26/07/2017

MALNUTRITION EN BAISSE

Rapport 2017 de l’Ifpri : Le Sénégal a réduit de 50% son niveau de malnutrition

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Le rapport 2017 de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (Ifpri) révèle une nette progression des États de l’Afrique de l’Ouest dans la lutte contre la malnutrition, la pauvreté et la faim. Le même rapport indique que le Sénégal a réduit de 50% son niveau de malnutrition.
L’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (Ifpri) a rendu public, depuis hier, son rapport 2017 sur les politiques alimentaires. Il ressort de ce rapport que l’Afrique a fait des progrès importants en réduction de la pauvreté et de la malnutrition. En Afrique de l’Ouest, le Sénégal et le Ghana sont les deux pays qui ont fait plus de progrès dans la lutte contre la malnutrition. D’après le directeur Afrique de l’Ifpri, Ousmane Badiane, ces deux pays (le Sénégal et le Ghana) ont réduit de 50% leur niveau de malnutrition. D’autres pays, dit-il, ont aussi fait des « efforts notoires » en réduisant de 25 à 40% la malnutrition. Pour mettre fin à cette malnutrition qui reste toujours élevée en Afrique, Ousmane Badiane invite les gouvernements des États africains à « accentuer les efforts sur ce qu’ils ont fait pour arriver à ce niveau ».
Par ailleurs, le rapport indique que l’Afrique subsaharienne fait face à une « baisse des produits de première nécessité et à des financements externes limités en 2016 ». «Une Campagne au niveau continental, intitulée « seize the moment » (saisir le moment), a été lancée pour accélérer les efforts du Programme détaillé de développement de l’agriculture en Afrique (Pddaa), et ainsi augmenter les investissements en agriculture dans la région. Mais les impacts des sécheresses sévères, du changement climatique, du conflit et de l’urbanisation rapide, entraineront des défis continus en 2017 », analyse l’Ifpri. Toutefois, le directeur pour l’Afrique de l’Ifpri, Ousmane Badiane constate qu’en Afrique l’investissement dans le secteur de l’agriculture est en perte de vitesse ces dernières années. Il relève que l’investissement dans l’agriculture avait même atteint 3 à 10% en termes d’accroissement.
Ce qui, dit-il, n’est plus le cas avec un accroissement de moins de 2%. Pourtant, à son avis, le continent africain offre aujourd’hui toutes les conditions pour accueillir des investissements. « A travers le continent, nous observons une redynamisation des économies qui se traduit par une massification des classes moyennes, une augmentation des ménages, ce qui crée naturellement de nombreuses opportunités pour l’agriculture locale », constate Ousmane Badiane.
En outre, cette urbanisation, si elle est bien maîtrisée apporte beaucoup d’opportunités, croit savoir le directeur général de l’Ifpri, Shenggen Fan. Dans les nouvelles villes, souligne-t-il, il y a la naissance d’une classe moyenne qui consomme beaucoup de produits.
Maîtriser les technologies
Malheureusement, ces produits sont, pour la plupart, importés. La preuve, poursuit M. Fan, l’ensemble du continent importe entre 35 et 40 milliards de dollars en denrées alimentaires chaque année. Si l’Afrique réussit, dit-il, à relier les petits producteurs dans les zones rurales et les consommateurs dans les milieux urbains, elle peut atteindre facilement les objectifs de développement durable (Odd).
Aujourd’hui, reconnaît le directeur Afrique de l’Ifpri, l’agriculture du continent peut connaître encore des progrès. Mais, à condition que, les États africains tirent les enseignements des années 1980 où le gouvernement monopolisait toute la chaîne de valeur agricole, précise Ousmane Badiane. «Le plus grand défi est d’éviter de retourner vers les mauvaises politiques », conseille-t-il. Pour développer l’agriculture, les pays africains doivent prendre en compte la concurrence mondiale et miser plus sur la compétitivité. «Être compétitifs dans l’avenir, c’est de maîtriser les technologies de demain, c’est-à-dire tout ce qui est Tic, robotique, agriculture digital, biotechnologie. Nous formons des ingénieurs agricoles, des agents de vulgarisation, mais jamais des paysans. Il n’y a aucun pays africains qui a un système de formation qui permet à un garçon de 16 ans, 17 ans de se convertir en agriculteur. Pourquoi doit-on aller jusqu’à l’université pour devenir acteur agricole ? », se demande-t-il.
Aliou Ngamby NDIAYE.lesoleil.sn

