21/05/2017

LES CARS RAPIDES

Les cars rapides, purs produits du Sénégal

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Les frères Diallo
Casquette vissée sur la tête, pinceau calé derrière l’oreille et vêtements éclaboussés de peinture multicolore, Amadou entame l’habillage artistique d’un car rapide, aux côtés de son frère, Neyoo, looké de la même façon.
L’engin est arrivé en début de matinée dans l’atelier des jeunes hommes, situé dans le quartier de Rassimission, tout près de la Grande Mosquée de Dakar. Ils ont toute la journée pour le garnir de dessins « symboliques », avant qu’il ne reparte arpenter les rues de la capitale.
Le propriétaire du car rapide a amené son bolide dans la matinée. Il ne viendra le récupérer qu’une fois terminé. Les deux frères peignent selon leurs envies, leurs inspirations journalières. Une seule consigne leur est laissée : inscrire le nom du marabout Fallou, le propriétaire faisant partie de la confrérie mouride, sur chaque côté et à l’arrière du véhicule… Question de fierté. Et puisque l’on ne peut pas appeler le Marabout uniquement par son nom… Question de respect. Alors lui sont rajouté des superlatifs, comme « Mame Fallou », qui signifie « Grand Père Fallou », ou encore « Begue Fallou », qui veut dire « Aimer Fallou ». Et pour une once d’uniformité, les artistes devront également notifier la notion de « transports en commun »… Question de bon sens ! Pour le reste libre aux artistes d’exprimer leur imagination.
« On peint beaucoup de drapeaux sénégalais un peu partout, sur les rétroviseurs, de chaque côtés, à l’avant et à l’arrière. Parfois on fait aussi ressortir les couleurs de la France », explique le frère cadet. « Ce sont des véhicules de marque Renault, et avant il étaient peints en bleu, blanc et rouge. Petit à petit on a mis du jaune pour nous approprier la chose. Désormais, le car rapide est l’emblème du Sénégal. C’est pourquoi nous peignons des symboles représentatifs de notre pays », lâche fièrement Amadou.
Juste avant d’ajouter la peinture colorée, qui donne toute cette énergie à la carrosserie du véhicule, les deux frères esquissent à la craie les contours de leurs dessins. Sont représentés, des pommes, des ananas ou encore des palmiers… Tout simplement parce que « ici on mange beaucoup de fruits », plaisante Neyoo. La tête de cheval, présente sur presque tous les cars de Dakar symboliserait le devoir de mémoire pour ceux qui ont fait la guerre. La multitude d’ornements des cars rapides n’a rien d’un hasard, elle représente toute une culture. Tous différents par le coup de pinceau de leur artiste, dans la généralité les cars rapides se ressemblent tout de même.
Originaires de Sangalkam, Neyoo et Amadou ont choisi un métier qui leur plaît. « Là bas, dans mon village, j’étais mécanicien de tracteur, mais je n’était pas décidé à faire cela toute ma vie. Alors je suis venu à Dakar en 1999, pour exercer mon art. Mon frère, qui est arrivé en 1994, et mon père m’ont tout appris », confie Neyoo. Aujourd’hui, les frères Diallo sont sollicités pour égayer la carrosserie des cars, mais aussi celle des taxis, des panneaux publicitaires ou encore du mobilier de maison.
« L’âme du Sénégal »
La chariote de Mamadou est rouge. Elle affiche l’inscription « Nescafé », et est garnie de symboles signifiants aux personnes analphabètes qu’il vend, ici, des boissons chaudes. Rien de foncièrement différent des autres chariotes qui arborent les rues de Dakar. Ancien carrossier-peintre, il a peint soigneusement son outil de travail. Mamadou a 28 ans, aujourd’hui, il vend du café touba sur le bord de la route dans le quartier de Point E le jour. La nuit, il est pâtissier. Pour une matinée, il a décidé de se replonger dans l’univers de l’automobile.
Chaleur, bruits, odeurs nauséabondes, terrain boueux, déchets en masse… Bienvenue sur l’aire de peinture, réparation et lavage de Niarithick, tout près du Tribunal de Dakar.
Là bas, Mamadou rencontre, Ibrahim, assis dans l’encadrement d’une fenêtre de car rapide. Il doit rajouter des dessins sur un car qu’il avait déjà décoré quelques jours auparavant. Il est peintre depuis sept ans, et contrairement aux frères Diallo, lui peint à la demande des propriétaires et chauffeurs des cars. « S’ils veulent que j’esquisse leur village natale, ils me donnent une photo et je le dessine, pareil pour le marabout ou encore pour les messages issus du Coran comme ”Alhamdoulilah” », explique le jeune homme.
Ibrahim, perché sur une fenêtre de car rapide, termine sa prestation artistique / Photo © C. Cuordifede
À quelques centaines de mètres, en remontant le marché de Sandaga, Mamadou retrouve son ami et formateur Booba, dans le quartier de Petersen. Petit check amical et habituelle question de courtoisie, les deux hommes papotent quelques minutes au milieu de l’atelier à ciel ouvert où épaves de voitures et morceaux de ferraille s’entremêlent sur un sol recouvert d’essence et d’huile. Ce jour là, Booba n’a pas de clients, donc pas de travail.
« Cela fait dix ans que j’ai arrêté de travailler en taulerie/peinture. Il n’y a pas assez de travail. Un jour on travaillait, deux jours non. Ce n’était jamais régulier et puis avec ce que je gagnais en une journée, j’arrivais à peine à rembourser mes frais de transport. Et puis les conditions de travail n’étaient pas top non plus », raconte Mamadou, sans une once de nostalgie. Et même si il ne les peint plus, cela reste son moyen de transport favori. Guinéen d’origine, installé à Dakar depuis une quinzaine d’années, pour Mamadou, les cars rapides, « c’est l’âme du Sénégal ». Il n’imagine pas le paysage urbain sans eux.
La multitude de cars rapides présente à Dakar, qui nécessite un entretien perpétuel, créée une dynamique autour des emplois de la branche automobile. Cependant, les conditions de travail sont parfois très dures, et le chômage prégnant.
Disparition annoncée des cars rapides
Le car rapide est le moyen de transport le plus emprunté à Dakar. Il est peu couteux, entre 50 à 150 francs CFA, et il est efficace car ils ne s’arrêtent jamais de fonctionner. Pourtant, le car rapide dans toute sa splendeur est menacé de disparition pour cause de pollution et d’insalubrité. D’ici fin 2018, ils devraient être tous remplacés par des bus asiatiques, les fameux « Tata ».
L’enjeu serait aussi de remettre de l’ordre dans le réseau de transport dakarois. Car aujourd’hui, il n’y a pas de lignes de transports préétablies. Le marché du car rapide s’est en quelque sorte imposé de manière informelle. Les véhicules appartiennent à des micros-entreprises, qui décident de l’itinéraire qui leur convient.
Les frères Diallo, eux, ne croient pas vraiment en cette disposition si soudaine, « ça doit faire au moins 6 ans, que tous les ans le gouvernement annonce leur disparition du paysage urbain, et puis rien n’est fait. Ils ont déjà essayé de nous imposer les Dakar Dem Dikk et les Tata, et finalement, l’efficacité des cars rapides prime toujours, parce que ces véhicules là, ils sont puissants par rapport aux autres », lâche Amadou, blasé par cette question qui turlupine beaucoup les médias, mais pas les sénégalais.
Une sorte de foi en la longévité de ces estafettes Renault fabriquées dans les années soixante.
Souvent klaxonnés, mais jamais égalés, donc, les cars rapides ne sont pas prêts de disparaître… Peut être faut-il souhaiter « bonne chance », comme il en est coutume d’écrire sur les portes arrières des cars qui font des longs trajets, à ses détracteurs.
Celia Cuordifede/nouvellesdedakar.com

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17/05/2017

LE MARCHE DE SOUMBEDIOUNE

Soumbédioune, « le sanctuaire de l’artisanat d’art au Sénégal »

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Situé dans le quartier de la Médina, le village de Soumbédioune est un espace de travail hiérarchisé où la solidarité et le partage règnent en maître. Visite à travers les stands du marché artisanal aux produits made in Sénégal qui existe depuis plus de cinquante ans déjà.
C’est tout l’inverse des grands « shopping mall » à l’occidentale. Ici, il n’y a pas de grandes enseignes de vêtement mondialement connues, ni de marques de joaillerie luxueuses ou encore de maroquinerie en vogue. Les façades extérieures sont vétustes, les fresques murales, peintes par les artistes locaux, défraîchies et les vendeurs sont aussi les artistes. La décrépitude du lieu a son petit charme. C’est un marqueur du temps. Créé en 1961, et inauguré en 1966 à l’occasion du premier festival mondial des arts nègres (FESMAN), il est l’un des symboles historiques de la culture de l’art sur le continent africain.
Tissus wax, colliers de perles, bijoux fait d’argent ou d’or, chaussures et sacs en cuir, peintures sous verre, livres reliés à la main, gadgets traditionnels sénégalais fabriqués à partir de matériaux de récupération ou encore sculptures en bois d’ébène, le marché de Soumbédioune est riche des créations de ses artisans. Il s’agit de produits de valeurs et de qualité, ambassadeurs du savoir-faire sénégalais et représentatifs de la beauté et de l’identité africaine.
Artistes nés
« Nio far! » L’expression en wolof qui signifie « on est ensemble », reflète à la perfection l’ambiance sur le marché artisanal de Soumbédioune. Tous les artisans se connaissent et s’entraident. « On est tous plus ou moins né ici. En tous les cas on a grandit sur le marché et notre savoir-faire se transmet de génération en génération », raconte Tom, jeune vendeur de tissus et bijoux en tout genre.
Les allées du village, qui regroupe près de 300 boutiques, sont désertées. Le soleil tape. Plus forte que les embruns, une odeur de sciure se fait sentir. Les vieillards veillent aux stands pendant que la nouvelle génération gère la production dans les arrières boutiques.
Installés sous d’immenses pièces de tôle, disposées en vrac, artistes et travailleurs s’activent à l’ombre… Surtout pas « dans l’ombre ». Singulier, novateur et à la fois ancré dans les coutumes d’antan, le village artisanal de Soumbédioune offre un privilège non négligeable à ses clients. Avant d’acheter un article, ils peuvent suivre le processus de fabrication, de l’artiste aux finisseurs (ponceurs, ciseleurs, limeurs). Un spectacle unique où le client prend conscience du travail minutieux réalisé avant que le produit fini ne soit exposé en boutique.
Accueillants et envieux de transmettre leurs connaissances, les artisans locaux proposent souvent d’entrer dans leur boutique, heureux de montrer le résultat de leur labeur.
Silhouette d’éléphant en bois d’ébène calée entre les orteils, couperet en main et concentration absolue, Ndiaga, sculpteur de bois, s’attèle aux finitions de trois statuettes. Entre deux gravures, il n’hésite pas à inviter ses potentiels clients à l’observer travailler en tandem avec son coéquipier. Il explique « celui-là, il coupe le bois et entame la forme de l’objet, ensuite il ponce et moi je fais les finitions. Six éléphants, ça nous prend environ cinq jours de travail. »
Un peu plus loin, Emmanuel donne une seconde vie à des vieux livres. Il est le seul sur le marché à pratiquer la reliure d’art. Deux stands après le sien, Nouah, un fabricant de bijoux en argent, passionné par son travail, s’improvise de temps à autre, guide touristique pour les voyageurs désireux de découvrir la ville autrement.
Un tourisme de plus en plus effacé
Depuis la construction d’infrastructures urbaines, notamment le tunnel, le marché de Soumbédioune a perdu de son charme au profit de l’urbanisation. Auparavant, le lieu était visible depuis le quai des pêcheurs à quelques centaines de mètres de là. La devanture attirait du monde. Dorénavant, usée, elle ne se voit plus depuis la route.
Enthousiaste et à la fois blasé, Tom reconnaît que les touristes se font de plus en plus rares. « Il y a toujours des cars de voyageurs qui arrivent jusqu’à nous. Seulement ce sont pour la plupart des personnes âgées qui prennent beaucoup de photos et qui n’achètent rien. On les appellent ”les couriés” en wolof », confie le jeune homme, un brin inquiet pour l’avenir du lieu qui l’a vu grandir.
Le président des chambres de métier du marché artisanal de Soumbédioune, Babacar Mamadou Touré est lui persuadé que l’endroit ne peut pas disparaître. « Soumbédioune, c’est le sanctuaire d’artisanat d’art au Sénégal. C’est un lieu incontournable pour qui voudrait visiter le pays de la teranga. » Sans nier tout de même que le chiffres d’affaires des artisans a été impacté. Cependant, il rappelle que le lieu ne se laisse pas aller à la dérive. « Chaque année l’État réfectionne des cases. Et nous avons également un projet de réhabilitation du village afin qu’il s’inscrive dans l’ère du temps, celle de la modernité », dit-il d’un ton sûr.
M.Touré signale aussi que la Chambre des métiers va apporter sa pierre à l’édifice pour la promotion du secteur artisanal à travers la formation, la commercialisation et le financement des artisans, qui restent ses missions quotidiennes.
Finalement, malgré la mauvaise passe économique qu’il traverse actuellement, le village de Soumbédioune peut compter sur ses artisans toujours motivés et prêts à faire découvrir aux curieux la richesse de leur pays à travers leur art.
Celia Cuordifede/nouvellesdedakar.com
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16/05/2017

BLUFFANTE EGLISE DE NIANING

PATRICK THELOT SUR LE DIALOGUE ISLAMO-CHRETIEN : ‘’Le Sénégal donne un exemple au monde entier’’

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Industriel français qui œuvre depuis plusieurs décennies dans le mécénat, Patrick Thelot, est un amoureux du Sénégal. Directeur général du Groupe Sofinor, il emploi plus de 22.000 personnes dans le monde. Son groupe évolue dans les services d’entreprises, c’est-à-dire tout ce qui est prestation d’accueil et d’événement. Homme au grand cœur, Patrick Thelot a fait du social son sacerdoce.
Dans quoi s’active votre fondation ?
Nous avons crée une fondation, depuis vingt cinq ans, qui a pour vocation de protéger l’enfant dans les quatre coins du monde dans sa dimension scolaire et sportive. C’est pour cela dans l’école du Sacré-Cœur à Nianing nous avons crée un centre polyvalent, une cantine scolaire, restaurer les toilettes pour que les enfants puissent étudier convenablement
Pourquoi avoir choisi la commune de Nianing pour y investir ?
Le Sénégal est un pays que j’adore. La France doit beaucoup au Sénégal. Je me souviens des soldats sénégalais lors de la 1ère et de la 2éme guerre mondiale qui ont versé leur sang pour que la France soit libre, c’est la première raison. La deuxième raison est que le Sénégal est un pays francophone j’y viens souvent en famille pour m’y reposer. J’ai eu la chance, est-ce le hasard, est-ce la providence, je ne sais pas, de rencontrer la population de Nianing où je passais quelque jours de vacances dans le domaine qui à l’époque n’était pas encore fermé. J’ai pu rencontrer le directeur de l’école et le chef de village qui m’ont convaincu qu’ils avaient beaucoup de besoin et ils m’ont accueilli formidablement et toutes ses raisons là ont fait qu’à travers cette fondation que j’ai crée il y a vingt cinq ans nous finançons la restauration de l’école, la construction de cette église formidable qui va être inaugurée dans une dizaine de mois.
Qui est votre premier ami à Nianing ?
Mon premier ami à Nianing (rires), c’est toute la population de Nianing. Mais, je mettrais une mention particulière pour Paul Marone, qui était le directeur de l’école à l’époque. C’est un homme de grande confiance, intelligent, posé et qui m’a convaincu effectivement de soutenir cette population, ce village de quatorze mille habitants où nous pouvions faire beaucoup de chose. Et c’est avec une grande joie que j’ai construit ce stade. Je le fais sans aucun intérêt en retour. Je le fais pour réaliser une belle œuvre et voir le sourire des sénégalais qui est un peuple que j’adore.
Comment est née votre collaboration avec le chef du village de Nianing ?
Lorsqu’il s’est agi de construire une église évidement, il fallait des autorisations et donc j’ai rencontré Ibrahima qui tout de suite a été convaincu et c’est un formidable exemple de la bonne entente entre les communautés religieuses. Le Sénégal donne un exemple au monde entier quand on voit la communauté musulmane majoritaire et la communauté chrétienne minoritaire comment elles s’entendent, comment elles travaillent ensemble, c’est un exemple que le Sénégal peut donner au monde, par les temps qui court croyez moi. Et donc tout ça fait que j’ai été très ému par cette ambiance, par cet accueil, par la Téranga comme on dit ici et j’ai décidé il y a une dizaine d’année de commencer à soutenir les projets qu’on me proposait.
Et avec le maire et la Municipalité ?
Rien n’est possible sans les élus. Il est clair que pour construire une église, il faut des permis de construire. Il est clair que le terrain omnisports appartenait à la commune mais il était pratiquement abandonné. Tout ces jeunes avaient besoin de pratiqué leur sport. C’est en étroite collaboration que nous avons travaillé ensemble. Nous allons continuer à le faire parce que ce n’est pas une fin cette inauguration. C’est le début d’une nouvelle étape que nous allons réaliser pour améliorer certaines choses qui ont besoin de l’être.
ABDOULAYE NDIAYE/NIANINGINFOS.COM

