21/03/2017

LES PRISONS SENEGALAISES

Situation carcérale au Sénégal : En 5 ans, 163 décès et 136 évasions

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Les chiffres parlent d’eux-mêmes, ils témoignent des dures conditions dans les lieux de privation de liberté au Sénégal. Les cas de mort en détention ou d’évasions confirmant tout le mal qu’on dit des geôles sénégalaises. Les statistiques documentées par les services de l’administration pénitentiaire attestent que de 2013 à 2017, 136 détenus ont pu se faire la belle dans les 77 établissements pénitentiaires que compte le Sénégal. Un chiffre relevé en l’espace de 4 ans rappelle « l’Obs ». Et de 2013 à 2017, plus de cent prisonniers ont été emportés par ce meurtrier invisible jamais pris. Un total de 163 prisonniers ont trépassé dans les 37 établissements pénitentiaires du Sénégal.
Dakaractu

08/12/2016

LA FOIRE DE DAKAR JOUE LES PROLONGATIONS

FIDAK 2016: prolongement des activités jusqu’à lundi prochain

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La clôture de la 25em édition de la Foire internationale de Dakar (FIDAK), initialement prévue pour le vendredi 09 décembre, est reportée jusqu’au lundi 12 du même mois. L’annonce vient de la cellule de communication du Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES).
Les exposants et les acheteurs de la 26em FIDAK ont encore 72 heures pour mener leurs activités. La date de clôture qui était fixée au vendredi 09 est finalement repoussée jusqu’au lundi 12 décembre par les autorités du CICES. Une prolongation qui fait le bonheur des marchands qui n’ont pas encore écoulé la totalité de leurs stands.
Pour rappel, République fédérale de Chine et celle démocratique d’Ethiopie sont les pays invités d’honneur de la FIDAK 2016, dont le thème est: «Promotion du partenariat public-privé pour un développement durable en Afrique de l’Ouest».
Coumba Ndoffene Diouf/Senenews

21/11/2016

CRIME CONTRE LE PATRIMOINE NATIONAL

Allez voir ce qu’ils ont fait du patrimoine de la gare de Dakar par Amadou Lamine Sall

senegal

Le cœur vous tombe dans le ventre, lorsque vous surgissez devant la gare de Dakar et que vous ne voyez plus de gare.
Un horrible mur de clôture et un chantier hideux de ce qui ressemble à des boutiques ou des kiosques vous bouchent la vue sur ce magnifique patrimoine colonial qui fait la beauté de notre capitale.
Nous sommes choqués par ceux qui ont pris sur eux de commettre un tel crime. Oui, il s’agit bien d’un crime quand un pareil patrimoine est soumis à ce sort, tout près de deux infrastructures que l’on considère, à tort ou à raison, comme des bijoux: le Grand Théâtre et le Musée des Civilisations noires.
Nous savions que le Président Abdoulaye Wade avait décidé souverainement de faire de la garde de gare le Musée d’art contemporain du Sénégal. L’idée était alléchante. Les autorités ferroviaires, semble t-il, s’y étaient opposées, mais en vain. La décision du prince était prise et irrévocable au nom du bien d’État. Il quitta le pouvoir sans avoir réalisé son projet, mais il avait pesé de son poids et de son autorité.
Nous ne savons pas ce qui s’est passé après son départ.
Nous ne connaissons pas les tenants et les aboutissants de ce dossier de la gare de Dakar et à qui appartient la gare de Dakar, en réalité. Par contre, nous savons que la volonté de l’État peut prévaloir pour conserver tel quel ce patrimoine magnifique.
Nous faisons appel à qui de droit, à celui à qui on pense sans hésiter dans de tels cas d’urgence : Monsieur le président de la République. Comme il l’a fait en confiant le dossier de la corniche à son intransigeant Premier ministre, il doit, avec respect, sans tarder, demander à ce dernier de faire arrêter les travaux, de détruire le hideux mur qui masque la gare et tout le reste.
Ce chantier de la gare de Dakar doit s’arrêter dans les heures et les jours qui suivent. Une enquête doit être diligentée. Un dialogue doit être engagé avec ceux qui, légalement sans doute, se sont permis de commettre un tel gâchis, un tel crime. Aucun Sénégalais patriote ne peut accepter ce qui se fait à la gare de Dakar. Elle a disparue. On ne la voit plus. Nous avons frôlé la crise cardiaque devant le spectacle, en pleine nuit, avec des travaux qui s’accélèrent. Allez donc voir le drame et le constater par vous même.
Nous avons déjà perdu dans ce pays un patrimoine considérable, du fait de puissances d’argent qui ont acheté jusqu’à des bâtiments dans des zones classées. Nous avons perdu le quartier du marché de Kermel en laissant y ériger le plus misérable et le plus insoutenable des hôtels. Ce quartier ne méritait pas un tel monstre qui a fait disparaître la beauté du marché Kermel. D’ailleurs, on ne le voit même plus le marché Kermel. Il est mort.
Le Sénégal, terre de culture et d’art, ne mérite pas un tel désastre. Nous en appelons à tous les Sénégalais d’ici et de la diaspora, le Président Macky Sall le premier, pour combattre et dénoncer avec nous ce que l’on est entrain de faire du patrimoine de la gare de Dakar. Nous en appelons à tous les médias d’ici et d’ailleurs pour soutenir notre combat. Nous en appelons à tous les amis et à tous les amoureux du Sénégal. Il faut sauver la beauté. Une œuvre d’art vaut tous les combats.
On ne peut pas imaginer le Palais présidentiel être subitement entouré un matin d’un mur qui nous empêche de voir son bâtiment, ses jardins.
Que l’on nous pardonne notre colère. Mais on ne peut pas laisser faire de tel drame dans notre pays. Cela relève de notre foi et du respect et de l’amour que nous avons pour notre pays.
Amadou Lamine Sall/www.dakar-echo.com/Jean Louis Verdier

06/11/2016

MISS SENEGAL 2016

Dakar remporte la Miss Sénégal 2016.

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Dans une ambiance festive, l'hôtel King Fahd Palace a abrité ce samedi 5 novembre la finale de la miss Sénégal nouvelle vision. 14 candidates représentantes des régions du Sénégal se disputaient la couronne de la beauté devant un public venu nombreux et la présence de miss France et celle de la Côte d'Ivoire comme invités d'honneur et membres du Jury. Chaque candidate a parlé des atouts touristiques de sa région et le rôle de la femme dans l'émergence du Sénégal. La miss Dakar Ndeye Astou Sall a été élue la reine de la beauté 2016..
La mode est une vitrine pour promouvoir la destination Sénégal.
Visitdestinationsenegal

05/11/2016

VIOLENCES CROISSANTES AU SENEGAL

Viols et de meurtres: Où va le Sénégal?

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Le Sénégalais est un homme pacifique, a-t-on l’habitude d’entendre ça et là. Cette assertion est en train d’être démentie par les actes posés au quotidien par ces mêmes Sénégalais.
Souvenez-vous, lors des événements entre le Sénégal et la Mauritanie, les Sénégalais ont réagi de façon brutale que l’excuse de provocation ne saurait justifier.
Depuis quelques temps, au Sénégal on tue pour 100 F, pour une tasse de café, pour un mégot de cigarette, pour une voiture accrochée, bref, pour des broutilles. Senepeople tire la sonnette d’alarme car si rien n’est fait pour éradiquer ce phénomène, l’escalade la violence risque à long terme d’être banalisée.
Les viols aussi constituent l’autre tare de la société sénégalaise. Nul n’est épargné, jeunes filles, déficientes mentales, sourdes-muettes… La plus part des fillettes en situation de vulnérabilité.
Que se passe-t-il donc dans la tête des Sénégalais ? Depuis quand les instincts prévalent-ils sur l’humain ?
Cette perte de valeurs et de repères ne sauraient se justifier par une situation économique délicate. Les mœurs ont beaucoup évoluées au Sénégal mais dans le mauvais sens. A qui la faute ?
Les sociologues sont interpellés pour faire une analyse approfondie de la situation, de même que les religieux à qui échoit le devoir de remettre les populations sur le droit chemin. La presse aussi a son rôle à jouer et arrêter de traiter ces cas comme de simples faits divers. Les parents ne sauraient être en reste puisqu’ils leur revient le devoir d’inculquer à leur progéniture les règles de base à respecter dans une société.
Senepeople.com

04/11/2016

FRANCOPHONE LE SENEGAL?

Le Sénégal est-il encore un pays francophone?

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A Dakar, le français recule au profit du wolof. Un phénomène de fond qui n'est pas sans conséquence sur la vie quotidienne.
«Kaay ndékki !» Lorsque l’on se balade au petit matin dans les quartiers populaires de Dakar, difficile de ne pas entendre cette invitation à venir déguster le petit-déjeuner. Une offre sympathique, émanant souvent de gens modestes, qui ont le goût du partage, de la teranga (l’hospitalité à la sénégalaise).
Si cette invitation est formulée en wolof et non pas en français alors qu’elle s’adresse à un toubab (un blanc), n’y voyez pas l’expression d’une quelconque défiance. C’est tout simplement dû au fait que dans ces immenses banlieues dakaroises, l’usage du français est des plus limités.
Le wolof règne en maître. Un grand nombre d’habitants des banlieues sont bien incapables de formuler des phrases en français. Certains n’ont jamais été à l’école. Parmi ceux qui y sont allés, beaucoup n’ont guère entendu la langue de Molière, bien des enseignants préférant s’exprimer en wolof, même pendant les cours.
Parlez-vous wolof?
Dans nombre de capitales d’Afrique francophone, la langue de Voltaire a pu s’imposer comme lingua franca, permettant à des centaines d’ethnies de se mettre d’accord sur l’usage d’une langue, d’avoir un terrain d’entente. A Abidjan, la capitale économique ivoirienne, l’on préfère parler le français plutôt que de donner la primeur à telle ou telle autre langue. Tout est différent à Dakar, la capitale du Sénégal, où le wolof s’est imposé. Même dans les milieux intellectuels, cette langue gagne du terrain.
«Mon patron impose l’usage du wolof dans toutes les conversations. Même si cette langue n’est pas vraiment adaptée aux discours techniques», explique Aissata, cadre dans une grande compagnie d’assurance.
A Dakar, les autres Africains francophones sont très souvent désarçonnés par cette omniprésence.
«J’ai demandé à des Sénégalais de m’indiquer le chemin. Ils m’ont répondu qu’il fallait s’exprimer en wolof, alors même que je leur avais expliqué que je ne parle pas cette langue», s’étonne un Ivoirien, qui a dû abandonner la conversation avant qu’elle ne tourne au pugilat.
«Nombre d’Ivoiriens, de Béninois et autres expatriés se sentent de moins en moins à l’aise à Dakar, à cause de l’omniprésence de cette langue uniquement en usage au Sénégal», explique Alphonse, un enseignant d’origine béninoise.
Même des Sénégalais s’agacent du poids croissant de cette langue.
«Très longtemps, le chanteur Baaba Maal a été boudé par les radios sénégalaises parce qu’il chantait en pulaar (la langue des Peuls) et non pas en wolof. Moi aussi je veux défendre ma culture. A la maison, avec mes enfants je ne parle que le français et le pulaar. Je veux leur transmettre cet élément essentiel de l’identité», affirme Assan, un haut fonctionnaire d’origine peule.
En Casamance, dans le sud-ouest du Sénégal, comme dans les autres régions, le poids du wolof irrite parfois. «Au tribunal, les conversations se font le plus souvent dans cette langue. Les populations locales sont défavorisées. Ce n’est pas leur idiome. Comment peuvent-elles se défendre dans une langue qu’elles ne maîtrisent pas?», regrette Savané, un haut fonctionnaire, même s’il reconnaît que des interprètes sont présents dans la plupart des juridictions.
Le français n'a plus la cote
A la télévision et à la radio, le wolof domine aussi. Les programmes en français ou dans les autres langues sont très minoritaires. Les débats politiques, sociétaux ou culturels ont généralement lieu en wolof. Un wolof mâtiné de français. Seules les telenovelas, les films américains ou les séries indiennes sont doublés en français. Mais inutile d’espérer le commentaire d’un combat de lutte dans la langue de Molière. On un quelconque sous-titrage en français des débats en wolof. Par certains côtés, beaucoup d’Occidentaux éprouvent moins un sentiment d’altérité dans le sud du Nigeria où le pidgin-english (encore appelé broken english) sert de langue véhiculaire.
Au Sénégal, nombre d’enseignants se plaignent d’une baisse générale du niveau en français. «Il a considérablement diminué au cours des dernières années. Les professeurs parlent très souvent en wolof. Dans la vie de tous les jours, le wolof domine», explique Oumar Sankharé, enseignant à l’université de Dakar. Il ajoute une explication politique:
«Lorsque l’on demande à certains Sénégalais pourquoi ils ont autant de réticence à s’exprimer en français, ils donnent des justifications politiques. Ils affirment que ce n’est pas la langue du Sénégal. Un étrange nationalisme s’est développé ces dernières années.»
Après Léopold Sedar Senghor, Oumar Sankharé est le deuxième agrégé de grammaire du Sénégal. Il vient de décrocher ce précieux titre. Mais, selon Oumar Sankharé, les médias dakarois en ont peu parlé. «Ici, on préfère faire les gros titres sur des lutteurs et des politiciens», constate l’un de ses collègues.
Même les enseignants du primaire s’alarment du niveau des élèves. «Il a considérablement baissé. C’est pire chaque année», s’inquiète Cheikh, un instituteur dakarois. Cheikh constate lui aussi que les enseignants préfèrent parler à leurs élèves en wolof. Même les élites ont pris le parti de s’exprimer de plus en plus souvent en wolof. Le français pratiqué est parfois devenu hésitant ou académique. Comme s’ils parlaient une langue étrangère. Ou même une langue morte. Le vocabulaire est quelques fois daté, ancien, figé.
Une situation d’autant plus étonnante que le Sénégal s’enorgueillit d’être le berceau de la francophonie. Léopold Sedar Senghor (chef de l’Etat de 1960 à 1980) a été un grand défenseur de la francophonie. Il prétendait même au titre de «père de la francophonie». Le président poète a toujours proclamé son amour de la langue française. Son successeur, Abdou Diouf (au pouvoir de 1980 à 2000), dirige désormais la francophonie.
A l’image de Jacques Diouf, à la tête de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) jusqu’à l'été 2011, les Sénégalais sont omniprésents dans les organismes internationaux. Traditionnellement, ils étaient réputés pour leur maîtrise de la langue française. Des Ivoiriens avaient d’ailleurs pour coutume de dire que les Sénégalais parlaient le «gros français», à savoir le français des Français. Mais de plus en plus, le «gros français» donne l’impression de décliner. Il laisse place à un français créolisé, un mélange de français, de wolof et aussi d’anglais.
L'attrait des Etats-Unis
De plus en plus de Sénégalais font des études et de longs séjours en Amérique du Nord et ils truffent leur français d’expressions américaines. Le déclin du français au Sénégal est aussi lié, sans doute, à la perte d’influence de Paris. Et au moindre attrait de la culture française à Dakar.
La capitale sénégalaise est la région la plus à l’ouest d’Afrique, la plus proche des Etats-Unis. Une terre qui fait fantasmer. Même les lutteurs professionnels rêvent d’Amérique. A l’image de l’une des vedettes de la profession, Tyson, qui aime à se vêtir d’une bannière étoilée et à s’entraîner aux Etats-Unis.
Fin juillet à Dakar, j’ai croisé l’ex-ministre d’Etat Landing Savané. Cet ancien militant d’extrême gauche affirme qu’il sera sans doute candidat à l’élection présidentielle. Même lui qui revendique son passé soixante-huitard à Paris, admet regarder de moins en moins vers le Quartier latin. Quand Landing Savané n’est pas au Sénégal, c’est aux Etats-Unis qu’il se rend désormais. Signe des temps, Sitapha l’un de ses enfants choisit une toute autre voie que celle de son père. Le fils de Landing Savané joue au basket aux Etats-unis... En NBA.
Pierre Cherruau/Slate.fr

