20/01/2018

DAKAR INFERNAL

Circulation à Dakar : on va plus vite à pied à certaines heures

senegal

À certaines heures à Dakar, il est impossible de circuler en voiture à cause de bouchons à n’en plus finir. Entre 9h et 10h, à la sortie des classes dès midi ou en fin de journée dès 17h jusque parfois 21h, conduire devient un véritable cauchemar.
Rond point Liberté 6, Pont de la Foire et Pont de Hann, Colobane, Centre ville, Patte d’Oie, Route nationale vers Technopole sont des endroits où les bouchons sont inextricables. On arriverait sûrement plus vite en marchant.
Indiscipline, cause première des bouchons
Dans sa voiture qui n’avance pas depuis 15 minutes, madame Seye n’en peut plus. Le soleil qui tape fort sur son pare brise et les effluves du car rapide à côté d’elle lui donnent envie de crier un grand coup. Il est 9h et elle avait rendez-vous à 9h10. « Je suis partie de chez moi depuis 8h30 et je me retrouve bloquée dans cet embouteillage alors que mon trajet initial ne dure même pas 15 minutes, rugit-elle. Rien ne va dans ce pays, et s’il faut ajouter à ça l’impossibilité de circuler, ce sera le pompon. ».
En cause, deux automobilistes qui se sont accrochés. Le propriétaire d’une rutilante Mercedes refuse de bouger sa voiture tant que le constat n’a pas été fait par un policier. Dans ce rond point étroit de l’ancienne piste, impossible pour les autres voitures de passer. Malgré les supplications, les menaces, les insultes, le conducteur refuse de céder le passage, alors que son véhicule ne présente aucun dommage grave.
Un peu plus loin, à la poste Fann, c’est le même calvaire. On dirait que les voitures se sont enchevêtrées. Cette intersection à quatre voies est la plus compliquée à traverser en l’absence de policiers pour réguler la circulation. Pas de feu rouge, alors chacun fait ce qu’il veut. On ne respecte pas la priorité, on se fait des queues de poisson, on force le passage… résultat des courses, personne n’avance.
Un trop plein de voitures pour quelques routes très souvent en chantier
Selon la Direction des transports terrestres, il y a 450 000 voitures immatriculées au Sénégal et Dakar en compte 300 000. Ces chiffres vont en grandissant chaque jour. Des vendeurs de voitures d’occasion que l’on trouve à tous les coins de rue proposent des centaines des voitures, à tous les prix.
Avec les gros travaux routiers entamés il y a quelques années, les échangeurs, autoroutes et autres, l’on pensait que les embouteillages seraient un souvenir. Que nenni ! On a plutôt l’impression que plus il y a de nouvelles routes, plus les véhicules sortent des garages. Alors que les conducteurs hésitaient à exposer leurs autos neuves sur des routes pleines de nids de poule, aujourd’hui la tendance consiste à exhiber sa belle SUV.
Des agents de la circulation qui n’arrangent pas souvent le problème
Les automobilistes qui empruntent la VDN connaissent et redoutent l’intersection de la Sonatel à la hauteur de la cité Keur Gorgui. Cette route très fréquentée et embouteillée souffle un peu quand il y a un agent de police sur place. Mais vous tombez parfois sur des agents occupés à autre chose, plus concentrés à verbaliser ou à discuter au téléphone, et ne réagissent que lorsqu’une personnalité se retrouve dans la file à vociférer contre eux.
Les pires se sont les jeunes engagés comme agent de sécurité de proximité (qui n’ont pas vraiment de formation dans le domaine) et qui se retrouvent à faire la circulation. Ces derniers s’emmêlent très souvent les pédales en donnant l’ordre d’avancer à une file de voitures qui bloque finalement le passage. Pas moyen alors d’avancer ou de reculer. Ou encore ils vous laissent poiroter pendant une dizaine de minutes pendant qu’une autre file roule.
La solution ? Marcher tout simplement
Du côté de l’État, on se dit conscient de la situation et l’on promet que des solutions vont être trouvées. Mais interdire la circulation de gros porteurs et de vieux cars rapides, qui ont très souvent des pannes en pleine circulation, ne réglera pas vraiment le problème des bouchons. Un réseau routier urbain qui n’a pas de feu de signalisation, des carrefours étroits, des routes déviées à cause de travaux deux jours sur quatre…
Pas de solution non plus tant que les conducteurs continueront à être inconscients et indisciplinés. Tant que les agents de la circulation ne feront pas leur travail. Tant que les routes seront prises en otages pas les garagistes et les carcasses de voitures.
au-senegal.com
http://www.au-senegal.com/circulation-a-dakar-on-va-plus-...

Commentaires

Sans parler de l'indiscipline et du nombre pléthorique de taxis; il y a 15 ans, si le transport collectif, genre tramway ou autre, avait été voulu, la situation n'en serait pas à ce point de non retour.
Or, contrairement aux autres capitales, tout était pensé en temps que transport individuel: la
bagnole. J'avais eu des discussions avec des "so called" urbanistes et je fus édifié.
Une mentalité bien en retard sur ce problème et maintenant, la bagnole est face au mur!
Maintenant, faire un métro dans la presqu'île, ça va pas être une solution eu égard au coût et aux risques.

Écrit par : rico | 21/01/2018

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