Pour être passé visiter le chantier de l'église et ayant été bluffé tant par l'investissement de Patrick Thelot que par l'originalité architecturale de la future église de Nianing, nous avons été chercher un article qui éclaire un peu plus sur ce bâtiment hors norme.
Ressources et matériaux locaux
Historiquement, la construction des édifices religieux a toujours été le fruit d’un travail local et communautaire. Aussi il nous semble que la réalisation d’un tel projet devra favoriser l’emploi d’une main d’œuvre locale d’autant que celle-ci est une véritable ressource du Sénégal et elle représente par ailleurs un faible coût.
A contrario, l’utilisation de matériaux importés augmente les coûts et appauvrit le développement local.
Il nous semble que le projet devra favoriser l’utilisation de matériaux produits localement tels que les briques de ciment, les carreaux de terre cuite, etc.
Particularisme géographique de Nianing
Nianing se situe sur la « Petite-Côte » du Sénégal également appelée la « côte de coquillages » qui commence à Rufisque et se termine à Joal-Fadiouth.
Sa particularité tient aux coquillages qui recouvrent les plages en abondance. Ces coquillages cassés ont un calibre différent sur chaque plage. A Joal-Fadiouth le cimetière est entièrement couvert de coquillages.
Une approche naturaliste
S’inspirer des formes de la nature est un thème récurrent de l’architecture.
Après les performances technologiques du XIXe siècle, l’ingénierie du XXe siècle est marquée par l’essor des études sur les structures d’organismes biologiques tels que les coquillages, les radiolaires et les végétaux. Ces recherches sont regroupées sous le nom de « morphologie structurale ».
La morphologie structurale étudie la relation forme-structure dans les systèmes naturels animés ou inanimés pour en comprendre les principes et en tirer d’éventuels bénéfices.
Orientation et conception bioclimatique
Traditionnellement le plan d’une église s’oriente vers l’est. Le levé du soleil et l’émergence de la lumière symbolisant la vie et la naissance du Christ.
La configuration de la parcelle, le programme et les contraintes climatiques nous amènent à proposer une orientation du plan selon un axe sud-est
En effet, d’avril à novembre, la côte est balayée par un vent sec et chaud, l’harmattan, rempli de poussières du désert soufflant nord-est. Le reste du temps, des alizés nord-ouest venus de l’océan rafraîchissent la température de l’air.
Afin de profiter de ces alizés et se protéger de l’harmattan, le plan s’est ouvert au nord-ouest et fermé au nord-est, confortant ainsi l’axe sud-est de l’édifice.
www.architectes-paris.com
Si vous passez par Nianing, en venant de Mbour, c'est à quelque cent mètres de la nationale, sur votre gauche. L'édifice est déjà suffisamment haut que pour l'apercevoir depuis le goudron.
BRB

15/05/2017

NOUVELLE SALLE DE CINEMA A DAKAR

Enfin une vraie salle de cinéma à Dakar !

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CanalOlympia, le premier réseau de salles de cinéma et de spectacles en Afrique vient d’ouvrir sa cinquième salle chez nous, à Dakar, juste à côté du Grand Théâtre.
Jeudi 11 mai, Vivendi a inauguré sa nouvelle salle de cinéma et de spectacle à Dakar, en présence de Son Excellence Macky Sall, Président de la République du Sénégal, mais aussi de Corinne Bach, présidente directrice générale de CanalOlympia et vice-présidente de Vivendi Village, et de Jean-Christophe Thiery, président du directoire du groupe Canal+
CANALOLYMPIA TÉRANGA est une salle de 300 places dotée des équipements de projection et de sonorisation numériques des plus modernes, d’un écran Scope et de ce qui se fait de mieux en matière de son.
Le cinéma annonce 18 séances de cinéma par semaine, 6 jours sur 7, à 17h et 20h du mardi au vendredi, et à 10h, 12h, 14h, 17h et 20h les week-end. Le prix d’entrée est fixé 1 500 FCFA pour les adultes et 1 000 FCFA pour les enfants de moins de 12 ans.
Quatre salles CANALOLYMPIA ont été ouvertes depuis le début de cette année, avant celle de Dakar, au Cameroun, en Guinée, au Niger et au Burkina Faso. Plusieurs salles de cinéma et de spectacles supplémentaires verront le jour dans d’autres pays africains au cours de l’année 2017, dont la configuration intérieure ou extérieure sera modulable selon les besoins (projection, concerts ou spectacles) seront ainsi développées sur le continent africain. Lomé et Cotonou devraient en être les prochains bénéficiaires.
CANALOLYMPIA met un point d’honneur à être exemplaire en matière d’environnement et de consommation d’énergie. L’alimentation électrique de l’ensemble du bâtiment est assurée par 432 panneaux solaires pour subvenir aux besoins en énergie de la salle en journée comme de nuit.
lepetitjournaldedakar.com

10/05/2017

TROIS JOURS A NDANGANE

Festival international du Sine Saloum et de la culture sérère

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Et de sept pour le Festival international du Sine-Saloum. L’édition de cette année vous propose d’aller encore plus loin dans la découverte de cette merveilleuse contrée du Sénégal et de nombreuses autres activités que les organisateurs ont prévues. Du 12 au 14 mai 2017.
Ce festival, c’est 3 jours intenses de découverte du Saloum. De ses richesses à travers la découverte d’une de ses îles. De la rencontre avec ses populations aux cour de cérémonies hautes en couleurs. De la mise en valeur de sa beauté durant une élection de la plus belle fille du coin dans les locaux de l’Hôtel les Cordons bleus de Ndangane. Cette année, une douzaine de jeunes lianes toutes plus belles les unes que les autres, vont se mesurer pour remporter la couronne de la fille la plus belle.
PROGRAMME
Vendredi 12 mai
9h : consultation médicale gratuite avec les autorités sanitaires de la région, avec dons de médicaments aux personnes de la zone et dépistage volontaire du cancer du col de l’utérus, de la tension artérielle et d’autres pathologies. Aux Cordons Bleus installation des convives dans les structures d’hébergement.
21h : spectacle sérère, danses avec la troupe de Djilor et lutte traditionnelle
22h30 : soirée organisée au Ndangane Café, pour une pré-présentation au village des candidates (ambiance discothèque).
Samedi 13 mai
16h : défilé dans le village de Ndangane, samedi après-midi avec les miss, les clients de l’hôtel, les chaines de télé, la presse ainsi que l’ensemble de nos partenaires médias, sur des calèches, animation par la troupe de griot Saf Sap. Le cortège est escorté par des djakartas, quads et survolé par les autogires de l’aérodrome de Saly. Les miss sont embarquées au ponton du village sur une flotte de pirogues pour un tour dans nos bolongs, jusqu’au ponton de l’hôtel, accompagné par tous les médias, et les clients.
21h : après installation des convives à table, Marema, gagnante du concours international RFI Talents 2014, se produira en concert exclusif pour un show sons et lumières exceptionnel avec ses plus grands tubes.
22h30 : élection des miss, 3 passages au programme. Nos 12 candidates défilent d’abord dans une tenue libre, ensuite en tenue traditionnelle, et enfin en tenue de soirée.
Dimanche 14 mai
9h : départ pour l’île de Mar Lodj en pirogue avec l’ensemble des candidates, nos partenaires médias, et nos clients pour distribution de fournitures scolaires à l’occasion de la célèbre messe aux tam-tams.
Après déjeuner, remise des enveloppes et cadeaux aux candidates.
Les Cordons bleus - Ndangane campement - Tél. : (221) 33 949 93 12/ 77 403 80 56
au-senegal.com

25/04/2017

TRISTESSE: JOE OUAKAM EST DECEDE

Issa Samb alias Joe Ouakam n’est plus !

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Issa Samb, plus connu sous le nom de Joe Ouakam, du nom de son quartier d’origine, n’est plus. Né le 31 décembre 1945 à Dakar (Ouakam), il fut un sculpteur, peintre, acteur, critique, auteur, poète, dramaturge et philosophe sénégalais. Il a été aussi une figure emblématique du mouvement Agit-Art, créé au début des années 1970 avec le réalisateur Djibril Diop Mambéty et un collectif d’artistes, d’écrivains et de cinéastes.
Il fut l’un des premiers à critiquer ouvertement l’idéologie de la Négritude promue par Senghor, dénonçait ainsi la tournure politique prise par les arts au Sénégal et, comme El Hadj Sy, soulignait la nécessité pour les artistes de créer des structures indépendantes, des associations, en se détachant de la ligne politique. À travers une œuvre plus sombre et inquiétante, il prend ses distances envers l’École de Dakar. La Galerie nationale d’art de Dakar lui a consacré une rétrospective en 2010.
vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=N0Kv7IbiYRA

16/04/2017

COULEURS ARTS SALY EVENTS

LANCEMENT DE L’ASSOCIATION COULEURS ARTS SALY EVENTS

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Un concept dénommé « Couleurs Arts Saly Events » a été lancé samedi dernier à Saly. Il s’agit d’une association culturelle qui regroupe des artistes de différents domaines de compétences. A cette occasion, une soirée de ballet traditionnel a été organisée.
Les membres de cette nouvelle association veulent promouvoir et vivre de leur art. cette nouvelle entité est mise sur pied dans le souci de sortir les artistes de Saly de la précarité. Celle-ci va œuvrer à la promotion de leur art pour le faire vivre, mais aussi pour en vivre. Ainsi, il s’agira de faire de leur art une source de création d’activités génératrices de revenus. Selon, la chanteuse Fatou Diaby de son nom d’artiste FaColy, l’association prend en compte les volets: économique, social, culturel et humanitaire. Entre autres objectifs,Elle a l’intention de participer à la promotion de la politique culturelle, de développer le dialogue des arts et culture, d’innover dans la promotion des arts et des artistes, de mettre en exergue la qualité des sites touristiques de Saly, mais aussi d’aider les artistes à sortir de la précarité. En effet, les artistes donnent le meilleur d’eux-mêmes pour satisfaire le public. Mais en retour, les conditions d’exercice de leur art ne sont pas toujours faciles. Pis, ils n’en profitent pas. Dans la vie courante, relèvent les artistes, « beaucoup d’entre eux peinent à satisfaire leurs besoins ». D’après la chanteuse, l’association est née d’un constat. « Les artistes vivent dans beaucoup de difficultés. Il y a quelques semaines, nous avons perdu un artiste et nous étions obligés de faire une quête pour les besoins de la cérémonie mortuaire. Des situations désolantes pour tout être humain. Certains artistes quand ils tombent malades; ils sont obligés de demander de l’aide ». Ainsi, cette association sera une « plateforme d’actions pour faire vivre notre art et également apporter une meilleure visibilité du travail des artistes qui la composent.
Khady Ndoye/petitecotesn.com

25/03/2017

RESTAURER LES CINEMAS

Restaurer les salles de projection pour relancer le cinéma Sénégalais

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Les cinéastes sénégalais ont convaincu leurs décideurs sur la nécessité de réhabiliter les salles de cinéma pour aider à relancer cette industrie en difficulté.
Après plus d’une décennie d’inactivité, le gouvernement du Sénégal s’engage dans un vaste plan de réhabilitation de son industrie cinématographique. Une décision qui fait suite à la demande émise par les cinéastes qui réclament la réouverture des salles de cinéma pour aider à relancer l’industrie.
L’ensemble du territoire sénégalais ne compte qu’un nombre insignifiant de salles de cinéma. Le développement des nouvelles technologies ainsi que le manque de fonds et de ressources semblent en être les responsables.
Malgré le fait que le Sénégal ait six films en compétition au FESPACO cette année et remporté l’Etalon d’Or de Yennenga, avec « Félicité », le film du réalisateur Franco-sénégalais Alain Gomis, les cinéastes sénégalais souffrent du fait que le public local n’ait pas l’occasion de voir des films à domicile, faute de salles de cinéma.
« Nous comptons financer des opérateurs privés nationaux pour rénover ces salles et les mettre en adéquation parce que aujourd’hui les salles d’avant ne sont plus ces salles que veulent les populations actuelles, elles étaient très grandes. Donc aujourd’hui, il faut mettre toute la convivialité comme ça se fait un peu dans le monde des salles de 200, 300 places, mais en avoir 3, 4 qui offrent un programme diversifié », a annoncé Hugues Diaz, directeur du département cinématographique d‘Etat.
Kouamé L./Ph. Arnaud KOUAKOU/Burkina24/Africanews

L’ARTISANAT POUR LA RELANCE DU TOURISME

L’ARTISANAT POUR LA RELANCE DU TOURISME

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Pape Hamady Ndao, le directeur général de l’agence pour la promotion et le développement de l’artisanat a déclaré hier, à Saly-Portudal : «l’artisanat et le tourisme sont deux secteurs intimement liés et ne peuvent plus aller chacun de son côté. Ce sont deux mamelles ». A l’en croire, l’artisanat est un secteur clé contribuant à la relance du tourisme. L’illustration la plus parfaite se traduit à travers la diversification du produit touristique avec l’artisanat. Les produits artisanaux attirent de plus en plus les touristes.
A à côté du tourisme religieux, du tourisme de mémoire, l’artisanat vient offrir, à travers des expositions de produits divers, d’articles et de réalisations, les multiples facettes de nos coutumes et de nos réalités socio-culturelles ; devenant ainsi un élément d’attraction. C’est du moins ce qu’a déclaré hier, le directeur général de l’Agence pour la promotion et le développement de l’artisanat (Apda), Pape Hamady Ndao. C’était en marge d’une visite qui l’a mené à travers les sites et villages artisanaux de la station balnéaire de Saly-Portudal et de la Somone, en relation avec la Sapco et la Chambre des métiers de Thiès. Pour lui, le tourisme est en phase avec l’artisanat et offre à ses acteurs la possibilité de vivre de leur métier.
Le directeur de l’Apda fait la promesse d’accompagner et de s’impliquer dans leur organisation et favoriser leur essor. Il a reconnu une entrave, le problème de l’écoulement des produits artisanaux, une des contraintes du secteur. Il a salué la volonté affichée de certains directeurs d’hôtel qui ont commencé à favoriser des expositions et des ventes temporaires de produits artistiques en collaboration avec des artisans. Cette démarche continue de susciter la polémique. Certains considèrent cela comme une concurrence déloyale car les hôtels ont l’hébergement, la restauration et les excursions ; Ils voient mal la présence de boutiques de vente de produits artisanaux.
Quelques réceptifs comme l’hôtel Filaos et le Lamantin Beach ont reçu le directeur de l’Apda, une occasion de voir comment l’artisanat d’art est intégré dans la décoration des chambres d’hôtel. Mamadou Diop de la Chambre des métiers de Thiès a soutenu les propos du directeur de l’Apda tout en invitant les acteurs à faire la dissociation entre les marchés et les villages artisanaux. Un village artisanal est un lieu de production et un marché, un cadre de vente. Il a invité les artisans à éviter d’être dans la routine et de parfaire la finition de leurs œuvres afin de les rendre concurrentielles. Pour Pape Hamady Ndao, l’artisanat d’art va bénéficier d’un appui en vue de le rendre performant.
Jean Pierre MALOU/Sudonline

12/03/2017

GASTRONOMIE AU SENEGAL

6 restaurants sénégalais en lice pour « Goût de France »

senegal

La gastronomie française sera à l’honneur ce 21 mars. L’opération « Goût de France », plus grand dîner français organisé sur les 5 continents, verra la participation, cette année, de 6 restaurants de Dakar, Saly et Saint-Louis. Ils proposeront chacun un menu d’au moins 5 plats.
Prévu le 21 mars 2017, l’événement « Goût de France » verra la participation de 6 restaurants de Dakar, Saly et Saint-Louis. Ils présenteront chacun à cette soirée gastronomique un menu d’au moins 5 plats typiquement français concocté avec un mariage de produits français et ceux locaux bio comme organiques.
En conférence de presse hier, avec les chefs des restaurants participant à l’opération au Sénégal, l’ambassadeur de France à Dakar, Christophe Bigot, indique que l’opération « Goût de France » est un événement mondial pour célébrer la gastronomie française. « L’événement est proposé et encadré par la France. Mais c’est une initiative privée car c’est aux restaurants de s’inscrire et de se proposer », confie-t-il. A l’en croire, à Dakar, ce grand dîner va se tenir ce 21 mars dans les restaurants Teranga Lounge Pullman, Radisson Blu, la Guinguette, Casino Terrou de Saly, Habana Café de Saly et le Restaurant de l’Hôtel la Résidence des trois villes de Dakar, Saly et Saint-Louis. Ils proposeront chacun un menu de la gastronomie française.
Outre ces six menus à la soirée du 21 mars, il y aura aussi, d’après l’ambassadeur Bigot, un autre dîner qui sera offert le même jour à la Résidence de la France à Dakar pour célébrer cette gastronomie.
« A l’occasion, un concours sera également lancé dès lundi sur nos réseaux sociaux avec en jeu une invitation pour deux personnes à ce dîner. Les deux gagnants de ce concours auront le bonheur et le plaisir de participer à ce dîner », fait savoir son Excellence M. Bigot.
Précisant qu’au-delà de l’événement, ils souhaitent aller dans le sens du partage, de l’échange sur la formation, les produits, les menus et les techniques d’accueil, etc., pour un exercice typiquement franco-sénégalais, en faisant participer des chefs sénégalais des écoles hôtelières et de restauration sénégalaises. L’idée est de faire une Semaine du goût franco-sénégalais dans plusieurs endroits pour promouvoir davantage les produits sénégalais et mettre en valeur la créativité des chefs.
Les chefs des Restaurants du Radisson Blu et de Teranga Lounge Pullman se disent heureux de participer à ce concours « Goût de France ». « Nous allons concocter un petit menu en jouant dans la qualité. Et puisque nous travaillons beaucoup avec des fermiers locaux, nous allons, pour le menu, mélanger les produits français et locaux », dit le chef du restaurant du Radisson Blu. Pour sa part, le chef de restaurant du Teranga Pullman indique qu’il s’est tourné, en priorité, vers ses régions d’origine, à savoir l’Alsace.
Par exemple pour l’entrée, il va travailler le foie gras sous une autre spécialité, les griottes de Fougerolles qui viennent aussi de la région. N’empêche, Bernard Stempflé va également miser sur le mariage entre la cuisine typiquement française et les produits sénégalais.
Événement mondial, l’opération « Goût de France », le plus grand dîner français du monde, rassemblera 2.000 restaurants, 2.000 chefs et 200 menus dans les 5 continents.
Maguette Guèye DIEDHIOU/Lesoleil

08/03/2017

DAKAR VOIT HAUT

La tour la plus haute du Sénégal en construction

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À Dakar, un projet pharaonique est en train de prendre forme. En effet, dans la capitale sénégalaise, une tour haute de 104 m va être construite et fait partie des grands projets de la ville en partenariat avec deux grandes compagnies dakaroises.
Les deux compagnies à l’origine de ce gigantesque projet ne sont autres que le groupe Redman et l’une des filiales de la CFOA ou la Compagnie financière de l’Ouest africain, l’établissement d’assurance, Amsa Realty.
La vision de ces deux compagnies, c’est de dépasser la hauteur des deux édifices qui surplombent déjà le ciel de Dakar, à savoir, l’immeuble Kébé et celui de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest.
Le tissage de pagne comme référence architecturale
La plus haute tour de Dakar
Le design architectural de ce projet de la plus haute tour du Sénégal a été inspiré à la suite d’un concours qui a permis de définir les bases du plan de l’immeuble.
Après cette définition, la réalisation et la conception du plan final ont été confiées au bureau d’études français, spécialiste dans l’architecture, Wilmotte & associés.
Ce bureau d’études qui a également eu le contrat pour le développement et la concrétisation du projet, et dont la finalisation et la réception définitive de cette tour mixte devraient se faire en 2020.
La particularité de cette tour haute de 104 m c’est son design et son aspect architectural.
En effet, les architectes issus de l’agence Wilmotte & associés ont travaillé sur une base de technique de tissage local pour réaliser le revêtement de l’immeuble et en assurer une finition originale.
Une tour moderne et esthétique
Typiquement sénégalaise, cette technique fera ainsi, paraître la richesse de la culture locale à travers le design de ce bâtiment. Lors du concours et de l’appel à manifestation d’intérêt lancés par les deux compagnies en charge du projet, cet aspect a été un critère de choix déterminant.
En plus de cela, l’agence a travaillé sur un concept et un design original qui permettront de donner à l’immeuble un aspect final légèrement courbé et effilé, avec une finition dorée.
Pour ce qui est de la dimension, mise à part la hauteur de 104 m, l’immeuble sera construit sur un terrain de 20 000 m² avec une vue panoramique qui sera proposée à partir du toit du bâtiment. Sur ce toit, les concepteurs feront donc en sorte de faire un aménagement pour avoir une terrasse qui permet de voir les alentours sur un angle de 360 °.
Au rez-de-chaussée, l’immeuble aura un espace de vie et de rencontre urbaines.
En ce sens qu’il sera aménagé afin d’avoir des locaux commerciaux et un endroit avec “jeu de courbes sur trois niveaux qui articule l’existant et les avoisinants”, selon l’un des architectes qui se charge du projet.
On retrouvera également dans les étages de l’immeuble, des espaces qui pourront accueillir des bureaux, mais aussi des restaurants et des installations éoliennes.
Et comme c’est un immeuble qui se veut être respectueux de l’environnement, des espaces de verdure sous forme de terrasse y seront disponibles ainsi que des salles de congrès pour accueillir différents types de rencontres et de réunions professionnelles.
Une tour haute de 104 m qui se veut être une nouvelle icône de la ville
Du haut de ces 104 m, cette tour qui sera érigée à Dakar au Sénégal accueillera surtout des entreprises dans le secteur privé.
Cela, parce que son emplacement est particulièrement stratégique étant donné qu’elle se trouve sur le Plateau de Dakar entre l’allée Robert Delmas et le boulevard El Hadj Djily Mbaye.
La tour est aussi l’axe qui permet de longer les principaux édifices de la ville comme le Palais présidentiel, celui de la primature et de la Mairie, mais aussi, l’ancienne gare de Dakar et la gare maritime, en passant par la Place de l’indépendance.
Par cet emplacement très stratégique, l’édifice se veut aussi être une tour icône de la ville qui surplombe le ciel de Dakar tout en respectant son plan d’urbanisme.
D’après l’architecte en charge du projet, Jean-Michel Wilmotte, l’immeuble sera « porteur des valeurs d’excellence des administrations publiques et des sociétés privées de premier plan du marché sénégalais qui s’y établiront, comme du groupe Amsa qui l’érige » en apportant de la singularité et de la modernité dans sa conception.
Malgré l’envergure du projet, les responsables au sein du cabinet Wilmotte & associés n’ont pas voulu divulguer le montant octroyé pour la réalisation. Néanmoins, ils ont pu avancer que ce sera l’un des plus grands programmes de construction d’immeubles jamais réalisés en Afrique Subsaharienne.
Afriquetime.com

24/02/2017

ALAIN GOMIS: DE SUCCES EN SUCCES

Berlinale 2017 : Alain Gomis remporte le grand prix du Jury

senegal

Avec « Félicité », le réalisateur Franco-Sénégalais remporte l’Ours d’argent de la 67e édition du Festival international de Berlin le 19 février. L’unique film africain en compétition fait le portrait d’une chanteuse de bar à Kinshasa se battant pour son fils.
« C’est un film sur nous, le peuple, nous sommes beaux, nous pouvons aimer ce que nous sommes », a lancé lors de la remise du prix son réalisateur, le Franco-Sénégalais Alain Gomis, déjà venu à Berlin en 2012 avec le remarqué Tey.
Dans Félicité, son quatrième film, il brosse le portrait d’une mère courage, qui après son boulot de chanteuse dans un bar tente le tout pour le tout pour amasser la somme nécessaire à l’opération de son fils victime d’un accident. Félicité a été tourné dans la capitale congolaise et suit le quotidien de ses habitants, des hôpitaux aux marchés de Kinshasa, mais se refuse à toute dimension sociologique ou documentaire, malgré le contexte politique tendu en République démocratique du Congo.
« C’était difficile de faire ce film. Ça a été une année difficile en RDC », a souligné le réalisateur, évoquant notamment les élections. « J’ai l’impression que le moment est important » pour le cinéma africain, avait souligné Alain Gomis lors de la présentation de son film à la Berlinale.
Le film sera en compétition au Fespaco édition 2017 qui se tient du 24 février au 4 mars à Ouagadougou.
au-senegal.com

NOUVEAU ROMAN DE FATOU DIOME

Fatou Diome publie un ouvrage sur l’identité nationale

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La romancière sénégalaise Fatou Diome va publier son nouvel ouvrage le 15 mars prochain. « Marianne porte plainte ! » est le titre de ce roman qui parle de l’identité nationale à l’approche de la campagne présidentielle en France.
Encore un nouvel ouvrage de Fatou Diome ! La romancière d’origine sénégalaise va publier, le 15 mars prochain, un nouveau roman. « Marianne porte plainte ! » sera le titre du prochain ouvrage de la romancière native des îles du Saloum. Très engagée sur le thème de l’émigration avec plusieurs de ses publications qui portent sur cette problématique, Fatou Diome revient cette fois-ci sur un autre sujet qui l’intéresse aussi : la question de l’identité nationale en France avec, en perspective, la prochaine campagne présidentielle.
« Alors que le débat sur l’identité nationale risque d’occuper une place centrale dans la campagne présidentielle, Fatou Diome dénonce les excès de ses défenseurs, qui ruinent la cohésion sociale, fondement de notre République », explique la notice de l’ouvrage. « À trop encenser les racines locales, les uns oublient que les migrations sont au cœur de la marche de l’Histoire. À trop instrumentaliser la laïcité, les autres réveillent de vieux accents inquisiteurs », poursuit l’auteure qui, dans ce livre, parle des deux sujets qui ont été le fil conducteur de sa production littéraire : les migrations et l’identité nationale.D’origine sénégalaise, Fatou Diome est installée en France depuis une vingtaine d’années sans couper le lien qui le lie à son pays, à son terroir natal, les îles du Saloum, et sa culture de Sérère Niomimka. Dans beaucoup de ses livres, elle ne manque pas de faire référence à des référents culturels qui l’ont marquée durant son enfance et adolescence en pays sérère Niomimka. « Quand le "Eux et nous" oriente le discours, c’est la victoire des amalgames et dans son sillage du rejet et de la haine de l’autre qui se dessine. Au lieu de dresser les uns contre les autres, les pompiers qui se font aujourd’hui pyromanes devraient définir les modalités d’un destin collectif », poursuit-elle dans la présentation de l’ouvrage qui vient après sa dernière production « Impossible de grandir » où elle parle de la vie d’une fille, Salie, née hors mariage et qui sera marquée par le regard accusateur de l’entourage familial. Son histoire personnelle qu’elle n’a pas hésité à coucher sur un roman avec un grand courage.
« Dans une magnifique ode à la France, mère patrie adoptive prenant aujourd’hui des allures de marâtre, Fatou Diome s’interroge sur ce que pourrait être une identité nationale, ciment de la République, appuyée sur un pilier crucial, l’éducation, seule capable de libérer des tiroirs identitaires et d’affirmer l’appartenance commune au genre humain », lit-on dans la présentation de l’ouvrage.
Fatou Diome est née au Sénégal et est arrivée en France depuis 1994 et vit depuis à Strasbourg. Elle est l’auteure d’un recueil de nouvelles « La Préférence nationale » (2001) ainsi que de cinq romans, « Le Ventre de l’Atlantique » (2003), « Kétala » (2006), « Inassouvies nos vies » (2008), « Celles qui attendent » (2010) et « Impossible de grandir » (2013). Dernièrement, elle avait fait une sortie remarquée dans l’émission « Ce soir ou jamais » sur France 2 sur la question de l’accueil des migrants en Europe.
Oumar NDIAYE/lesoleil

24/01/2017

TRISTESSE A CARABANE

Casamance: Carabane, gloire et décadence du premier comptoir français

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L’île de Carabane est nichée à l’embouchure du Fleuve Casamance au sud du Sénégal. Le paysage, le relief, le microclimat, la position géographique avaient exercé une fascination chez les colons en escale à Diogué, une autre île. Porte d’entrée des colons français en Casamance, Carabane a connu des périodes glorieuses avec une population estimée à plus de 3.000 âmes durant la période coloniale. C’était une plaque tournante des échanges dans la zone fluviomaritime. Toutes les grandes compagnies étrangères avaient le pied à Carabane. Mais l’épidémie a précité le transfert de la capitale à Sédhiou. C’était le début d’une décadence. La ville d’hier est devenue un village aujourd’hui.
La température ne se faisait pas sentir au quai d’embarquement d’Elinkine à 13 heures. Un vent frisquet souffle en permanence. Au bord d’une pirogue motorisée, nous sortons de la baie après une identification, sur le ponton de la base navale de l’armée. L’embarcation déchire la platitude des eaux. Nos yeux sont accrochés à la splendeur des mangroves. Parfois à quelques mètres avant ce campement perché sur une île qui regarde Elinkine, on peut admirer des vols planés des oiseaux marins. Au loin, des pélicans plongent dans l’eau leur large bec, de temps à temps. Après une vingtaine de minutes de balade dans les bolongs, nous sommes en zone plus ou moins agitée avec l’influence de la mer. Le temps est suspendu. On ne se rend pas compte. Sur notre droite, les toits des édifices de Carabane pointent à peine. Quelques minutes plus tard, nous jetons l’ancre, sur le rivage, du premier comptoir français de la Casamance : Carabane. Elle regarde l’autre île, Diogué. C’est là, que les colons sont venus s’installer le 22 janvier 1836 après un accord entre l’administration coloniale française et le chef de village de Kagnout. Lorsque les colons français avaient fait escale à Diogué, ils avaient demandé à un indigène « A qui appartient l’autre côté de la rive que nous apercevons ? ». Ce denier ne comprenant pas leur langue française, répond en disant : « Karab-Ane » qui signifiait en Diola, la part de quelqu’un. Durant cette période, l’île, selon certains, appartenait aux gens de Kagnout. C’est une version. Dans l’île, les insulaires vous présentent d’autres étymologies laissant les interlocuteurs dans l’embarras. Par contre, les versions sont concordantes que l’île a été la porte de pénétration de l’administration coloniale en Casamance. « Carabane est la première capitale de la Casamance. Elle jouait un rôle déterminant dans l’implication des colons au sud du Sénégal », raconte l’actuel chef de village, Moussa Guèye.
Le passé historique est sur le rivage. Des murs enrochés des bâtiments coloniaux défient le temps et la mer. Sur un pan, « la porte du non-retour » de l’île a cédé. Mais les reliques sont là. Carabane était un port de transit des bras valides. « A l’image de Gorée, voici la porte du non-retour de Carabane. Contrairement à ce que certains disent, il n’y avait pas d’esclaverie.
Les esclaves qui sont capturés dans le « Fogny » sont amenés de bolong en bolong, d’île en île pour les désorienter. On faisait en sorte que lorsqu’ils sont à Carabane, que cela coïncide avec l’arrivée du bateau qui les achemine vers l’île de Gorée », concède le conseiller du chef de village, Lamine Sarr.
Centre de redressement
Au milieu du village, de gros murs d’une grande épaisseur faits de briques autobloquantes ne portent plus l’architecture originelle. La toiture a cédé depuis plusieurs décennies. Quelques barres de fer sont fixées entre les pieux. Les pans entiers des murs des petites chambres des détenus cèdent les uns après les autres. La structure murale des lits des chambrettes est encore nette. En face, les tables de coupe de menuiserie, l’ébénisterie sont visibles. Les murs latéraux s’élèvent à plusieurs mètres. L’édifice est couvert d’une couche noirâtre issue de la dégradation des nains. Depuis longtemps, sa vocation a été sujette à des interprétations. « Il n’a eu jamais d’esclaverie à Carabane. Ce qu’on appelait esclaverie était un centre de redressement. C’est ici, qu’on internait tous les récalcitrants pris à Kaolack, Thiès et dans d’autres villes. On les apprenait des métiers avant de les libérer dans l’île », tranche, Lamine Sarr, l’historien de ce bâtiment colonial. L’histoire du bâtiment durant la période coloniale est peu connue comme du reste l’histoire de l’île aux éléphants durant la période précoloniale.
Car la tradition orale était pauvre, comparée aux grands conteurs analystes mandingues. « C’est le 22 janvier 1836 qu’un accord avec le Roi de Kagnout octroya à la France la totalité de l’île au prix d’une rente annuelle de 39 barres : c’est-à-dire 196 FF », nous renseigne Alioune Sarr, dans une chronique intitulée « Carabane d’hier 1800-1900 ». Ce troque marque le point de départ d’une activité commerciale florissante. C’est à Carabane que l’on retrouvait le plus grand appontement de l’Afrique. Le comptoir de commerce s’ouvre avec l’abolition programmée de la traite négrière. La famille Baudin s’y installe. Mais c’est sous l’ère de l’homme d’affaires Nantais Bertrand Bocandé que les activités commerciales fleurissent. L’île aux moustiques exportait du riz, du coton, des amandes de palme et de l’huile « touloucouna ». « C’est à partir de 1896 que date l’apogée de Carabane, l’administration française régnait sur deux cercles (Sédhiou et Carabane) et deux postes (Bignona et Diebaly). Le village, mieux vaudrait dire la ville de Carabane, atteignait même 3.000 habitants et les affaires semblaient prospérer », rappelle Alioune Sarr.
Si loin, si proche de Gorée
Mais les épisodes des épidémies de paludisme ont obligé l’administration coloniale à procéder à un transfert de la capitale d’abord à Sédhiou et puis à Ziguinchor. Ce nouveau traité freine à jamais l’essor d’une perle perdue à l’embouchure du fleuve Casamance. Sous les arbres, sur les vérandas, au rivage et au milieu du village, les habitants ont connu un passé un peu glorieux : les escales du bateau le Joola. « Il y a un port qui a été construit. Mais il n’a pas d’incidence réelle sur la vie des insulaires parce que nous ne pouvions plus nous approcher ni écouler nos produits au quai lors de l’escale du bateau Aline Sitoé Diatta. Carabane vivait du temps du bateau le Joola. Nous pouvions faire exporter plusieurs dizaines de pirogues chargées de marchandises. Les femmes, les hommes gagnaient bien leur vie. Aujourd’hui, à cause des questions sécuritaires, les habitants de Carabane ne font qu’apercevoir Aline Sitoé Diatta », regrette le chef de village. L’île de Carabane est si loin et si proche de Gorée.
Aujourd’hui, ils se sentent seuls dans le combat pour la sauvegarde du patrimoine historique. Certains édifices sont inscrits au patrimoine de l’Unesco. « Pas au même degré, Carabane et Gorée ont joué un rôle dans le commerce de l’esclavage. Mais on s’occupe plus de Gorée alors que de Carabane qui est délaissée. Nous avons un patrimoine historique qu’il faut sauvegarder et valoriser », compare le résident. L’autre paradoxe, contrairement aux autres villes historiques du Sénégal, la population de Carabane est passée de 3.000 en 1889 à 900 âmes au dernier recensement.
Maguette NDONG et Idrissa SANE et Assane SOW (photos)/Seneweb

30/12/2016

PORTRAIT DU SENEGAL

Le Sénégal, une mosaïque naturelle et culturelle

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Après un plongeon dans le tourbillon de Dakar, on découvre les villages et le ballet des aigles pêcheurs dans le delta du Sine Saloum, avant de profiter de la Petite Côte…
Du phare des Mamelles, le regard embrasse la presqu’île du Cap-Vert et Dakar. Amadou Ndiaye, ancien directeur des Phares et balises, se souvient que « la reine Elisabeth y est restée des heures avec le président Senghor ». En octobre 2016, ses propriétaires, Diana et Hicham, ont métamorphosé ce monument bâti en 1864 en haut lieu des night-clubbers, alternant concerts, DJ et autres surprises. Ainsi va Dakar, métropole émergente où se mêle un invraisemblable bric-à-brac architectural, où le marché aux poissons de Soumbédioune côtoie le kitchissime Monument de la Renaissance africaine, à côté du camp militaire où a grandi Ségolène Royal. Ensuite, filons vers le delta du Sine Saloum. Ouverte en octobre 2016, une autoroute relie Dakar à son futur aéroport, autour duquel un quartier d’affaires sort de terre.
Les hôtes de la mangrove
Quarante kilomètres plus loin, l’Afrique « éternelle » se fait jour. Encombrée de camions en route pour le Mali, la route mène à Kaolack. Dans ce paysage plat comme la main, les montagnes de sel étincellent sur la latérite. Près de Toubacouta, la forêt reprend ses droits, et des singes gambadent dans les arbres. Dans ce paradis contemplatif, posons nos bagages devant le Saloum. En pirogue, faufilons-nous entre les îles bordées de mangroves. Solitaire, un héron goliath file au ras de l’eau. Au sommet d’un arbre, un aigle pêcheur va fondre sur sa proie. Sur « l’île aux coquillages », des crabes violonistes courent sur les millions de coquilles qui tapissent le sol. A l’horizon, le soleil plonge dans l’océan, et cormorans, hérons, aigrettes, tisserins gendarmes et martins-pêcheurs regagnent leur « reposoir » pour se mettre à l’abri des hyènes et des chacals. Evidemment, l’atterrissage du gros pélican gris provoque des piaillements ! Le lendemain, naviguons vers l’île de Sipo, où les villageois ont créé une réserve marine pour protéger leur pêche. Autour, ils accueillent les voyageurs dans des cases qui permettent de partager leur vie. Pionnier dans le « tourisme intégré », le Sénégal propose des « écolodges », comme à Simal, que nous gagnons en prenant le bac à Foudiougne.
Pêche en eaux protégées
C'est l'heure de la promenade sur le marché. Venues en charrette ou Jakarta (motos-taxis), les vendeuses drapées dans leur boubou proposent mangues et arachides, bissap (fleur d’hibiscus) et fruits du baobab. La rivière franchie, nous roulons jusqu’au village de Fimela. Comme à Toubacouta, il est possible de s’aventurer sur le fleuve en paddle ou canoë et de partager le quotidien des habitants en pêchant avec eux carpes et capitaines. A Joal-Fadiouth, bourg natal de Léopold Sédar Senghor, une passerelle mène au-dessus d’un bras de mer jusqu’aux mosquées et églises de ce pittoresque village où les cochons dénichent les coques à coups de groin. En remontant la petite côte, voici Mbour, célèbre pour ses centaines de pirogues truffées de gris-gris. Gagnons ensuite la réserve de Bandia pour apercevoir rhinocéros, girafes, buffles et anti lopes au milieu des baobabs. Après, il est temps de profiter pleinement des plages de Saly avant que la formidable avancée de l’océan ne les emporte définitivement.
Gorée de l'enfer au paradis
Avec ses maisons ocre, rouge et jaune aux volets bleus et verts, cette île évoque davantage un village provençal qu’un bagne. Pourtant, ces demeures de négociants possèdent toutes leur « porte du voyage sans retour », par laquelle les captifs quittaient l’île pour les Amériques. Nelson Mandela, Barak Obama ont visité la Maison des Esclaves, profitant de cette plateforme « pour lancer des messages forts sur les libertés » affirme son conservateur, Eloi Coly. Ensuite, promenons-nous à l’ombre des baobabs sur les chemins de sable de ce village de 1800 âmes. En chemin, on croise parfois Éric Serra, compositeur du Grand bleu, le financier Georges Soros ou Valérie Schlumberger, mère de Léa Seydoux et mécène d’artistes africains, qui y ont une maison.
Y aller
Paris Dakar à partir de 500 € l’A/R avec Corsair International.
Voyagiste
TUI propose des voyages sur mesure. Un voyage en voiture individuelle avec chauffeur passant par Dakar, Toubacouta, Fimela et Saly est à partir de 2265 € par personne avec les vols pour 7 nuits en ½ pension dans les meilleurs hôtels du pays, soit le Terrou Bi à Dakar, Les Palétuviers à Toubacouta, le Lodge Souimanga à Fimela et Le Lamantin Beach à Saly. En version 3 étoiles, le séjour revient à 1745 € par personne. Pour un circuit du delta du Sine Saloum à Saint-Louis, comptez 1799 € par personne. Pour un départ de province, ajoutez 140 €. TUI : 0825 000 825.
Savourer
A Somone, près de Saly, on accède par bateau au restaurant bar Paradise Rasta, posé au bord de la lagune. Excellents poissons, vue fabuleuse.
Shopping
Jean-Pierre Reymond/Femmeactuelle

http://www.femmeactuelle.fr/voyage/destination-voyage/sen...

27/12/2016

LE PATRIMOINE: UNE EVIDENCE!

Pourquoi il faut revaloriser le patrimoine culturel colonial

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Le XV siècle marque le début du contact entre l’Afrique de l’Ouest et le continent européen via l’océan Atlantique. Mais c’est au XVII siècle, avec la colonisation que les premières installations prirent forme sur l’île de Saint-Louis.
Ainsi commence l’édification d’infrastructures de type européen sur le territoire de la colonie du Sénégal qui donna naissance à des villes comme Saint-Louis, Gorée, Rufisque et Dakar. Ces dernières seront plus tard pour des raisons administratives les quatre communes de plein exercice et leurs habitants obtinrent la citoyenneté française.
Cette installation a donné naissance à une culture issue du métissage entre les Européens en général et les populations locales. Dans certaines villes, les populations locales et les colons habitaient dans le même espace et il y eut de nombreux mariages. Alors que dans d’autres villes, les populations locales habitaient à proximité de « la ville européenne », mais cela ne gênait en rien le brassage culturel.
Les villes européennes (Dakar, Saint-Louis, Gorée et Rufisque) de la colonie du Sénégal eurent une architecture et une culture qui leur sont propres avec quelques différences selon le rôle qu’elles jouaient dans le dispositif colonial par rapport aux autres villes africaines.
Ces caractéristiques reflétant leurs identités ont été mis à l’épreuve à la suite du départ des colonisateurs. Dans les années 1960, après l’indépendance du Sénégal, la majorité des Français est appelée à quitter l’ancienne colonie. Ils laissent alors derrière eux un patrimoine à la fois matériel et immatériel.
Aujourd’hui, le patrimoine matériel, immatériel et naturel africain est de plus en plus menacé. Comme le montre le nombre de biens inscrits sur la liste en péril du patrimoine mondial. 17 sites africains sont sur cette liste et certains courent le risque d’être déclassés pour des problèmes liés à leur conservation. Alors que ces sites sont souvent millénaires ou centenaires, ils ont pendant longtemps échappé à la destruction causée par les facteurs naturels et anthropologiques.
Face à la modernité et à la montée du nationalisme, les villes ayant un passé colonial, jadis importantes et belles, sont de plus en plus considérées par certains Africains comme dépassées. D’autres les rejettent, pensant qu’elles symbolisent la domination européenne. Certes ces positions sont justifiées. Nous devons cependant d’une part assumer notre histoire, et d’autre part nous rendre compte que ces villes sont aujourd’hui sénégalaises et que la plupart des bâtiments anciens appartiennent soit à l’Etat du Sénégal, soit à des Sénégalais (descendants européens, métisses ou autochtones).
"La valorisation des villes dites coloniales comme Gorée, Saint-Louis, Dakar et Rufisque peut être pour le Sénégal un moyen de diversifier son offre touristique."
En plus, l’inscription de l’île de Gorée et l’île de Saint-Louis sur la liste du patrimoine mondial leur confère une valeur universelle. Autrement dit, ces deux villes appartiennent à l’humanité. Avec leurs architectures européennes, elles sont aujourd’hui sénégalaises et nous devons nous efforcer de mieux les valoriser à l’instar de ce qui se fait dans d’autres pays.
La valorisation des villes dites coloniales comme Gorée, Saint-Louis, Dakar et Rufisque peut être pour le Sénégal un moyen de diversifier son offre touristique. Depuis quelques années, le tourisme connait une crise sans précédent selon les professionnels du secteur, alors qu’il représente le deuxième pourvoyeur de devises du pays, après la pêche. Le secteur touristique a contribué à hauteur de 300 milliards de francs CFA entre 2013 et 2014 à l’économie sénégalaise (Rapport de Jovago 2015, la plateforme de réservation d’hôtels en ligne).
Le tourisme balnéaire occupe la première position dans la stratégie marketing des autorités avec des sociétés étatiques comme la Société d’aménagement et de promotion des côtes et zones touristiques du Sénégal (SAPCO). Selon le chercheur Mamadou Diombéra, 80% des touristes qui ont visité le Sénégal en 2006 ont séjourné sur le littoral. Certes, Saint-Louis, Gorée, Rufisque, et Dakar sont côtières. Cependant, après Dakar avec un taux de 51%, c’est la petite côte qui attire le plus de touristes avec la station balnéaire et touristique de Saly qui enregistre 22% de l’ensemble des touristes en visite au Sénégal (Dehoorne, Diagne : 2008).
"Il serait important de mettre en exergue les autres facettes de ce pays, avec le potentiel culturel que renferment ces sites coloniaux, comme une alternative au tourisme balnéaire qui est actuellement confronté à des difficultés."
Il serait important de mettre en exergue les autres facettes de ce pays, avec le potentiel culturel que renferment ces sites coloniaux, comme une alternative au tourisme balnéaire qui est actuellement confronté à des difficultés. En fait, le tourisme n’est plus uniquement une question de loisir avec le balnéaire, mais peut être aussi une question de découverte avec le tourisme culturel, auquel s’ajoute le tourisme d’affaires.
L’île de Gorée a compris cette tendance et reçoit des millions de visiteurs sénégalais et étrangers par an, grâce à la Maison des esclaves et à l’organisation d’un festival Gorée Cinéma. Saint-Louis fait de même avec le pont Faidherbe, le festival Saint-Louis Jazz ou le fanal tente de par des événements d’être plus attractif. Dakar mise sur sa biennale d’art contemporain Dak’art, le futur musée des civilisations noires et quelques structures coloniales comme le building administratif pour diversifier son offre. Quant à Rufisque, elle lutte pour avoir une place dans l’événementiel culturel au Sénégal et sur le plan international.
Pour attirer plus de touristes, il faudrait mettre l’accent sur l’architecture coloniale et les expressions culturelles. Pour ce faire, une formation adéquate des guides touristiques est à prévoir, ainsi qu’une organisation et une sensibilisation des populations locales sur l’importance de conserver leurs richesses culturelles. Les autorités locales doivent également travailler à restaurer certains bâtiments coloniaux en les revalorisant sous forme de musées, de bibliothèques, de salles de cinéma, de centres culturels, d’hôtels, bâtiments publics,… tout en développant l’artisanat et en facilitant l’organisation d’événements culturels. C’est en ce sens qu’on parle d’industrie culturelle créative qui renvoie à une dimension commerciale de la culture (Institut de Statistique de l’UNESCO, 2009).
"Les autorités locales doivent également travailler à restaurer certains bâtiments coloniaux en les revalorisant sous forme de musées, de bibliothèques, de salles de cinéma, de centres culturels, d’hôtels, bâtiments publics"
De ce fait, les populations locales peuvent trouver des emplois et capter les ressources financières issues du tourisme, car l’aspect culturel comprend la dimension patrimoniale avec les monuments, mais touche également l’artisanat, la restauration, les musées et les expressions culturelles (traditionnelles et modernes). Le tourisme balnéaire jusque-là dominant, profite surtout aux grandes chaines hôtelières qui proposent le format « tout inclus ».
L’industrie culturelle créative peut être un moyen de lutter contre la pauvreté dans des villes où le taux de chômage des jeunes est très élevé. Il est urgent pour redresser l’économie touristique de faire la promotion des villes en montrant leurs atouts basés sur l’architecture et les expressions culturelles à l’image de ce que fait Cuba avec La Havane, jadis coloniale. Les autorités cubaines ont réussi à tirer des profits économiques et sociaux de l’héritage colonial en mettant sur pied des politiques de conservation intégrées pour répondre à une demande sociale.
Contribution de Massar Sarr, stagiaire à l’UNESCO Dakar au secteur Culture. Il a obtenu une licence en Histoire et archéologie médiévale de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il poursuit actuellement ses études en master à l’université Jean Monnet de Saint-Etienne (France), en gestion durable et équitable des paysages culturels et des patrimoines. Il est de nationalité sénégalaise.
www.gigamegagic.org/Unesco

25/12/2016

St LOUIS FACE A L'UNESCO...

Mesures pour que Saint-Louis reste au patrimoine mondial

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Le Sénégal a pris des mesures pour éviter que l'Unesco retire Saint-Louis du patrimoine mondial, après la destruction de maisons historiques dans la première ville fondée par la France en Afrique subsaharienne au 17e siècle, rapporte samedi l'Agence de presse sénégalaise (APS, publique).
"Nous n'allons pas attendre que Saint-Louis soit déclassée pour réagir", a affirmé le ministre sénégalais de la Culture Mbagnick Ndiaye, cité par l'APS.
Des mesures seront prises pour arrêter "les constructions anarchiques et la destruction de maisons historiques" dans cette ville classée depuis 2000 par l'Unesco au patrimoine mondial, a dit le ministre.
Il s'exprimait à l'issue d'une réunion gouvernementale vendredi à Dakar et après des menaces de l'Unesco de retirer Saint-Louis du patrimoine mondial en raison de la dégradation de ses vestiges.
"Nous avons le souci de préserver le patrimoine matériel de Saint-Louis. Aujourd'hui, des maisons et bâtiments administratifs construits aux 17ème et 18ème siècles, qui ont une valeur architecturale extrêmement importante, sont menacés", a-t-il dit.
Il a également annoncé un recensement du patrimoine et l'envoi d'une commission prochainement à Saint-Louis "pour vérifier si les mesures prises (par le gouvernement) sont en train d'être exécutées".
La ville, fondée en 1659, abrite de nombreux vestiges historiques dont d'anciennes demeures coloniales françaises et le mythique pont Faidherbe, du nom d'un ancien gouverneur de la colonie du Sénégal.
Cet ouvrage construit en 1897, était destiné à relier l'île de Saint-Louis au continent. La localité, située entre l'océan et le fleuve Sénégal, reste une attraction touristique.
APS

22/12/2016

VILLAGE DES ARTS A NGAPAROU

Ngaparou (Mbour) étrenne son « village des arts » le 24 décembre

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Le « village des arts » de Ngaparou va officiellement ouvrir ses portes le 24 décembre, au cours d’une cérémonie devant coïncider avec la tenue des traditionnelles 72 heures de cette commune du département de Mbour, à quelque 70 Km de Dakar, a-t-on appris des organisateurs.
Le « village des arts » de Ngaparou lance ses activités « avant les « 72 heures de la commune de Ngaparou », mais ce démarrage « est bien intégré à ce rendez-vous culturel et artistique avec ses régates, et diverses activités culturelles et récréatives très suivies par les populations et les touristes venus des hôtels environnants », rapporte un communiqué transmis à l’APS.
Dirigé par l’artiste plasticien sénégalais Bassirou Sarr, résident à Berlin (Allemagne), le « village des arts » de Ngaparou est érigé sur une propriété de quelque 1000m2.
Ce nouvel espace « se veut un centre d’expérimentation artistique, de promotion artisanale et d’échanges fraternels », peut-on lire dans le même communiqué reçu des promoteurs.
Ils signalent qu’un comité d’organisation a été mis en place pour son inauguration, comprenant des artistes anciens résidants du premier « village des arts » de l’avenue Peytavin, à Dakar, ainsi que les actuels occupants du « Village des arts » de la capitale sénégalaise (sis prés du stade Léopold Sédar Senghor).
« La pièce maîtresse du programme de cette inauguration est l’exposition internationale d’art plastique, peintures, installations et sculptures en plein air, intitulée +Berlin-Dakar-Ngaparou+ », renseigne le communiqué, précisant que celle-ci se déroulera du 24 au 31 décembre 2016, dans le même espace, et sera composée des œuvres d’artistes sénégalais et berlinois.
« Cette exposition sera accompagnée d’un hommage aux artistes disparus, en particulier les anciens résidants de l’avenue Peytavin. Une animation permanente et quotidienne est programmée du 24 au 31 décembre au ’village des arts’ de Ngaparou », ajoute le communiqué.
Il évoque « des rencontres entre artistes et public, de la musique, des projections de films, des performances, du théâtre ainsi qu’un atelier d’activité d’arts plastiques (workshop) avec les jeunes ».
APS

19/12/2016

LE FUTUR MUSEE DES CIVILISATIONS NOIRES DE DAKAR

le Musée des civilisations noires de Dakar, un écrin en quête de contenu

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Imaginé par Senghor et relancé sous Wade, le Musée des civilisations noires (MCN) devrait ouvrir ses portes au premier semestre de 2017. Reste à trouver de quoi remplir ses immenses salles.
L’édifice est imposant. Autant, si ce n’est plus, que le Grand Théâtre national auquel il fait face, au Plateau, dans le centre de Dakar. Un immense bâtiment circulaire planté au-dessus du port, à l’architecture inspirée du patrimoine local : une forme ronde reprenant celle des cases traditionnelles avec, au dernier étage, un puits de lumière rappelant les impluviums de l’habitat coutumier de Casamance.
Une idée lancée par le président Senghor
Après plusieurs décennies d’attente, le Musée des civilisations noires (MCN) est enfin sorti de terre. Lancée par l’ancien président Léopold Sédar Senghor, après la réussite du Festival mondial des arts nègres organisé dans la capitale sénégalaise en 1966, l’idée d’un vaste établissement dédié aux cultures africaines était peu à peu tombée dans l’oubli. C’est Abdoulaye Wade qui la réactive dans les années 2000. Il confie la réalisation du projet à l’entreprise chinoise Shanghai Construction Group et pose la première pierre en décembre 2011. Mais, en raison de l’alternance, les travaux ne démarreront véritablement que sous son successeur, Macky Sall, en décembre 2013. Ils dureront deux ans.
Désormais en phase de finition, ce musée moderne, d’une superficie totale de 15 000 m² sur 4 niveaux – dont près de 5 000 m² de surface d’exposition – a déjà coûté 20 millions de dollars (environ 18,5 millions d’euros). L’ambition affichée par les autorités est claire : devenir « le » plus grand musée du continent consacré aux civilisations africaines. « Nous n’allons pas en faire un lieu nostalgique et ethnographique, qui serait une sorte d’avatar des expositions coloniales du début du XXe siècle, mais plutôt un musée contemporain et dynamique, en mouvement permanent », explique, le ton enjoué, le Pr Hamady Bocoum, directeur général du futur établissement.
Benjamin Roger/Jeune Afrique

16/12/2016

LAISSER ALLER PUIS PLEURER...

Appel à l’action pour empêcher le retrait de Saint-Louis du statut de patrimoine de l’humanité

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Le directeur du Patrimoine culturel, Abdou Aziz Guissé, a souligné l’urgence de préserver le patrimoine architectural de Saint-Louis, au risque de voir inscrite sur la liste du patrimoine mondial en péril de l’Organisation des Nations-unis pour l’éducation et la culture (UNESCO).
" Nous devons agir et vite pour préserver l’île de Saint-Louis et éviter que l’UNESCO ne la retire de la liste Patrimoine mondial de l’humanité et ne l’inscrive sur celle du Patrimoine mondial en péril ", a-t-il déclaré.
Le directeur du Patrimoine culturel intervenait lors d’une réunion spéciale du comité régional de développement (CRD) consacré au sujet. Il s’agissait pour les participants de formuler des recommandations allant dans le sens de la préservation de l’architecture de la ville classée patrimoine mondial de l’UNESCO en 2000.
Les agressions et autres formes de dégradations sur l’architecture de l’île ont notamment poussé l’UNESCO à sommer le Sénégal de prendre des mesures urgentes pour inverser cette tendance, lors de sa 40ème session tenue en juillet dernier à Istanbul (Turquie).
« Le comité du patrimoine mondial exprime sa préoccupation quant à l’état important de dégradation et le manque de restauration et d’entretien de plusieurs bâtiments historiques, et le faible niveau de mise en œuvre des recommandations de la mission de suivi réactif dépêchée sur place en 2014 « , lit-on dans un communiqué rendue publique par l’UNESCO à l’issue de sa session d’Istanbul.
L’UNESCO avait ainsi sommé le Sénégal de mettre en place des dispositions précisant les modalités de gestion et de prise de décision ainsi que les moyens permettant de renforcer la collaboration entre les parties prenantes.
" Les participants au CRD ont souligné la nécessité d’améliorer la gouvernance de la gestion du patrimoine par la création d’une structure fédérateur (…)’’, a signalé Abdou Aziz Guissé.
Selon M. Guissé, cette rencontre a aussi préconisé que les ressources nécessaires soient dégagées pour « la réhabilitation des bâtiments’’. Les participants ont de même relevé " l’importance de sensibiliser les populations et les porteurs de projet sur la préservation du site" .
Aussi la mise en œuvre de ces recommandations constituera-t-elle un des axes de travail d’un conseil interministériel prévue jeudi prochain à Dakar.
La réunion qui sera présidée par le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, portera exclusivement sur les mesures que le Sénégal entend prendre pour répondre aux exigences de l’UNESCO.
Ces mesures font l’objet d’un rapport qui sera évalué par la prochaine session du comité du patrimoine de l’UNESCO prévu à Cracovie en Pologne en juin prochain, a appris l’agence de presse sénégalaise lors de la réunion.
L’île de Saint-Louis, quelquefois présentée comme la porte de l’Afrique occidentale sur l’Océan Atlantique.
Nichée entre les deux bras de l’embouchure du fleuve Sénégal, elle jouit d’un environnement né d’un mariage entre un paysage terrien et fluvial.
Premier comptoir français sur la côte atlantique de l’Afrique (1659), Saint-Louis fut une plaque tournante du commerce de la gomme arabique, des esclaves, de l’or, des peaux et d’autres produits.
Cette petite citée océanique a été la capitale politique de l’Afrique occidentale française (AOF) jusqu’en 1902, et la capitale du Sénégal et de la Mauritanie jusqu’en 1957.
" C’est l’ensemble de ces valeurs historiques et culturelles qui s’ajoutent à la beauté légendaire de son paysage urbain qui confèrent à la vieille ville sa qualité esthétique et son identité promues au rang de patrimoine de l’humanité par l’UNESCO ", a noté le directeur du Patrimoine culturel.
APS/Ndarinfo.com

14/12/2016

LE VIN DU CLOS DES BAOBABS

Viticulture à Nguekhokh : Un vignoble au cœur du Sahel

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Le paysage agricole sénégalais commence à se modifier avec l’apparition de la vigne. Deux Français qui ambitionnent de mettre le Sénégal sur la carte des pays producteurs de raisin et de vin se sont lancés dans l’aventure à Nguekokh (département de Mbour). Même si la production n’est qu’expérimentale, leur vignoble prend petit à petit forme. Et leur objectif est de passer à une production de 2 ha à partir de janvier 2017 pour espérer une première commercialisation en 2019-2020.
Jusque-là inconnu au bataillon des pays producteurs de vin, le Sénégal s’est lancé dans la viticulture. Timidement et grâce à Philippe Franchois et à son associé, François Normant, qui ont eu un rêve commun. Le premier voulait réaliser un projet vitivinicole et l’autre mener un projet agricole innovant. Et ces deux néophytes passionnés ont choisi Nguekokh, pour implanter leur domaine. Ce vignoble constitue une première en Afrique de l’Ouest, selon M. Franchois.
« Le « Clos des Baobabs » est à la fois un projet viticole et vinicole qui est né d’une rencontre avec mon associé François Normant qui avait des terres qu’il avait remembrées. On avait un ensemble de 10 ha cohérents et homogènes qui permettent de faire une plantation », renseigne Philippe Franchois. En janvier 2013, les deux associés ont planté un hectare expérimental irrigué de 5.000 plants. « Notre recherche, c’est de comprendre comment mettre en repos végétatif la vigne et comprendre comment lever volontairement la dormance de la vigne, car en relevant la dormance, on permet, plus tard, la fructification », indique-t-il.
« Toute cette recherche est faite sur cet hectare expérimental. Volontairement, on n’est pas parti sur dix hectares de recherche, parce qu’elle est là la recherche. On a le recul suffisant pour faire de la recherche de taille, d’irrigation entre autres parce que la problématique est de comprendre le repos végétatif de la vigne qui pousse ici en continu », laisse entendre Philippe Franchois. Selon lui, l’eau constitue la problématique de toutes les cultures au Sénégal. Et sans irrigation, il n’y a pas de culture possible, donc pas de vigne. « Le forage qu’on a réalisé permet d’irriguer notre périmètre expérimental et les hectares prévus », soutient-il.
La terre sénégalaise n’étant pas à priori adaptée à la viticulture, Philippe et son associé ont, au départ, expérimenté cinq cépages (cabernet-sauvignon, cinsault, grenache, sangiovese et syrah) pour voir ceux qui étaient les mieux adaptés au climat, les plus prometteurs. Le grenache, caractérisé par un port dressé et des rameaux vigoureux et qui résiste bien à la sécheresse, est sorti du lot. Ce cépage est cultivé en France, en Espagne en Italie, en Grèce, au Portugal, en Algérie, en Tunisie et au Maroc. « On a validé ce cépage et l’on va planter 2 ha de production de grenache à partir de janvier 2017 », informe-t-il.
Selon M. Franchois, cette expérimentation a bien porté ses fruits. Malgré les termites, les oiseaux et les singes, Philippe et son associé ont réussi à produire du raisin. Le mois de juillet 2014 a été marqué par une première vendange. Deux autres vendanges ont également été réalisées en avril 2015 et en juin 2016. Cela a permis d’élever un premier vin rosé et rouge, confirmant ainsi la possibilité de produire un vin digne de ce nom au Sénégal. D’ailleurs, renseigne M. Franchois, les premières dégustations-tests faites à Dakar et en France ont confirmé la qualité du vin du » Clos des Baobabs ».
En ciblant le raisin de cuve et non le raisin de table, le projet, selon Philippe Franchois, exprime une réelle volonté de créer une véritable valeur ajoutée en transformant le raisin en vin et non en commercialisant simplement la matière première. « Au Sénégal, notre recherche fait qu’on a passé une étape décisive. On sait qu’on peut faire du vin et on peut aussi faire du raisin de table. On est parti sur du raisin de cuve parce qu’on veut aller plus loin que la production du fruit. On veut aller vers une transformation pour avoir une valeur ajoutée plus forte pour faire du vin », précise-t-il.
Un pari sur la qualité
Le vigneron affiche clairement son ambition. Philippe privilégie la qualité à la quantité. « On souhaite faire de la qualité et non la quantité. On ne veut pas faire pisser la vigne comme on dit souvent. Ce que nous voulons, c’est avoir une production raisonnée de raisins pour avoir du vin de qualité », indique Philippe Franchois. Et pour la commercialisation, les deux comparses visent le marché local et sous-régional. « Que ça soit au Sénégal, en Côte d’Ivoire, en Guinée ou au Mali, il y a un certain nombre de points de vente qui seraient sensibles à un premier vin de l’Afrique de l’Ouest », explique-t-il.
Pour l’heure, Philippe Franchois et son associé ne pensent pas encore aux rendements comme c’est le cas dans des pays comme l’Italie, l’Espagne et la France qui ont de grosses productions à l’hectare. La question, selon eux, c’est faire du fruit pour un minimum de vin. « C’est juste une expérimentation agricole. On peut faire de grosses productions, mais ce n’est pas de grosses productions qu’on cherche, mais une quantité minimale pour être rentable et une profitabilité minimale », indique-t-il.
Toutefois, précise M. Franchois, avec la démultiplication de cette expérimentation à partir du mois de janvier, la production des deux hectares de grenache exploités va leur permettre d’avoir l’embryon d’un domaine viticole et donc une viticulture émergente. « Le Sénégal est une terre fertile pour les expériences et les innovations. Et la spécialité des Sénégalais, c’est de copier les bonnes expériences. Si ça marche bien, c’est certain qu’on sera copié et avec de la patience et de la persévérance, on aura une filière agricole émergente à l’image du Maroc ».
M. Franchois estime, en outre, que les conditions économiques d’émergence, politiques et de stabilité permettent à beaucoup de gens de chercher des voies nouvelles et de faire dans l’innovation agricole.
Avec l’exploitation des 2 ha, le vigneron et son associé espèrent une première commercialisation en 2019-2020. La visée, selon M. Franchois, c’est de passer de 2 à 5 ha puis à 10 ha. « En France, un domaine de 10 ha est déjà pas mal. Avec 10 ha donc, on peut avoir un vin de qualité et une bonne commercialisation au Sénégal et dans la sous-région », indique M. Franchois, non sans dire toute sa fierté qu’une bouteille du Clos des Baobabs soit déjà exposée à la Cité mondiale du Vin à Bordeaux.
Le souhait de M. Franchois et de son associé, c’est de voir le Sénégal devenir un véritable pays émergent dans la planète vitivinicole, à l’image du Maroc qui compte aujourd’hui 49.000 ha cultivés de vigne, de l’Afrique du Sud, de l’Algérie, de la Tunisie, de l’Éthiopie.
Un métier qui suscite des vocations
Aujourd’hui, la viticulture suscite des vocations et attire des candidats extérieurs au milieu. Par la force des choses, Abdoulaye Ndiaye, ancien moniteur d’équitation, est devenu chef de culture dans le projet « Clos des Baobabs ». « On ne devient pas un vigneron en un clin d’œil, mais quand la passion est là, tout devient possible », indique-t-il. Sa mission consiste à labourer, à mettre du fumier, à palisser la vigne, à tailler et brûler les sarments. Selon M. Ndiaye, depuis le début de sa collaboration avec Philippe Franchois, il a gagné en expérience dans cette activité qu’il a découverte il y a juste trois ans. « On m’a mis dedans et on m’a appris beaucoup de choses qui m’ont permis d’accroître mes connaissances dans ce domaine qui est une nouveauté dans la zone et au Sénégal même.
Ce n’était pas évident au début, mais à la longue, je me suis habitué à ce métier qui est très passionnant », relève-t-il. Abdoulaye Ndiaye dit ne pas regretter cette nouvelle expérience. Mieux, il se dit prêt à continuer l’aventure. Les métiers de la viticulture exigent des qualités et compétences multiples et des connaissances théoriques et pratiques sont indispensables pour la conduite technique du vignoble. Ce chef de culture en est bien conscient. Et il veut parfaire ses connaissances dans le domaine viticole à travers une formation spécifique afin de répondre aux nouvelles exigences. « Je veux comprendre plus ce métier et me parfaire davantage pour me spécialiser dans la viticulture », fait-il savoir.
Samba Oumar FALL/Lesoleil

08/12/2016

16-17 et 18 DECEMBRE A SALY

Embarquez pour les Vieilles Pirogues à Saly!

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Les Vieilles Pirogues, c'est un Festival qui transforme un banal week-end à Saly en un souvenir inoubliable dans une ambiance de fête et de détente. Le Festival initié par l'Association Tapis Vert vise à braquer les projecteurs sur la petite côte sénégalaise, nouvelle destination tendance prisée des touristes nationaux et internationaux.
La 5ème édition des Vieilles Pirogues aura lieu les 16, 17 et 18 Décembre prochain à Saly.
Un Festival multiculturel dans un petit coin de paradis...
Besoin de changer d'air et de souffler l'espace d'un WE, direction Saly. 1h top chrono via la nouvelle autoroute... vous y êtes! Plage, farniente... enlevez vos montres et détendez vous, Welcome to Saly!
Un programme détonnant pour fêter le 5ème anniversaire!
Vendredi 16: C'est dans les rues de Saly que la fête va commencer avec plusieurs animations musicales dans l'axe principal de Saly dont un podium hip hop dédié aux jeunes artistes de la petite côte.
Samedi 17: Le site officiel du festival situé à la base Heliport de Saly (en face Holiday's Market) ouvrira ses portes le Samedi à 16H pour la grande soirée de concerts. Pour leur grand come back à Saly, Takeifa partagera l'affiche avec le Maestro Cheikh LO, pour une 1ère fois à Saly pour un show unique en live avec tout son orchestre du Ndiguel Band, avant de céder la place à Ndjougoup pour un soundsystem reggae d'anthologie featuring Dread Maxim and Guests!
Préventes 3000F Sur place 5000F
PREVENTES Dakar: 77.364.26.73
Point de Vente SALY: Holiday's Market
Dimanche 18: La journée sera axée sur la jeunesse avec les ateliers Master Class sur la professionnalisation du métier d'artiste, ainsi qu'un tremplin jeunes talents sur la grande scène du festival et un gala de lutte petite catégorie. Le village des artisans créateurs sera également là pour accueillir les festivaliers et leur offrir la possibilité de dénicher une petite merveille.
Le programme complet du festival est disponible sur www.vieillespirogues.com
Les Vieilles Pirogues, une ambition internationale
Active depuis 2011, l'Association Tapis Vert, présidée par "Iboulaz" développe des actions à caractère culturel tout au long de l'année pour faire de Saly à la fois une vitrine culturelle pour le Sénégal et ses artistes, et par la même occasion un endroit branché et séduisant pour les touristes venant de Dakar, de Paris comme de New York, Pékin ou Rio!
Le Festival des Vieilles Pirogues s'inscrit dans cette dynamique. Le nom "Vieilles Pirogues" fait référence au "Festival des Vieilles Charrues" organisé en France depuis plus de 25 ans et devenu aujourd'hui l'un des plus grands évènements musicaux en Europe mobilisant plus de 500.000 personnes chaque année.
Tapisvert

06/12/2016

RETOUR DU PATRIMOINE ARTISTIQUE AU PAYS

Macky Sall négocie le retour des objets d’arts

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Le Sénégal est en train de régler à sa manière la question du retour des objets ethnographiques, sujet de discorde entre les pays occidentaux détenteurs de ces objets et de nombreux pays du Tiers-monde. Le Sénégal veut les avoir pour les exposer pendant un temps dans un musée en construction.
En visite d’État en France du 19 au 21 décembre (une première depuis Abdou Diouf, en 1992), Macky Sall aura droit à tous les honneurs, selon une dépêche de l’AFP. Au menu : entretien avec François Hollande suivi d’un dîner d’État à l’Élysée le 20 décembre, déjeuner à Matignon avec Manuel Valls, le Premier ministre, le lendemain, réception avec les honneurs militaires à l’hôtel des Invalides… Macky Sall sera aussi reçu par Gérard Larcher, le président du Sénat, et Anne Hidalgo, la maire de Paris.
Mais outre la signature de différents accords de coopération économique, le président sénégalais visitera le musée du Quai Branly (avec lequel il signera un partenariat pour le futur Musée des civilisations noires de Dakar) et l’Académie des sciences d’outre-mer, dont il sera nommé membre associé.
Le Bénin réclame le retour
Le Bénin a fait en juillet dernier une demande officielle à la France quant au retour de plus de 5.000 objets volés par les troupes françaises lors du sac d’Abomey par le Colonel Dodds.
Trônes, bas-reliefs, bijoux et statuettes, font partie des biens culturels qui font l’objet d’une demande de restitution. Le Musée du Quai Branly n’a pas encore répondu à la demande du Bénin. Les Français avancent l’argument que le Bénin n’a pas les moyens de garder ces objets tandis qu’une conservatrice de musée à Ouidah suggère qu’ils soient restitués au Musée de Ouidah, en attendant la construction d’un lieu d’accueil plus digne.
Letempstg.com

01/12/2016

LE PLUS GRAND SCULPTEUR SENEGALAIS S'EN EST ALLE

Le sculpteur sénégalais Ousmane Sow est décédé

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Le sculpteur sénégalais Ousmane Sow est mort jeudi 1er décembre, a-t-on appris auprès de sa famille. Il avait 81 ans et était hospitalisé depuis de nombreux mois.
Connu pour ses séries de sculptures monumentales consacrées aux ethnies africaines (noubas, peuls, masaï, Zoulou), Ousmane Sow, né à Dakar en 1935 s’était aussi intéressé aux Indiens d’Amérique. C’est d’ailleurs cette dernière source d’inspiration qui l’avait fait connaître en France : en 1999, il leur avait consacré une exposition à Paris qui avait séduit quelque trois millions de visiteurs.
En 2012, Ousmane Sow avait été élu à l’Académie des beaux-arts de Paris dans la section des membres associés étranger, près de trente ans après l’élection de Léopold Sédar Senghor au sein de la prestigieuse institution française, consacrant un peu plus l’histoire d’amour unissant Ousmane Sow et la France.
Ces dernières années, Ousmane Sow s’était inspiré des grandes figures ayant marqué sa vie : son père, bien sûr, mais aussi Nelson Mandela, Gandhi, Mohamed Ali, Martin Luther King, le général de Gaulle, ou encore l’écrivain Victor Hugo.
Jeuneafrique

26/11/2016

ARTISTE EN DANGER!

Joe Ouakam menacé d’expulsion de sa maison par un milliardaire Libanais…

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Jean Dagher Hayeck – Joe Ouakam, une affaire qui risque de tourner au vinaigre. Le milliardaire libanais accuse l’artiste Sénégalais d’occupation, sans droit ni titre, de sa désormais « propriété ».
Au moment où des centaines et honnêtes citoyens de ce pays, viennent de tous les horizons, afin de redonner du moral à l’artiste Issa Samb, plus connu sous le nom de Joe Ouakam, voilà qu’un huissier, envoyé par le multimilliardaire, vient signifier à ce dernier, malade, qu’il doit plier bagages, dans les 24 heures.
Ce sur la base d’un document truffé de bizarreries… selon nos confrères du journal l’Enquête. Et ce serait hier que Joe Ouakam a reçu la visite, inopinée, de l’huissier Joséphine Kambé Senghor, lui signifiant qu’il n’a plus que 24 heures pour quitter la maison qu’il a toujours occupée depuis 40 ans. Selon le commandement présenté par l’huissier, cette maison du titre foncier TF136/DK à Dakar, qui est aussi connue du monde de l’art, des lettres et de la culture en général comme étant « Le laboratoire Agit « Art », aurait été occupée sans droit ni titre par Joe Ouakam qui l’aurait désormais perdue après son acquisition par Jean Dagher Hayeck.
Dans l’ordonnance de référé du tribunal, le juge El hadji Issa Ndiaye observe parmi plusieurs de ses motivations que l’avocat Me Djibril Wellé, censé représenter Joe Ouakam, a indiqué que son client ne s’oppose pas à la demande d’expulsion que veut obtenir Jean Dagher Hayeck. « Depuis quand un avocat encourage-t-il son client à se faire expulser?« , questionnent nos confrères. Cette affaire risque d’aller bien loin puisque Joe Ouakam lui-même avoue ne pas connaître cet avocat.
Tout compte fait, c’est en vertu de cette « supercherie » que l’artiste a été sommé d’évacuer cette maison qui est aussi l’histoire de sa vie et le carrefour de beaucoup de ses pairs du monde de la culture. La sommation présentée à Joe Ouakam par l’huissier Joséphine Kambé Senghor souligne que l’artiste pourrait être contraint de quitter la maison de force à l’expiration du délai de 24 heures qui lui a été donné.
A cet effet, depuis l’annonce de cette expulsion possible de Joe Ouakam de sa maison, la communauté artistique sénégalaise s’est mobilisée pour s’y opposer. D’ailleurs, une équipe de photo-reporters surveille les lieux pour assurer une publicité mondiale à M. Hayeck dont le nom commence à circuler dans certains « salons » de Dakar. Plusieurs artistes, hommes de lettres ou passionnés de l’art, ont lancé une pétition pour interpeller le président de la République, Macky Sall et obtenir l’annulation de l’acte de vente du Libanais Jean Dagher Hayeck.
Khalil Kamara/Senego

L'EVIDENCE DU PATRIMOINE

Pourquoi il faut revaloriser le patrimoine culturel colonial

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Le XV siècle marque le début du contact entre l’Afrique de l’Ouest et le continent européen via l’océan Atlantique. Mais c’est au XVII siècle, avec la colonisation que les premières installations prirent forme sur l’île de Saint-Louis.
Ainsi commence l’édification d’infrastructures de type européen sur le territoire de la colonie du Sénégal qui donna naissance à des villes comme Saint-Louis, Gorée, Rufisque et Dakar. Ces dernières seront plus tard pour des raisons administratives les quatre communes de plein exercice et leurs habitants obtinrent la citoyenneté française.
Cette installation a donné naissance à une culture issue du métissage entre les Européens en général et les populations locales. Dans certaines villes, les populations locales et les colons habitaient dans le même espace et il y eut de nombreux mariages. Alors que dans d’autres villes, les populations locales habitaient à proximité de « la ville européenne », mais cela ne gênait en rien le brassage culturel.
Les villes européennes (Dakar, Saint-Louis, Gorée et Rufisque) de la colonie du Sénégal eurent une architecture et une culture qui leur sont propres avec quelques différences selon le rôle qu’elles jouaient dans le dispositif colonial par rapport aux autres villes africaines.
Ces caractéristiques reflétant leurs identités ont été mis à l’épreuve à la suite du départ des colonisateurs. Dans les années 1960, après l’indépendance du Sénégal, la majorité des Français est appelée à quitter l’ancienne colonie. Ils laissent alors derrière eux un patrimoine à la fois matériel et immatériel.
Aujourd’hui, le patrimoine matériel, immatériel et naturel africain est de plus en plus menacé. Comme le montre le nombre de biens inscrits sur la liste en péril du patrimoine mondial. 17 sites africains sont sur cette liste et certains courent le risque d’être déclassés pour des problèmes liés à leur conservation. Alors que ces sites sont souvent millénaires ou centenaires, ils ont pendant longtemps échappé à la destruction causée par les facteurs naturels et anthropologiques.
Face à la modernité et à la montée du nationalisme, les villes ayant un passé colonial, jadis importantes et belles, sont de plus en plus considérées par certains Africains comme dépassées. D’autres les rejettent, pensant qu’elles symbolisent la domination européenne. Certes ces positions sont justifiées. Nous devons cependant d’une part assumer notre histoire, et d’autre part nous rendre compte que ces villes sont aujourd’hui sénégalaises et que la plupart des bâtiments anciens appartiennent soit à l’Etat du Sénégal, soit à des Sénégalais (descendants européens, métisses ou autochtones).
"La valorisation des villes dites coloniales comme Gorée, Saint-Louis, Dakar et Rufisque peut être pour le Sénégal un moyen de diversifier son offre touristique."
En plus, l’inscription de l’île de Gorée et l’île de Saint-Louis sur la liste du patrimoine mondial leur confère une valeur universelle. Autrement dit, ces deux villes appartiennent à l’humanité. Avec leurs architectures européennes, elles sont aujourd’hui sénégalaises et nous devons nous efforcer de mieux les valoriser à l’instar de ce qui se fait dans d’autres pays.
La valorisation des villes dites coloniales comme Gorée, Saint-Louis, Dakar et Rufisque peut être pour le Sénégal un moyen de diversifier son offre touristique. Depuis quelques années, le tourisme connait une crise sans précédent selon les professionnels du secteur, alors qu’il représente le deuxième pourvoyeur de devises du pays, après la pêche. Le secteur touristique a contribué à hauteur de 300 milliards de francs CFA entre 2013 et 2014 à l’économie sénégalaise (Rapport de Jovago 2015, la plateforme de réservation d’hôtels en ligne).
Le tourisme balnéaire occupe la première position dans la stratégie marketing des autorités avec des sociétés étatiques comme la Société d’aménagement et de promotion des côtes et zones touristiques du Sénégal (SAPCO). Selon le chercheur Mamadou Diombéra, 80% des touristes qui ont visité le Sénégal en 2006 ont séjourné sur le littoral. Certes, Saint-Louis, Gorée, Rufisque, et Dakar sont côtières. Cependant, après Dakar avec un taux de 51%, c’est la petite côte qui attire le plus de touristes avec la station balnéaire et touristique de Saly qui enregistre 22% de l’ensemble des touristes en visite au Sénégal (Dehoorne, Diagne : 2008).
"Il serait important de mettre en exergue les autres facettes de ce pays, avec le potentiel culturel que renferment ces sites coloniaux, comme une alternative au tourisme balnéaire qui est actuellement confronté à des difficultés."
Il serait important de mettre en exergue les autres facettes de ce pays, avec le potentiel culturel que renferment ces sites coloniaux, comme une alternative au tourisme balnéaire qui est actuellement confronté à des difficultés. En fait, le tourisme n’est plus uniquement une question de loisir avec le balnéaire, mais peut être aussi une question de découverte avec le tourisme culturel, auquel s’ajoute le tourisme d’affaires.
L’île de Gorée a compris cette tendance et reçoit des millions de visiteurs sénégalais et étrangers par an, grâce à la Maison des esclaves et à l’organisation d’un festival Gorée Cinéma. Saint-Louis fait de même avec le pont Faidherbe, le festival Saint-Louis Jazz ou le fanal tente de par des événements d’être plus attractif. Dakar mise sur sa biennale d’art contemporain Dak’art, le futur musée des civilisations noires et quelques structures coloniales comme le building administratif pour diversifier son offre. Quant à Rufisque, elle lutte pour avoir une place dans l’événementiel culturel au Sénégal et sur le plan international.
Pour attirer plus de touristes, il faudrait mettre l’accent sur l’architecture coloniale et les expressions culturelles. Pour ce faire, une formation adéquate des guides touristiques est à prévoir, ainsi qu’une organisation et une sensibilisation des populations locales sur l’importance de conserver leurs richesses culturelles. Les autorités locales doivent également travailler à restaurer certains bâtiments coloniaux en les revalorisant sous forme de musées, de bibliothèques, de salles de cinéma, de centres culturels, d’hôtels, bâtiments publics,… tout en développant l’artisanat et en facilitant l’organisation d’événements culturels. C’est en ce sens qu’on parle d’industrie culturelle créative qui renvoie à une dimension commerciale de la culture (Institut de Statistique de l’UNESCO, 2009).
"Les autorités locales doivent également travailler à restaurer certains bâtiments coloniaux en les revalorisant sous forme de musées, de bibliothèques, de salles de cinéma, de centres culturels, d’hôtels, bâtiments publics"
De ce fait, les populations locales peuvent trouver des emplois et capter les ressources financières issues du tourisme, car l’aspect culturel comprend la dimension patrimoniale avec les monuments, mais touche également l’artisanat, la restauration, les musées et les expressions culturelles (traditionnelles et modernes). Le tourisme balnéaire jusque-là dominant, profite surtout aux grandes chaines hôtelières qui proposent le format « tout inclus ».
L’industrie culturelle créative peut être un moyen de lutter contre la pauvreté dans des villes où le taux de chômage des jeunes est très élevé. Il est urgent pour redresser l’économie touristique de faire la promotion des villes en montrant leurs atouts basés sur l’architecture et les expressions culturelles à l’image de ce que fait Cuba avec La Havane, jadis coloniale. Les autorités cubaines ont réussi à tirer des profits économiques et sociaux de l’héritage colonial en mettant sur pied des politiques de conservation intégrées pour répondre à une demande sociale.
Contribution de Massar Sarr, stagiaire à l’UNESCO Dakar au secteur Culture. Il a obtenu une licence en Histoire et archéologie médiévale de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il poursuit actuellement ses études en master à l’université Jean Monnet de Saint-Etienne (France), en gestion durable et équitable des paysages culturels et des patrimoines. Il est de nationalité sénégalaise.
http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/n...

