13/01/2018

LETTRE D'UN PERE A SA FILLE DECEDEE

Lettre d’un père à sa fille décédée pour négligence médicale: « Seynabou, ton pays t’a tué et il est entrain de te déshonorer »

fille.jpg
Émouvante, cette lettre d’un père !
"Nous rendons grâce à Allah le misericordieux. C’est du Tout Puissant que nous venons et c’est vers lui que nous retournons Alhamdoulillah.
Je n’ai jamais compris ceux qui faisaient des publications à la suite de la perte un être cher. Je comprends parfaitement maintenant .
Je ne sais pas si je dois parler de la personne de Seynabou (un cas parmis tant d’autres cas) ou de ce que son pays a fait pour elle. De ce pays, elle en savait en 4ans plus que son père en 12ans. En commençant par les couleurs du drapeau et de leurs significations jusqu’à l’hymne national de ce pays, elle disait j’aime mon pays le Sénégal mais son pays ne lui a jamais rendu la monnaie de sa pièce de son vivant et encore moins après sa mort.
Victime d’une brûlure le soir du 8 Décembre 2017 elle a passé sa première nuit de souffrance à la clinique avant d’être évacuée le lendemain matin à l’hôpital principal de Dakar au service de la pédiatrie. Rien de grave d’après les médecins donc inutile de l’isoler ou de l’amener au service des brûlés car selon leur diagnostic, qui était faux dès le départ, il s’agissait d’une brûlure au second degré superficielle à moins 20%.
Elle a passé là-bas ses 10 derniers meilleurs jours car c’est elle qui animée la salle des soins intensifs en faisant rire le personnel de soins et ses ‘amis’ enfants malades comme elle aimait les appeler.
Je me souviens qu’elle demandait toujours à ce qu’on partage son lait ou toute autre nourriture avec ses amis souffrants.
Le matin du 19 Janvier 2017 sa mère m’appelle pour me dire que Seynabou se plaint de ses douleurs chose qu’elle n’a jamais fait. Elle disait tout le temps Papa/Maman ça va y’a rien. Ça fait pas mal mais ne regarde pas mon corps et ne me prend pas en photo et lorsque nous devions rentrer chaque jour nous lui faisions des prières et on l’entendait toujours dire amine. Quand sa maman a interpelé le docteur qui n’a vu l’étendu des lésions que 9 jours après son arrivée à l’hôpital, elle lui a dit que c’est normal car les plaies se cicatrisent. Chose qui n’etait absolument pas vrai. Peu de temps après le docteur lui demande de revenir en urgence à la pédiatrie car Seynabou n’allait pas bien. C’est là qu’elle m’appelle pour la rejoindre à l’hôpital pour qu’on nous dise pour la première fois que son cas est grave et elle dois être admise en réanimation tout de suite.
Dix jours après c’est la première fois qu’on nous dit qu’elle ne vas pas bien et nous montrer des photos prises il y’a trois jours comme si elle (le docteur) venait de faire son premier diagnostic.
C’est en réanimation qu’on nous a dit qu’elle souffrait d’une brûlure de troisième degré profonde pour l’essentiel à plus de 36%.
Ma première question c’était de savoir pourquoi elle n’a pas était isolée à la pédiatrie, pour éviter les risques d’infections pendant dix jours et pourquoi on ne l’a pas amener en réanimation depuis le premier jour car seul ce service dispose d’une salle pour les brûlés? La réponse se trouve dans le résumé médical de la pédiatrie qu’on refuse, à la date de ce post, de nous donner.
Trois jours après un responsable de ce service nous demande de l’évacuer au Maroc ou en France pour une meilleure prise en charge. C’est à partir de ce jour là que je me suis dis le pays n’a pas rendu à Seynabou la monnaie de sa pièce. Du premier ministre qui avait demandait au Général de l’hôpital de lui faire un point sur le cas Seynabou au portier de l’hôpital qui demandait tous les jours les nouvelles de la petite en passant par le ministre de l’intérieur qui la vue par coïncidence de ses propres yeux, le ministre de la santé qui nous avait accordé un rendez vous sans suite, au premier vice président de l’assemblée et au président du groupe parlementaire benoo a qui ont demandait juste un texto de rappel au premier ministre suite au rapport du Général qui avait demandé son évacuation, de la fondation servir le Sénégal qui avait appelé sa maman avec des promesses non tenues, tout le monde était au courant de la situation mais hélas le cas Seynabou ne présentait aucun avantage politique parce que c’etait pas médiatisé. Merci à ceux qui ne sont ni du gouvernement, ni de l’assemblée, ni de la fondation servir le Sénégal, de simples privés mais HUMAIN et SENSIBLES à la situation, d’avoir accepté de le prendre entièrement en charge pour son évacuation. Pour quelqu’un qui devait être évacué le 26 Décembre 2017, nous avons trouvé des billets que pour le 9 Janvier 2018 avec tout le mal du monde malgré nos nombreuses relances faites à toutes ces autorites pour qu’ils nous trouvent enfin une solution d’urgence pour notre enfant tant aimé. Helas aucune n’a pu satisfaire à notre demande. Des privées ont malgré leurs faibles influences essayé d’avoir des places qu’on a payé le 6 Janvier pour un départ le 9 Janvier. C’est avec un moral très fort que j’ai remis au médecin accompagnant (qui était en route pour une évacuation d’urgence des blessés de l’attaque de la casamance de la veille avec le gouvernement) son billet le 7 Janvier à 13h pour ensuite monter voir Seynabou et c’est là devant la porte de réa qu’on nous a dit d’attendre car on n’est sur une urgence et à 13h30 on me dit qu’elle est morte d’un arrêt cardiac suite à ses nombres infections.
Inalilahi wa inaa illayhi rajaoune donc je peux supporter cette douleur pour elle car elle n’a jamais baissé les bras elle s’est battue jusqu’au bout notre brave fille.
Les tontons et tatas de la réa comme elle l’ai appelé peuvent témoigner de son courage pendant ses 30 jours de souffrance. La veille elle a demandé à ce qu’on la maquille et prendre des vidéos d’elle, ce qu’elle a toujours refusée, mais elle a tenu à nous laisser un bon souvenir d’elle.
Aujourd’hui c’est le troisième jour qu’elle passe à la morgue de l’hôpital pour juste des signatures que personne de l’hôpital ne peut t’expliquer la procédure normale.
Des aller retour gendarmerie, tribunal, mairie et Hopital sans cesse comme si son pays qu’elle a tant aimé voulait l’humilier encore et encore. Qu’est ce qu’elle a fait pour mériter une telle humiliation de la part de son pays .
J’imagine de la même manière que vous ne mesuriez pas l’urgence de son cas, vous ne mesurez pas présentement aussi la SOUFFRANCE de sa famille.
Seynabou est partie en nous laissant de très beaux souvenirs mais aussi beaucoup d’enseignements sur notre pays.
Nous esperons que ce système changera pour que plus jamais aucun enfant n’ai à souffrir comme toi et que le gouvernement va enfin construire une infrastructure digne de ce nom pour les enfants brûlés.
C’est dommage mon ange nous t’aimerons jusqu’à la fin des temps et nous ne t’oublierons jamais dans nos prières. Nous espérons que la où tu es il y’a un gouvernement qui traduit en acte sa politique de prise en charge des enfants. Et j’en suis convaincu car le chef de ce gouvernement est le prophète Ibrahima.
#Un papa, une maman, des tantes, des oncles, des cousins, des cousines, des grands parents, des amis et des connaissances et même des inconnus qui se disent désolés de la situation".

