22/08/2017

DEGRADATIONS DES MOEURS

La dégradation des mœurs au Sénégal

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N’avez-vous jamais été confronté au choix d’un mot plutôt qu’un autre, surtout lorsqu’il est question d’être vraiment pris au sérieux? On est assailli par une foule d’expressions prêtes à nous prendre par la gorge sans qu’on sache à laquelle se fier.
Pas parce que nous ne maîtrisons pas notre discours, mais dans la viduité lexicale actuelle du ouolof, on s’y perd comme dans un labyrinthe. D’une oreille à l’autre, un mot cesse de dire la même chose. Le signifié cesse de renvoyer au signifiant.
Pris au piège du mensonge, de la calomnie et de la médisance, le Sénégalais dénature la syntaxe et érige un système de mots insensés, incapables de cerner le vide social qui nous engloutit comme du sable mouvant.
Dans cette polyphonie syntaxique, mot, expression ou locution désigne plusieurs choses, sans signifier grand-chose. «Sama yeuf, jongama, namouma dara, yaye bagne, yamay danel et dializ ma»...La dérision du discours, la viduité des mots annihilent la fonction thérapeutique du langage.
On s’égosille sans résultats. Les maux sont cernés, mais le «ndeup» national tant annoncé, tarde à prendre forme. Sa quintessence étant confisquée, torpillée, dévoyée, dénaturée, galvaudée, le verbe désormais échoue à cerner le mal.
On s’enlise par les mots dans un voyeurisme impudique. L’érotisme résonne aux oreilles, triomphant presque de tout. On finit par le sentir, le vivre, vivre avec. Un simple mot est évocateur d’une sexualité ou d’une sensualité débridée.
Il faut une posture de l’orateur ou un rappel de l’auditoire, pour ne pas tomber dans le vulgaire, le comique.
Dans cette cacophonie, mots, maux et images, obscènes pour la plupart, sont indissociables. Un délire verbal mine les rapports à autrui. L’échange qui se veut productif laisse place à l’insulte.
Ainsi traqués et trafiqués, les mots passent au scalpel la psyché du Sénégalais. Le jeu de massacre du langage accouche d’un langage codé. Les mots pervertis sont détournés de leur sens premier.
On use d’un vocabulaire anodin, estampillé moderne, installant la haine dans le carcan ordinaire. On ne condamne les dérives que le temps d’une rose, pour faire bonne figure.
On ne s’autocensure plus. Les parents ne réprimandent plus. Les familles ne désavouent plus les leurs. On trahit, on dénonce, on espionne, on enregistre en secret et étale en public les confidences faites dans l’intimité, pour exister. La vie devient un vaste théâtre.
La parole est confisquée par une «élite» végétative, qui érige les contre-valeurs en mode de vie. Des individus sortis des cuisses de la confusion, s’en nourrissent et entretiennent l’amalgame pour survivre.
Un peuple de chanteurs, de danseurs et pas des meilleurs, de laudateurs, d’encenseurs sans once de vergogne, qui ne jurent que par le piston et la grande gueule pour s’assurer leur pain du jour.
Raspoutine (s) des temps modernes qui, par la ruse et le mensonge, s’arrogent le grade de «conseillers» d’un «Tsar» en perte de vitesse. La paralysie de la pensée accouche d’une pyromanie linguistique. Les mots étouffent. La rumeur s’enflamme. On accuse sans preuve, vilipende, triche sans en donner l’air.
On est collabo mais on ne s’en cache plus. Bon sang! Ici, on en est plutôt fier. Une psyché entortillée sous les jupons nauséabonds de la bassesse. On ne communique plus. On cherche à faire le BUZZ. On insulte à faire pâlir Bacchus. On ment les yeux ouverts.
S’il en a un qui n’ait pas sorti indemne de la déchéance de la société sénégalaise, c’est bien la langue, le mot, le langage, le verbe. Appelons-le comme on veut ! Dans ce déclin qui s’enclenche, chacun, dans son acception linguistique, joue sa sombre partition.
Vous, moi, eux, nous tous sommes menacés dans notre liberté, notre devenir et ceux de nos enfants. Alors, ayons toujours en tête que lorsque les vainqueurs triomphent, il ne reste plus que les larmes aux vaincus. A bon entendeur...
Daouda Samba Gaye-Ex-conseiller municipal commune de Mékhé/lesoleil.sn

Commentaires

Encore du charabia ?! Texte totalement incompréhensible, y compris les 2 derniers § de la conclusion (et bonjour les fautes d'orthographe, de grammaire, de syntaxe...) :
"S’il en a un qui n’ait pas sorti indemne de la déchéance de la société sénégalaise, c’est bien la langue, le mot, le langage, le verbe. Appelons-le comme on veut ! Dans ce déclin qui s’enclenche, chacun, dans son acception linguistique, joue sa sombre partition.
Vous, moi, eux, nous tous sommes menacés dans notre liberté, notre devenir et ceux de nos enfants. Alors, ayons toujours en tête que lorsque les vainqueurs triomphent, il ne reste plus que les larmes aux vaincus. A bon entendeur..."

Écrit par : Xx | 23/08/2017

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Bien d'accord avec vous, ça me semble du jargon d'enseignant, donc impénétrable pour le commun des mortel.

Écrit par : déhelle.debelvald | 23/08/2017

C'est bien çà, du jargon ! Et pourtant ne dit-on pas "ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément" (Boileau). Il semble nécessaire, parfois, de faire un peu de pédagogie à l'attention d'écrivaillons pédants et présomptueux...
Et bé voilà, c'est fait !!!

Écrit par : Xx | 23/08/2017

Quand on part de Bacchus, divinité romaine du vin et de la vigne pour arriver à Boileau, philosophe parisien du siècle des Lumières, c'est un beau voyage historique qui donne vite soif...
Puis, pourquoi ne pas se priver du "La Racine de la Bruyère Boit-l'eau de La Fontaine Molière où est perchée une Corneille de Bossuet appartenant à Mme de Sévigné" pour continuer le voyage.
Je suis d'accord que cet d'article écrit par un ex-conseiller municipal, politique surement, enseignant peut être, mais dont le jargon énonce difficilement la dégradation des mœurs au Sénégal, à part être un "initié" à de tels charabias...
Loin d'être un "initié", on peut par ci, par là, trouver des petites explications de texte :
Est ce un professeur ou un ancien professeur ou un ancien tout-court qui se désespère que le français, langue officielle du Sénégal soit en sérieuse régression, que la chute de l'instruction du français à l'école et l'abandon des parents pour l'éducation et l'instruction des enfants entrainent le pays dans la déchéance...
Les ethnies qui jouent leurs partitions linguistiques accélèrent la déchéance de l'unité linguistique du pays, mais aussi saccage le Wolof en y intégrant leurs dialectes...
Les vainqueurs qui triomphent, ne seraient pas les sénégalais arabisants qui refusent l'enseignement du français et autres matières dans leurs écoles en compromettant l'avenir des enfants . Des mecs en robe non nommés qui menacent les libertés et le développement du pays, pour soumettre par l'ignorance...
Il peut y avoir d'autres lectures, l'article est si touffu et il part dans tous les sens. Quoique qu'incompréhensible et compliqué, il avertit qu'après la victoire de la déchéance du pays, il ne faudra pas venir pleurer !
Autre exemple :
Quand 2 toubabs ne sont pas d'accord, ils se traitent de "connards" et ils se mettent sur la figure.
Quand 1 toubab et 1 sénégalais ne sont pas d'accord, le sénégalais traite le toubab "d'enculé"en partant pour éviter de se battre.
2 mots, 2 insultes qui n'ont pas le même sens, pourtant employés dans une même situation ??? Le premier mot d'insulte au préfixe "con" s'apparente à la bêtise, à la stupidité et très utilisé...
Le second mot d'insulte s'apparente à la pratique d'un acte sexuel dont il faut être adepte ou involontairement soumis et dont la pratique est interdite par la loi au Sénégal avec risque de prison.
Malgré cela, le sénégalais préfèrera utiliser la deuxième insulte, évocatrice d'une sexualité et d'une sensualité débridée, d'un voyeurisme impudique et d'un érotisme triomphant qui résonne dans les oreilles. Finalement, il y a tellement de messages dans la véracité de la déchéance des mœurs interdits ou pas du Sénégal, dans cet article, que je commence à douter si nous ne sommes pas en présence du premier philosophe du siècle de la déchéance du Sénégal ! Qui sait !

Écrit par : issa gibb | 24/08/2017

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Quoique le mot "con" soit aussi un substantif trivial... (cf. wikipédia)
:) :) :)

Écrit par : Xx | 25/08/2017

Le texte illustre bien le propos.

Écrit par : linlin | 25/08/2017

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