29/11/2017

LES TALIBES SONT DES ESCLAVES!

Un pas vers la justice pour les jeunes talibés victimes d’exploitation

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Début novembre, une opération de lutte contre la traite des êtres humains s’est déroulée sur deux jours à Dakar. Plus de 50 enfants contraints de mendier ont été retirés des rues de la capitale. Cinq trafiquants présumés ont été arrêtés, mais les autorités sénégalaises doivent encore intensifier leurs efforts pour mettre fin à ce fléau.
Au début du mois, le gouvernement sénégalais s’est discrètement associé à Interpol pour une opération de lutte contre la traite des êtres humains organisée sur deux jours à Dakar. Dans le cadre de l’opération Épervier, une équipe composée d’officiers de police et d’assistants sociaux – agissant aux côtés d’Interpol et de la Cellule nationale de lutte contre la traite des personnes – a retiré plus de 50 enfants des rues de la capitale sénégalaise. La plupart de ces enfants étaient des talibés, ou élèves d’écoles coraniques, contraints de mendier par leurs maîtres.
Arrestation des trafiquants
L’équipe a emmené ces enfants dans des centres d’accueil pour leur prodiguer des soins et les rendre à leur famille, comme le gouvernement l’avait déjà fait lors d’initiatives similaires. Mais cette fois-ci, quelque chose d’inédit s’est produit : cinq trafiquants présumés, y compris au moins un maître coranique, ont été arrêtés.
Le “maître” en question “plaçait les enfants à différents endroits d’un quartier et leur fixait une somme à verser par jour”, d’après un rapport d’Interpol daté du 6 novembre. Il a été déféré à la justice.
L’opération Épervier a permis de secourir environ 500 victimes
Dans le cadre d’un projet d’Interpol visant à lutter contre la traite des êtres humains au Sahel, l’opération Épervier a appuyé des opérations de courte durée menées par la police nationale au Sénégal, au Niger, au Mali, au Tchad et en Mauritanie. Au total, l’opération a permis de secourir environ 500 victimes, y compris 236 mineurs, et d’arrêter 40 trafiquants présumés.
Plus de 50 000 talibés présents au Sénégal
Le fait d’envoyer des enfants dans des pensionnats coraniques traditionnels reste une pratique bien ancrée dans toute l’Afrique de l’Ouest. Le Sénégal, en particulier, voit un grand nombre de talibés de pays voisins intégrer ces écoles, ou daaras. Plus de 50 000 talibés au Sénégal sont contraints de quémander de l’argent ou de la nourriture par des marabouts peu scrupuleux, et un grand nombre de ces enfants sont victimes de violence.
Au cours des quatre dernières années, je me suis rendue dans des dizaines de daaras où des talibés vivaient dans des conditions sordides. En 2016 et 2017, j’ai documenté cinq cas d’abus sexuels commis par des maîtres coraniques ; plus de 30 cas de talibés battus, enchaînés ou emprisonnés ; et cinq cas de talibés décédés à la suite d’abus qui auraient été infligés par leurs maîtres (voir ici et là les reportages de Human Rights Watch).
Des procureurs abandonnent les enquêtes malgré l’existence d’un grand nombre de preuves
Malgré des lois nationales pour lutter contre la maltraitance, le trafic et l’exploitation des enfants, on constate un manque déplorable de volonté d’appliquer la loi qui interdit aux marabouts de violer les droits des enfants.
Des agents et des activistes de la société civile sénégalaise m’ont affirmé que la police s’abstenait régulièrement d’enquêter sur les cas d’abus et de mendicité forcée commis par ces maîtres, tandis que des procureurs abandonnent les enquêtes malgré l’existence manifeste d’un grand nombre de preuves.
La justice au cœur de la solution
Des pressions croissantes s’exercent sur le Sénégal pour que le pays s’attaque à ce problème, et un programme lancé mi-2016 a entraîné le retrait de plus de 1 500 enfants des rues. Cependant, comme l’a révélé un rapport de Human Rights Watch publié en juillet 2017, ce programme a renvoyé plus d’un millier de talibés auprès des maîtres coraniques qui les avaient forcés à mendier, et il ne s’est soldé par aucune enquête ni poursuite judiciaire.
En revanche, l’initiative menée il y a peu avec Interpol montre l’impact que pourrait avoir le fait de veiller à ce que la justice fasse partie intégrante des mesures de protection de l’enfance déployées au Sénégal. Bien que l’opération n’aurait entraîné l’arrestation que de quelques trafiquants présumés, elle pourrait signifier un changement important de stratégie face à ce problème.
En finir avec la mendicité forcée des enfants
La semaine dernière, le monde fêtait la Journée mondiale de l’enfance, vingt-huit ans après l’adoption par l’ONU de la Convention des droits de l’enfant, ratifiée par le Sénégal en 1990. Si le gouvernement sénégalais envisage sérieusement une approche plus complète du problème de la mendicité forcée des enfants – intégrant le retrait des talibés des daaras où ils sont victimes d’abus ou d’exploitation, le retour des enfants dans leur famille, ainsi que l’ouverture d’enquêtes et de poursuites à l’encontre de maîtres responsables d’abus – les enfants sénégalais auront enfin matière à célébrer.
Lauren Seibert/jeuneafrique/com

