17/11/2017

ET SI LE SENEGAL REFUSAIT LE DEVELOPPEMENT?

Le consultant Rosnert Ludovic Alissoutin, a, dans une contribution au magazine africain en ligne Continent Premier, indiqué que le sénégalais verse quotidiennement dans la palabre stérile. Beaucoup de discours, mais peu d'actes positifs aux fruits palpables. Ainsi, il se pose la question de savoir si notre pays ne refusait pas le développement.

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Lorsque Axelle KABOU avait osé poser la problématique de la responsabilité des africains dans le retard de l’Afrique, de nombreux sentimentaux, bercés par l’émotion plutôt qu’inspirés par la raison, avaient crié au scandale et à l’afro-pessimisme. Aujourd’hui, quinze ans plus tard, ces détracteurs sont humiliés par le constat implacable d’une Afrique ruinée par la gestion familiale et patrimoniale du pouvoir politique par des dirigeants d’une voracité épouvantable, la banalisation de la vie et de la mort dans des tueries bêtes et sauvages, l’ancrage d’une corruption devenue culturelle et, surtout, l’immobilisme économique et sociale.
Le camerounais Daniel Etounga MANGELLE, est convaincu que : «La cause globale, la cause unique, celle qui est à l’origine de toutes les déviations, c’est la culture africaine, caractérisée par son autosuffisance, sa passivité, son manque d’ardeur à aller à la rencontre des autres cultures avant que ces dernières ne s’imposent à elle et ne l’écrasent, son incapacité, une fois le mal fait, à évoluer à leur contact sans tomber dans un mimétisme abject ». L’économiste conclut que : «Le développement est un processus culturel et politique avant d’être économique et technologique ».
Aucune action performante ne peut être effectuée tant que ne sont pas prises, en amont, des mesures garantissant les capacités, l’engagement et surtout l’état d’esprit positif de l’acteur. La qualité de l’action est donc indissociable de la culture de l’acteur. André GIDE disait : «Ce n’est pas seulement le monde qu’il s’agit de changer, mais l’Homme. D’où surgira t-il cet Homme neuf ? Non du dehors, camarade, saches le découvrir en toi même et, comme du minerai l’on extrait un pur métal sans scories, exige-le de toi cet Homme attendu ». L’œuvre de reconstruction de la Cité est une aventure vouée à l’échec si elle ne commence pas par la reconstruction du citoyen.
Au Sénégal, personne n’a su expliquer le paradoxe d’un peuple si ouvert, si ingénieux, si prompt à s’adapter aux situations les plus éprouvantes, mais si désordonné et si éloigné d’une dynamique ferme et organisée de progrès. Pourquoi le sénégalais ne donne t-il le meilleur de lui-même que lorsqu’il est à l’étranger, à l’image des «lions» du football ? Qui est ce sénégalais qui doit faire le développement ? Quelles sont ses caractéristiques ? Celles-ci sont-elles compatibles avec les exigences du progrès ? En un mot, le sénégalais a-t-il une culture de l’effort, une pédagogie du développement ?
Le sénégalais verse quotidiennement dans la palabre stérile. Beaucoup de discours, mais peu d’actes positifs aux fruits palpables. La réflexion et la conception ne sont certes pas des exercices qui font défaut au Sénégal où se multiplient à un rythme ahurissant les ateliers de conception, de restitution, de capitalisation ou de validation, les séminaires, conférences, assises, fora, symposiums, journées de réflexion, semaines ou quinzaines de promotion, retraites, rencontres, sommets, etc. Les résultats d’envergure que le foisonnement de ces rencontres met en droit d’attendre ne se font pas sentir concrètement. Pour Henri BERGSON, «originellement, nous ne pensons que pour agir.
C’est dans le moule de l’action que notre intelligence a été coulée. La spéculation est un luxe, tandis que l’action est une nécessité ».On fait un tapage pour la construction d’échangeurs alors que des pays théoriquement moins avancés que le Sénégal comme le Mali, le Burkina Faso et même la Guinée ont déjà réalisé ce type d’infrastructures sans tambours ni trompettes. On pense être les champions de la démocratie et les experts de l’Alternance alors que le Mali et le Bénin ont déjà réalisé une double alternance. De manière générale, le Sénégalais pense qu’il est plus éveillé, les autres étant des «ndrings» (guinéens), des «gnaks» (africains du centre principalement) ou des «naars» (mauritaniens et maghrébins par extension). A l’intérieur du pays, le wolof (ethnie numériquement dominante) pense qu’il est plus «civilisé», les autres étant des lak-kats (personnes qui parlent une langue autre que le wolof). Ces dérives conduisent au cloisonnement des forces, au narcissisme, à la suffisance, à l’arrogance et à l’immobilisme.
Le Sénégalais n’est pas prompt à l’investissement et à la production. Dans sa recherche du gain facile et rapide, il cantonne généralement son action au petit commerce, d’où la multiplication, à un rythme supersonique, des souks sur le territoire national. Or, il n’y a pas de richesse durable sans production sécurisée. Cette production doit susciter un progrès soutenu : il faut aller du «développement de la production à la production du développement ».
La production nécessite en effet des capitaux importants, des ressources humaines qualifiées et des stratégies d’action ardues. La réalisation de bénéfices destinés à fructifier cette production est liée à l’écoulement des produits donc à leur compétitivité. L’insertion dans le système productif appelle, par conséquent, un esprit de méthode, de patience et de persévérance contrairement au petit commerce ou les recettes sont, en principe, immédiates. L’épargne privée est tournée vers des secteurs improductifs ou égoïstes comme le bâtiment, les cérémonies familiales ostentatoires et la polygamie abusive.
Le parasitisme familial est aussi un frein à l’investissement privé. La seule personne qui travaille dans la famille est tenue de nourrir ses frères, cousins, oncles, beaux-frères etc. qui se complaisent parfois dans cette situation de perfusé. L’ampleur de l’économie informelle est révélatrice du primat de l’individualisme sur la volonté consciente et organisée de développement collectif. En plus de se soustraire à l’obligation citoyenne d’acquittement de ses charges fiscales, l’acteur de cette économie chaotique, au lieu de s’associer à ses semblables dans l’optique d’investissements substantiels, susceptibles de créer de la richesse et des emplois, se préoccupe de revenus personnels quotidiens. Et lorsqu’il amasse un peu d’argent, il cherche à acheter un visa pour l’Italie ou l’Espagne…
Le Sénégal est l’un des pays les plus aidés de la planète. Les partenaires au développement se bousculent dans les villages les plus reculés, mais on ne voit vraiment pas l’impact de leurs actions, proportionnellement aux sommes énormes annoncées. Certaines ONG excellent dans l’art de l’instrumentalisation des populations déshéritées et la perdiemisation du monde rural. Boladji OGUNSEYE constate que «la relation de mendicité à l’égard des bailleurs de fonds a engendré un gros problème.
Comme les ONG africaines s’acharnent à suivre les donateurs comme des missiles autoguidés sur les traces de l’avion-cible, il ne leur est généralement pas possible de s’engager dans des actions de remise en cause du plan d’action pré-établi, même en cas d’inadéquations criantes sur le terrain ». Les partenaires au développement, pour la plupart, sont donc revêtus d’un «manteau clair-obscur » et munis d’un couteau à double tranchant pour : tantôt soulager la misère des masses déshéritées, tantôt s’appuyer sur le dos de ces mêmes indigents pour s’enrichir, transformant ainsi «la lutte contre la pauvreté en une lutte contre les pauvres ».
La marche du Sénégal vers le progrès est profondément gangrenée par l’indiscipline banalisée, le laxisme toléré et, de manière générale, le refus de l’ordre. La sacralité du service public est régulièrement et impunément bafouée par les retards désinvoltes, l’absentéisme, le bavardage dans les bureaux et la corruption. Partout, la règle est la même : peu le matin et rien le soir. La pauvreté rend les hommes aigres et aigris.
Tout membre du groupe social qui réussi est combattu par pure jalousie, à moins qu’il soit un bailleur de fonds naïf, distribuant gracieusement de l’argent aux charognards qui lorgnent ses biens. A l’intérieur d’une même famille, d’un même service, on s’entretue à coup de maraboutage. On met les pieds dans le plat lorsqu’on n’est pas invité au repas. Comment peut-on construire un progrès sain dans une atmosphère sociale aussi viciée ?
La politique est certes peu compatible à la morale, mais le Sénégal a battu plusieurs records en matière de coups bas, de mensonges publiques et de déloyauté. L’absence de conviction idéologique explique la transhumance politique cavalière. On s’attache non pas à des principes, mais à des personnes ou plutôt à leur argent.
Dans un mépris mesquin du peuple, d’intrépides politiciens changent de veste et de discours, du jour au lendemain, au gré des intérêts financiers, sans conscience ni vergogne, donnant ainsi à une jeunesse fragile, le mauvais exemple de l’opportunisme et du situationnisme. La citoyenneté demeure vacillante, tout comme le sentiment d’appartenance nationale. On s’identifie plutôt à une famille, une ethnie, une caste, une confrérie. Souvent, on est prêt à tout pour le marabout et rien pour l’Etat.
Les croyances fantasmagoriques et le recours abusif au mysticisme conduit au recul de la raison, de la confiance en soi et de l’effort. «L’Africain explique ce qui se déroule autour de lui par l’action des forces occultes, justifie les fléaux par la colère des dieux et place les événements heureux à l’actif des marabouts et des féticheurs ». De nombreuses personnes ont publiquement expliqué le mauvais résultat de l’équipe nationale du Sénégal face à celle du Togo, par un mauvais sort qu’aurait lancé sur les joueurs des marabouts évincés et d’anciens membres de la fédération limogés…
L’impunité, l’absence d’une culture du bilan, le primat des calculs partisans sur l’exemplarité de la sanction, constituent une invitation au laxisme dans l’action publique. Le ministre ou le directeur d’une entreprise publique nouvellement nommé ne fait pas de déclaration publique de patrimoine. A son éviction, il effectue une passation sommaire de service à la place d’une nouvelle déclaration de patrimoine et d’un bilan administratif et financier détaillé, apprécié par les autorités judiciaires. En l’absence de contrôle, le ministre utilise les biens publics à des fins privées ; il se rend aux cérémonies familiales avec la voiture de fonction, parfois accompagné de motards de la gendarmerie nationale, y fait des dépenses insolentes ou effectue sa campagne électorale anticipée le week-end, avec le même véhicule de l’Etat. Comme dans tous les pays africains, les ressources sont détenues par une élite politique avide au détriment des masses laborieuses qu’on s’emploie à aduler et à corrompre à l’approche des élections, dans le cadre du phénomène bien connu de la «marchandisation du vote ».
Malheureusement, on n’observe aucune prémisse d’un sursaut national, d’une introspection critique, d’une remise en question de soi, d’un mea culpa constructif. Au contraire, on note l’insouciance, l’engouement pour la récréation et le folklore. Même le deuil est l’occasion de mangeailles festives. Dans toutes les villes du pays, des centaines de mendiants à la fleur de l’âge errent dans les rues, pieds nus, à des heures tardives, initiés au gain facile, soumis à la tentation du vol, exposés aux dangers du choléra et de la pédophilie. Personne ne s’en offusque, personne ne réagit ; on préfère discuter de politique et de football…
Le drame c’est que le Sénégal, un pays qui regorge de ressources humaines, a parfaitement les moyens de se sortir d’affaire. Mais le problème, c’est moins le Sénégal que le Sénégalais. Il va donc falloir réformer le matériel humain, reconstruire les mentalités, briser les chaînes de l’ignorance, relancer la moralité citoyenne et l’éthique républicaine. L’éducation est impérieuse dans cette optique ; malheureusement les autorités la confinent à une conception presque exclusivement scolaire. Eduquer un homme, c’est aussi l’aider à grandir dans la dignité, lui apprendre à se battre pour lui-même, pour sa famille et pour son pays.
NB: Bashô, fait référence à cet illustre poète japonais du XVII siècle. A l'instar de ses haikus qui célèbrent la fugacité de la vie, cette rubrique souhaite partager l'instantané d'un auteur qui a été ému, révolté ou illuminé par un événement, un incident, une rencontre… sous un format ouvert à toutes les formes d'expressions. Nous ouvrons nos colonnes à nos lectrices et lecteurs, car nous estimons qu'un journal ne se résume pas seulement à la diffusion d'information et d'analyses. C'est également un médium qui peut favoriser l'éclosion de talents, dans un style libre qui permet l'échange et l'expérimental, alimentant ainsi la réflexion collective par le biais de canaux diversifiés. Vous avez été en vacances, vous voulez recréer le monde sans violence, vous avez tout simplement envie de vous faire lire, cette rubrique vous appartient.

Rosnert Ludovic ALISSOUTIN 30/06/2005
Consultant - grefroska@hotmail.com
http://www.continentpremier.com/?magazine=21&article=...

23/10/2017

SAGES PAROLES A APPLIQUER

Souleymane Bachir Diagne : Pourquoi le Sénégal est dans le viseur des djihadistes

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Le Sénégal est bien dans le viseur des djihadistes. D'où la nécessité d'intensifier la lutte contre le terrorisme, qui fait l'actualité de ces derniers jours. Invité de l'émission "Objection" sur Sud Fm, ce dimanche, le philosophe et Professeur Souleymane Bachir Diagne estime que notre pays est visé pour ce qu'il représente : ses valeurs démocratiques et la terre par excellence du soufisme.
La solution immédiate, contre le terrorisme, dit-il, reste le travail d'identification et le partage de renseignements entre les différents États. Alors que la solution durable est l'éducation, préconise l'universitaire dans le quotidien L'As.
Donc, pour éradiquer le mal, il faut inculquer des valeurs de l'islam à la jeunesse, renchérit l'enseignant à l'université de Columbia. Non sans souligner la responsabilité des États qui est, en premier, d'assurer la sécurité de leurs concitoyens, ensuite leur procurer une bonne éducation et une bonne formation.
Last but not least, l'insertion de jeunes et la satisfaction de la demande sociale qui restent, selon lui, une réponse efficace contre le terrorisme.
Seneweb

20/10/2017

LA MORT D'UNE ENFANT POUR 200000FCFA

Combien d'Aicha Diallo meurent dans nos hôpitaux au Sénégal dans un silence et dans une indifférence totale

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J'ai mal!
Combien d'Aicha Diallo meurent dans nos hôpitaux au Sénégal dans un silence et dans une indifférence totale.
Ce qui est arrivée à l'Hopital de Pikine est une erreur monumentale. Une faute impardonnable. Ce n'est pas un cas isolé . On a des Aicha Diallo tous les jours. C'est juste l'arbre qui cache la forêt.
C'est quoi un hôpital ? Est ce un lieu où on soigne des malades ou un lieu où on collecte de l'argent ?
Je ne comprend pas quelle est la politique mise en place ,dans nos hôpitaux et nos centres de sante pour accueillir et soigner nos malades ,par la haute autorité sanitaire du Senegal ?
La gestion d'un centre hospitalier obéit à des règles :l' expertise pour exercer les métiers et les moyens matériaux et financiers .
Les deux facteurs sont absents au Senegal. Ce qui me pousse à me demander si la santé fait partie de la famille des parents pauvres comme l éducation et l'emploi .
Monsieur le ministre de la Santé nous parle d'une ouverture d 'enquête pour situer les responsabilités.
Mais de qui se moque-t-il ce ministre ?
Il est bien le patron des hôpitaux publics du Senegal. Les directives appliquées dans les H P viennent de son ministère. Les directions des hôpitaux ne font qu'appliquer les règles qu'on les dictent.Ces dernières viennent de leurs supérieurs à l'occurrence du ministre de tutelle et du Chef du gouvernement du Sénégal. Si l'Etat souhaite sanctionner il doit se Sanctionner lui même.
Je constate que nous avons le Senegal d'en haut qui a droit à tout:qui se soigne, qui étudie, qui mange à sa faim et qui a un salaire.
Juste à côté, le Senegal d'en bas qui souffre, qui se bat sans appui ni soutien. Le Senegal qu'on cache, celui "qui pleure jusqu'à mourir "comme disait l'autre.
Nous sommes au final tous coupables car nous regardons,nous laissons faire et nous consentons. Aujourd'hui c'est l'hôpital qui est pointé du doigt et demain à qui le tour ?
Mon pays ne sanctionne pas. L'autorité y est absente ou elle ne se fait pas sentir. J ai mal pour mon pays le Senegal.
Qu'ALLAH nous vienne en AIDE. Amine!
M Ousmane Kante
Économiste Expert en Credit Management/pressafrik.com

 

15/10/2017

LE SENEGAL: CATASTROPHE ECOLOGIQUE

Haïdar El Ali : « Le Sénégal est dans un état de catastrophe écologique »

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Alors que la COP21 approche et que l’écologie sera censée être sur toutes les lèvres en novembre à Paris, les pays africains n’ont pas encore brillé par leur contribution. Où en est le continent ? Quelle place pour l’environnement en Afrique ? Réponses d’Haïdar el Ali, ancien ministre de l’Environnement du Sénégal.
« Quand je mourrai, plantez un arbre pour moi plutôt que de prier », a-t-il coutume de dire aux femmes de Casamance qu’il rencontre alors qu’il sillonne la région en lutte contre la destruction de sa mangrove. D’origine libanaise – ses parents ont émigré au Sénégal dans les années 40 –, Haïdar El Ali est un homme convaincu et engagé.
Infatigable défenseur de l’utilisation durable des ressources naturelles, l’ancien ministre sénégalais de l’Environnement se bat pour mettre l’écologie au centre du débat sur le développement et mettre à bas un système de captation des richesses et des ressources au profit d’une minorité dont il fustige la corruption. Initiateur de la fédération des partis écologistes africains, il estime que le salut de l’Afrique passe par une révolution verte, et le crie haut et fort. Interview.

Jeune Afrique : L’écologie s’est-elle durablement installée dans le débat politique en Afrique ?

Haïdar El Ali : Clairement non. On construit encore des centrales électriques qui fonctionnent au charbon, alors que le gaz n’est pas plus cher. Ce n’est pas cohérent. Le continent africain vit globalement des économies de prélèvement mais accepte de voir ses ressources pillées, notamment au niveau forestier ou halieutique. Autre exemple, révélateur : il y a trois semaines, le premier conseiller en matière d’environnement de Macky Sall a écrit dans un article que le réchauffement climatique était du pipeau inventé par l’Occident ! C’est invraisemblable.

Nous disposons de ressources limitées qu’il nous faut gérer dans l’intérêt des populations. Pour nous, c’est davantage une question de survie que d’écologie.

Les pouvoirs africains opposent-ils toujours le développement industriel et l’écologie ?

C’est vrai qu’on a beaucoup entendu ce discours, dans lequel on accuse les Occidentaux de nous parler d’écologie alors qu’ils ont pu polluer pendant de nombreuses années de leur côté tout en développant leur industrie. L’erreur, c’est de regarder le développement à travers le prisme de l’Occident. Il faut comprendre que la ressource est pour nous, Africains, une question de survie. Nous n’avons pas les moyens de filtrer notre air et notre eau, de mettre en place des agricultures en étages, etc… Nous disposons de ressources limitées qu’il nous faut gérer dans l’intérêt des populations. Pour nous, c’est davantage une question de survie que d’écologie. Si on ne préserve pas les forêts ou les mangroves par exemple, il n’y a plus d’agriculture et plus d’élevage.

C’est un pillage organisé et environ 1000 milliards de francs CFA échappent chaque année aux Sénégalais !

Les gouvernements en sont-ils conscients ?

Il ne s’agit pas que des gouvernements. Le problème, c’est que tout le système est basé sur la finance et la croissance, qui ont pour effet de corrompre et donc de diriger et de dominer les quelques personnes au pouvoir. Les trafics de ressources comme le bois est international. Les Chinois, qui se servent des Sénégalais à la frontière avec la Gambie pour récupérer illégalement du bois précieux, ne transportent pas les troncs à dos d’ânes ! Ils passent les frontières et utilisent les groupes internationaux de transport, sous couvert de certificats gambiens qui n’ont évidemment rien à voir avec la véritable marchandise. Tout le monde le sait et ferme les yeux. On déguise des exploitations de bois de grumes sous des permis de bois de chauffe. C’est un pillage organisé et environ 1000 milliards de francs CFA qui échappent chaque année aux Sénégalais !

Les gouvernements sont donc complices ?

Je vais vous donner un exemple : quand je suis arrivé au ministère, il y avait une autorisation d’activité délivrée par les autorités sénégalaises à une multinationale canadienne pour exploiter des mines d’or à six kilomètres à l’intérieur… d’un parc naturel protégé et classé par l’Unesco ! En échange de cette autorisation ? Un contrat entre cette mine canadienne et la direction des Parcs d’un montant de 20 millions de francs CFA ! Dans les grands projets d’extraction en Afrique, les politiques ne regardent même pas les contrats. Ce qui les intéresse, ce sont les sommes qu’ils vont pouvoir empocher. Les multinationales font ce qu’elles veulent.

En somme, les dirigeants africains se « suicident » ?

Globalement, les dirigeants africains n’aiment pas leur pays. Sinon, ils y passeraient sans doute plus de temps. Quand on veut lutter contre la corruption, mettre à la porte des gens qui touchent de l’argent pour dilapider nos ressources, on peut le faire. C’est ce que j’ai fait au ministère de l’Environnement. J’ai dérangé, j’ai été dégommé.

J’ai dérangé, j’ai été dégommé.

Que faire pour que l’écologie occupe une place plus importante dans le débat politique ?

La meilleure piste, c’est l’éducation et la formation des citoyens. Mais, bien sûr, notre force réside aussi dans la fédération de tous ces mouvements écologistes régionaux, nationaux et locaux. Je travaille par exemple avec des associations guinéennes au sujet du trafic de bois impliquant des intérêts chinois. Sur les questions transfrontalières, se fédérer est essentiel. Il faut également chercher à occuper le pouvoir. Ram Ouedraogo essaie au Burkina en se présentant à la présidentielle. Au Sénégal, nous avons une centaine d’élus locaux. C’est positif. Seulement, dans le jeu politique, les partis traditionnels sont mille fois meilleurs, mille fois plus aguerris.

C’est ce que vous avez constaté lors des dernières municipales ?

