13/12/2017

ANALPHABETISME AU SENEGAL

Fact-checking: Existe-t-il 54% d’analphabètes au Sénégal ?

size0.jpg

Le ministre de l’Education nationale, Serigne Mbaye Thiam a déclaré que 54% des sénégalais dont 62% des femmes sont des analphabètes. Qu'en est-il au fond?
Participant à l’évaluation de la première phase de la Recherche action sur la mesure des apprentissages et alphabétisation (Ramaa), M. Thiam a souligné que « 54% des Sénégalais dont 62% des femmes sont des analphabètes».
Cette affirmation est-elle prouvée ?
Dans son dernier recensement général de la population sénégalaise, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) estime le taux d’analphabétisme à «54,6% avec 62,3% de femmes, contre 46,3 % pour les hommes».
Le rapport de l’ANSD ajoute qu’ « aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. En milieu urbain, le taux d’analphabétisme est de 49,5% pour 34,4% de femmes. En zone rurale, il est de 74,1% pour 57,7% de femmes. L’ANSD n’a pas publié de nouveaux chiffres par rapport à l’analphabétisme au Sénégal.
Quels sont les chiffres de l’Unesco ?
A travers son projet d'alphabétisation de 40.000 jeunes filles et femmes de 15 à 55 ans au Sénégal intitulé Pajef, l’Unesco affirme que le Sénégal est un des dix pays en Afrique où plus de la moitié (58%) des adultes sont analphabètes. La majorité de ces analphabètes sont des femmes.
L’Institut de statistiques de l’Unesco. (ISU) publie, tous les deux ans, un rapport sur l’Etat de l’éducation dans le monde. Et en 2013, les chiffres de l’Unesco sur l’analphabétisme au Sénégal indiquaient que la population analphabète (hommes et femmes) s’élevait à 1 246 260 millions de personnes âgées de 15 à 24 ans.
Pour sa part, la population analphabète (masculine et féminine réunies) âgée de 15 ans et plus était de 4 575694 millions. Ainsi donc, 40% de la population sénégalaise était analphabète en 2013. Parmi ces 40%, 59% étaient des femmes.
Les experts prennent les chiffres avec réserve
Dans une contribution publiée avant les dernières élections législatives, l’expert en ingénierie de développement local et membre de l’Association panafricaine pour l’alphabétisation et l’éducation des adultes (PAALAE), Charles Owens Ndiaye, décortiquait les chiffres de l’ANSD.
«Au sein de la population alphabétisée, 45,4% on dénombre les alphabétisés en langues nationales et en arabe avec un taux 12,7% seulement. Autrement dit, le taux d’analphabétisme en langues nationales et arabe est de 87% », analyse M. Ndiaye, membre du Groupe thématique éducation formation communication du Forum social sénégalais.
Le professeur d’histoire à l’université de Dakar Bouba Diop contacté par Ouestafnews reste prudent quant aux chiffres donnés. Il n’a pas la même définition de l’analphabétisme.
«Le système a tendance à traiter d’analphabètes ceux qui ne peuvent pas lire les caractères latins, alors qu’ils sont instruits et lettrés dans les autres langues», précise-t-il.
Depuis 2003, l’Unesco a réapprécié sa définition de l’alphabétisme qui est pour elle, « la capacité d’identifier, de comprendre, d’interpréter, de créer, de communiquer et de calculer en utilisant du matériel imprime et écrit associe a des contextes variables.»
L’affirmation est en partie vraie
Le ministre de l’Education nationale, Serigne Mbaye Thiam a déclaré que 54% des sénégalais dont 62% des femmes sont des analphabètes.
Dans son dernier recensement général de la population sénégalaise réalisé en 2013, l’ANSD estimait l’analphabétisme comme suit estimait le taux à 54,6% avec 62,3% de femmes contre 46,3 % pour les hommes. L’Unesco indique que le Sénégal est un des dix pays en Afrique où plus de la moitié (58%) des adultes sont analphabètes et la majorité sont des femmes.
Mais ces deux organisations ne prennent pas en compte les Sénégalais alphabétisées dans les langues non latines comme l’arabe. Par conséquent, l’affirmation est fondée mais ne reflète pas la complexité du problème.
AC/mn/ad/Ouestafnews.com

Commentaires

Toujours le même problème... Au lieu de dépenser du fric à faire des statistiques à la con, incontrôlables sur l'analphabétisme au Sénégal...
Ils feraient mieux de construire des écoles... Baisser les prix de scolarisation des enfants dans les écoles... Et donner obligation aux marabouts, sous peine de lourdes sanctions, de laisser accès aux enfants talibés à l'éducation du français, du calcul et autres enseignements de base, comme il était prévu dans la loi de modernisation des daaras en 2013, jamais appliquée, savamment étouffée par le Congrès maraboutique de Thiès et abandonné par le gouvernement...
Avec toutes ces mesures, faire baisser le taux d'analphabétisme du Sénégal... Car après, 1 an en poste de ministre des Universités et plus de 6 ans en poste de l'Education Nationale avec ses rapports statistiques inutiles, 54% à 62 % d'analphabètes comme piètre résultat, le ministre Serigne Mbaye Thiam, personnage très fier de lui et hautain avec les autres, est un ministre distant et très réfractaire aux relations avec les syndicats d'enseignants... çà ne serait pas qu'il a peur qu'on découvre qu'il est un splendide incompétent en matière d'instruction et peut être, un illettré...
La différence entre analphabète et illettré est si subtile !

Écrit par : issa gibb | 14/12/2017

Répondre à ce commentaire

Hélas les gouvernants sont tellement imbus de leur personne qu'ils sont réfractaires a toutes discussions!!!!Et puis il faudrait que les Sénégalais commencent a avoir du respect pour les femmes,pour qu'ils pensent a envoyer leurs filles a l'école et je ne pense pas que cet état de faite soit pour bientot

Écrit par : eddy | 14/12/2017

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire