08/04/2018

SENEGAL HONTEUX

Mesures prises pour retirer les enfants de la rue- quand l’Etat laisse faire

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Dans son message à la Nation, à la vielle de la célébration de l’indépendance, le 3 avril dernier, le chef de l’Etat, a promis la reprise du processus de retrait des enfants de la rue en réaction aux meurtres et aux nombreux cas d’enlèvement notés ces dernières semaines. Un engagement de plus qui vient s’ajouter aux nombreuses initiatives pour retirer les enfants de la rue. Toutefois, aucun des engagements pris par les différentes autorités (d’Abdoulaye Wade à Macky Sall), la loi interdisant la mendicité et les conventions internationales ratifiées par le Sénégal n’ont eu à résoudre le problème qui reste de plus en plus préoccupant.
Ces dernières semaines, on a assisté à des rapts et à des meurtres d’enfants. Cette situation qui, en plus d’avoir consterné de nombreux citoyens, a plongé les parents dans la psychose totale. Suffisant pour que le chef de l’Etat, précédé en cela par son ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Aly Ngouille Ndiaye et du ministre en charge de la protection de l’enfance, Ramatoulaye Gueye Diop, annonce des mesures.
Dans son adresse à la nation, à la vielle de la célébration du 58ème anniversaire de l’indépendance du Sénégal, Macky Sall a annoncé la poursuite du processus de retrait des enfants de la rue. Cependant, cette décision n’en est pas à sa première. En effet, le 30 juin 2016, le président de la République Macky Sall, avait ordonné que tous les enfants des rues soient retirés et placés dans des centres d’accueil ou rendus à leurs parents.
Il disait à cet effet que : «quiconque forcerait à faire mendier un enfant, serait passible d’une amende ou d’une peine de prison». Le 6 juillet 2016 après la prière de la korité, le chef de l’Etat revient à la charge et annonce avoir « donné des instructions très fermes au gouvernement pour mettre un terme à cette image insoutenable d’enfants abandonnés dans la rue ».
Le président Macky Sall soutenait à l’époque aussi que «ce n’est pas parce que les enfants sont issus de milieux pauvres ou modestes qu’on doit les laisser à la merci de la rue». Bien avant cette sortie du président de la République, son gouvernement avait mis en place un plan stratégique de gestion de la mendicité infantile pour 2013-2015 en vue de les retirer de la rue et de favoriser leur réinsertion par le biais des campagnes de sensibilisation. Une décision qui sied au contexte de l’époque ou neuf jeunes talibés ont été retrouvés morts calcinés suite à l’incendie de leur maison de fortune à la Médina.
C’est au sortir d’un conseil interministériel sur la mendicité infantile en février 2013 que le ministre de la femme, de l’enfance et de l’entreprenariat féminin Mariama Sarr avait annoncé ce plan. Selon elle, la gestion des enfants mendiants a besoin d’une approche multisectorielle d’où la nécessité de mettre en place une campagne d’information et de communication afin de retirer tous les enfants mendiants de la rue et de les prendre en charge.
Ce plan stratégique avait pour objectif la création du comité ad hoc et du dispositif de suivi et d’évaluation regroupant toutes les structures étatiques de protection de l’enfance. Le document de plan stratégique prévoyait qu’à la fin de l’année 2015 que tous les enfants en situation de rue soient recensés et pris en charge.
Il s’agissait également à travers le document d’organiser des rencontres de concertation avec les ambassades et consulats des pays limitrophes concernés par la migration des enfants.
WADE AUSSI AVAIT TENTE DE RETIRER LES ENFANTS DE LA RUE
Le gouvernement de Macky Sall n’est pas la seule autorité à avoir entrepris des mesures visant à retirer les enfants de la rue. En 2012, le président Abdoulaye Wade avait tenté de rendre illégale la mendicité, sa loi a été mal acceptée.
Par ailleurs, le 29 avril 2009, l’Assemblée Nationale a adopté la loi N° 2005-06 relative à la lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées et à la protection des victimes. Cette loi dans son article 3 souligne que «quiconque organise la mendicité d’autrui en vue d’en tirer profit, embauche, entraine ou détourne une personne en vue de le livrer à la mendicité ou d’exercer sur elle une pression pour qu’elle mendie ou continue de le faire est puni d’un emprisonnement de 2 à 5 ans et d’une amende de 500.000 frs ou 2.000.000».
Cette disposition aussi récente soit telle, semble déjà tomber en désuétude. Ou du moins, son application fait défaut. Pourtant, de nombreuses organisations de défense des droits des enfants demandent son application. En vain.
LES CONVENTIONS INTERNATIONALES RATIFIEES ET FOULEES DU PIED
En plus de cette loi, le Sénégal a ratifié plusieurs conventions internationales qui militent pour une protection des enfants de la rue, des engagements qui restent également sans conséquence positives.
Awa Diallo/SudQuotidien

26/03/2018

SACRIFICES HUMAINS

Sénégal: retour en force de l’obscurantisme?

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Au Sénégal il ne se passe plus un jour sans que la presse ne se fasse l’écho d’enlèvements d’enfants suivis de meurtres. Les derniers en date : les découvertes macabres d’enfants atrocement tués à Touba, la ville sainte des mourides, et à Rufisque.
À cela s’ajoutent les 5 tentatives d’enlèvements à Matam, Ouakam et Grand Yoff. Ces faits divers ont pris une telle ampleur qu’une psychose s’est emparée des populations du pays de la Teranga. Nos confrères d’Afriquemidi.com ont consacré à cette recrudescence de pratiques mystiques un dossier très intéressant, d’où se dégagent plusieurs observations inquiétantes.
Le plus inquiétant est qu’une rumeur persistante rattache ces meurtres à des sacrifices humains et des rituels sombres pour de la sorcellerie. "Certains politiciens s’adonneraient à ces sacrifices pour accéder ou garder le pouvoir".
Ainsi à la veille de chaque élection présidentielle, on note une recrudescence de ces meurtres rituels. L’affaire Fama Niane (du nom de cette jeune femme tuée, mutilée et jetée sur la corniche le 12 mars 2007 à la veille des élections) est encore vivace dans les mémoires. Des albinos ont été enlevés et tués.
Le nom d’un responsable qui a assumé de hautes responsabilités nationales a été cité. Depuis lors, mystère et boule de gomme. Un sociologue bien connu à Dakar rappelle que ces faits macabres surviennent chaque fois à quelque mois de l’élection présidentielle au Sénégal. La coïncidence est troublante.
De là à accuser les responsables politiques, il n’y a qu’un pas que certains dakarois ont franchi allègrement. ‘C’est évident que certains politiciens aveuglés par l’ambition et l’adversité sont la main invisible qui commandite ces meurtres.
Eux seuls ont les moyens de le faire". Accusation portée par des Sénégalais qui manifestaient leur colère dans la rue après la découverte du corps de Serigne Fallou Diop, âgé de deux ans, enlevé et tué à Rufisque. Du coup une psychose obsessionnelle de l’enlèvement et une hystérie collective se sont emparées des parents et des populations au point que dans certaines localités la vindicte populaire a pris pour cible d’innocentes personnes parfois lapidées, soupçonnées à tort de rapt d’enfants.
Une justice populaire expéditive, avec ses dérives, qui a fait monter crescendo l’insécurité. On parle d’une fantomatique voiture 4×4 qui sillonne les rues des villes du pays pour enlever les enfants.
L’affaire a pris une telle ampleur que les autorités policières sont montées au créneau pour calmer les populations au bord de la crise de paranoïa. K.Faye un célèbre Saltigué (devin guérisseur) explique la situation par la présence au Sénégal de nouveaux djinns venus d’ailleurs et avides de sang.
Des esprits malfaisants que les génies tutélaires de Dakar (Leuk Daour) et Rufisque (Coumba Lamba) ont du mal à conjurer. Pour les exorciser, il recommande des sacrifices et des offrandes. Une explication ésotérique qui ne convainc pas tout le monde. "Le mal est parmi nous. Il a les traits humains de l’homo senegalensis. C’est trop facile d’accuser le diable ou les étrangers" rétorque-t-on.
DES LUTTEURS ET DES HOMMES D’AFFAIRES AUSSI AU BANC DES ACCUSÉS
Après les responsables politiques, certains Sénégalais pointent un doigt accusateur vers les célébrités de la lutte. Au Sénégal, plus qu’un sport national, la lutte est érigée au rang de religion nationale par certains.
Les cachets des lutteurs titillent les centaines de millions par combat. Ce sport traditionnel est un moyen de promotion sociale pour les lutteurs et attire des milliers de jeunes sénégalais qui parfois délaissent l’école pour ce sport. Il faut suivre un combat de lutte pour voir l’univers magico-religieux dans lequel baigne ce sport et l’impressionnant arsenal mystique déployé montre à quel point la sorcellerie est ancrée dans le subconscient collectif des Sénégalais.
Il y a quelques mois une affaire de profanation de tombes a défrayé la chronique à Pikine, banlieue de Dakar connue pour être le siège des plus grandes écuries de lutte au Sénégal.
Le spectacle ahurissant de tombes éventrées, de linceuls emportés avait ému l’opinion. Toutefois, il faut dire que les pratiques mystiques ne sont pas l’apanage des lutteurs. Tous les sports s’y mettent.
L’image d’un joueur de l’équipe nationale des U20 jetant un objet mystique lors de la finale à Lusaka a fait le tour du monde. Il y’a quelques jours un confrère titrait : "Basket le mystique prend de l’ampleur." Il écrit : ‘le basket local, c’est maintenant comme dans les navetanes (compétitions de football de vacances) et la lutte en termes de pratiques occultes. Chaque équipe vient au stadium Marius Ndiaye avec son ‘thioumoucaye’(arsenal mystique). Et l’on ne s’en cache pas. La croyance mystique est ancrée dans la tête des dirigeants, des joueurs et des supporters.
Les marabouts recrutés pour faire gagner sont même déplacés et prennent place dans les gradins. Cela est d’ailleurs à l’origine des échauffourées. Pourtant le règlement interdit les pratiques mystiques dans le sport, mais la fédération fait preuve de laxisme Pour ce footballeur, "la pratique des ‘xons’ est tellement ancrée dans le subconscient des joueurs qu’elle fait office de dopage psychologique".
Last but not least : les hommes d’affaires et autres commerçants en quête de marchés, des individus ayant maille à partir avec la justice, s’adonnent aussi à ces pratiques qui en réalité n’épargnent aucune couche de la société sénégalaise. Dans les couples le recours à ces pratiques a brisé plusieurs ménages et disloqué les liens séculaires qui unissaient les familles.
LA RESPONSABILITÉ DES MÉDIAS
Pour beaucoup de sénégalais, les médias ont failli à leur mission d’éduquer les masses. Suivant une logique commerciale, ils ne respectent plus l’équilibre du triptyque Éduquer, Informer, Divertir. En lieu et place, ils ont mis en place le système LMD (Lutte, Musique Danse).
Et comme support publicitaire à ce programme creux et pernicieux ils offrent de larges places à des charlatans, marabouts, guérisseurs, voyants de tout acabit qui utilisent les télés et les radios pour faire leur promotion.
Certaines télés et radios proposent ainsi à longueur de journée des séances de voyance en direct avec des ‘docteurs miracles ‘qui prétendent tout soigner. L’effet est dévastateur chez les auditeurs et téléspectateurs qui grisés par la crise économique se font gruger par des faiseurs de miracles sans scrupule.
Pourtant la loi sénégalaise interdit la publicité pour les docteurs, les pharmaciens, pour la médecine traditionnelle et les guérisseurs. Mais ces derniers n’en ont cure. Ils continuent de plus belle à vendre leur pharmacopée à des gens crédules et naïfs avec la complicité de certains médias qui contre espèces sonnantes et trébuchantes ferment les yeux.
Du coup les médias qui devaient être une lumière pour éveiller la conscience des Sénégalais deviennent un voile d’obscurantisme qui les emmitoufle dans les ténèbres de l’occultisme.
Pour un pays comme le Sénégal peuplé à 95 % de musulmans, le moins que l’on puisse dire est les survivances des traditions païennes et ceddo (religions traditionnelles antéislamiques) ont la peau dure.
Malgré des siècles d’islamisation et d’évangélisation, les pratiques païennes ont survécu et ont maintenant une telle prégnance dans notre vécu quotidien que les plus sceptiques craignent un retour vers l’obscurantisme et les ténèbres de l’Afrique noire des siècles reculés.
Cette enquête s’appuie sur le travail de nos confrères d’Afrique-midi, coordonné par Achille Niang. Pour aller plus loin, consultez le dossier sur afriquemidi.com
En savoir plus sur http://www.afrik.com/senegal-retour-en-force-de-l-obscura...
afrik.com

25/03/2018

ORANGE JUTEUSE OU POURRIE

Orange Sénégal veut-il pousser les entreprises sénégalaises du web à mettre la clé sous le paillasson ?

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Entre blocage fréquent du réseau, défaillance notable sur l’internet et crédits subtilisés par les Dalal Tones, le réseau Orange n’est pas des meilleurs et pourtant fait son meilleur chiffre d’affaires (972,2 milliards FCFA) au moment où ses clients pâtissent.
Il est factuel que pour bon nombre de ses clients, les services offerts par l’opérateur téléphonique n’atteignent pas les attentes escomptées. L’offre d’Orange ne répond pas à la demande.
S’appesantissant sur notre vécu, ici à SeneNews (qui n’est pas un cas isolé), où pour des défaillances fréquemment notées sur notre connexion internet depuis le début de notre raccordement pro -supposée être le graal- , nous avons usé des voies et moyens à notre disposition pour bénéficier d’une expertise venant d’Orange, l’on se rend compte que l’opérateur n’a que faire des plaintes multiples sur un mauvais service que nous payons déjà plein pot.
Il fallut appeler des dizaines de fois, « supplier » même, pour qu’un technicien ne daigne se déplacer jusque dans nos locaux où il affirmera, après un constat fait sur la défaillance, que le réseau Orange ne garantissait pas une bonne connexion.
Pas de dédommagements pour le préjudice subi, aucune proposition commerciale, aucun geste commercial, … en parallèle, nos dépenses pour une meilleure connexion Internet s’en trouvent augmentées. Entre les factures, le surplus de connexion 3G et les clés 3G, …. la note devient de plus en plus salée (200.000 FCFA par mois) et aucune satisfaction. Orange veut-il pousser les entreprises sénégalaises travaillant dans le numérique à mettre la clé sous le paillasson ?
Là où la déception est encore plus grande, c’est en se rendant aux agences Orange. Aux questions de savoir quelles sont les solutions possibles, les réponses s’orientent vers l’achat d’une FlyBox (prés de 50.000 F CFA), l’achat d’un nouveau routeur modem, pour remplacer leur Livebox (20.000 F CFA),… des réponses qui, à chaque fois, sont chiffrées à plusieurs milliers de Francs CFA. Comment s’en sortir avec ces frais qui ne cessent d’augmenter? Comment une entreprise digitale peut continuer à exister dans ce contexte actuel des choses?
Orange, un pionnier sans concurrence !
Pourquoi ne changez-vous pas d’opérateurs alors ? C’est là une des questions fréquemment posées à un abonné Orange. Il faut savoir que ledit opérateur n’a véritablement pas de concurrents véritables au Sénégal. Et sans compétition saine, il ne peut y avoir une qualité dans les services. Indiscutable sur le marché sénégalais, Orange se plaît même à « narguer » ses utilisateurs.
Bon nombre de fois, des clients se plaignent du réseau internet défaillant. Résultat des courses : l’opérateur te fait valser entre les agents du 1413 et du 800 800 800 pour une simple vérification du débit ou de la portée de ton wifi.
Et même lorsque l’agent se déplace, des explications sans réel fondement sont très souvent servies. Que répondre à un agent qui vous dit qu’«Orange n’a pas de bonnes Livebox. Il y a une nécessité de mise à jour pour optimiser la connexion internet ?».
Cette façon de faire n’est pas nouvelle puis que depuis deux décennies maintenant, on rencontre les problèmes. Sur le 1441, numéro supposé recevoir la réclamation de clients, un journaliste d’Ouestafnews a pu constater les lenteurs et la longue attente à laquelle sont soumis les abonnés sur fond d’une musique pas forcément agréable à l’oreille. Ce journaliste se plaignait de n’avoir pas pu valider une carte de recharge achetée il y a près d’une semaine, alors que Sonatel-Orange avait promis de tout faire rentrer dans l’ordre « dans 48 heures ».
Le client, dépendant de ce réseau pour son travail se contraint à payer plus cher pour au final se retrouver avec un résultat minime qui, par ricochet, rabaisse son chiffre d’affaires. Au même moment, l’opérateur s’en met plein les poches. Et ceci sans que l’ARTP ne pipe mot.
ARTP, association des consommateurs, que d’arnaques ?
L’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes est créée, auprès du Président de la République, en tant qu’autorité administrative indépendante, chargée de réguler les secteurs des télécommunications et des postes. L’ARTP est dotée de la personnalité juridique et de l’autonomie financière et de gestion, lit-on sur le site de ladite agence.
L’une des missions de l’ARTP étant « d’encadrer les tarifs des opérateurs puissants », l’on ne comprend donc pas ce mutisme et se laisser-faire par rapport aux multiples plaintes des utilisateurs du réseau Orange.
Présentant son rapport annuel de 2017, l’opérateur a souligné que «cette croissance des revenus est tirée par le développement de l’activité mobile, elle-même tirée par les usages de la donnée mobile, des services à valeur ajoutée et des services d’Orange Money».
En grosso modo, Orange réfléchit à tirer profit de ses services et ne se soucie guère de la situation de sa clientèle qui, en définitive, se retrouve coincé entre le marteau et l’enclume ne sachant point à qui crier son mal être.
Outre le Sénégal, la Sonatel, filiale sénégalaise de la française Orange, est présente au Mali, en Guinée et en Sierra Leone. Au Mali, par exemple, le site malinet nous apprend que « malgré le succès de certains de ces produits à travers lequel succès Orange Mali fait des milliards de CFA en chiffres d’affaires, la qualité reste très souvent à désirer. Et le cas qui nous intéresse aujourd’hui est la solution internet « Flybox » lancée en grande pompe pour remplacer son prédécesseur « Livebox » qui n’aura pas été un grand succès à cause des nombreux problèmes décelés par-ci et par là par les utilisateurs ».
Devant ces constants d’une écœurante similitude, les associations des consommateurs se taisent et se plaisent même à aller boire un verre autour d’une même table qu’avec cet opérateur qui « tue » ses clients.
Les jeudi et vendredi passés se tenait la rencontre annuelle de l’ARTP avec les associations de consommateurs. Comme sourdes face aux requêtes des consommateurs, ces deux entités ne sont guère penchées sur les véritables problèmes mais ont fait part de leur volonté d’être associés à la gestion des contentieux parce qu’ils disent être régulièrement saisis de réclamations qu’ils transmettent à l’Artp sans réponse. En un mot : Ils veulent leur part du gâteau.
Et nous, consommateurs, alors ?
Mamoune Tine/senenews