Quand je me suis présenté aux municipales, il y avait une telle ferveur autour de moi que certains me disaient que je ne pouvais pas perdre. Et puis, le jour où je suis allé voter, j’ai compris : tous les électeurs se faisaient prendre à part à l’entrée du bureau de vote et recevait une somme d’argent. J’ai dénoncé cela au gouverneur et il m’a répondu : « Tant qu’il n’y a pas bagarre, je n’interviens pas » ! Qu’est-ce que vous voulez faire ? J’ai fini quatrième du scrutin.

Votre parti sera pourtant actif lors des prochaines échéances électorales au Sénégal ?

Oui, aux législatives sénégalaises de 2017, nous n’allons pas faire d’alliance avec le parti au pouvoir ou l’opposition, qui entretiennent un système de concentration des richesses dans les mains d’une minorité qui fait la pluie, la pluie, et la pluie. Nous irons seuls et nous verrons bien quelle place l’opinion nous donne.

Le temps, c’est de la vie, et pas de l’argent.

L’opinion, justement, ne semble pas encore faire grand cas de l’écologie en Afrique…

L’opinion, elle se forge notamment par les médias et l’éducation, les deux étant contrôlés par le système que je décris. Cela changera quand l’humain recevra une grosse baffe. Et je ne parle pas d’un tsunami… On se rendra compte que le temps, c’est de la vie, et pas de l’argent.

Globalement, on sent un constat d’échec pour les partis écologistes africains, qui ne parviennent pas à s’imposer. Quelle est leur influence réelle ?

Il y a une réussite, c’est que l’on parle d’écologie. Ce n’était as le cas il y a quinze ans. Ensuite, il y a une vraie influence sur le domaine politique. Au Sénégal, quand j’étais en fonction, nous avons fait passer la loi interdisant les sacs plastiques et nous avons introduit le code de la pêche et le code forestier. Il y a donc des avancées mais il reste beaucoup à faire. Le Sénégal est aujourd’hui en état de catastrophe écologique.

Après les municipales et les législatives, votre prochaine étape est la présidentielle ?

(Soupirs) Malheureusement, cela coûte trop d’argent. Quand j’étais ministre, je me suis retrouvé dans des situations où des gens, notamment des capitaines de bateaux russes qui venaient pêchaient illégalement dans les eaux sénégalaises, me proposaient de l’argent pour que je les laisse partir. Je ne l’ai pas pris. Je crois que l’on s’en sortira quand chacun arrivera à renoncer à ces tentations. J’ai choisi ce chemin. Résultat, je n’ai pas l’argent pour me présenter à la présidentielle.
Mathieu Olivier/jeuneafrique.com

27/09/2017

LE SENEGALAIS N'A PAS CHANGE

Naufrage du Joola : Non, les Sénégalais n'ont pas tiré de leçons du drame !

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C'était le 26 septembre 2002. Alors qu'il reliait Ziguinchor, le bateau le Joola coulait en mer. Près de 2000 personnes y ont perdu la vie. Encore plus terrible que le Titanic, le naufrage devient la catastrophe maritime la plus meurtrière. En cause : la surcharge du navire. "Plus jamais ça", s'étaient emballés les Sénégalais dans leur grande majorité. Quinze ans après, les pratiques demeurent.
Un meurtrier nommé "Indiscipline"
Mercredi 25 mai 2011, consternation sur la voie de dégagement nord ! Un camion chargé de gravats roule à tombeau ouvert et se dispute la route avec un car "Ndiaga Ndiaye". Un acte d'une irresponsabilité déconcertante, qui ôtera prématurément la vie à 3 âmes innocentes.
Dans sa course folle, le conducteur du camion perdit le contrôle de son véhicule qui percute un poteau électrique, tue un jeune talibé et finit sa course sur deux autres jeunes élèves de l'école Machalla! Insoutenable scène!
Le coupable : le chauffeur du camion qui écopera d'une peine de 5 ans de prison ferme. Son permis sera annulé. La page est très vite tournée. La prise de conscience générale n'aura pas lieu. L'indiscipline reprend de plus belle sur les routes.
Les menaces de Macky
Le chef de l'Etat monte au créneau. "Il y a une indiscipline telle que je vais demander au gouvernement de renforcer les moyens de contrôle et de présence pour que nous puissions préserver ces vies humaines, qui auraient pu permettre au pays d'avancer et permettre aux familles éplorées de se développer dans la quiétude", avait-il dit. Rien n'y fit. Chaque jour, même tableau. Des bus, mini bus, cars rapides ou Ndiaga Ndiaye, surchargés à bloc, sous l'œil des forces de l'ordre.
L'indiscipline semble avoir la vie dure. Le mardi 07 août 2012, une vingtaine de famille est dévastée par la tristesse. Un accident d'une rare violence s'est produit à Kaffrine. Bilan : 20 personnes décédées. Le bus a percuté un camion chargé de charbons, la nuit. La cause est toute connue: la somnolence. "Plus jamais ça", a-t-on encore dit. Mais, cela ne freinera aucunement le carnage. De 2012 à 2016, l'indiscipline, l'inobservance des règles de sécurité et de conduite, règnent sur les routes.
"Plus jamais ça", un refrain sans effet
L'année 2016 se montrera particulièrement macabre sur nos routes. Lundi 12 décembre, au moins, 13 personnes perdent la vie dans une collision effroyable à hauteur de Koumpentoum. Dans la même journée à Thieumbeul, un véhicule qui transportait des pèlerins revenant du Gamou, entre en collision avec un "Ndiaga Ndiaye". Bilan : huit 8 morts et plusieurs blessés graves. 21 morts en une journée. Le dimanche 11 décembre, un véhicule 7 places entre, encore, en collision avec un camion frigorifique. 8 personnes meurent. Verdict : 29 morts en 48 heures.
Médina, Gounass, Demba Diop : La honte
Le 15 juillet 2017, l'indiscipline atteint son paroxysme quand des supporters de l'Us Ouakam s'en prennent à ceux du Stade de Mbour, provoquant une tragédie nationale à retentissement mondial. 8 morts seront dénombrés au Stade Demba Diop.
En avril 2017, un incendie d'une rare violence ravage le Daaka de Médina Gounass et fait 30 morts. Pourtant, à chaque édition du Daaka, des incendies meurtriers sont notés. Les mêmes causes provoquent chaque année les mêmes conséquences macabres. Les mêmes comportements meurtriers se poursuivent et l'Etat n'apporte aucune solution radicale. Et même, cet incendie du Daaka, rappelait celui de la Médina où 9 talibés perdirent tristement la vie.
Il n'y a pas que les routes qui tuent. A Diourbel, des branchements électriques vétustes avaient causé un incendie dans lequel un pompier, qui tentait d'éteindre les flammes, a péri.
"Les Sénégalais n'ont pas tiré des leçons de cette catastrophe"
Pour le sociologue Oumou Tandian, l'explication à ces drames répétitifs est simple : "Les Sénégalais n'ont pas tiré de leçons du naufrage du Joola".
"Nous Sénégalais, à chaud, on essaye de tirer les leçons. Mais le problème, c'est que dans la pratique on ne le fait pas. Chez nous, on est tellement fatalistes qu'on dira "Ndogalou Yalla la" (c'est la volonté divine), c'est Dieu qui l'a voulu ainsi on n'y peut rien", analyse Dr Oumou Khairy Coubaly Tandian.
"Aujourd'hui à Dakar vous voyez les véhicules surchargés. En dehors de Dakar également les voitures sont surchargées. Je dirais que les Sénégalais n'ont pas tiré des leçons de cette catastrophe qui peut se reproduire. D'ailleurs, elle s'est reproduit à Bettenty. Peut-être que l'ampleur est moindre, mais ça s'est quand même reproduit", a-t-elle analysé.
Un problème d'autorité et de discipline
La solution pour Dr Oumou Tandian : plus de fermeté de la part des autorités. " Il faut qu'il y ait des sanctions. Car, le transporteur qui surcharge son véhicule lors des fêtes pour gagner plus, ou les transporteurs qui font des aller-retour incessants pour gagner le maximum, c'est qu'ils se disent que quand il y a accident il n'y a pas de sanction derrière. On ne situe pas les responsabilités et on dira "Ndogalou Yalla la" et on continue". Mais il n'y a pas que ça pour le sociologue. "Il y a aussi un manque de respect de la vie humaine. Il faut que les autorités fassent leur travail. Ce sont des problèmes de sécurité que les autorités doivent prendre à bras le corps. Parce que les Sénégalais, tant qu'il n'y a pas de sanctions ils continuent à faire ce qu'ils font. Il faut que l'autorité sanctionne davantage et que les gens prennent conscience aussi du danger", indique Mme Tandian.
Youssouf SANE - Seneweb.com

22/08/2017

DEGRADATIONS DES MOEURS

La dégradation des mœurs au Sénégal

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N’avez-vous jamais été confronté au choix d’un mot plutôt qu’un autre, surtout lorsqu’il est question d’être vraiment pris au sérieux? On est assailli par une foule d’expressions prêtes à nous prendre par la gorge sans qu’on sache à laquelle se fier.
Pas parce que nous ne maîtrisons pas notre discours, mais dans la viduité lexicale actuelle du ouolof, on s’y perd comme dans un labyrinthe. D’une oreille à l’autre, un mot cesse de dire la même chose. Le signifié cesse de renvoyer au signifiant.
Pris au piège du mensonge, de la calomnie et de la médisance, le Sénégalais dénature la syntaxe et érige un système de mots insensés, incapables de cerner le vide social qui nous engloutit comme du sable mouvant.
Dans cette polyphonie syntaxique, mot, expression ou locution désigne plusieurs choses, sans signifier grand-chose. «Sama yeuf, jongama, namouma dara, yaye bagne, yamay danel et dializ ma»...La dérision du discours, la viduité des mots annihilent la fonction thérapeutique du langage.
On s’égosille sans résultats. Les maux sont cernés, mais le «ndeup» national tant annoncé, tarde à prendre forme. Sa quintessence étant confisquée, torpillée, dévoyée, dénaturée, galvaudée, le verbe désormais échoue à cerner le mal.
On s’enlise par les mots dans un voyeurisme impudique. L’érotisme résonne aux oreilles, triomphant presque de tout. On finit par le sentir, le vivre, vivre avec. Un simple mot est évocateur d’une sexualité ou d’une sensualité débridée.
Il faut une posture de l’orateur ou un rappel de l’auditoire, pour ne pas tomber dans le vulgaire, le comique.
Dans cette cacophonie, mots, maux et images, obscènes pour la plupart, sont indissociables. Un délire verbal mine les rapports à autrui. L’échange qui se veut productif laisse place à l’insulte.
Ainsi traqués et trafiqués, les mots passent au scalpel la psyché du Sénégalais. Le jeu de massacre du langage accouche d’un langage codé. Les mots pervertis sont détournés de leur sens premier.
On use d’un vocabulaire anodin, estampillé moderne, installant la haine dans le carcan ordinaire. On ne condamne les dérives que le temps d’une rose, pour faire bonne figure.
On ne s’autocensure plus. Les parents ne réprimandent plus. Les familles ne désavouent plus les leurs. On trahit, on dénonce, on espionne, on enregistre en secret et étale en public les confidences faites dans l’intimité, pour exister. La vie devient un vaste théâtre.
La parole est confisquée par une «élite» végétative, qui érige les contre-valeurs en mode de vie. Des individus sortis des cuisses de la confusion, s’en nourrissent et entretiennent l’amalgame pour survivre.
Un peuple de chanteurs, de danseurs et pas des meilleurs, de laudateurs, d’encenseurs sans once de vergogne, qui ne jurent que par le piston et la grande gueule pour s’assurer leur pain du jour.
Raspoutine (s) des temps modernes qui, par la ruse et le mensonge, s’arrogent le grade de «conseillers» d’un «Tsar» en perte de vitesse. La paralysie de la pensée accouche d’une pyromanie linguistique. Les mots étouffent. La rumeur s’enflamme. On accuse sans preuve, vilipende, triche sans en donner l’air.
On est collabo mais on ne s’en cache plus. Bon sang! Ici, on en est plutôt fier. Une psyché entortillée sous les jupons nauséabonds de la bassesse. On ne communique plus. On cherche à faire le BUZZ. On insulte à faire pâlir Bacchus. On ment les yeux ouverts.
S’il en a un qui n’ait pas sorti indemne de la déchéance de la société sénégalaise, c’est bien la langue, le mot, le langage, le verbe. Appelons-le comme on veut ! Dans ce déclin qui s’enclenche, chacun, dans son acception linguistique, joue sa sombre partition.
Vous, moi, eux, nous tous sommes menacés dans notre liberté, notre devenir et ceux de nos enfants. Alors, ayons toujours en tête que lorsque les vainqueurs triomphent, il ne reste plus que les larmes aux vaincus. A bon entendeur...
Daouda Samba Gaye-Ex-conseiller municipal commune de Mékhé/lesoleil.sn

03/08/2017

LA NON PREVENTION ROUTIERE ASSASSINE LES SENEGALAIS

Un camion de sable tue deux maçons à Saly

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C’est l’émoi et la consternation dans la petite côte. A Saly Portudal, un accident a fait deux morts. Ce drame s’est produit au carrefour, près du musée Kelkhom et de la gendarmerie. Le camion de sable roulait à vive allure selon les témoignages. Il a heurté violemment deux maçons qui étaient sur le trottoir et blessé un autre.
Ils attendaient un taxi pour rentrer chez eux après la descente.
Le chauffeur a pris la fuite mais les deux apprentis sont aux arrêts. Les corps ont été acheminés à l’hôpital de Mbour, l’un est reconnu l’autre n’avait pas pièce d’identité.
Un témoin toujours raconte les faits en constatant une fois encore l'inertie de l'état à rendre beaucoup plus sévère la prévention routière.
"Enième accident ce la circulation. Mais ce soir à Saly devant la Gendarmerie, devant des gendarmes en faction qui ne font que des contrôles d'identité ou de conformité automobile. Qui ne verbalisent pas les infractions gravissimes au code la route. Résultat encore deux morts et des blessés par un camion fou, par un chauffeur non formé, et ignorant tout code de la route.
Les chauffards sont légion. Ils tuent et se tuent sur les routes sénégalaises pendant que les gendarmes jouent avec leur portable ou rackettent à la petite semaine les automobilistes.
Il est d'une absolue nécessité de contrôler l'aptitude à la conduite des conducteurs de toute sorte! Contrôle des connaissances routières du propriétaire lors d'un vrai contrôle technique. Le problème de fond est là pas uniquement l'indiscipline routière ni l'état des véhicules."
Hier encore: trois étudiants tués et plus de 30 blessés à Kaolack...
Voici ce qu'écrivait l'APS voici encore quelques mois:
La Nouvelle prévention routière insiste sur la sensibilisation pour une meilleure sécurité routière
La direction de la Nouvelle prévention routière du Sénégal (NPRS) dit miser sur l’information et la sensibilisation pour davantage prévenir les accidents de la circulation qui "causent énormément de pertes en vies humaines" sur les routes sénégalaises.
"Nous nous positionnons en amont mais il y a d’autres actions qui seront menées par l’Etat du Sénégal, parce que la sécurité routière relève de la responsabilité de l’Etat", a déclaré son directeur.
Matar Faye s’exprimait lors d’un "Road Show" organisé vendredi à Mbour, dans le cadre d’une campagne de sensibilisation de proximité en relation avec la quinzième édition de la Semaine nationale de la prévention routière dont le thème est axé sur "Femme et sécurité routière".
Dans ce cadre, la Nouvelle prévention routière du Sénégal et le bataillon train de l’armée sénégalaise ont choisi les gares routières pour aller à la rencontre des chauffeurs de transport en commun qui, selon Matar Faye, "font beaucoup plus d’accidents du fait qu’ils travaillent énormément du matin jusque tard dans la soirée, sans repos, avec tous les dangers que cela comporte".
"On a constaté qu’il y a moins de déclarations de sinistres auprès des compagnies d’assurance concernant les femmes et de nombreuses études montrent que les hommes sont beaucoup plus enclins à faire des erreurs sur la route que les femmes’’, a fait valoir M. Faye.
S’y ajoute selon lui que "les accidents sont beaucoup plus nombreux chez les hommes que chez les femmes", d’où le choix porté sur ce thème.
Il y a aussi que certains chauffeurs constituent "une cible très vulnérable, parce que travaillant dans des conditions exécrables", sans compter qu’ils ignorent des règles de base dont celle qui stipule qu’un conducteur, après deux heures de voyage, doit "observer une pause de 15 minutes".
"Notre ambition, notre volonté, c’est d’aller vers les acteurs dans les gares routières et de leur proposer des formations" consistant en "une révision des règles de circulation" et portant sur des questions de sécurité et de prévention routière leur permettant notamment de "savoir comment faire pour éviter les accidents de la circulation", a indiqué Matar Faye.
Il rappelle que le tronçon Dakar-Tambacounda est "le plus accidentogène au Sénégal", du fait de son caractère international. Cet axe relie le Sénégal à plusieurs autres pays de la sous-région ouest-africaine.
Le directeur de la Nouvelle prévention routière du Sénégal propose la redéfinition des déplacements sur ce corridor, ajoutée à des stratégies visant plus de fermeté.
Si l’on en croit Matar Faye, "ce qui manque pour établir la sécurité sur nos routes, c’est la fermeté. Il faut que force reste à la loi
et qu’on sache sanctionner".
"Malheureusement, la sanction est considérée, pour beaucoup, comme étant un outil utilisé à des fins punitives, alors qu’elle peut bel et bien être utilisée à des fins éducatives, curatives et préventives", a-t-il souligné.
De même, la sanction peut chercher à "corriger des fautes et à éradiquer des erreurs que les gens ont l’habitude de commettre", a-t-il relevé.
Chaque jour, ces bonnes résolutions non suivies d'actes tue!
BRB

23/07/2017

SENEGAL HORS NORMES

Le Sénégal, un pays hors normes

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Des morts par dizaine est devenu une affaire récurrente et même banale au Sénégal. Avec le naufrage du bateau le Joola qui avait fait des milliers de morts, nous avions pleuré et juré que plus jamais ça. Beaucoup de corps sont toujours au fonds de l’océan et leurs parents n’ont plus d’espoir pour faire le deuil de leurs disparus. Personne à ma connaissance n’a été condamné à la suite de cette catastrophe sans pareille dans le monde. Finalement, il n’y a eu ni responsable, ni coupable dans cette affaire. Toutes les informations indiquent cependant que cette catastrophe est le fruit du nom respect des normes de transport maritime. Le bateau a été hypersurchargé et ses capacités pondérales largement dépassées. Aucune leçon ne semble avoir été tirée à la suite du naufrage du bateau le Joola. Depuis 2006, la surcharge des véhicules de transports, des pirogues, des charrettes, des Taxis Jakarta etc. continuent de faire des milliers de victimes et l’Etat n’a toujours pas pris des mesures pour protéger les sénégalais contre le non respect des normes dans le secteur du transport. Le Sénégal est un pays hors normes et les citoyens le paient cher. Récemment, à Bettenty, de femmes braves dont une en état de grossesse ont perdu la vie probablement à cause de la surcharge de leur pirogue. Comme d’habitude, il n’y a pas de responsable encore moins de coupable.
Au dernier Daaka de Médina Gounass, plus de trente personnes ont perdu la vie tout simplement parce que les règles élémentaires de sécurité n’ont pas été respectées. Pourquoi avoir autorisé avec autant de monde des abris très inflammables sur le site ? A Médina Gounass, les normes n’étaient pas respectées et c’est toujours les populations qui paient lourdement. Comme d’habitude, il n’y a pas de responsable, donc pas de coupable et pourtant 31 personnes ont perdu la vie.
Le dernier scandale dans cette série macabre est le drame du stade Demba Diop avec 8 morts et des centaines de blessés selon le stade de Mbour. Comme d’habitude, on pleure, on fait une enquête mais peut-être il n’y aura encore ni responsable, ni coupable. Les sportifs et les spectateurs qui ont l’habitude de fréquenter le stade Demba Diop savent que le stade est hors normes : l’aire de jeux n’est pas protégée par une grille, les murs ne sont pas normés, les portes de sorties sont également hors normes etc. Dans ces conditions où les normes sont ignorées ou bafouées, la moindre bousculade est forcément fatale. C’est ainsi que 8 jeunes sénégalais ont perdu la vie et c’est encore une fois inacceptable dans un pays organisé. A en croire les informations disponibles, aucune tête n’est tombée et aucun responsable n’a démissionné. Ah oui au Sénégal, on ne sanctionne pas, la culture de la démission n’existe pas non plus. Pourtant, les normes de la démocratie qui ne sont pas écrites devraient pousser les responsables en charge du sport de démissionner en attendant leur éventuel blanchiment ou condamnation. Au Sénégal, on ne respecte pas les normes même pas celles de la démocratie.
Chaque mois pratiquement au Sénégal, il y’a un grand marché qui brûle. Le dernier cas est la réduction en cendres du marché de Diourbel avec la mort regrettable d’un sapeur-pompier. Ce sont des centaines de milliers de FCFA qui sont réduits en cendres à chaque incendie. Cela est inacceptable pour un pays pauvre et même très pauvre de voir l’économie de braves citoyens brûler si banalement. Le cycle infernal des incendies de nos marchés est tout simplement dû au non respect des normes d’aménagement de ces sites, du non respect des branchements électriques, du non respect des couloirs d’accès des soldats du feu. Là encore il apparait clairement que le Sénégal est un pays hors normes avec les conséquences économiques dramatiques pour les commerçants et le pays.
Récemment, une dame a été broyée par le train à Thiès. C’est surement le nième cas de citoyens qui cherchaient de quoi ramener à la maison mais qui ne reverra pas sa famille parce écrasé par le train. Quand on fait le tour au marché de Thiaroye Gare, on est scandalisé par l’envahissement des rails par les commerçants et leurs clients. Pourquoi l’Etat ne fait rien et ne dit rien. Sans avoir le don de Selbé Dom, je prévois une catastrophe de la dimension du drame de Demba Diop prochainement sur ce site. A Thiaroye Gare et dans beaucoup de localités, le chemin de fer est hors normes. Les populations et les animaux sont à la merci des trains. L’Etat n’interviendra que lorsqu’il y aura mort d’hommes. Personne ne sera alors responsable, donc il n’y aura pas encore de coupable. Le chemin de fer est comme l’autoroute. Il est dangereux pour les populations et les animaux. Il doit être sécurisé selon les normes en vigueur. Comme on l’a fait avec l’autoroute, il faut exproprier les riverains des rails pour que nul ne puisse les traverser n’importe où et encore moins y faire du commerce.
En observant les sénégalais dans leur vie de tous les jours, on constate facilement que beaucoup de nos concitoyens ne respectent pas les normes qui nous ont toujours permis de vivre ensemble et de vivre bien. Beaucoup de sénégalais sont devenus indisciplinés, insolents, violents, irrespectueux, corrompus, agressifs. Le drame de Demba Diop est aussi lié à l’agressivité des jeunes supporters. Beaucoup d’adultes notamment certains politiciens sont des contres modèles. En cette période de campagne électorale, on voit combien certains responsables politiques sont pourris. Il y a des choses qu’on ne doit pas demander à un Homme qu’on respecte sous aucun prétexte et il y a des revirements indignes d’un Homme d’honneur, digne et de foi.
L’immaturité de certains hommes politiques est perceptible à travers cette campagne électorale qui est indigne de notre démocratie. On ne propose pas au sénégalais des projets de société mais des banalités sans intérêts. Les populations qui en ont marre du sous-développement voudraient savoir où vont les mener ceux qui prétendre les diriger après le 30 juillet 2017. Inutile de leur dire ce qui est fait, ils le vivent intensément donc ils le savent, inutile de leur critiquer le pouvoir, ils peuvent le faire en connaissance de cause. Candidats à la majorité parlementaire, dites aux populations ce que vous ferez pour les soulager après votre victoire et comment vous le ferez. Au lieu de décliner leur projet de société, beaucoup nos candidats députés font de la médiocre comédie tous les soirs sur la RTS. En plus, ils ont tendance à devenir violents et agressifs. Beaucoup d’observateurs avertis craignent le pire. Nous vivons en ce mois de juillet 2017, un vrai recul démocratique par rapport aux campagnes législatives antérieures. Tout semble montrer que la pléthore de listes crétinise nos candidats.
Respectons les normes sociales qui ne sont pas toujours écrites mais qui constituent le liant qui nous permet de bien vivre dans notre société. Quant à l’Etat, il devra, pour nous éviter les catastrophes macabres cycliques, mener une politique sans complaisance de respect des normes dans tous les domaines : transports, sécurité, éducation, environnement, aménagement du territoire, santé et hygiène, sécurité sanitaire des aliments etc. Ces normes sont souvent écrites mais l’Etat semble les ignorer. Lorsqu’un responsable qui qu’il soit ne respecte pas ou ne sait pas faire respecter les normes, il doit démissionner ou être limogé. La culture de la démission et de la sanction est indispensable dans une vraie démocratie. On a eu 2 alternances démocratiques indiscutables mais visiblement notre démocratie a des faiblesses graves qu’il convient de corriger au plus et sans délai.
Pr Demba Sow/ferloo.com