21/11/2016

MIA MOKE

Une petite héroïne 100 % africaine sensibilise les enfants à l’écologie

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La protection de l’environnement n’est pas une priorité au Sénégal. C’est ce qui a décidé un Franco-Sénégalais et son équipe à lancer "Mia Moké", un projet visant à sensibiliser les enfants à ce sujet, à travers la voix d’une jeune héroïne africaine, à laquelle ils peuvent s’identifier. Leur projet est décliné sur différents supports : application pour tablettes ou encore bande-dessinée.
"Mia Moké" – "moké" signifie "petit" en lingala – a été lancé fin septembre par l’agence de communication Advise, basée à Dakar. Quatre personnes y travaillent, dont Karim Gadjigo, un Franco-Sénégalais de 50 ans. Ce dernier a grandi au Sénégal, avant de partir en France pour étudier. Il est ensuite retourné au Sénégal il y a une vingtaine d’année pour travailler dans le secteur de la communication.
Destinés à sensibiliser les enfants à l'écologie, ces visuels, créés par l'agence Advise, se trouvent sur la page Facebook de "Mia Moké".
"Nous avons créé une héroïne vivant dans un village où les habitants trient les déchets"
Nous avons commencé à travailler sur le projet "Mia Moké" en 2011, pour répondre à des enjeux culturels et environnementaux.
Tout d’abord, à la sortie des écoles, à Dakar, on constate que les enfants ont des sacs "Dora l’exploratrice", "Barbie" ou encore "Hello Kitty". Ce ne sont jamais des héros africains, ce qui interroge sur la place de l’identité africaine et des modèles culturels dominants dans le monde. On peut aussi s’interroger sur l’impact que peut avoir l’absence de petits héros qui leur ressemblent dans le développement personnel de ces enfants. Ce n’est d’ailleurs pas anodin si les produits pour éclaircir la peau se vendent autant en Afrique. Nous avons donc créé une petite héroïne africaine, pour faire évoluer les mentalités à travers elle.
"Les gens continent de jeter leur déchets par terre"
L’autre constat, c’est que les gens sont très peu sensibilisés aux questions environnementales au Sénégal : comme dans d’autres pays africains, la protection de l’environnement n’est pas une priorité. Du coup, les comportements n’évoluent pas vraiment : les gens continent de jeter leurs déchets par terre, notamment. À travers notre héroïne, nous cherchons donc à faire connaître la nature en expliquant comment la protéger. Par exemple, elle vit dans un village à la campagne – car c’est un endroit souvent dévalorisé par rapport à la ville – où les habitants font le tri des déchets.
"Nous avons créé une application sur le thème de la déforestation"
Pour l’instant, nous avons créé une application pour les tablettes, sur le thème de la déforestation, un enjeu majeur au Sénégal. À travers l’application, les enfants doivent résoudre une sorte d’énigme dans un village où tous les oiseaux ont disparu. Ils comprennent ensuite que c’est lié à la production de charbon qui s’est développée sur place, ayant entraîné la déforestation du site. Durant le jeu, des informations sont données sur la nature, sur les alternatives au charbon qui existent, il y a un quizz, un karaoké avec des chansons sur l’environnement...
L'interface de l'application "Mia Moké".
Des explications sur la faune et la flore sont données dans cet "éco-dico", qui fait partie de l'application.
Cette application coûte 3,99 euros sur l’Apple Store : nous avons conscience que nous ne pouvons pas toucher tout le monde ainsi. D’ailleurs, nous en avons vendu seulement une centaine depuis deux mois. Mais c’est un support pertinent pour faire passer notre message. De plus, il y a déjà 50 millions de tablettes en Afrique et leur usage devrait se démocratiser d’ici deux ou trois ans. Par ailleurs, nous avons lancé une bande-dessinée et des livres de coloriage sur le thème de l’environnement, vendus au prix de 2 500 francs CFA [3,81 euros], ainsi qu’un kit pour faire pousser un arbre, avec des graines, qui coûte 3 500 francs CFA [5,34 euros].
Cette bande-dessinée est vendue dans quatre librairires à Dakar.
Ces produits, plus accessibles, sont vendus dans quatre librairies de Dakar. Des écoles nous en ont acheté et nous en avons donné à des associations.
Actuellement, nous sommes également en train de concevoir une série de 30 dessins animés pour la télévision, un jeu vidéo, deux nouvelles applications pour tablettes, sur la biodiversité marine et la pollution – celle liée au plastique en particulier – toujours avec le même personnage. En revanche, il nous manque des fonds pour développer une application pour smartphones.
"Nous voulons développer le projet sans dépendre de subventions"
Nous aimerions que notre projet soit rentable, pour ne pas dépendre de subventions. Et surtout, si ça marche, nous pourrons développer encore davantage nos liens avec les associations, ainsi que des supports accessibles au plus grand nombre.
L’agence Advise travaille principalement pour des marques alimentaires locales, mais collabore également avec Nébéday, l’une des rares associations locales de défense de l’environnement, en lui fournissant notamment des affiches.
Karim Gadjigo/Chloé Lauvergnier/France24

12/11/2016

VOYAGES EN PAYS SEEREER

Vient de paraître Voyages en pays seereer. Le Sine-Saloum (Sénégal) : des patrimoines en partages sous la direction de Mickaël Augeron, Fabrice Bonnifait, Amade Faye et Raphaël Ndiaye aux éditions Geste

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Vient de paraître Voyages en pays seereer. Le Sine-Saloum (Sénégal) : des patrimoines en partages sous la direction de Mickaël Augeron, Fabrice Bonnifait, Amade Faye et Raphaël Ndiaye aux éditions Geste, 316 p. ISBN : 978-2-36746-664-4 Prix : 19 €.
"Le lundi 7 novembre 2016 a eu lieu à Dakar (Sénégal), dans les locaux de la Fondation Léopold Sédar Senghor, le lancement officiel de l’ouvrage intitulé Voyages en pays seereer. Le Sine-Saloum (Sénégal), des patrimoines en partage, dirigé par Mickaël Augeron, Fabrice Bonnifait, Amade Faye et Raphaël Ndiaye.
Cette publication fait suite à l’inventaire des patrimoines culturels de la région de Fatick au Sénégal, auquel le service Patrimoine & Inventaire de la Région Nouvelle-Aquitaine (site de Poitiers) a contribué dans le cadre du Programme de Développement de l’Éco-Tourisme (PRODÉTOUR) coordonné par l’Université de La Rochelle. L’ouvrage, publié en France chez Geste Éditions, a reçu le soutien financier de la Région Nouvelle-Aquitaine et du Ministère français des Affaires Étrangères.
Peu touchée par l’urbanisation, la région de Fatick peut se prévaloir de paysages naturels et de patrimoines culturels, matériels et immatériels, d’une grande diversité. Elle bénéficie d’une reconnaissance internationale à travers l’inscription, par l’UNESCO, du Delta du Sine-Saloum sur la Liste du patrimoine mondiale de l’humanité, et de la cérémonie divinatoire du Xooy, au titre du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
Rédigé dans une optique résolument pluridisciplinaire par des spécialistes français et sénégalais, cet ouvrage propose pour la première fois une vaste synthèse des recherches qui ont été menées sur le territoire des anciens royaumes du Siin et du Saalum (Sine-Saloum), berceau de l’identité seereer (ou sérère) et Royaume d’Enfance de Léopold Sédar Senghor (1906-2001), le défunt poète et premier Président du Sénégal.
C’est aussi la première fois que l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar a été associée à un programme d’envergure porté par une collectivité territoriale du Sénégal."
Habilité à diriger des recherches, Mickaël Augeron est maître de conférences en histoire moderne et contemporaine à l’Université de La Rochelle. Il coordonne actuellement le Programme de Développement de l’Éco-Tourisme (PRODÉTOUR), action de coopération décentralisée au Sénégal et au Vietnam soutenue financièrement par la Région Nouvelle-Aquitaine et le Ministère français des Affaires Étrangères.
Chargé de cours aux Universités de La Rochelle et de Poitiers, Fabrice Bonnifait est conservateur régional de l’Inventaire (site de Poitiers) au sein de la Région Nouvelle-Aquitaine. Après des travaux d’histoire urbaine française des époques moderne et contemporaine, il étudie actuellement les processus de patrimonialisation des espaces coloniaux, en particulier au Sénégal et au Vietnam.
Chef du laboratoire de littérature et civilisations africaines de l’Institut Fondamental d’Afrique Noire (IFAN), Amade Faye est professeur à l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar (UCAD). Il vient de publier un nouvel ouvrage de référence sur la culture seereer, La route du pouvoir en pays seereer : de l’Ancêtre-arbitre au Chevalier gelwaar.
Ancien directeur des Archives culturelles du Sénégal, Raphaël Ndiaye est directeur général de la Fondation Léopold Sédar Senghor à Dakar. Née en 1974 à l’initiative de Léopold Sédar Senghor lui-même, la Fondation Senghor de Dakar a pour but de favoriser le développement de l’enseignement supérieur, de la recherche et de la culture en Afrique. Elle entend également diffuser le patrimoine culturel africain dans le monde et dispose, à ce titre, d’antennes en France et aux États-Unis. Elle édite régulièrement la revue Éthiopiques.
http://www.sfhom.com/spip.php?article1880

10/11/2016

SAINT LOUIS AGONISE

Patrimoine architectural de Saint-Louis : La «Venise africaine» en quête d’un éclat perdu