Commentaires

Dans la même veine si on est sur le sujet de l'esclavage. Que penser des milliers de "petites bonnes" placées chez un cousin, oncle etc ... qui triment du matin au soir en échange d'une part de tiep ? Il faudra bien commencer à en parler un jour. 50.000 enfants esclaves + on ne sait pas combien de jeunes filles "esclaves de case" comme on disait autrefois. Il est bien de dénoncer ce qui se passe en Libye mais il serait aussi bien de commencer à faire le ménage ici.

Écrit par : Francis | 29/11/2017

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ha enfin,, je croyais que j'etais le seul a voir ça ,, du matin au soir je vois ça chez le voisin,,, proprio,,, ça choque personne quant c'est devant les yeux,,, par contre a des milliers de kilometre ont est fort pour crier que ont est contre est que c'est la faute de l'autre

Écrit par : mina | 29/11/2017

C est bien vrai
Il faudrait commencer à balayer devant sa porte
Avant de crier au scandale
Ces petites bonnes comme vous le dites ,et j’en ai un exemple à ma porte ,sont purement les esclaves de leur « soit disant parents »
Bien souvent elles ont un travail régulier à l extérieur elles se font prélever leur salaires par leurs «  parents » une fois terminé elles doivent faire le ménage ,laver, cuisiner ,s’occuper des gosses de la famille et plus
Elles n’ont aucun repos
Elles n osent pas partir CAR ELLES ONT PEUR du maître tout puissant

Écrit par : Yvesbzh | 29/11/2017

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C est bien vrai
Il faudrait commencer à balayer devant sa porte
Avant de crier au scandale
Ces petites bonnes comme vous le dites ,et j’en ai un exemple à ma porte ,sont purement les esclaves de leur « soit disant parents »
Bien souvent elles ont un travail régulier à l extérieur elles se font prélever leur salaires par leurs «  parents » une fois terminé elles doivent faire le ménage ,laver, cuisiner ,s’occuper des gosses de la famille et plus
Elles n’ont aucun repos
Elles n osent pas partir CAR ELLES ONT PEUR du maître tout puissant

Écrit par : Yvesbzh | 29/11/2017

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J'avais déjà parlé de ses petite filles qui triment toutes la journée dans des maisons Sénégalaises,avec pour seul salaire un repas !!!! mais personne n'avait relevé... Bien content qu'enfin les yeux et la parole s'ouvrent

Écrit par : eddy | 29/11/2017

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Les enfants talibés sont des esclaves, tout comme les adolescents qui travaillent aux champs, les petites Fatou qui triment toute la journée, et même une bonne partie des femmes mariées figurez-vous ! tous étant soumis concomitamment aux mauvais traitements et violences physiques...

Écrit par : Xx | 29/11/2017

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on ne peut remettre en cause vore expertise millenaire dans ce domaine!!!
on vous croit sur parole!

Écrit par : Ndiaye | 30/11/2017

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M Ndiaye pourquoi vouloir nier l'évidence? Si de nombreux sénégalais sont tournés vers le progres et la démocratie et s'il y a beaucoup de bonnes choses dans votre beau pays, il subsiste encore de nombreuses situations intolérables et qui ont eu tendance à s'aggraver depuis l'indépendance. Un état qui se prétend démocratique ne peut plus tolérer l'esclavage des talibés, des petites bonnes (qui sont souvent aussi des objets sexuels) l'excision ainsi que la corruption endémique qui regnent au Sénégal. Et inutile de me dire" si tu n'es pas bien au Sénégal' retourne chez toi" c'est fait.

