques qui exploitent les enfants ou abusent d'eux. Tous les enfants qui vivent dans des daaras abusifs devraient en être immédiatement retirés et renvoyés dans leur famille, ou placés dans des structures alternatives de garde appropriées.
« Nous ne pouvons plus attendre demain pour mettre fin à l'exploitation et la maltraitance des talibés, enfants issus des couches les plus vulnérables de nos populations », a déclaré Mamadou Wane, président de la PPDH. « C'est maintenant qu'il faut arrêter cette violation massive et à ciel ouvert des droits de l'enfant au Sénégal. Nous sommes tous responsables. Nous avons tous l'obligation d'agir collectivement, avec l’État en première ligne. »
Lauren Seibert/Human Rights Watch/hrw.org

Commentaires

PETROLE A N'EN PLUS FINIR
LA HONTE DU SENEGAL
LE PILLAGE DES EAUX SENEGALAISES
36 MILLIARDS DE LA BANQUE MONDIALE

tout c'est titres se suivent bien je trouve!! du petrole,, de l'argent de la banque mondial,, du pillage,,,et encore plus de pauvreté!!! normal!!! vu que personne ne dis rien!!!ou sont les grosses ONG?? dans leur bureau loué des millions de francs et leurs gros 4/4!!

Écrit par : tima | 12/07/2017

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bref mais bien dit c'est ça exactement ....!!!!!!!

Écrit par : flopaty | 12/07/2017

Est-ce vraiment le rôle des ONG de régler tous ces problèmes ?

"Une organisation non gouvernementale (ONG) est une association à but non lucratif, d'intérêt public, qui ne relève ni de l'État, ni d'institutions internationales. Les ONG n'ont pas le statut de sujet de droit international.

L'habitude est de réserver le terme aux personnes morales à but non lucratif financées par des fonds privés. Grâce à l'apport de la sociologie des organisations, les principaux critères définissant une ONG sont les suivants :

le but non lucratif de son action
l'indépendance financière
l'indépendance politique
la notion d'intérêt public."

La suite sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_non_gouvernementale

Écrit par : Xx | 12/07/2017

Daaras et maîtres coraniques = exploiteurs d'enfants , honte à vous!

Écrit par : Jean artamonow | 12/07/2017

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La honte du Sénégal oui pauvres enfants enfance volée enfance mutilée les Marchands de vent ....les hommes aux grandes idées ..du bla bla mais rien derrière .qui ne dit rien consent..... C'est votre Pays mes amis vos enfants du courage il faut bouger pour eux ....

Écrit par : Amadouza | 12/07/2017

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La honte du Sénégal oui pauvres enfants enfance volée enfance mutilée les Marchands de vent ....les hommes aux grandes idées ..du bla bla mais rien derrière .qui ne dit rien consent..... C'est votre Pays mes amis vos enfants du courage il faut bouger pour eux ....

Écrit par : Amadouza | 12/07/2017

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Article lu et relu, depuis une décennie : l'Exploitation des enfants Talibés ou la Honte du Sénégal ! Et pourtant, c'est toujours la même rengaine inchangée...

Une vaste Hypocrisie qui ne nomme même pas le mot : "Esclavage d'enfants" au Sénégal au XXIème siècle, en toute impunité nationale, internationale, religieuse et humaine...
Pourtant, le Sénégal reçoit des milliards d'aides pour lutter contre ce fléau ??? Pourtant, ceux sont des milliers d'Associations et d'ONG qui sont sur place au Sénégal ???
A croire que tout ce beau monde y trouve son compte et entretient à sa manière le système maraboutique esclavagiste d'enfants qui perdure et croit anormalement depuis 15-20 ans ???

Dans quelques mois, on lira encore les mêmes conclusions : car rien ne bouge, sauf la traite négrière des enfants talibés dont le nombre ne cesse d'augmenter dangereusement.
Pourtant "la Mendicité des enfants est interdite" par le Prophète Mahomet et dans le Coran. Mais le Sénégal est le seul pays musulman qui ne respecte, ni les préceptes du Prophète, ni les enseignements du Coran. C'est devenu, un pays perdu dans les rites de sectes confrériques qui vénèrent leurs guides au lieu de prier Allah, le Tout-Puissant et un pays perverti par des marabouts sataniques qui exploitent des enfants dans la mendicité forcée avec des maltraitances et des abus sans nom, au nom du Coran ??? De drôles de musulmans, à regarder de plus près !

Plus, un état laxiste à souhait, des administrations de la police à la justice passives et corrompues, des religieux milliardaires et silencieux, des marabouts esclavagistes mafieux et cyniques, une population soumise et lâche et une jeunesse qui se radicalise... Vous ajoutez les 200 000 enfants talibés esclaves qui souffrent et souffriront encore longtemps pour avoir une vue générale du Sénégal actuel. Même les animaux traitent mieux leurs enfants que les enfants talibés au Sénégal...

Ce n'est pas qu'au Sénégal qu'il faut dénoncer cet abject système coranique, c'est à travers le monde qu'il faut pointer l'ignominie des dérives maraboutiques sénégalaises. Seule, une condamnation internationale unanime du Sénégal comme pays esclavagiste d'enfants pourra sortir les enfants talibés de l'Enfer d'un Islam dévoyé et perverti à l'argent facile... Les sénégalais ne comprennent que çà, les sanctions économiques et financières...C'est dans les gênes, jusqu'à exploiter femmes et enfants...

Un pays qui accepte l'esclavage des enfants, ne peut espérer sa réussite sociale et réussir son développement, sans protection et instruction de sa jeunesse. C'est dangereux pour son avenir !
Un pays Esclavagiste d'enfants ne peut être ni respecté, ni respectable : C'est un pays sans honneur, sans dignité, sans humanité...qui doit être mis au banc de la Société Humaine !
On ne peut avoir aucune pitié, aucun respect pour un tel pays qui se comporte comme la lie de l'Humanité avec des enfants innocents, vulnérables, faibles d'entre les plus faibles...
Le fait d'être enfant, petit, pauvre, noir et de famille musulmane irresponsable ne donne aucun droit à des marabouts de les exploiter en toute impunité, sans sanction lourde pour esclavage !

A l'année prochaine, pour relire les mêmes conneries sur les talibés. Rien n'aura malheureusement changé pour ces pauvres petits êtres humains, citoyens sans droits, traités comme de la merde par leur propre pays (63 % des enfants talibés sont sénégalais) et le reste provient de la traite négrière d'enfants (37 % des enfants talibés sont étrangers, recrutés par les rabatteurs des marabouts sénégalais, principalement en Guinée, en Guinée Bissau et plus récemment au Mali et en Mauritanie comme un commerce sans fin d'esclaves, au Sénégal, au XXIème siècle).

Monsieur le Président Macky Sall, si silencieux et si distant sur le Problème Talibé, Honte de votre pays à la face du Monde : EMERGENCE et ESCLAVAGE sont incompatibles, voire IMPOSSIBLE !

Écrit par : issa gibb | 13/07/2017

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