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Le charme de l’île Saint-Louis, c’est avant tout son architecture, archétype des cités coloniales. Une balade en calèche suivant le circuit touristique de la ville permet de saisir la beauté de la ville tricentenaire et de replonger dans l’histoire qui se cache derrière cet ensemble architectural classé au patrimoine mondial de l’Unesco.
« Venise africaine » ! Ceux qui l’ont surnommé ainsi n’ont pas tort. Comme la ville italienne de l’amour éternel, l’île de Saint-Louis occupe une situation géographique exceptionnelle à la confluence de l’Océan atlantique et des deux bras du fleuve Sénégal. Toutes deux sont bâties sur l’eau. La comparaison n’est pas que géographique, elle est aussi historique. Venise fut la porte de l'Orient, Saint-Louis fut la porte d’entrée de la colonisation française au Sénégal et en Afrique occidentale française (Aof). La ville historique italienne a toujours été isolée de la terre ferme, jusqu'en 1841 où commencèrent les travaux de construction du pont ferroviaire, l’ancienne capitale de l’Aof connut la même situation d’enclavement avant la construction et l’inauguration du pont Faidherbe en 1897. La ville entière de Venise et la Lagune ont été déclarées en 1979 au patrimoine de l'humanité par l'Unesco, l’île de Saint-Louis, ses berges, ses quais et le pont Faidherbe ont été inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2000.
De la corniche nord du quartier Sor qui borde le grand bras du Fleuve Sénégal, l’île se dévoile sous toutes ses coutures. Le panorama des différents types de bâtisses coloniales qui s’offre à la vue est exquis. Apprécier Saint-Louis de loin est un spectacle visuel particulier, le fouler et contempler l’architecture de près est un autre sentiment ineffable. Malgré les vicissitudes du temps, le charme de ses façades claires à arcades et balconnets de fer forgé et son allure de ville coloniale sur la côte africaine restent intacts.
Parcourir la ville en calèche en compagnie d’Amadou Diop de l’Association les Guides amis du patrimoine et de son jeune cocher, c’est d’abord découvrir le style architectural de la maison saint-louisienne avec ses variantes (boutiques anciennes aux portes en bois plein surmontées de lucarnes rectangulaires ou en plein cintre bordées de tiges de fer, vestiges de l’ancienne aération des cellules d’esclaves qui donnent dans la cour ; habitation à étage avec balcon en bois et balustrade en fer forgé, le double toit en pente recouvert de tuiles rouges, « maisons basses portugaises, baraques des captifs affranchis etc.,). Et c’est ensuite replonger dans 350 ans d’histoire faite de continuité et de ruptures parfois douloureuses comme ce jour de 1957 lorsque la capitale fut transférée à Dakar. On se rend compte alors, comme l’a si bien mis en exergue Abdoul Hadir Aïdara dans son ouvrage « Saint-Louis du Sénégal d’hier à aujourd’hui », que «Saint-Louis constitue un témoin architectural diversifié permettant d’évoquer, mieux que les autres villes coloniales du Sénégal, l’expansion française et les premiers essais des structures administratives, politiques et éducatives ».
Ile modeste
Longue de 2,5 km et large de 364 mètres, l’île de Saint-Louis, en termes de superficie, est bien modeste. Elle se divise en trois parties. La partie comprise entre la Gouvernance et la grande mosquée de Lodo au nord constitue la zone administrative et commerçante. La Pointe nord située au-delà de cette maison de culte est la zone militaire qui, dans le passé, accueillait de nombreuses casernes. La partie sud de l’île appelée aussi Sindoné ou Kertian est considérée comme la partie résidentielle. Comme à l’époque coloniale, c’est le lieu d’implantation des structures sanitaires (hôpitaux) et éducatives (écoles).
La balade en calèche commence par la petite stèle plantée derrière la Gouvernance en face des locaux du Syndicat d’initiative et de tourisme de Saint-Louis et juste à la descente du Pont Faidherbe en venant de Sor. De ce côté-là, un petit bâtiment aux murs fortifiés n’attire pas forcément les regards : c’est le Fort de Saint-Louis. Le tout premier bâtiment de l’île construit en 1659, selon notre guide Amadou Diop. « Toute l’histoire de Saint-Louis est partie de cette bâtisse », dit-il.
Une de ces histoires qui rappellent des souvenirs douloureux liés à l’esclavage, un bâtiment situé sur l’alignement du quai Roume qui borde le grand bras du fleuve Sénégal dans le quartier Lodo, en a été témoin. Cette esclaverie aujourd’hui transformée en fabrique de pain, date des années 1820. Ses murs épais traversés par de petites fenêtres gardent encore les stigmates de la traite négrière. A deux pâtées de là, une splendide bâtisse, « La Maison Rose », impose sa beauté. Cette ancienne maison de commerce est sans doute l’un des édifices coloniaux les mieux entretenus de l’île de Saint-Louis. L’intérieur est organisé autour d’une cour intérieure en patio. Ce type d’architecture fait de tuiles rouges, de murs de grosse épaisseur et des portes et fenêtres surmontées d’arcades permet au bâtiment d’emmagasiner une certaine fraîcheur. Toujours, le long du quai Roume, les maisons de commerce des grandes compagnies comme Cfao, Peugeot ou encore Lacoste et Singer de l’autre côté, rappellent l’époque faste de l’économie de Saint-Louis. Dans le même prolongement, à un pas de la grande mosquée de Saint-Louis (voir ailleurs), en bord de quai, une grue à vapeur de 20 tonnes se dresse sur un massif en maçonnerie.
Une position militaire stratégique
Fouler la Pointe nord de l’île, c’est saisir toute l’importance stratégique que représenta Saint-Louis sur le plan militaire pour le colon. Ce quartier calme a accueilli des casernes militaires et continue d’être une zone militaire malgré la présence de quelques civils qui habitent dans des bâtiments réformés. La bâtisse blanche qui accueillait le Consulat de France est aujourd’hui le siège de l’Institut français. Elle est mitoyenne à l’ancien camp des Spahis transformé en Caserne de sapeurs-pompiers. Le collège d’enseignement Abdoulaye Mar Diop était une ancienne caserne. Les maisons occupées jadis par des officiers français accueillent aujourd’hui des officiers militaires sénégalais. Le bâtiment des chantiers navals est devenu le siège des Travaux publics avant de devenir le Quai des Arts. Le champ de tir, lui, est devenu un terrain de football. L’ancien camp des Tirailleurs appelé « Camp Archinard » côtoie l’ancienne résidence du Gouverneur Faidherbe. Cet édifice communique avec l’ancien Fort de Saint-Louis par un tunnel souterrain, informe notre guide Amadou Diop.
Le commissariat de l’île, le siège de la station régionale de la Rts et le Centre culturel régional figurent parmi les derniers blocs de bâtiments qui donnent sur l’îlot de Bopp Thior caché derrière une végétation luxuriante. Cet îlot habité par une centaine de personnes fait face à l’extrême nord du quartier de Gokhou Mbacc. Il abrite un ancien cimetière de Saint-Louis et la première briqueterie de la région. A sept kilomètres de l’île, on débouche sur un village mauritanien. Toujours dans ce quartier nord de Lodo mais de l’autre côté tout près du petit bras du Fleuve Sénégal, on retrouve la prison centrale de Saint-Louis non loin du pont Ousmane Masseck Ndiaye reliant ce côté-ci de l’île à la langue de Barbarie. Jusqu’à une date récente, cette infrastructure métallique s’appelait « Pont de la Geôle » en souvenir de l’exécution, au même emplacement, d’un jeune podorois qui avait tué un équipage d’esclaves. « C’était la première fois et la dernière fois qu’une personne était guillotinée à Saint-Louis », souligne Adama Diop. Au cœur de la zone commerçante, se trouve l’ancien tribunal européen devenu le tribunal de Saint-Louis. Il jouxte un bâtiment qui, jadis, abritait le tribunal musulman où officiaient des Cadis. En passant par la Place Faidherbe pour aller dans le quartier sud appelé Sindoné ou Kertian, on ne peut manquer de remarquer deux grands bâtiments se font face. Il s’agit d’anciennes casernes appelées Rogniat. Le Rogniat nord est devenu un hôtel. Sur l’un de ses flancs, se trouve le lycée Elhadji Omar Tall ancien lycée Faidherbe. Le Rogniat sud est occupé par l’armée. L’hôpital de Saint-Louis anciennement hôpital militaire se trouve derrière et donne sur le petit bras du fleuve en face du quartier de Guet Ndar.
Kertian ou le quartier des chrétiens
Le quartier Sindoné, à l’époque coloniale, était la zone résidentielle. C’est la raison pour laquelle y étaient concentrés hôpitaux et écoles. Cette partie de l’île conserve encore des maisons basses appelées « maisons portugaises » finement ouvragées dans un esprit baroque colonial.
Le quartier Sud ou Sindoné est le plus ancien de Saint-Louis. C’est de ce côté qu’habitaient les chrétiens d’où l’appellation Kertian, les métisses, les mulâtresses, les quarterons et les quarteronnes, plus les négresses libres et leurs captifs. Ce quartier Sud qui va de la Gouvernance jusqu’à la rue Repentigny est la zone la plus homogène et la plus urbanisée. On y trouve la Maison des Sœurs Cluny aujourd’hui fermée aux visiteurs. C’est là qu’habitait Anne Marie Javouhey avec sa congrégation de six sœurs. « Elles recueillaient des femmes noires qui étaient tombées enceintes des colons qui avaient regagnés leur pays. Elles les accompagnaient jusqu’à leur accouchement et parfois même prenaient en charge les nouveau-nés », souligne Amadou Diop.
A la pointe sud de l’île, on a la « Promenade des Saint-Louisiens » qui borde le Centre de recherche documentaire du Sénégal (Crds) ex-Ifan. Le Crds est un complexe avec un musée et une bibliothèque qui est la plus ancienne de l’Afrique francophone hérité du fonds bibliothécaire de la colonie du Sénégal. La création de cette bibliothèque, rassemblant plus de 35 000 documents, daterait de 1837. Ses rayons abritent un ouvrage datant de 1546. Il est en latin et parle des philosophes du 16 siècle. On y retrouve aussi des revues, des périodiques (Dakar-matin, Paris-Dakar, le Soleil), ainsi que les archives du tribunal colonial. La maison familiale du fondateur de la maison d’édition Présence Africaine d’Alioune Diop se trouve à un jet de pierre du Crds. Le lycée des jeunes filles Ameth Fall est situé dans cette même zone. Ce lycée fut d’abord le siège de l’ancien hôpital civil puis abrita le lycée Blanchot où ont été formés les premiers instituteurs d’Afrique en Aof. Cet établissement scolaire est niché sur le Quai Henry Jay, un des plus grands négociants de Saint-Louis qui, en partant, a laissé tous ses biens aux œuvres sociales. Sur le même prolongement, tout au bout du quai, le bâtiment du Conseil régional se dévoile. Dans le passé, il fut le siège du Conseil général.
La calèche revient au point de départ en face du majestueux Pont Faidherbe avec ses sept arches métalliques, orgueil et fanion de Saint-Louis. Pour nous, la balade est terminée. Mais pour le guide Amadou Diop, c’est un éternel recommencement.
Saint-Louis, « un héritage prestigieux qui nécessite un effort de valorisation »
S’il y a un ouvrage qui, de manière synthétique et pédagogique, revisite le patrimoine architectural de Saint-Louis, c’est bien celui d’Abdoul Hadir Aïdara, ancien directeur du Centre de recherche documentaire du Sénégal (Crds) : « Saint-Louis du Sénégal d’hier à aujourd’hui ». Selon l’auteur, si d’autres villes africaines comme Grand Bassam et Bingerville en Côte d’Ivoire, Porto-Novo au Bénin sont également riches en monuments, rares sont celles où les styles des diverses périodes s’associent aussi harmonieusement. « Ces villes ont ensuite subi d’importantes transformations au point de définitivement altérer l’harmonie de leur ensemble. Ce qui n’est pas le cas de Saint-Louis qui est donc un prestigieux héritage nécessitant un effort de conservation, de restauration et de valorisation », écrit M. Aïdara.
Organisée à partir d’un plan en damier se justifiant par sa silhouette élancée, l’île de Saint-Louis, explique l’auteur, possède une superbe anthologie d’architecture coloniale comprenant des éléments qui se sont superposés les uns à la suite des autres depuis la fin du 18ème siècle. « Saint-Louis est, de par son organisation spatiale, représentative des premières villes coloniales en damier, développées sur le continent africain à partir du 16ème siècle. Les rues sont agencées perpendiculairement autour d’une place centrale, lieu des pouvoirs : gouvernance, armée, église et justice », écrit l’auteur. La première stratigraphie est constituée de bâtis antérieurs à 1820. La seconde stratigraphie comporte les bâtiments les plus importants et les plus imposants de la ville, construits entre 1818 et 1848 sous la Restauration et la Monarchie de juillet. La troisième stratigraphie concerne la période de 1854 à 1890 sous le Second empire et la Troisième République. « L’urbanisme y est florissant grâce à l’implantation des structures administratives, politiques et éducatives de la colonie du Sénégal. Les principaux bâtiments publics tels que le palais du gouverneur, l’hôpital militaire, l’hôtel de l’administration, le palais de justice sont restaurés, agrandis ou reconstruits. En même temps, le patrimoine de l’Etat s’enrichit de nouveaux édifices : la caserne de l’Artillerie, l’Hôtel de ville, le Conseil général et l’école Brière de l’Isle », souligne M. Aïdara. Enfin, la dernière stratigraphie est celle de la période postérieure à la Seconde Guerre mondiale de 1947 à 1957. « C’est une période glorieuse avec la construction d’immeubles modernes dans l’île et dans les faubourgs : la Maison du combattant, le Crds ex-Ifan, les casernements, les Blocs 22, le palais de la Pointe nord, le commissariat central, la maison de la radio ».
Patrimoine en péril
Plus ancienne ville construite par les Français en Afrique de l’ouest, l’essentiel du patrimoine bâti de l’île de Saint-Louis est constitué par un ensemble architectural légué par la colonisation. D’une superficie de 72 ha, l’île est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis décembre 2000. Ce classement concerne aussi les zones tampons que sont la corniche de Sor nord et sud et les corniches de la Langue de Barbarie nord et sud. L’île doit en grande partie son inscription au patrimoine mondial à son ensemble urbain, architectural et culturel remarquable. Cependant, « le bâti urbain est en train de subir des mutations parfois significatives qui constituent de sérieuses menaces sur l’intégrité de ce patrimoine mondial », regrette Moustapha Ndiaye dit « Och », directeur du Centre culturel régional de Saint-Louis et gestionnaire de l’île de Saint-Louis.
Cette menace s’explique par le non respect du règlement d’architecture, les démolitions et réhabilitations tout azimut. Ainsi, « des pans entiers de l’histoire de cette ville s’écroulent au fil des ans ». Cette situation est d’autant plus fâcheuse que les malfaçons notées ces dernières années sur des projets de restauration privée sont parfois l’œuvre de grandes personnalités publiques qui ont eu à occuper des responsabilités gouvernementales. Une situation que ceux qui sont engagés dans le Plan de sauvegarde et de mise en œuvre (Psm) du patrimoine de l’île trouvent regrettable. Le Psm a été élaboré et approuvé par décret présidentiel n°2008-694 dans le but d’arrêter la dégradation de Saint-Louis. En application depuis juin 2008, ce plan réglemente les travaux, les constructions ainsi que tous les aménagements urbains. En effet, il se pose un véritable problème de conservation et d’entretien du patrimoine bâti de l’île de Saint-Louis. Les bâtiments sont pris entre l’enclume de riches propriétaires qui les modifient radicalement à leur goût et le marteau de gens qui n’ont pas les moyens de les entretenir en l’état et donc les laissent se dégrader. Moustapha Ndiaye en appelle à l’intervention de l’Etat car, dit-il, « l’entretien nécessite beaucoup de moyens ». Néanmoins, un début de solution est entrevu dans le cadre du Programme de développement touristique de Saint-Louis (Pdt) dont une des composantes prévoit la réhabilitation de 134 unités architecturales sur un total de 1344 unités architecturales. Une goutte d’eau dans la mer mais qui aura quand même le mérite, aux yeux du Gestionnaire « de redorer un peu le blason de l’île ». « La réhabilitation de ces 134 unités architecturales fera tache d’huile et on espère que cela fera effet boule de neige pour la réhabilitation de l’ensemble des unités architecturales », appelle-t-il de ses vœux. Dans la même dynamique, le Comité du patrimoine mondial a fait une recommandation forte lors de sa dernière session demandant à mettre en place un plan d’action lequel a été déjà élaboré, selon Moustapha Ndiaye. Il plaide pour la mise en place d’un collège de contrôle des contrefaçons, des démolitions, des destructions et des constructions anarchiques qui réunira en son sein les services techniques municipaux, le gestionnaire, le service de logement, bref tous les acteurs. En attendant, le Gouverneur de la région a pris un arrêté interdisant toute démolition de bâtiment sur l’île. Peut-être le début de la conservation durable de ce riche patrimoine architecturale.
La mosquée à cloche, une curiosité bien saint-louisienne
Une cloche comme dans les églises. La grande mosquée de Saint-Louis, située dans le quartier nord de Lodo, doit être le seul lieu de culte musulman au monde à en disposer. A l’époque où il n’y avait pas encore de sonorisation, cette cloche servait à appeler à la prière, informe l’éclectique artiste Saint-louisien Pape Samba Amadou Sow dit Zumba. « Cette mosquée est unique en son genre au monde », ajoute-t-il. Autre version de la présence de cette coche, c’est que « le Gouverneur général ne voulait pas entendre la voix du muezzin », avance Amadou Diop de l’Association Guides amis du patrimoine. Même si cette cloche n’est plus utilisée aujourd’hui, elle est toujours en place et reste bien visible en haut du minaret. Financés par l’administration coloniale, les travaux de cette mosquée dont l’emplacement a été choisi par Elhadji Omar Tall, l’un des plus farouches opposant à la colonisation française, ont duré de 1825 à 1847. Si le débat du maintien ou non de cette cloche a été posé à un certain moment, il reste qu’elle est l’illustration parfaite de l’harmonie dans laquelle musulmans et chrétiens ont toujours vécu à Saint-Louis du Sénégal, ville par excellence du métissage racial, religieux et ethnique qui a traversé plusieurs générations.
Lesoleil - http://www.lesoleil.sn/grand-air/item/57578-patrimoine-ar...

17/10/2016

FESTIVAL DU SINE SALOUM 2017

L'évènement du Saloum du 6 au 14 mai prochain 2017

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Suite à une fusion "Hotel Cordons Bleus/Association Miss Sine Saloum" avec le comité d’organisation du "festival de la Culture sérère" qui a tenu sa première édition en novembre 2015, Miss Sine Saloum devient «Festival Du Sine Saloum et de la Culture sérère », puisqu’il n’y a pas qu’une élection de Miss mais un programme social culturel et promotionnel qui s’étalera désormais sur 8 jours.
L’élection de Miss Sine Saloum aura lieu le samedi 13 mai 2017.
Cette manifestation unique est devenue au fil des années un évènement de portée nationale du fait de sa très large couverture médiatique, comme en témoigne les nombreuses publications et reportages liées à cet évènement.
Elle est devenue incontournable et l’évènement phare de toute une Région, et aussi célèbre que le festival de Jazz à Saint-Louis, ou que d’autres grandes manifestations nationales et inscrite à l’agenda culturel national.
Pendant 6 ans, la dénomination était « ELECTION MISS SINE SALOUM », mais n’étant pas qu’un défilé de MISS, comme sur saly, ou Dakar mais un festival régional qui s’étale sur tout un weekend, avec un volet social, culturel et promotionnel unique, nous l’avons rebaptisé pour 2017 et les années futures « FESTIVAL DU SINE SALOUM ET DE LA CULTURE SERERE».
L’évènement a été largement relayé par les télévisions nationales, la presse et par de nombreux sites internet. Ainsi étaient présente la TFM, La LCS, DAKAR TV INTERNATIONAL qui diffuse en Europe et Amérique du Nord, ainsi qu’une quarantaine de journalistes. (Presse d‘info et people).
Le moment fort du weekend reste bien entendu la grande soirée de l’élection de Miss Sine Saloum le samedi soir. La gagnante représente la région pour MISS SENEGAL Toutes nos candidates sont issues de la région. En 2016, elles nous venaient de Toubacouta, Fatick, Kaolack, Djilor, fimela, Mar Lodg, Yayeme, Sambadia, Fondioune et Sokone.
En 2016 (dernière édition) nous avons réuni encore plus de 1000 personnes venues de tout le pays pour assister au sacre de notre nouvelle Reine lors de la grande soirée, avec de nombreuses autorités de la région qui nous ont manifesté leur soutien par leur présence.
Comme dit précédemment, cette manifestation n’est pas qu’une élection de MISS. Nous avons un volet social, culturel et promotionnel.
- Au niveau social : le vendredi matin, nous avons offert une consultation médicale gratuite en partenariat avec le Ministère de la Santé et le district sanitaire de Djioffior avec dons de médicaments. Cette année, nous avons eu en plus du dépistage du VIH, le dépistage volontaire du col de l’utérus, ainsi, que l’accès à la radiologie.
Le dimanche matin, nous offrons des fournitures scolaires sur l’île de Mar Lodge à l’occasion de la célèbre messe aux Tam- Tam aux enfants des îles.
- Au niveau culturel : le vendredi soir, nous offrons un spectacle sérère, avec chants et danses traditionnelles avec la troupe de Djilor, suivi d’une démonstration de lutte sénégalaise sérère et un concert d’une artiste Nationale pour la grande soirée du samedi soir avant le l’élection de MISS SINE SALOUM : (lors des dernières éditions, nous avions eu QUEEN BIZ et cette année KYA Loum), sans oublier les griots du village pendant le défilé dans Ndangane. La soirée est clôturée d’un feu d’artifice géant.
La gagnante de MISS SINE SALOUM est d’office qualifié pour le concours de MISS SENEGAL, de plus 2 de nos finalistes participeront également à la grande finale le 5 novembre prochain. Une a gagné Miss Kaolack, et l’autre MISS FATICK dans les concours régionaux organisés par Miss Sénégal. Nous avons donc la fierté d’avoir 3 représentantes pour Miss Sénégal cette année
- Au niveau promotionnel : Défilé en brousse sur des calèches, accompagnés de quads, djakartas, des ULM de Saly qui survolent le cortège, avant d’embarquer dans une flotte de pirogues pour une balade unique dans nos bolongs. Nous bénéficions d’une présence énorme des médias, campagnes de mails en interne (180 000 mails envoyés), bandes annonces télés, affiches : Toutes ces campagnes ont contribuées à la promotion de la région encore trop méconnue des locaux ou expats de Dakar et Saly.
Avec notre fusion avec le Festival de la Culture Sérère, les manifestations vont s’étaler sur 8 jours
Longue vie au FESTIVAL DU SINE SALOUM et DE LA CULTURE SERERE
Lena & Lionel - Hotel Cordons Bleus/Association Miss Sine Saloum - Ndangane 77 403 80 56 - www.hotel-lescordonsbleus.com
https://web.facebook.com/misssinesaloum/?_rdr