02/11/2016

REVEILLON DU NOUVEL AN SUR UNE ÎLE DU SALOUM

Pour clôturer l’année 2016 en beauté et accueillir l’année 2017 dans la joie et la bonne humeur qui n’a jamais rêvé de pouvoir s’évader dans un endroit atypique, magnifique.

senegal
"Les Aventuriers du Saloum" vous convient à leur réveillon Soirée Black and White sur une île déserte dans Delta du Saloum.
Au programme :
Départ à 16h de Ndangane Campement, embarquez à bord de nos pirogues pour un voyage au fil de l’eau qui vous mènera à l’île. A bord de la pirogue cocktail de bienvenue, Soupe de champagne, ambiance au son du Dj.
Arrivée sur l’île, un magnifique campement de tente Mauritanienne vous attend pour démarrer la soirée et danser sous les étoiles jusqu’au bout de la nuit.
Au menu :
Multitude de Verrine salés et amuses bouches. Plat: canard en sauce accompagné de ses gratins dauphinois et de courgette ou lotte en fête avec son crumble de ratatouille - Fromages -Dessert: Farandole de gourmandise.
Boisson: Sans alcool : Cocktail Afterglow, Coca, Fanta, Sprite, Jus orange, mangue, goyave, grenadine.
Avec Alcool : Sex on the beach, Mojito, Blue Lagoon, Wisky, Rhum, Vodka.
Tout au long de la nuit, un Dj vous fera danser au son de multitude de variétés. Un photographe et un photo Booth vous permettront de garder de merveilleux souvenir de cette fin d’année. A minuit, un magnifique feu d’artifice accompagné de Champagne clôturerons 2016.
Après une grasse matinée, un brunch vous attendra pour vous régalez les pieds dans l’eau.
Retour sur Ndangane vers 16h.
Prix 123 € soit 80000 FCfa (Tout compris, Boisson à volontés, repas, logement, transport en pirogue…)
Information et réservation :
guidesinesaloum@live.fr ou 00221/77 972 99 94

12/10/2016

CONDUIRE AU SENEGAL...

Tout savoir sur la conduite au Sénégal

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Comme dans tous les pays du monde, il existe tout un système en place pour obtenir son permis de conduire et circuler légalement avec le mode de transport de son choix. Le Sénégal n’est pas vraiment une exception sauf pour les modes de transports qui y existent et qui partagent les mêmes voies. Taxis, clandos, piétons, charrettes, car rapides, pousse-pousse, particuliers, bus, camions, motos et bicyclettes se partagent tous la rue pour plusieurs raisons qui souvent font de la circulation à Dakar un vrai cauchemar.
A prendre en compte lorsqu’on conduit à Dakar :
- Les taxis s’arrêtent n’importe où pour prendre des clients, y compris en pleine circulation. D’ailleurs si vous n’êtes pas sénégalais, renseignez vous sur le coût du trajet avant, sinon vous serez surfacturés.
- Les clandos (voitures « clandestines ») sont des véhicules qui datent du siècle passé et qui font encore plus de stops que les bus, donc si vous conduisez derrière eux, surtout mettez votre clignotant et dépassez les vite sinon vous arriverez en retard où que vous alliez.
- Les piétons ne traversent pas forcément au niveau du passage clouté et marche sur la route parce que les trottoirs sont souvent occupés par les vendeurs, les voitures garées dessus ou trop de sable. Au Sénégal, les piétons n’évitent pas les voitures, ce sont ces dernières qui font attention aux piétons.
- Les charrettes sont en croissance exponentielles ces dernières années donc attendez vous à les voir sur la corniche ou à vous retrouver nez à naseaux (littéralement) avec un cheval.
- Les car rapides qu’on appelle souvent « tombeaux ambulants » ont pour la plupart des problèmes de freinage. Lorsque vous les voyez arriver à grande allure, laissez les passer, vous avez plus à perdre. D’ailleurs, ils le savent, donc ils n’hésiteront pas à vous voler votre priorité.
- Les pousse-pousse sont des planches sur roues qui ressemblent un peu à de grandes brouettes. Ils sont moins agressifs mais les routes étant étroites, ils peuvent vous retarder.
- Les dos d’âne : Notez qu’il y a également beaucoup de dos d’âne qui servent à ralentir la vitesse mais qui peuvent être parfois trop dodus donc si vous conduisez une deux-portes généralement basse, vous risquez de l’égratigner.
- Le petit camp : c’est le football de quartier, les enfants ou adolescents bloquent souvent certaines rues pour jouer au foot, donc faites attention à conduire trop vite dans les quartiers populaires.
- Les routes ne sont pas toutes en bon état. Quand il pleut, elles se dégradent encore plus vite, donc conduisez à pleins phares surtout la nuit car les routes mal éclairées peuvent être très dangereuses.
- Les animaux divers : attention à ne jamais rouler trop vite, au risque de renverser les nombreux chats, chiens, poules (oui oui, parfois), mais aussi les moutons et vaches que l'on ne compte plus, et qui ont tendance à stationner nonchalamment au milieu de la route.
N’oubliez pas, gardez votre sang froid en prenant plusieurs respirations profondes lorsque vous conduisez à Dakar et tout ira bien !
World of NK/Lepetitjournaldedakar

TROP DE MARIAGES PRECOCES AU SENEGAL

Le Sénégal parmi les pays à taux élevé de mariages d’enfants

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Le Sénégal, avec une fille sur trois mariée avant l’âge de 18 ans, fait partie des pays qui ont le taux le plus élevé de mariages d’enfants, selon un communiqué du Centre d’information des Nations unies à Dakar (CINU Dakar) parvenu à l’APS.
Le texte note que 30 pays du continent africain ont un taux de prévalence aux mariages précoces.
Selon le directeur l’ONG Save The Children, Dr Mathurin Bonzi, le Sénégal compte néanmoins parmi les pays qui ont fait le plus d’efforts sur cette question de mariages d’enfants, avec ‘’le lancement de la campagne nationale en 2016, pour mettre fin aux mariages des enfants’’. Il estime que "cela démontre la volonté des autorités à venir à bout de ce phénomène de société’’.
"Le mariage d’enfants déclenche un cercle vicieux de handicaps qui refuse aux filles leurs droits les plus fondamentaux d’apprendre, de s’épanouir et d’être des enfants", explique Helle Thorning-Schmidt, directrice générale de Save the Children International.
Selon la même source, "la communauté internationale s’est engagée à mettre fin aux mariages d’enfants d’ici à 2030". Cependant, "si les tendances actuelles se maintiennent, le nombre total de femmes mariées pendant l’enfance passera de plus de 700 millions aujourd’hui à environ 950 millions en 2030 et à 1,2 milliard en 2050", avertit le communiqué.
BD/ASG/APS

05/10/2016

LORGNONS SUR LE BLOG

La Lorgnette du Margouillat, version blog

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Apparue voici quelques mois, la Lorgnette distille quotidiennement ses petits papiers sur sa page Facebook, relayée, entre-autres, par la page "senegal".
Quelques lignes chaque jour ayant trait au Sénégal mais aussi à la vision que l'on peut avoir du reste du monde, de son actualité vue depuis le pays de Senghor et de Youssou Ndour.
Humeur, humour, réflexions, descriptions, le Margouillat pioche dans ses coups de cœur, ses coups de gueule et le micro-phénomène né sur Facebook attire quotidiennement près de 4000 visites.
Son auteur, un toubab vivant au Sénégal n'a d'autre but que de se faire plaisir et partager ses émotions.
Pas de vision d'édition, pas de mercantilisme, pas de but d’embrigadement d'opinion. "Juste pour le plaisir" mentionne la page.
Un nouveau pas a, malgré tout, été franchi suite à la demande d'internautes allergiques aux réseaux sociaux...
La Lorgnette du Margouillat se décline donc désormais en "blog"!
Plus pratique également pour retrouver des papiers plus anciens.
en voici le lien: http://la-lorgnette-du-margouillat.over-blog.com/
Son auteur est toujours à la recherche d'aquarellistes désintéressés pour illustrer ses publications quotidiennes. Contact: niokobok@gmail.com
BRB

10/08/2016

SYLVIE, 18 ANS, FEMINISTE DE BROUSSE

Au Sénégal, Sylvie, 18 ans, féministe de brousse

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Sylvie, 18 ans, sillonne sa ville de Kolda pour sensibiliser les jeunes de son âge sur l’éducation sexuelle et les questions de société.
Dans les quartiers périphériques de Kolda, tout le monde connaît son nom et sa silhouette. Sylvie, la jeune fille qui porte l’ibadou, ce voile ouest-africain qu’elle noue autour de son visage et fixe d’une broche dorée. C’est sa marque de fabrique, son « atout vestimentaire », dit-elle avec un certain sens de la communication.
Sylvie, 18 ans, petit bout de jeune femme de 1,55 m, est la présidente d’un club qui sensibilise les adolescentes aux risques d’une grossesse précoce, d’un mariage forcé, de la déscolarisation et de la dépendance financière qui s’en suivent. Avec son équipe, elle sillonne les venelles poussiéreuses de cette ville de Casamance, dans le sud du Sénégal. Sylvie organise des « causeries » dans ces quartiers de briques et de torchis des banlieues de Kolda, une brousse urbaine trop vite construite pour les nouveaux arrivés de la brousse, justement. Elle fait du porte-à-porte et, pour se faire accepter, a d’abord dû se faire remarquer. « Il faut que les gens nous reconnaissent et sachent à qui s’adresser quand ils ont des questions de SSRAJ », dit-elle. Comprendre : des questions sur la santé sexuelle et reproductive des jeunes et des adolescents. « A nous ensuite de les conseiller ou de les aiguiller vers les structures qui les prendront en charge. »
Sujets sensibles
Mais qu’est-ce qui fait courir Sylvie ? « Très tôt je me suis rendu compte qu’à Kolda, il y avait beaucoup de grossesses et de mariages précoces, que les mutilations génitales continuaient. Je me suis dit pourquoi ne pas être la fille qui aidera la ville à inverser la tendance ? Je sais bien que je ne pourrai pas éradiquer seule ces fléaux, mais je me suis juré de m’y donner corps et âme. »
À 12 ans, elle va frapper à la porte du centre d’adolescents de Kolda et y rencontre Babacar Sy, le directeur, dont elle deviendra le bras droit. Très vite, il s’attache à cette ado hyperactive, curieuse, qui ne cesse de le questionner sur la santé reproductive. Il la prend sous son aile, la forme, l’emmène dans les quartiers. « Un jour, après une causerie, j’ai dit à l’animateur que la prochaine fois, ce serait moi qui animerai la causerie, dit-elle. La semaine suivante, il m’a prise au mot. J’avais 13 ans, je tremblais, mais j’ai été assez convaincante. Depuis, j’organise mes activités de sensibilisation toute seule. »
Une causerie se déroule ainsi : dans les écoles ou dans les quartiers, à l’ombre d’un baobab, elle invite des adolescents, des adultes, souvent leurs parents, sert le thé, projette parfois un film sur la thématique du jour avant d’engager la discussion sur le bien-fondé des mariages d’enfants, des grossesses précoces ou des mutilations génitales féminines. Des sujets sensibles dans cette région du Sénégal où ces pratiques sont encore fréquentes. A Kolda, une fille sur cinquante est concernée par une grossesse précoce. « Au début, les retours étaient parfois hostiles, se souvient-elle. Certains adultes n’aiment pas que des adolescents remettent en question ces pratiques coutumières ou leur donnent des conseils. Mais nous le faisons toujours avec un grand respect. Cette adversité m’a aussi permis de me forger. »
Que des hommes adultes
L’an dernier, Babacar l’a prise avec lui à la radio pour qu’elle observe son émission sur les mariages précoces. À la fin, étonnée, elle lui demande pourquoi ce sont des hommes adultes qui débattent de problèmes qui concernent les femmes mineures. « Pourquoi ne me laisserais-tu pas m’occuper de cette émission ? Les filles se sentiraient davantage concernées. » Babacar est dubitatif. « Il me trouvait trop farfelue pour me laisser les rênes. Mais la semaine suivante, il m’a invitée pour voir comment je me débrouillais. »
Depuis, chaque samedi de 15 heures à 16 heures, elle dirige l’émission qu’elle a renommé « Espace des adolescents » sur Surnaforé FM, une radio communautaire de Kolda. Elle y invite des jeunes pour débattre de leurs problèmes avec des parents et des spécialistes des questions de santé, « comme l’inspecteur médical des écoles ». Sont aussi abordés des sujets de société comme les styles vestimentaires, la morale, la démission parentale.
Depuis qu’elle tient le micro, des jeunes qu’elle ne connaît pas l’interpellent. « C’est toi Sylvie ! Comment tu vas ? On peut venir à ton émission ? Tu veux pas organiser un micro-trottoir chez nous ? » Cette vie de militante et d’animatrice, Sylvie la mène en même temps que sa scolarité. « À Kolda, on va à l’école de 8 heures à 14 h 30 puis on est libre tout l’après-midi, dit-elle. Mais cette année est spéciale : elle passe le bac. Le temps de se préparer ? « On gère, on gère », lance-t-elle.
Sylvie, si elle a des allures de jeune pousse féministe, n’en respecte pas moins ses parents. « Mon père est constamment en déplacement. Il travaille dans la communication. Mais, même à distance, il trouve le temps de m’encourager au téléphone. C’est à lui que je dois ma motivation. Ma mère est aussi un soutien quotidien. À chaque fois qu’elle se rend dans des postes de santé ou des hôpitaux, elle me rapporte des livres de médecine et de santé. »
Matteo Maillard/Lemonde.fr

04/08/2016

MBOUR BOUCHONNE

ENORMES BOUCHONS, VOITURES EN PITEUX ETAT, CHARRETIERS INDISCIPLINES... : La circulation rime avec anarchie à Mbour

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Il est difficile aujourd'hui de trouver des qualificatifs à la circulation dans la ville de Mbour. Même s'il y a un large consensus autour du vocable "anarchie''. L'agglomération connait un sérieux problème de mobilité, mettant en danger la vie des piétons. Le transport dans la ville-carrefour est assuré par des taxis en piteux état et des charrettes qui flirtent avec le danger. Du fait des énormes bouchons quotidiens, un sentiment de chaos se dégage de l'ensemble. Alors que les bus Tata promis se font toujours attendre.
"Eh! Ne pouvez-vous pas rouler sur la chaussée? Si vous me touchez, nous allons en découdre!'' Ainsi parle un piéton qui a été surpris dans sa marche par un taxi 7 places qui a failli le heurter. Une scène pareille se produit tous les jours à Mbour sur la route nationale n°1. Les embouteillages sont devenus monnaie courante dans le quotidien des Mbourois. Il est difficile de marcher sur le trottoir sans qu'une voiture ne vous manque de peu. La ville connaît un sérieux problème de mobilité, du fait de la densité de sa circulation. C'est une combinaison de facteurs qui explique l'anarchie qui règne sur les routes.
Etant un carrefour, les automobilistes qui rallient Fatick, Kaolack, Tambacounda, le Mali, passent par Mbour. Ce qui fait que la ville est noyée dans des bouchons à n'en plus finir. Et pour contourner les obstacles, les conducteurs n'hésitent pas à mettre en danger la vie des piétons. En effet, les chauffeurs, pour ne pas se laisser coincer dans les embouteillages, quittent la route et disputent les trottoirs aux piétons. "Ils klaxonnent, font des demi-tours impromptus. Si des feux rouges étaient installés sur la route, ils allaient tout le temps les griller'', s'offusque Maguette. Pour traverser la route, le piéton est souvent obligé de patienter pendant plusieurs minutes. "Une fois, un taxi a failli m'écraser. Je marchais sans me soucier de rien, parce que j'étais sur l'espace réservé aux piétons. Depuis, je regarde ou je mets les pieds'', explique la commerçante Khady Ba.
La grande voie est en permanence saturée. L'anarchie dans la conduite n'offre pas aux populations des solutions de mobilité adaptées.
Pléthore de taxis, charrettes dangereuses, Jakarta inexistants
En outre, la vétusté des taxis n'est pas de nature à améliorer la situation. "Le matin, quand je vais au boulot, je reste plus d'une trentaine de minutes à attendre un taxi. Ceux qui arrivent sont pleins'', se désole Mintou. Pourtant, il y a une pléthore de véhicules qui officient comme taxis. Malgré leur nombre, ces moyens de transport ne prennent pas en comptent tous les besoins de mobilité urbaine des populations. Certains comme Mintou cherchent des alternatives qui, même si elles sont efficaces, ne sont pas reposantes. "Je dois prendre un taxi tous les matins pour rallier la gare routière. De là, je prends un car pour Sandiara, mon lieu de travail. Mais des fois, je préfère marcher de chez moi jusqu'à la gare, parce que la circulation n'est pas très fluide. Prendre un taxi peut te faire perdre plusieurs minutes''. Un état de fait qui vient s'ajouter à l'état des véhicules, de véritables carcasses. "Une fois, j'ai été obligé de descendre avant l'arrêt, du fait de son étroitesse. Avant d'y entrer, j'ai inspecté l'intérieur, tellement le taxi était sale'', ajoute-t-elle.
Outre les automobiles, il y a aussi les hippomobiles qui participent au déplacement des citadins. La charrette demeure le moins cher et le plus pratique, de l'avis de certains. Ce qui lui donne une certaine clientèle. Toutefois, certains Mbourois la considèrent comme la plus dangereuse de tous les moyens de transport. En effet, le carrosse peut être renversé par le cheval. Les conditions de sécurité et de confort des passagers sont jugées inexistantes. Il n'y a pas d'abri ombragé. Les passagers sont ainsi exposés aux rayons solaires. La charrette est également fréquemment surchargée. Elle peut contenir onze personnes. Cinq de chaque côté, plus le cocher, sans compter les bagages et des passagers placés au milieu. Le cheval peut donc s'écrouler à tout moment. Venue faire des achats, Oumy en a eu une mauvaise expérience. "J'ai eu cinq points de sutures sur mon front, parce je suis tombée de la charrette'', explique-t-elle.
En dépit de cette mésaventure, elle continue à la prendre. Elle considère la charrette comme une alternative pratique. Mais surtout, parce qu'elle y a trouvé un avantage comparatif. "Il n'est pas dangereux de monter à bord des charrettes, car les cochers conduisent à une vitesse raisonnable. Avec les charrettes qui vont à Gounass, je descends à quelques mètres de chez moi, ce qui n'est pas possible avec un taxi '', se réjouit-elle. Le problème de cohabitation se pose aussi. Les charretiers sont accusés d'être à l'origine des encombrements quasi-permanents.
Le mode de transport version Jakarta est inexistant, sauf à Saly. Là-bas aussi, l'intérêt pour les transports version Jakarta est relativement récent. Et ils ne sont assurés que dans un circuit bien défini dans la commune.
Population en attente des bus Tata
Mbour étant en pleine transition urbaine, pour certains, c'est le moment de planifier le développement du transport urbain qui constitue un élément clé de l'économie. Les taxis et les charrettes constituent le mode de déplacement quotidien le plus utilisé et ils ne cessent de croître. A l'inverse, le service public de transport urbain est inexistant. D'ailleurs, avant le référendum de mars dernier, le directeur des transports avait annoncé en grande pompe la mise en place d'un système de transport public innovant à Mbour. Développé avec succès à Dakar et à Thiès, le bus Tata a été considéré comme capable d'apporter une solution aux problèmes de mobilité des Mbourois. Plus d'une trentaine de bus Tata avaient été annoncés pour la ville.
Depuis lors, pas l'ombre d'un bus n'est aperçu dans la commune. "Ce serait vraiment une aubaine pour nous si à Mbour on avait des bus Tata, comme à Dakar et Thiès. Nous en avons le plus besoin. Seuls les taxis et les charrettes ne peuvent satisfaire la demande. On perd beaucoup de temps dans nos déplacements'', dit Khady Ba. Comme elle, ils sont nombreux les gens qui partagent son avis. Et qui attendent toujours que leur ville soit dotée de transport public adéquat.
KHADY NDOYE.Enquête +

27/07/2016

ENFIN TERMINE!

«L’Echangeur de l’émergence» : un ouvrage 100% sénégalais, selon le chef de l’Etat

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Le président de la République, Macky Sall, a procédé à l’inauguration de l’Echangeur de l’émergence. Cet ouvrage qui a couté 7 milliards de francs CFA devrait constituer une fierté nationale car, étant le premier ouvrage réalisé, de sa conception à sa finalisation, en passant par son financement, par le Sénégal.
«L’ouvrage que nous inaugurons aujourd’hui n’est pas seulement symbolique que par son nom. L’Echangeur de l’émergence c’est surtout le symbole par la dimension stratégique qu’il revêt dans le dispositif d’amélioration de la fluidité du trafic à Dakar », a déclaré le chef de l’Etat lors de son discours inaugural de cet échangeur érigé sur le lieu qui abritait le «Pont Sénégal 92».
Se penchant sur les caractéristiques de l’ouvrage, le président Macy Sall informe que : «l’Echangeur de l’émergence est le premier ouvrage du Sénégal réalisé en 2x3 voies pour un coût total de plus de 7 milliards de francs Cfa. En plus du pont, les travaux comprennent un dispositif d’éclairage adéquat pour la sécurité des usagers et des riverains ; 5 km de bretelles, un système d’assainissement de collecte et de drainage des eaux vers le bassin stockage. Ce système sera complété bientôt par l’Onas afin de régler définitivement le problème des inondations qui affectent ce site depuis déjà plusieurs décennies»
Cet échangeur est de l’avis du président Macky Sall, le premier ouvrage réalisé du début à la fin par des Sénégalais, et financé par le Sénégal. Ce qui devrait faire de lui l’une de nos plus grandes fiertés.
Les travaux qui ont généré plus de 300 emplois directs ont démarré en mars 2015 et ont été achevés avant les délais prévus de 16 mois, malgré les contraintes liés au développement et au déplacement des réseaux concessionnaires dans la zone. Et en dépit de la complexité des travaux, cet ouvrage a été entièrement conçu par des ingénieurs sénégalais de l’Ageroute, cet ouvrage a été réalisé par une entreprise sénégalaise; cet ouvrage dont l’étude a était faite par les Sénégalais mais aussi dont le bureau de contrôle est sénégalais. Cet échangeur a été entièrement financé par les ressources du budget de l’Etat. C’est donc un projet totalement autonome».
Pressafrik

MOINS DE NOYES

Noyade au Sénégal : le chiffre passe de 241 cas en 2014 à 175 à 2015

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Au Sénégal, le nombre de personnes mortes par noyade a connu un recul en 2015. Ainsi de 241 en 2014, le chiffre est passé à 175 en 2015. Annonce faite ce samedi par le Directeur de la Protection civile lors du lancement de la campagne de sensibilisation sur les risques de noyade.
Selon le directeur de la protection civile, Abdoulaye Noba, « le chiffre du nombre de personnes décédées par noyade a connu une baisse en 2015, c’était lors d’une campagne de sensibilisation sur les risques de noyade tenue ce samedi », a déclaré Mr Noba.
Toutefois, il a fait savoir que « le nombre total de victimes de noyade a augmenté passant de 227 à 252 entre 2014 et 2015 », a déploré M. Noba qui a expliqué le contraste par l’existence d’un dispositif stratégique et opérationnel de sauvetage. Un dispositif qui a permis de doubler le nombre de victimes repêchées vivantes entre la même période (2014/2015) », a précisé le directeur de la Protection civile.
N’empêche souligne Mr Noba « Il demeure constant que le défi majeur des risques contre les noyades constitue une responsabilité partagée », a-t-indiqué, non sans estimer que la prise des cas de noyade devrait se faire de façon harmonisée et rationalisée.
De l’avis du directeur de la protection civile , le Sénégal, a mis en place des mesures dont entre autres le protocole d’accord de partenariat sur la maitrise des noyades dans les zones de baignades et de traversée par embarcation, ont été adoptées et mises en œuvre avec les acteurs locaux.
Pressafrik

22/07/2016

S'INSTALLER AU SENEGAL...

10 raisons de s'installer au Sénégal

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Dans un contexte mondial d'insécurité, rares sont les pays qui répondent aux exigences des voyageurs et personnes souhaitant s'installer ailleurs que dans leur pays d'origine. Pourtant le Sénégal offre plusieurs possibilités. Voici dix bonnes raisons de s'installer dans le pays de la Téranga.
1. Un contexte politique et sécuritaire favorable
La stabilité politique est un facteur essentiel pour s'installer dans un pays. Le Sénégal est l'un des pays les plus stables en Afrique. Le pays n'a jamais connu de coups d'état et les alternances démocratiques s'y produisent depuis son indépendance.
2. Une population accueillante et bienveillante
Les Sénégalais sont de nature bienveillante et souriante. Ils aiment les étrangers et les accueillent à bras ouverts tout en facilitant leur intégration dans leur nouvel environnement: c'est la pays de la Téranga, l'hospitalité en langue wolof.
3. Un accès facile et diversifié au logement
L'accès au logement est un critère essentiel pour s'épanouir dans un pays. Vous trouverez certainement au Sénégal vos goûts entre quartiers chics, quartiers aisés et quartiers populaires à Dakar. A l'intérieur du pays une multitude d'endroits vous permettent de rendre votre séjour inoubliable.
4. Des lieux mythiques à découvrir
Le Sénégal offre de nombreuses possibilités de visite qui vous plongeront dans l'histoire du pays et la multitudes de ses traditions et religions. De l'île de Gorée au lieux saints des confréries (Touba; Tivaouane), de la petite côte à la Casamance, les lieux à découvrir ne manquent pas.
5. De l'exotisme et de l'originalité
Vous aimez l'exotisme et l'originalité? Le Sénégal ne manquera pas de vous en offrir. C'est une ville colorée, vivante, désordonnée, mélangée et diversifiée. Avec ses cars rapides, ses taxis colorés en jaune, ses commerçants s'installant aux abords des routes, ses muézins appelant à la prière, Dakar vous offre un paysage urbains différent de celui auquel vous êtes habitués.
6. Il fait toujours beau au Sénégal
Si vous êtes habitués à consulter la météo pour sortir, inutile de s'en préoccuper quand vous êtes au Sénégal. Le temps est magnifique et il fait beau toute l'année. Vos activités de loisirs c'est sur toute l'année.
7. Se restaurer facilement et différemment
Choisir le Sénégal c'est aussi l'occasion de goûter à d'autres plats et de découvrir la spécialité sénégalaise, le Thiébou Diène. Le pays vous offre une diversité de choix en cuisine à des tarifs avantageux.
8. Des loisirs à gogo
De la lutte sénégalaise aux cérémonies religieuses, des plages aux concerts presque quotidiens, des boites de nuit aux soirées VIP, des parcs à la promenade en bateau sur le fleuve Sénégal, les possibilités de loisirs ne manquent pas. Le Sénégal vous donne une diversité d'activités qui vous permettent de sortir de la routine habituelle.
9. Rester connecté avec vos amis
Vous avez envie de partager votre expérience avec vos amis restés au pays ? Pas de panique. Même quand vous n'êtes pas à Dakar, vous bénéficiez d'une couverture réseau sur l'ensemble du territoire et vous pouvez acheter des pass internet qui vous permettent de vous connecter et de publier instantanément vos photos sur les réseaux sociaux.
10. Une vraie démocratie
La vie politique au Sénégal est très animée. Les nombreux journaux, télévisions et radios vous permettent de se tenir informé de l'actualité au Sénégal et dans le monde. Personne ne vous condamnera pour avoir critiqué le gouvernement ou le président.
Mohamadou BADIAGA (dakar@lepetitjournal.com)

29/06/2016

LE BANDIAL

Royaume sans roi depuis 44 ans : Le Bandial suspendu aux prédictions des fétiches

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Le royaume du Bandial commence à partir de Brin, une localité située au sud de la ville de Ziguinchor. C’est à partir de Brin que l’on emprunte une route carrossable. Au bout de quelques minutes, Badiatte, puis Essyl, Kameubeul et Enampor surgissent au cœur des palmeraies et des forêts. Suivront Séléky, Etama et Bandial coincés entre les mangroves et les rizières. Ces villages situés dans un hinterland baigné à la fois par le fleuve Casamance et le marigot Kameubeul forment le royaume Bandial, qui est sans roi depuis 1972, année de la disparition du dernier souverain, Affilédio. Depuis, le Bandial est à l’écoute des fétiches.
Sur cette piste sinueuse, couverte de feuilles mortes, seul le bruit des pas des visiteurs est perceptible. Crac ! Crac ! Crac ! entend-t-on avant de faire face, subitement, à un espace lumineux dans cette forêt dense. L’endroit est calme et garde une certaine spiritualité nettement perceptible. Nous sommes sur l’ancienne maison du roi de Bandial à Essyl, un village non loin d’Enampore.
Par endroit, on peut voir quelques jarres renversées ou encore d’anciennes calebasses hors d’usage. Mais le lieu le plus sacré de cet endroit se trouve au fond de cette petite hutte qu’on aperçoit, au pied des fromagers. Il est interdit à tout étranger d’y accéder, au risque de voir des malheurs s’abattre sur lui, nous confie-t-on. « Nous n’avons plus de roi à l’heure actuelle, mais la princesse habite ici », nous indique Faustin Garoumo Bassène. Même si le royaume Bandial s’étend de Badiatte au village de Bandial, Essyl serait le point de départ. C’est par la suite que les autres villages tels qu’Enampore, Keumeubeul et Bathingnère sont entrés dans le giron du royaume. Selon beaucoup de témoignages recueillis sur place, le premier roi de la contrée aurait des pouvoirs de faire descendre la pluie à tout moment. Il aurait été mis en captivité par les colons en même temps que le fondateur du Mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba. Quand l’autorité coloniale le défia de faire tomber la pluie, il leva alors son éventail qu’il remua deux fois en haut. Une forte pluie commença alors à tomber. Longuement. Il signifia alors au colon que pour arrêter cette pluie, il lui fallait rentrer chez-lui. C’est ainsi qu’il fut libéré. Depuis lors, les rois se sont succédé au trône entre les deux familles Sagna qui sont d’Essyl et les Manga qui habitent à Enampore. D’ailleurs le dernier roi « Affilédio » était de Enampore. Depuis la disparition de ce dernier, le Royaume Bandial ne dispose plus de rois comme les autres dans les autres territoires diolas, exceptés des princes.
Le trône ne s’hérite pas
Seulement ici, la royauté ne s’exerce pas de père en fils. Autrement dit, un roi ne donne pas naissance à un roi. Le titre de roi est plutôt conféré par les fétiches qui portent leur choix sur une personne dotée de connaissances ésotériques, capable de supporter ce sacerdoce. Faut-il le rappeler, le titre de roi dans le Bandial n’est pas une sinécure. « Quand vous êtes intronisé roi, vous ne faites plus partie du commun des mortels. Vous changez de nom et vous vous séparez de vos épouses et de vos enfants. C’est une autre vie qui commence. En quelque sorte, vous faites vos funérailles », renseigne André Bassène, l’adjoint au maire d’Enampore. La sacralité du roi oblige ses sujets à le vénérer. Il lui est interdit de travailler ou de mener des activités pour subvenir à ses besoins. Ce sont plutôt ses sujets qui mettent à sa disposition tout ce dont il a besoin.
A chaque famille, sa vocation
Pour autant, dans le royaume Bandial chaque famille a un rôle précis à jouer, démontrant ainsi la répartition des rôles dans la royauté. « Chaque famille a un rôle particulier à jouer. Et quand le roi disparaît, il y a une famille qui annonce sa disparition et une autre qui est préposée à organiser les funérailles », explique André Bassène. A l’heure actuelle, les fétiches n’ont désigné personne pour incarner le titre de roi et tout le monde est suspendu aux prédictions des féticheurs. Eric Manga, le chef de village d’Enampore, résume cette attente des populations. « Aujourd’hui, nous avons besoin d’un roi, mais personne ne peut choisir le roi, ce sont les fétiches qui peuvent le désigner à travers des signaux mystiques ».
Toutefois, sur le territoire et à Enampore plus particulièrement, les femmes prêtresses continuent à faire des prières et des libations à chaque fois que de besoin. En l’absence de roi, le chef coutumier Bacodia Manga gère les affaires courantes et reste le gardien du temple. « Nous n’avons pas de roi actuellement. J’assume une sorte d’intérim. Quand il y a un problème, les femmes se rassemblent et viennent chez-moi pour que je leur explique ce qu’il y a lieu de faire », renseigne le chef coutumier. A la veille de l’hivernage, il se prépare une grande fête traditionnelle, le « Garoumo » avant les premières semences. Pour combien de temps encore, les habitants du royaume vont-ils rester sans roi ? La question reste suspendue à la décision des fétiches.
Mais toujours est-il que même s’ils désirent tous un nouveau souverain, les habitants de Bandial n’en sont pas moins prêts à faire face à toutes les contraintes qui accompagnent l’arrivée d’un roi. Obligation sera faite aux populations de subvenir à tous les besoins de ce haut dignitaire. Pour l’heure, ils sont suspendus à la décision des fétiches qui ne tardera sûrement à trouver un successeur à Affilédio, le dernier roi du royaume Bandial.
Us et coutumes : Le royaume de tous les interdits bangui 1Le royaume Bandial est une succession de villages de Badiatte, Essyl, Kameubeul, Enampor, Etama et de Bandial, tous coincés entre le fleuve Casamance et le marigot Kameubeul avec un premier plan des rizières et un chenal aux berges colonisées par des mangroves comme entre Enampor et Essyl, et à Etama. De Badiatte à Bandial, les habitants continuent de cultiver les rapports transcendants avec la nature au fil des siècles.
En provenance de Ziguinchor, nous laissons la chaussée et nous nous engageons à droite, sur une route latéritique. Au bout de quelques kilomètres, nous atteignons Badiatte, la porte du royaume Bandial. A l’entrée quelques maisons avec des toitures de zinc sont éloignées les unes des autres. En arrière-plan, des maisons en banco et des cases sont étouffées au milieu des manguiers et des palmiers. D’autres sont prises au piège des formations arbustives. La répartition des habitats est éparse. C’est comme si les habitants ne sont pas en communauté. Chacun est dans son… verger. Richard Diémé, le corps couvert de poussière sort du sentier des rivières. Il ne s’aventure pas à donner une idée sur la date de la fondation de Badiatte. Peu importe. Le temps n’a pas emporté les réalités du royaume Bandial. Ici, hier comme aujourd’hui, on cultive le riz et aussi on cultive le respect des forces invisibles qui animent la nature. Cette culture se transmet de père en fils. Et de génération en génération. Ce ne sont ni l’école française, ni les radios encore moins les télévisions qui remettront en question cet héritage.
Ici, ce n’est pas comme dans le Fogny. Il y a beaucoup d’interdits. Il ne faut pas toucher à la femme d’autrui, il ne faut pas prendre de l’argent trouvé sur des sites », conseille Richard Diémé. Rien d’étonnant. La nature n’est pas dépossédée du souffle divin dans le royaume Bandial et chez les adeptes des religions traditionnelles dans cette partie du Sénégal. Badiatte est dérivé du nom de famille Diatta. Nous longeons la route, les formations de palmerais, des arbustes, et au long loin derrière les rizières, des palétuviers suspendent nos regards. La nature étale sa splendeur. L’hôte n’a pas le temps d’admirer, parce qu’Essyl est là. « Essyl veut dire en Diola cuisiner. C’est d’ici qu’est parti le peuplement du royaume Bandial. Nos ancêtres qui sont venus de Bourofaye se sont installés ici, puis, par la conquête, des terres, d’autres sont partis à Séléky, Etama, Eloubalir, Enampor », raconte Jean Manuel Bassène. Les maisons carrées et l’école projettent l’image d’une ouverture. C’est n’est qu’un rideau d’apparence. Derrière ces fromagers, des manguiers, de baobabs, des rôneraies des réalités immuables. En suivant les pas de Faustin Marie Simon Bassène, nous remontons une piste sinueuse. Des maisons apparaissent çà et là dans des clairières.
Après des détours, nous voici dans un tunnel de verdure. Les branches des fromagers et les lianes forment une voûte épaisse, imperméable aux rayons du soleil. Nous avançons. Mais nos pas sont rythmés par des doutes. Les sentiers menant vers le site sacré semblent transmettre une peur soudaine. Les lieux sont habités par la quiétude et aussi par les esprits. Au fur et à mesure que nous nous engouffrons dans la palmeraie touffue, le sentier s’élargit. Au bout, au pied des fromagers des petites huttes couvertes de paille protègent quelques représentations. Au pied des arbres, d’autres représentations veillent sur tout. « Nous n’avons pas le droit d’aller jusqu’à l’endroit où l’on fait les fétiches. Ici, il est interdit de prendre des photographies.
Les préséances toujours de saison
Lorsque quelqu’un a des problèmes, il lui faut venir se confesser et implorer les esprits », confesse un de nos interlocuteurs. Après Essyl, voici Kameubeul, et puis Enampor, d’autres villages aux maisons réparties dans des formations arbustives. A la sortie d’Enampor, des jeunes peuplements de mangroves se déploient. Au loin, nous pouvons admirer des femmes sortir des vases, la tête chargée de lattes de bois d’Avicendia. A Séléky, un manguier se dresse à l’entrée, près de la véranda d’une maison en zinc.
Les fruits sont généreux. Une femme nous inviter à emporter des mangues. Elle s’empresse pourtant de nous mettre en garde : « une femme ne peut pas manger ces mangues ». Elle ne connait pas la raison de cet interdit, mais la cause est entendue par notre photographe.
Ici, tous les villages sont entre des rizières, le fleuve Casamance et la rivière de Kameubeul. Au fur et à mesure que l’on parcoure le royaume, on découvre les us et les coutumes qui sont toujours de saison. Les générations la perpétuent. C’est tout. « On ne doit pas voir une femme en période menstruation. Dans notre culture, il est aussi proscrit de voir beaucoup de sang », nous confie un jeune à Essyl. La vie humaine est sacrée dans le Bandial. Les coutumes sont respectées.
Dans le royaume bandial, ni le temps, ni la rareté des pluies n’ont remis en cause des pratiques précédant le démarrage des travaux dans les rizières. Depuis l’aube des temps, le démarrage des travaux rizicoles est rythmé par une série de cérémonies. Les bandial sont aussi considérés comme les peuples des rizières. Ils ne vivent que de riziculture et de pêche. La pratique de la riziculture est soumise à toutes les préséances. Le royaume continue de fêter « Outeuss », une fête qui précède le repiquage du riz. « C’est une fête qui est célébrée le même jour dans tout le royaume. Mais c’est une seule personne qui est habilitée à choisir le jour. Et, cette personne se trouve dans le dernier village du royaume, c’est-à-dire dans le village de Bandial », confie un jeune du village de Essyl.
Ce n’est pas tout. La période précédant l’hivernage est rythmée par des implorations. De temps en temps, on se regroupe pour essayer d’organiser des séances de divinations ou encore pour solliciter l’aide des ancêtres et des fétiches. Le « Outesse » est suivi du « Garoumo », une cérémonie organisée avant la tombée des premières pluies. Dans le passé, il revenait au roi de choisir la date de cette fête en se fondant sur les signes inaccessibles aux communs des mortels.
Le village de Bandial est le village le plus avancé du royaume sur le fleuve Casamance dans l’extrême sud-ouest de la région de Ziguinchor. Dans cette presqu’île où les ruisseaux viennent lécher les murs et les clôture des maisons, les habitants manifestent un fort attachement à leur terroir.
La vie au fil de l’eau. Les maisons en première ligne sont dans la vase. Le jour de notre visite, la dérive des ruisseaux s’arrête à quelques mètres de deux maisons couvertes de zincs et d’une chaumière. Les digues en argile sont érigées. Elles forment des bassins. Elles servent à protéger des maisons durant la marée haute. Les digues et des bassins de rétention parcourent la zone de marnage, cette partie couverte et découverte respectivement en marée haute et en marée basse. Au fond du village, presque sur la rive du bolong, se dresse une imposante chaumière. La dérive de la rive ceinture, l’habitation Gilbert Bassène, un professeur de transit qui a vécu durant une trentaine d’années à Dakar. « Durant l’hivernage, nous avons de l’eau jusqu’à dans la cour. Mais nous sommes heureux. On peut se lever et aller pêcher du poisson frais à n’importe quel moment de la journée », lance le professeur de transit à la retraite.
Sur le flanc droit, deux hommes sont au bord du bolong. Ils hument l’air pur. Au loin, un jeune garçon d’environ 10 ans sort du ruisseau à la nage. A Bandial, l’eau est plus une source de vie. Le village lui doit son existence. Le fleuve Casamance apporte à travers ses affluents l’abondance. « Nos ancêtres se sont installés à Bandial à cause de l’abondance des poissons et aussi de la fertilité des sols. Des familles récoltent encore d’importantes quantités de riz », raconte Damas Tendeng adossé à un baobab au rivage jonché de coquillages d’huitres. De l’autre côté de l’école, le ruisseau continue sa conquête de la terre. Les marées hautes inondent des bassins aménagés entre les maisons. Dans la presqu’île, le charme de nature chasse le dépaysement. Des habitants qui travaillent à Ziguinchor rentrent tous les jours malgré une longue distance. Les touristes espagnols sont tombés sous le charme du site. Ces européens portent le combat de la préservation du patrimoine local. « Les espagnols nous disent de conserver les cases. Mais il faut reconnaître que c’est difficile. La paille n’est plus abondante dans la zone. Vous pouvez observer, de nouvelles constructions gagnent du terrain par rapport aux habitations traditionnelles, typiques du Bandial », avance, le professeur de transit sous une voix triste.
Hubert Bassène, les pieds nus avance d’un pas léger. Il se dirige sur ce quai où flottent des pirogues. Pour ce pêcheur, le Bandial est son paradis terrestre. Depuis 20 ans, la vie n’est pas immuable pour cet homme dont l’occupation se résume à la pêche. « Je suis heureux à Bandial. J’ai passé 7 mois sans me rendre en ville. Je suis tranquille ici. Je respire de l’air pur. Ce n’est pas comme à Ziguinchor », se plaît à dire Hubert Bassène. Au centre polyvalent construit par la coopération espagnole, la joie de vivre est manifeste. Les femmes se raillent. D’autres passent au peigne fin des pagnes teintés. Le cousinage à plaisanterie apporte une touche ludique au tissage des pagnes.
Une nature généreuse
Leur vie durant la saison sèche est liée à ce centre de formation construit par la Coopération espagnole « Nous avons reçu une formation en batik, mais nous n’avons pas maîtrisé les techniques. Nous avons besoin d’autres formations », s’exprime Marie Jeanne Bassène, l’une des premières bénéficiaires de la formation. Le centre est aussi le prolongement d’une vie en communauté.
L’argent généré par la teinture est versée dans une caisse de solidarité. « Toutes les recettes gardées. Nous attendons d’avoir une somme importante pour voir ce qu’il faudra faire », informe Marie Claire Tendeng. Au fil des années, des générations peuvent se lever à tout moment pour pêcher dans les bolong avec des pirogues, ou à pied avec des filets à épervier, ou encore à la nasse. La nature est généreuse. « Toutes les familles vivent de la riziculture et de la pêche. Nous fournissons des poissons aux villages de la zone et à la ville de Ziguinchor », raconte un homme croisé à l’entrée d’une concession à l’extrême droite du village. La presqu’île a aussi ses revers. L’eau colonise des superficies rizicoles. La mare d’eau douce est sous influence de la remontée de la langue salée. L’accès à l’eau potable confie le chef du village, Michel Tendeng, est un vrai problème. Bandial est desservi de façon irrégulière par un forage construit à Badiatte à l’entrée du royaume. « La vie serait plus enviable dans notre village, si nous avions de l’eau potable en permanence », clame le chef du village le plus avancé sur le fleuve Casamance. Bandial avec ses dérives de ruisseaux et ses remparts de mangroves continue de fasciner ses habitants et ses visiteurs.
Idrissa SANE, Maguette NDONG (textes) et Ndèye Seyni SAMB (photos)
http://lesoleil.sn/component/k2/item/51718-royaume-sans-r...

23/06/2016

EXPATRIATION: VIVRE AU SENEGAL

Comment obtenir sa carte d'étranger au Sénégal ?

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La carte d'étranger est obligatoire pour tout séjour supérieur à trois mois au Sénégal. Voici la liste des pièces justificatives à fournir.
Pour la délivrance, les documents à fournir sont :
- une demande manuscrite d’autorisation d’établissement adressée au ministre de l’Intérieur,
- un extrait de naissance de moins de 6 mois,
- un extrait de casier judiciaire du pays d’origine de moins de 3 mois,
- un certificat médical délivré par un médecin établi au Sénégal,
- 3 photos d’identité
- une photocopie certifiée conforme du passeport, notamment les pages comportant la photo, la date de validité du passeport et le cachet d’arrivée dans le pays,
- des documents justifiant de moyens de subsistance au Sénégal,
- un timbre fiscal de 15 000 FCFA
- la quittance de versement de la caution de rapatriement (dont le montant varie selon les pays), il est de 75 000 FCFA pour les Français.
Si tous les documents sont conformes, le ministère de l’Intérieur délivre un récépissé de dépôt valable 6 mois. A l’expiration de ce délai, le demandeur doit retirer sa carte ou demander la prolongation de la validité du récépissé.
Pour le renouvellement, il faut fournir les pièce suivantes :
- une demande manuscrite de renouvellement adressée au ministre de l’Intérieur,
- un extrait de casier judiciaire établi au Sénégal de moins de 3 mois,
- un certificat médical délivré par un médecin établi au Sénégal,
- 3 photos d’identité,
- une photocopie certifiée conforme du passeport ou de la carte consulaire,
- des documents justifiant de moyens de subsistance au Sénégal,
- un timbre fiscal de 15 200 FCFA.
A Dakar, s’adresser à la Division de la Police des Étrangers et des Titres de Voyage
DPTEV - Dieuppeul - Allée Sérigne Ababacar Sy à Dakar
Téléphone : 33 869 30 01 / 33 864 51 26
Hors de Dakar, s’adresser au commissariat ou à la gendarmerie du lieu de résidence.
Pauline Bouveau - www.lepetitjournal.com/dakar

http://www.lepetitjournal.com/dakar/pratique/installation...

13/06/2016

VENDANGES DU CLOS DES BAOBABS

Le Clos des Baobabs de Nguékhokh a vendangé sa récolte 2016.

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" Les vendanges 2016 du Domaine expérimental du Clos des Baobabs (Nguékhokh) ont eu lieu ce week-end , dans de très bonnes conditions grâce à un climat encore tempéré pour un mois de juin.
Une vingtaine de vendangeurs passionnés a participé à la vendanges de 3 cépages test . Les caisses à vendange ont été ensuite immédiatement entreposées dans un camion frigorifique . Et dés le lendemain les mêmes vendangeurs triaient et égrappaient ces beaux raisins noirs, exempts de toute pourriture , et aussi épargnés de la gourmandise des oiseaux et des singes grâce à la vigilance des ouvriers du Domaine . La vinification prendra quelques mois avant de nouveaux tests de dégustation , étant bien rappelé qu'aucunes bouteilles ne seront commercialisées avant deux ans "
https://web.facebook.com/closdesbaobabs/

06/06/2016

DJIBELOR ET SA FERME DE CROCODILES

Les crocos de Gérard "Barricade"

senegal

On rencontre plusieurs sortes d’élevages au Sénégal. Mais celui des crocodiles, on ne le trouve qu’à Djibélor, sur la route qui mène vers Cap-Skirring, à la sortie de la commune de Ziguinchor. «Il existe en Afrique francophone deux fermes d’élevage de crocodiles : la mienne, et une autre qui se trouve à Antananarivo (Madagascar)», a d’ailleurs révélé au «Populaire», Gérard Wartraux. Propriétaire de cette ferme qu’il a créée en 1977, il en dévoile le charme, parle des modes de vie et de reproduction de crocodiles...
A l’intérieur du verger du fermier Blanc, Gérard Wartraux de Djibélor, situé à la périphérie de la commune de Ziguinchor, sur la route du Cap-Skirring, se trouve un élevage de crocodiles. Dans cette ferme de 28 hectares se baladent tranquillement des centaines de crocodiles vivant dans des enclos biens sécurisés. Ces reptiles en semi liberté vivent sous la surveillance passionnée du propriétaire et de sa vingtaine d’employés. D'après Gérard qui a réussi à se faire un nom dans la région depuis le démarrage des activités de son exploitation qui remonte à 1977, l’élevage des crocodiles est une activité très rare en Afrique francophone.
Une ferme qui compte 500 crocodiles
«Il existe en Afrique francophone deux fermes d’élevage de crocodiles : la mienne, et une autre qui se trouve à Antananarivo, à Madagascar», nous confie Gérard Wartraux, qui possède environ 500 têtes dans sa ferme. Contrairement à Afrique francophone où l’activité est presque inexistante, le fermier renseigne que dans les pays anglophones du continent, il existe plus d’une dizaine de fermes d’élevage de crocodiles. Et parmi ces pays qui accordent une importance particulière à la politique d’élevage de crocodiles, il cite l’Afrique du Sud et le Zimbabwe.
Pour devenir éleveur de crocodiles, la procédure n’est pas simple, selon notre interlocuteur que nous avons trouvé dans sa ferme de Djibélor. Mais le fermier à la barbe blanche, très passionné de ces reptiles qui se raréfient de plus en plus, respecte les procédures en cours. Il a passé des années à la quête d’une autorisation tant au plan national qu’international pour exercer sa passion. Et pour ce faire, il a travaillé dur pour remplir toutes les conditions exigées par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites).
10 ans de procédure au Cites de Genève pour les autorisations
Finalement, l’homme a réussi par obtenir de la structure internationale basée à Genève et qui s’occupe de la gestion de ces espèces au niveau mondial, qu’elle lui délivre le quitus. Enfin, Gérard peut désormais assouvir sa passion après une décennie de procédures et d’échange épistolaires.
«Entre la demande d’autorisation et l’accord, il a fallu 10 ans de patience», a-t-il avoué à propos des tractations qu’il a eu à faire avant d’avoir l’autorisation pour élever cette espèce menacée d’extinction. Avec cette autorisation, Gérard Wartraux peut désormais vendre sa production, sans courir aucun risque de poursuites judiciaires. Il est le seul au Sénégal qui a le droit de vendre légalement la viande, la peau et le crocodile lui même sans être inquiété par qui que ce soit. Car, il est sous le couvert du quitus de Cites. C’est la raison pour laquelle, il s’est donné à fond dans l’entretien et la nourriture de ses reptiles. Ce, en vue de récolter un jour les fruits de sa passion. «Aussi bien pour la peau que pour sa viande, le crocodile se vent bien», renseigne l’éleveur qui garde un grand espoir quant au repeuplement de ces espaces, à travers les différents programmes et politiques qui se multiplient en basse Casamance.
Mode de vie et reproduction des crocos
Les modes de vie et de reproduction des crocodiles, Gérard, les maîtrise comme les propres doigts de sa main. Parce qu’il a déjà enregistré deux épidémies successives dans sa ferme, en 37 ans d’activité. «On avait d’énorme problèmes à l’époque», avoue Gérard Wartraux qui, tirant les conséquences de cette situation douloureuse qui a décimé plus d’une centaine de ses animaux, a recruté un vétérinaire pour assurer le suivi sanitaire de ses centaines de crocodiles qui se trimbalent tranquillement dans les enclos sous l’ombre des nombreux arbres plantés un peu partout dans le verger. Ainsi, même si le vétérinaire n’est pas spécialiste des maladies des crocodiles, le fermier trouve qu’il a tout de même réussi à amoindrir les risques d’épidémie qui survenaient et ravageaient les reptiles sans signes avantcoureurs. Ainsi, capitalisant une trentaine d’années d’expérience dans ce secteur, Gérard a, après des années d’observation, d’analyses et de recherches, constaté que l’âge du crocodile influe sur son mode de vie. D’après lui, plus que le crocodile prend de l’âge, plus sa taille et son poids augmentent. L’ensemble des paramètres n’est pas, selon M. Wartraux, sans conséquence sur la capacité de reproduction. «Le crocodile commence à pondre à l’âge 12 ans. Il pond entre 10 à 40 oeufs par an. La période de ponte est le mois de mars», indique M. Wartraux qui a fini par avoir une maîtrise totale du régime alimentaire des crocodiles en semi liberté.
Le plus vieux de la ferme est âgé de 45 ans
En effet, avec l’appui des trois usines de transformation des produits halieutiques, le fermier Blanc parvient à faire vivre ses reptiles sans débourser beaucoup de sous. Il leur donne une bonne nourriture hebdomadairement. D’ailleurs, renseigne-t-il, «pour sa nourriture, un crocodile consomme (l'équivalent) de 1% de son poids». «Avec les déchets de trois usines de transformation de poissons basées à Ziguinchor, je parviens à nourrir mes crocodiles sans dépense beaucoup d’argent. Je ne fais que payer la main d’oeuvre qui me charge les déchets industriels dans ma camionnette», explique M. Wartraux qui donne à manger à ses reptiles vivant dans des mares bien aménagées, une fois par semaine. Aussi, pour réduire au maximum le taux de mortalité à la naissance, Gérard récupère les oeufs qu’il conserve dans un incubateur. Cette phase de récupération des oeufs qui se fait au mois de mars terminée, le fermier et ses employés assurent avec prudence le suivi de la période d’incubation jusqu’à l’éclosion. Cette dernière phase se fait dans des enclos aménagés loin des mares. Et au fur et mesure que les crocodiles prennent de l’âge, le fermier les place dans un enclos plus adéquat. Une fois à l’âge adulte, ces crocodiles sont lâchés dans les mares pour vivre en famille avec la population des crocodiles, dont le plus vieux est âgé de 45 ans.
Pour assurer l’entretien de ces animaux et de ses manguiers orangers, entre autres arbres fruitiers, le Français de Djibélor s’est aménagé un rythme de travail que rien ne peut interrompre. Ainsi de 7 heures 30 à 12 heures, Gérard se donne à fond, malgré son âge avancé, au travail. Il prend sa pause de 12 heures à 15 heures, avant de reprendre le boulot jusqu’à 18 heures.
Une ferme de crocos cernée par un verger
Dans son verger, on trouve énormément de fruits tropicaux. C’est la raison pour laquelle, Gérard consacre tout son temps à la gestion de son exploitation. Les activités mondaines il y accorde peut d’importance bien qu' il soit intégré et qu'il parvient à «se faire comprendre en langue locale dans les transactions avec les commerçants». Concernant sa communication et ses commandes, Gérard ne se contente que de son téléphone fixe. «Tous mes ouvriers ont des téléphones portables, mais moi non», souligne-t-il, tout en justifiant son option par le fait que «le travail et le téléphone sont incompatibles ».
D’ailleurs, il ne répond au téléphone qu’à l’heure de la pause. A cette heure, il se repose sous l’ombrage des manguiers et autres arbres qui entourent sa maison, noyée dans une végétation de fleurs visible de loin, bien entretenue par ses employés. Cet instant est aussi le moment pour le fermier de Djibélor de fumer calmement ses cigarettes.
Mamadou Lamine CAMARA/Seneplus
vidéos: https://youtu.be/GcCZ9oSf5a8
http://www.ina.fr/video/VDD08003949

25/05/2016

RFI, UNE BONNE VOIE...

"Il y a au moins un reportage sur le Sénégal, quatre fois par semaine", Directrice France Media Monde

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Rfi a remis son premier prix «Rfi Challenge App Afrique», dont le premier lauréat vient du Mali, Cheick Oumar Bagayoko. Une occasion saisie par l’équipe de la Radio France internationale pour lancer ses deux nouveaux sites notamment : «Rfi savoirs» et «Rfi Afrique ». Marie-Christine Saragosse, la Directrice de France Média Monde (FMM) qui assistait à cette cérémonie, en a profité pour affirmer que le Sénégal occupe une place particulière dans les programmes de Rfi.
"Il y a au moins un reportage sur le Sénégal, quatre fois par semaine", Directrice France Media Monde
Le Sénégal est une référence en matière de santé en Afrique et au-delà de l’Afrique. «C’est la raison pour laquelle il a été choisi par la présentatrice de l’émission «priorité santé», Claire Hédon, pour la remise de prix du concours «challenge App Afrique», informe la directrice générale de France Médias Monde (FMM) pour qui, c’était en même temps une occasion pour Rfi de lancer ses nouveaux sites notamment «Rfi savoirs» et «Rfi Afrique».
Et Marie-Christine Saragosse d’ajouter que le choix du Sénégal n’est pas un hasard : «Au Sénégal, il y a une création d’une classe moyenne avec des gens qui ont des projets de vie, qui construisent leur vie professionnelle d’une manière un peu nouvelle, chose qui est très encourageant». Et, «comme on le constate sur nos antennes, il y a au moins un reportage sur le Sénégal, quatre (4) fois par semaine», déclare-t-elle.
Revenant sur la particularité des deux sites lancés, la directrice de FMM affirme que Rfi se positionne comme une référence sur l’actualité du continent à destination des africains ainsi que pour le monde francophone dans son ensemble.
"Le nouveau site «Rfi Afrique» permettra d’avoir toute l’actualité africaine regroupée avec une très grande interactivité et réactivité parce qu’il y aura un fil info qui est nourri en permanence de tous les reportages qui sortent de twitter et de facebook et on pourra les suivre temps réel. En plus, «il sera accessible à tous et même pour ceux qui n’ont pas un gros débit", annonce-t-elle.
Et de poursuivre, «pour le site «Rfi savoirs», depuis toujours Rfi est un pédagogue pour l’enseignement de la langue française mais grâce à ce nouveau site, il permettra non seulement d’apprendre le français à partir de langues africaines comme le wolof, en première partie. Mais aussi apprendre d’autres disciplines en français comme l’histoire, les sciences, la santé, le sport, en deuxième partie. Et la troisième partie du site c’est la communauté c'est-à-dire si quelqu’un souhaite savoir quelque chose qu’il a mal compris sur ce que le site lui a donné comme connaissances , il pourra poser sa question sur le site et il aura des réponses ou même un débat ».
Pour ce qui est du groupe France Médias Monde, «parmi les 1000 radios partenaires de Rfi, 25 sont sénégalaises, donc on peut dire que la RFI est très, très suivi au Sénégal», informe Marie Christine.
Et, «si on prend toute la population sénégalaise, on peut dire que plus de 27% écoutent Rfi au moins une fois par semaine. Notre chaîne fait partie des cinq (5) premières radios de la capitale et même parfois en tête dans d’autres villes du Sénégal», conclut-elle.
Pressafrik

19/05/2016

LE FRANCAIS AU SENEGAL

Lexique du Français du Sénégal

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Au Sénégal, la langue officielle est le Français. Cependant, certains mots utilisés quotidiennement par les Sénégalais pourront vous surprendre. Voici un petit lexique qui vous permettra de vous mettre dans le bain et comprendre rapidement certaines subtilités.
Amender = mettre, infliger une amende à quelqu’un. Exemple : Le policier m’a amendé de 5000 f.
Apprenti = personne qui assiste le conducteur d’un bus ou d’un car rapide, c’est souvent à lui qu’on paie son ticket.
Arbre à palabres = grand arbre sous lequel on se réunit pour discuter de la communauté dans un village par exemple.
Arriérer = reculer
Bana-bana = vendeur ambulant qui vend dans la rue
Baye-fall = discpile d’un marabout mouride (confrérie religieuse)
Cantine = Box dans lequel les marchands installent leur marchandise dans certains marchés
Car rapide = camionnette Renault repeinte et aménagée en bus de transport de passagers
Cheikh = chef religieux
Chicotter = frapper quelqu’un à l’aide d’une chicotte (baguette ou morceau de bois)
Co-épouse = relation entre deux femmes ayant le même mari
Descendre = partir du travail, quitter son lieu de travail après avoir terminé sa journée
Dibi = morceaux de viande grillée au feu de bois
Droiter = tourner à droite
Durer = rester longtemps quelque part. Exemple : Est-ce que tu vas durer longtemps ici ?
Dara = école coranique
El Hadj = titre donné à un musulman qui a fait le pélerinage à la Mecque.
Essencerie = station service
Faire les bancs = aller à l’école
Garer = se garer. Exemple : Tu peux garer ici.
Gâter = abîmer, casser. Exemple : Cette voiture, elle est trop gâtée.
Gréver = faire la grève
Heure de temps = Durée. Exemple : Il faut une heure de temps pour aller à St Louis.
Hivernage = saison des pluies.
Marabouter = jeter un sort
Palabrer = discuter, débattre d’un sujet
Pili-pili = pâte de piments rouges
Rek = seulement, juste. Exemple : C’est 500 francs rek !
Siester = faire la sieste
Supporter = subvenir aux besoins de quelqu’un
Talibé = élève d’une école coranique, par extension : petit mendiant des rues.
Taxi-Bagages = camionnette avec chauffeur qui transporte les objets encombrants, pour les déménagements notamment
Thiof = poisson populaire que l’on pêche sur les côtes du Sénégal
Thiouraye = encens
Toubab = personne ayant la peau blanche, notamment les Français
Trop = très, beaucoup. Exemple : Toi tu as trop duré ici, tu connais trop bien.
Voyager = s’absenter pour une période indéfinie. Exemple : Elle n’est pas là, elle a voyagé.
Verres = lunettes
Waï = terme amical utilisé en début ou fin de phrase pour marquer l’étonnement, la surprise, la joie
Wolophone = personne qui parle le wolof
Plus de mots et définitions dans les ouvrages suivants: Lexique du Français du Sénégal, J.Bondé, P.Dumont, D.Gontier/Le Guide du Routard 2015-2016
Pauline Bouveau (www.lepetitjournal.com/dakar) mercredi 18 mai 2016 via Nouvelles de Dakar

15/05/2016

MISS SINE-SALOUM 2016 A VECU

Mama, reine du Sine-Saloum

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Miss Sine-Saloum 2016 a vécu! Trois jours d'évènements exceptionnels, organisés par Léna et Lionel, patrons des Cordons Bleus à Ndangane.
Nous avons assisté à la soirée d'élection et, ce fut une belle soirée!
Outre les manifestations annexes, la soirée de samedi a révélé non seulement la Miss 2016 mais aussi la maîtrise de l'organisateur à fédérer sponsors, médias, public à un évènement qui, au fil des ans, prend une ampleur hors du commun dans ce pays.
Mama, de Samba Dia,, la numéro 1 sur les 12 candidates, a remporté la couronne et défendra, entre-autres, les couleurs du Sine-Saloum lors de la prochaine élection de Miss Sénégal.
Organisation bluffante donc mais aussi succès de foule exceptionnel. Ndangane était noir de monde et a vécu au rythme de l'évènement, prouvant que si l'on se bouge, le tourisme est loin d'être moribond au pays de la Téranga...
Outre les personnalités politiques et administratives nationales, régionales et locales, le parterre de plusieurs centaines de personnes a répondu au rendez-vous. Radios, télévisions, presse écrite, sponsors et public ont répondu présent, ont contribué au succès de Miss Sine-Saloum 2016.
Mention spéciale au concert de Kya Loum, superbe voix, belle personnalité attachante et talentueuse.
Toutes infos et photos sur: https://web.facebook.com/misssinesaloum/?fref=ts
Brb

09/05/2016

L'ARGENT DES MIGRANTS

Le départ de migrants ouest-africains vers l'Europe est un processus collectif
Résultat, les Sénégalais ou les Maliens versent plus d'argent que d'autres à leurs proches restés au pays.

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L’étude des migrations est un sujet que la communauté scientifique a investi bien avant l’actualité récente des flux de réfugiés en Europe. Cependant, longtemps les migrations étudiées ont été principalement les flux en provenance du Sud vers le Nord. Ce focus rend compte de travaux récemment publiés par les chercheurs de DIAL qui abordent des aspects peu étudiés. Ils apportent un éclairage intéressant sur les processus migratoires contemporains. Par exemple, ils permettent de comprendre qu’en Afrique le fait de migrer est une décision collective dont dépend à la fois le choix du pays de destination et la propension du migrant à aider la famille restée sur place. De même, ils révèlent que les transferts financiers des migrants participent au développement des pays récipiendaires, mais qu’ils peuvent aussi entraîner des effets inattendus notamment en matière d’éducation des enfants.
Les travaux précurseurs portant sur les migrations Sud-Nord se sont penchés sur la compréhension des facteurs historiques, économiques et sociaux à l’origine de cette mobilité et ont tenté d’examiner en quoi ces migrations engendrent des changements économiques et sociaux dans les zones dont sont originaires les migrants. Un exemple assez frappant de ce prisme particulier Sud-Nord sont les travaux menés en sociologie et en géographie sur les Sénégalais et les Maliens de la région du fleuve Sénégal venus en France. Or, ces migrations Sud-Nord sont loin d’être représentatives des phénomènes migratoires en provenance des pays du Sud. 89 % des migrations africaines et 79 % des migrations asiatiques ont lieu respectivement au sein des continents africain et asiatique.
Le choix des individus par les familles
Au-delà des raisons géopolitiques ou de proximité de l’objet d’étude (il est plus facile pour un chercheur d’interroger des migrants résidant dans son pays de résidence que dans les autres pays de destination), l’une des causes de cette focale Sud-Nord est, au moins à l’échelle de l’Afrique, le manque de données permettant de rendre compte de la diversité des destinations des migrants africains.
Les chercheurs de DIAL ont, ces dernières années, mis en place des dispositifs originaux de collectes permettant de combler en partie cette lacune. C’est ainsi que des enquêtes ont été menées auprès de migrants sénégalais résidant en Italie, Mauritanie et France et simultanément auprès de leurs familles d’origine restées au Sénégal (enquête MIDDAS). Cela a permis notamment d’étudier les mécanismes décisionnels familiaux qui président au choix de la personne qui partira en migration ainsi que de son pays de destination.
Dans cette recherche, Isabelle Chort et Jean-Noël Senne montrent que le choix de migration est un processus de décision collective du ménage d’origine et non pas un choix d’émancipation ou de maximisation du bien-être individuel. De plus, ce ne sont pas seulement les individus à même de générer de plus hauts revenus dans le pays de destination qui sont désignés pour partir en migration au sein du ménage, mais aussi les individus dont le ménage anticipe une propension forte à transférer de l’argent.
40% des migrants sénégalais envoient de l'argent à leur famille
Cette recherche permet donc de mieux comprendre la sélection des migrants et le choix de pays de destination. Dans le contexte sénégalais, il s’avère que ce sont les aînés de la famille et qui ont été, enfants, dans les écoles coraniques qui partent plus en migration que les autres. Elle donne un éclairage nouveau sur le profil des migrants sénégalais par exemple en France et permet de mieux comprendre leur propension élevée à transférer de l’argent relativement aux autres migrants résidant en France (40 % des migrants sénégalais vivant en France envoient de l’argent à leur famille contre 16 % en moyenne de l’ensemble des migrants résidant en France).
Une autre étude s’est intéressée aux effets des migrations Sud-Sud sur les comportements de transferts. Plus particulièrement, Florence Arestoff, Mélanie Kuhn-Le Braz et El-Mouhoub Mouhoud montrent que les migrants africains qui ont rejoint l’Afrique du Sud du fait de conflits violents dans leurs pays d’origine sont moins enclins à maintenir le lien avec leurs pays d’origine. Leur probabilité de transférer des fonds à leurs familles est plus faible que celle des personnes ayant migré vers l’Afrique du Sud pour des raisons économiques. Il s’agit là d’un résultat qui n’est pas surprenant dans la mesure où ces derniers ont certainement, lors de leur arrivée, des conditions économiques et psychologiques plus favorables que les personnes qui ont fui leur pays pour des raisons politiques.
Cependant, les auteurs montrent aussi que lorsque les migrants ont pris la décision de transférer, l’intensité des flux financiers s’explique par les mêmes facteurs, que la migration ait été forcée ou économique. Les montants de transfert sont ainsi plutôt fonction des conditions d’insertion dans le pays d’accueil ce qui incite à favoriser une intégration économique et sociale des migrants quelles que soient leur origine ou leurs raisons de migrer.
Un effet contrasté sur l'éducation locale
Alors que les facteurs à l’origine de la décision du migrant de transférer de l’argent à sa famille d’origine est un champ relativement nouveau dans la recherche en économie du développement, les effets des transferts sur les pays récipiendaires est un domaine plus investi. Cependant, il est un aspect encore peu étudié qui a montré des résultats assez surprenants. Il s’agit des effets des transferts sur l’éducation des enfants. A priori, on s’attend à ce que ce supplément de revenu permette de lever la contrainte financière des parents et donc de financer les dépenses d’éducation (fourniture, transport, uniforme…). Dans le cas où ces transferts ne sont pas investis dans une entreprise familiale, ils devraient aussi réduire le coût d’opportunité du travail des enfants et inciter les parents à laisser les enfants à aller à l’école. Or les premiers travaux d’identification de ces effets ont mis en évidence une relation négative, par exemple, au Mexique.
En fait, d’autres mécanismes corrélés aux transferts des migrants peuvent venir contrecarrer l’effet positif attendu de l’augmentation des ressources du ménage. Le départ en migration d’un adulte modifie la structure du ménage. S’il s’agit d’un ménage nucléaire, l’adulte (homme ou femme) se trouve seul à diriger le ménage ce qui peut entraîner un moindre encadrement du travail scolaire des enfants, voire une déscolarisation. Par exemple, les aînés d’une fratrie peuvent être obligés de quitter l’école pour s’occuper des plus petits.
À cela peuvent s’ajouter deux éléments : le choc psychologique que les enfants subissent du fait de l’absence d’un référent, ce qui diminue leur capacité de concentration à l’école ; enfin, les apports d’une meilleure éducation peuvent ne pas être perçus comme évidents surtout dans des familles où des personnes sont parties en migration sans diplôme. Les jeunes vont chercher à migrer en ayant à l’esprit qu’une meilleure éducation n’est pas forcément un gage d’un gain économique.
Il existe cependant d’autres travaux empiriques qui montrent que les transferts de migrants sont bénéfiques à l’éducation des enfants. C’est le cas d’une étude au Maroc en milieu rural.
Jamal Bouoiyour, Amal Miftah et El Mouhoub Mouhoud montrent cependant que ce sont les garçons et non les filles qui en bénéficient. Un effet pervers de la migration est alors un accroissement des inégalités de genre d’accès à l’éducation. Donc, même si les transferts des migrants favorisent l’éducation, ils ne peuvent suppléer les politiques publiques d’éducation visant à améliorer notamment l’éducation des filles.
Les migrants financent aussi des biens publics via des transferts collectifs
Les migrants d’Afrique de l’Ouest mais aussi du Maroc et du Mexique se regroupent en associations, dans l’objectif de transférer de manière collective des fonds à leur communauté d’origine. Si l’altruisme motive en partie ces envois, il s’agit aussi pour les migrants d’investir dans les biens publics en vue de leur retour au pays ou de conditionner des flux monétaires à une utilisation précise, ce qui est plus difficile dans le cas d’envois de fonds – fongibles – au ménage. Ce phénomène a été décrit dès les années 80-90 par des études ethnographiques, mais n’a que très rarement donné lieu à une analyse économique quantitative à l’échelle d’un pays.
Un travail mené par Lisa Chauvet, Flore Gubert, Marion Mercier et Sandrine Mesplé-Somps examine l’influence des associations de migrants sur le nombre de biens publics dans la localité d’origine. Ces associations ont pour objectif de financer des écoles, des centres de santé, des systèmes d’adduction d’eau. Il est donc attendu que leur impact sur le développement local soit positif. Pourtant, certains mécanismes peuvent intervenir et induire des effets négatifs sur la fourniture de biens publics, si bien qu’en fin de compte leur influence est a priori ambiguë. Les associations de migrants sont notamment susceptibles de se substituer aux financements publics, de telle sorte que les localités qui en bénéficient ne pourraient pas nécessairement être mieux dotées en biens publics que les autres.
Pour examiner cette question de manière empirique, les auteurs ont tout d’abord effectué un recensement des associations de migrants maliens enregistrées auprès de la Préfecture de leur localité en France et déclarées au Journal Officiel. En utilisant les archives électroniques, les auteurs ont recensé toutes les associations de migrants maliens enregistrées en France, soit entre 1981 et 2009, 421 associations intervenant dans environ 1 800 villages maliens.
Localisation des villages maliens avec association de migrants. « La dynamique associative des Maliens de l’extérieur : enseignements tirés de deux dispositifs d’enquête originaux », Revue Européenne des Migrations Internationales,
En mobilisant des données exhaustives de recensement et en adoptant une stratégie en double-différences, cette analyse montre que la migration a permis dès le milieu des années 1980 une meilleure disponibilité en écoles et en centres de santé. Les villages avec une association de migrant apparaissent également mieux dotés en systèmes d’adduction d’eau, mais surtout à partir de la fin des années 1990. Une interprétation de ce résultat est la capacité des associations de migrants à lever des fonds tant via des cotisations qu’en mobilisant des fonds dans le cadre des politiques de co-développement.
D’autres mécanismes peuvent également être envisagés. L’existence d’une association de migrants, en modifiant les rapports de force en présence, peut en effet affecter la gouvernance locale et accroître les exigences des citoyens en matière d’efficacité des politiques publiques. Ces mécanismes suscitent de nouvelles interrogations et appellent cependant de nouvelles recherches pour comprendre l’influence plus générale de la migration sur l’économie politique de l’offre de biens publics.
Sandrine Mesplé-Somps, Chargée de recherche, Institut de recherche pour le développement (IRD)/Slate.fr

29/04/2016

LE BAC 2015/2016

160 000 candidats au baccalauréat attendus cette année

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Ils seront, cette année, 160 000 candidats à aller à l’assaut du premier diplôme universitaire cette année. L’information a été donnée par le Directeur des affaires administratives et juridiques de la Direction générale de l’Enseignement supérieur, le Pr Babacar Guèye. « Si on reste sur le taux moyen de réussite de ces dernières années, soit 50 %, on aura donc 50 000 bacheliers », a-t-il dit. Il a cependant déploré le manque de planification qui a été à l’origine de ce fait depuis les années 90, informe le quotidien national Le Soleil dans son édition de ce vendredi 29 avril 2016.
seneweb

27/04/2016

LE GOUDRON FATICK-KAOKAK: DECEMBRE 2016...

Le tronçon Kaolack-Fatick livré «en décembre 2016»

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Le tronçon routier Kaolack-Fatick, d’une longueur de 42 km et dont la réhabilitation est en cours, sera livré «en décembre 2016». L’annonce a été faite par le directeur technique et du développement de l’entreprise Jean Lebfèvre Sénégal SA, Ndane Diouf.
C’était au cours d’une visite de terrain destinée à constater le niveau d’évolution du chantier.
«Les travaux se déroulent correctement avec tous les matériels et engins que toute entreprise de ce genre de travaux doit disposer dans l’exécution de ce type de chantier», s’est-il félicité, avant d’indiquer que «le niveau d’avancement global des travaux, à ce jour, est à 33%».
«la réalisation de 27,5 kilomètres de déviation réalisés dont 15 kilomètres mis en circulation, la réalisation de 20,5 kilomètres dans le terrassement et la préparation de la plateforme, l’exécution de 14,9 kilomètres dans le traitement de la fondation».
Les autres travaux réalisés à ce jour sont «le traitement de la couche de base sur une distance de 12,1 kilomètres, la mise en œuvre de la couche de liaison en grave-bitume sur une distance de 2,5 kilomètres, la reconstruction de trois ouvrages sur cinq, et le rehaussement de 90 têtes d’ouvrages sur 98».
Ces travaux sont financés par l’Etat du Sénégal dans le cadre du Budget consolidé d’investissement (BCI) pour un coût de 16,4 milliards de francs CFA après avoir été lancés officiellement en décembre 2014 pour une durée de 18 mois avec comme maître d’ouvrage, le ministère des Infrastructures des Transports terrestres et du Désenclavement qui a choisi l’Ageroute, comme maître d’ouvrage délégué.
Amadou L. Mbaye/Senenews

23/04/2016

Un clavier en Sérère!

Un p'tit effort Mr Mac

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Le 2 décembre 2014, l’Assemblée Nationale sénégalaise a introduit plusieurs langues vernaculaires dans les débats officiels. Un programme de traductions simultanées d’un coût de 450 000 euros a en effet été mis en place, pour les 50% de députés qui ne maîtrisent pas suffisamment la langue officielle, le français, pour suivre les débats avec efficacité.
Ne vous moquez pas si rapidement, j’en vois venir certains : voici quelques commentaires sur la Bretagne, qui n’ont qu’un peu plus de cent ans :
« Les Bas-Bretons ont un langage dur et difficile à comprendre. Leurs habitudes, leurs coutumes, leur crédulité et leurs superstitions leur laissent à peine une place au dessus de l’homme sauvage . Le paysan y est d’une malpropreté dégoûtante. Son habitation peut presque se comparer à celle d’Hottentots(...) En général les paysans ont une mauvaise physionomie, stupide et brutale à la fois. » (Malte Brun, 1831) . Ou encore, « Le petit Breton est abandonné à lui-même dès qu’il peut marcher. A peine vêtu, malpropre, il patauge toute la journée par les chemins, mange à l’écart un morceau de pain noir, joue peu, ne parle pas(...) S’il a huit ans d’âge physiquement, il en a trois à peine pour le développement intellectuel.... » (Poitrineau, inspecteur d’académie à Vannes, Instruction, 1897).
Je demande pardon aux bas bretons de les avoir pris comme exemple, mais je sentais déjà le souffle du vent de la moquerie, laquelle n’a pas sa place dans mes propos.
Cette décision est tout à fait louable dans la mesure où les langues vernaculaires font la richesse d’un pays, (on enseigne aujourd’hui en France le Breton, le Catalan, l’Occitan et le Basque, qui sont devenues des « langues régionales ») et l’on se félicite de l’aide européenne pour une dépense si pertinente. D’autant qu’un député Bédik, né chez les Bédik et vivant chez les Bédik n’a aucune raison de maîtriser le français, langue à laquelle il n’est jamais confronté. Et pour ceux qui prétendraient qu’il faudrait avoir fait des études pour gouverner un pays, je rétorquerai qu’il suffit de voir où nous conduisent nos énarques pour se dissuader du contraire. Mais une fois de plus je m’égare…
Pour ma part, vivant en pays Sérère et comptant y finir mes jours, le plus tard possible avec l’aide de dieu et, je le crains, de façon abrégée si je devais avoir un jour recours au corps médical, j’ai décidé d’apprendre le Sérère. Oui, j’en avais assez de subir un « bruit de fond » à longueur de journée, car lorsque l’on ne comprend pas un traître mot d’une langue que les gens parlent à longueur de journée à vos côtés, on finit par ressentir un bruit de fond qui devient rapidement désagréable, voire insupportable, d’autant qu’il incite à l’isolement intellectuel. Bien entendu, il reste la solution de passer sa vie à s’abreuver au bistrot pour parler avec d’autres francophones, mais moi, je suis plutôt village, à chacun son truc. Et, je vous l’assure, depuis que je connais quelques mots de sérère, ma vie s’est transformée : mon attention est désormais captée, que dis-je captivée, par les conversations, et je commence à deviner si l’on parle d’un cochon ou d’une voiture, sans encore comprendre si le cochon va être mangé ou s’il a été volé et si la voiture va être vendue ou si elle va être repeinte, mais je tends l’oreille et j’ai l’impression de participer. Je vous l’assure cela change la vie !
En bon élève, je me suis muni d’un cahier et un crayon et j’ai commencé à travailler. Et je me suis dit qu’il serait quand même plus simple de tout mettre sur mon Macbook qui ne me quitte jamais : l’étude d’une langue en déshérence n’interdit pas les technologies du futur, je vous l’assure. Pour preuve, il est même encore aujourd’hui des tribus dans des territoires très reculés du monde qui vivent à l’ère du sidéro-numéro-lithique, nous en reparlerons sans doute un jour.
Bien, revenons à nos Mbaal (moutons en Sérère) : Oh, surprise et déconvenue ! Il n’existe aucun clavier numérique adapté aux ordinateurs Apple, qui puisse taper les quelques lettres propres (et quasi imprononçables) à l’alphabet Sérère ! Rappelons tout de même que la firme Apple se classe la cinquième au monde en terme de ventes d’ordinateurs et qu’alors que tout le marché est à la baisse, Apple est en constante progression. Voilà, c’est navrant. Vous voulez faire un effort d’intégration, et un état qui dépense 450 000 euros pour faire entrer le Sérère à l’Assemblée Nationale n’a pas pensé à faire concevoir un petit programme à trois francs six sous qui permettrait d’écrire en Sérère quand on utilise le deuxième système d’exploitation de la planète.
Consternant, non ?
Messieurs les députés des minorités linguistiques sénégalaises, ne ferez-vous donc rien pour que vos langues ne meurent pas? Franchement, être infoutu d’écrire trois lignes en Sérère avec son Mac en 2016, j’ai l’impression de retourner dans la préhistoire !
Reginald GROUX/Miam Miam/Jardin d'Aïda/Djilor

22/04/2016

LE LYCEE JEAN MERMOZ RECRUTE

Le lycée Jean Mermoz de Dakar recrute pour la rentrée 2016

senegal,dakar

Des postes sont à pourvoir pour la rentrée 2016 en contrat local. Les recrutements se font au niveau école primaire, Collège/Lycée et Vie scolaire.
A noter que la nature des postes à pourvoir et leur définition sont susceptibles d’évoluer. Le dossier de candidature est à télécharger sur le site du lycée au lien suivant : http://www.lyceemermozdakar.org/Offre+emploi
Ce dossier complété doit être adressé par voie postale au proviseur du lycée ou déposé à l’entrée principale de l’établissement auprès de M. Diatta Bernard.

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20/04/2016

LA PRESSE AU SENEGAL

Liberté de la presse: Le Sénégal progresse de la 71e à la 65e place mondiale

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Le dernier Classement mondial de la liberté de la presse 2016 de Reporters sans frontières place le Sénégal en bonne position. Notre pays a gagné six places, en se classant au 65e rang cette année, alors qu’il figurait au 71e en 2015.
L’indice du Sénégal, qui était de 27, 77, s’élève à 27, 99, dans le présent classement dominé par un trio, Finlande, Pays-Bas, Norvège.
La Namibie domine le classement avec un score de 15, 15, suivi du Ghana (17, 95) et du Cap-Vert (19, 82).
L’Afrique, avec un indice de 36, 9 occupe la deuxième place dans le classement mondial de la liberté de la presse 2016, établi par Reporters sans frontières (RSF).
D’après le site de l’organisation, “l’Europe (19,8 points d’indice) demeure la zone où les médias sont les plus libres”.
“Fait inédit”, l’Afrique “passe devant les Amériques (37,1), l’Amérique latine étant plombée par les violences accrues contre les journalistes”. Viennent ensuite l’Asie (43,8), l’Europe de l’Est et l’Asie Centrale (48,4).
“L’Afrique du Nord/Moyen Orient (50,8) reste la région du monde où les journalistes sont les plus soumis à des contraintes de toutes sortes”, relève RSF.
Amadou L. Mbaye/Senenews