DIOP Mamadou/yerimpost.com

Commentaires

Rendre Grace a dieu S il etait si bon que ca ce dieu ca se saurait ...Il ne ferait pas mourir des enfants ...

tout cela me rend triste

Écrit par : jeangilles | 13/01/2018

Répondre à ce commentaire

Sachez JeanGilles que si vous étiez musulman, vous comprendriez que Dieu n'a rien à voir avec cela, il donne la vie à qui il veut et la reprend à qui il veut. Il laisse donc pourrir les gros bonnets et protège ceux qu'il aime .

Écrit par : Martine Lô | 13/01/2018

Que dire, après avoir lu votre témoignage accablant , si ce n'est que nous sommes désolés de cette grave situation de la part des autorités. J'espère que votre cas ne restera pas isolé et que "le monde des grands" en prendrons pour leur grade et si l'argent est leur religion et bien que'Allah fasse son travail. Une chose est sûre, votre fille repose en paix, au paradis car elle a été humble et courageuse. Alhamdoulillah, je prie pour elle . Courage.

Écrit par : Martine Lô | 13/01/2018

Répondre à ce commentaire

Vous écrivez "J'espère que votre cas ne restera pas isolé et que le monde des grands etc." : vous voulez dire n'est-ce-pas "j'espère que votre cas restera isolé", car c'est bien ce que nous nous pouvons tous souhaiter.
J'ai cru comprendre que les médecins, chirurgiens, et autres intervenants du monde médical qui exercent au Sénégal ne prêtent pas le "serment d'Hippocrate" (texte fondateur de la déontologie médicale datant du 4ème siècle avant JC) et c'est infiniment regrettable...
Il vaut mieux, ici, être bien portant quand on est pauvre ou pas très riche ou démuni. Les riches eux n'hésitent pas à partir en Europe pour se faire soigner dans les meilleurs hôpitaux ou cliniques...
Je me demande quel est le prix de la vie dans certains pays, en admettant qu'une vie ait un prix (sachant que la vie n'a pas de prix, qui que l'on soit). Venir au secours des malades, des blessés, les prendre en charge et les soigner en urgence est le B-A BA de la médecine.
Je suis infiniment triste pour les parents et la famille de cette petite fille si courageuse qui méritait d'être secourue comme il se doit. Je suis en colère aussi contre le fatalisme et l'inertie dont certains font preuve. Mes sincères condoléances à ceux qui ne cesseront jamais de l'aimer.

Écrit par : Xx | 13/01/2018

Il y a aussi le "serment de Genève" :
La Déclaration ou Serment de Genève a été amendé plusieurs fois, sa dernière révision (octobre 2017) est la suivante35 :
« En qualité de membre de la profession médicale,
Je prends l'engagement solennel de consacrer ma vie au service de l’humanité ; Je considérerai la santé et le bien-être de mon patient comme ma priorité ; Je respecterai l’autonomie et la dignité de mon patient ;
Je veillerai au respect absolu de la vie humaine ; Je ne permettrai pas que des considérations d’âge, de maladie ou d’infirmité, de croyance, d’origine ethnique, de genre, de nationalité, d’affiliation politique, de race, d’orientation sexuelle, de statut social ou tout autre facteur s’interposent entre mon devoir et mon patient ;
Je respecterai les secrets qui me seront confiés, même après la mort de mon patient ; J’exercerai ma profession avec conscience et dignité, dans le respect des bonnes pratiques médicales ; Je perpétuerai l’honneur et les nobles traditions de la profession médicale ;
Je témoignerai à mes professeurs, à mes collègues et à mes étudiants le respect et la reconnaissance qui leur sont dus ; Je partagerai mes connaissances médicales au bénéfice du patient et pour les progrès des soins de santé ;
Je veillerai à ma propre santé, à mon bien-être et au maintien de ma formation afin de prodiguer des soins irréprochables ; Je n'utiliserai pas mes connaissances médicales pour enfreindre les droits humains et les libertés civiques, même sous la contrainte ; Je fais ces promesses sur mon honneur, solennellement, librement.»

Écrit par : . | 13/01/2018

Nos plus sincères Condoléances à la Famille, à leurs proches parents et amis (es).
ALLAH YARAHMA!
Trop bouleversée par autant de négligences.
L'URGENCE dans LA PRISE EN CHARGE au sein des Institutions Sanitaires est une NÉCESSITÉ et la CONSCIENCE PROFESSIONNELLE un DEVOIR de tout instant.
Le Cas de Seynabou nous conserne TOUS.
Malheureusement, il ya encore bon nombres de Citoyens malades qui y laissent leurs vies dans nos hôpitaux,faute de manque d, organisation dans la prise en chargeau sein de la hiérarchie , d'abnégation ou de dilligeance...
L'ÉTAT doit redoubler d'efforts dans le respect et la continuité de la prise en charge;veiller à la Sécurité des Citoyens malades à la bonne marche du fonctionnement au sein de la hiérarchie mais surtout dans l'allègement du protocole de la prise en charge de nos malades, des structures et matériels pédagogiques et professionnels au sein des institutions publiques ( hôpitaux,maternités,gendarmerie,pompiers, pompes funèbres...) afin que de tels drames ne se reproduisent.
PLUS JAMAIS ÇA !!!

Écrit par : Diouf | 13/01/2018

Répondre à ce commentaire

l’hôpital principal de Dakar au service de la pédiatrie la Honte des responsables...je suis médecin...

