24/08/2017

DAKAR EST SALE

Sachets et gobelets en plastique défigurent les différentes artères de Dakar

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Nous achetons du café ou de l’eau à chaque coin de rue et laissons parfois des traces qui en disent long sur nos habitudes de consommation. Aux arrêts de bus, marchés et autres lieux de grande fréquentation, les sachets et gobelets en plastique plantent souvent un décor inquiétant.
« Aywa ndox, aywa ndox, bu sedd, wala bu am galass » (De l’eau, de l’eau, fraîche ou congelée), lance Aïssatou Ndoye, jeune vendeuse d’eau. Nous sommes sur la route nationale N°1, à hauteur de Rufisque. Comme elle, plusieurs jeunes filles et garçons s’adonnent à cette activité pendant les vacances. En cette période de forte chaleur, nous avons constamment besoin de nous désaltérer. Alors, nous buvons à chaque instant que nous en sentons le besoin. Et cela fait l’affaire des vendeurs d’eau. « Cela marche. On ne se plaint pas. Avec la chaleur, les clients achètent beaucoup pour se désaltérer. Je peux gagner jusqu’à 2500 FCfa par jour », laisse entendre Ndèye Fatou.
Il est vrai que les nutritionnistes s’accordent sur le principe que l’homme doit boire en moyenne 1 litre d’eau par jour et 0,5 à 1 litre de plus en saison caniculaire. Seulement, notre organisme nous dicte le réflexe de consommer d’importantes quantités d’eau, mais pas nécessairement celui de surveiller les effets collatéraux de nos modes de consommation. C’est une chose naturelle d’étancher sa soif, ç’en est une autre, plutôt comportementale, de jeter par terre son sachet à eau ou son gobelet à café après usage. Comme vient de le faire Abdourahmane Sow, un jeune mécanicien qui travaille non loin de la gare routière de Rufisque-ouest. Régulièrement, il prend une pause-café pour venir se désaltérer et se changer les idées chez son ami Aliou Diallo, vendeur de café à la poussette qui tient boutique à l’arrêt de bus communément appelé « Djoutibi ».
« Désolé, c’est ce tas d’ordures qui incite à ce réflexe », tente-t-il de s’excuser après ce geste pollueur. En effet, l’endroit présente un décor peu enviable. Sur le trottoir, sachets et gobelets en plastique jonchent le sol. De l’autre côté de la route, même scénario. A ce niveau, la Nationale 1 ne se présente pas non plus sous ses meilleurs draps. Alors qu’il est seulement 10 heures, la météo annonce une longue journée ensoleillée et 30° C.
Au regard du rythme auquel les vendeurs d’eau s’acharnent sur chaque bus qui s’arrête pour laisser descendre ou monter des passagers, on est bien parti pour une « sale journée d’affaires ». Pourtant, les gens sont généralement conscients du fait qu’ils polluent l’environnement en jetant un sachet plastique par exemple. « En fait, je sais que ce n’est pas bien. C’est juste parce que je ne vois pas où jeter mon sachet. Et comme je vois des sachets un peu partout, je ne me suis pas posé trop de questions », explique Abdoulaye Touré, étudiant en informatique. Ici, à « Djoutibi », à part la chaussée, il est difficile de voir un endroit qui ne soit pas pollué par les déchets plastiques.
Absence de collecteurs de déchets
Jusqu’au parking des taxis-clandos, les gobelets en plastique, ainsi que les « Barkelou », « Mouna », « Sarsara », « Teranga », entre autres noms de marque de ces sachets à eau, s’aplatissent sous le poids des piétons et des véhicules, donnant ainsi une scène désolante qui, vraisemblablement, laisse tout le monde indifférent. Le vendeur d’eau ne se préoccupe que des 50 FCfa que lui tend le client pour un sachet d’eau minérale. Idem pour le vendeur de café qui ne pense qu’à son chiffre d’affaires en servant le client contre une pièce de 50 ou 100 FCfa, selon l’envie de celui-ci. Rares sont ceux qui pensent à se munir d’un collecteur de déchets. Chez Aliou Diallo, en tous cas, il n’y en a pas. « J’avais un carton qui me servait de collecteur, mais on me l’a volé », se justifie-t-il. Juste derrière lui, les gobelets vides rebondissent, à la chaîne, sur un amas d’ordures qui se tasse au fur et à mesure que les taxis-clandos passent dessus pour se garer. « Les éboueurs se chargent quotidiennement de nettoyer l’endroit. Demain, vous ne verrez plus ce tas de déchets », ajoute-t-il, l’air sérieux. En attendant le passage des éboueurs, les sachets et gobelets vides atterrissent sur le sol au même rythme que les pièces de monnaie dans l’escarcelle de ces vendeurs d’eau et de café.
Dégradation des déchets plastiques : 400 ans pour disparaître du décor
Les gobelets à café et sachets à eau ont une durée de vie de plus de 400 ans. Leur fabrication nécessite une grande consommation de matières premières, d’énergie et à la clé un impact environnemental considérable en fin de vie.
Les gobelets en plastique utilisés par la plupart des vendeurs de café à la poussette sont en polypropylène, un thermoplastique très prisé pour son côté pratique et léger (5 g à peine). Cependant, il met jusqu’à 400 ans pour se dégrader dans la nature. Une menace sérieuse qui vient s’ajouter au fléau des sachets plastiques que l’Etat compte éradiquer par la mise en circulation prochaine de sachets « oxobiodégradables », c’est-à-dire conçus pour se détériorer sous l’effet de l’environnement.
En attendant cette mesure, le spectacle que les déchets plastiques donnent à voir aux arrêts de bus, marchés et autres endroits fortement fréquentés, devrait pousser les différents acteurs à se soucier davantage de l’environnement et à adopter des comportements et des modes de consommation plus responsables. Une situation que déplore Saliou Seck, 14 ans, vendeur d’eau. Un petit seau rempli de sachets d’eau et porté à l’épaule gauche, ce jeune élève en classe de cinquième au Cem Maurice Guèye de Rufisque pense que « le client soucieux pourrait éviter de polluer l’environnement en gardant simplement le sachet vide jusqu’à ce qu’il voie un collecteur de déchets ».
Et s’il n’en trouve pas au bout de quelques minutes? C’est la question qui pousse Alassane Diop, un quadragénaire originaire de Bargny, qui vient d’acheter un sachet d’eau fraîche, à parler du « premier lanceur ». « Le principal fautif, c’est celui qui, le premier, salit l’endroit. Vous savez, c’est le décor qui détermine tout. Si l’endroit est bien entretenu, sa propreté dissuaderait quiconque serait tenté d’y jeter des déchets. Par contre, s’il est déjà pollué, il incite le consommateur à y déposer son sachet ou son gobelet vide », raisonne-t-il.
Peu importe la pertinence ou non de son argumentaire, la préservation de l’environnement interpelle tout le monde, puisqu’en définitive avec l’effet du temps, ces sachets broyés sous les pieds des piétons et les roues des véhicules perdront de leur couleur en voyant s’effacer leur nom de marque en même temps que la responsabilité individuelle et sonneront, tôt ou tard, l’heure de la mobilisation sociale en faveur d’un sursaut collectif qui se traduit souvent par une « Journée Set Sétal » (grande opération de nettoiement des rues).*
Moussa SONKO/lesoleil.sn