20/06/2017

POLITIQUE ET RELIGION

Quand le pouvoir religieux freine l’autorité de l’Etat

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C’est un truisme de dire qu’au Sénégal, l’autorité de l’Etat ne s’exerce pas partout de la même manière. La ville de Touba par exemple jouit d’un statut particulier qui lui confère certains privilèges, comme le fait de ne pas respecter la parité en matière électorale.
La présence de la gendarmerie et des forces de police a été une « concession » des autorités religieuses, permettant ainsi de faire exercer, d’une certaine manière, l’autorité de l’Etat.
Toutefois, les derniers événements dans la ville sainte en disent long sur le traitement fait aux forces de sécurité et de Police souvent obligées de se référer au Khalife général pour exercer leurs prérogatives. Car, il y a, comme qui dirait, une forme de résistance passive et parfois active de la part de populations qui ne reconnaissent que l’autorité du Khalife.
C’est ainsi que si un des éléments affectés sur place se comporte d’une manière jugée répréhensible par les populations, le Khalife est interpellé pour qu’il mette fin à ses exactions ou qu’il soit tout simple affecté ailleurs.
Un ancien gendarme aujourd’hui à la retraite et qui a été dans le groupe des premiers ayant servi à Touba, nous raconte qu’il a une fois été convoqué par le Khalife général des Mouride en personne, Serigne Saliou Mbacké, à l’époque, parce qu’on lui a raconté qu’il frappait les enfants. Il n’a dû son « salut » qu’aux explications claires qu’il a apportées au marabout très attentif à son raisonnement et qui l’a convaincu.
Cette situation rappelle cette sortie du Grand Serigne de Dakar, Abdoulaye Makhtar Diop, qui rappelait que la loi sur l’interdiction de fumer en public n’est pas applicable au Sénégal parce que chez les Khadres par exemple, « tout le monde fume, y compris le Khalife général ».
Le Chef de la communauté Lébou, pourtant grand homme d’Etat, rappelle que personne n’ose condamner le Khalife général parce qu’il fume en public.
Comme quoi, la loi sur le tabac ne s’aurait s’appliquer à cette confrérie parce qu’ils ont l’habitude de fumer en public.
Et cette faiblesse de l’autorité de l’Etat face au pouvoir religieux ne s’arrête pas là.
D’Abdou Diouf à Macky Sall, tous les Chefs d’Etat se sont attaqués à la mendicité des enfants de la rue au Sénégal. Ils sont tous reculé face à la pression de groupes religieux qui ont mené des campagnes contraires de protection de l’Islam et de son héritage au premier rang desquels les daaras, ces écoles coraniques dont le mode d’enseignement est contraire à ce quoi se fait dans les écoles modernes.
Bien sûr, le pouvoir politique craint le vote-sanction de la part de communautés qui n’hésiteront pas à exécuter la « fatwa » de leurs chefs.
La réalité, au Sénégal, c’est que les citoyens sont beaucoup plus obéissant au pouvoir religieux qu’au pouvoir politique. La preuve, chaque homme politique a son marabout qu’il écoute surtout au moment des choix importants.
L’ancien ministre Samuel Sarr disait par exemple que c’est son marabout qui lui a désormais interdit de s’attaquer à Macky Sall. Depuis lors, il s’est rapproché de lui. Et il est loin d’être le seul.
Mieux, si un problème surgit, l’autorité centrale de l’Etat et les autorités décentralisées se réfèrent d’abord aux marabouts.
Les Khalifes généraux sont les premières sollicités, mais, à côté d’eux, leurs frères, sœurs, enfants et autres parents bénéficient aussi de cette sollicitude source d’immunité de toutes sortes qui leur confèrent beaucoup d’avantages comme les passeports diplomatiques, des statuts d’Ambassadeurs itinérants, des marchés de l’Etat, etc.
C’est ce qui explique l’influence toujours plus grandissante du pouvoir religieux. Ce sont les Sénégalais eux-mêmes qui le veulent ainsi. Nous avons ainsi un système dit « laïque » mais qui est à forte connotation religieuse, avec cependant le seul garde-fou que la plupart des marabouts ont en tête la préoccupation de respecter au maximum les lois de l’Etat.
Car, l’Etat a su, à des moments difficiles, exercer tout de même son autorité même cela pourrait être perçu comme de l’autoritarisme, parfois. C’est le cas lors de l’arrestation de guides religieux comme Serigne Cheikh Tidiane Sy au temps de Senghor et de son fils Serigne Moustapha beaucoup plus tard par le régime de Diouf, celle de Cheikh Béthio Thioune pour l’affaire du double assassinat de Médinatoul Salam, celle de Assane Mbacké suite à l’incendie de la maison du député Moustapha Lô, celle dramatique de Khadim Bousso, etc. Et la liste est loin d’être exhaustive.
L’Etat a su aussi interdire la militarisation des milices privées de certains groupes religieux, notamment de Serigne Modou Kara.
C’est la particularité de notre système politique. Très inféodé au pouvoir religieux, il sait lui être docile, mais aussi hostile quand la situation l’exige.
C’est ce subtile dosage qu’il faudrait toujours réussir dans les relations ô combien sensibles entre pouvoir religieux et pouvoir politique au Sénégal.
L’un a besoin de l’autre dans l’exercice de son sacerdoce.
Il faudra toujours respecter le pouvoir religieux, mais travailler à l’amener à appliquer la loi dans toute sa rigueur.
Awa Diallo-Rédaction mediasenegal.sn

05/03/2017

Corruption...

Ousmane Sonko : «Le Sénégal est pauvre à cause de ses dirigeants corrompus »

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Malgré sa place qui se situe dans les 25 pays les plus pauvres de la planète, le Sénégal est un pays extrêmement riche. C’est l’avis de Ousmane Sonko qui s’exprimait lors de l’étape de Pire de sa tournée dans le département de Tivaouane. Selon lui, cette situation est due au caractère corrompu de la classe dirigeante qui ne pense qu’à s’enrichir.
«Le Sénégal est un pays extrêmement riche, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, et qui, curieusement, figure encore parmi les 25 pays les plus pauvres de la planète », a déclaré Ousmane Sonko, le leader de Pastef.
Poursuivant, l’ancien inspecteur principal des impôts et domaines impute cette situation à «cette élite généralement corrompue, qui ne conçoit le pouvoir politique et le pouvoir d’Etat que comme un moyen d’enrichissement personnelle». Et d’ajouter : «des gens sont passés de simples locataires à milliardaires en un temps record, sans avoir eu d’usines, ou d’autres business que d’avoir été ministre, ministre d’Etat. Ce qui est inadmissible».
Dans un autre registre, M. Sonko fustige l’utilisation de l’appareil d’Etat «comme un appareil pour se maintenir au pouvoir et pour casser des adversaire. Un appareil qu’on instrumentalise, qu’on détourne de sa vocation première qui devait être de servir les populations ».
Et dans cette optique, aucun service de l’Etat, «que ce soit les services de renseignement, que ce soit la justice l’administration, tout maintenant est au service de la traque des opposants», dénonce-t-il.
Pressafrik

24/02/2017

NOUVEAU ROMAN DE FATOU DIOME

Fatou Diome publie un ouvrage sur l’identité nationale

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La romancière sénégalaise Fatou Diome va publier son nouvel ouvrage le 15 mars prochain. « Marianne porte plainte ! » est le titre de ce roman qui parle de l’identité nationale à l’approche de la campagne présidentielle en France.
Encore un nouvel ouvrage de Fatou Diome ! La romancière d’origine sénégalaise va publier, le 15 mars prochain, un nouveau roman. « Marianne porte plainte ! » sera le titre du prochain ouvrage de la romancière native des îles du Saloum. Très engagée sur le thème de l’émigration avec plusieurs de ses publications qui portent sur cette problématique, Fatou Diome revient cette fois-ci sur un autre sujet qui l’intéresse aussi : la question de l’identité nationale en France avec, en perspective, la prochaine campagne présidentielle.
« Alors que le débat sur l’identité nationale risque d’occuper une place centrale dans la campagne présidentielle, Fatou Diome dénonce les excès de ses défenseurs, qui ruinent la cohésion sociale, fondement de notre République », explique la notice de l’ouvrage. « À trop encenser les racines locales, les uns oublient que les migrations sont au cœur de la marche de l’Histoire. À trop instrumentaliser la laïcité, les autres réveillent de vieux accents inquisiteurs », poursuit l’auteure qui, dans ce livre, parle des deux sujets qui ont été le fil conducteur de sa production littéraire : les migrations et l’identité nationale.D’origine sénégalaise, Fatou Diome est installée en France depuis une vingtaine d’années sans couper le lien qui le lie à son pays, à son terroir natal, les îles du Saloum, et sa culture de Sérère Niomimka. Dans beaucoup de ses livres, elle ne manque pas de faire référence à des référents culturels qui l’ont marquée durant son enfance et adolescence en pays sérère Niomimka. « Quand le "Eux et nous" oriente le discours, c’est la victoire des amalgames et dans son sillage du rejet et de la haine de l’autre qui se dessine. Au lieu de dresser les uns contre les autres, les pompiers qui se font aujourd’hui pyromanes devraient définir les modalités d’un destin collectif », poursuit-elle dans la présentation de l’ouvrage qui vient après sa dernière production « Impossible de grandir » où elle parle de la vie d’une fille, Salie, née hors mariage et qui sera marquée par le regard accusateur de l’entourage familial. Son histoire personnelle qu’elle n’a pas hésité à coucher sur un roman avec un grand courage.
« Dans une magnifique ode à la France, mère patrie adoptive prenant aujourd’hui des allures de marâtre, Fatou Diome s’interroge sur ce que pourrait être une identité nationale, ciment de la République, appuyée sur un pilier crucial, l’éducation, seule capable de libérer des tiroirs identitaires et d’affirmer l’appartenance commune au genre humain », lit-on dans la présentation de l’ouvrage.
Fatou Diome est née au Sénégal et est arrivée en France depuis 1994 et vit depuis à Strasbourg. Elle est l’auteure d’un recueil de nouvelles « La Préférence nationale » (2001) ainsi que de cinq romans, « Le Ventre de l’Atlantique » (2003), « Kétala » (2006), « Inassouvies nos vies » (2008), « Celles qui attendent » (2010) et « Impossible de grandir » (2013). Dernièrement, elle avait fait une sortie remarquée dans l’émission « Ce soir ou jamais » sur France 2 sur la question de l’accueil des migrants en Europe.
Oumar NDIAYE/lesoleil

08/02/2017

LA DETTE DU SENEGAL

Record absolu : La dette du Sénégal dépasse les 5 000 milliards de francs

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La dette du Sénégal s’est très rapidement reconstituée en dix ans après les annulations des initiatives Pays pauvre très endetté (Ppte) et d’allégement de la dette multilatérale (Iadm) de 2006.
Alors que Wade avait laissé un encours de 3076 milliards de francs Cfa, son successeur en est déjà à 5 100 milliards.
Niveau alarmant de l’endettement public. L’encours de la dette publique du Sénégal a, selon le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, atteint 5 100 milliards de francs. Ce qui correspond à un peu plus de 60 % de son Produit intérieur brut (Pib) là où l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) plafonne l’endettement des pays membres à 70 % de leur Pib.
Si pour le gouvernement, ce niveau d’endettement est révélateur de la confiance des partenaires financiers du Sénégal, des économistes, préoccupés par la viabilité de la dette et la soutenabilité des finances publiques, le trouve alarmant.
Après les annulations de la dette du pays issues des initiatives Pays pauvre très endetté (Ppte) et l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale (Iadm) de 2006 qui a vu le taux d’endettement passé de 78 % à 20,9 %, on note une tendance haussière. Ainsi, ces annulations ont ouvert d’autres possibilités d’emprunt pour le Sénégal, notamment à l’extérieur. Ce qui fait peur à certains à cause des variables financières très importantes dans la dette que sont le taux d’intérêt et le taux de change. En effet, le poids de la dette extérieure dans le stock de la dette publique fait de la variable taux de change un élément dont l’évolution influe fortement sur les indicateurs de l’endettement public. La fluctuation du dollar, monnaie à laquelle le pays s’endette souvent, peut rendre les remboursements plus onéreux, comme le montre le service de la dette qui dépasse les 50 milliards de francs Cfa par mois. Une manne qui, avec la masse salariale de l’Etat, risque de grever le budget de l’Etat. De même, pour la dette intérieure le coût du crédit affecte de manière directe le niveau des remboursements.
Profitant de la détente des taux sur le marché financier international, en 2013, l’Etat avait émis une obligation de 500 millions de dollars pour combler le gap de financement et réduire le recours aux financements à court terme sur le marché domestique. Cependant, le retournement de cette tendance baissière a remis en cause cette option.
Malgré tout, le rythme d’endettement du pays n’est pas alarmant pour l’argentier de l’Etat. «Pour l’heure, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. La dette du Sénégal s’élève à 5 100 milliards de francs. La dette n’est pas mauvaise. Il n’y a aucun économiste qui dit qu’il ne faut pas s’endetter. Celle qui est mauvaise est la dette utilisée pour faire du fonctionnement. Si on s’endette avec un taux d’intérêt qui baisse pour faire des investissements, c’est une excellente chose. Mais on doit être vigilant. Nous avons un ratio d’endettement de 60 % du Pib contre une limite de 70 %», relève Amadou Bâ. Qui soutient que, pour l’essentiel, le Sénégal a une dette multilatérale très longue, avec une concessionnalité qui varie entre 15 et 50 % et une maturité qui varie entre 20 et 25 %. «L’encours de la dette est tout à fait soutenable. Il représente à peu près 30 % de nos recettes alors qu’en 2011 le service de la dette représentait 34 % de nos recettes», a-t-il ajouté.
Le rythme de reconstitution de la dette publique n’est pas sans rappeler des critiques de télégrammes formulées par Jean-Christophe Rufin, ambassadeur de France à Dakar. Lequel déconseillait à son pays de consentir un nouveau prêt au Sénégal. Signer un pareil chèque sans demander au Sénégal de réformer profondément son système politique, reviendrait, selon lui, à fournir à un toxicomane la dose qu’il demande, mais qui le conduit un peu plus sûrement vers sa fin.
Seyni DIOP/Walf Quotidien

16/01/2017

J'ACCUSE!

J'accuse le Peuple de la Teranga. Par Jean-Philippe DUPUIS

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« C’est la faute á l’Etat ! C’est la faute aux parents ! » Entend-on de la plupart des citoyens indignés du système d’exploitation des talibés de la rue. Personne ne semble avoir vu un troisième responsable, bien plus coupable: la population sénégalaise.
Si la population sénégalaise refusait aujourd’hui de donner un franc cfa aux enfants talibés de la rue, dans un mois, le problème serait réglé : les marabouts de talibés de la rue renverraient chez eux ces enfants qui ne leur rapportent plus rien.
Peuple sénégalais, pour un azzakat rapide et pas cher, tu es l’unique financeur du système d’exploitation des talibés de la rue.
Pire encore, tu en es l’unique financeur non point uniquement pour l’aumône mais pour disposer d’une main d’œuvre á bas prix. Et, chaque jour, les poubelles crasseuses, que personne n’oserait porter, quitteront les concessions et maisons, chaque jour, les dames et hommes les plus dignes chargeront courses et bagages parfois bien lourds sur la tète de petits porteurs dociles et muets, chaque jour, le petit ménage du matin sera effectué pour un prix qu’aucune ménagère n’accepterait.
Les jeunes sortis du daara continueront á constituer une main d’œuvre bon marché, servile et malléable pour les entreprises comme chez les particuliers.
Les marabouts de talibés de la rue exploitent les enfants ! La population sénégalaise exploite ces mêmes enfants pour sa convenance personnelle.
Des citoyens très honorables prêtent un terrain ou chantier sans eau ni toilettes pour parquer ces enfants. Des voisins non moins honorables, ne s’en offusquent pas. Pas une plainte ou meme signalement auprès des services (AEMO, Action Sociale, police, gendarmerie) que l’Etat met á votre disposition. Une indifférence générale dans une offuscation silencieuse aujourd’hui comme hier comme demain.
La population sénégalaise préfère décharger sa responsabilité sur les autres : «C’est la faute aux parents ! » « C’est á l’Etat de régler ca ! »
« C’est la faute aux parents qui ne doivent pas donner leur enfant ! » Exact ! Mais qui est le plus fautif ? Des paysans pauvres et ignorants du fond de la campagne, abusés par un marabout (souvent un cousin) proposant enseignement et formation pour leur enfant á la ville. Ou la population urbaine sénégalaise qui, elle, bien consciente de l’exploitation et maltraitance, perpétue ce système en donnant l’argent ?
«C’est la faute á l’Etat qui ne fait pas respecter la loi ! » Exact. Mais qui est le plus fautif entre un Etat qui ne parvient pas á régler un problème qu’il n’a pas généré et une population qui entretient, chaque jour ce problème. L’Etat doit gérer des dossiers beaucoup plus importants et pressants pour la marche du pays et de la nation (sociaux, économiques, internationaux ...etc.) les gouvernements successifs se sont essayés, maladroitement, á régler ce problème. Tous ont, finalement, du renoncer devant les pressions de certains milieux, le chantage religieux ... et une population qui ne réagit pas, au contraire, se satisfait de ce système.
Peuple sénégalais, un homme est « entré par effraction dans la profession de marabout » (dixit de vénérables imams) pour tirer un revenu d’enfants qu’il savait ne pouvoir prendre en charge. Tu n’es pas responsable de ses actes mais tu finances son projet.
Répétons-le : si la population sénégalaise refusait aujourd’hui de donner un franc cfa aux enfants talibés de la rue, dans un mois, le problème serait réglé : les marabouts de talibés de la rue renverraient chez eux ces enfants qui ne leur rapportent plus rien.
Mais même avec la prise de conscience d’avoir la solution entre ses mains, personne ne changera ses habitudes et continuera á utiliser ces enfants pour un azzakat facile et des services á vil prix. Et ceci en se donnant les meilleures excuses du monde : « si je leur donne pas, ils seront frappés par leur marabout !/ de toutes façons les autres continueront de donner ! »
Le déni de réalité est si facile. Et chaque donneur de piécettes retournera se coucher sans le moindre remord á la lecture de ces lignes. Mais la Vérité est la Vérité : le peuple de la Téranga entretient l’exploitation d’enfants sur son sol.
Jean-Philippe DUPUIS/Darinfo

21/11/2016

CRIME CONTRE LE PATRIMOINE NATIONAL

Allez voir ce qu’ils ont fait du patrimoine de la gare de Dakar par Amadou Lamine Sall

senegal

Le cœur vous tombe dans le ventre, lorsque vous surgissez devant la gare de Dakar et que vous ne voyez plus de gare.
Un horrible mur de clôture et un chantier hideux de ce qui ressemble à des boutiques ou des kiosques vous bouchent la vue sur ce magnifique patrimoine colonial qui fait la beauté de notre capitale.
Nous sommes choqués par ceux qui ont pris sur eux de commettre un tel crime. Oui, il s’agit bien d’un crime quand un pareil patrimoine est soumis à ce sort, tout près de deux infrastructures que l’on considère, à tort ou à raison, comme des bijoux: le Grand Théâtre et le Musée des Civilisations noires.
Nous savions que le Président Abdoulaye Wade avait décidé souverainement de faire de la garde de gare le Musée d’art contemporain du Sénégal. L’idée était alléchante. Les autorités ferroviaires, semble t-il, s’y étaient opposées, mais en vain. La décision du prince était prise et irrévocable au nom du bien d’État. Il quitta le pouvoir sans avoir réalisé son projet, mais il avait pesé de son poids et de son autorité.
Nous ne savons pas ce qui s’est passé après son départ.
Nous ne connaissons pas les tenants et les aboutissants de ce dossier de la gare de Dakar et à qui appartient la gare de Dakar, en réalité. Par contre, nous savons que la volonté de l’État peut prévaloir pour conserver tel quel ce patrimoine magnifique.
Nous faisons appel à qui de droit, à celui à qui on pense sans hésiter dans de tels cas d’urgence : Monsieur le président de la République. Comme il l’a fait en confiant le dossier de la corniche à son intransigeant Premier ministre, il doit, avec respect, sans tarder, demander à ce dernier de faire arrêter les travaux, de détruire le hideux mur qui masque la gare et tout le reste.
Ce chantier de la gare de Dakar doit s’arrêter dans les heures et les jours qui suivent. Une enquête doit être diligentée. Un dialogue doit être engagé avec ceux qui, légalement sans doute, se sont permis de commettre un tel gâchis, un tel crime. Aucun Sénégalais patriote ne peut accepter ce qui se fait à la gare de Dakar. Elle a disparue. On ne la voit plus. Nous avons frôlé la crise cardiaque devant le spectacle, en pleine nuit, avec des travaux qui s’accélèrent. Allez donc voir le drame et le constater par vous même.
Nous avons déjà perdu dans ce pays un patrimoine considérable, du fait de puissances d’argent qui ont acheté jusqu’à des bâtiments dans des zones classées. Nous avons perdu le quartier du marché de Kermel en laissant y ériger le plus misérable et le plus insoutenable des hôtels. Ce quartier ne méritait pas un tel monstre qui a fait disparaître la beauté du marché Kermel. D’ailleurs, on ne le voit même plus le marché Kermel. Il est mort.
Le Sénégal, terre de culture et d’art, ne mérite pas un tel désastre. Nous en appelons à tous les Sénégalais d’ici et de la diaspora, le Président Macky Sall le premier, pour combattre et dénoncer avec nous ce que l’on est entrain de faire du patrimoine de la gare de Dakar. Nous en appelons à tous les médias d’ici et d’ailleurs pour soutenir notre combat. Nous en appelons à tous les amis et à tous les amoureux du Sénégal. Il faut sauver la beauté. Une œuvre d’art vaut tous les combats.
On ne peut pas imaginer le Palais présidentiel être subitement entouré un matin d’un mur qui nous empêche de voir son bâtiment, ses jardins.
Que l’on nous pardonne notre colère. Mais on ne peut pas laisser faire de tel drame dans notre pays. Cela relève de notre foi et du respect et de l’amour que nous avons pour notre pays.
Amadou Lamine Sall/www.dakar-echo.com/Jean Louis Verdier

12/10/2016

CONDUIRE AU SENEGAL...

Tout savoir sur la conduite au Sénégal

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Comme dans tous les pays du monde, il existe tout un système en place pour obtenir son permis de conduire et circuler légalement avec le mode de transport de son choix. Le Sénégal n’est pas vraiment une exception sauf pour les modes de transports qui y existent et qui partagent les mêmes voies. Taxis, clandos, piétons, charrettes, car rapides, pousse-pousse, particuliers, bus, camions, motos et bicyclettes se partagent tous la rue pour plusieurs raisons qui souvent font de la circulation à Dakar un vrai cauchemar.
A prendre en compte lorsqu’on conduit à Dakar :
- Les taxis s’arrêtent n’importe où pour prendre des clients, y compris en pleine circulation. D’ailleurs si vous n’êtes pas sénégalais, renseignez vous sur le coût du trajet avant, sinon vous serez surfacturés.
- Les clandos (voitures « clandestines ») sont des véhicules qui datent du siècle passé et qui font encore plus de stops que les bus, donc si vous conduisez derrière eux, surtout mettez votre clignotant et dépassez les vite sinon vous arriverez en retard où que vous alliez.
- Les piétons ne traversent pas forcément au niveau du passage clouté et marche sur la route parce que les trottoirs sont souvent occupés par les vendeurs, les voitures garées dessus ou trop de sable. Au Sénégal, les piétons n’évitent pas les voitures, ce sont ces dernières qui font attention aux piétons.
- Les charrettes sont en croissance exponentielles ces dernières années donc attendez vous à les voir sur la corniche ou à vous retrouver nez à naseaux (littéralement) avec un cheval.
- Les car rapides qu’on appelle souvent « tombeaux ambulants » ont pour la plupart des problèmes de freinage. Lorsque vous les voyez arriver à grande allure, laissez les passer, vous avez plus à perdre. D’ailleurs, ils le savent, donc ils n’hésiteront pas à vous voler votre priorité.
- Les pousse-pousse sont des planches sur roues qui ressemblent un peu à de grandes brouettes. Ils sont moins agressifs mais les routes étant étroites, ils peuvent vous retarder.
- Les dos d’âne : Notez qu’il y a également beaucoup de dos d’âne qui servent à ralentir la vitesse mais qui peuvent être parfois trop dodus donc si vous conduisez une deux-portes généralement basse, vous risquez de l’égratigner.
- Le petit camp : c’est le football de quartier, les enfants ou adolescents bloquent souvent certaines rues pour jouer au foot, donc faites attention à conduire trop vite dans les quartiers populaires.
- Les routes ne sont pas toutes en bon état. Quand il pleut, elles se dégradent encore plus vite, donc conduisez à pleins phares surtout la nuit car les routes mal éclairées peuvent être très dangereuses.
- Les animaux divers : attention à ne jamais rouler trop vite, au risque de renverser les nombreux chats, chiens, poules (oui oui, parfois), mais aussi les moutons et vaches que l'on ne compte plus, et qui ont tendance à stationner nonchalamment au milieu de la route.
N’oubliez pas, gardez votre sang froid en prenant plusieurs respirations profondes lorsque vous conduisez à Dakar et tout ira bien !
World of NK/Lepetitjournaldedakar

TERRORISME ET RADICALISATION AU SENEGAL: ENQUÊTE

Enquête sur la montée de l'islamisme qui fait peur, des femmes prêtent à s'engager avec un groupe terroriste, 54% des sondés pour la charria ...L’institut Timbuktu, dirigé par Dr Bacary Sambe, a réalisé une enquête sur « Les facteurs de radicalisation et de perception du terrorisme ».

senegal
400 jeunes âgés entre 18 et 35 ans, interrogés dans des banlieues de Dakar comme les Parcelles Assainies, Pikine et Guédiawaye ont été interpellés par les enquêteurs.
Ils leur ont présenté un questionnaire comprenant une quarantaine de points, notamment « des questions sensibles portant sur les confréries, sur la vision de l’islam, sur l’activité rémunératrice des personnes enquêtées, sur la personne qui, dans la perception des jeunes, connaîtrait mieux le Coran et sur la représentation effective ou supposée de l’islam par les confréries ».
Divers réponses ont permis tout d’abord d’établir un profil type des sondés. Ces jeunes de la banlieue dakaroise sont majoritairement célibataires et plus d’un tiers ne travaillent pas bien que plus de 90% d’entre eux ont été scolarisés.
Une jeunesse qui considère majoritairement l’Etat comme « défaillant » dans sa lutte contre le terrorisme. Un profil révélateur lorsqu’il est mis en perspective avec les réponses apportées : près de la moitié des jeunes interrogés ont justement estimé « que ce sont la pauvreté et le chômage qui font le lit du terrorisme ».
L’enquête révéle aussi qu’aux moins de 10% des jeunes interrogés ont expliqué aux enquêteurs de Timbuktu Institute Rechercher Timbuktu Institute être prêts à « rejoindre un groupe radical ». Dans cette catégorie, « la première raison invoquée est la défense de l’Islam (48%) ».
Les jeunes se sont dits « satisfaits ou n’ont montré aucune réaction aux actions terroristes les plus médiatisées telles que les attentats de Paris »
et ont marqué leur opposition à « la présence militaire étrangère, américaine et surtout française qui, selon eux, exposerait le pays à plus de risques ».
45% des personnes interrogées estiment que le chômage et la pauvreté poussent les jeunes vers les organisations terroristes.
Mais là où les résultats de cette enquête font froid dans le dos, c’est lors qu’ils révèlent que 54% de l’échantillon sont pour un référendum pour l’adoption de la charia au Sénégal. Ainsi que l’existence de femmes décidées à rejoindre les rang d’un groupe térroriste.
En guise de recommandations, l’équipe du Timbuktu Institute Rechercher Timbuktu Institute estime tout d’abord qu’il est urgent de lutter contre le chômage des jeunes et de proposer un modèle de société plus égalitaire.
L’institut a également proposé de trouver une solution au problème de « la dualité du système éducatif sénégalais mais aussi de mettre en place une plateforme collaborative et inclusive de veille et d’alerte précoce sur les facteurs de radicalisation.
Sidy Djimby Ndao, Dakar/Kaoci

16/09/2016

MECHANT SENEGAL...

"Une étude sociologique démontre que le Sénégal est un peuple méchant"

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J’habite dans un espace géographique appelé le Sénégal. Mais je ne suis pas un Sénégalais. Je suis un citoyen de la planète Terre. Et c’est sous ce rapport que je me permets aujourd'hui de prendre la parole pour m'exprimer et m'indigner par rapport à ce qui se passe dans un ou plusieurs endroits précis de cette Terre, surtout au Sénégal où, comme je l'ai dit tout à l'heure, je vis! Car ce peuple semble malade et il lui faut des médecins sincères qui ne le caressent pas au sens des poils mais qui l’étudient objectivement afin de soigner ses maux. Cette contextualisation faite, permettez-moi maintenant d'aborder la question qui couve cette réflexion.
Ce témoignage dont je m’attelle à faire consiste en une autoflagellation, pour parler comme Marième Kane. Car il est question ici, de regarder, d'observer, de scruter, de s'intéresser, d'étudier, d'analyser, de retourner mille et une fois, de diagnostiquer et d'expérimenter le peuple Sénégalais dans lequel je fais partie, pour pouvoir recenser, classifier et catégoriser les multiples choses qui font que ce peuple n'est jusque-là pas encore sur la voie du développement durable.
Chaque discipline a cherché à expliquer les causes du sous-développement des pays de l'Afrique tropical selon ses gourous et ses limites disciplinaires. Des raisons liées à la nonchalance, à l'oisiveté ou encore au manque d'ambition et de volonté entre autres ont été proposées à cet effet. Mais cette fois, il semble que ce sont de braves socio-anthropologues qui se sont joints à ce programme d'explication du sous-développement de ces pays sous un angle purement socio-anthropologique, différent.
Au King Fadh PALACE , à la réunion qui s'inscrivait dans le programme appelé les mercredis du MEDS (Mouvements des Entreprises du Sénégal) à laquelle j’étais convié avec mon ami Khalifa sall pour démarcher un partenariat entre le MEDS et HANDI FESTIVAL INTERNATIONAL et dont l'objectif principal était de se prononcer sur l'état de la préparation de la 10ième Edition de la Cérémonie Internationale de Remise des Cauris d'Or, M. MBOUP, Le secrétaire général de cette dite organisation, qui intervenait sur les différents aspects qui bloquent l'émergence du Sénégal, a mentionné le fait qu'il existait une étude qui avait été consacrée à ce sujet et qui dénote que "l'un des facteurs fondamentaux qui causent ce blocage consiste en la méchanceté de ce peuple."
Cette étude, selon M MBOUP, a relevé deux aspects extrêmement importants liés à la mentalité de ce peuple et qui ne sont rien moins que les causes qui rendent ce dernier minable. D’une part, on a ce que les auteurs de cette étude appellent « l’esprit tropical ou sahélien » qui n’est rien d’autre que la logique de raisonnement enraciné et chapeauté de méchanceté qui détermine la manière de vivre des peuples tropicaux du sud, et d’autre part il y a ce qu’ils nomment « l’esprit bantu » en le qualifiant comme cette sorte de pureté philosophique dans l’approche et la mécanisation de la « sociabilisation ».
Le Sénégal étant à ranger dans la catégorie des pays ayant l’esprit sahélien.
Comme explication de ces terminologies ou concepts employés, nous pouvons nous appuyer sur ces cas concrets lesquels aucun membre de ces communautés n'ose, pour peu qu'il/qu'elle soit objectif (ve), nier.
Au Sénégal et les pays tropicaux du Sud, c'est l'esprit sahélien qui gouverne les gens et leurs interrelations. Le groupe se veut de fonctionner d'une manière qui ne voudrait, n'accepterait et ne tolérerait presque jamais qu'un membre puisse accéder à ou prendre l'ascenseur social et jouir d'une promotion personnelle. A chaque fois qu'un membre du groupe réussit à être soufflé d'un vent de chance qui lui propulse au sommet de la pyramide sociale, tout le groupe se ligue à son tour pour le tirer afin qu'il rejoigne son statut d'avant, c'est à dire qu'il redevienne comme tout le monde dans le groupe.
Aucunement, le groupe n'acceptera de le soutenir, de l'encourager à aller de l'avant afin qu'il puisse se réaliser davantage. L'exemple le plus patent pour confirmer ce cas consiste à ce fait que personne d'entre nous ignore pour ne pas dire a été soit témoin/victime: A l'école, souvent les plus intelligents et travailleurs sont les plus marginalisés. Dès fois même, ils subissent des coups montés par leurs camarades qui n'ont pu supporter pendant longtemps cette haine instinctive (car liée à leur esprit sahélien selon l'étude) qu'ils gardaient en eux depuis qu'ils avaient constaté que ces gens-là étaient doués et pouvaient ainsi aller trop loin. Nombreux sont ceux, parmi ce qui lisent cet article qui ont soit orchestré soit été victimes de ces opérations de ridiculisation, d'expression de jalousie et de méchanceté.
Dans les pays où c’est l’esprit bantou qui gouverne, nous voyons que ce sont des peuples solidaires qui fonctionnent à l’image d’une équipe de football ou disons d’un système où chacun joue son rôle et veille sur les erreurs de ses partenaires. En football par exemple, quand un défenseur en général laisse son couloir et remonte pour aller renforcer son attaque, il a tellement couru qu’il est essoufflé, c’est un attaquant ou un milieu de terrain qui comprend immédiatement qu’un couloir est libéré et il n’attend pas que quelqu’un s’infiltre dans le couloir et arrive à marquer dans leur camps, il se replie aussitôt pour assurer le rôle de récupérateur. Autrement dit, ceux qui sont animé par l’esprit bantou comprennent et pratiquent le soutien mutuel, la solidarité et la complicité. Une réussite personnelle est perçue par le groupe comme étant une fierté pour tout le monde. Ce qui n’est pas le cas avec le peuple sénégalais : d’où la résultante de leur méchanceté pointue.
Marc Zuckerberg n’est pas devenu milliardaire au hasard. Il a été soutenu par ses parents, ses amis et collègues à l’Université ainsi que quelques institutions publiques américaines et l’Etat Américain qui se sont intéressés à son projet ; qui n’était à ses débuts destiné qu’à être utilisé localement et en privé, pour lui aider en à faire un phénomène mondial qui aujourd’hui transcende toutes les frontières. Aujourd’hui, c’est Facebook ainsi que les milliers d’autres initiatives, appuyées par la société civile américaine, les institutions publiques et l’Etat, qui font marcher le pays sur le plan économique et ainsi contribue à améliorer les conditions de vie de tout le monde. Voilà le résultat de la solidarité, de l’entre-aide, de la sincérité et de l’amour.
Mais mon Sénégal pourrit d’hypocrites, de gens malintentionnés qui te sourient à longueur de journée alors que leur seul objectif consiste à te voir malheureux tous les jours quitte à le provoquer eux-mêmes si la nature t’en épargne. C’est seulement ou plus fréquemment au Sénégal que tu verras des gens qui en veulent à leur propres frères et sœurs juste parce qu’ils sont socialement mieux aboutis. Certains iront même jusqu’à mettre en mal plein de monde avec les autres juste parce qu’ayant peur des capacités de ces derniers. Ces exemples ne finissent pas !
L’étude rattache tous les échecs des peuples sahéliens à leur méchanceté et à leur désir de vouloir se promouvoir personnellement en empêchant par tous les moyens nécessaires les autres de connaitre pareille sort. L’on dénombre des milliers de projets et d’Entreprises dans ces pays à l’esprit tropical qui, normalement, si toutes les conditions indispensables à leur développement et maintien étaient réunies (amour, sérieux, travail, entre-aide, solidarité, franchise, sincérité), devait considérablement changer en bien la face de ces espaces géographiques au niveau desquels ils se déploient.
Ainsi, n'ayant pas de qualificatifs exacts pour cette activité qui garnit le quotidien des sénégalais, l’étude a tout simplement préféré le nommer méchanceté et en va pour la pointer comme étant la raison fondamentale du blocage de nos pays. Oui Méchanceté ! Parce que l’on ne puisse comprendre comment un peuple, au lieu de concevoir la réussite individuelle comme une fierté comme cela se passe ailleurs dans les pays développés, peut avoir aussi mal à la digérer. C’est simplement de la pure méchanceté et rien d’autre.
Usman TUREY/Seneweb
Communication. UGB/Saint-Louis/Sénégal
facebook Usman TUREY (Uzzikiller Slzoo)
twitter Usman TUREY (The elusive)

Mail : usmanturey@live.fr

06/09/2016

ENFANT TALIBE

Les deux vases communicants de la rue et de la détresse

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Le retrait des enfants de la rue est, de prime abord, une mesure qui ravit beaucoup et révulse peu. A juste raison. Le temps de l’enfance est synonyme d’amour parental, de protection familiale et de joie torrentielle. Quant à l’enfant, il est un lien du père et de la mère, un trait d’union qui achève la famille et en fait l’unité. Dans « Les feuilles d’automne », Victor Hugo entonne un hymne qui porte l’enfant au pinacle. Lisons ensemble : « Lorsque l’enfant parait le cercle de famille/Applaudit à grands cris/Son doux regard qui brille/Fait briller tous les yeux/Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être/ Se dérident soudain à voir l’enfant paraitre/Innocent et joyeux ».
Belle et poétique vérité ! Dans la réalité, c’est-à-dire dans les rues encombrées de Dakar, lorsque l’enfant en guenilles parait, les flots de passants n’applaudissent pas. Au contraire, ils maudissent tous ceux qui sont, de près ou de loin, les responsables de cette humaine, juvénile et ambulante détresse dont la rue – tel un vase communicant – n’est que le bassin de rétention ou le lit sans drains. Triste spectacle qui démontre que la rue n’enfante pas ; c’est plutôt la société qui lâche puis balance l’enfant dans la rue. Et douloureux constat qui est la trame du fabuleux roman intitulé « Les chiens sans colliers », où l’auteur, Gilbert Cesbron, photographie fort bien les modalités par lesquelles on casse les « colliers », autrement dit, on coupe le cordon familial et programme la choquante clochardisation des enfants.
Autant le sort cruel des enfants de la rue – toile de fond de la volonté présidentielle de leur retrait du décor urbain – est insupportable ; autant la solution préconisée doit être exempte de passions, d’émotions et d’improvisations qui sont habituellement de mauvaises conseillères. Dans ce dossier où des sans-domiciles fixes (SDF), des sans-abris, des handicapés sans revenus, des villageois en exode, des familles brusquement sevrées des salaires de défunts pères et basculées par des locations hors de portée, des réfugiés de la sous-région et des talibés en quête d’aumônes s’imbriquent, le premier axe de travail reste indiscutablement la typologie du phénomène protéiforme des encombrements humains, de ses annexes et de ses avatars. Le b.a.-ba de cette typologie est évidemment décliné dans un faisceau de questions : Qui est qui ? Qui est physiquement désarmé dès la naissance ? Qui vient d’où ? Pourquoi parcourt-il et souvent squatte-t-il la rue ? La somme des réponses aura pratiquement valeur d’inventaire de la plaie, de sa profondeur et de son degré de pourrissement.
L’état exhaustif des lieux aura également la vertu de dissiper l’amalgame mécanique entre les écoles coraniques (les daraas) qui sont un héritage non honteux de l’odyssée spirituelle du peuple sénégalais et la hideuse et très planifiée mafia de la mendicité des talibés, au profit d’une clique de maitres coraniques sans quantum horaire et au détriment de talibés jamais assis sur des nattes mais toujours debout sur l’asphalte. Ce réquisitoire contre les pseudo-maitres coraniques n’absout point les Pouvoirs publics qui, depuis 1960, financent et réforment, sans cesse et sans succès, le mammouth budgétivore qu’est l’Education nationale mais accordent une once d’attention à l’Enseignement chroniquement informel du Coran. La laïcité est peut-être passée par là. Pourtant, l’Enseignement privé catholique (subventionné par l’Etat) dispense des cours de catéchisme aux élèves volontairement preneurs. En dehors de toute contrainte. Il y a des pistes à explorer. Que le gouvernement carbure davantage, gesticule moins et consulte tous azimuts ! Qui peut organiser un dialogue politique peut initier un conclave social.
Dans cet ordre d’idées, la dignité et la souveraineté nationales commandent de décider et d’agir dans un contexte à mille lieues des lendemains de la publication d’un Rapport américain, anglais ou arabe – peut importe l’origine ! – sur le foisonnement affreux des talibés et des mendiants dans les villes du Sénégal. Une gouvernance crédible n’exécute pas (par procuration) un cahier des charges. Tout comme les dirigeants d’un Etat réellement responsable ne captent pas les idées à grande incidence nationale, mais les forgent et les murissent. Au demeurant, une persistante dépendance aux idées ou aux conseils, de fraiche date, administrent la preuve que, durant la traversée du désert (2008-2012), le Président Macky Sall n’avait pas fait une provision d’idées suffisamment pointues pour défier… les défis. La rapidité avec laquelle le Yoonu Yokkute a été chassé par le PSE en est une patente illustration. Enième preuve que sous nos cieux, l’accent est plus mis sur les stratagèmes que sur les programmes. Ne fallait-il pas simultanément, dès 2013, lessiver les rues et traquer les biens mal acquis ? Le pic de la gouvernance au pif sera bientôt et dangereusement atteint.
Globalement, les armes anti-errance et anti-mendicité sont à forger et à tester avec ingéniosité. Dans l’arsenal, on recense déjà la Loi d’Orientation dont l’efficacité ne se vérifiera que dans une expérimentation qui est fâcheusement trainante. En revanche, on observe l’excellence du Centre Guindi situé dans le quartier populeux de Grand-Yoff. Toutefois, une seule hirondelle – belle soit-elle – ne peut faire le printemps des victimes d’enfers combinés que sont l’exploitation, la marginalisation et la paupérisation. D’où l’urgence de financer une constellation de Centres Guindi couvrant les régions et décongestionnant Dakar de son trop-plein de détresses itinérantes.
Du reste, le déficit de structures d’accueil nombreuses et adaptées fonde le pessimisme des observateurs quant au succès de l’opération en cours. Le risque majeur d’une initiative bâclée étant de mettre abusivement à contribution la Croix-Rouge et les Villages SOS qui ont des missions anciennes, claires et, surtout, financées en toute autonomie, loin du fonctionnement plus complexe, moins contrôlable et plus tutélaire voire dirigiste de l’Etat. Canaliser des flots de milliers de personnes diversement en détresse (en particulier 30 000 enfants) vers la Croix-Rouge et les Villages SOS, c’est ensevelir leurs vocations originelles et signer leur arrêt automatique de mort au Sénégal. Gouverner, c’est forcément se saigner aux quatre veines, pour concrétiser les choix et les options censés être fermes. Alors, une question affleure : combien de ressources additionnelles et combien de lois des finances rectificatives sont nécessaires pour nettoyer Dakar de ses scories, par une lourde et soudaine prise en charge de milliers enfants de la rue aussi sinistrés que leurs parents sans-abris et sans ressources ?
Certes, la majorité des Sénégalais – les micros-trottoirs semblent en faire foi – s’engagent ou adhèrent au projet de désencombrement humain, mais ils questionnent le caractère lessivable ou non de la rue, décryptent la réalité aux facettes multiples et in fine aiguillonnent par des réflexions pétries de bon sens et de sagesse lumineuse. Car la tâche est digne d’Hercule. C’est à se demander si le PSE intégralement mis en œuvre pourra vaincre ce qui est, dans une certaine mesure, l’excroissance d’une pauvreté structurelle. Moralité : on ne rafle pas la détresse étalée, on la remplace par l’allégresse partagée. Ainsi, la rue sera moins assourdissante et moins hurlante de malheurs. Le penseur et humoriste Chamfort débitait une banale, savante et savoureuse vérité : « Dans tous les pays, il y a ceux qui ont plus d’appétits que de diners ; et ceux qui ont plus de diners que d’appétits » ». Aux politiques, incombe donc la mission de rééquilibrer les appétits et les diners dans tous les foyers. Telle est l’arme partiellement efficace contre les hordes de hères dans les rues.
Babacar Justin Ndiaye/Dakaractu

02/09/2016

SACHEZ TOUT SUR LE PETROLE...

