19/09/2017

RENFORCEMENT AMERICAIN

Coopération sécuritaire Sénégal/Etats-unis Ça se corse !

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Le nouvel Ambassadeur des Etats-Unis au Sénégal, Tulinabo Salama Mushingo, a bien expliqué, lorsqu’il coprésidait avec les ministres sénégalais des Forces armées et de l’Intérieur, la première conférence de la National Academy Associates du FBI en Afrique de l’Ouest, que la sécurité du Sénégal fait partie des priorités du président Donald Trump.
Une déclaration qui en dit long sur la nature des relations de coopération en matière de sécurité entre les deux pays. Une sécurité que l’Ambassadeur annonce clairement qu’elle va se renforcer sur le plan de la fourniture de matériels, d’échange de renseignements et de formation des élites militaires. Le Sénégal participe en effet chaque année aux opérations Flintlock et à d’autres de ce genre, comme Saharan Express, qui sont des exercices de sécurité maritime.
Les Etats-Unis qui ont créé le Commandement unique américain pour l’Afrique Africom en 2007, ont corsé, au fil des années, leurs activités. Dans cette même dynamique, ils ont signé avec le Sénégal des accords de défense avec la possibilité d’implanter une base.
Bien sûr, ils excluent toute implantation permanente, mais cela fait douter beaucoup d’analystes qui considèrent que les Américains ont l’intention de prendre pied sur le continent africain par l’intermédiaire d’Africom, contrairement aux déclarations initiales.
La preuve, les démarches entamées au Maroc et au Niger pour amener ces deux pays à accepter l’implantation de base, en disent assez clairement sur leurs intentions.
Dans tous les cas, les spécialistes distinguent trois types d’intervention des services américains : les FOS, bases opérationnelles avancées (qui sont des implantations à long-terme), les CSL, implantations de sécurité coopérative (qui sont occupées tour à tour par des troupes étatsuniennes), et les CL, sites de replis (qui sont occupés seulement pour les missions qui sont en cours).
Du coup, Africom en fait beaucoup plus qu’il ne le reconnait.
Il ressort d’un article écrit par Nick Turse, qu’entre 2012 et 2013, l’Armée américaine est intervenue dans 49 pays africains, avec 10 exercices militaires, 55 opérations, 481 activités de coopération en matière de sécurité. La même source informe « qu’Africom ne donne que des information partielles sur ses activités ».
S’agissant du Sénégal, en effet, la forte influence militaire américaine n’est plus à démontrer. Comme le dit l’Ambassadeur en des termes à peine voilés, Trump veille personnellement sur notre sécurité dans le cadre justement de cette subdivision entre Américains et Français selon les zones d’influence.
Ainsi, du Sénégal à l’Angola, c’est la zone dite du Golfe de Guinée avec une influence forte américaine.
Les autres zones du Sahel étant sous influence de la France, même si les Américains ne s’y sont pas absents.
La preuve, une rencontre entre les Marines de ces pays du Golfe de Guinée est prévue les 19 et 20 septembre prochains, comme cela se fait tous les ans, sous coordination du Sénégal cette fois-ci.
Cette subdivision géostratégique pourrait expliquer la non-tenue en compte incompréhensible du Sénégal du G5-Sahel qui est un commandement unique de militaires de 5 pays ouest-africains que sont la Mauritanie, le Niger, le Mali, le Burkina Faso et le Tchad.
C’est dire que les stratégies et la planification de notre sécurité commune en Afrique dépendent largement de l’extérieur.
Si le nouvel Ambassadeur à Dakar parle de renforcement de la coopération en matière de sécurité avec Dakar, il entend ainsi mettre l’accent sur l’accentuation de la tutelle sécuritaire sur notre pays.
Nous dépendons de l’appui matériel, en renseignements et autres formations des Etats-Unis, et aussi de la France qui voit son influence se réduire de plus en plus, même si elle est encore présente.
Or, il nous semble que l’Afrique a certes besoin de la coopération avec les autres pays du fait de notre retard technologique, mais pas de la tutelle. Car la tutelle implique des problèmes de souveraineté graves, donc de dépendance inadmissible entre pays.
C’est pourquoi des stratégies communes sont nécessaires entre pays africains pour penser, ensemble, à leur sécurité et y trouver des remèdes dans le cadre d’organismes comme la Cedeao, l’Union africaine, etc.
Ndèye Fatou Thiam/rewmi.com

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Les Etats-Unis qui ont créé le Commandement unique américain pour l’Afrique Africom en 2007, ont corsé, au fil des années, leurs activités. Dans cette même dynamique, ils ont signé avec le Sénégal des accords de défense avec la possibilité d’implanter une base.

Écrit par : senegal | 23/09/2017

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