Écrit par : Tiocan | 30/11/2017

En parlant d expertise millénaire ,je pense que vous devriez relire l’exellent Articlle de la semaine passée sur l historique de la traite négrière
——————
La France a aussi sa part de responsabilité
Mais on ne peut quant même impliquer la France et ses ressortissants dans l’exploitation notoire et ostentatoire des petits talibés et des jeunes gamines par des marabouts ayant pignon sur rue et pour certains adoubés par les gouvernants de tous bords

Écrit par : Yvesbzh | 30/11/2017

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En parlant d expertise millénaire ,je pense que vous devriez relire l’exellent Articlle de la semaine passée sur l historique de la traite négrière
——————
La France a aussi sa part de responsabilité
Mais on ne peut quant même impliquer la France et ses ressortissants dans l’exploitation notoire et ostentatoire des petits talibés et des jeunes gamines par des marabouts ayant pignon sur rue et pour certains adoubés par les gouvernants de tous bords

Écrit par : Yvesbzh | 30/11/2017

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Juste le titre "Les Talibés sont des Esclaves !"... Comme si on le découvrait aujourd'hui ???
Alors que le Sénégal est le premier pays Africain esclavagiste d'enfants avec un système maraboutique d'exploitation d'enfants par des pseudo-maîtres coraniques organisés dans une mafia de trafiquants et d'exploiteurs d'enfants, dans la pratique de la mendicité forcée avec des maltraitances hors d'âge sur leurs élèves talibés pour atteindre leurs buts financiers véreux, cachés derrière l'apprentissage du Coran, depuis plus 30 ans ??? Toujours la même Hypocrisie !

Et les 2 jours d'enquête avec Interpol pour sortir 50 enfants talibés mendiants dans la rue et arrêter 5 trafiquants et 1 marabout exploiteur??? La présence d'Interpol a du obliger le gouvernement Sénégalais à se bouger pendant 2 jours... Car normalement son laxisme sur problème des talibés démontre que ce n'est pas de son ressort ???... Comme sur le retrait des enfants de la rue en 2016 qui a été aussi, un autre bon début qui a fini un grand fiasco... Dans tout ce cirque médiatique, les marabouts esclavagistes ont déplacé les enfants talibés de daaras en daaras, le trafic et le nombre de talibés esclaves ne cessent d'augmenter et le système s'exporte en Casamance et dans les pays voisins comme la Mauritanie ou le Mali ???

Mais par les temps qui courent où l'on découvre que des migrants Africains sont mis en Esclavage par leurs frères (Arabo-Africains), tout le monde s'indigne... Alors que l'Esclavage des enfants talibés existe et perdure depuis 30 ans en toute impunité et en toute hypocrisie !
Tout avancée, toute arrestation, toute condamnation des trafiquants et des marabouts exploiteurs sont de bonnes choses, toujours bon début...Mais, Stop à l'Hypocrisie, il y a encore 200 000 enfants talibés esclaves et le Sénégal est et reste le premier pays Africain esclavagiste d'enfants !
Ce n'est pas avec 2 jours d'enquête par an et 1 journée Mondiale de l'Enfance que l'esclavage des enfants talibés disparaîtra... Le Sénégal doit être dénoncé pour être déclarer, pays Esclavagiste d'enfants par les Instances Internationales des Droits de l'Homme et de la Protection des Enfants pour que le gouvernement sénégalais bouge son gros cul !
Talibés, mais aussi tous les enfants, garçons, filles et gamines sénégalais exploitées !

Écrit par : issa gibb | 30/11/2017

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Et oui une journée de temps en temps ,pour parler des petits talibés,prendre des mesures qui ne sont jamais appliquées,mais qui rapportent au gouvernement Sénégalais,une fois l'enveloppe empochée on oublie ...Et on recommence!!! les pays donateurs ont de la m---e dans les yeux et les oreilles bouchées...

Écrit par : eddy | 01/12/2017

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