Écrit par : jean | 13/01/2018

Répondre à ce commentaire

Dieu n'a rien à voir dans le décès de cette petite fille, Seynabou... Toutes mes condoléances à cette courageuse famille qui dénonce sans colère, encore une honte au Sénégal.
Les cas d'assassinats par incompétence et surtout par laxisme du corps médical dans les hôpitaux au Sénégal ne sont pas rares...
Le serment d'Hyppocrate, le serment de Genève, le respect de la vie humaine sont trop souvent mis à mal au Sénégal...
Mi-décembre 2017, une fillette sénégalaise est morte à l'hôpital de Mbour à cause d'une appendicite aigüe parce que les parents n'avaient pas d'argent pour payer l'opération aux médecins...
En décembre 2017, une jeune mère de famille de 28 ans est décédée par hémorragie en accouchant de son 2° enfant à l'hôpital de Thiès, faute de soins, de réserves de sang et d'aspirine pour stopper l'hémorragie... La mère et le bébé sont morts... Dans un pays, le Sénégal où le taux de mortalité des enfants avant 5 ans est de 50% => 500 morts sur 1000 au XXIème siècle ???
Et voici, la mort de la petite Seynadou qui allonge la liste des enfants sacrifiés sur le lit de la corruption médicale au Sénégal...
Le pays est pauvre, 28ème pays le plus pauvre du Monde, c'est un fait !... Mais quand on sait que les Institutions Internationales de la Santé Mondiale aident énormément le Sénégal, en particulier La France, l'Espagne et l'Italie qui subventionnent grassement les hôpitaux et les Centres de Santé au Sénégal... Et qu'au final, les hôpitaux sénégalais manquent de tout et sont des endroits où on laisse crever les gens du peuple, faute de soins, de matériel et de médicaments... Alors que les directeurs des hôpitaux, les médecins, leurs femmes et leurs fils adultes roulent dans des 4X4 et des Hummers tous neufs... La présence de ces grosses voitures chères sur les parkings des hôpitaux au Sénégal sur les emplacements destinés des administrateurs, docteurs et autres professeurs, comme preuves, on peut considérer que la corruption et les détournements des aides internationales n'épargnent pas les hôpitaux au Sénégal !
On retrouve, ce même problème, chez les pompiers sénégalais qui ne cessent de dénoncer leurs manques de moyens, allant jusqu'à se considérer comme de simples ramasseurs de chair et de cervelle à chaque accident routier... Ils dénoncent depuis des années, qu'ils n'ont aucun matériel d'oxygène dans leurs camions de secours et qu'ils regardent les accidentés routiers ou grand brûlés, mourir pendant leur transport à l'hôpital, qui manque à sont tour, manque de tout, même de lits pour accueillir les blessés encore vivants...Comme dans une spirale sans fin de misère humaine... A part qu'elle ne touche que la majorité pauvre, alors que les riches qui ont détournés les aides internationales de Santé, iront se faire soigner dans les pays occidentaux généreux, mais aussi tant critiqués et honnis...
Même s'il est fou, le Président américain Donald Trump avec son "Pays de Merde" donne une définition assez proche de la vérité pour certains pays de la planète... Pas la peine de crier au racisme...
Des pays qui laissent mourir les enfants et leurs peuples dans les hôpitaux parce que les élites détournent tout et se gavent sur le dos de leurs peuples...Les pays qui laissent volontairement leurs peuples dans la misère, les enferment dans des dictatures ou dans des soumissions religieuses ignorantes... Des pays qui considèrent les femmes comme des êtres humains inférieurs... Des pays qui mettent les enfants dans l'esclavage du travail forcé ou les enfants talibés esclaves de la mendicité forcée, etc... sont des "Pays de Merde"...
Y'a pas photo ! Quand on bafoue les valeurs de l'Humanité, les libertés, le droit à la vie et le respect de la vie... On est un "Pays de Merde" ...Un pays qui n'est pas encore civilisé, qui reste encore dans des pratiques où une minorité exerce sur une majorité, le vol de toutes les ressources et les aides jusqu'à les laisser crever, par Inhumanité... Dire "Pays de Merde" pour un pays qui maltraite ses enfants et les laisse crever parce qu'ils sont pauvres, ce n'est pas du racisme, c'est une vérité criante d'Humanité, de Charité et de Pitié...
Même Dieu le pense pour avoir abandonné le pays à son sale sort, aux mains des inhumains !

Un

Écrit par : issa gibb | 14/01/2018

Répondre à ce commentaire

Décidément M. Gibb, que ce soit au sujet du trafic du bois ou bien concernant les dérives du système de santé Sénégalais, je partage entièrement votre opinion....
Pourquoi n'y a t'il pas plus de Sénégalais comme vous, pour se révolter contre toutes ces dévoiements qui portent tant de préjudices au peuple sénégalais ...

Écrit par : Capskir | 14/01/2018

ISSA GIBB je t'admire de dire la vérité tout simplement , a croire qu'ils ont un siècle de retard
je pense comme toi ,une ONG (j'en fais parti )a donné des ambulances ,2 ans après j'ai voulu voir comment était l'intérieur d'une !!!
je crois qu'il on transporté des chèvres .. tellement c'était sale , puent, des kilos de sable parterre ?
j'ai laisse tomber mes dons pour le Sénégal

Écrit par : zette73 | 14/01/2018

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire