06/01/2018

LA PRESSE MALMENEE

Crise: après les médias locaux, la presse internationale s’enlise

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Jeune Afrique invisible sur les rayons sénégalais à partir de la semaine prochaine et même en Côte d’Ivoire. La faute aux distributeurs qui peinent à honorer leurs impayés auprès du groupe de distribution français Presstalis, informe le journal.
Le résultat d’un différend financier opposant le distributeur ivoirien Edipresse et le sénégalais Agence de distribution de presse (ADP) au groupe français Presstalis, qui assure l’export en avion ou en bateau des journaux étrangers jusque dans ces pays.
« Nous avons décidé le 21 décembre de suspendre la distribution de toute la presse internationale au Sénégal et en Côte d’Ivoire, tant qu’Edipresse et ADP n’honoreront pas leurs impayés, explique Carine Nevejans, directrice de l’international du groupe Presstalis. Nous sommes très conciliants, mais il arrive un moment où les montants en jeu sont tellement importants que ce n’est plus tenable», lâche Bertrand Holl.
Il ajoute que la descente aux enfers est inévitable: « nous avons enclenché le virement d’une partie de cette somme, assure pour sa part Bertrand Holl, directeur général de Edipresse. Mais nous rencontrons des difficultés avec les banques, qui ne sont pas de notre fait. »
En attendant l’effectivité du virement, prévue a priori avant la fin de la semaine prochaine, la société ivoirienne ne reçoit plus la presse étrangère depuis le 22 décembre. « Et cela représente une perte de 25 millions de francs CFA par semaine », précise -t-il.
senego.com/Sharif Ndao

l’hebdomadaire Nouvel Horizon a tiré sa révérence
L’hebdomadaire généraliste Nouvel Horizon met la clé sous la porte ce vendredi après une aventure journalistique d’une vingtaine d’années. Une disparition symptomatique d’une presse sénégalaise dont le modèle économique n’est plus viable.
L’annonce de la cessation des parutions de l’hebdomadaire Nouvel Horizon a sonné comme un coup de tonnerre dans le ciel déjà sombre de la presse sénégalaise. Et pour cause. Ce magazine, lancé en 1996 à Dakar est parvenu, en une vingtaine d’années, à se tailler une place respectable au sein du paysage médiatique sénégalais. Informé, bien écrit, Nouvel Horizon pouvait souvent être autant équilibré qu’impertinent dans ses prises de position.
Alors que l’hebdo du quartier dakarois de la Sicap Liberté III ne paraîtra plus, son numéro 1053, qui devait paraître ce vendredi 5 janvier pour signer la fin de l’aventure n’a finalement pas été aperçu en kiosque. « Je ne sais pas ce qui s’est passé au niveau de l’imprimeur. De toute façon, il n’y a plus urgence », lâche Issa Sall, le directeur de publication, au travers d’un sourire philosophique, au bout du fil…
Fondé par un groupe de passionnés de l’écriture et de l’actualité – parmi lesquels Abdoulaye Bamba Diallo, membre fondateur du journal satirique Le cafard libéré, qui en était le président, et Issa Sall, le directeur de publication –, le journal accordait une place de choix à l’information politique, tout en traitant l’actualité économique, culturelle, sociale et internationale. Ses colonnes accueillaient très souvent intellectuels comme éditorialistes réputés.
Amadou Oury Diallo/jeuneafrique.com

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