Commentaires

Le principal fautif, c’est celui qui, le premier, salit l’endroit. Vous savez, c’est le décor qui détermine tout. Si l’endroit est bien entretenu, sa propreté dissuaderait quiconque serait tenté d’y jeter des déchets. Par contre, s’il est déjà pollué, il incite le consommateur à y déposer son sachet ou son gobelet vide », raisonne-t-il.

donc c'est toujour la faute de l'autre moi personnellement on m'as toujour apris a jeter dans une poubelle,,, et si on n'en trouve pas on le ramenne chez soi,,, bref dakar est pas sale,, dakar est une poubelle dans certain quartiers,,pourtant c'est propre,,,cherché l'erreur!!

Écrit par : tima | 24/08/2017

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les sénégalais sont sales faut le dire , indiscipliné sans hygiène faut le dire , la preuve tu salis là ou tu vis quoitidiennement propreté zéro pointé

Écrit par : galsen | 25/08/2017

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Tout le monde est fautif : les vendeurs, les consommateurs (aucun d'eux ne se souciant de la propreté des rues et de l'environnement) et les services de la mairie (qui ne fournissent pas de containers/poubelles où déposer les emballages et autres détritus). Et puis, aussi, la force de l'habitude... On a toujours fait comme çà, alors on continue...
Dakar, dans certains quartiers, est un immense et immonde tas d'ordures. C'est vrai presque partout ailleurs dans ce pays, même aux abords des zones touristiques... Et ce n'est que la partie visible de l'iceberg (donc, comme chacun le sait, environ 10% de son volume total)...
Attendons les lendemains de la Tabaski pour voir s'il y aura “du mieux” par rapport aux années précédentes !!!

Écrit par : Xx | 25/08/2017

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En effet Dakar est très sale, comment remédier à cela?

Écrit par : Sarah Levy | 25/08/2017

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Il faut les sanctionner là ou ça fait mal le porte-monnaie !!!!!

Écrit par : eddy | 25/08/2017

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On pourra sanctionner quand les moyens appropriés (poubelles de ville, ramassage régulier, etc) auront été mis à disposition de la population.
Idem pour les "pisseurs" (ceux qui se soulagent debout contre un mur) : il n'y a quasiment aucune toilette publique dans ce pays, où que vous alliez.
Une sanction découle nécessairement d'une obligation non respectée : aujourd'hui il n'y a pas, à ma connaissance, de textes ou de prescriptions ni de moyens (bis repetita) obligeant le peuple à respecter l'environnement, que ce soit en ville, aux abords des routes, sur les plages, ou partout ailleurs ! Donc quasiment tous les lieux publics sont dégu.....