Pétrole du Sénégal: Tout ce qu'il faut savoir

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Le Sénégal n’a pas encore produit son premier baril de brut, mais les effluves de la malédiction du pétrole tant redoutée s’échappent déjà dans l’atmosphère. C’est que l’énorme potentiel découvert par Cairn Energy charrie des enjeux financiers et politiques capitaux.
L’émergence plus tôt que prévu
Par les temps qui courent, le pétrole n’a pas la même saveur partout. Pour les grands pays producteurs, il a un goût bizarre. Amer. Altéré depuis 2014 par la chute des cours du brut imputable à l’excès d’offre. Les prix du baril ont même oscillé autour de 25 dollars durant le premier trimestre de cette année.
Vendredi dernier, poussés, d’une part, par l’influence négative d’un net renforcement du billet vert et, d’autre part, par les craintes géopolitiques en Arabie Saoudite, ils ont gagné 31 cents à 47,64 dollars. Mais selon les spécialistes, « ces actualités contrastées » sont « insuffisamment décisives pour imprimer une tendance ». Donc pour une nouvelle flambée des cours, il faudra encore patienter.
Le Sénégal observe la situation avec distance, insouciance et une pointe d’assurance. Le pays vient certes d’intégrer le cercle des producteurs d’or noir, mais ne s’inquiète pas outre mesure de la conjoncture difficile qui frappe le secteur. Il l’ignore. Semble le minimiser. Se permet même, dans une atmosphère de morosité absolue, d’étaler sa joie débordante. Il sautille, trépigne en fixant l’horizon avec impatience et appétit.
« C’est un heureux hasard que moins d’un an après la présentation du Plan Sénégal émergent (PSE), qu’on puisse découvrir du pétrole au Sénégal », s’enflammait en octobre 2014 Maïmouna Ndoye Seck, actuelle ministre du Tourisme et, à l’époque, ministre de l’Énergie et du Développement des énergies renouvelables.
Plus tard, lorsque tombèrent les premières estimations du potentiel pétrolier et gazier sénégalais, le Président Macky Sall s’emballa : « Si le Sénégal commence l’exploitation de ces ressources avec une gestion saine et transparente, le pays peut atteindre l’émergence en 2025, bien avant 2035, date butoir du PSE. »
La découverte du pétrole sénégalais est le lieu de toutes les projections optimistes pour le régime actuel et pour nombre d’observateurs. Elle est synonyme de disponibilité en quantité et en qualité de l’énergie. De baisse des prix de l’électricité et du carburant. D’amorce d’équilibre pour la balance des paiements du pays avec les perspectives d’allégement de la facture pétrolière (10% du PIB) couplées aux possibilités d’exportation des éventuels excédents de production. Sans compter que déjà, avant même la production du premier baril, le Sénégal gagne en crédibilité sur le marché international grâce au pétrole découvert dans son sous-sol.
100 mille à 120 mille barils par jour à partir de 2021
La bonne nouvelle est tombée le 7 octobre 2014. Cairn Energy annonce avoir détecté une bonne quantité de pétrole à 100 km des côtes sénégalaises. À 1427 mètres de profondeur sur le bloc Sangomar Deep (Sangomar profond). Moins d’un an plus tard, son Président-directeur général, Simon Thomson, confirme les généreuses estimations. Un chiffre à l’appui : « Nous croyons que nous avons découvert un bassin de classe mondiale avec un potentiel estimé à plus d’un milliard de barils de brut. »
Cairn Energy est une compagnie basée à Edimbourg, en Écosse. Elle est spécialisée dans la production et la distribution d’énergie. Aux côtés du groupe américain ConocoPhilips (35%), de l’australien FAR (15%) et du sénégalais Petrosen (10%), elle détient 40% des licences d’exploitation de trois blocs d’exploration pétrolière au Sénégal : « Sangomar profond », « Sangomar » et « Rufisque ».
Ses prévisions pour le pétrole sénégalais sont d’autant plus alléchantes qu’elles attirent l’australien Woodside Petroleum. Cette compagnie était active dans l’exploration pétrolière au Sénégal au début des années 2000. Au mois de juillet dernier, ConocoPhilips a accepté de lui céder ses parts contre 350 millions de dollars (plus de 175 milliards de francs CFA), plus un ajustement d’environ 80 millions de dollars (40 milliards de francs CFA). Selon Jeune Afrique, « cette transaction doit encore recevoir l’aval des autorités ».
Il faudra faire vite. Le temps presse. L’extraction de la première goutte de pétrole « made in Sénégal » est prévue entre 2021 et 2023. La production espérée est de 100 mille à 120 mille barils par jour. Dans cette perspective, Cairn Energy prévoit de creuser 15 à 20 puits.
Devant ces belles perspectives les autorités sénégalaises débordent d’enthousiasme. Elles ne se préoccupent pas des sombres prévisions, qui espèrent timidement que le baril remontera à 50 dollars d’ici à 2020. Elles entendent à peine les rapprochements entre pétrole et conflits armés. Elles sourient lorsque l’on évoque le risque de voir le pays livré aux rivalités entre grandes puissances autour de cette matière première, certes en voie d’extinction, mais encore indispensable.
Le ministre de l’Énergie, Thierno Alassane Sall, ne boude pas son plaisir. Il se veut confiant, rassurant : « Il n'y a pas à avoir peur de la malédiction des ressources naturelles. Il faut faire confiance à notre génie propre. (Nous avons) un système politique qui a démontré sa solidité et a su faire face à toute sorte de crises. »
Le Sénégal déjà touché par la malédiction du pétrole ?
Le fameux « génie sénégalais ». « L’exception sénégalaise », rectifieront certains. Ce que semble ignorer Thierno Alassane Sall, c’est que souvent les pays producteurs, surtout en Afrique, ne sont pas les acteurs principaux des conflits liés à l’exploitation de leurs matières premières. Le danger vient souvent de l’extérieur. Et ça commence déjà pour le Sénégal avec des germes de conflits qui prennent leurs racines aussi bien à domicile qu’à l’extérieur.
Selon le journal Enquête, l’australien FAR conteste la décision de l’américain ConocoPhilips de céder à Woodside Petroleum, un autre groupe australien, les 35% qu’il détient dans l’exploitation des trois blocs d’exploration pétrolière dont Cairn Energy est l’actionnaire principal. Le journal indique que pour éviter l’éclatement d’un conflit qui entraverait l’exploitation en toute sérénité du pétrole sénégalais, le Premier ministre, Mahammad Dionne, a invité FAR et ConocoPhilips à accorder au plus vite leurs violons.
Sur un autre front, non moins volatile, le même Dionne dut intervenir. Dans une correspondance au vitriol largement diffusée dans la presse, un de ses prédécesseurs, Abdoul Mbaye, demande au chef de l’État d’amener « les voix les plus hautes et les plus autorisées de l’État à répondre à (leurs, lui et les membres de son parti, Act) interrogations de citoyens sénégalais préoccupés par l’opacité de la gestion des richesses nationales ». Ce, notamment, « par la publication de toutes les clauses, sans exception, des MOU, décrets et contrats d’exploration et de production de pétrole et de gaz déjà signés ou en voie de l’être, afin de respecter les règles de transparence dans la gouvernance des ressources naturelles ».
Abdoul Mbaye, devenu chef de parti (Act, opposition), a adressé dans la même correspondance une pique au frère du chef de l’État, Aliou Sall. Il pointe sa « relation particulière » avec Petro-Tim Ltd, qui est lié à l’État du Sénégal par un « contrat de recherche et de partage de production d’hydrocarbures pour les blocs de Saint-Louis Offshore profond et Cayar Offshore profond ». « Il convient de faire savoir aux Sénégalais si vous étiez ou non informé de cette relation particulièrement gênante comme un élément nouveau intervenu dans le processus alors en cours, et qui aurait dû sérieusement poser la question de son arrêt », interpelle l’ancien banquier.
Dans sa réponse, Mahammad Dionne a d’abord renvoyé Abdoul Mbaye aux dispositions de la Constitution du 20 mars dernier consacrant, selon lui, la transparence dans la gestion des ressources naturelles (article 25-1, alinéa 4) et le droit des partis politiques à interpeller les autorités nationales (article 3). Un détour pour sans doute lui signifier que le régime actuel est une maison de verre.
Ensuite, Dionne s’est borné à rafraîchir la mémoire à son interlocuteur en rappelant que « le fonctionnement quotidien des institutions ne permet pas à chaque citoyen, individuellement pris, ou à chaque parti politique, d’interpeller de matière intempestive, parfois fantaisiste, le gouvernement ou le président de la République dont les communications, messages et interventions obéissent à un protocole républicain bien établi ».
Enfin, l’actuel chef du gouvernement a suggéré à l’un de ses prédécesseurs de contacter « les responsables du Comité national de l’Itie » afin de disposer des réponses aux questions qui l’intéressent à propos de la gestion des ressources naturelles du Sénégal.
« Jusqu’à l’extinction de l’univers… »
Comme si la réponse du Premier ministre ne suffisait pas, Aliou Sall a embrayé. Personnellement cité dans la lettre du président de l’Act, et, auparavant sur le même sujet par Birahim Seck du Forum civil, le frère du chef de l’État clame son innocence. Il jure : « Toutes ces accusations ne sont que de l’acharnement, qui ne visent pas ma petite personne, mais celle du Président Macky Sall et son gouvernement. (…) Jusqu’à l’extinction de l’univers, personne ne pourra montrer qu’Aliou Sall a une part dans le pétrole ou le gaz du Sénégal. L’octroi des permis de Saint- Louis et de Kayar a été l’œuvre d’Abdoulaye Wade et Karim Wade avant que le Président Macky Sall ne vienne au pouvoir. Tout le reste est un tissu de mensonges, l’expression de la malhonnêteté ainsi que l’expression de l’acharnement. »
Le Président Macky Sall semble avoir vu venir tous ces remous autour des ressources naturelles du Sénégal. Recevant son dernier rapport, il a invité le Conseil économique, social et environnemental (Cese) à se pencher sur les modalités d’une gestion durable du pétrole et du gaz découverts au Sénégal. «Notre pays s’est déjà engagé dans le processus d’adhésion à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie), a-t-il prévenu. Il est impératif de définir de façon anticipative des stratégies performantes aptes à garantir une amélioration de la gouvernance de ces futures ressources ; car il ne faut pas attendre que le pétrole soit là pour commencer à réfléchir sur comment poser les jalons pour une exploitation transparente et éviter ainsi la malédiction du pétrole comme on le voit malheureusement dans certains pays. »
Dans ce sens, le président de l’Itie, Ismaïla Madior Fall, par ailleurs ministre-conseiller du chef de l’État, trace la voie. Il suggère l’adoption d’un code pétrolier, d’un code des investissements et d’un code des impôts « attractif pour les investisseurs mais rentable et intéressant pour l’économie nationale ». Aussi, souligne-t-il la nécessité de former des juristes spécialisés en droit des hydrocarbures, droit des mines, droit pétrolier. « Il faudra avoir de bonnes lois, de bons contrats pour que s’il y a des négociations avec de grandes multinationales, la partie nationale ait de l’expertise pointue pour pouvoir défendre son pays », recommande-t-il.
Le Sénégal a moins de 5 ans pour mettre en place ses préalables sans lesquels son pétrole risque de devenir davantage une malédiction qu’une bénédiction.
seneplus

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https://www.ecoreuil.fr/blog/economie-petroliere

12/08/2016

TRAIN DU DEVELOPPEMENT

Pour que le Sénégal ne rate pas le train après avoir payé le billet

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Tous les acteurs économiques s’accordent sur le fait que le développement des infrastructures de transport est une condition nécessaire, certes non suffisante, pour l’émergence économique d’une nation.
Les systèmes de transports représentent un des piliers fondamentaux de structuration de la géographie humaine et se situent au cœur du développement des systèmes économiques et sociaux.
Une des premières conditions de développement est l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire. Cela n’est possible que par le développement d’un réseau de transport permettant l’acheminement dans de bonnes conditions des denrées entre le lieu de production et la zone de transformation ou de consommation.
Tout citoyen Sénégalais, quelle que soit sa sensibilité politique, doit encourager le développement de telles infrastructures dans notre pays.
Le chemin de fer offre des avantages manifestes par rapport aux autres modes de transport en ce qui concerne un certain nombre d’éléments essentiels de la protection de l’environnement (capacité de transport, encombrement, consommation énergétique, sureté…).
Le Sénégal s’est lancé dans un vaste programme de construction et de rénovation de chemin de Fer. Le Président de la République Macky SALL a fait de la relance des infrastructures ferroviaires l’un des grands chantiers de sa présidence et des projets phares du Programme Sénégal Emergent.
Tant de projets d’envergures au Sénégal font aujourd’hui la Une des Editos du secteur ferroviaire :
• TER DAKAR –AIBD ;
• Construction de 1 520 kilomètres de nouvelles lignes
• Réhabilitation de la ligne Dakar-Kidira
• …
Des milliers de milliards (F CFA) d’investissement sont ainsi prévus sur ce secteur qui a été laissé à l’abandon depuis quelques décennies.
Le savoir-faire et la compétence ont été en grandes partie perdues sur le secteur ferroviaire.
S’il est tout à fait normal que le Sénégal fasse appel à des entreprises étrangères pour la réalisation de son programme de travaux, il faudra obligatoirement, et dès maintenant, prendre des décisions pour éviter que notre souhait de développement soit finalement une niche financière pour les entreprises étrangères.
Localisation de la fabrication et transfert de compétences
A l’instar de la majorité des pays émergents, le Sénégal doit imposer, sous peine de lourdes de sanctions, la localisation (réalisation d’un pourcentage minimum des travaux de construction sur le territoire national). Il s’agit d’un des meilleurs moyens du développement industriel et de participation à la politique de l’emploi ainsi qu’au transfert effectif de compétences.
La Chine est aujourd’hui un géant mondial de l’industrie ferroviaire par la mise en valeurs des acquis issus de l’exigence de transfert de compétences dans l’ensemble de ses marchés structurants.
La formation professionnelle
Dans un pays où l’accès au marché de l’emploi n’est pas garanti après l’obtention du diplôme, il est plus que souhaitable d’orienter la formation vers la demande et les besoins de l’économie locale.
Le développement de formations dans les métiers de la construction ferroviaire, la maintenance, l’exploitation et le service pourrait nous servir à ne pas dépendre totalement d’entreprises étrangères pour la gestion future de nos infrastructures ferroviaires.
Nous devons apprendre de notre passé en disposant de ressources humaines compétentes dans tous les secteurs nécessaires à notre développement. C’est le fondement de notre stabilité économique.
Dans un pays où le taux de croissance dépasse les 6%, au moment où tant de pays développés peinent à atteindre 1%, le rapport de force doit être à notre faveur. Ne pas maitriser toutes les cartes dans un domaine où il est prévu tant d’investissements serait équivalent à payer une amende en cours de voyage alors que nous avons un ticket de transport valable en poche.
Le Sénégal peut être une vitrine de l’industrie ferroviaire en Afrique de l’Ouest, à nous de saisir cette occasion.
Moussa Kébé/Groupe HIOLLE INDUSTRIE/Diack Sall/Senenews

16/07/2016

LETTRE AU PRESIDENT SALL

Retrait des enfants de la rue et de l’exploitation par la mendicité : Monsieur le président de la République, Rentrez dans l’Histoire

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Des maîtres chanteurs aveuglés par des gains immondes sur le dos des enfants recommencent à proférer des menaces contre la République protectrice des enfants.
Toute honte bue, ils réclament le droit d’exploiter les enfants en les forçant à mendier, le droit de vivre de la force de travail prématurée de ces enfants orphelins de la république. Ils réclament le droit de leur faire subir de graves châtiments corporels s’ils ne rapportent pas la somme journalière fixée d’avance. Ils réclament le droit de les menotter, de les frapper à mort, de les soumettre à un stress permanent et à des précarités de vie indignes d’une condition humaine. Ils réclament le droit de livrer les enfants aux pieds nus à l’errance dans les rues de nos principales villes sous la chaleur, le froid, la pluie et à n’importe quelle heure de la journée. Ils réclament notre lâcheté et notre silence complice.
La République s’est toujours couchée devant ces bourreaux d’enfants et leurs complices qui se trouvent aussi dans la société. Nous avons en mémoire la reculade de l’ancien régime alors que le premier Ministre Souleymane NDéné NDIAYE, suite au conseil inter ministériel du 24 août 2010, annonçait et mettait en œuvre le premier plan concret de retrait des enfants des circuits de l’exploitation de leur mendicité.
La deuxième reculade a été marquée par le blocage du Plan Stratégique d’Eradication de la Mendicité Infantile adopté en conseil interministériel présidé par l’ancien premier Ministre Abdoul MBAYE et comme réponse à la tragédie de l’incendie du tristement célèbre daara de la Médina où neuf talibés sont morts brûlés vifs.
le président de la République, votre décision historique de retirer définitivement des rues de nos villes tous les enfants soumis à l’exploitation de leur mendicité, aux négligences criminelles et à diverses formes de maltraitance, honore la République.
Osez donc rentrer dans l’Histoire en étant le Président du Sénégal qui a eu le courage politique de mettre fin à la servitude quotidienne de mendicité forcée, voire à l’esclavage, de dizaines de milliers d’enfants du Sénégal et de la sous région.
La confusion entretenue par la communication de votre premier Ministre limitant votre initiative de salut public et de restauration des droits de ces enfants martyrs à la seule région de Dakar, du moins de Dakar à MBao, ne doit nullement vous engager. Quid des enfants en situations de rue dans les autres régions et victimes de l’exploitation de leur mendicité et d’autres formes d’asservissement? Le bon sens et l’intangibilité des droits de tous les enfants à la protection n’acceptent pas ce non sens et ce manque de courage politique.
Le Sénégal ne mérite point d’être le seul pays au monde et de la Umma islamique où l’Etat et la société ne réagissent pas à cette honteuse exploitation et maltraitance des enfants. Nous sommes des millions de sénégalais qui n’acceptons plus cela. Nous sommes prêts à défendre l’honneur de la République, l’Etat de droit, nos valeurs religieuses et culturelles qui assurent la protection de tous les enfants sans aucune discrimination.
Parmi ce peuple digne qui soutient votre décision, il y’a bien des maîtres coraniques, des imams, des marraines de daaras ou « dey daara », des enfants qui souffrent quotidiennement dans leurs chairs et subissent des mutilations au plan psycho affectif, des enfants et jeunes de tous les milieux , des femmes, des intellectuels, des chefs religieux, d’islamologues, des notables et chefs coutumiers, des artistes et créateurs, des sportifs, des délégués de quartier, des travailleurs sociaux de rue, des acteurs des organisations de la société civile nationale et internationale, des travailleurs, des chefs d’entreprise, des membres de divers partis politiques(je salue au passage les courageuses positions publiques de l’UNP de Moctar Sourang, de la LDMPT, de la Plateforme Avenir Sénégal Binu beug et du Maire de la Médina Bamba Fall).
le président de la République, vous avez également reçu les soutiens de la CEDEAO, du Système des Nations- Unies, de pays amis, de citoyens de pays de la sous région et de toute l’Afrique entière.
C’est vous dire que le monde entier a le regard tourné vers le Sénégal où vous venez de susciter la grande espérance de libération des enfants des pires formes d’exploitation et de pratiques analogues à l’esclavage. Il vous/nous est absolument interdit de briser cette espérance.
C’est maintenant que l’histoire frappe à votre porte. Ne ratez surtout pas ce momentum. Dans le passé nous avons tout essayé pour éradiquer ce phénomène d’asservissement de l’enfant sans y parvenir effectivement. A cet effet, je rappellerai pour la mémoire collective : la tenue, en juillet 1977, du premier conseil inter ministériel consacré à la lutte contre la mendicité des enfants ; l’organisation, dans la foulée de ce conseil inter ministériel et par l’Institut Islamique de Dakar, d’un séminaire national sur la mendicité des enfants de certains daaras avec la participation de diverses associations islamiques, de maîtres coraniques de daaras de grande renommée et des représentants de certaines associations laïques ; l’Instruction d’octobre 1978 du premier Ministre demandant au Ministre de l’Action Sociale de prendre toutes dispositions utiles pour : lutter contre la mendicité des talibés avec le concours de la police et de la justice, ouvrir des centres d’accueil pour les talibés mendiants, appuyer les daaras sur les plans alimentaire et sanitaire ; les tenues en octobre 2006 du premier Conseil Présidentiel sur les enfants de la rue , du Conseil inter ministériel du 24 août 2010 , du Conseil inter ministériel du 13 mars 2013.
Des milliards de francs FCA ont été dépensés dans des programmes et projets dédiés à la lutte contre l’exploitation de la mendicité des enfants, au retrait et réinsertion des enfants de la rue (expérience du Partenariat pour le Retrait et la Réinsertion des Enfants de la rue-PARRER- soutenu par la Banque Mondiale et l’UNICEF). L’environnement légal a été renforcé avec l’adoption de la loi n°2005-06 du 10 mai 2005 relative à la lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées et à la protection des victimes.
Malgré tous ces processus et initiatives publics, soutenus par la société civile et des partenaires techniques et financiers, la présence d’enfants dans les rues à des fins d’exploitation et d’abus ne cessait de croître.
L’action d’autorité requérant la mobilisation de l’ensemble de l’appareil d’Etat s’imposait Votre décision est de l’ordre de la justice réparatrice pour les enfants oubliés, négligés et livrés à des prédateurs de touts bords. Alors M le Président, je vous en supplie : Rentrez dans l’Histoire.
Mamadou WANE dit Mao - Coordonnateur de la PPDH - Membre du Groupe de la société civile, des partenaires techniques et financiers pour la Protection de l’Enfant

04/07/2016

REFLEXIONS PAR RAPPORT AU BREXIT

LE BREXIT : QUELLES LEÇONS POUR UNE NOUVELLE DYNAMIQUE AFRICAINE ?

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Du calvaire financier de la Grèce en passant par le dérèglement de la zone euro, la crise des réfugiés, la poussée des nationalistes, etc. rien ne va plus en Europe ! Jour après jour, l’union s’enfonce dans un euroscepticisme qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Le récent référendum britannique sur le « Brexit » en est une parfaite illustration. Un référendum dont les conséquences politiques, économiques, diplomatiques à long terme [1] ne manqueront pas d’influencer l’avenir de l’Europe tout entière et d’imposer un nouveau principe de réalité [2].
L’UE serait-elle en cours de démolition et le référendum britannique, le début de la césure qui la fait avancer vers la plus grande transformation qu’elle n’ait jamais connue depuis sa création ? De toute évidence, le Brexit menace la construction européenne et fait vaciller l’un des modèles les plus aboutis d’intégration dans ce monde contemporain multipolaire où la construction de blocs est une tentative pour consolider des intérêts communs.
Comment en est-on arrivé là ? Comment « un peuple de grande culture démocratique comme le peuple britannique décide d’abandonner une institution comme l’Union européenne, garante de paix et de coopération dans un espace commun qui a été ravagé par des guerres pendant des années ? [3] ».
Si le rejet de la globalisation [4] explique en partie cet euroscepticisme, celui-ci trouve son origine dans l’incapacité de l’Union à être à la hauteur [5], à répondre aux besoins de ces citoyens et à redonner à « l’idée européenne » tout son sens, une nouvelle perspective, une nouvelle renaissance.
Quand bien même très différent d’un point de vue historique, institutionnel, politique, économique, sociologique..., l’UA, comme l’UE sur laquelle elle s’est, par ailleurs, largement inspirée, fait face aux mêmes incertitudes, aux mêmes défis. Des défis immenses eu égard à « la complexité et la totalité de l’Afrique [6] ».
Ainsi, entre espoirs démesurés et désillusions, entre affirmation du continent africain et dépendance vis-à-vis des instances internationales, entre projets de renaissance africaine et défis économiques et sociaux, le rôle de l’UA et l’empreinte qu’elle laissera sur l’histoire de ses pays membres restent à écrire.
En effet, elle traverse aujourd’hui une crise profonde parce que ne fabriquant plus les imaginaires d’un panafricanisme qui se pense en dehors de ses instances et des systèmes étatiques où les concepts de solidarité, de sécurité et de culture n’ont plus leur place [7]. Parce qu’elle est déconnectée des réalités et n’a pas réussi à intégrer les sociétés civiles dans les discussions. Parce qu’elle reste un cercle de Chefs d’État. Parce qu’elle a échoué sur la plupart des crises politiques et sécuritaires [8]. Parce qu’elle n’a pas les moyens de ses ambitions, parce qu’elle n’inspire plus confiance, notamment auprès de la jeunesse africaine qui, dans un grand sondage récent, brocardait « la quête de pouvoir des politiciens [9] » au détriment des aspirations des peuples.
Pour toutes ces raisons et dès lors que L'Histoire ne doit pas nous prendre au dépourvu, le Brexit doit être l’occasion pour l’Union africaine de revoir sa feuille de route, de s’inspirer des causes et des effets de ce choc historique pour s’imposer une nouvelle vision, améliorer ses institutions, son fonctionnement, rallumer le rêve fédéral et être un acteur résolu de la stabilité et de la prospérité de l’Afrique. Mais, il faut pour cela promouvoir et respecter des valeurs et des principes, se donner les moyens d’atteindre ses ambitions et faire de l’unité africaine l’affaire de tous les Africains.
Promouvoir et respecter des valeurs et des principes
Une union qu’elle qu’elle soit, repose sur des règles, des valeurs et des principes. Si, dans le cadre de l’Acte constitutif de l’union africaine, ces objectifs et ces principes sont expressément mentionnés, quand est-il de leur respect et de leur mise en œuvre ?
La réponse à cette question est loin d’être satisfaisante au regard, entre autres, de ses tergiversations et de ses multiples échecs. L’UA n'arrive plus à sauvegarder la paix sur le continent, à l'image des échecs survenus en Libye, au Mali, au Darfour, au Soudan du Sud, etc. Ses ambitions politiques et économiques ne font plus guère l'unanimité. Son inefficacité à concrétiser le sentiment de « solidarité africaine » est plus que jamais une réalité. Pire encore, elle est frappée par une crise de légitimité et de crédibilité. En définitive, l’UA est victime de ses incohérences stratégiques, diplomatiques, de ses contradictions [10] et des rivalités entre Chefs d’État. Par conséquent, elle ne saurait être résolue « à relever les défis multiformes auxquels sont confrontés notre continent et nos peuples, à la lumière des changements sociaux, économiques et politiques qui se produisent dans le monde [11]» ni à impulser la création d’une Afrique forte, prospère, intégrée et plus protectrice si elle ne s’engage pas résolument à s’appliquer et à respecter les valeurs et les principes qui sont sa raison d’être. Faut-il pour cela redéfinir les critères d’adhésion à l’UA ? Faut-il pour cela être plus ferme dans les sanctions au point d’exclure des instances de l’organisation les États ne respectant pas les principes et les valeurs de celle-ci ? Faut-il pour cela une UA autour d’un noyau dur de pays soucieux de l’Afrique et des Africains qu’une pléthore de pays ne partageant ni les mêmes ambitions ni la même vision de l’Afrique ? Faut-il pour cela opérer un choix démocratique du président de la commission de l’UA ? Ce qui est certain, c’est que le changement doit venir de l’intérieur pour insuffler un nouveau dynamisme à cette organisation, annoncer clairement ce qu’est l’UA, ce qu’elle n’est pas et lui donner les moyens d’atteindre ses ambitions.
Se donner les moyens d’atteindre ses ambitions
La question des moyens est fondamentale et présuppose, par ailleurs, le respect des règles et des principes établis. Mais si ces moyens sont financiers, ce qui est par ailleurs incontournable, ils sont tout aussi institutionnels. Car, comment concilier désir d’intégration et liberté des nations ? Comment assurer une complémentarité voire un prolongement entre organisations sous régionaux et UA ? Comment éviter la concurrence de tous contre tous ? Comment accorder ambition d’émancipation politique, géopolitique, désir d’hégémonie de certains États et « intérêts africains » ? Comment apprécier et/ou faire face à l’inflexibilité de présidents qui font valoir le principe de souveraineté et le sacro-saint concept de non-ingérence si cher à l’UA ?
L’Union africaine doit reprendre son élan pour, au-delà de Vision 2063 qui a pour objectif de relever les nouveaux défis du continent en matière de croissance, mettre en œuvre les instruments institutionnels lui permettant de formuler des idées vraies, claires, et compréhensibles par tous. Cependant, pour pasticher une assertion sur l’Europe et qui pourrait bien s’appliquer à l’UA, ce n'est pas seulement dans le champ institutionnel ni dans les mécaniques d'experts, ni dans les discours et les grandes célébrations qu'il faut s'investir au premier chef [12]: tout cela est beau, bon et il faut sans doute l'accomplir, mais l'urgence n'est pas là. L'urgence se situe dans la réconciliation entre « le rêve africain », « l’idée africaine » et les peuples inquiets pour leur avenir, effarés par l'inefficacité voire l’inaction dont font preuve leurs dirigeants et qui démontre l’impuissance de l’UA. « L’Afrique politique » doit davantage se concentrer sur les grands choix d’avenir, à commencer, entre autres, par la sécurité, la politique industrielle commune, la protection de ses intérêts vitaux, la stratégie commerciale vis-à-vis du monde au lieu de s’autodétruire par des rivalités qui alimentent les rapports de force entre pays africains, la réticence des États membres à abandonner une partie de leur souveraineté.
Il est donc grand temps de refonder l’Union africaine et se rendre à l’évidence, notamment, que toute initiative offensive sans approbation démocratique ni implication des peuples aura tôt ou tard plus d’effets négatifs que positifs.
Faire de l’unité africaine l’affaire de tous les Africains
Si, aujourd’hui, l’Union européenne va très mal, c’est parce qu’elle souffre d’un déficit structurel de démocratie [13], c’est parce qu’elle s’est détournée de ses fondamentaux qui sont politiques, c’est parce qu’elle a, en partie, tourné le dos à ses peuples qu’elle ne défend plus, c’est parce qu’elle s’est lancée plus dans une administration des choses qu’une gouvernance des hommes [14]. Au regard de ce qui précède, concrétiser et pérenniser l’Unité africaine ne saurait se faire sans amener les Africains, de tous bords, à participer activement à la vie de l’organisation. Sans cette participation, cette « bénédiction », l’UA est voué à devenir « un empire non impérial », un « despotisme éclairé et doux », un « machin bureaucratique » et/ou un entre-soi de Chefs d’État au service d’intérêts autres que ceux attendus par les citoyens.
En outre, la construction d’une union viable ne pourrait être fondée uniquement sur des considérations d’ordre mercantiles, sur le triomphe du droit de la concurrence et la globalisation du marché, sur une coalition d’États, mais plutôt sur une « union d’Hommes », une « globalisation de l’état de droit », une expression véridique de la démocratie représentative. Car, quand bien même le débat n’est pas encore posé, le consentement des peuples apparaîtra à un moment donné comme le facteur clef de l’avenir de l’union africaine. Dans ce sens, ne pourrait-on pas permettre à des citoyens africains ressortissants d’un nombre significatif d’États membres et en fonction d’un nombre déterminé de soumettre des propositions appropriées sur des questions pour lesquelles une décision de la commission africaine est nécessaire ?
Nous ne devons méconnaître que « tout gouvernement est menacé d’une effrayante mutation en bureaucratie, le règne non plus du droit ni des Hommes, mais de bureaux anonymes et d’ordinateurs. Leur domination, totalement désincarnée, pourrait se révéler plus dangereuse pour la liberté et pour ce minimum de civilité sans lesquels aucune vie en commun n’est concevable, que le plus monstrueux arbitraire des tyrannies du passé. Ces dangers de démesure et de technocratie toute-puissante menacent en effet de dépérissement et d’extinction toutes les formes de gouvernement. Une fois de plus, cela commencerait comme une idéologie rêveuse et nourrie des meilleures intentions, mais dont les conséquences cauchemardesques ne seraient décelables qu’au prix d’un examen critique [15] ».
Pour créer donc une Afrique forte, prospère et intégrée, entraînée par ses propres citoyens et capable d’occuper la place qui lui revient sur la scène mondiale [16], il est crucial et même urgent pour les dirigeants de l’UA, de penser d’abord à l’intérêt des générations suivantes, de considérer la voix de tous ses enfants, en particulier de sa jeunesse, pour lui donner les moyens de se mêler, de s’unir autant qu’ils peuvent afin de les inciter à reconnaître leur rôle et à prendre leurs responsabilités dans la réalisation du rêve africain
Si, comme le stipule son acte constitutif, l’UA est « résolu à promouvoir et à protéger les droits de l’homme et des peuples, à consolider les institutions et la culture démocratiques, à promouvoir la bonne gouvernance et l’État de droit ; résolu également à prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer ses institutions communes et à les doter des pouvoirs et des ressources nécessaires afin de leur permettre de remplir efficacement leurs missions », elle doit, dès lors, s’enraciner dans des valeurs, des principes, s’ouvrir au monde et faire de la prise en compte des aspirations de ses citoyens, la raison d’être de son existence. Car, c’est en s’attelant aux tâches les plus urgentes que l’UA des femmes et des hommes de bonne volonté se relèvera et reprendra sa marche en avant.
Pierre Sarr
[1] Article 50, http://europa.eu/pol/pdf/consolidated-treaties_fr.pdf
[2] « Comment réparer l’Europe ? », L’OBS, édition n°2694 du 23 au 29 juin 2016, p.32
[3] El Español
[4] http://international.blogs.ouest-france.fr/archive/2016/06/24/brexit-ue-16411.html#more
[5]Alternatives économiques hors-série n° 081 - mai 2009
[6] Hélène d'Almeida-Topor, L'Afrique du 20 siècle à nos jours, Paris, Armand Colin, 2010. 400 pages
[7] Amzat Boukari-Yabara
[8] http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/06/09/comment-madame-dlamini-zuma-a-plombe-l-union-africaine
[9] Matteo Maillard, Le monde Afrique du 17.06.2016
[10] Romuald Likibi, La Charte africaine pour la démocratie, les élections et la gouvernance : analyse et commentaires, Éditions Publibook, 2012, 419 pages.
[11] Cf. Acte constitutif de l’union africaine
[12] http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/brexit-donner-des-frontieres-a-l-europe_1805955.html
[13] Cour constitutionnelle allemande du 30 juin 2009 à Karlsruhe
[14] Christophe Beaudouin, La démocratie à l'épreuve de l'intégration européenne, Broché, 2013, 562 pages
[15] Hannah Arendt, philosophe du totalitarisme cité par Christophe Beaudouin dans http://www.observatoiredeleurope.com/
[16] Nkosazana Dlamini Zuma, Présidente de la Commission de l’UA

13/05/2016

AMOUL BIDONVILLES!

Un Sénégal émergent nécessite des villes sans bidonvilles

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Les différents régimes politiques qui se sont succédé à la tête du Sénégal ont initié différents projets, programmes, stratégies et plans dans plusieurs secteurs dont le dernier en date est le «Plan Sénégal Emergent (Pse)» pour placer le Sénégal sur les rampes de l'émergence ou du développement. Les résultats obtenus ont été plus ou moins satisfaisants. C'est pourquoi, il nous semble important, par le biais de cette modeste réflexion, d'évoquer un volet important de nos établissements humains : les bidonvilles qui, sans un traitement adéquat, risquent de retarder encore l'émergence tant attendue de notre pays.
L'un des phénomènes majeurs observés ces dernières décennies au Sénégal est le «boom» urbain avec une forte concentration de la population dans les agglomérations urbaines consécutive au taux d'accroissement naturel élevé et à l'exode rural. Cette croissance démographique exponentielle, faute d'une politique d'urbanisme adéquate, n'a pas été bien encadrée et contenue en termes de planification spatiale, d'offre en logements sociaux et de parcelles d'habitations viabilisées notamment, pour les néo citadins. Du coup, les marges ou périphéries des centres urbains ont été «squattées», timidement au début, par quelques habitations qui se sont démultipliées à souhait, au fil du temps, pour occuper des superficies importantes. Aujourd'hui, les bidonvilles ou quartiers précaires ou irréguliers n'occupent pas moins de 30% de l'habitat au Sénégal, ce qui équivaut à plus de 8.000 ha d'occupations urbaines irrégulières.
De telles statistiques, effarantes, montrent l'ampleur du phénomène des bidonvilles dans les villes sénégalaises. Rappelons que ces quartiers précaires ont comme identités communes : l'étroitesse des rues, la promiscuité, l'absence ou la faiblesse des réseaux (eau, électricité, téléphone, assainissement, voirie,) et des équipements (scolaires, sanitaires, socio-éducatifs, cultuels, etc.), l'absence de titres de propriété. A la lecture de cet environnement urbain marqué par des déficits de multiples ordres, il est aisé de comprendre qu'aucune initiative de développement durable ne peut prospérer avec l'absence d'un minimum de conditions de vie décentes voire humanisantes dans ces quartiers densément peuplés et s'étalant sur de vastes superficies.
A un certain moment de l'histoire, pour faire disparaître du décor urbain de tels quartiers mal structurés, l'Etat procédait à des déguerpissements forcés ou «politique du bulldozer» pour les rejeter dans la banlieue lointaine (exemples des villes de Pikine et de Guédiawaye). Mais que de drames sociaux vécus et de frustrations accumulées !
Fort heureusement, au milieu des années 1980, avec l'appui de la coopération technique allemande (Gtz), l'Etat, à travers la Direction de l'Urbanisme et de l'Architecture, a entrepris une nouvelle politique «douce» de résorption des bidonvilles dite «Restructuration et régularisation foncière» dont le quartier de «Dalifort» à Pikine a servi de zone pilote, avec des résultats probants obtenus à l'arrivée. Pour consolider cet acquis et assurer sa réplication à travers les nombreux quartiers irréguliers du Sénégal, un décret présidentiel a été pris en 2000 pour créer une fondation reconnue d'utilité publique, la «Fondation Droit à la Ville» afin que ces populations démunies, pour la plupart, et habitant ces quartiers irréguliers puissent avoir véritablement un «droit à la ville» dans des quartiers fonctionnels et bien intégrés au tissu urbain.
Depuis sa création, cette fondation dépendant du ministère en charge de l'Urbanisme a conduit avec succès des opérations de «Restructuration et régularisation foncière» dont, entre autres, les quartiers de Pikine à Saint-Louis, Khouma à Richard-Toll. Présentement, les quartiers de Hann, Petit Mbao, Grand Médine et Arafat/Grand Yoff sont en cours de restructuration urbaine. A terme, les conditions de vie dans ces quartiers vont être sensiblement améliorées : ouverture et élargissement de voies, mise en place de réseaux divers, octroi de titres de propriété (droits de superficie) à chaque propriétaire de maisons.
Cependant, malgré la présence de cette structure et des opérations, actions déjà menées dans ces quartiers, les interventions sont très limitées et minimes par rapport à l'immensité des superficies de bidonvilles à aménager. En effet, cette forme d'urbanisme curatif qui consiste à créer les conditions de développement des quartiers irréguliers par la mise en place des infrastructures de base et des équipements de proximité nécessitent des moyens importants à mettre en place par l'Etat et les Collectivités Locales appuyés en cela par les Partenaires Techniques et Financiers.
Pourtant le pari de l'émergence ou du développement durable sera relevé, difficilement, si les villes, véritables moteurs de croissance, ne sont pas bien aménagées notamment, dans leurs nombreux secteurs mal ou non lotis qui constituent d'énormes nids de nuisances et fléaux urbains.
A cet effet, il est nécessaire de :
·Renforcer la politique de Restructuration et Régularisation Foncière des bidonvilles ;
·Renforcer les moyens (financiers, humains et matériels) de la structure habilitée à mettre en œuvre la politique ;
·Définir et mettre en œuvre un programme national de résorption des bidonvilles ;
·Réactualiser la législation consacrée en la matière ;
·Renforcer le fonds créé pour la restructuration et régularisation foncière ;
·Réserver des zones de recasement dans les pôles urbains et nouveaux lotissements pour faciliter le relogement des populations qui seront déplacées pour les nécessités d'élargissement des emprises de voirie.
·Harmoniser les interventions des différents opérateurs urbains ;
·Etc.
Le phénomène urbain qui gagne davantage de terrain se présente comme un atout, une opportunité et non une faiblesse et contrainte. A cet égard, dans un contexte où l'émergence est tant brandie, chantée, souhaitée, l'habitat irrégulier ne doit plus trouver sa place au sein des communes et villes du Sénégal appelées à être les locomotives de la croissance. L'atteinte de cet objectif peut, certainement, être facilitée par l'expérience sénégalaise en matière de stratégies efficientes de résorption des bidonvilles dont il faudra juste renforcer, accompagner et hisser au rang qui sied à sa dimension et aux attentes de la proportion importante de populations concernées.
Mamadou DIENG/Lequotidien

08/05/2016

SOMBRE SENEGAL...

Le crépuscule des valeurs au Sénégal ou le triomphe de l’immoralité

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Lorsqu’on évalue le Sénégal au ‘’scandalométre’’ ou à l’’éthicométre’’-excusez des néologismes-, on ne peut pas manquer d’être sidéré, outré par l’ampleur de la gangrène immorale qui ronge notre pays, au point qu’on semble assister à une inversion, à une perversion pour ne pas dire à une érosion des valeurs. Si jadis au Sénégal, les voleurs, les violeurs, les pervers bref les criminels faisaient profil bas lorsqu’ils avaient commis leurs forfaits, et que certains gagnés par la peur, le remords ou par la honte , le fardeau du regard social préféraient s’exiler ou se donner la mort pour ne pas déshonorer les siens et sauvegarder un minimum de réputation ; force est de reconnaitre qu’aujourd’hui les valeurs cardinales qui fondaient la société sénégalaise telles que la dignité, l’honorabilité, la réputation, la patience, la tempérance …sont entrain de s’affaisser comme un château de cartes devant la puissance de l’argent, l’appât du gain, le gout du pouvoir, l’amour du luxe. Le culte de l’honneur était tellement présent dans le Sénégal d’antan que dire à une personne ‘’je te donne ma parole’’ était l’équivalent de lui donner pour gage sa précieuse vie ou de mettre au défi son honneur, car celui-ci pour un homme de valeur est au-dessus de toutes les considérations matérielles à tel point que Shakespeare avait pu dire :’’Tout homme attache de la valeur à la vie; mais l’homme de valeur attache à l’honneur une valeur plus précieuse qu’à la vie’’.
Aujourd’hui, le sens de l’honneur est quasiment absent du comportement de bon nombre de nos concitoyens et le respect de la parole donnée n’a plus aucun de droit de cité et cela de la part des plus hautes autorités de l’État championnes des dires et des dédires. Le mensonge, la traitrise, la scélératesse sont tellement monnaie courante qu’être véridique apparait comme une anomalie.
C’est d’ailleurs pourquoi la calomnie, la délation, sont érigées en règle de conduite .Pour cause à longueur de journée, la presse colporte des informations inexactes sur des personnes qui perdent à jamais leur dignité et leur honorabilité. La tricherie, les magouilles, les combines malveillantes sont tellement banalisées que prendre la résolution de vivre selon la droiture devient un acte de déviance ou défiance au sein d’une société gravement malade de ses élites politiques et de ses soi-disant guides spirituels. En effet, au sein d’un système maffieux, d’une administration rongée par la corruption, le détournement récurrent ; vouloir vivre selon l’éthique et le sens du patriotisme devient un frein pour sa carrière voire un risque pour sa vie, car des forces obscures, ’’ des charognes’’ macabres sans vergogne travaillent à décourager toute tentative de déverrouillage et de mise à nu d’un système de partage illicite des deniers publics. Ces administrateurs et cadres, souvent plus fortunés que les vaillants entrepreneurs, sont même capables de vendre leurs âmes au diable pour protéger leurs sources de revenues illicites .Il suffit d’observer le train de vie plus qu’élevé de certaines catégories de fonctionnaires, de scruter les biens matériels qu’elles détiennent dans un pays aux maigres ressources ,pour comprendre que l’accumulation de biens matériels a pris le pas sur le soucis du respect du bien commun ou de la construction nationale .
Ce qui est révoltant ,c’est moins les crimes et les violations flagrantes de la loi que le traitement de faveur que ces bandits hauts perchés dans les plus hautes sphères de l’`État reçoivent en prison et l’impunité complice dont ils bénéficient de la part de dame justice . Ces personnes criminelles, drapées du manteau de la célébrité, protégées par des lobbies politico-religieux et affairiste, adulées par une foule aveuglée par l’ignorance, saoulée de musique, de lutte et de danse; narguent constamment les lois du pays et n’hésitent pas à s’accorder un semblant de virginité morale, une illusoire renaissance publique à coup de rhétoriques ou de campagnes de séduction médiatique que des scandales sexuels et financiers avaient sérieusement entamé.
Peu importe le style de vie douteux que certaines célébrités mènent où un niveau d’enrichissement fulgurant que connaissent certains arrivistes à la fortune injustifiable ; ils bénéficient toujours du soutient sans faille de certains opportunistes ,troubadours ou laudateurs accrochés à l’idée que l’argent n’a pas d’odeur aussi longtemps qu’il permet d’ouvrir les portes de la réussite sociale .Sans état d’âme ,les artistes, les promoteurs de lutte s’empressent d’organiser des événements mondains, de les faire parrainer par des hommes politiques ,par des fortunés sortis de nulle part ou même paradoxalement par des personnalités religieuses rien que pour amasser de l’argent sans peine. Nos artistes, nos musiciens et certaines célébrités ne se gênent plus d’ailleurs à faire de leurs productions musicales une litanie d’éloges sur des gens nanties au point que la création artistique devient de plus en plus médiocre au profit d’un giottisme mercantiliste à peine voilée. Certains ‘’artistes’’ sans scrupule aucune n’hésitent plus à aller courber l’échine devant le président gambien Yaya Djameh pour profiter de ses largesses ou de ‘’sa générosité’’ fruit des sacrifices de son peuple meurtri par une répression implacable.
Le signe le plus symptomatique de cette perversion morale, c’est le rapport quasi pathologique que certains guides religieux entretiennent avec l’argent, la femme, le luxe et le pouvoir. Sous couvert de servir la religion ses prétendus guides religieux à la moralité douteuse se servent de la religion au point de lier et de délier des alliances avec le pouvoir en vigueur au gré de leurs passions charnelles, et telles des girouettes, ils suivent le vent des avantages et des privilèges que pourraient leur octroyer les autorités politiques entrainant dans leur nomadisme vicieux une horde de fidèles déboussolée par la méconnaissance de la science religieuse.
Que dire du mutisme ou de la mutation de certains acteurs de la société civile qui dans un passé récent combattaient les violations des droits des citoyens et le tripatouillage de la constitution de l’ancien régime, mais aujourd’hui qui sont devenus de fervents défenseurs du régime actuel au point de cautionner toutes ses dérives anti-démocratiques(interdiction de marche, condamnation d’opposants selon des motifs légers, non respect des règles élémentaires de passation de marché, monopolisation des médias publics, gestion clanique … ).Bon nombre d’ ONG et de partis politiques sous prétexte qu’ils travaillent pour le bien du peuple, utilisent leurs organisation comme des moyens de pression et des tremplins pour s’offrir une visibilité publique afin de bénéficier des privilèges du pouvoir.
Nos politiques ne sont ni de gauche ni droite, ils ont aujourd’hui divorcé avec les idéologies telles que le socialisme, le libéralisme, le communisme, ils ne sont en réalité plus mus par des convictions doctrinales si on observe les alliances contre-natures qu’ils nouent sur le dos du peuple et surtout de la facilité avec laquelle ils transhument vers la parti au pouvoir. Au fond, le seul objectif de la pléthore des formations politiques au-delà de leurs rhétoriques, de leurs querelles idéologiques de façade est de leurrer le peuple pour accéder au pouvoir et s’accaparer ainsi des ressources du pays.
En un mot, le constat est amer, toutes les entités du pays censées défendre les valeurs religieuses, morales, démocratique sont aujourd’hui perverties par l’amour des privilèges et du pouvoir, le goût du luxe. Il reste maintenant à espérer que les rares personnes de valeurs du pays vont enfin prendre leur responsabilité en s’offrant en exemple de droiture en face d’un peuple sevré de modèle de moralité ,en faisant entendre leurs voix à défaut de s’engager socialement ou politiquement, en faisant comprendre à la masse la primauté du savoir sur l’avoir, du mérite et du travail sur le favoritisme et la facilité , de la dignité et de l’honneur sur la cupidité et indécence morale ,du patriotisme sur l’égoïsme pour freiner cette marrée perverse qui submerge le Sénégal, sans cela le naufrage moral sera irréversible et lourde de conséquence pour l’avenir de notre nation.
Ciré Aw/Seneweb

03/05/2016

AVIATION: LE SENEGAL ET LA TURQUIE

UN ACCORD AVEC LES TURCS EST-IL BIEN RAISONNABLE?

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Un récent article de "Air Transport" vient encore de dénoncer un grave incident à Madagascar. Mettant en évidence les capacités des pilotes turcs opérant hors de l'Europe. Ce vol a déjà eu des problèmes récurrents de pannes et de mauvaise gestion des AOG par le staff turc, les passagers étant restés bloqués 48h avant l'arrivée d'un nouvel A340. Rater un seuil de piste d'atterrissage n'est même jamais arrivé à l'aéroclub Iba Gueye avec des apprentis pilotes.
On doute qu'un partenariat entre Air Senegal SA et la compagnie nationale turque Turkish Airline, puisse apporter de la sécurité et du professionnalisme au Sénégal qui possède d'excellents techniciens et pilotes et où Dakar AIBD deviendra le pourvoyeur de routes africaines pour Istamboul, sans aucune plus value de prix de confort et surtout de sécurité pour les sénégalais et touristes.
Hormis le fait de faire reprendre la dette colossale de feu Sénégal Airline et étouffer un mouvement social, on ne vois pas bien l'intérêt d'une telle opération après l'expérience de la RAM qui pourtant était bien plus compétente.
Le Sénégal peut avoir les moyens de remonter une compagnie nationale, et à ce titre, apparemment une société suisse indépendante était prête à financer plusieurs avions très récents, l'ex ASI, tournait avec un remplissage de 78% et assurait la desserte sur l'Êurope et la sous région, c'est une volonté politique qu'elle soit bien gérée, pas un problème de compétences.
Turkish serait-elle le pire des cas de figure?
JC

23/04/2016

Un clavier en Sérère!

Un p'tit effort Mr Mac

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Le 2 décembre 2014, l’Assemblée Nationale sénégalaise a introduit plusieurs langues vernaculaires dans les débats officiels. Un programme de traductions simultanées d’un coût de 450 000 euros a en effet été mis en place, pour les 50% de députés qui ne maîtrisent pas suffisamment la langue officielle, le français, pour suivre les débats avec efficacité.
Ne vous moquez pas si rapidement, j’en vois venir certains : voici quelques commentaires sur la Bretagne, qui n’ont qu’un peu plus de cent ans :
« Les Bas-Bretons ont un langage dur et difficile à comprendre. Leurs habitudes, leurs coutumes, leur crédulité et leurs superstitions leur laissent à peine une place au dessus de l’homme sauvage . Le paysan y est d’une malpropreté dégoûtante. Son habitation peut presque se comparer à celle d’Hottentots(...) En général les paysans ont une mauvaise physionomie, stupide et brutale à la fois. » (Malte Brun, 1831) . Ou encore, « Le petit Breton est abandonné à lui-même dès qu’il peut marcher. A peine vêtu, malpropre, il patauge toute la journée par les chemins, mange à l’écart un morceau de pain noir, joue peu, ne parle pas(...) S’il a huit ans d’âge physiquement, il en a trois à peine pour le développement intellectuel.... » (Poitrineau, inspecteur d’académie à Vannes, Instruction, 1897).
Je demande pardon aux bas bretons de les avoir pris comme exemple, mais je sentais déjà le souffle du vent de la moquerie, laquelle n’a pas sa place dans mes propos.
Cette décision est tout à fait louable dans la mesure où les langues vernaculaires font la richesse d’un pays, (on enseigne aujourd’hui en France le Breton, le Catalan, l’Occitan et le Basque, qui sont devenues des « langues régionales ») et l’on se félicite de l’aide européenne pour une dépense si pertinente. D’autant qu’un député Bédik, né chez les Bédik et vivant chez les Bédik n’a aucune raison de maîtriser le français, langue à laquelle il n’est jamais confronté. Et pour ceux qui prétendraient qu’il faudrait avoir fait des études pour gouverner un pays, je rétorquerai qu’il suffit de voir où nous conduisent nos énarques pour se dissuader du contraire. Mais une fois de plus je m’égare…
Pour ma part, vivant en pays Sérère et comptant y finir mes jours, le plus tard possible avec l’aide de dieu et, je le crains, de façon abrégée si je devais avoir un jour recours au corps médical, j’ai décidé d’apprendre le Sérère. Oui, j’en avais assez de subir un « bruit de fond » à longueur de journée, car lorsque l’on ne comprend pas un traître mot d’une langue que les gens parlent à longueur de journée à vos côtés, on finit par ressentir un bruit de fond qui devient rapidement désagréable, voire insupportable, d’autant qu’il incite à l’isolement intellectuel. Bien entendu, il reste la solution de passer sa vie à s’abreuver au bistrot pour parler avec d’autres francophones, mais moi, je suis plutôt village, à chacun son truc. Et, je vous l’assure, depuis que je connais quelques mots de sérère, ma vie s’est transformée : mon attention est désormais captée, que dis-je captivée, par les conversations, et je commence à deviner si l’on parle d’un cochon ou d’une voiture, sans encore comprendre si le cochon va être mangé ou s’il a été volé et si la voiture va être vendue ou si elle va être repeinte, mais je tends l’oreille et j’ai l’impression de participer. Je vous l’assure cela change la vie !
En bon élève, je me suis muni d’un cahier et un crayon et j’ai commencé à travailler. Et je me suis dit qu’il serait quand même plus simple de tout mettre sur mon Macbook qui ne me quitte jamais : l’étude d’une langue en déshérence n’interdit pas les technologies du futur, je vous l’assure. Pour preuve, il est même encore aujourd’hui des tribus dans des territoires très reculés du monde qui vivent à l’ère du sidéro-numéro-lithique, nous en reparlerons sans doute un jour.
Bien, revenons à nos Mbaal (moutons en Sérère) : Oh, surprise et déconvenue ! Il n’existe aucun clavier numérique adapté aux ordinateurs Apple, qui puisse taper les quelques lettres propres (et quasi imprononçables) à l’alphabet Sérère ! Rappelons tout de même que la firme Apple se classe la cinquième au monde en terme de ventes d’ordinateurs et qu’alors que tout le marché est à la baisse, Apple est en constante progression. Voilà, c’est navrant. Vous voulez faire un effort d’intégration, et un état qui dépense 450 000 euros pour faire entrer le Sérère à l’Assemblée Nationale n’a pas pensé à faire concevoir un petit programme à trois francs six sous qui permettrait d’écrire en Sérère quand on utilise le deuxième système d’exploitation de la planète.
Consternant, non ?
Messieurs les députés des minorités linguistiques sénégalaises, ne ferez-vous donc rien pour que vos langues ne meurent pas? Franchement, être infoutu d’écrire trois lignes en Sérère avec son Mac en 2016, j’ai l’impression de retourner dans la préhistoire !
Reginald GROUX/Miam Miam/Jardin d'Aïda/Djilor

21/04/2016

COUP DE GUEULE D'UN RESTAURATEUR

 

Hôtels et Restaurants : Le nettoyage obligatoire des tiroirs caisses.

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Le restaurant Miam Miam à Djilor Djidiack est implanté au beau milieu d’un vaste jardin à la végétation luxuriante, qui fait comparer le lieu à un « petit paradis » dans nombre d’élogieux commentaires laissés par les Tripadvisoriens bien avisés. Surtout comparé à l’enfer nauséabond des décharges sauvages qui bordent la sortie des villages avoisinants, dont personne n’a l’air de se soucier plus que cela.Bref, ce n’est pas là mon sujet, venons-en aux faits : La première année de notre ouverture nous avons reçu la visite d’un agent de l’hygiène qui venait pour désinsectiser le jardin et nous débarrasser des cafards qui pullulaient dans la cuisine, assurait-il. Je lui ai fait remarquer que le mois de février était l’un des rares mois de l’année où il n’y avait pas de moustiques et que notre cuisine, entretenue avec un soin méticuleux n’abritait ni cafard, ni vermine d’aucune sorte.C’est la loi, me fut-il répondu, et en bon citoyen, je me suis plié à la loi. Il faut dire que le lascar, revêtu d’un uniforme brun de style jeunesses hitlériennes, béret plié sous l’épaulette, galons argentés comme le ventre d’un yaboy, et son comparse,accoutré comme un personnage de science-fiction, flottant dans sa combinaison intégrale, pesants réservoirs accrochés sur le dos, encagoulé d’un masque à gaz façon bataille de Verdun, la lance de pulvérisation à la main toute prête à répandre son brouillard létal, avaient de quoi impressionner…Ils sont revenus l’année suivante, à la même époque exactement. Je les ai proprement foutus à la porte.D’abord parce qu’il est imbécile de démoustiquer à l’époque où il y a le moins de moustiques. Ensuite parce que s’il fallait démoustiquer, il faudrait le faire tous les quinze jours. Ensuite encore, parce que l’on est incapable de me donner une garantie que les moustiques appartenant à mes voisins, moins soumis que le nuage de Tchernobyl qui s’était, lui, arrêté aux frontières françaises, je disais donc la garantie que les moustiques appartenant à mes voisins ne viendront pas derechef occuper un territoire libre de toute occupation. Le moustique est volage, c’est bien connu. Re-ensuite et re-encore, parce que le produit que l’on veut répandre dans mon jardin (deltamethrin) est « Nocif et dangereux pour l’environnement, très toxique pour les organismes aquatiques et peut entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement aquatique ».
Et que cet insecticide est « hautement toxique pour les abeilles », selon la fiche du fabricant. Nous sommes à 50 mètres des bolongs, vaste zone aquatique protégée, biosphère classée au patrimoine de l’humanité, et tout le village produit du miel artisanal. Faut-il enfreindre une loi pour en respecter une autre, je vous le demande ? Faut-il empoisonner toute la nature et la population pour tuer des moustiques qui reviendront la semaine suivante ?En ce qui concerne la cuisine, le produit anti-cafard que l’on essaie de me forcer à appliquer est du Baytex 550, classé comme POISON selon les normes européennes.Je vous engage à consulter la fiche du fabricant : Poison, interdit sur les surfaces lisses (pavage, dallage, chape…), interdit à proximité des mares et cours d’eau,interdit dans tous les lieux contenant de la nourriture ou des ustensiles de cuisine, dangereux par inhalation et contact avec la peau, risque possible d’effets irréversibles. En fait, c’est un désinfectant pour les étables et les fosses sceptiques spécialement adapté aux araignées. Voilà ce que l’on veut mettre dans ma cuisine! Quant aux quantités que l’on voudrait me facturer, ce sont celles prévues pour 5 hectares en ce qui concerne le démoustiquant, soit 16 fois la dose et pour 66 litres de préparation pour ma cuisine de 40 m2, soit 22 fois la dose. De qui se moque-t-on ?Laissez-moi maintenant en tirer les conclusions :Il fut un temps, pas très lointain, où les administrations se payaient souvent « sur la bête ». Ces temps sont révolus, le Sénégal est entré dans l’ère de la modernité, de la transparence et de l’efficacité, même si certains font encore de la résistance abusive.Les visites effectuées par les agents des services de l’hygiène en février ou en avril, au moment supposé des pics de fréquentation touristiques, n’ont qu’un but véritable : celui de nettoyer les tiroirs caisses des hôtels et restaurants lorsqu’ils sont au plus haut (c’est à dire malheureusement très bas) , au détriment de la santé publique, de la protection des abeilles et des poissons, en marge de toute déontologie .Messieurs les inspecteurs du district sanitaire de Dioffior, je ne doute pas qu’une âme bienveillante ne vous transmette cet article.Un agriculteur australien vient d’être condamné à 5 000 dollars, soit 2,3 millions d’amende pour avoir utilisé du Baytex, cela devrait faire réfléchir. Je ne succomberai pas à ce qui ressemble davantage à un racket qu’à une obligation de santé publique,d’autant que je n’ai rien vu au code de l’hygiène qui fasse état d’une obligation quelconque en la matière, sauf en cas d’épidémie et par décision des « autorités compétentes ». Les articles L 58  et L 59 que vous invoquez ne sont pas pertinents.Le premier n’évoque pas un traitement mais que des « visites », auxquelles je ne me suis jamais opposé, le second parle de désinfection « à domicile », ce qui n’est pas le cas puisqu’il s’agit d’un restaurant.Je ne laisserai personne répandre dans ma cuisine ou dans mon jardin ou encore chez moi un produit hautement toxique pour les individus comme pour les animaux.
Je vous l’ai demandé verbalement, et je vous répète de façon très sérieuse : assignez-moi devant le Tribunal Régional de Fatick! Nous discuterons de vos méthodes, de vos produits, de votre incompétence coupable. Vous ne visitez que les établissements tenus par les toubab, ceux qui sont les mieux tenus. Les boui-bouis sans aucune hygiène abondent, poubelles non fermées, réfrigérateurs jamais nettoyés, mouches et cafard partout, prises électriques au dessus des éviers, toilettes à faire vomir un rat. Mais ceux-là, vous vous gardez bien l’aller les visiter car vous savez d’avance comment vous serez reçus ! Messieurs du service de l’hygiène, vous devez interdire les animaux et les charrettes sur les plages, vous devez mettre des amendes à tous ceux qui déposent leurs ordures à tout va, vous devez interdire les pneus sur la voie publique,réservoirs d’eau où se reproduisent les moustiques, vous devez contrôler la bonne tenue des cuisines des restaurants, du stockage de la nourriture, la propreté des toilettes. Vous devez interdire les cochons, les chèvres, les ânes, les chevaux qui divaguent sur la voie publique. Mais vous ne faites rien de tout cela.Faire appliquer la loi, la même pour tous, la loi efficace, cela ne semble pas être votre vocation. En fait le seul nettoyage que vous vous appliquez à faire, c’est celui des tiroirs caisses des établissements les mieux tenus. Car plus un établissement est propre, plus il a de clients, mieux il paiera. En la matière, vous ne manquez ni d’expérience, ni de savoir-faire.Le président Sall au cours du Forum national de l’administration des 9 et 10 avril2016 a déclaré que « les agents de l’Etat doivent adopter le culte de résultat et cultiver davantage la loyauté, l’humilité, le respect et la courtoisie & quot; et aussi que« L’administration doit être au service des usagers par sa proximité, sa simplicité,sa disponibilité, la lisibilité et l’efficacité de son action ». Vous retiendrez l’efficacité de l’action, je l’espère.Messieurs les agents de l’État affectés au service de l’hygiène, ouvrez les yeux : les« temps anciens » sont révolus ! Faites votre devoir envers tous les citoyens, donnez obligations aux personnes de tenir les villages propres, collez des amendes aux restaurants dont les cuisines sont une insulte à l’hygiène publique, c’est là votre mission première et vous ne manquerez pas de travail. Quant à démoustiquer les jardins, pourquoi ne pas obliger les établissements à s’équiper de pièges à moustiques comme on les oblige à s’équiper d’extincteur ? Les désinsectisations,sauf à très grande échelle, ne servent à rien.Et puisque j’ai eu la faiblesse de vous faire des confidences, je ne vous cacherai pas que tout cela est très déprimant lorsque l’on tient un établissement qui se veut un modèle de propreté.En effet, je ne vous cacherai pas qu’a force de m’empoisonner la vie, la vermine finit par me donner le cafard.
Propriétaires d’hôtels et de restaurants, particuliers, je me bats pour vous. N’hésitez pas à m’envoyer vos soutiens ou vos témoignages, soit à mon adresse mail, soit par le biais de ce blog qui fera suivre si vous souhaitez conserver l’anonymat.
Reginald Groux

 

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20/04/2016

LA PRESSE AU SENEGAL

Liberté de la presse: Le Sénégal progresse de la 71e à la 65e place mondiale

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Le dernier Classement mondial de la liberté de la presse 2016 de Reporters sans frontières place le Sénégal en bonne position. Notre pays a gagné six places, en se classant au 65e rang cette année, alors qu’il figurait au 71e en 2015.
L’indice du Sénégal, qui était de 27, 77, s’élève à 27, 99, dans le présent classement dominé par un trio, Finlande, Pays-Bas, Norvège.
La Namibie domine le classement avec un score de 15, 15, suivi du Ghana (17, 95) et du Cap-Vert (19, 82).
L’Afrique, avec un indice de 36, 9 occupe la deuxième place dans le classement mondial de la liberté de la presse 2016, établi par Reporters sans frontières (RSF).
D’après le site de l’organisation, “l’Europe (19,8 points d’indice) demeure la zone où les médias sont les plus libres”.
“Fait inédit”, l’Afrique “passe devant les Amériques (37,1), l’Amérique latine étant plombée par les violences accrues contre les journalistes”. Viennent ensuite l’Asie (43,8), l’Europe de l’Est et l’Asie Centrale (48,4).
“L’Afrique du Nord/Moyen Orient (50,8) reste la région du monde où les journalistes sont les plus soumis à des contraintes de toutes sortes”, relève RSF.
Amadou L. Mbaye/Senenews

19/04/2016

ENFIN UN EDITORIAL REK!