Commentaires

"Il n'y a aucun pays africain qui a un système de formation qui permet à un garçon de 16 - 17 ans de se convertir en agriculteur " ??? GROSSE ERREUR ou MENSONGE ???
La plupart des écoles publiques africaines pratiquent des séances sommaires d'agriculture avec leurs élèves, surtout dans les milieux ruraux.
Les enfants apprennent à bêcher, planter, arroser, les bases du petit apprenti agriculteur, avec 1 ou 2 outils pour 12. Mais, ils les font tourner pendant le cours.

Le problème est plutôt que la majorité de citoyens africains n'ont pas terrain pour créer leur petit jardin potager, faire des cultures ou de l'élevage.
Les terres riches et cultivables sont aux mains des potentats africains ou des sectes confrériques, gracieusement offertes par les colonisateurs.
Par exemple, l'industrie arachidière qui font leurs fortunes aujourd'hui, sans partage avec le bas peuple...
Et ils ont leurs ouvriers corvéables à merci, qui y sont exploités, sans salaires et sans charges, sous le nom de talibés, sous couvert de la religion.
Ce n'est pas le manque de centres de formation d'agriculteurs qui manquent, c'est le manque de propriétés pour les citoyens lambda qui fait défaut.

Il y a aussi, le problème de l'eau et de l'irrigation des terres : l'eau est une ressource rare en Afrique.
Mais quand des élus ou des marabouts déclarent que des puits ou des pompes (généreusement construits par des organisations occidentales) sont leurs propriétés et qu'ils interdisent l'accès à l'eau à la population soumise à l'abus de pouvoir, il est très difficile de se lancer dans l'agriculture, sans eau volée par des dignitaires pourris...

Enfin, je dénonce le caractère sexiste de cet article où les femmes et les filles africaines semblent inexistantes dans l'agriculture Africaine ??? Ce qui n'est pas du tout réaliste.
La terre est basse et ceux sont majoritairement les courageuses femmes et filles africaines qui courbent l'échine dans les champs pour bêcher, semer, arroser et récolter.
Tandis que les hommes sont sur la charrette, entrain de regarder ou fumer ou sous l'arbre à palabres à discuter ou encore au café à rien foutre...
Quand on écrit un article sur l'agriculture en Afrique, il faut sortir du bureau de Dakar et aller sur le terrain pour constater le travail dans les villages et les champs et écrire la vérité.
Ceux sont les vaillantes femmes et filles africaines qui s'occupent de l'agriculture au niveau de 95 % de l'économie informelle dans tous les pays africains pour faire vivre leurs familles.
Elles le font sans avoir fait d'études, sans aucune formation... En regardant faire leurs mères et leurs tantes... C'est inné chez elles, c'est une question de survie...

Voici la réalité de l'agriculture en Afrique, Monsieur le journaliste du "Soleil". Nous sommes encore très loin de la maitrise des technologies...loin de la robotique, du digital, du biotechnique, de la productivité, de la compétitivité et de la concurrence mondiale... 70 à 80% des filles africaines n'ont pas eu la chance d'aller à l'école, mais d'aller aux champs pour pratiquer une agriculture ancestrale !

Écrit par : issa gibb | 27/07/2017

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Autour de chez moi ,ils ont tous d'immenses terrain avec puits ,mais ils ne sont meme pas fichus de tirer un seau d'eau ,il faut que ce soit la petite dernière qui puise l'eau,ils sont fatigués par leur journée de palabres,alors leur demander de faire un jardin pour nourrir leur famille c'est du domaine de l'impossible,ce sont des musulmans,les hommes ont tous les droits ,les femmes celui de travailler et de se taire

Écrit par : eddy | 05/08/2017

C'est toujours un plaisir de lire les commentaires d'Issa , une prose et une culture de l'Afrique au service de la clarté et de la compréhension . merci Monsieur