Écrit par : Xx | 26/08/2017

...on parle du senegal là; comment pisser? ou jetter? Xx a raison je pense. pis de la logique avec les sanctions. bien beau le constat.
y'a des toilettes, mais faut connaitre. centre Mbour, autour du marché, j'en connait trois. des toilettes mixte et propre sur le quai, demandez; d'autres au marché, en face le village artisanal, pas bien propres les dernieres plus haut sur la promenade a droite quand tu vas vers le marché, là, j'suis pas client. tu en as encore dans le village artisanal, au fond, a coté de l'office de tourisme. ça fait quatre.

Écrit par : izmachine | 26/08/2017

Mais non. Il faut leur laisser le temps.....

Écrit par : linlin | 26/08/2017

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t'es un français linlin? ferme les yeux et regarde notre france il y a encore 20 ans. des poubelles aux quatres sorties des villages. tu crois que t'es un peux propre de ton fait, parce que t'es né comme ça? là, c'est 2017, interesse toi a ton pays, tres vite tu trouveras les mémes tas de merde a marseille par exemple, malgré les moyens, et une education faite.
fin 80, quartier l'estaque: les derniers bidonvilles de cette meme marseille; les ordures et les rats.
je commence a partager cette déplaisante proposition: reste chez toi. t'es mazo ou quoi? tu fais quoi au milieu de cette merde, le monde est grand. tiens, y'a la suisse, c'est beau, c'est vert, et y'a plein de suisses. les suisses nous trouve sales.

Écrit par : izmachine | 26/08/2017

Oui. Tu as raison....comme dab!

Écrit par : linlin | 27/08/2017

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Nous avions un bon Maire à DAKAR, capable d'organiser ce difficile problème de la propreté des grandes villes ! l'aménagement de toilettes et bains publics est un programme judicieux à revoir , pour les Centres Urbains très fréquentés , quitte à mettre une caisse de paiement de quelques centimes!

Écrit par : Dupuy-Diatta Anna | 31/08/2017

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Nous avions un bon Maire à DAKAR, capable d'organiser ce difficile problème de la propreté des grandes villes ! l'aménagement de toilettes et bains publics est un programme judicieux à revoir , pour les Centres Urbains très fréquentés , quitte à mettre une caisse de paiement de quelques centimes!

Écrit par : Dupuy-Diatta Anna | 31/08/2017

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Nous avions un bon Maire à DAKAR, capable d'organiser ce difficile problème de la propreté des grandes villes ! l'aménagement de toilettes et bains publics est un programme judicieux à revoir , pour les Centres Urbains très fréquentés , quitte à mettre une caisse de paiement de quelques centimes!

Écrit par : Dupuy-Diatta Anna | 31/08/2017

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Nous avions un bon Maire à DAKAR, capable d'organiser ce difficile problème de la propreté des grandes villes ! l'aménagement de toilettes et bains publics est un programme judicieux à revoir , pour les Centres Urbains très fréquentés , quitte à mettre une caisse de paiement de quelques centimes!

Écrit par : Dupuy-Diatta Anna | 31/08/2017

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Nous avions un bon Maire à DAKAR, capable d'organiser ce difficile problème de la propreté des grandes villes ! l'aménagement de toilettes et bains publics est un programme judicieux à revoir , pour les Centres Urbains très fréquentés , quitte à mettre une caisse de paiement de quelques centimes!

Écrit par : Dupuy-Diatta Anna | 31/08/2017

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Je crois qu'on a compris... Il faut faire sortir Khalifa Sall de la prison de Reubeuss pour avoir un Dakar avec des poubelles, des camions poubelles, des rues propres, des toilettes et des bains publics....Les toilettes et les bains publics séparés, pour les femmes et les hommes pour éviter que çà deviennent des lupanars ou des endroits de viols...
Et aussi des usines de tri, de transformation et de destruction des déchets pour faire disparaître ces décharges- enfers sur terre de Little Guinée, Mbeubeuss et Yoff Garbage...
Du pain sur la planche pour la sortie de prison du Maire Khalifa Sall, le plus vite sera le mieux...pour Dakar
A part que l'équipe de Macky Sall vise la Mairie de Dakar suite à son assemblée législative majoritaire ???

Écrit par : issa gibb | 01/09/2017

Voilà une mesure radicale contre les sacs plastique, au Kenya...
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/kenya-jusqu-a-4-ans-de-prison-pour-l-usage-de-sacs-plastique_1938456.html

Écrit par : Xx | 02/09/2017

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