20/03/2018

APOLOGIE DU VIOL A LA TELEVISION

Viol au Sénégal : « Cachez ces victimes que nous ne saurions voir ! »

songue-diouf-592x296-1521451013.jpgFatima Zahra Sall est juriste. Elle est l’une des initiatrices de la plainte déposée pour « apologie du viol » suite aux propos tenus par un chroniqueur sur une chaîne sénégalaise.
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Suite aux propos du professeur de philosophie Songue Diouf, qui affirmait le 9 mars à la télévision sénégalaise qu'une femme pousserait un homme à la violer, la juriste Fatima Zahra Sall a déposé une plainte pour « apologie du viol » et dénonce le silence quasi total des pouvoirs publics.
Tribune. « Nous devrions porter plainte, parce que vous faites tout pour que nous vous violions. Et quand nous vous violons, nous allons en prison et vous, qui avez tout fait pour qu’on vous viole, vous continuez à être libres. J’assume pleinement et entièrement ce que je dis : je coupe la poire en deux ! » L’homme qui prétend ainsi imputer une part de la responsabilité du viol qu’elles ont subi aux jeunes filles qui s’habillent de manière « sexy », proposant d’adoucir la peine du violeur, est El Hadj Songue Diouf, chroniqueur dans le talk-show « Jaakarlo Bi », diffusé sur la Télévision Futurs Médias (TFM), la chaîne du célèbre chanteur Youssou Ndour.
« Même au sein de la maison, celle qu’on a violée, c’est celle qui a des formes généreuses », ajoutait, le 9 mars, celui qui est présenté sur le plateau comme un « professeur » – il enseignerait la philosophie dans un lycée dakarois.
Aussitôt, les réactions indignées fusent de toutes parts. Une pétition, qui atteint aujourd’hui les 5 000 signatures, est lancée sur Facebook pour demander des excuses publiques. Par ailleurs, une citation directe est déposée contre El Hadj Songue Diouf pour apologie du viol, diffamation et injures, délits réprimés aux articles 252, 258, 261 et 262 du code pénal sénégalais.
Feindre l’ignorance
Du coté des autorités, par contre, c’est le silence radio. Hormis le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), qui s’est fendu d’un communiqué enjoignant la direction de la chaîne de « mettre un terme définitif à de pareils manquements et à éviter toute rediffusion de l’émission du 9 mars 2018 sous peine de l’application des sanctions prévues par la loi », les institutions publiques – notamment le ministère de la Femme, de la Famille et du Genre – sont jusque-là restées muettes, préférant feindre l’ignorance.
A l’inverse, sur les réseaux sociaux, certains n’hésitent pas à prendre la défense du « professeur » Diouf, alimentant cette idée abjecte d’une responsabilité partagée entre le violeur et sa victime. Le présentateur de l’émission, tout en réaffirmant son soutien à son chroniqueur, a toutefois préféré démissionner à la suite d’un désaccord né de la prise de position du directeur des programmes de la chaîne, lequel condamne les propos tenus.
Cet épisode renseigne sur plus grave : le manque criant d’éducation sur le sujet, et ce que nous qualifions au Sénégal d’« omerta du viol ».
Récemment, une exposition supervisée par l’Université du Kansas montrait les vêtements que dix-huit victimes d’un viol portaient au moment où elles ont été agressées. Pour certaines, il s’agissait d’un simple jean et d’un t-shirt. Mais dans la quasi-totalité des cas, nulle tenue mettant en valeur des « formes généreuses ».
Dressant le profil-type du violeur, des médecins ont démontré qu’il présente généralement les traits d’un être égocentrique, tourné vers la satisfaction de ses désirs, incapable de prendre en compte ce qu’éprouve sa victime. Sans le moindre rapport entre son acte et l’habillement de celle-ci.
C’est ton oncle : fais tout pour qu’il n’aille pas en prison !
Les déclarations malheureuses tenues sur TFM n’ont pas entrainé qu’indignation et poursuites judiciaires. Les langues se sont déliées, et pour la première fois, sur la toile sénégalaise – où le viol figure en tête des sujets tabous –, des victimes ont décidé de s’exprimer tout en préservant leur anonymat. Le contenu de certains récits fait froid dans le dos.
« Le lendemain, ma mère m’a dit : “C’est ton oncle, c’est ta famille : fais tout pour qu’il n’aille pas en prison !” », raconte une victime alors âgée de 14 ans. « Je pouvais rester trois semaines à un mois allongée comme un légume, à pleurer. Je n’avais plus d’amis, plus de famille : à 16 ans, c’est compliqué à gérer, cette solitude et cette affliction. J’ai d’ailleurs tenté de me suicider. Je me suis retrouvée SDF pendant un an, et quand j’ai demandé à revenir, mon père a refusé en disant qu’il ne voulait pas que je contamine son autre fille. »
Culture du viol
Au Sénégal, nombreuses sont les victimes de viol qui ont eu à supporter les mêmes remarques ignobles. « Tu n’avais qu’à mieux te couvrir », lançait à une victime son propre père. Dans bien des cas, on retrouve des similitudes : protection du violeur par l’entourage, impunité, diabolisation de la victime… La poire honteusement « coupée en deux » ! La culture du viol dans toute son horreur.
La société sénégalaise est assise au premier banc des accusés, elle qui trouve si souvent refuge dans le « masla » et le « sutura » (une discrétion bienveillante) en vertu desquels on dissimule tout délit ou crime dont l’ébruitement pourrait porter atteinte à l’image ou à la réputation de la famille ou du groupe. Face au viol, « masla » et « sutura » se transforment en boulets sociologiques qui dissuadent toute action en justice et proscrivent jusqu’au soutien élémentaire de la victime. Celle-ci se retrouve donc livrée à elle-même, souvent obligée de cohabiter avec son agresseur – dans 65 % des cas, le violeur est un proche parent. Les rares fois où elle trouve le courage de dénoncer son bourreau, elle est exclue du groupe et jetée en pâture par les semblables du « professeur ».
Se libérer de la honte
Déconstruire cette mentalité rendant la victime complice du crime ou du délit qu’elle a subi est un enjeu capital pour la société sénégalaise. Sur Internet, des groupes comme « Nopiwouma » (« Je ne me tairai pas ») incitent ainsi les personnes ayant subi une agression sexuelle à partager leur histoire en toute confidentialité, afin de se libérer de la honte imposé par une société souvent injuste.
Une lutte indispensable contre la culture du viol, et au-delà contre toute forme de violence exercée sur les femmes et les enfants, afin que soient rétabli au Sénégal le respect de la dignité humaine.
Fatima Zahra Sall/jeuneafrique.com

EN MARGE DES MJC DE MBODIENE

MGR BENJAMIN NDIAYE DENONCE LES VOLS D’ENFANTS ET SACRIFICES HUMAINS

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Les questions d’actualité relatives aux rapts et sacrifices d’enfants relatés par la presse, mais aussi les comportements notamment l’indiscipline sur les routes souvent source d’accidents de de la circulation entrainant des morts, sont au menu de l’homélie de Monseigneur Benjamin Ndiaye, l’Archevêque de Dakar lors de la célébration des Journées mondiales de la jeunesse catholique (JMJ) à Mbodiène, dans la commune de Nguéniène (département de Mbour) à 100 kilomètres au Sud-ouest de Dakar. Il a sollicité des fidèles des changements de comportements et un retour vers Dieu.
Monseigneur Benjamin Ndiaye, l’Archevêque de Dakar est bien au fait des questions d’actualité. Hier à Mbodiène, dans son homélie lors de la messe célébrée dans le cadre des Journées mondiales de la jeunesse catholique (JMJ), il a dénoncé les rapts d’enfants et des sacrifices rituels qui font l’actualité dans les médias ces dernier temps. Selon lui, aucune ambition politique ou des appétits de richesses ne sauraient justifier de pareils actes. Pourtant se référant aux paroles sacrées à l’instar de l’appel fait à Jérémy «Ne répandez pas de sang innocent», Monseigneur Benjamin Ndiaye pense que cet appel est plus qu’actuel car des victimes innocentes périssent dans des accidents de la circulation.
Cette recrudescence des accidents de la circulation pousse le chef de l’Eglise sénégalaise à s’interroger sur les comportements, l’indiscipline, le manque de savoir-vivre et de civisme de certaines Sénégalais. Aussi se demande-t-il si le passage du permis de conduire ne doit pas comprendre une épreuve de savoir-vivre, dans le souci de voir une conversion des cœurs et des mentalités. Dans cette même lancée, il souligne que la situation actuelle vécue, à travers ces drames cités plus haut, montre aussi un abandon de Dieu par ces fidèles.
Ousmane Tanor Dieng, le président du Haut Conseil des Collectivités Territoriales et maire de la commune de Nguéniène, s’est ému et réjoui du niveau d’organisations des JMJ, un exemple d’organisation et d’engagement dans une discipline parfaite. Il a dit toute son adhésion aux évocations de Monseigneur Benjamin Ndiaye souligant que dans son homélie il est revenu sur des questions d’actualités qui sont l’expression d’un monde en crise. Il trouve aussi très c’est très important que les religieux prennent la parole et pour faire revenir les gens à la raison.
Pape Gorgui Ndong, le ministre de la Jeunesse, de la Construction citoyenne et de la Promotion du volontariat a exprimé toute sa fierté. Il a salué le rassemblement de Mbodiène qui, selon lui, est l’expression de la cohésion des religions, un cadre d’échanges et de partages. Il a salué les invites de l’Archevêque pour des changements de comportements de la société surtout des jeunes pour devenir de bons citoyens. Pape Gorgui Ndong n’a pas manqué de faire part de la volonté politique d’œuvrer dans ce sens à travers le Plan Sénégal émergent.
Samba Niébé BA/sudonline.sn

08/03/2018

LES CARTES D'IDENTITE EN QUESTION

Un sondage montre que 63% des Sénégalais n’ont pas encore reçu leurs cartes d’identité

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Un sondage fait sur Facebook, et qui a duré une semaine, a montré que 63% des Sénégalais n’ont pas encore reçu leur carte d’identité numérique de la Cedeao.
En effet, c’est l’activiste Françoise Hélène Gaye Ditweler qui avait lancé ledit sondage en la date du 9 février 2018. Ce sondage qui a pris fin ce 16 février à montré que 63% des Sénégalais inscrits sur le fichier électoral, n’ont pas encore reçu cette pièce qui doit les permettre d’accomplir leur citoyenneté et qui est utile à d’autres choses aussi bien importantes les unes que les autres, dans la vie du citoyen.
« Les autorités étatiques, surtout le ministère de l’intérieur, doivent apporter les mesures idoines, qui permettront à tout citoyen inscrit, de récupérer et de posséder sa carte électeur avec les joutes électorales à venir », diront certainement les opposants.
Ce sondage soulève ainsi la lancinante question du problème du ministère en charge de la question de résoudre au plus vite cette équation afin de permettre à tout un chacun de posséder sa carte biométrique afin de vaquer librement à ses occupations quotidiennes.
jubanti.com

01/03/2018

ALLEZ EN CASAMANCE!

Christophe Bigot : ’’J’encourage les touristes français à continuer de visiter la Casamance"

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L’ambassadeur de France au Sénégal, Christophe Bigot, a demandé aux touristes français de continuer à visiter la Casamance, une ’’destination merveilleuse’’ au Sénégal, les appelant toutefois à ne pas voyager la nuit dans cette zone sud du Sénégal, entre autres précautions.
"Je suis venu une quinzaine de fois en Casamance, moi j’encourage les Français à venir en Casamance, qui est destination merveilleuse’’, a-t-il déclaré mercredi à des journalistes à Pakour, en marge d’une visite de terrain dans le département de Vélingara.
"La Casamance à un potentiel touristique très important, et si vous regardez les conseils que je donne aux voyageurs, c’est des conseils de bons sens : c’est-à-dire de ne pas voyager la nuit, d’éviter les zones minées et les bordures des frontières qui peuvent parfois être dangereuses (...)’’, a-t-il ajouté.
Le diplomate dit encourager la relance du tourisme en Casamance et rappelle avoir ainsi participé aux 72 heures de Diembéring, une manifestation de ce village de Basse-Casamance portant sur ce sujet.
L’ambassadeur de France au Sénégal a par ailleurs annoncé la prochaine visite en France du ministre Sénégalais en charge du tourisme, avant la fin de ce mois de mars, pour examiner avec les acteurs français "les moyens et les modalités" du développement du tourisme en Casamance.
La visite de terrain effectuée par le diplomate français en Casamance visait à rencontrer les acteurs du développement à la base, en vue de s’entretenir avec eux de questions liées à l’immigration régulière, à l’éducation, à la santé et à la culture, entre autres problématiques.
MG/BK/sennews.net

PASSAGE AU SENEGAL

Leçon de vie d'un passage au Sénégal : la «Téranga» sénégalaise racontée par un voyageur

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Je suis français, mes enfants sont français, beaucoup de mes amis également, ma compagne est américaine et, depuis quelques jours au Sénégal, je prends conscience de façon encore plus claire que jamais : la vaaaaaache, c'est impressionant, nous, les français, à quel point nous sommes capables de râler !!! Franchement, bien souvent, c'est notre insatisfaction qui est le moteur de notre vie. 80% des changements de travail est dû au fait que notre manager n'est pas à notre gout. Et ce n'est qu'un exemple. En tant que Français, râler est élevé au rang d'art ! Ici, la «téranga» (générosité, hospitalité en Wolof) règne en maître.
J'étais parti pour oublier le froid parisien et la neige en prenant une dose de soleil et en faisant la feignasse sur une plage... et, dès mon arrivée, j'ai croisé le chemin de Abdoulaye et de Bob (non, je vous jure que c'est son prénom, il y a des hasards qui ne s'inventent pas), deux frères qui m'ont dit : « non, hors de question que tu restes à l'hôtel, tu dois rencontrer le vrai Sénégal ». Sans trop hésiter, je l'ai fait et... quelle gifle ! Grace à ces deux là, au-delà de quelques endroits touristiques, nous avons visité des écoles de brousse, un orphelinat, des villages sans eau ni électricité, des marchés hallucinants au milieu de nulle part, des maisons d'esclaves d'où partaient certains des 16 millions d'africains arrachés à leur terre pour servir le développement des Amériques et des colonies européennes.
Et pourtant, malgré une pauvreté souvent présente, un manque évident de structures... que de sourires, de chaleur humaine, de gentillesse et de vision positive de la vie. En revenant bientôt en France, j'essayerai de me souvenir de ces quelques leçons Sénégalaises :
Leçon 1 : Partage
C'est vraiment impressionnant de voir à quel point la société Sénégalaise se construit autour du partage. Celui qui possède partage avec celui qui a moins. Je ne sais pas comment cela se passe à Dakar, la capitale, mais nous étions dans un village qui se considérait comme relativement développé et tout son fonctionnement tournait autour du partage, y compris avec les villages de brousse qui n'avaient absolument rien. Et pourtant, où nous étions n'avait rien de riche : ni route en dur, pas d'eau courante, des bâtiments plus ou moins achevés. Samba, le Chef de village nous a longuement expliqué que la richesse n'a aucun sens si elle n'est pas partagée... tellement vrai mais tellement éloigné ce que notre société française est devenue. Une fois par semaine, je donne une heure de mon temps à échanger avec l'une ou l'un d'entre vous sur les sujets de votre choix... je ferai plus désormais.
Leçon 2 : Sourire
Pour celles et ceux qui connaissent, le métro parisien n'est pas ce que l'on peut appeler le royaume des sourires ! Ici, tout le monde sourit, sincèrement. Et ce n'est pas uniquement perce que je suis blanc, touriste, et potentiellement source de revenus. Je vois bien comment Bob et Abdoulaye interagissent avec les autres... le sourire Sénégalais devrait être mis au patrimoine de l'humanité de l'UNESCO ! Etrangement, en entreprise, tirer la tronche semble dans certaines structures être preuve de sérieux. Nous devrions essayer le management par le sourire de temps en temps !
Leçon 3 : la simplicité
Franchement, en regardant certaines personnes avec un point de vue français, leur vie semble incroyablement difficile. Nous sommes passés par un village de brousse, sans eau, sans électricité, des cases en bois... les poules et les chèvres qui courent au milieu de ce tout petit village de moins de 30 personnes. Nous sommes venus avec quelques kilos de riz, rien de dingue. Et cette femme qui nous dit tout simplement « merci » mais qui affirme que, franchement, tout va bien, qu'elle aime sa vie et qu'elle croit vraiment que ses enfants connaitront une vie meilleure parce que le Sénégal travaille sur l'éducation de ses jeunes. Se contenter de ce que l'on a, le Dalaî Lama en parle également beaucoup. Cela ne signifie pas ne pas avoir d'ambition mais sans aucun doute ne pas se tromper de motivation pour nos ambitions : l'important est «l'être», pas «l'avoir».
Leçon 4 : le respect
Nous avons visité quelques écoles... et à chaque fois, le même cérémonial. Quand des adultes (mais surtout le maître ou la maîtresse) entrent dans une classe, tous les élèves se lèvent et disent en c...ur « bonjour ». En début et en fin de semaine, tous les élèves se réunissent autour du drapeau national hissé au milieu de la cour d'école et chantent l'hymne national. Je ne regrette pas vraiment le temps où les maîtres d'école avaient le droit de donner des coups de règles sur les doigts des mauvais élèves mais notre société est peut-être allée un peu trop loin dans ce que nous autorisons à nos jeunes générations, non ? Ce respect s'impose également envers les vieilles générations. Notre concept de maison de retraite choque visiblement Abdoulaye... beaucoup, lui qui n'imagine pas ne pas avoir ses parents à ses cotés jusqu'au jour de leurs morts.
Certains codes, aussi ringards puissent-ils nous paraitre ont leur importance dans le cadre d'une société et il est vrai qu'en ces temps où nous parlons beaucoup d'égalité femmes/hommes, peut-être que la simple notion de respect les uns envers les autres serait un bon point de départ.
Leçon 5 : le savoir vivre ensemble
Nous sommes allés sur l'ile de Goree, l'une des plaques tournantes de la traite d'esclaves. Sentiment étrange de se sentir l'héritier d'une histoire profondément violente. Horreur de se rappeler que la France a aboli dans un premier temps l'esclavage en 1794 puis, en 1802 Napoléon l'a de nouveau autorisé, et, enfin, en 1848, la France l'a aboli définitivement. Et, lors d'une discussion après cette visite, Bob (pas celui de mon livre, l'autre), de me dire : « tu sais, c'est bien que tes enfants soient venus voir tout ça... il faut qu'ils sachent ce qui s'est passé dans l'histoire mais, surtout, il faut qu'ils aient conscience que moi, j'ai la peau noire, eux, la peau blanche, mais que si on se coupe, notre sang est le même »... Je sais, c'est un peu tarte à la crème mais c'est tellement vrai et important en ces temps où beaucoup essayent de nous faire croire que le communautarisme est un danger. Ici, les musulmans participent aux fêtes chrétiennes, et les chrétiens aux fêtes musulmanes. Ils sont Sénégalais avant d'être croyants.
Je suis rarement pessimiste, vous me l'accorderez. Mais je pense que dans notre société, nous devrions réapprendre le vivre ensemble de façon urgente. Pendant trop longtemps, ce sont nos différences qui ont été le moteur (d'énergies négatives, certes, mais un moteur malgré tout) : religion, sexe, couleur de peau, âge etc etc. Partir du principe que tous ces adjectifs sont des détails sans importance pourrait grandement nous simplifier la vie.
CONCLUSION
Mon séjour n'est pas encore arrivé à sa fin mais je n'ai jamais vu de société fonctionner à ce point sur la solidarité de façon assumée, voire revendiquée. Si en entreprise nous pouvions ne serait-ce qu'un tout petit peu importer cet état d'esprit : partage des savoirs, partage du temps, respect de toutes et tous quel que soit le niveau hiérarchique, je ne dis pas que nous vivrions au paradis mais, sans aucun doute, le niveau de pression que nous connaissons parfois serait plus bas. OK, certaines et certain
Franchement... si vous en avez l'occasion, passez au Sénégal et si jamais c'est le cas, écrivez-moi que je vous donne les coordonnées de Bob et Abdoulaye... c'est une expérience incroyable.

www.gchatelain.com
Gaël Chatelain, Keynote Speaker-Consultant-Writer/via senenews.com

27/02/2018

QUAND LE SENEGAL DEJANTE

Interdiction de circuler au-delà de 22h : le Sénégal en état d’urgence?

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Les autorités sénégalaises se plaisent à jouer aux pompiers après avoir alimenté à satiété un feu criminel. De source officielle, les accidents de la route causent la perte de 500 vies humaines par an. Le bilan est lourd en victime et la responsabilité est le plus souvent attribuée exclusivement aux conducteurs. Pourtant, les forces de l’ordre et les autorités publiques ne sont pas moins coupables que les chauffards.
Le problème de la sécurité routière ne peut être résolu par la seule mise en vigueur du permis à points. Pas au Sénégal en tout cas. De plus, si des mesures endogènes et adaptées ne sont pas prises, l’interdiction de circuler au-delà de 22 h ne servira qu’à transposer des accidents pouvant se passer la nuit, peuvent aussi se produire en plein jour.
Interdire des citoyens de vaquer à leurs occupations au-delà de 22h jusqu’à 6 h du matin, dans un pays stable qui ne connait ni l’état d’urgence, ni la guerre…c’est du n’importe quoi !
Ceci nous amène à nous poser un certain nombre de questions à savoir : -Que doit-on faire des malades qui doivent être évacués d’urgence à l’hôpital ? Que dire alors du défunt qui doit être conduit à la morgue ? Que dire de la femme enceinte qui est sur le point d’accoucher ? Pensez-vous peut-être que leur état attendra la levée du «couvre-feu» ?
L’Etat doit arrêter d’opter pour la facilité en vue de résoudre des problèmes sérieux. La véritable cause de la mortalité sur nos routes n’est nullement ignorée par les autorités publiques. Elles ne sont pas sans savoir que des voitures âgées de plus de 30 années circulent partout à travers le pays, et pourtant aucune mesure n’a été prise pour y remédier.
Le permis de conduire est obtenu souvent en échange d’une forte somme d’argent ou par l’entremise d’un ami qui connait un ami. Des voitures et de surcroît des transports en commun, en très mauvais état, obtiennent au vu et au su de tout le monde leur visite technique. Chose louche, et leurs propriétaires ne sont pourtant nullement inquiétés ni par la police ni par les autorités compétentes.
Bien au contraire, ces dernières n’ont jamais eu la clairvoyance de soulever le débat. Combien de chauffeurs sont arrêtés sur la route en état d’ébriété mais qui avec quelques billets de banque, réussissent à se tirer d’affaires. Combien de chauffards sans assurance ni visite technique sont immunisés par leur porte-monnaie ? Combien de bus « Tata » réduisent le nombre de sièges, juste pour charger plus de clients. Des bus sensés contenir une trentaine de personnes, en transportent une cinquantaine voire plus, et aucune réglementation n’est faite par l’Etat. Ce sont surtout ces problèmes qui sont la cause des accidents de la route.
Esquisse de solutions
Si les autorités compétentes sont réellement en quête d’alternatives pour réduire le taux de mortalité sur la route, elles n’auront qu’à se pencher sur les cas susmentionnés. De plus, qu’elles fassent repasser le permis aux chauffards, et surtout que les centres de visite technique soient construits dans les 14 régions du Sénégal. Le seul centre de visite technique de Dakar ne saurait suffire pour contrôler tous les véhicules du Sénégal.
Pour le moment, l’idée d’un permis à points ne peut être perçue que comme une fausse bonne solution calquée sur ce qui se passe à l’étranger. Même si une telle mesure est efficace en Occident, cela ne garantit en rien son efficacité sous nos tropiques. Raison pour laquelle nous parlions plus haut de mesures endogènes.
La tricherie et le mimétisme suscitent la paresse intellectuelle. Mais s’il advenait qu’on soit doué dans l’art de calquer ce que les autres font de bien, et de savoir en tirer le meilleur, dans ce cadre, on pourrait envisager une once de mérite pour le tricheur.
Seulement, les autorités sénégalaises ne sont même pas douées dans l’art de tricher, ni de tirer le meilleur du bon. Si cela était le cas alors le permis à points serait accompagné d’un test d’alcoolémie comme cela se fait en Occident. Là où le bât blesse, les autorités ne l’ignorent point. Mais, elles font mine de ne rien savoir. Nous, en tant que citoyens, en avons marre de la politique de l’autruche du gouvernement.
Ibrahima Dieng/senenews

21/02/2018

VOUS AVEZ DIT "EMERGENCE"?

Rosso Sénégal: Un lycée sans eau ni électricité, 4 salles de classe pour 735 élèves, un seul professeur d'Espagnol et...

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La situation des élèves des lycées dakarois, qui se disent préoccupés par la grève des enseignants, est une goutte d'eau à boire, comparée à tous les problèmes que vivent leurs camarades du lycée de Rosso Sénégal (Nord du Sénégal, frontière avec la Mauritanie). Ces derniers doivent faire avec un établissement matérialisé que par quatre salles de classe, sans eau ni électricité, pour un effectif de 735 élèves. Pire, il n'y a qu'un seul professeur d'Espagnol dans tout l'établissement.
Ras-le-bol de cette situation qui se répercute dans la qualité de l'enseignement, les élèves sont descendus dans la rue ce mardi pour interpeller les autorités. "Nous lançons un appel solennel au président de la République des conditions désagréable dans lesquelles nous étudions. Nous avons un lycée qui compte 4 salles de classe. Nous avons moins de 150 tables-bancs pour tout le lycée. Le lycée engendre le collège de Ragg, le collège de Ndiatane et le collège de Rosso Sénégal", a dénoncé leur porte-parole Souleymane Diop sur les ondes de la Rfm
Aussi, les élèves interpelle directement le chef de l'Etat sur les conséquences des mauvaises conditions d'études. "Macky Sall doit savoir que nous devons avoir un lycée digne de ce nom parce que nous le méritons. L'année dernière, nous étions derniers dans tout le département à cause des conditions difficiles que nous vivons. De 08h à 12h, on ne peut même pas faire un cours de 2 heures de temps. Une salle de classe qui compte 84 élèves, c'est inadmissible".
pressafrik.com

19/02/2018

MOURIR AU SENEGAL

Trop de morts évitables au Sénégal

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Les Sénégalais meurent souvent, trop vite, trop facilement et même de manière non nécessaire. On meurt pour n’importe quoi et souvent même pour de la négligence et des futilités. Les causes de mort évitables sont nombreuses. La mort doit être exceptionnelle pour les êtres humains.
Nos services de statistiques doivent se pencher sur la mort au Sénégal, ses causes et les âges qui décèdent le plus. J’ai cherché mais je n’ai pas trouvé de documents compréhensifs sur la mort au Sénégal ; cela est important pour la prospective et les politiques publiques.
Pour une banale syncope, un malaise, les Sénégalais meurent. C’est parce qu’il n’ya pas de services d’urgence et de secours de proximité. Bizarrement, ces morts par malaise se produisent partout, au bureau, au marché, dans les rues, dans les familles et même dans les salles d’urgence des hôpitaux.
Pour une banale opération chirurgicale avec anesthésie générale, les malades ne se réveillent pas et meurent.
Il y a trop de morts par accidents de voiture et de moto Jakarta. Il s’agit le plus souvent de jeunes adultes, bras valides dont le Sénégal a besoin.
Les Sénégalais meurent par dizaine sur leur chemin vers les innombrables ziara et gamou que compte notre pays.
Les enfants se noient et meurent pour leurs loisirs.
Il semble que les professeurs d’université meurent vite après leur retraite en apportant avec eux leur sagesse dont nous avons toujours besoin.
Pour une banale rixe, un désaccord insignifiant dans les arrêts de bus et les gares routières, les couteaux sortent et les Sénégalais meurent.
Pour une banale histoire d’amour, les adolescents s’entretuent, les coépouses se déversent de l’huile chaude ou s’ébouillantent.
Les Sénégalais sont régulièrement tués dans leurs quêtes de pitance quotidienne ; les pêcheurs sont tués par les gardes côtes étrangers ; les ramasseurs de bois morts sont tués dans les forêts ; les citoyens ordinaires sont tués lors de contrôles de routine aux frontières ;
Les Sénégalais meurent de plus en plus dans les services de gendarmerie, de police, de douanes, des eaux et forêts etc…
Même les cambrioleurs et les agresseurs de rue n’épargnent plus leurs victimes et les tuent systématiquement pour ne pas être dénoncés.
Les enfants sont tués par les morsures de serpents.
Les femmes enceintes meurent à l’accouchement.
A l’étranger comme à l’intérieur du Sénégal, les Sénégalais meurent, et souvent, meurent pour rien, trop facilement, trop rapidement. Et puis beaucoup d’entre eux sont enterrés précipitamment, sans que l’on sache pourquoi ils sont morts.
La mort fréquente des Sénégalais interpelle le gouvernement, les députés, et toutes les institutions sociales et religieuses.
L’excès de mort est un indicateur d’un mauvais développement humain. Les Sénégalais meurent par non accès aux services sociaux de base. Les Sénégalais meurent parce qu’ils ne soignent pas ou tardivement ; les Sénégalais meurent parce ce qu’ils mangent mal ; les Sénégalais meurent parce ce qu’ils sont stressés par la recherche de la dépense quotidienne ; les enseignants meurent parce qu’ils ne parviennent pas à joindre les deux bouts ; les Sénégalais meurent parce qu’ils sont mal transportés, mal sensibilisés et mal informés ; les Sénégalais meurent parce qu’ils sont mal encadrés socialement ; les Sénégalais meurent parce que les services de l’administration leurs sont éloignés et sont négligents.
Les Sénégalais ne meurent pas du fait de Dieu, ils meurent du fait du manque de compassion de leurs élites prédatrices.
Les dirigeants doivent réduire leur promptitude à faire des djiaxals et refocaliser leurs efforts pour attaquer les causes de mort. On meurt très peu de vieillesse et de maladies incurables au Sénégal. Nous devons rompre avec ce « ndogaliya yalla » à chaque mort.
Il est urgent de revisiter les politiques publiques pour qu’elles apportent une réponse concertée et synergétique à la mort non nécessaire des Sénégalais. Le Premier Ministre devrait convoquer un conseil interministériel élargi. Peut-être même que le Président pourrait convoquer un Conseil Présidentiel pour discuter et prendre en charge la question de la mort des Sénégalais.
Une société durable est une société prévenante et de prévention. La prévention de la mort doit être au cœur des politiques publiques et de la vie de nos institutions quelles qu’elles soient.
Que Dieu nous garde, nous donne bonne santé et longue vie. Vive le Sénégal.
Petit GUEYE-Maire de SOKONE/dakaractu.com

11/02/2018

CES INFLUENTS MOURIDES

l’incontournable influence des mourides sur la vie politique

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La confrérie religieuse des mourides a une influence certaine sur la vie politique sénégalaise. Chose que le clan Wade ne semble pas ignorer.
Abdoulaye Wade, du temps où il était au pouvoir, avait apporté un soin particulier à la puissante confrérie mouride, à laquelle il avait prêté allégeance. Et ce n’est pas un hasard si son fils, Karim, s’est fendu d’un long communiqué de condoléances, le 11 janvier 2017, après l’annonce de la mort du khalife général.
« Son soutien de tous les instants, ses prières et autres marques d’attention et d’affection à mon égard ont été une véritable source de réconfort durant ces années de persécution, de détention arbitraire et d’instrumentalisation de la justice », écrit-il. Karim Wade, dont les proches ont souvent loué la piété depuis 2014, n’ignore pas que l’influence de Touba peut peser de manière décisive dans une carrière politique.
http://www.jeuneafrique.com/mag/522264/politique/senegal-...

05/02/2018

MINISTERE DES DECHETS

Un ministère en charge des ordures est une nécessité urgente

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Le Sénégal est un pays très sale. Ne mettons pas de gants pour le dire. Nos villes et nos campagnes sont envahies par des tas de déchets polluants et puants de toute nature. Les populations, face à un Etat impuissant, cohabitent avec cette bombe écologique qui menace en permanence leur santé. Le pays de la Téranga offre aux visiteurs, un visage hideux et répulsif n’encourageant pas un billet retour chez nous. Sur la route de Saly Portudal, la route des touristes, le spectacle qui s’offre à ceux qui ont choisi la destination Sénégal, est tout simplement horrible.
Entre Diass et Sindia, c’est l’indignation et la révolte qui animent les voyageurs qui traversent la zone. Quel échec pour ceux qui ont en charge la gestion des ordures dans ces communes. Coïncidence inquiétante, ce spectacle désolant, indigne du Sénégal, se situe à quelques encablures de l’AIBD.
Tout semble indiquer que les ordures sont tolérées par les populations comme décor normal de leur environnement et que finalement, leur amoncellent ne les dérange point. Sur l’étendue du territoire national, le spectacle est le même. Il y a des ordures puantes partout. La solution préconisée par l’Etat depuis 1960 est invariable, les ramasser et les déposer dans un endroit où elles gênent moins le regard des populations et laisser faire la nature.
Les recycler ou les traiter n’est pas encore une option des autorités. C’est pourquoi sans doute les déchets s’accumulent partout, dans une indifférence quasi consensuelle. Les jeunes d’aujourd’hui ne connaissent que la saleté dans les quartiers, aux abords des villes, entre les villes, au bord des routes etc. Ils ne s’émeuvent et ne s’indignent pas en voyant des tas d’immondices en putréfaction dans leur environnement. Ils sont habitués à vivre avec l’odeur putride et cadavérique permanente dans leurs quartiers ou villages.
Pour vivre, l’homme consomme des aliments et bois de l’eau obligatoirement. Il produit alors des déchets en satisfaisant ses besoins vitaux. Il a, pour avoir une bonne qualité de vie, d’autres activités indispensables qui lui permettent de s’habiller, d’avoir un toit, de se déplacer etc. Pour ces différentes activités également l’homme produit immanquablement des déchets. La quantité de déchets produits par l’homme est corrélée positivement au pouvoir d’achat des consommateurs, au degré d’urbanisation du pays et au nombre d’habitants des villes et des villages.
Au Sénégal, on était 3 millions en 1960 et en 2018, on est plus de 14 millions d’habitants. Notre production de déchets a augmenté dans des proportions supérieures à la croissance démographique du Sénégal. Le taux de croissance des déchets est sûrement supérieur au taux croissance économique du pays. Tous les Sénégalais qui prêtent attention à notre environnement, savent que nous étouffons, que nous respirons mal. D’année en année, notre cadre de vie se dégrade dans l’indifférence de tous, citoyens et pouvoirs publics confondus.
Depuis 1960, aucun pouvoir ne s’est attaqué véritablement aux ordures. On se contente de les ramasser et de les déposer dans un autre endroit, à l’abri des regards. Cette politique inadaptée n’est plus acceptable. Il faut maintenant ramasser, recycler et traiter. Il faut une rupture sans délai dans notre politique de gestion des ordures. Pour des raisons de santé publique, les autorités doivent mettre en place une nouvelle politique permettant d’éloigner les producteurs de leurs produits polluants. Il est admis aujourd’hui par tous, que bien gérées, les ordures sont de l’or.
Les sciences de l’environnement ont tellement fait de progrès que valoriser les ordures est une pratique routinière dans les pays qui le veulent. Le Sénégal a la chance d’avoir des ressources humaines bien formées dans les sciences de l’environnement. L’Institut des Sciences de l’Environnement (ISE) et l’Ecole Supérieure Polytechnique (ESP) entre autres, forment des ingénieurs et des docteurs qualifiés pour concevoir et exécuter une politique de bonne gestion des ordures.
Le pouvoir actuel vise l’émergence de notre pays, donc mène une politique, sans le savoir peut-être, qui va augmenter la quantité de déchets produits par l’homme. En effet, toute amélioration de la qualité de vie du consommateur va engendrer une augmentation de sa production de déchets.
Ainsi, si le Sénégal devient émergent, le cadre de vie des sénégalais va se dégrader si la politique de gestion des ordures ne change pas. L’émergence que les Sénégalais veulent doit non seulement augmenter leur pouvoir d’achat entres autres, mais doit leur permettre également de vivre dans un environnement sain et agréable. Il est temps que la gestion des ordures soit considérée comme une priorité nationale au même titre que la sécurité alimentaire pour laquelle l’Etat fait de grands efforts.
Actuellement, personne ne sait quel département ministériel est en charge des ordures. Aucun ministre ne veut de ce bébé. Toutes les tentatives de combinaisons pour nous débarrasser des ordures ont échoué. Ce n’est un secret pour personne, le Sénégal n’a pas une politique cohérente de gestion des ordures à court, moyen et longs termes.
Les ordures n’étant gérées par aucun ministère en fait, l’évidence est de lui créer un département ministériel spécifique, en le dotant de moyens suffisants pour désormais ramasser les ordures, recycler ce qui peut l’être et traiter le reste. On ne peut plus se satisfaire de les ramasser et de les déposer loin des habitations seulement.
Parallèlement à une nouvelle politique de gestion des ordures adaptées, l’Etat doit s’attaquer frontalement au secteur favorisant la production de déchets pour les maîtriser. Les emballages en plastique doivent être abandonnés en faveur du papier à chaque fois que cela est possible. L’eau de boisson produit beaucoup de sachets plastiques et de bouteilles. Les Sénégalais doivent être informés que l’eau du robinet n’est pas plus mauvaise que les eaux vendues dans des sachets ou dans des bouteilles. C’est vérifiable.
Une bonne campagne d’information menée en collaboration avec les médias permettrait de réduire significativement la production de sachets plastiques dangereux pour les animaux et pour l’environnement. Des contrôles bactériologiques de l’eau vendue dans la rue pourraient donner des résultats explosifs, montrant que les sachets en dosettes seraient pires que le lait contaminé Lactalis.
L’Etat doit interdire comme beaucoup d’autres pays les sachets plastiques surtout de faibles grammages. La pollution de notre environnement par le plastique a atteint un niveau qui menace notre élevage et notre agriculture. Le résultat attendu dépendra de la fermeté de l’Etat et des moyens mis en œuvre pour le contrôle de l’application de l’interdiction.
Les Sénégalais doivent être sensibilisés pour qu’ils utilisent au moins 3 poubelles : une poubelle pour les restes de nourriture, une deuxième pour les cartons et les bouteilles en verre et une 3e pour le plastique et le métal. Avec ces 3 poubelles, il serait plus facile de faire du recyclage et du traitement des ordures.
Il y a de réels problèmes de gestion des ordures au Sénégal. Tout se fait à l’informel, à l'approximatif. Avec un département ministériel dédié, des textes règlementaires et des manuels de procédures de gestion des ordures seraient rédigés suite à des concertations inclusives entre tous les partenaires impliqués dans cette nouvelle politique.
Le Ministère dédié pourrait même prendre en charge l’assainissement ,qui est aussi un volet pour lequel le Sénégal est très en retard.
Pr Demba Sow - Ecole Supérieure Polytechnique - Université Cheikh Anta Diop/leral.net

01/02/2018

AU SENEGAL, LES ORDURES SONT POLITIQUES

Gestion des ordures à Dakar : La vérité sur un secteur tué par la politique (Entretien)

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Même si le syndicat des techniciens de surface a décidé de lever son mot d’ordre de grève, Dakar ne s’est pas encore débarrassé de ses ordures. Au marché Gueule Tapée des Parcelles Assainies, impossible de traverser sans que l’odeur nous « attaque ». Une odeur nauséabonde qui pollue l’air. Dans cet entretien accordé à Senenews, Madany Sy, le secrétaire général du syndicat national des travailleurs du nettoiement revient sur les difficultés dans c secteur d’activité, des difficultés qui ont, d’ailleurs, été à l’origine de la grève des acteurs du nettoiement.
Pouvez-vous, M. Sy, revenir sur l’origine de cette gréve qui a fini par transformer Dakar en un dépotoir à ciel ouvert ?
Ce sont les concessionnaires qui étaient partie en grève et c’est eux qui ont levé le mot d’ordre. Pour nous, techniciens de surface, au regard de la solidarité entre nous et les concessionnaires, nous ne pouvions plus continuer notre travail. Les concessionnaires ne sont pas notre employeur. Ils sont employés par l’Unité de coordination de la gestion des déchets solides (Ucg). Et ce qui nous lie avec eux, c’est le budget du nettoiement. C’est à dire les 17 milliards.
Et pour aller en grève, il faut le dépôt d’un préavis qui va permettre l’ouverture de négociations. Un préavis dure un mois. Il y a eu une coïncidence malheureuse. Car, le jeudi 25 janvier passé, nous avions organisé une grande assemblée au niveau du stade Amadou Barry de Guédiawaye.
C’était pour informer les camarades des difficultés mais aussi, il y avait des signes avant-coureurs pour que les gens puissent se préparer éventuellement. Mais, quand on a fait l’Assemblée générale le matin, l’après-midi, les concessionnaires ont arrêté le boulot. Les gens se sont posés cette question sur cette coïncidence.
Tous les syndicats des concessionnaires étaient-ils représentés au niveau de l’Assemblée ?
Oui. Ils étaient là avec tous les départements. Nous sommes 16OO techniciens de surface de Dakar à Yenne.
Mis à part le budget, qu’est-ce qui vous lie avec les concessionnaires ?
C’est eux qui amènent les camions, l’Ucg met à la disposition des camionneurs, le personnel de collecte et de balayage. Nous collectons plus de 2400 tonnes d’ordures par jours. Avec ces 72 heures de grève, il y a eu plus de 7800 tonnes d’ordures qui ont envahi la capitale. Dakar était devenu un dépotoir à ciel ouvert. Sans compter cette indiscipline notoire caractérisée d’une certaine frange de la population surtout avec les charretiers.
Comment le Sénégal peut-il émergé dans la saleté ? Cela ne sera pas possible tant qu’on est en train de fouler à pied la législation du travail. Et nous, en tant que travailleur, il était de notre devoir lors de cette assemblée d’informer les gens pour leur faire savoir que c’était une journée ville morte mais qu’ils pouvaient rejoindre leur secteur respectif en attendant d’avoir la bonne information. Mais les gens en ont tellement parlé et entre temps il y a eu un changement au niveau de la coordination de l’UCG.
Quelle est la mission assignée aux travailleurs du nettoiement regroupés au niveau du Syndicat de national des travailleurs du nettoiement que vous gérez ?
Nous avons une mission de santé et de service public. Notre mission consiste à nettoyer les grandes artères, à nettoyer nos quartiers surtout avoir un cadre de vie sain et attrayant. Mais aussi que l’on nous mette dans des conditions de performances.
Quel est le problème des concessionnaires ?
Les concessionnaires ont des problèmes car, ils réclament à l’Etat du Sénégal cinq mois d’arriéré de salaire qu’ils ont évalués à 7 milliards de F CFA. Et quand ces concessionnaires ont été reçus, avant-hier, par le Premier ministre Mouhamed Boun Abdallah Dionne, il parait qu’il y a eu une avance de 3 milliards 500 FCFA qui leur a été promise. Mais nous techniciens de surface, si nous n’avons pas la logistique, nous ne pouvons pas travailler. Et si les camionneurs ne viennent pas aussi, notre travail est voué à l’échec.
Raison pour laquelle, des manquements ont été notés à notre niveau. Mais, avant-hier, hier et aujourd’hui, Dakar commence petit à petit à être débarrassé de ses tas d’ordures. C’est pourquoi nous avons mis en place deux schémas : le premier schéma consiste à faire de la mécanisation, utiliser les gros moyens (les pelles mécaniques, les camions à ciel ouvert) et le deuxième schéma consiste à faire des porte-à-porte régulièrement. Il faut d’abord ramasser les ordures au niveau des quartiers puisque c’est ces ordures qui sont les dépôts sauvages que l’on retrouve das les grandes artères. Il y a eu une synergie entre la mécanisation et le schéma des porte-à-porte et je pense que d’ici demain ou après demain Dakar va retrouver son éclat.
Cette réactivité des autorités ne serait-elle pas liée à la visite du président Macron au Sénégal ?
Malheureusement au Sénégal, on ne vit que événementiel. Quand il y a eu le sommet de la francophonie, il y avait une grande synergie entre les différents ministères. La gestion des ordures est politisée. Il y a une politisation du secteur de nettoiement. Nous ne sommes ni le bouclier ni le bras armé d’une tierce personne.
Notre travail consiste à ramasser les ordures, à permettre aux populations de ne pas cohabiter avec la saleté, donc nous travaillons pour nous-mêmes mais aussi pour la population car c’est elle qui produit ces ordures.
Et le problème est là, un éternel recommencement, un fou institutionnel à n’en plus finir, une politisation qui ne dit pas son nom et une guéguerre sur le nettoiement. Ce sont les collectivités locales qui ont en charge le ramassage des ordures. Mais ce que l’on voit ici c’est l’Etat central qui gère le budget du nettoiement. Aucune commune, aucune mairie n’est en mesure de gérer le ramassage des ordures raison pour laquelle l’Etat a décentralisé les pouvoirs mais n’a pas décentralisé les moyens financiers.
Cette guéguerre est à l‘origine de ces dysfonctionnements. Plus grave encore, notre budget est évolué à 17 milliards alors que la masse salariale des travailleurs ne dépassent pas 3 milliards.
Les 13 milliards sont partagés entre les concessionnaires et les fonctionnaires depuis 15 ans, je me répète. Il nous faut une nouvelle clé de répartition ? Il faut que le gouvernement prenne les décisions qui s’imposent pour apporter des reformes dans le secteur du nettoiement.
senenews/Thioro Sakho

13/01/2018

QUI A DEZINGUE AÎDAR !!?!

Salif Sadio denonce: « Ali Aïdar a été limogé , parce qu’il protégeait la forêt Casamançaise »

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La dilapidation des ressources forestières en Casamance évolue et sans répit en dépit de tous les effets d’annonce du gouvernement du Sénégal de juguler le mal par la racine.
Une situation de désolation indescriptible de l’agonie des forêts casamançaises ne dédouane ni les Autorités étatiques ni le Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC).
Même si ces derniers se rejettent la responsabilité, ils doivent avoir conscient que la « Verte Casamance » flirte désormais avec le désert qui est aux portes de la Gambie.
La destruction des ressources forestières en Casamance a atteint le seuil de non retour. Toutes les nuits des centaines de charrettes entrent dans la forêts et en ressortent avec des troncs d’arbre sous le regard impuissant des populations. Et malgré l’incinération de 120 charrettes à Diarone sur la route nationale numéro 5 en présence des autorités locales et des Ministres des forces armées, de l’intérieur et de l’environnement, la situation n’a point évolué.
Ainsi la quasi-totalité des réserves forestières casamançaises sont menacées de disparition. La « Verte Casamance » flirt désormais avec le désert qui est aux portes de la Gambie.
D’après une universitaire américaine, spécialisée dans la surveillance de l’évolution des forêts, la forêt casamançaise est passée entre 2010 et 2015 de 40.000 ha à 30.000 ha soit une perte de 10.000 ha en moins de 5 ans.
Des statistiques qui font froid au dos et qui ont poussé l’État à impliquer l’armée dans la bataille. Dans son interview, le Lieutenant des Eaux et forêts de Bignona, Younouss Diédhiou a salué la décision du chef de l’État d’impliquer l’armée dans le combat, de recruter 200 forestiers dont 15 pour Bignona. « C’est précisément au nord de Bignona où on note la recrudescence de ce phénomène.
Cette zone est contrôlée par des bandes armées qui sont fortement impliquées dans l’exploitation du bois créant ainsi des zones inaccessibles », fait savoir le lieutenant Diédhiou.
Mais une thèse balayé d’un revers de main par le chef de « Atika » de la branche armée du MFDC, Salif Sadio. « Le MFDC ne peut pas lutter pour la sauvegarde des intérêts de la Casamance et parallèlement entreprend un programme de destruction des richesses de la Casamance. C’est abject et ça n’a pas de sens » rétorquera-t-il à ceux qui accusent les combattants du MFDC de pillage des forêts casamançaises. A l’en croire, « C’est à l’État du Sénégal de fournir des explications aux populations ». « Je m’en veux pour preuve l’affaire des camions de Caparan.
Le chef de ce village avait arrêté des camions chargés des troncs d’arbres en partance pour la Gambie et il était allé avertir l’armée basée à Tendième qui a réagi aussitôt. Mais au bout de quelques heures, l’ordre est venu de Dakar les ordonnant de libérer les camions immédiatement », a dénoncé Salif Sadio.
Et le chef de « Atika » de dire, »Dites-nous si c’est le MFDC qui a ordonné la libération des camions ». « Pourquoi le ministre Ali Aïdar a été destitué, parce qu’il fait un excellent travail en Casamance », révélera M. Sadio. Pis, alertera l’ancien de l’Environnement Ali Aidar, « Tous les jours ce sont des dizaines de camions qui quittent la Casamance pour Dakar ou la Gambie sous la bénédiction des gens placés au plus haut sommet de l’État ».