Écrit par : shadows 5500 | 27/07/2017

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ISSA

J'adore te lire tu n'a pas peur de dire la véritée ,tes articles sont toujours juste

Écrit par : zette73 | 27/07/2017

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..le bonjour. ben j'suis pas d'accord avec M'ssieur gibb sur tout les points. la premiere difficulté rencontrée, c'est la divagation des animaux: avant meme que les : manque de terres, manque d eau, manque de simples outils. il ne faut pas dix minutes a quelque plantation que ce soit, pour qu'un "broutant" ne mette un point final a tout espoir. toutes ou quasi toutes "concessions", "maisons", dans le rural dispose d 'un large espace pour quelques neverdies, aubergines, potirons, ect. ceci dit, d'aprés ma propre experience, sur un temps large.

Écrit par : izmachine | 27/07/2017

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Vous avez parfaitement raison, les troupeaux d'animaux en divagation sont un frein sérieux au développement agricole africain.
Dernièrement, un reportage TV sur la "Barrière Verte" du Soudan au Sénégal, cette politique de reboisement pour lutter contre la désertification, expliquait que les jeunes pousses replantées étaient régulièrement broutées par les troupeaux en divagation. Ce qui ruine ce projet "Barrière Verte" de lutte contre la désertification et à force de planter pour rien, çà coûte cher, sans résultat tangible ! Nous ne sommes donc pas en désaccord, au contraire, vous complétez un oubli important sur la situation agricole africaine.
Les troupeaux, bouffeurs des pousses de la Barrière Verte et bouffeurs de cartons (vu à la télé pour le premier cas et vécu pour le second cas au Sénégal)...

Historiquement aussi, des savants historiens expliquent le retard du développement agricole africain en raison de l'esclavage.
Au 8° siècle, dans le royaume du Ghana et au 10° siècle, dans le royaume du Mali, 50 % de la population était des esclaves aux services des grandes familles royales africaines.
Ces esclaves cultivaient les terres des seigneurs africains contre toit et nourriture comme au temps de vilains et des serfs assujettis aux nobles du Moyen Âge en Europe.
Les problèmes sont arrivés au 11° siècle en Afrique, lors du début de la traite arabe ou musulmane et leurs razzias d'esclaves, suivi par la traite transatlantique à partir du 15° siècle.
Les familles royales africaines ont pris conscience que leurs ouvriers esclaves étaient des biens lucratifs en les vendant aux arabes, puis aux européens.
Ce qui a entrainé la fuite des ouvriers esclaves africains dans les forêts ou dans les montagnes d'Afrique pour éviter d'être vendu par leurs maîtres et se cacher des razzias arabes.

Les historiens expliquent que ce revirement des familles royales de vendre leurs esclaves a ruiné leurs empires et leurs grandes exploitations agricoles, faute d'ouvriers esclaves en fuite.
Ils estiment que pour un jeune esclave vivant, les esclavagistes arabes devaient tuer 3 villageois africains qui se défendaient, baissant ainsi la démographie africaine jusqu'au 19° siècle.
Par peur d'être pris par les esclavagistes, les tribus africaines cultivaient de toutes petites parcelles cachées pour se nourrir et survivre.
C'est leur explication du retard agricole africain alors que dans les autres parties du monde, les grandes exploitations agricoles se sont développés du Moyen Âge à nos jours.
En particulier, aux Amériques, les vastes exploitations agricoles de coton et de cannes à suce, grâce aux esclaves africains... Comble de l'ironie !

Il aura fallu la colonisation et l'abolition de l'esclavage au 19° siècle, pour revoir le retour d'exploitations agricoles en Afrique. L'exemple le plus frappant au Sénégal : c'est la production arachidière et la création des huileries par les colons. Cette industrie arachidière qu'ils ont laissé gracieusement aux confréries sénégalaises pour acheter la paix sociale.
Geste colonialiste gratuit et calculé qui fait une partie de la fortune des confréries, sans partage avec le peuple sénégalais, de nos jours.
Mais, il reste toujours difficile d'enseigner aux jeunes africains que leurs ancêtres ont mis leurs frères en esclavage. Puis, qu'ils les ont vendu aux arabes et aux européens en ruinant le développement agricole africain, mais aussi la démographie africaine pendant plusieurs siècles...C'est toujours, plus facile de dire aux jeunes africains sans travail que c'est la faute des esclavagistes et des colons toubabs qui ont pillé le pays et l'Afrique... Comme si les blancs étaient les seuls, capables de repentance...