Aux frontières du Sénégal dort un dictateur

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Pendant que l’ONU vient, enfin, de le nommer en des termes à peine voilés, les sénégalais pensent avoir « le dossier en main ».
Son sommeil est celui des hommes qui tiennent à être contents d’eux. Il est lourd. A force de tranquillisants pour calmer l’angoisse. Il est écrasant. Pour les punaises qu’il piétine dans sa chute. Depuis vingt ans. Son chapelet est devenu un fouet plus cinglant et redouté que celui des commandeurs des plantations esclavagistes anglaises.
Entre mystification et répression, Yaya Jammeh a fini d’installer la terreur en Gambie et dans toute la sous-région. Fini de terroriser la population gambienne abandonnée à son sort par les instances régionales et internationales. Fini de ridiculiser l’Afrique entière à qui il sert de repoussoir et de variable d’ajustement diplomatique et démocratique. Fini de hanter les nuits des sénégalais coincés à la frontière gambienne et griffés par ce suppositoire aux épines plus acérées que le cactus. Fini de nous ramener en arrière.
La mort, ce week-end, de plusieurs dirigeants de l’opposition gambienne, en détention suite à une manifestation pacifique dans les rues de Banjul, n’est que le préambule bien prévisible d’une folie que rien ne semble pouvoir ni vouloir arrêter. Et Amnesty International aura beau dénoncer les exactions du pouvoir gambien et exiger le respect des droits humains des citoyens gambiens, rien n’y fera. La folie habite le corps du dictateur. Mais attention ! Elle est contagieuse. Et elle est en train de se répandre dans la sous-région.
Mais, de tous, le Sénégal en est, elle, une victime consentante. Voire complice. La responsabilité première est celle des autorités sénégalaises. De renoncements en compromissions, de lâcheté en couardise, oui, le Sénégal a laissé ce monstre prospérer et grossir. Son explosion imminente n’est une surprise pour personne.
S’amusant de ses pitreries, ridiculisant ses prétentions, profitant abusivement de sa manne financière suspecte, l’invitant dans leurs shows télévisuels, leurs concerts et combats de lutte, chassant ses opposants du Sénégal dès que l’enfant capricieux de Kanilaï se mettait à tousser, abandonnant en rase campagne, affamés et assoiffés, voyageurs, commerçants et touristes de Casamance aux humeurs outrancières de policiers gambiens bouchant jouissivement le bac à la frontière, obligeant les transporteurs à doubler leurs tarifs pour contourner la Transgambienne, certains de ses intellectuels, sous prétexte d’anti-occidentalisme primaire, se réjouissant de son «authenticité africaine» et de sa «résistance face au modèle colonial«, fermant les yeux sur sa complicité avouée avec les maigres poches de voyous qui non seulement n’ont plus rien d’« indépendantistes casamançais», mais ne sont même plus sénégalais, acceptant sans broncher la décision outrancière, de celui que je m’évertuerai à ne plus jamais appeler « président », de faire passer, du jour au lendemain, de 4 000 francs CFA à 400 000 francs CFA le droit de passage pour les véhicules sénégalais.
Il est temps pour le Sénégal de nommer son bourreau. Avant qu’il ne rue sur lui…
Mais il est vrai que l’urgence est de construire l’autoroute Ila Touba pendant que l’ouverture de la route qui mène de Saré Alkaly à Koungheul, sans passer par la Gambie, permettrait de désenclaver totalement la Casamance et non seulement coûterait 100 fois moins cher mais rapporterait des milliards grâce à cette région, grenier autant craint que maltraité par l’Etat sénégalais.
Face à un voisin aussi inconséquent et incohérent, celui qui tient, toujours, à se faire appeler « son Excellence Cheikh Professeur Alhaji Dr. Yahya AJJ Jammeh Nasirul Deen Babili Mansa (roi qui défie les rivières )», peut continuer à dormir tranquille. A réprimer impunément. A grignoter clandestinement notre souveraineté et nos valeurs…
Edito senenews: Karfa Sira Diallo

18/04/2016

REFLEXIONS SUR LE TOURISME

Bâtir une administration cohérentesimalvue.jpg, efficace autour du tourisme et des transports Aériens

Un brin d'espoir est née avec la déclaration du chef de l’état qui veut désormais une administration efficace et performante. Il déclare je cite : "L’administration doit s’adapter pour être une administration de développement afin de mieux assumer son rôle de locomotive, vecteur de compétitivité et de performances".
Par cette déclaration, l'administration publique du tourisme est interpellée par le chef de l'État, qui poursuit son invite : " Pour atteindre cet objectif, les agents de l’Etat doivent adopter le culte de résultat et cultiver davantage la loyauté, l’humilité, le respect et la courtoisie ".
Il termine en ces termes: "L’administration doit être au service des usagers par sa proximité, sa simplicité, sa disponibilité, la lisibilité et l’efficacité de son action ». Auparavant, le chef a rappelé que : " l’administration est le point culminant, pour ne pas dire le point cardinal de toutes les politiques de développement, celui duquel parte toutes les dynamiques et celui vers lequel elles aboutissement ". Et en conclusion il dit ceci : " Ce n’est qu’avec la vérité et la franchise drapées dans un courage résolu que l’on vainc les hésitations ".
Partant de ce discours, et à présent, nous pensons que la solution aux grands problèmes multisectoriels et pluridimensionnels qui sont posés dans le secteur du tourisme, passe par des référentiels basés sur une démarche d’ensemble de mutualisation des compétences, faisant intervenir en parfaite cohérence un grand nombre d'acteurs pluridisciplinaire du gouvernement pour que les politiques du tourisme soient
suivies d’effet. Il faut surtout que leur conception et leur application obéissent à un souci de cohérence, d'optimisation et d’harmonisation entre les différents agents de l’administration publique.
Aussi, l’idée d’une approche gouvernementale intégrée tend à s’imposer, comme principes de gestion et d’actions pour une administration en veille permanente, qui a pour mission d'encadrer et d'encourager la compétitivité et le développement durable du tourisme. Il s’avère aussi que l’élaboration d’une stratégie touristique peut résolument inciter les autorités compétentes, les professionnels, les populations des lieux dedestination et d’autres parties prenantes à dégager une vision et un plan d’action pour le développement du tourisme et à définir des priorités qui inscrivent de façon concrète le secteur dans la durée et la continuité. C'est ainsi que les stratégies touristiques accordent de plus en plus d’importance à la coopération public / privé. Cette logique vise à repérer les domaines dans lesquels une intervention ciblée des pouvoirs publics peut être particulièrement efficace. Des lors la tenue d'un seminaire gouvernemental sur la transversalité du tourisme, s’avère crucial à travers un large débat sur le rôle de l'administration et des pouvoirs publics, face aux problèmes qui se posent dans le secteur du tourisme et du transport aérien, à l’ère de la mondialisation.
L’ouverture croissante des marchés internationaux est à la fois prometteuse et menaçante pour ce secteur qui, la plupart des pays en conviennent, a beaucoup à apporter au développement social et économique. Indépendamment de la nécessité déjà évoquée par le chef de l'Etat, d'avoir une administration performante, il y a lieu d’élaborer des stratégies à long terme, vue que le tourisme et les transports aeriens jouent un rôle économique important dans certain nombre d’économies de pays africains, ou l’on assiste à un fléchissement du taux de croissance du tourisme qui risque de nuire à leur essor économique, et plus particulièrement à la croissance de l’emploi. Des mesures correctives s’imposent pour redonner de la vigueur au secteur du tourisme; dans cette optique, il appartient aux pouvoirs publics de donner l’exemple en instaurant un cadre d’action adapté ; et pour que les initiatives gouvernementale donnent des résultats, il faut qu’elles soient élaborées et mises en œuvre selon une approche intégrée en tenant, compte de son caractère transversal, et a ses prolongements dans beaucoup de domaines d’actions et de décisions sectorielles et gouvernementales, ou les défis à relever dans le secteur particulier du tourisme pâtit de plusieurs facteurs inhabituels (crise économique mondiale, crise sécuritaire mondiale, crise sanitaire mondiale ça et la.
Et malgre cette tendance, l'OMT s’accorde à reconnaître que les perspectives de la demande de voyages internationaux actuelle et à long terme restent positives, le taux de croissance annuel moyen devant être de l’ordre de 4 %.
Par ailleurs, les exemples passés montrent que la demande de voyages internationaux résiste relativement bien aux chocs interieurs et extérieurs. En dépit de crises de courte durée, une capacité de reprise relativement rapide est très souvent observée. Dans un tel contexte, et suivant les recommandations sur les nouvelles réformes de l'administration prônée
par le chef de l'État, l’industrie du tourisme ne devrait plus être confrontée à un certain nombre de défis qui déterminent non seulement son développement et sa prospérité à long terme, mais aussi les orientations à retenir pour l’action publique qui tourne autour de :
La mondialisation et l’évolution des marchés; l’impact du tourisme sur l’économie dans son ensemble; le changement climatique et le développement durable; l’économie numérique et celle du savoir; les ressources humaines; la productivité et la compétitivité qui viennent renforcer le pouvoir du consommateur, qui accède aux données des marchés mondiaux grâce à l’Internet. Ces consommateurs peuvent faire varier presque instantanément les prix internationaux des produits de base en cas d’augmentation soudaine de la demande sur les marchés émergents. Le tourisme n’échappe pas à cette nouvelle économie mondiale. Il doit parer aux menaces que la diffusion rapide de l’information et l’impact économique de la mondialisation font peser sur l’avantage concurrentiel. Il va de soi que le tourisme participe grandement au processus de multiplication rapide des destinations et l'apparition de nouvelles demandes et de marchés inédits. Le senegal, dans une nouvelle dynamique de diversification, de conquête de marchés dans les flux touristiques internationaux, a plus que besoin de s'appuyer sur son administration, armée de vertus de competences, et de valeurs. L'essor du tourisme est a ce prix etant entendu qu'il soit principalement soutenu par celui du commerce, de la culture, de l'artisanat et de l’investissement international, qui devrait bénéficier du dynamisme affiché par de grandes économies des pays developpes, surtout d'Asie et l'ouverture des pays du BRICS vers le continent africain. Nos économies trouvent ici une issue vers l'industrialisation, et la modernisation de nos unités de production et vers une réelle parité de condition de travail et de pouvoir d’achat.
Telle est la nouvelle donne économique et sociale avec laquelle doit composer notre administration et le secteur du tourisme sénégalais. Ce secteur, de par sa nature même, est sensible à l’évolution des réalités du marché qui accompagnent la mondialisation, moyennant des stratégies d’adaptation judicieuses, que notre administration doit prendre en compte. C'est là ou la problématique du transport aérien qui ne peut être discuter, négocier et régler sans prendre en compte l'option de notre politique de tourisme prend tout don sens. L'administration a également tout à gagner dans ce processus de service public efficace au service des usagers. Parallèlement à ces tendances mondiales, les marchés du tourisme ont aussi amorcé une révolution et une évolution qui va se poursuivre et s'intensifier, grâce a la croissance explosive du tourisme émetteur, liée notamment à de nouveaux marchés comme la Chine, la Russie et l’Inde. Il faut donc déployer de nouvelles compétences en matière de commercialisation et de prestation de services et mettre au point des produits adéquats pour se faire une place dans la cour des grand. Notre administration du tourisme est appelée à etre plus à l'écoute, à la concertation, et à la mise à niveau permanent de ses agents, et à l’élaboration d’une politique du tourisme qui doit tenir compte de l'impact de ces changements.
Le tourisme contribue à l’activité dans presque tous les secteurs économiques, ou il établit d’indispensables liaisons en amont et en aval avec d’autres secteurs dont les transports aériens. Autrement dit, les parties prenantes sont multiples et, pour concevoir et mettre en œuvre des politiques et des programmes se rapportant à ce secteur, les pouvoirs publics doivent traiter des questions aussi bien horizontales via les organismes de références techniques, scientifiques, responsables via les structures spécialisées des transports, des infrastructures, du développement régional, de l’immigration, des douanes, de l’éducation et de la formation, de la santé, de la sécurité et de l'hygiène publique etc... Que verticales, depuis le niveau national jusqu’au niveau local, en passant par les communes, et les régions, d'où la nécessité du transfert de compétences aux zones et pôles toutistiques aux collectivités concernées.
Aujourd'hui, beaucoup d’activités sont classées dans les comptes satellites du tourisme comme étant caractéristiques ou connexes au tourisme. Les dépenses des visiteurs vont directement sur les lieux de destination à des entreprises très diverses qui, souvent, n’ont aucun sentiment d’appartenance au secteur du tourisme, et ne mesurent pas nécessairement la part de leurs ventes qui correspond à la demande touristique. De plus, le secteur compte une forte proportion de PME opérant sur des marchés extérieurs très concurrentiels. Et nos entreprises locales, ont généralement peu de moyens de planification, d’investigation ou de développement stratégique à long terme. Elles tendent à produire et à vendre, une seule composante du produit touristique, ce qui les rendent vulnérable. La complexité du réseau d’acteurs concernés par le tourisme se traduit par une structure morcelée à laquelle les pouvoirs publics peuvent avoir du mal à se retrouver, controler et à appliquer des mesures de politique générale efficace. En conséquence, nos pouvoirs publics doivent reconnaitre que le tourisme nécessite un ensemble complexe de décisions complémentaires concernant l’infrastructure, la stratégie et la planification pour concrétiser les avantages très divers que procure le tourisme et maîtriser les coûts de la destination qui sont des paramètres de premier ordre. Aussi faut-il encourager l’adoption d’une approche gouvernementale intégrée à travers des organes consultatifs et exécutifs, prets à anticiper et à gérer les politiques touristiques qui optimisent les bienfaits économiques et sociaux du secteur du tourisme. L’impact de la mondialisation sur la demande, le transport aérien, l’information, ainsi que la vulnérabilité aux chocs extérieurs, plaident en ce sens. D’où un nouvel impératif de gestion et communication qui est de promouvoir l'excellence le dialogue, la coopération et la constitution de partenariats entre les multiples acteurs concernés, au sein de l’administration publique, du secteur privé et des collectivités locales, à travers un conseil consultatif.
Autre ministère concerné, celui de l'environnement avec l'érosion côtière, qui dévalorise le produit du balnéaire. Ceci avec le changement climatique et ses conséquences pour le tourisme, doivent amener l'administration à accorder encore plus d’importance à la pérennité écologique et du soutien au secteur pour péréniser ses propres activités. L’environnement que les touristes ont envie de découvrir est la condition même de la viabilité et de l’attrait des destinations touristiques. Or le changement climatique risque de multiplier et d’accentuer fortement les menaces environnementales. Il s’inscrit dans un contexte marqué par une sensibilisation accrue du public et par une demande de protection plus rigoureuse de l’environnement par l'administration centrale. Même si des pressions se font de plus en plus fortement sentir, le tourisme reste essentiel au bien-être économique, et dans bien des cas à la survie, de nombreuses populations locales et régionales, car il doit son existence à des destinations où, bien souvent, le lieu et ses habitants se confondent. Il va de soi que le tourisme joue alors un rôle déterminant dans la santé économique de la localité, tandis que la viabilité d’une destination, dépend de l’aptitude des divers acteurs concernés, qu’il s’agisse de l’administration publique à tous les niveaux, du secteur privé ou des collectivités locales, à travailler ensemble à la mise en œuvre des instruments d’évaluation et de réglementations voulus pour que les résultats soient propices à la population et à l’environnement. Ainsi, de plus en plus, les pouvoirs publics cherchent à faire entrer des objectifs sociaux, environnementaux et économiques dans la planification et l’élaboration des stratégies touristiques et environnementales qui s’imposent dans une perspective à plus long terme, avec l’économie du numérique qui suppose que la veille sectorielle soit mieux organisée, coordonnée, analysée et partagée entre les acteurs du tourisme, pour améliorer l’efficience de l’action publique à tous les niveaux.
La transmission des ressources d’information à l’industrie du tourisme, grâce à un meilleur usage des études sur des questions comme les statistiques, les tendances du marché, par exemple, est un domaine dans lequel les pouvoirs publics l'administration du tourisme en particulier doivent intervenir utilement. Malgré les effets de la crise économique actuelle, les perspectives de croissance à long terme du tourisme sont bonnes, étant entendu qu’il faut pour cela attirer, former et retenir une main-d'œuvre de qualité. Le système d’éducation et de formation doit chercher à développer les compétences en la matière pour répondre à plusieurs besoins : accroître la productivité du secteur, familiariser les travailleurs du tourisme avec l’économie numérique, et veiller à dispenser des qualifications dans des domaines tels que les pratiques touristiques durables et les pratiques écologiques, qui prennent de plus en plus d’importance à l’intérieur du secteur. Il convient notamment de promouvoir une culture de l'excellence, de l’apprentissage tout au long de la vie, pour élever le niveau des compétences de l'administration dans le secteur du tourisme tout en améliorant les possibilités de carrière, et retenir plus facilement les salariés clés. Aussi importantes soient-elles pour toutes les destinations touristiques, l’éducation et l’amélioration des compétences vont constituer un défi de taille dans les pays en développement, surtout ceux où l’essor du tourisme est le plus rapide. La concurrence avec des pays à bas salaires comme le notre et pour lesquels les normes de qualité des services sont un enjeu toujours plus grand, devront également faire prévaloir la formation et le perfectionnement du personnel pour accroître la productivité s’ils entendent rester compétitifs. il faut faire en sorte que les programmes de formation et d’amélioration des compétences soient à la portée des entreprises de petite taille. Les compétences en la matière sont réparties entre un large éventail de ministères, chargés notamment des finances, de l’économie, du commerce, de l’interieur, de la formation professionnelle, de la protection civile, de la santé, des transports, du sport, de la culture, de l'artisanat, du développement régional. Seuls quelques rares pays disposent d’un ministère du Tourisme à grand échelle. Pourquoi en va-t-il ainsi ? Les principales raisons sont sans doute d’ordre historique, sachant que le potentiel économique du tourisme et les possibilités de développement dont il est porteur ont été reconnus assez tardivement, alors que d’autres secteurs comme l’agriculture et l’industrie bénéficient depuis longtemps de la protection et du soutien de ministères ad hoc. S’ajoute le fait, souligné précédemment, que le tourisme intéresse un grand nombre de ministères, si bien qu’il est difficile de l’associer à un domaine de compétence précis. Toutefois, le tourisme a gagné en visibilité, et nos gouvernements devraient y voir désormais une activité économique qui mérite d’être prise en considération dans l’élaboration des politiques au niveau national. Il est de plus en plus admis que la contribution du tourisme à l’économie dépasse celle de beaucoup d’autres secteurs importants comme l’agriculture auxquels, de tout temps, les autorités nationales, régionales et locales, ont donné un poids politique bien plus grand.
Dans un secteur extrêmement morcelé comme le tourisme, où les problèmes relèvent de ministères et de niveaux d’administration différents, dont les intérêts sont souvent appréciés très diversement et manquent souvent de cohérence, il est alors facile que cela ne puisse pas fonctionner efficacement. Alors, la recherche d’un consensus minimum sur l’état actuel du tourisme et des decisions courageuses pour la destination Sénégal, relève d'une volonté politique et d'un engagement du secteur privé à accepter la formulation d’une vision à plus long terme et la définition de tâches, d’objectifs et de résultats mesurables pour mobiliser les partenaires clés, et mettre en commun les moyens financiers, les connaissances, les idées novatrices et les préoccupations des populations, mais aussi et surtout pour favoriser le partage par une prise de conscience, tant au sein de l’administration toutes attributions confondues que dans legrand public. Autrement dit, il faut définir des indicateurs de performances qui prennent en compte la capacité des parties prenantes à influer sur les résultats, et qui puissent être mesurés avec exactitude, et faire en sorte que le calendrier de mise en œuvre soit arrêté d’un commun accord et réalisable. Un dispositif de contrôle doit être mis en place pour assurer le suivi et la notification.
Il faut veiller davantage, à l’intégration intersectorielle et au développement des ressources humaines de qualite, car le tourisme est une activité à forte intensité de main-d’œuvre, dans laquelle l’expérience vécue par le visiteur, dans un lieu de destination donné, dépend pour beaucoup, des échanges avec la population locale et les travailleurs du secteur. Il faut que l’éducation et la formation soient axées sur le service au consommateur pour que le personnel en contact avec la clientèle apporte aux visiteurs des prestations de qualité. L'économie "d'experience" au tourisme s'attache à promouvoir l’innovation dans le tourisme et les services connexes a surmonter d’importants obstacles tels que la saisonnalité, l’éloignement par rapport aux grands centres des marchés touristiques et l’étroitesse de l'offre touristique destinée aux nationaux et à des marchés touristiques intérieur que l'administration ne doit pas ignorer.
Mouhamed Faouzou DEME/Dakaractu