Malamine SANE/BIGNONA/senpresse.net/setal/net

11/01/2018

LES SCANDALES DU BOIS DE CASAMANCE

Trafic de bois au Sénégal: la Casamance menacée de déforestation d'ici deux ans

POURQUOI SE VOILER LA FACE DEVANT CE DRAME? DES AGENTS DE L'ADMINISTRATION DÉCONCENTRÉE ET DES SERVICES DÉCENTRALISÉES ONT TOUJOURS ÉTÉ AU CŒUR DE CE CRIME.DEPUIS QUAND PLUSIEURS PERSONNES N'ONT ILS PAS ALERTÉ,DONT MA FAIBLE PERSONNE.
DES PRÉSIDENTS DE COMMUNAUTÉS RURALES ONT ÉTÉ PRIS EN FLAGRANT DÉLIT DE VENTE DE BOIS VERS LA GAMBIE,BEAUCOUP DE BOIS DE CASAMANCE OU KOLDA PARVIENNENT A DAKAR DANS DES VOITURES DE SERVICE DU GOUVERNEMENT,DES VOITURES MILITAIRES....
LES CADRES CASAMANCAIS ONT DÉCLARÉ OUVERTEMENT POUVOIR DONNER LE NOMS DE DEALERS COMMANDITAIRES DE CET ODIEUX COMMERCE.ET NOTRE FAMEUX PROCUREUR ATTEND SUREMENT DES DIRECTIVES POUR AGIR...
rehabilitons notre senegal/Baabili David Ndiaye

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Vue aérienne d'un dépôt de bois à Sare Bodjo en Gambie, à la frontière avec le Sénégal transmise le 26 mai 2016 par l'association sénégalaise de protection de l'environnement Oceanium

 

 

Les forêts risquent de disparaître d'ici deux ans de Casamance, la région la plus boisée du Sénégal, dans le sud du pays, à cause du trafic de bois vers la Chine à partir de la Gambie voisine, a averti jeudi un militant écologiste et ancien ministre sénégalais.
Le pillage de la forêt en Casamance, frontalière de la Gambie et confrontée à une rébellion armée, "a atteint un seuil de non-retour et d'ici deux ans, ce sera trop tard. Nous tirons la sonnette d'alarme", a dit Haidar El Ali, militant écologiste de longue date et ancien ministre de l'Environnement, lors d'une conférence de presse à Dakar.
"Le Sénégal a perdu plus d'un million d'arbres depuis 2010 tandis que les exploitants basés en Gambie ont empoché près de 140 milliards de francs CFA (plus de 213 millions d'euros) en exportant ce bois vers la Chine où la demande de meubles a explosé ces dernières années", a t-il indiqué.
A l'appui de ses dires, il a montré de nombreux documents photo et vidéo, ainsi qu'un graphique illustrant l'explosion des importations de bois de vène provenant d'Afrique, selon les statistiques des douanes chinoises.
Cette contrebande se fait, selon lui, avec la complicité de Gambiens et de Sénégalais mais aussi "d'exploitants et de Chinois mafieux qui installent le désert dans notre pays", a-t-il affirmé, faisant état de l'implication présumée de responsables gambiens.
"Le trafic a pris une telle ampleur que les gens (des émigrés sénégalais, ndlr) reviennent d'Europe pour couper le bois parce que c'est une manne financière", a ajouté M. El Ali, qui dirige l'Océanium, à la fois centre de plongée et association de protection de l'environnement.
"Ce n'est pas un combat facile parce que les intérêts en jeu sont énormes. Le gouvernement sénégalais ne met pas les moyens" pour juguler le phénomène, a ajouté l'ancien ministre, estimant que "c'est une question de volonté politique".
La destruction des forêts "aura un impact irrémédiable sur la fertilité des sols. Le taux de précipitations chutera dramatiquement et impactera l'agriculture et le tourisme dans l'une des régions les plus pauvres du pays", a prévenu le militant écologiste.
En avril, une équipe du ministère sénégalais de l'Environnement qui réalisait une étude sur les ressources naturelles en Casamance avait été arrêtée en Gambie en train de prendre des images de bois coupé et entreposé, pour être relâchée au bout de 48 heures.
La Casamance est confrontée depuis 1982 à une rébellion armée menée par le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).
www.sciencesetavenir.fr

04/01/2018

ALERTE ECOLOGIQUE

Le changement climatique et l’érosion côtière19279747-23230057.jpg

"Aujourd'hui des pans du territoire national disparaissent, beaucoup d'autres sont menacés et en sursis.
Les effets concrets sont là à Rufisque, à Mbour, notamment à Saly avec des cimetières où des hôtels gisent dans l'eau proie de la mer dans une désolation totale.
À Saint-Louis dans la langue de barbarie, les îles du Saloum, l'île de Gorée.
En sursis, Dakar tout le long de la Corniche avec l'université, Fann Résidence, les Almadies dans 50 ou 100 ans.
Il est tant que les universitaires et autres spécialistes en géomorphologie sortent du silence et sonnent l'alerte.
La société civile est également silencieuse ou ignore cette question que nous risquons de transférer aux générations futures.
Le gouvernement se contente de constater pour s'en désoler alors que les victimes immédiates sont dépassées et vivent dans l'angoisse ou la détresse, celles de demain on n’y pense même pas.
Il est temps de prendre cette question à bras le corps collectivement ici et maintenant".
Alioune Tine (Directeur d'Amnesty International Afrique)/ leral.net

03/12/2017

MONSIEUR LE PRESIDENT

Monsieur le Président de la République, on se moque de vous !

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Supplique à son Excellence monsieur le Président de la République du Sénégal
Monsieur le Président de la République, on se moque de vous ! On se moque de vos efforts pour développer le tourisme dans la région des îles du Saloum ; on se moque des routes goudronnées, on se moque de la police de proximité, on se moque des crédits hôteliers, on se moque de toutes ces mesures et de tous ces investissements si coûteux et si prometteurs que vous avez engagés pour redresser la situation catastrophique du secteur touristique dans les Îles du Saloum.
On vous trompe.
Monsieur le Président de la République, la région des îles du Saloum est sans pression d’eau depuis trois ans et sans une seule goutte eau courante depuis maintenant près de deux mois, en pleine saison touristique, excepté la nuit entre 23 heures et 6 heures du matin.
Monsieur le Président de la République, le touriste qui a besoin de liquidités doit parcourir au minimum 150 kilomètres aller et retour pour trouver une agence bancaire où il pourra retirer de l’argent liquide.
Monsieur le Président de la République, les coupures d’électricité répétées, à l’époque de l’hivernage, sont quasiment quotidiennes et peuvent durer jusqu’à 24 heures, comme aux heures les plus sombres des années Wade.
Ceux qui vous disent que tout va bien et que les conditions sont réunies pour que le tourisme reparte dans la région des Îles du Saloum vous trompent. Certes, il repart un peu, mais cela est insignifiant au regard de ce que la région pourrait réaliser.
Faire venir les touristes, c’est bien, mais qu’ils repartent contents, c’est bien mieux. Dans la situation actuelle, tout au contraire, on ne compte plus les dépités qui jurent qu’ils ne remettront plus les pieds plus dans notre si belle région, malgré la chaleur de l’accueil, la beauté des paysages et les multiples activités de loisir qui leur sont proposées.
Monsieur le Président de la République, le touriste a besoin d’eau pour se laver, il a besoin d’argent liquide pour faire des achats et régler son séjour, il a besoin d’électricité pour dormir dans une chambre climatisée, se connecter à Internet et parler avec sa famille.
Monsieur le Président de la République, vous aurez beau construire des aéroports, goudronner des routes, faire la promotion de la région partout sur la planète, si les derniers maillons de la chaîne sont défectueux, vous n’arriverez à rien. Le touriste ne vient pas en vacances pour rencontrer des problèmes, surtout lorsqu’ils appartiennent à un autre âge.
Localement, les agents de l’Etat qui sont chargés d’accompagner le PSE afin d’en assurer le succès se moquent de vous. Ils se murent dans un silence coupable, regardent d’un œil indifférent la situation se dégrader, y compris en matière de constructions illicites en zones protégées qui ruinent le paysage, et ne font rien pour que les choses s’arrangent. À moins que leurs ordres ne soient pas suivis d’effet, ce qui revient au même à quelques détails près.
De façon certaine, ils se moquent de vous.
Sachez, monsieur le Président de la République, que nous le déplorons. Nous déplorons que nos réceptifs soient désertés. Nous déplorons que nos rares clients qui ont prévu de séjourner une semaine repartent dégoutés au bout de deux jours.
Nous déplorons que des problèmes si simples à résoudre soient totalement négligés par les responsables locaux, qui ont sans doute une obligation de résultat en ce qui concerne le PSE comme ils ont aussi certainement une obligation morale vis à vis de vos engagements et de votre avenir politique. Nous déplorons que les grands et si nobles projets que vous avez impulsés soient annihilés par des problèmes mineurs qui grèvent les résultats de votre action, dans ce cadre particulier du PSE.
Nous sommes las d’effectuer démarches et réclamations qui ne sont jamais suivis d’effet. Depuis des mois, des années en ce qui concerne le problème de l’eau, nous parlons dans le vide, personne ne nous écoute.
Au stade où nous en sommes, vous seul pouvez intervenir, vous êtes notre dernier espoir.
Le tourisme ne repartira jamais si ces problèmes de base ne sont pas résolus.
Et pour les résoudre, il vous suffirait d’ordonner, et de vous faire obéir.
Mais surtout, il vous faudrait nommer de vrais responsables, indépendants de la région, à l’image des misi dominici, pour veiller à leur bonne exécution.
Face à l’indifférence et à la démission des services de l’État – à moins qu’il ne s’agisse d’un sabotage politique savamment planifié – la destinée du tourisme dans la région des Îles du Saloum repose entièrement entre vos mains.
Car en l’état des choses il n’y aura plus que deux alternatives : ou bien l’on peut se moquer impunément de vous, ou bien vous aurez fait le choix de nous abandonner.
L’avenir seul nous apportera la juste réponse.
En espérant que cette supplique retiendra toute l’attention qu’elle mérite et apportera une solution à nos problèmes, veuillez croire, monsieur le Président de la République en l’assurance de nos sentiments très respectueux.
Collectif des hôteliers et restaurateurs de la Région des Îles du Saloum
BRB

17/11/2017

ET SI LE SENEGAL REFUSAIT LE DEVELOPPEMENT?

Le consultant Rosnert Ludovic Alissoutin, a, dans une contribution au magazine africain en ligne Continent Premier, indiqué que le sénégalais verse quotidiennement dans la palabre stérile. Beaucoup de discours, mais peu d'actes positifs aux fruits palpables. Ainsi, il se pose la question de savoir si notre pays ne refusait pas le développement.

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Lorsque Axelle KABOU avait osé poser la problématique de la responsabilité des africains dans le retard de l’Afrique, de nombreux sentimentaux, bercés par l’émotion plutôt qu’inspirés par la raison, avaient crié au scandale et à l’afro-pessimisme. Aujourd’hui, quinze ans plus tard, ces détracteurs sont humiliés par le constat implacable d’une Afrique ruinée par la gestion familiale et patrimoniale du pouvoir politique par des dirigeants d’une voracité épouvantable, la banalisation de la vie et de la mort dans des tueries bêtes et sauvages, l’ancrage d’une corruption devenue culturelle et, surtout, l’immobilisme économique et sociale.
Le camerounais Daniel Etounga MANGELLE, est convaincu que : «La cause globale, la cause unique, celle qui est à l’origine de toutes les déviations, c’est la culture africaine, caractérisée par son autosuffisance, sa passivité, son manque d’ardeur à aller à la rencontre des autres cultures avant que ces dernières ne s’imposent à elle et ne l’écrasent, son incapacité, une fois le mal fait, à évoluer à leur contact sans tomber dans un mimétisme abject ». L’économiste conclut que : «Le développement est un processus culturel et politique avant d’être économique et technologique ».
Aucune action performante ne peut être effectuée tant que ne sont pas prises, en amont, des mesures garantissant les capacités, l’engagement et surtout l’état d’esprit positif de l’acteur. La qualité de l’action est donc indissociable de la culture de l’acteur. André GIDE disait : «Ce n’est pas seulement le monde qu’il s’agit de changer, mais l’Homme. D’où surgira t-il cet Homme neuf ? Non du dehors, camarade, saches le découvrir en toi même et, comme du minerai l’on extrait un pur métal sans scories, exige-le de toi cet Homme attendu ». L’œuvre de reconstruction de la Cité est une aventure vouée à l’échec si elle ne commence pas par la reconstruction du citoyen.
Au Sénégal, personne n’a su expliquer le paradoxe d’un peuple si ouvert, si ingénieux, si prompt à s’adapter aux situations les plus éprouvantes, mais si désordonné et si éloigné d’une dynamique ferme et organisée de progrès. Pourquoi le sénégalais ne donne t-il le meilleur de lui-même que lorsqu’il est à l’étranger, à l’image des «lions» du football ? Qui est ce sénégalais qui doit faire le développement ? Quelles sont ses caractéristiques ? Celles-ci sont-elles compatibles avec les exigences du progrès ? En un mot, le sénégalais a-t-il une culture de l’effort, une pédagogie du développement ?
Le sénégalais verse quotidiennement dans la palabre stérile. Beaucoup de discours, mais peu d’actes positifs aux fruits palpables. La réflexion et la conception ne sont certes pas des exercices qui font défaut au Sénégal où se multiplient à un rythme ahurissant les ateliers de conception, de restitution, de capitalisation ou de validation, les séminaires, conférences, assises, fora, symposiums, journées de réflexion, semaines ou quinzaines de promotion, retraites, rencontres, sommets, etc. Les résultats d’envergure que le foisonnement de ces rencontres met en droit d’attendre ne se font pas sentir concrètement. Pour Henri BERGSON, «originellement, nous ne pensons que pour agir.
C’est dans le moule de l’action que notre intelligence a été coulée. La spéculation est un luxe, tandis que l’action est une nécessité ».On fait un tapage pour la construction d’échangeurs alors que des pays théoriquement moins avancés que le Sénégal comme le Mali, le Burkina Faso et même la Guinée ont déjà réalisé ce type d’infrastructures sans tambours ni trompettes. On pense être les champions de la démocratie et les experts de l’Alternance alors que le Mali et le Bénin ont déjà réalisé une double alternance. De manière générale, le Sénégalais pense qu’il est plus éveillé, les autres étant des «ndrings» (guinéens), des «gnaks» (africains du centre principalement) ou des «naars» (mauritaniens et maghrébins par extension). A l’intérieur du pays, le wolof (ethnie numériquement dominante) pense qu’il est plus «civilisé», les autres étant des lak-kats (personnes qui parlent une langue autre que le wolof). Ces dérives conduisent au cloisonnement des forces, au narcissisme, à la suffisance, à l’arrogance et à l’immobilisme.
Le Sénégalais n’est pas prompt à l’investissement et à la production. Dans sa recherche du gain facile et rapide, il cantonne généralement son action au petit commerce, d’où la multiplication, à un rythme supersonique, des souks sur le territoire national. Or, il n’y a pas de richesse durable sans production sécurisée. Cette production doit susciter un progrès soutenu : il faut aller du «développement de la production à la production du développement ».
La production nécessite en effet des capitaux importants, des ressources humaines qualifiées et des stratégies d’action ardues. La réalisation de bénéfices destinés à fructifier cette production est liée à l’écoulement des produits donc à leur compétitivité. L’insertion dans le système productif appelle, par conséquent, un esprit de méthode, de patience et de persévérance contrairement au petit commerce ou les recettes sont, en principe, immédiates. L’épargne privée est tournée vers des secteurs improductifs ou égoïstes comme le bâtiment, les cérémonies familiales ostentatoires et la polygamie abusive.
Le parasitisme familial est aussi un frein à l’investissement privé. La seule personne qui travaille dans la famille est tenue de nourrir ses frères, cousins, oncles, beaux-frères etc. qui se complaisent parfois dans cette situation de perfusé. L’ampleur de l’économie informelle est révélatrice du primat de l’individualisme sur la volonté consciente et organisée de développement collectif. En plus de se soustraire à l’obligation citoyenne d’acquittement de ses charges fiscales, l’acteur de cette économie chaotique, au lieu de s’associer à ses semblables dans l’optique d’investissements substantiels, susceptibles de créer de la richesse et des emplois, se préoccupe de revenus personnels quotidiens. Et lorsqu’il amasse un peu d’argent, il cherche à acheter un visa pour l’Italie ou l’Espagne…
Le Sénégal est l’un des pays les plus aidés de la planète. Les partenaires au développement se bousculent dans les villages les plus reculés, mais on ne voit vraiment pas l’impact de leurs actions, proportionnellement aux sommes énormes annoncées. Certaines ONG excellent dans l’art de l’instrumentalisation des populations déshéritées et la perdiemisation du monde rural. Boladji OGUNSEYE constate que «la relation de mendicité à l’égard des bailleurs de fonds a engendré un gros problème.
Comme les ONG africaines s’acharnent à suivre les donateurs comme des missiles autoguidés sur les traces de l’avion-cible, il ne leur est généralement pas possible de s’engager dans des actions de remise en cause du plan d’action pré-établi, même en cas d’inadéquations criantes sur le terrain ». Les partenaires au développement, pour la plupart, sont donc revêtus d’un «manteau clair-obscur » et munis d’un couteau à double tranchant pour : tantôt soulager la misère des masses déshéritées, tantôt s’appuyer sur le dos de ces mêmes indigents pour s’enrichir, transformant ainsi «la lutte contre la pauvreté en une lutte contre les pauvres ».
La marche du Sénégal vers le progrès est profondément gangrenée par l’indiscipline banalisée, le laxisme toléré et, de manière générale, le refus de l’ordre. La sacralité du service public est régulièrement et impunément bafouée par les retards désinvoltes, l’absentéisme, le bavardage dans les bureaux et la corruption. Partout, la règle est la même : peu le matin et rien le soir. La pauvreté rend les hommes aigres et aigris.
Tout membre du groupe social qui réussi est combattu par pure jalousie, à moins qu’il soit un bailleur de fonds naïf, distribuant gracieusement de l’argent aux charognards qui lorgnent ses biens. A l’intérieur d’une même famille, d’un même service, on s’entretue à coup de maraboutage. On met les pieds dans le plat lorsqu’on n’est pas invité au repas. Comment peut-on construire un progrès sain dans une atmosphère sociale aussi viciée ?
La politique est certes peu compatible à la morale, mais le Sénégal a battu plusieurs records en matière de coups bas, de mensonges publiques et de déloyauté. L’absence de conviction idéologique explique la transhumance politique cavalière. On s’attache non pas à des principes, mais à des personnes ou plutôt à leur argent.
Dans un mépris mesquin du peuple, d’intrépides politiciens changent de veste et de discours, du jour au lendemain, au gré des intérêts financiers, sans conscience ni vergogne, donnant ainsi à une jeunesse fragile, le mauvais exemple de l’opportunisme et du situationnisme. La citoyenneté demeure vacillante, tout comme le sentiment d’appartenance nationale. On s’identifie plutôt à une famille, une ethnie, une caste, une confrérie. Souvent, on est prêt à tout pour le marabout et rien pour l’Etat.
Les croyances fantasmagoriques et le recours abusif au mysticisme conduit au recul de la raison, de la confiance en soi et de l’effort. «L’Africain explique ce qui se déroule autour de lui par l’action des forces occultes, justifie les fléaux par la colère des dieux et place les événements heureux à l’actif des marabouts et des féticheurs ». De nombreuses personnes ont publiquement expliqué le mauvais résultat de l’équipe nationale du Sénégal face à celle du Togo, par un mauvais sort qu’aurait lancé sur les joueurs des marabouts évincés et d’anciens membres de la fédération limogés…
L’impunité, l’absence d’une culture du bilan, le primat des calculs partisans sur l’exemplarité de la sanction, constituent une invitation au laxisme dans l’action publique. Le ministre ou le directeur d’une entreprise publique nouvellement nommé ne fait pas de déclaration publique de patrimoine. A son éviction, il effectue une passation sommaire de service à la place d’une nouvelle déclaration de patrimoine et d’un bilan administratif et financier détaillé, apprécié par les autorités judiciaires. En l’absence de contrôle, le ministre utilise les biens publics à des fins privées ; il se rend aux cérémonies familiales avec la voiture de fonction, parfois accompagné de motards de la gendarmerie nationale, y fait des dépenses insolentes ou effectue sa campagne électorale anticipée le week-end, avec le même véhicule de l’Etat. Comme dans tous les pays africains, les ressources sont détenues par une élite politique avide au détriment des masses laborieuses qu’on s’emploie à aduler et à corrompre à l’approche des élections, dans le cadre du phénomène bien connu de la «marchandisation du vote ».
Malheureusement, on n’observe aucune prémisse d’un sursaut national, d’une introspection critique, d’une remise en question de soi, d’un mea culpa constructif. Au contraire, on note l’insouciance, l’engouement pour la récréation et le folklore. Même le deuil est l’occasion de mangeailles festives. Dans toutes les villes du pays, des centaines de mendiants à la fleur de l’âge errent dans les rues, pieds nus, à des heures tardives, initiés au gain facile, soumis à la tentation du vol, exposés aux dangers du choléra et de la pédophilie. Personne ne s’en offusque, personne ne réagit ; on préfère discuter de politique et de football…
Le drame c’est que le Sénégal, un pays qui regorge de ressources humaines, a parfaitement les moyens de se sortir d’affaire. Mais le problème, c’est moins le Sénégal que le Sénégalais. Il va donc falloir réformer le matériel humain, reconstruire les mentalités, briser les chaînes de l’ignorance, relancer la moralité citoyenne et l’éthique républicaine. L’éducation est impérieuse dans cette optique ; malheureusement les autorités la confinent à une conception presque exclusivement scolaire. Eduquer un homme, c’est aussi l’aider à grandir dans la dignité, lui apprendre à se battre pour lui-même, pour sa famille et pour son pays.
NB: Bashô, fait référence à cet illustre poète japonais du XVII siècle. A l'instar de ses haikus qui célèbrent la fugacité de la vie, cette rubrique souhaite partager l'instantané d'un auteur qui a été ému, révolté ou illuminé par un événement, un incident, une rencontre… sous un format ouvert à toutes les formes d'expressions. Nous ouvrons nos colonnes à nos lectrices et lecteurs, car nous estimons qu'un journal ne se résume pas seulement à la diffusion d'information et d'analyses. C'est également un médium qui peut favoriser l'éclosion de talents, dans un style libre qui permet l'échange et l'expérimental, alimentant ainsi la réflexion collective par le biais de canaux diversifiés. Vous avez été en vacances, vous voulez recréer le monde sans violence, vous avez tout simplement envie de vous faire lire, cette rubrique vous appartient.

Rosnert Ludovic ALISSOUTIN 30/06/2005
Consultant - grefroska@hotmail.com
http://www.continentpremier.com/?magazine=21&article=...

23/10/2017

SAGES PAROLES A APPLIQUER

Souleymane Bachir Diagne : Pourquoi le Sénégal est dans le viseur des djihadistes

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Le Sénégal est bien dans le viseur des djihadistes. D'où la nécessité d'intensifier la lutte contre le terrorisme, qui fait l'actualité de ces derniers jours. Invité de l'émission "Objection" sur Sud Fm, ce dimanche, le philosophe et Professeur Souleymane Bachir Diagne estime que notre pays est visé pour ce qu'il représente : ses valeurs démocratiques et la terre par excellence du soufisme.
La solution immédiate, contre le terrorisme, dit-il, reste le travail d'identification et le partage de renseignements entre les différents États. Alors que la solution durable est l'éducation, préconise l'universitaire dans le quotidien L'As.
Donc, pour éradiquer le mal, il faut inculquer des valeurs de l'islam à la jeunesse, renchérit l'enseignant à l'université de Columbia. Non sans souligner la responsabilité des États qui est, en premier, d'assurer la sécurité de leurs concitoyens, ensuite leur procurer une bonne éducation et une bonne formation.
Last but not least, l'insertion de jeunes et la satisfaction de la demande sociale qui restent, selon lui, une réponse efficace contre le terrorisme.
Seneweb

20/10/2017

LA MORT D'UNE ENFANT POUR 200000FCFA

Combien d'Aicha Diallo meurent dans nos hôpitaux au Sénégal dans un silence et dans une indifférence totale

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J'ai mal!
Combien d'Aicha Diallo meurent dans nos hôpitaux au Sénégal dans un silence et dans une indifférence totale.
Ce qui est arrivée à l'Hopital de Pikine est une erreur monumentale. Une faute impardonnable. Ce n'est pas un cas isolé . On a des Aicha Diallo tous les jours. C'est juste l'arbre qui cache la forêt.
C'est quoi un hôpital ? Est ce un lieu où on soigne des malades ou un lieu où on collecte de l'argent ?
Je ne comprend pas quelle est la politique mise en place ,dans nos hôpitaux et nos centres de sante pour accueillir et soigner nos malades ,par la haute autorité sanitaire du Senegal ?
La gestion d'un centre hospitalier obéit à des règles :l' expertise pour exercer les métiers et les moyens matériaux et financiers .
Les deux facteurs sont absents au Senegal. Ce qui me pousse à me demander si la santé fait partie de la famille des parents pauvres comme l éducation et l'emploi .
Monsieur le ministre de la Santé nous parle d'une ouverture d 'enquête pour situer les responsabilités.
Mais de qui se moque-t-il ce ministre ?
Il est bien le patron des hôpitaux publics du Senegal. Les directives appliquées dans les H P viennent de son ministère. Les directions des hôpitaux ne font qu'appliquer les règles qu'on les dictent.Ces dernières viennent de leurs supérieurs à l'occurrence du ministre de tutelle et du Chef du gouvernement du Sénégal. Si l'Etat souhaite sanctionner il doit se Sanctionner lui même.
Je constate que nous avons le Senegal d'en haut qui a droit à tout:qui se soigne, qui étudie, qui mange à sa faim et qui a un salaire.
Juste à côté, le Senegal d'en bas qui souffre, qui se bat sans appui ni soutien. Le Senegal qu'on cache, celui "qui pleure jusqu'à mourir "comme disait l'autre.
Nous sommes au final tous coupables car nous regardons,nous laissons faire et nous consentons. Aujourd'hui c'est l'hôpital qui est pointé du doigt et demain à qui le tour ?
Mon pays ne sanctionne pas. L'autorité y est absente ou elle ne se fait pas sentir. J ai mal pour mon pays le Senegal.
Qu'ALLAH nous vienne en AIDE. Amine!
M Ousmane Kante
Économiste Expert en Credit Management/pressafrik.com

 

15/10/2017

LE SENEGAL: CATASTROPHE ECOLOGIQUE

Haïdar El Ali : « Le Sénégal est dans un état de catastrophe écologique »

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Alors que la COP21 approche et que l’écologie sera censée être sur toutes les lèvres en novembre à Paris, les pays africains n’ont pas encore brillé par leur contribution. Où en est le continent ? Quelle place pour l’environnement en Afrique ? Réponses d’Haïdar el Ali, ancien ministre de l’Environnement du Sénégal.
« Quand je mourrai, plantez un arbre pour moi plutôt que de prier », a-t-il coutume de dire aux femmes de Casamance qu’il rencontre alors qu’il sillonne la région en lutte contre la destruction de sa mangrove. D’origine libanaise – ses parents ont émigré au Sénégal dans les années 40 –, Haïdar El Ali est un homme convaincu et engagé.
Infatigable défenseur de l’utilisation durable des ressources naturelles, l’ancien ministre sénégalais de l’Environnement se bat pour mettre l’écologie au centre du débat sur le développement et mettre à bas un système de captation des richesses et des ressources au profit d’une minorité dont il fustige la corruption. Initiateur de la fédération des partis écologistes africains, il estime que le salut de l’Afrique passe par une révolution verte, et le crie haut et fort. Interview.

Jeune Afrique : L’écologie s’est-elle durablement installée dans le débat politique en Afrique ?

Haïdar El Ali : Clairement non. On construit encore des centrales électriques qui fonctionnent au charbon, alors que le gaz n’est pas plus cher. Ce n’est pas cohérent. Le continent africain vit globalement des économies de prélèvement mais accepte de voir ses ressources pillées, notamment au niveau forestier ou halieutique. Autre exemple, révélateur : il y a trois semaines, le premier conseiller en matière d’environnement de Macky Sall a écrit dans un article que le réchauffement climatique était du pipeau inventé par l’Occident ! C’est invraisemblable.

Nous disposons de ressources limitées qu’il nous faut gérer dans l’intérêt des populations. Pour nous, c’est davantage une question de survie que d’écologie.

Les pouvoirs africains opposent-ils toujours le développement industriel et l’écologie ?

C’est vrai qu’on a beaucoup entendu ce discours, dans lequel on accuse les Occidentaux de nous parler d’écologie alors qu’ils ont pu polluer pendant de nombreuses années de leur côté tout en développant leur industrie. L’erreur, c’est de regarder le développement à travers le prisme de l’Occident. Il faut comprendre que la ressource est pour nous, Africains, une question de survie. Nous n’avons pas les moyens de filtrer notre air et notre eau, de mettre en place des agricultures en étages, etc… Nous disposons de ressources limitées qu’il nous faut gérer dans l’intérêt des populations. Pour nous, c’est davantage une question de survie que d’écologie. Si on ne préserve pas les forêts ou les mangroves par exemple, il n’y a plus d’agriculture et plus d’élevage.

C’est un pillage organisé et environ 1000 milliards de francs CFA échappent chaque année aux Sénégalais !

Les gouvernements en sont-ils conscients ?

Il ne s’agit pas que des gouvernements. Le problème, c’est que tout le système est basé sur la finance et la croissance, qui ont pour effet de corrompre et donc de diriger et de dominer les quelques personnes au pouvoir. Les trafics de ressources comme le bois est international. Les Chinois, qui se servent des Sénégalais à la frontière avec la Gambie pour récupérer illégalement du bois précieux, ne transportent pas les troncs à dos d’ânes ! Ils passent les frontières et utilisent les groupes internationaux de transport, sous couvert de certificats gambiens qui n’ont évidemment rien à voir avec la véritable marchandise. Tout le monde le sait et ferme les yeux. On déguise des exploitations de bois de grumes sous des permis de bois de chauffe. C’est un pillage organisé et environ 1000 milliards de francs CFA qui échappent chaque année aux Sénégalais !

Les gouvernements sont donc complices ?

Je vais vous donner un exemple : quand je suis arrivé au ministère, il y avait une autorisation d’activité délivrée par les autorités sénégalaises à une multinationale canadienne pour exploiter des mines d’or à six kilomètres à l’intérieur… d’un parc naturel protégé et classé par l’Unesco ! En échange de cette autorisation ? Un contrat entre cette mine canadienne et la direction des Parcs d’un montant de 20 millions de francs CFA ! Dans les grands projets d’extraction en Afrique, les politiques ne regardent même pas les contrats. Ce qui les intéresse, ce sont les sommes qu’ils vont pouvoir empocher. Les multinationales font ce qu’elles veulent.

En somme, les dirigeants africains se « suicident » ?

Globalement, les dirigeants africains n’aiment pas leur pays. Sinon, ils y passeraient sans doute plus de temps. Quand on veut lutter contre la corruption, mettre à la porte des gens qui touchent de l’argent pour dilapider nos ressources, on peut le faire. C’est ce que j’ai fait au ministère de l’Environnement. J’ai dérangé, j’ai été dégommé.

J’ai dérangé, j’ai été dégommé.

Que faire pour que l’écologie occupe une place plus importante dans le débat politique ?

La meilleure piste, c’est l’éducation et la formation des citoyens. Mais, bien sûr, notre force réside aussi dans la fédération de tous ces mouvements écologistes régionaux, nationaux et locaux. Je travaille par exemple avec des associations guinéennes au sujet du trafic de bois impliquant des intérêts chinois. Sur les questions transfrontalières, se fédérer est essentiel. Il faut également chercher à occuper le pouvoir. Ram Ouedraogo essaie au Burkina en se présentant à la présidentielle. Au Sénégal, nous avons une centaine d’élus locaux. C’est positif. Seulement, dans le jeu politique, les partis traditionnels sont mille fois meilleurs, mille fois plus aguerris.

C’est ce que vous avez constaté lors des dernières municipales ?

Quand je me suis présenté aux municipales, il y avait une telle ferveur autour de moi que certains me disaient que je ne pouvais pas perdre. Et puis, le jour où je suis allé voter, j’ai compris : tous les électeurs se faisaient prendre à part à l’entrée du bureau de vote et recevait une somme d’argent. J’ai dénoncé cela au gouverneur et il m’a répondu : « Tant qu’il n’y a pas bagarre, je n’interviens pas » ! Qu’est-ce que vous voulez faire ? J’ai fini quatrième du scrutin.

Votre parti sera pourtant actif lors des prochaines échéances électorales au Sénégal ?

Oui, aux législatives sénégalaises de 2017, nous n’allons pas faire d’alliance avec le parti au pouvoir ou l’opposition, qui entretiennent un système de concentration des richesses dans les mains d’une minorité qui fait la pluie, la pluie, et la pluie. Nous irons seuls et nous verrons bien quelle place l’opinion nous donne.

Le temps, c’est de la vie, et pas de l’argent.

L’opinion, justement, ne semble pas encore faire grand cas de l’écologie en Afrique…

L’opinion, elle se forge notamment par les médias et l’éducation, les deux étant contrôlés par le système que je décris. Cela changera quand l’humain recevra une grosse baffe. Et je ne parle pas d’un tsunami… On se rendra compte que le temps, c’est de la vie, et pas de l’argent.

Globalement, on sent un constat d’échec pour les partis écologistes africains, qui ne parviennent pas à s’imposer. Quelle est leur influence réelle ?

Il y a une réussite, c’est que l’on parle d’écologie. Ce n’était as le cas il y a quinze ans. Ensuite, il y a une vraie influence sur le domaine politique. Au Sénégal, quand j’étais en fonction, nous avons fait passer la loi interdisant les sacs plastiques et nous avons introduit le code de la pêche et le code forestier. Il y a donc des avancées mais il reste beaucoup à faire. Le Sénégal est aujourd’hui en état de catastrophe écologique.

Après les municipales et les législatives, votre prochaine étape est la présidentielle ?

(Soupirs) Malheureusement, cela coûte trop d’argent. Quand j’étais ministre, je me suis retrouvé dans des situations où des gens, notamment des capitaines de bateaux russes qui venaient pêchaient illégalement dans les eaux sénégalaises, me proposaient de l’argent pour que je les laisse partir. Je ne l’ai pas pris. Je crois que l’on s’en sortira quand chacun arrivera à renoncer à ces tentations. J’ai choisi ce chemin. Résultat, je n’ai pas l’argent pour me présenter à la présidentielle.
Mathieu Olivier/jeuneafrique.com

27/09/2017

LE SENEGALAIS N'A PAS CHANGE

Naufrage du Joola : Non, les Sénégalais n'ont pas tiré de leçons du drame !

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C'était le 26 septembre 2002. Alors qu'il reliait Ziguinchor, le bateau le Joola coulait en mer. Près de 2000 personnes y ont perdu la vie. Encore plus terrible que le Titanic, le naufrage devient la catastrophe maritime la plus meurtrière. En cause : la surcharge du navire. "Plus jamais ça", s'étaient emballés les Sénégalais dans leur grande majorité. Quinze ans après, les pratiques demeurent.
Un meurtrier nommé "Indiscipline"
Mercredi 25 mai 2011, consternation sur la voie de dégagement nord ! Un camion chargé de gravats roule à tombeau ouvert et se dispute la route avec un car "Ndiaga Ndiaye". Un acte d'une irresponsabilité déconcertante, qui ôtera prématurément la vie à 3 âmes innocentes.
Dans sa course folle, le conducteur du camion perdit le contrôle de son véhicule qui percute un poteau électrique, tue un jeune talibé et finit sa course sur deux autres jeunes élèves de l'école Machalla! Insoutenable scène!
Le coupable : le chauffeur du camion qui écopera d'une peine de 5 ans de prison ferme. Son permis sera annulé. La page est très vite tournée. La prise de conscience générale n'aura pas lieu. L'indiscipline reprend de plus belle sur les routes.
Les menaces de Macky
Le chef de l'Etat monte au créneau. "Il y a une indiscipline telle que je vais demander au gouvernement de renforcer les moyens de contrôle et de présence pour que nous puissions préserver ces vies humaines, qui auraient pu permettre au pays d'avancer et permettre aux familles éplorées de se développer dans la quiétude", avait-il dit. Rien n'y fit. Chaque jour, même tableau. Des bus, mini bus, cars rapides ou Ndiaga Ndiaye, surchargés à bloc, sous l'œil des forces de l'ordre.
L'indiscipline semble avoir la vie dure. Le mardi 07 août 2012, une vingtaine de famille est dévastée par la tristesse. Un accident d'une rare violence s'est produit à Kaffrine. Bilan : 20 personnes décédées. Le bus a percuté un camion chargé de charbons, la nuit. La cause est toute connue: la somnolence. "Plus jamais ça", a-t-on encore dit. Mais, cela ne freinera aucunement le carnage. De 2012 à 2016, l'indiscipline, l'inobservance des règles de sécurité et de conduite, règnent sur les routes.
"Plus jamais ça", un refrain sans effet
L'année 2016 se montrera particulièrement macabre sur nos routes. Lundi 12 décembre, au moins, 13 personnes perdent la vie dans une collision effroyable à hauteur de Koumpentoum. Dans la même journée à Thieumbeul, un véhicule qui transportait des pèlerins revenant du Gamou, entre en collision avec un "Ndiaga Ndiaye". Bilan : huit 8 morts et plusieurs blessés graves. 21 morts en une journée. Le dimanche 11 décembre, un véhicule 7 places entre, encore, en collision avec un camion frigorifique. 8 personnes meurent. Verdict : 29 morts en 48 heures.
Médina, Gounass, Demba Diop : La honte
Le 15 juillet 2017, l'indiscipline atteint son paroxysme quand des supporters de l'Us Ouakam s'en prennent à ceux du Stade de Mbour, provoquant une tragédie nationale à retentissement mondial. 8 morts seront dénombrés au Stade Demba Diop.
En avril 2017, un incendie d'une rare violence ravage le Daaka de Médina Gounass et fait 30 morts. Pourtant, à chaque édition du Daaka, des incendies meurtriers sont notés. Les mêmes causes provoquent chaque année les mêmes conséquences macabres. Les mêmes comportements meurtriers se poursuivent et l'Etat n'apporte aucune solution radicale. Et même, cet incendie du Daaka, rappelait celui de la Médina où 9 talibés perdirent tristement la vie.
Il n'y a pas que les routes qui tuent. A Diourbel, des branchements électriques vétustes avaient causé un incendie dans lequel un pompier, qui tentait d'éteindre les flammes, a péri.
"Les Sénégalais n'ont pas tiré des leçons de cette catastrophe"
Pour le sociologue Oumou Tandian, l'explication à ces drames répétitifs est simple : "Les Sénégalais n'ont pas tiré de leçons du naufrage du Joola".
"Nous Sénégalais, à chaud, on essaye de tirer les leçons. Mais le problème, c'est que dans la pratique on ne le fait pas. Chez nous, on est tellement fatalistes qu'on dira "Ndogalou Yalla la" (c'est la volonté divine), c'est Dieu qui l'a voulu ainsi on n'y peut rien", analyse Dr Oumou Khairy Coubaly Tandian.
"Aujourd'hui à Dakar vous voyez les véhicules surchargés. En dehors de Dakar également les voitures sont surchargées. Je dirais que les Sénégalais n'ont pas tiré des leçons de cette catastrophe qui peut se reproduire. D'ailleurs, elle s'est reproduit à Bettenty. Peut-être que l'ampleur est moindre, mais ça s'est quand même reproduit", a-t-elle analysé.
Un problème d'autorité et de discipline
La solution pour Dr Oumou Tandian : plus de fermeté de la part des autorités. " Il faut qu'il y ait des sanctions. Car, le transporteur qui surcharge son véhicule lors des fêtes pour gagner plus, ou les transporteurs qui font des aller-retour incessants pour gagner le maximum, c'est qu'ils se disent que quand il y a accident il n'y a pas de sanction derrière. On ne situe pas les responsabilités et on dira "Ndogalou Yalla la" et on continue". Mais il n'y a pas que ça pour le sociologue. "Il y a aussi un manque de respect de la vie humaine. Il faut que les autorités fassent leur travail. Ce sont des problèmes de sécurité que les autorités doivent prendre à bras le corps. Parce que les Sénégalais, tant qu'il n'y a pas de sanctions ils continuent à faire ce qu'ils font. Il faut que l'autorité sanctionne davantage et que les gens prennent conscience aussi du danger", indique Mme Tandian.
Youssouf SANE - Seneweb.com

22/08/2017

DEGRADATIONS DES MOEURS

La dégradation des mœurs au Sénégal

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N’avez-vous jamais été confronté au choix d’un mot plutôt qu’un autre, surtout lorsqu’il est question d’être vraiment pris au sérieux? On est assailli par une foule d’expressions prêtes à nous prendre par la gorge sans qu’on sache à laquelle se fier.
Pas parce que nous ne maîtrisons pas notre discours, mais dans la viduité lexicale actuelle du ouolof, on s’y perd comme dans un labyrinthe. D’une oreille à l’autre, un mot cesse de dire la même chose. Le signifié cesse de renvoyer au signifiant.
Pris au piège du mensonge, de la calomnie et de la médisance, le Sénégalais dénature la syntaxe et érige un système de mots insensés, incapables de cerner le vide social qui nous engloutit comme du sable mouvant.
Dans cette polyphonie syntaxique, mot, expression ou locution désigne plusieurs choses, sans signifier grand-chose. «Sama yeuf, jongama, namouma dara, yaye bagne, yamay danel et dializ ma»...La dérision du discours, la viduité des mots annihilent la fonction thérapeutique du langage.
On s’égosille sans résultats. Les maux sont cernés, mais le «ndeup» national tant annoncé, tarde à prendre forme. Sa quintessence étant confisquée, torpillée, dévoyée, dénaturée, galvaudée, le verbe désormais échoue à cerner le mal.
On s’enlise par les mots dans un voyeurisme impudique. L’érotisme résonne aux oreilles, triomphant presque de tout. On finit par le sentir, le vivre, vivre avec. Un simple mot est évocateur d’une sexualité ou d’une sensualité débridée.
Il faut une posture de l’orateur ou un rappel de l’auditoire, pour ne pas tomber dans le vulgaire, le comique.
Dans cette cacophonie, mots, maux et images, obscènes pour la plupart, sont indissociables. Un délire verbal mine les rapports à autrui. L’échange qui se veut productif laisse place à l’insulte.
Ainsi traqués et trafiqués, les mots passent au scalpel la psyché du Sénégalais. Le jeu de massacre du langage accouche d’un langage codé. Les mots pervertis sont détournés de leur sens premier.
On use d’un vocabulaire anodin, estampillé moderne, installant la haine dans le carcan ordinaire. On ne condamne les dérives que le temps d’une rose, pour faire bonne figure.
On ne s’autocensure plus. Les parents ne réprimandent plus. Les familles ne désavouent plus les leurs. On trahit, on dénonce, on espionne, on enregistre en secret et étale en public les confidences faites dans l’intimité, pour exister. La vie devient un vaste théâtre.
La parole est confisquée par une «élite» végétative, qui érige les contre-valeurs en mode de vie. Des individus sortis des cuisses de la confusion, s’en nourrissent et entretiennent l’amalgame pour survivre.
Un peuple de chanteurs, de danseurs et pas des meilleurs, de laudateurs, d’encenseurs sans once de vergogne, qui ne jurent que par le piston et la grande gueule pour s’assurer leur pain du jour.
Raspoutine (s) des temps modernes qui, par la ruse et le mensonge, s’arrogent le grade de «conseillers» d’un «Tsar» en perte de vitesse. La paralysie de la pensée accouche d’une pyromanie linguistique. Les mots étouffent. La rumeur s’enflamme. On accuse sans preuve, vilipende, triche sans en donner l’air.
On est collabo mais on ne s’en cache plus. Bon sang! Ici, on en est plutôt fier. Une psyché entortillée sous les jupons nauséabonds de la bassesse. On ne communique plus. On cherche à faire le BUZZ. On insulte à faire pâlir Bacchus. On ment les yeux ouverts.
S’il en a un qui n’ait pas sorti indemne de la déchéance de la société sénégalaise, c’est bien la langue, le mot, le langage, le verbe. Appelons-le comme on veut ! Dans ce déclin qui s’enclenche, chacun, dans son acception linguistique, joue sa sombre partition.
Vous, moi, eux, nous tous sommes menacés dans notre liberté, notre devenir et ceux de nos enfants. Alors, ayons toujours en tête que lorsque les vainqueurs triomphent, il ne reste plus que les larmes aux vaincus. A bon entendeur...
Daouda Samba Gaye-Ex-conseiller municipal commune de Mékhé/lesoleil.sn

03/08/2017

LA NON PREVENTION ROUTIERE ASSASSINE LES SENEGALAIS

Un camion de sable tue deux maçons à Saly

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C’est l’émoi et la consternation dans la petite côte. A Saly Portudal, un accident a fait deux morts. Ce drame s’est produit au carrefour, près du musée Kelkhom et de la gendarmerie. Le camion de sable roulait à vive allure selon les témoignages. Il a heurté violemment deux maçons qui étaient sur le trottoir et blessé un autre.
Ils attendaient un taxi pour rentrer chez eux après la descente.
Le chauffeur a pris la fuite mais les deux apprentis sont aux arrêts. Les corps ont été acheminés à l’hôpital de Mbour, l’un est reconnu l’autre n’avait pas pièce d’identité.
Un témoin toujours raconte les faits en constatant une fois encore l'inertie de l'état à rendre beaucoup plus sévère la prévention routière.
"Enième accident ce la circulation. Mais ce soir à Saly devant la Gendarmerie, devant des gendarmes en faction qui ne font que des contrôles d'identité ou de conformité automobile. Qui ne verbalisent pas les infractions gravissimes au code la route. Résultat encore deux morts et des blessés par un camion fou, par un chauffeur non formé, et ignorant tout code de la route.
Les chauffards sont légion. Ils tuent et se tuent sur les routes sénégalaises pendant que les gendarmes jouent avec leur portable ou rackettent à la petite semaine les automobilistes.
Il est d'une absolue nécessité de contrôler l'aptitude à la conduite des conducteurs de toute sorte! Contrôle des connaissances routières du propriétaire lors d'un vrai contrôle technique. Le problème de fond est là pas uniquement l'indiscipline routière ni l'état des véhicules."
Hier encore: trois étudiants tués et plus de 30 blessés à Kaolack...
Voici ce qu'écrivait l'APS voici encore quelques mois:
La Nouvelle prévention routière insiste sur la sensibilisation pour une meilleure sécurité routière
La direction de la Nouvelle prévention routière du Sénégal (NPRS) dit miser sur l’information et la sensibilisation pour davantage prévenir les accidents de la circulation qui "causent énormément de pertes en vies humaines" sur les routes sénégalaises.
"Nous nous positionnons en amont mais il y a d’autres actions qui seront menées par l’Etat du Sénégal, parce que la sécurité routière relève de la responsabilité de l’Etat", a déclaré son directeur.
Matar Faye s’exprimait lors d’un "Road Show" organisé vendredi à Mbour, dans le cadre d’une campagne de sensibilisation de proximité en relation avec la quinzième édition de la Semaine nationale de la prévention routière dont le thème est axé sur "Femme et sécurité routière".
Dans ce cadre, la Nouvelle prévention routière du Sénégal et le bataillon train de l’armée sénégalaise ont choisi les gares routières pour aller à la rencontre des chauffeurs de transport en commun qui, selon Matar Faye, "font beaucoup plus d’accidents du fait qu’ils travaillent énormément du matin jusque tard dans la soirée, sans repos, avec tous les dangers que cela comporte".
"On a constaté qu’il y a moins de déclarations de sinistres auprès des compagnies d’assurance concernant les femmes et de nombreuses études montrent que les hommes sont beaucoup plus enclins à faire des erreurs sur la route que les femmes’’, a fait valoir M. Faye.
S’y ajoute selon lui que "les accidents sont beaucoup plus nombreux chez les hommes que chez les femmes", d’où le choix porté sur ce thème.
Il y a aussi que certains chauffeurs constituent "une cible très vulnérable, parce que travaillant dans des conditions exécrables", sans compter qu’ils ignorent des règles de base dont celle qui stipule qu’un conducteur, après deux heures de voyage, doit "observer une pause de 15 minutes".
"Notre ambition, notre volonté, c’est d’aller vers les acteurs dans les gares routières et de leur proposer des formations" consistant en "une révision des règles de circulation" et portant sur des questions de sécurité et de prévention routière leur permettant notamment de "savoir comment faire pour éviter les accidents de la circulation", a indiqué Matar Faye.
Il rappelle que le tronçon Dakar-Tambacounda est "le plus accidentogène au Sénégal", du fait de son caractère international. Cet axe relie le Sénégal à plusieurs autres pays de la sous-région ouest-africaine.
Le directeur de la Nouvelle prévention routière du Sénégal propose la redéfinition des déplacements sur ce corridor, ajoutée à des stratégies visant plus de fermeté.
Si l’on en croit Matar Faye, "ce qui manque pour établir la sécurité sur nos routes, c’est la fermeté. Il faut que force reste à la loi
et qu’on sache sanctionner".
"Malheureusement, la sanction est considérée, pour beaucoup, comme étant un outil utilisé à des fins punitives, alors qu’elle peut bel et bien être utilisée à des fins éducatives, curatives et préventives", a-t-il souligné.
De même, la sanction peut chercher à "corriger des fautes et à éradiquer des erreurs que les gens ont l’habitude de commettre", a-t-il relevé.
Chaque jour, ces bonnes résolutions non suivies d'actes tue!
BRB

23/07/2017

SENEGAL HORS NORMES

Le Sénégal, un pays hors normes

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Des morts par dizaine est devenu une affaire récurrente et même banale au Sénégal. Avec le naufrage du bateau le Joola qui avait fait des milliers de morts, nous avions pleuré et juré que plus jamais ça. Beaucoup de corps sont toujours au fonds de l’océan et leurs parents n’ont plus d’espoir pour faire le deuil de leurs disparus. Personne à ma connaissance n’a été condamné à la suite de cette catastrophe sans pareille dans le monde. Finalement, il n’y a eu ni responsable, ni coupable dans cette affaire. Toutes les informations indiquent cependant que cette catastrophe est le fruit du nom respect des normes de transport maritime. Le bateau a été hypersurchargé et ses capacités pondérales largement dépassées. Aucune leçon ne semble avoir été tirée à la suite du naufrage du bateau le Joola. Depuis 2006, la surcharge des véhicules de transports, des pirogues, des charrettes, des Taxis Jakarta etc. continuent de faire des milliers de victimes et l’Etat n’a toujours pas pris des mesures pour protéger les sénégalais contre le non respect des normes dans le secteur du transport. Le Sénégal est un pays hors normes et les citoyens le paient cher. Récemment, à Bettenty, de femmes braves dont une en état de grossesse ont perdu la vie probablement à cause de la surcharge de leur pirogue. Comme d’habitude, il n’y a pas de responsable encore moins de coupable.
Au dernier Daaka de Médina Gounass, plus de trente personnes ont perdu la vie tout simplement parce que les règles élémentaires de sécurité n’ont pas été respectées. Pourquoi avoir autorisé avec autant de monde des abris très inflammables sur le site ? A Médina Gounass, les normes n’étaient pas respectées et c’est toujours les populations qui paient lourdement. Comme d’habitude, il n’y a pas de responsable, donc pas de coupable et pourtant 31 personnes ont perdu la vie.
Le dernier scandale dans cette série macabre est le drame du stade Demba Diop avec 8 morts et des centaines de blessés selon le stade de Mbour. Comme d’habitude, on pleure, on fait une enquête mais peut-être il n’y aura encore ni responsable, ni coupable. Les sportifs et les spectateurs qui ont l’habitude de fréquenter le stade Demba Diop savent que le stade est hors normes : l’aire de jeux n’est pas protégée par une grille, les murs ne sont pas normés, les portes de sorties sont également hors normes etc. Dans ces conditions où les normes sont ignorées ou bafouées, la moindre bousculade est forcément fatale. C’est ainsi que 8 jeunes sénégalais ont perdu la vie et c’est encore une fois inacceptable dans un pays organisé. A en croire les informations disponibles, aucune tête n’est tombée et aucun responsable n’a démissionné. Ah oui au Sénégal, on ne sanctionne pas, la culture de la démission n’existe pas non plus. Pourtant, les normes de la démocratie qui ne sont pas écrites devraient pousser les responsables en charge du sport de démissionner en attendant leur éventuel blanchiment ou condamnation. Au Sénégal, on ne respecte pas les normes même pas celles de la démocratie.
Chaque mois pratiquement au Sénégal, il y’a un grand marché qui brûle. Le dernier cas est la réduction en cendres du marché de Diourbel avec la mort regrettable d’un sapeur-pompier. Ce sont des centaines de milliers de FCFA qui sont réduits en cendres à chaque incendie. Cela est inacceptable pour un pays pauvre et même très pauvre de voir l’économie de braves citoyens brûler si banalement. Le cycle infernal des incendies de nos marchés est tout simplement dû au non respect des normes d’aménagement de ces sites, du non respect des branchements électriques, du non respect des couloirs d’accès des soldats du feu. Là encore il apparait clairement que le Sénégal est un pays hors normes avec les conséquences économiques dramatiques pour les commerçants et le pays.
Récemment, une dame a été broyée par le train à Thiès. C’est surement le nième cas de citoyens qui cherchaient de quoi ramener à la maison mais qui ne reverra pas sa famille parce écrasé par le train. Quand on fait le tour au marché de Thiaroye Gare, on est scandalisé par l’envahissement des rails par les commerçants et leurs clients. Pourquoi l’Etat ne fait rien et ne dit rien. Sans avoir le don de Selbé Dom, je prévois une catastrophe de la dimension du drame de Demba Diop prochainement sur ce site. A Thiaroye Gare et dans beaucoup de localités, le chemin de fer est hors normes. Les populations et les animaux sont à la merci des trains. L’Etat n’interviendra que lorsqu’il y aura mort d’hommes. Personne ne sera alors responsable, donc il n’y aura pas encore de coupable. Le chemin de fer est comme l’autoroute. Il est dangereux pour les populations et les animaux. Il doit être sécurisé selon les normes en vigueur. Comme on l’a fait avec l’autoroute, il faut exproprier les riverains des rails pour que nul ne puisse les traverser n’importe où et encore moins y faire du commerce.
En observant les sénégalais dans leur vie de tous les jours, on constate facilement que beaucoup de nos concitoyens ne respectent pas les normes qui nous ont toujours permis de vivre ensemble et de vivre bien. Beaucoup de sénégalais sont devenus indisciplinés, insolents, violents, irrespectueux, corrompus, agressifs. Le drame de Demba Diop est aussi lié à l’agressivité des jeunes supporters. Beaucoup d’adultes notamment certains politiciens sont des contres modèles. En cette période de campagne électorale, on voit combien certains responsables politiques sont pourris. Il y a des choses qu’on ne doit pas demander à un Homme qu’on respecte sous aucun prétexte et il y a des revirements indignes d’un Homme d’honneur, digne et de foi.
L’immaturité de certains hommes politiques est perceptible à travers cette campagne électorale qui est indigne de notre démocratie. On ne propose pas au sénégalais des projets de société mais des banalités sans intérêts. Les populations qui en ont marre du sous-développement voudraient savoir où vont les mener ceux qui prétendre les diriger après le 30 juillet 2017. Inutile de leur dire ce qui est fait, ils le vivent intensément donc ils le savent, inutile de leur critiquer le pouvoir, ils peuvent le faire en connaissance de cause. Candidats à la majorité parlementaire, dites aux populations ce que vous ferez pour les soulager après votre victoire et comment vous le ferez. Au lieu de décliner leur projet de société, beaucoup nos candidats députés font de la médiocre comédie tous les soirs sur la RTS. En plus, ils ont tendance à devenir violents et agressifs. Beaucoup d’observateurs avertis craignent le pire. Nous vivons en ce mois de juillet 2017, un vrai recul démocratique par rapport aux campagnes législatives antérieures. Tout semble montrer que la pléthore de listes crétinise nos candidats.
Respectons les normes sociales qui ne sont pas toujours écrites mais qui constituent le liant qui nous permet de bien vivre dans notre société. Quant à l’Etat, il devra, pour nous éviter les catastrophes macabres cycliques, mener une politique sans complaisance de respect des normes dans tous les domaines : transports, sécurité, éducation, environnement, aménagement du territoire, santé et hygiène, sécurité sanitaire des aliments etc. Ces normes sont souvent écrites mais l’Etat semble les ignorer. Lorsqu’un responsable qui qu’il soit ne respecte pas ou ne sait pas faire respecter les normes, il doit démissionner ou être limogé. La culture de la démission et de la sanction est indispensable dans une vraie démocratie. On a eu 2 alternances démocratiques indiscutables mais visiblement notre démocratie a des faiblesses graves qu’il convient de corriger au plus et sans délai.
Pr Demba Sow/ferloo.com

20/06/2017

POLITIQUE ET RELIGION

Quand le pouvoir religieux freine l’autorité de l’Etat

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C’est un truisme de dire qu’au Sénégal, l’autorité de l’Etat ne s’exerce pas partout de la même manière. La ville de Touba par exemple jouit d’un statut particulier qui lui confère certains privilèges, comme le fait de ne pas respecter la parité en matière électorale.
La présence de la gendarmerie et des forces de police a été une « concession » des autorités religieuses, permettant ainsi de faire exercer, d’une certaine manière, l’autorité de l’Etat.
Toutefois, les derniers événements dans la ville sainte en disent long sur le traitement fait aux forces de sécurité et de Police souvent obligées de se référer au Khalife général pour exercer leurs prérogatives. Car, il y a, comme qui dirait, une forme de résistance passive et parfois active de la part de populations qui ne reconnaissent que l’autorité du Khalife.
C’est ainsi que si un des éléments affectés sur place se comporte d’une manière jugée répréhensible par les populations, le Khalife est interpellé pour qu’il mette fin à ses exactions ou qu’il soit tout simple affecté ailleurs.
Un ancien gendarme aujourd’hui à la retraite et qui a été dans le groupe des premiers ayant servi à Touba, nous raconte qu’il a une fois été convoqué par le Khalife général des Mouride en personne, Serigne Saliou Mbacké, à l’époque, parce qu’on lui a raconté qu’il frappait les enfants. Il n’a dû son « salut » qu’aux explications claires qu’il a apportées au marabout très attentif à son raisonnement et qui l’a convaincu.
Cette situation rappelle cette sortie du Grand Serigne de Dakar, Abdoulaye Makhtar Diop, qui rappelait que la loi sur l’interdiction de fumer en public n’est pas applicable au Sénégal parce que chez les Khadres par exemple, « tout le monde fume, y compris le Khalife général ».
Le Chef de la communauté Lébou, pourtant grand homme d’Etat, rappelle que personne n’ose condamner le Khalife général parce qu’il fume en public.
Comme quoi, la loi sur le tabac ne s’aurait s’appliquer à cette confrérie parce qu’ils ont l’habitude de fumer en public.
Et cette faiblesse de l’autorité de l’Etat face au pouvoir religieux ne s’arrête pas là.
D’Abdou Diouf à Macky Sall, tous les Chefs d’Etat se sont attaqués à la mendicité des enfants de la rue au Sénégal. Ils sont tous reculé face à la pression de groupes religieux qui ont mené des campagnes contraires de protection de l’Islam et de son héritage au premier rang desquels les daaras, ces écoles coraniques dont le mode d’enseignement est contraire à ce quoi se fait dans les écoles modernes.
Bien sûr, le pouvoir politique craint le vote-sanction de la part de communautés qui n’hésiteront pas à exécuter la « fatwa » de leurs chefs.
La réalité, au Sénégal, c’est que les citoyens sont beaucoup plus obéissant au pouvoir religieux qu’au pouvoir politique. La preuve, chaque homme politique a son marabout qu’il écoute surtout au moment des choix importants.
L’ancien ministre Samuel Sarr disait par exemple que c’est son marabout qui lui a désormais interdit de s’attaquer à Macky Sall. Depuis lors, il s’est rapproché de lui. Et il est loin d’être le seul.
Mieux, si un problème surgit, l’autorité centrale de l’Etat et les autorités décentralisées se réfèrent d’abord aux marabouts.
Les Khalifes généraux sont les premières sollicités, mais, à côté d’eux, leurs frères, sœurs, enfants et autres parents bénéficient aussi de cette sollicitude source d’immunité de toutes sortes qui leur confèrent beaucoup d’avantages comme les passeports diplomatiques, des statuts d’Ambassadeurs itinérants, des marchés de l’Etat, etc.
C’est ce qui explique l’influence toujours plus grandissante du pouvoir religieux. Ce sont les Sénégalais eux-mêmes qui le veulent ainsi. Nous avons ainsi un système dit « laïque » mais qui est à forte connotation religieuse, avec cependant le seul garde-fou que la plupart des marabouts ont en tête la préoccupation de respecter au maximum les lois de l’Etat.
Car, l’Etat a su, à des moments difficiles, exercer tout de même son autorité même cela pourrait être perçu comme de l’autoritarisme, parfois. C’est le cas lors de l’arrestation de guides religieux comme Serigne Cheikh Tidiane Sy au temps de Senghor et de son fils Serigne Moustapha beaucoup plus tard par le régime de Diouf, celle de Cheikh Béthio Thioune pour l’affaire du double assassinat de Médinatoul Salam, celle de Assane Mbacké suite à l’incendie de la maison du député Moustapha Lô, celle dramatique de Khadim Bousso, etc. Et la liste est loin d’être exhaustive.
L’Etat a su aussi interdire la militarisation des milices privées de certains groupes religieux, notamment de Serigne Modou Kara.
C’est la particularité de notre système politique. Très inféodé au pouvoir religieux, il sait lui être docile, mais aussi hostile quand la situation l’exige.
C’est ce subtile dosage qu’il faudrait toujours réussir dans les relations ô combien sensibles entre pouvoir religieux et pouvoir politique au Sénégal.
L’un a besoin de l’autre dans l’exercice de son sacerdoce.
Il faudra toujours respecter le pouvoir religieux, mais travailler à l’amener à appliquer la loi dans toute sa rigueur.
Awa Diallo-Rédaction mediasenegal.sn

05/03/2017

Corruption...

Ousmane Sonko : «Le Sénégal est pauvre à cause de ses dirigeants corrompus »

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Malgré sa place qui se situe dans les 25 pays les plus pauvres de la planète, le Sénégal est un pays extrêmement riche. C’est l’avis de Ousmane Sonko qui s’exprimait lors de l’étape de Pire de sa tournée dans le département de Tivaouane. Selon lui, cette situation est due au caractère corrompu de la classe dirigeante qui ne pense qu’à s’enrichir.
«Le Sénégal est un pays extrêmement riche, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, et qui, curieusement, figure encore parmi les 25 pays les plus pauvres de la planète », a déclaré Ousmane Sonko, le leader de Pastef.
Poursuivant, l’ancien inspecteur principal des impôts et domaines impute cette situation à «cette élite généralement corrompue, qui ne conçoit le pouvoir politique et le pouvoir d’Etat que comme un moyen d’enrichissement personnelle». Et d’ajouter : «des gens sont passés de simples locataires à milliardaires en un temps record, sans avoir eu d’usines, ou d’autres business que d’avoir été ministre, ministre d’Etat. Ce qui est inadmissible».
Dans un autre registre, M. Sonko fustige l’utilisation de l’appareil d’Etat «comme un appareil pour se maintenir au pouvoir et pour casser des adversaire. Un appareil qu’on instrumentalise, qu’on détourne de sa vocation première qui devait être de servir les populations ».
Et dans cette optique, aucun service de l’Etat, «que ce soit les services de renseignement, que ce soit la justice l’administration, tout maintenant est au service de la traque des opposants», dénonce-t-il.
Pressafrik

24/02/2017

NOUVEAU ROMAN DE FATOU DIOME

Fatou Diome publie un ouvrage sur l’identité nationale

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La romancière sénégalaise Fatou Diome va publier son nouvel ouvrage le 15 mars prochain. « Marianne porte plainte ! » est le titre de ce roman qui parle de l’identité nationale à l’approche de la campagne présidentielle en France.
Encore un nouvel ouvrage de Fatou Diome ! La romancière d’origine sénégalaise va publier, le 15 mars prochain, un nouveau roman. « Marianne porte plainte ! » sera le titre du prochain ouvrage de la romancière native des îles du Saloum. Très engagée sur le thème de l’émigration avec plusieurs de ses publications qui portent sur cette problématique, Fatou Diome revient cette fois-ci sur un autre sujet qui l’intéresse aussi : la question de l’identité nationale en France avec, en perspective, la prochaine campagne présidentielle.
« Alors que le débat sur l’identité nationale risque d’occuper une place centrale dans la campagne présidentielle, Fatou Diome dénonce les excès de ses défenseurs, qui ruinent la cohésion sociale, fondement de notre République », explique la notice de l’ouvrage. « À trop encenser les racines locales, les uns oublient que les migrations sont au cœur de la marche de l’Histoire. À trop instrumentaliser la laïcité, les autres réveillent de vieux accents inquisiteurs », poursuit l’auteure qui, dans ce livre, parle des deux sujets qui ont été le fil conducteur de sa production littéraire : les migrations et l’identité nationale.D’origine sénégalaise, Fatou Diome est installée en France depuis une vingtaine d’années sans couper le lien qui le lie à son pays, à son terroir natal, les îles du Saloum, et sa culture de Sérère Niomimka. Dans beaucoup de ses livres, elle ne manque pas de faire référence à des référents culturels qui l’ont marquée durant son enfance et adolescence en pays sérère Niomimka. « Quand le "Eux et nous" oriente le discours, c’est la victoire des amalgames et dans son sillage du rejet et de la haine de l’autre qui se dessine. Au lieu de dresser les uns contre les autres, les pompiers qui se font aujourd’hui pyromanes devraient définir les modalités d’un destin collectif », poursuit-elle dans la présentation de l’ouvrage qui vient après sa dernière production « Impossible de grandir » où elle parle de la vie d’une fille, Salie, née hors mariage et qui sera marquée par le regard accusateur de l’entourage familial. Son histoire personnelle qu’elle n’a pas hésité à coucher sur un roman avec un grand courage.
« Dans une magnifique ode à la France, mère patrie adoptive prenant aujourd’hui des allures de marâtre, Fatou Diome s’interroge sur ce que pourrait être une identité nationale, ciment de la République, appuyée sur un pilier crucial, l’éducation, seule capable de libérer des tiroirs identitaires et d’affirmer l’appartenance commune au genre humain », lit-on dans la présentation de l’ouvrage.
Fatou Diome est née au Sénégal et est arrivée en France depuis 1994 et vit depuis à Strasbourg. Elle est l’auteure d’un recueil de nouvelles « La Préférence nationale » (2001) ainsi que de cinq romans, « Le Ventre de l’Atlantique » (2003), « Kétala » (2006), « Inassouvies nos vies » (2008), « Celles qui attendent » (2010) et « Impossible de grandir » (2013). Dernièrement, elle avait fait une sortie remarquée dans l’émission « Ce soir ou jamais » sur France 2 sur la question de l’accueil des migrants en Europe.
Oumar NDIAYE/lesoleil

08/02/2017

LA DETTE DU SENEGAL

Record absolu : La dette du Sénégal dépasse les 5 000 milliards de francs

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La dette du Sénégal s’est très rapidement reconstituée en dix ans après les annulations des initiatives Pays pauvre très endetté (Ppte) et d’allégement de la dette multilatérale (Iadm) de 2006.
Alors que Wade avait laissé un encours de 3076 milliards de francs Cfa, son successeur en est déjà à 5 100 milliards.
Niveau alarmant de l’endettement public. L’encours de la dette publique du Sénégal a, selon le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, atteint 5 100 milliards de francs. Ce qui correspond à un peu plus de 60 % de son Produit intérieur brut (Pib) là où l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) plafonne l’endettement des pays membres à 70 % de leur Pib.
Si pour le gouvernement, ce niveau d’endettement est révélateur de la confiance des partenaires financiers du Sénégal, des économistes, préoccupés par la viabilité de la dette et la soutenabilité des finances publiques, le trouve alarmant.
Après les annulations de la dette du pays issues des initiatives Pays pauvre très endetté (Ppte) et l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale (Iadm) de 2006 qui a vu le taux d’endettement passé de 78 % à 20,9 %, on note une tendance haussière. Ainsi, ces annulations ont ouvert d’autres possibilités d’emprunt pour le Sénégal, notamment à l’extérieur. Ce qui fait peur à certains à cause des variables financières très importantes dans la dette que sont le taux d’intérêt et le taux de change. En effet, le poids de la dette extérieure dans le stock de la dette publique fait de la variable taux de change un élément dont l’évolution influe fortement sur les indicateurs de l’endettement public. La fluctuation du dollar, monnaie à laquelle le pays s’endette souvent, peut rendre les remboursements plus onéreux, comme le montre le service de la dette qui dépasse les 50 milliards de francs Cfa par mois. Une manne qui, avec la masse salariale de l’Etat, risque de grever le budget de l’Etat. De même, pour la dette intérieure le coût du crédit affecte de manière directe le niveau des remboursements.
Profitant de la détente des taux sur le marché financier international, en 2013, l’Etat avait émis une obligation de 500 millions de dollars pour combler le gap de financement et réduire le recours aux financements à court terme sur le marché domestique. Cependant, le retournement de cette tendance baissière a remis en cause cette option.
Malgré tout, le rythme d’endettement du pays n’est pas alarmant pour l’argentier de l’Etat. «Pour l’heure, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. La dette du Sénégal s’élève à 5 100 milliards de francs. La dette n’est pas mauvaise. Il n’y a aucun économiste qui dit qu’il ne faut pas s’endetter. Celle qui est mauvaise est la dette utilisée pour faire du fonctionnement. Si on s’endette avec un taux d’intérêt qui baisse pour faire des investissements, c’est une excellente chose. Mais on doit être vigilant. Nous avons un ratio d’endettement de 60 % du Pib contre une limite de 70 %», relève Amadou Bâ. Qui soutient que, pour l’essentiel, le Sénégal a une dette multilatérale très longue, avec une concessionnalité qui varie entre 15 et 50 % et une maturité qui varie entre 20 et 25 %. «L’encours de la dette est tout à fait soutenable. Il représente à peu près 30 % de nos recettes alors qu’en 2011 le service de la dette représentait 34 % de nos recettes», a-t-il ajouté.
Le rythme de reconstitution de la dette publique n’est pas sans rappeler des critiques de télégrammes formulées par Jean-Christophe Rufin, ambassadeur de France à Dakar. Lequel déconseillait à son pays de consentir un nouveau prêt au Sénégal. Signer un pareil chèque sans demander au Sénégal de réformer profondément son système politique, reviendrait, selon lui, à fournir à un toxicomane la dose qu’il demande, mais qui le conduit un peu plus sûrement vers sa fin.
Seyni DIOP/Walf Quotidien