Pourtant la vérité historique sur l'esclavage est que sur les 12 millions d'esclaves de la traite européenne ou transatlantique du 15° au 19° siècle, il y a des millions de descendants d'esclaves africains et leurs familles qui vivent aux Amériques et dans le Monde, parce que les maîtres colons américains favorisaient les naissances d'enfants africains pour avoir plus d'esclaves pour leurs vastes plantations du Nouveau Monde....
Au contraire, des 19 millions d'esclaves de la traite arabe ou musulmane du 11° au 20° siècle, où il ne reste aucun descendant esclave africain !
Ils sont morts dans les ateliers de castration où 80 % des jeunes esclaves africains mouraient de cette opération de mutilation. Les restants, sans plus aucun pouvoir procréateur voulu par les maîtres arabes, finissaient sans descendance, eunuques dans les harems ou soldat-chair à canon en première ligne des armées ottomanes, avec peu de chance de survivre aux combats...
Quand aux filles esclaves africaines, elles débutaient dans les harems des califes, vizirs, sultans, beys, deys et autres noms d'oiseaux arabiques. Et elles finissaient vieillissantes, dans les bordels à soldats et mercenaires ottomans à Constantinople (Istanbul), Damas, Bagdad, Le Caire, Alexandrie, Tunis, Alger et Zanzibar... Où elles mourraient de maladies sexuellement transmissibles et si par malheur, elles tombaient enceintes, les enfants étaient égorgés à la naissance...

C'est encore difficile d'apprendre ces vérités historiques aux élèves africains au nom de l'Amitié Arabo-Africaine et de la Ouma Islamique.
Du côté des peuples arabes, ils sont dans le déni total : la traite musulmane n'a jamais existé. Seule la traite des blancs à bon dos !
Pourtant, ceux sont les blancs qui ont aboli l'esclavage, mis fin à un Crime contre l'Humanité que les pays arabes n'ont jamais accepté au fond d'eux.
Islam et Esclavage continuent à faire bon ménage pour eux ! Même certains marabouts sénégalais sont favorables à l'esclavage (d'enfants talibés) !
En fait, les Historiens ont encore beaucoup de travail pour faire la vérité sur les retards du développement agricole en Afrique... çà remue trop de vérités cachées et de mauvais souvenirs !

Écrit par : issa gibb | 27/07/2017

Exact izmachine les animaux bouffent tout!!!!! mais néanmoins le commentaire d'issa gibb est tout a fait vrai et juste les Sénégalais sont des fainéants,ce sont leurs femmes et leurs filles qui se tapent tout le boulot,la plupart du temps... Disons ils méditent le long des murs a l'ombre et qd ils rentrent ils ne sont meme pas fichus de se tirer un saut d'eau pour se laver,alors le travail dans les champs!!!! c'est une réalité LA FEMME AFRICAINE est courageuse,on ne peut pas en dire autant de la gente masculine

Écrit par : eddy | 27/07/2017

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Mr izmachine , votre commentaire complète effectivement celui d'Issa , les animaux n'ont pas beaucoup de pâturage à brouter sauf après l'hivernage , et là encore le mieux est de laisser les troupeaux divaguer à droite et à gauche et de brouter tout ce qui est mangeable y compris le carton ''qui donne un gout si délicieux à la viande '' pas facile pour le petit paysan qui doit si il veut récolter les fruits de sont labeur se clôturer ( çà coûte un bras !) et surveiller en permanence son jardin pour se garder aussi de la rapine ;
mais comme disait souvant un ami ''ici c'est Sénégal''

Écrit par : shadows 5500 | 27/07/2017

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c'est vrai que les commentaires d'ISSA sont plaisants à lire, toujours bien à propos c'est bien souvent que derrière lui il n'y a pas grand chose à ajouter.....

Écrit par : flopaty | 27/07/2017

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