20/03/2016

LA PIROGUE DE REGINALD

LA PIROGUE

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Ce matin, réveil aux premiers frissons de l’aube ! Les hôtes qui nichent sous ma toiture, toujours les premiers à célébrer le jour nouveau, se bousculent déjà et piaillent à qui mieux-mieux. Leur joyeux babil est un hymne à la vie, et je sors de mon lit avec d’autant moins de peine qu’aujourd’hui est pour moi un jour pas comme les autres : tout à l’heure je m’en irai dans les îles du Saloum pour acquérir cette pirogue - déjà chargée de tant de rêves - qui flotte dans ma tête depuis mon installation sur le bolong de Djilor.
Un ami m’a prêté hier au soir une embarcation, ombre immobile qui nous guette, tapie dans l’obscurité, à une encablure du rivage. Ma petite équipe termine les préparatifs du voyage et achemine tout ce dont nous aurons besoin, moteur, réservoirs, glacières, caisses de matériel, le strict nécessaire auquel s’ajoute l’indispensable et encombrant superflu.
J’observe mes laptots qui se déplacent en silence dans la nuit, lente procession surgie de l’ombre qui s’enfonce dans les flots encore baignés de ténèbres. Leurs gestes sont mesurés, ils n’échangent aucune parole ; ils se faufilent en silence dans l'opacité qui les enveloppe dans un singulier ballet de noctambules. Et je regarde chacun placer sa charge dans les flancs de la pirogue avec d’infinies précautions, comme on déposait naguère son offrande aux pieds de l’antique divinité.
Nous embarquons. La nuit nous engloutit. L’air du matin est vif et je suis encore tout chiffonné de sommeil. Encapuchonné, recroquevillé, je m’efforce de rassembler des vestiges de rêves que le brusque réveil a éparpillés. Le ronron du moteur me berce mollement tandis que l’orient se glace d’un subtil camaïeu d’or et d’argent.
Nous nous rangeons bientôt – après combien de temps ? - le long d’un débarcadère délabré qui étire ses lattes vermoulues sur une plage de sable gris. C’est une succession de mauvaises planches gauchies, la plupart effondrées ou sur le point de rompre. Je crois y voir le vestige de quelque piano cyclopéen surgi des eaux et je me dis qu’en parcourir le clavier tient davantage de l’ordalie que de la performance acrobatique.
Quelques mots chuchotés. Une ombre imprécise se détache de la nuit et vient se joindre à nous.
Nous embarquons un « vieux », qui par ailleurs me semble sensiblement plus jeune que moi. On m’explique que c’est un parent « connaisseur », qui doit nous guider jusqu'au village où se construisent les pirogues et nous conseiller dans notre achat. Je l’ai appris à mes dépens depuis longtemps : lorsqu’il est question d’affaires, la notion de « parent » en Afrique n’apporte aucune sécurité particulière. Elle ne signifie qu’une seule chose : si l’affaire tourne mal on a le réconfort de savoir que l’argent perdu reste au moins dans la famille. Tant qu’à se faire rouler... Mais le bougre a une bonne tête, et il se garde de m’adresser la parole, ce qui est plutôt bon signe… Ici les manifestations d’amitié spontanées sont d’autant suspectes qu’elles sont débordantes.
Nous repartons dans le froid de l’aube naissante. Seconde halte, pour faire le plein des réservoirs à Ndangane, le grand port de pêche du Fleuve, ville de tous les trafics, de toutes les débauches. A la station-service, échanges véhéments de propos incompréhensibles, tractations qui prennent de longues minutes alors qu’il semble impossible qu’il puisse y avoir un enjeu quelconque… Remplir deux bidons de 25 litres devient une affaire d’état. Je me rendors, sachant bien que même si l’on me fournit un quelconque début d’explication, celle-ci sera tant éloignée de ma logique que je ne pourrai rien comprendre ni changer à la situation. Et encore moins en déduire quoi que ce soit qui pourra m’être utile un jour à titre d’expérience. Il faut accepter que certaines choses m’échappent et m’y résoudre. La logique n’est pas universelle : contrairement aux idées reçues, elle est composée d’autant de strates hermétiques qu’il y a de cultures singulières de par le monde. A chacun sa clepsydre, à chacun son clocher.
Raccourcir l’attente en dormant, échapper au temps … Enfin repartis. Nous accostons à nouveau à quelques centaines de mètres en aval. Rien ne m’étonne plus, je ne pose pas de question. En Afrique, quel que soit le moyen de locomotion, les départs se font toujours par à coups, sous les lois gémellaires du zigzag et de l’accordéon, avec d’interminables détours et haltes, pour prendre un sac de riz, une lettre, un passager pour l’hôpital, une pièce détachée ou un encombrant colis aux effluves tenaces.
Il semble que tout ce qui aurait pu être réglé tranquillement la veille doive l’être au dernier moment, dans le désordre et la confusion, si tant est que les protagonistes figurent à l’appel. Lorsque tout semble enfin prêt il y a l’incontournable passage par la pompe à essence avec parfois, en prime, la réparation de la roue de secours, à plat depuis la veille.
Il y a si longtemps que je me suis résigné ! J’ouvre un œil, le referme, me pelotonne à la recherche d’une position un peu moins incommode. Placide, j’attends la suite des évènements dans le cocon rassurant d’un demi sommeil ouaté.
Il y a là une pirogue à vendre, paraît-il. Je tiens sans doute l’explication du palabre pendant le plein d’essence. Mes accompagnateurs me font valoir qu’elle est neuve et que cela nous épargnerait une longue course dans les îles. Elle ne mesure que douze mètres alors que j’étais parti sur l’idée de treize, et le prix annoncé me semble excessif. D’entrée de jeu le vendeur m’indique avec une assurance feinte qu’en ce qui concerne une possible négociation, ce sera comme pour l’achat d’une voiture neuve : pas de rabais ! Ce qui ne fait que prouver qu’il n’a jamais acheté de voiture neuve, et ce mauvais boniment le discrédite derechef. La moitié de son visage caché derrière les Ray Ban démesurées qu’il porte dans la nuit me font ressouvenir de ce que disait Talleyrand : la première impression est toujours la bonne, surtout si elle est mauvaise…
Je ne cède pas aux arguments de ma petite troupe : nous étions partis pour aller dans les îles, nous irons dans les îles ! La pirogue Ray Ban sera toujours là ce soir si nous faisons chou blanc. Nous repartons, pour de bon cette fois-ci. Le ronron du moteur nous enveloppe à nouveau de son bruit rassurant et je me réfugie avec délices dans le confort d’un vrai sommeil, l’esprit tout rabouillé, comme un collégien dans le car scolaire par un matin d’hiver.
Le temps s’est arrêté ; nous glissons sur les eaux dormantes ; une force sourde nous entraine vers des horizons fugitifs. Sur les berges limoneuses du chenal je distingue confusément des troupes de hérons drapés dans leur habit de cendres. Gardiens séculaires des mystères de ces lieux ils veillent, immobiles, silhouettes fangeuses dans les limbes diaprés du jour naissant.
Avec les premiers rayons du soleil la mangrove sort de l’ombre. C’est une métropole végétale que l’on pourrait parcourir des jours entiers, gros buisson vert sombre troué de sentes, de chemins, de ruelles, d’avenues et de places, qui semble flotter à l’infini, dans l’infini, sur l’infini, sans horizon, sans commencement, sans fin, gigantesque dédale aux confins du néant.
Des heures durant nous sillonnons les bolongs, passant d’un étroit canal végétal à des fleuves d’étain, larges flaques sur lesquelles des petits nuages blonds défilent en troupeaux dociles. Notre cicérone embarqué à l’aube nous guide avec assurance et nous louvoyons sur l’immensité, au milieu d’invisibles bancs de sable et d’îlots dérivants. Les oiseaux aquatiques se laissent choir lourdement et ressortent d’un trait, un vivant lingot frétillant en travers du bec. Nous progressons dans un univers irréel où se mêlent dans une harmonie primale les mondes animal, aquatique et végétal. Tout est si beau, si calme, si juste, que j’éprouve un sentiment de honte à venir perturber cet équilibre céleste qui n’a nul besoin de la présence des hommes. Je me demande un instant si cet univers si parfait et si fragile est la preuve ou la négation totale et définitive de l’esprit divin avant de retourner somnoler : je tiens un bon sujet de méditation pour les nuits d’insomnies. En de rares endroits, une langue de terre où se blottissent les cases d’un campement de pêcheurs. Sur la grève, des fumeries de poisson et toujours, la mosquée d’un blanc immaculé à laquelle chacun a sans doute contribué au delà de ses moyens, avec la ferveur des bâtisseurs de cathédrales.
Nous finissons par atteindre notre destination : au détour d’un méandre, un gros bourg tapi dans la mangrove, l’une des rares terra incognita laissées pour compte par Google Earth.
Carcasses de poissons, détritus en tous genre, bouteilles et sacs plastiques qui jonchent le sol rendent compte de l’importance de la population. La plupart des bâtiments sont délabrés, réparés avec des moyens de misère, à demi écroulés à moins qu’ils ne soient qu’à demi construits, à demi abandonnés ou à demi habités, comment savoir ? Tout est à la limite de l’équilibre, de l’incertitude, du peut-être. Ici l’architecture est synonyme de désordre, d’anarchie, de précarité : de vieux filets de pêche retiennent des morceaux de tôle dévorés de rouille ; tout est calé, rafistolé, consolidé, le fil de fer est roi. L’essentiel des constructions disparaît derrière de pitoyables emplâtres qui masquent un enchevêtrement de fers à béton, de grillages, de fûts métalliques, de bidons éventrés : impossible de savoir si les briques tiennent les planches ou si les planches tiennent les briques. Des morceaux de bordés multicolores arrachés aux flancs des pirogues barrent les ouvertures du côté des vents dominants. Ces planches bigarrées ordonnées par la main du hasard suffisent à effacer l’aspect misérable du lieu : comme toujours en Afrique, l’éclat d’un seul sourire parvient à effacer tous les haillons.
J’écarte la tentation de voir une forme d’art dans ces contrevents de fortune qui resplendissent au soleil. J’ai trop goûté à ces impostures lorsque j’étais marchand à Saint-Germain-des-Prés pour céder encore à ces facilités de mercanti.
Partout des pirogues : sur l’eau, sur la plage, jusque dans les cours des maisons. Celles en mauvais état qui peuplent la grève serviront à reconstruire de nouveaux esquifs. Tout ce qui ne sera pas cannibalisé sera récupéré : le moindre copeau de bois servira encore à faire cuire les aliments ou à fumer le poisson, mais rien ne se perdra, assurément. L’étroitesse des rues, le sable fin dans lequel le pied s’enfonce, l’absence totale de carcasses de voitures, tout témoigne de l’indiscutable insularité du lieu.
Il fait de plus en plus chaud. Comme toujours, la transition entre la fraîcheur du matin et l’insupportable chaleur s’effectue en quelques minutes, à croire que chaque jour à heure fixe une main invisible s’amuse à enclencher le bouton de la rôtissoire. On me conduit dans une cour et j’attends, assis sur une chaise bancale - ce terme en Afrique à valeur de pléonasme - sous la dentelle d’un acrotère menaçant ruine. Notre « vieux » doit attendre le retour de son ami le propriétaire des lieux, qui nous guidera dans le village. Les intermédiaires, dont le nombre ne cesse de s’allonger au fil des heures, font figure de poupées russes et je ne doute pas que chacun viendra réclamer son éco le moment venu.
Le voici venir enfin, digne vieillard serré dans un boubou blanc immaculé. La conversation s’engage, le ton monte, ils vocifèrent, je pressens l’algarade et me dis qu’ils vont en venir aux mains. Je m’informe : ils ne font qu’échanger les politesses d’usage, ils sont sans doute aussi sourds l’un que l’autre, tout va bien !
J’avais déjà remarqué, depuis mon arrivée dans les îles, que les autochtones avaient tendance à parler fort, même pour se dire les choses les plus simples. C’est, semble-t-il, l’habitude des peuples de la pirogue, accoutumés à hurler pour se faire entendre, disputant leurs mots au ronflement des moteurs hors bord, au souffle du vent et à la rumeur des flots.
Ce trait culturel pourrait être comique s’il n’usait les nerfs car il devient vite insupportable de les entendre tout le jour converser sur un ton de dispute, ne fut-ce que pour demander l’heure. L’épisode de la pompe à essence tôt ce matin n’était sans doute qu’un banal échange d’idées…
Bon, je me dis que les choses sérieuses vont enfin pouvoir commencer. Mais il faut d’abord consommer le repas préparé à la hâte en notre honneur ! Je décline poliment le plat local dont je pressens les vertus purgatives et me rabats sur l’incontournable sandwich à la Vache qui Rit, qui ne me fait pas rire du tout. Je passe avec succès l’épreuve de la languette rouge, insaisissable et facétieux sésame qui permet de s’affranchir de l’emballage en papier aluminium. Ce faisant je me dis que rien ne ressemble plus à la vie que l’ouverture d’un quartier de vache qui rit : dès qu’on néglige la consigne de départ, ce qui devrait être simple devient rapidement compliqué et l’on en a davantage sur les doigts que dans l’estomac !
Je triomphe des mouches venues me disputer mon repas et finis, à force de mastication, par venir à bout de cette torpille en caoutchouc qui sommeillait dans les flancs d’un sac plastique depuis la veille au soir.
La chaleur est devenue suffocante, les mouches virevoltent dans tous les sens et viennent s’abreuver aux gouttes de sueur qui perlent de mon front. Elles bourdonnent et décrivent de larges figures acrobatiques tout autour de moi. J’imagine un ballet aérien dans un remake de la Bataille d’Angleterre. A intervalles, je gesticule en tous sens comme une grenouille dyslexique dans le vain espoir de les décourager, on doit me prendre pour un fou. Devant moi, une cour nue clôturée d’un mur de briques rongées par la lèpre. Un cocotier nonchalant balance sans conviction ses papillotes d’argent. Plus loin, de l’autre côté de la ruelle, un autre mur décrépi. Des parpaings, posés sur le faîte d’une toiture en tôle ondulée pour empêcher qu’elle ne s’envole, dessinent des créneaux de château fort. Je suis, quelques instants, transporté à Castelnau. Le ciel est d’un bleu immatériel, sidéral.
Des poules traversent la cour, alertes, décidées, l’œil vif, le coup de bec rapide et précis, chirurgical. A ma gauche, des pagnes étendus sur une corde à linge claquent au vent et font exploser la lumière en jets multicolores. Le regard perdu dans des lointains mélancoliques, un âne immobile et résigné remue ses oreilles avec une rigueur et une précision de sémaphore.
Le vendeur de la pirogue de ce matin a déjà téléphoné trois fois pour rabattre son prix. Je ne ferai affaire avec lui qu’en dernier recours, nous le laisserons attendre, la pression a changé de camp. Il a renoncé à ses prétentions de vendeur de voiture et il est redevenu marchand de tapis.
J’accepte avec délices le verre embué que l’on m’offre : une limonade fraiche, voilà une valeur du monde occidental qui va me ramener à une réalité que Castelnau a réveillée et dont j’aurai bientôt besoin pour examiner la pirogue et en discuter le prix !
Je bois goulûment. De ma vie je n’ai jamais rien bu de si abominablement chimique. Il est impensable qu’un esprit sain ait pu concocter un breuvage aussi infect dans l’idée de le commercialiser où que ce soit sur la planète. Cela ne peut être que du résidu de cuve, du dégazage de déchets peut-être trop polluants pour en disposer dans la nature. Je ferme les yeux et me concentre : eau de javel, cornichon, fromage corse, Harpic, noyés dans un remugle de champ d’épandage. Les petites bulles qui éclatent sur ma langue font ressortir tour à tour chaque parfum de cet infâme bouquet. Magie de l’Occident, le produit se vend.
Mais là où il est distribué, au fin fond des îles du Saloum, peu de risque de concurrence et encore moins de plainte : ce qui compte c’est d’être moderne, n’est-ce pas ? Je vide mon verre d’un trait, politesse oblige, et refuse obligeamment la deuxième tournée. Vivre en Afrique suppose d’accepter de faire quelques sacrifices et d’être toujours prêt à se résigner au pire, lequel est sans bornes et toujours à venir. Je rote avec bonheur ; l’espace d’uninstant mon haleine est une bouche d’égout à ciel ouvert.
Toute mon équipe part à la recherche d’une pirogue à vendre. Mes piroguiers reviennent, chacun à son tour, dans le désordre, me décrivent la même embarcation quoique de façon très différente, repartent, reviennent. Cela dure une bonne heure. Nous sommes dans une pièce de Feydau, il ne manque que les portes qui claquent. Je renonce une fois de plus à trouver une explication logique à cet irrationnel ballet. Je me concentre sur les ombres que le soleil grignote implacablement et me demande dans combien de temps je serai rattrapé par la langue de feu de la rôtissoire. Mes piroguiers finissent par se rassembler et me conduire, à travers un dédale de flaques d’eau aux relents suspects, (quoique moins nauséabonds que la limonade) dans un vaste cimetière d’épaves. Deux gamins sont affairés à une tâche obscure autour d’un immense tronc calé sur un chantier, où seuls des amas de copeaux témoignent d’une quelconque activité. Quelques dizaines de pirogues rutilantes ondulent mollement dans le chenal, je n’en doute plus, nous sommes au bon endroit.
Je juge rapidement que la pirogue que l’on me désigne, amarrée à un ponton flottant sans doute offert par la Corée du Sud, est de qualité satisfaisante (je me suis renseigné sur les points à inspecter et j’ai observé, depuis quelques temps, les différents types de construction). J’en négocie le prix pour le budget initial que j’avais prévu. C’est une belle pirogue de quatorze mètres, pour laquelle il faudra sans doute encore prévoir des dépenses équivalentes à son prix d’achat pour la tropicaliser et en faire quelque chose de confortable et pratique, un tant soit peu aux normes de sécurité. J’en règle le prix convenu après l'inévitable marchandage, puis m’acquitte des diverses commissions pour enfin distribuer les indispensables cadeaux et les menus pourboires. Je ne bouge pas un cil lorsque l’on m’explique que le plancher n’était pas compris dans la transaction et qu’on le démonte enun tournemain.
Nous l’amarrons à un filin et rentrons par d’étroits canaux perdus dans la mangrove. La marée est à son plein et nous avons accès à des passes interdites ce matin, lesquelles, malgré notre pesante remorque, nous permettront de ne pas mettre davantage de temps au retour qu’à l’aller.
Déjà le soleil baisse sur l’horizon. L’eau qui nous entoure a pris l’allure d’une lourde flaque d’un gris profond que traverse un ruban de feu. Notre étrave déchire l’épaisse moire qui nous porte et déroule un éphémère ourlet d’argent sur l’infinitude des flots. Du côté du couchant, les feuillages à contrejour forment une masse sombre et compacte tandis que les rayons obliques, sur l’autre bord, font scintiller la mangrove dans un poudroiement d’or.
Dans le jour mourant, des troupes de pélicans s’élèvent pesamment à notre approche pour aller se poser à quelque distance, façon irrévérencieuse de nous signifier que nous sommes des intrus.
Nous redéposons notre « vieux » sur son embarcadère branlant après l’avoir grassement rétribué : il pourra s’acheter le mouton de la tabaski.
Le jour tombe. Le disque solaire, paré de sa gloire pourpre, sombre avec majesté derrière les îles. Le vent du soir effleure mon visage de son haleine chaude et limoneuse. L’horizon est cramoisi. Des trainées violettes prennent possession du ciel et se mêlent aux filets d’argent qui dansent sur l’écume noire des flots. Bientôt la nuit nous enveloppe et s’empare de nous : elle nous engloutit corps et âme. Des profondeurs de l’eau qui nous porte monte un sentiment qui m’étreint la poitrine. Enseveli au fond de ma pirogue c’est avec volupté que je me laisse glisser dans l’abîme palpitant de la nuit. Mon esprit s’échappe de mon corps et vagabonde dans l’immensité du ciel ; mes pensées planent vers ces régions fécondes où naissent les rêves, se meurent les illusions, se forge le destin des hommes. Dématérialisé, mon esprit résonne de l’écho d’une pierre tombant par ricochets dans un gouffre sans fin. Je suis la pierre, le gouffre, l’écho; je suis la chute elle-même, où est la différence ? Les yeux mi clos, j’arpente les étoiles. Un sourire d’enfant se dessine sur mes lèvres; je savoure avec
bonheur cet instant d’éternité.
Il y a longtemps que nous ne répondons plus aux appels incessants du vendeur aux Ray Ban.
Bientôt les lumières de ma maison scintillent au loin. Nous mettons le cap droit sur l’imposant bâtiment qui brille de tous ses feux, semblable à un lourd paquebot venu s’échouer sur la grève. Le moteur se tait enfin et nous glissons en silence sur les flots endormis. La perche finit de nous pousser vers le rivage dans un léger bruissement de soie.
Le raclement familier du sable sous la coque, une petite secousse qui nous fait perdre l’équilibre, et nous accostons. La vague d’étrave vient mourir sur la grève dans un dernier soupir : nous sommes arrivés.
Je suis heureux, fourbu, fier comme le chasseur qui rapporte sur ses épaules la dépouille d’un grand fauve, j’ai fait mon plein de rêves.
Et j’ai pris un joli coup de soleil sur le nez !

Reginald Groux
Djilor Djidiack, Décembre 2012

17/03/2016

LUTTE CONTRE LES ACCIDENTS EN MER A MBOUR

Lutte contre les accidents en mer : Un nouveau système de géo-localisation en phase test

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Pour améliorer les conditions d’exercice de quatre brigades de co-surveillance de pêche que sont Mbour, Sindia Nord, Sindia Sud et Joal, l’Usaid/Comfish, à travers son projet d’assurance pêche, a souscrit à une police d’assurance d’un an auprès de la Compagnie nationale d’assurance agricole du Sénégal (Cnaas) en collaboration avec Manobi, partenaire technique chargé de développer des applications sur smartphone géo-localisé pour une bonne organisation des secours en mer. L’objectif de cette assurance pêche qui est dans une phase test, selon Khady Sané Diouf, directrice du projet Usaid/Comfish, consiste à sensibiliser les autorités sur l’urgence et la nécessité d’instaurer un programme assurance pêche pour contribuer à la sécurité en mer des pêcheurs et à la sécurisation des moyens et matériels de production dans un contexte de variabilité climatique.
«La couverture de l’assurance prend en compte dans les limites des eaux territoriales les personnes à bord déclarées au moment de la sortie, l’embarcation et le matériel à bord et la responsabilité civile en cas de dommage causé à un tiers. Le montant de la prime d’assurance est fixé à 15 mille francs Cfa par sortie de surveillance. Comfish a procédé au paiement intégral des polices d’assurance des pirogues enregistrées dans le programme. Le contrat établi prévoit une couverture des pirogues pour un total de 24 sorties sur la durée du contrat qui est de 12 mois, soit une moyenne de 2 sorties par mois. Chaque Clpa (Conseil local de pêche artisanal : Ndlr) a reçu aujourd’hui un smartphone muni d’une application informatique permettant de déclarer les sorties de surveillance», a expliqué Mme Diouf. Malgré tout, Bana Diop, conseiller technique du ministre de la Pêche et de l’économie maritime, a exhorté les pêcheurs à «respecter les mesures de conception et de construction des embarcations. Ayez des engagements de sécurité et de signalisation à bord ! Il faut se renseigner sur les consignes météorologiques avant d’aller en mer, les respecter et enfin porter le gilet de sauvetage durant tout le séjour en mer». M. Diop promet ainsi que ce projet d’assurance pêche sera étendu sur l’ensemble du territoire pour que les pêcheurs puissent bénéficier des avantages.
La pêche occupe la première place des exportations avec 193,5 milliards de francs Cfa, soit 20,87% des exportations totales et occupe 17% de la population sénégalaise en termes d’emplois.
Accidents en mer : 95 victimes enregistrées en 2015
De 116 en 2014, le nombre de victimes des accidents en mer est passé à 95 en 2015. Soit un repli de 28%, d’après Cheikh Sarr, capitaine de vaisseau et directeur de la Protection et de la surveillance des côtes. Pour les pertes matérielles, elles sont estimées à 72 millions 025 mille 450 francs Cfa durant l’année dernière. Des pertes qui, selon le capitaine de vaisseau, n’ont pu être remboursées faute d’assurance. Intervenant la semaine dernière lors du lancement de l’assurance pêche à Mbour, M. Sarr a rappelé que les accidents sont liés pour la plupart du temps au changement climatique et à la raréfaction des ressources qui obligent les pêcheurs à s’éloigner de plus en plus des côtes avec les risques d’accident.
Alioune Badara CISS/lequotidien.sn