19/02/2018

MOURIR AU SENEGAL

Trop de morts évitables au Sénégal

20258033-23810270.jpg

Les Sénégalais meurent souvent, trop vite, trop facilement et même de manière non nécessaire. On meurt pour n’importe quoi et souvent même pour de la négligence et des futilités. Les causes de mort évitables sont nombreuses. La mort doit être exceptionnelle pour les êtres humains.
Nos services de statistiques doivent se pencher sur la mort au Sénégal, ses causes et les âges qui décèdent le plus. J’ai cherché mais je n’ai pas trouvé de documents compréhensifs sur la mort au Sénégal ; cela est important pour la prospective et les politiques publiques.
Pour une banale syncope, un malaise, les Sénégalais meurent. C’est parce qu’il n’ya pas de services d’urgence et de secours de proximité. Bizarrement, ces morts par malaise se produisent partout, au bureau, au marché, dans les rues, dans les familles et même dans les salles d’urgence des hôpitaux.
Pour une banale opération chirurgicale avec anesthésie générale, les malades ne se réveillent pas et meurent.
Il y a trop de morts par accidents de voiture et de moto Jakarta. Il s’agit le plus souvent de jeunes adultes, bras valides dont le Sénégal a besoin.
Les Sénégalais meurent par dizaine sur leur chemin vers les innombrables ziara et gamou que compte notre pays.
Les enfants se noient et meurent pour leurs loisirs.
Il semble que les professeurs d’université meurent vite après leur retraite en apportant avec eux leur sagesse dont nous avons toujours besoin.
Pour une banale rixe, un désaccord insignifiant dans les arrêts de bus et les gares routières, les couteaux sortent et les Sénégalais meurent.
Pour une banale histoire d’amour, les adolescents s’entretuent, les coépouses se déversent de l’huile chaude ou s’ébouillantent.
Les Sénégalais sont régulièrement tués dans leurs quêtes de pitance quotidienne ; les pêcheurs sont tués par les gardes côtes étrangers ; les ramasseurs de bois morts sont tués dans les forêts ; les citoyens ordinaires sont tués lors de contrôles de routine aux frontières ;
Les Sénégalais meurent de plus en plus dans les services de gendarmerie, de police, de douanes, des eaux et forêts etc…
Même les cambrioleurs et les agresseurs de rue n’épargnent plus leurs victimes et les tuent systématiquement pour ne pas être dénoncés.
Les enfants sont tués par les morsures de serpents.
Les femmes enceintes meurent à l’accouchement.
A l’étranger comme à l’intérieur du Sénégal, les Sénégalais meurent, et souvent, meurent pour rien, trop facilement, trop rapidement. Et puis beaucoup d’entre eux sont enterrés précipitamment, sans que l’on sache pourquoi ils sont morts.
La mort fréquente des Sénégalais interpelle le gouvernement, les députés, et toutes les institutions sociales et religieuses.
L’excès de mort est un indicateur d’un mauvais développement humain. Les Sénégalais meurent par non accès aux services sociaux de base. Les Sénégalais meurent parce qu’ils ne soignent pas ou tardivement ; les Sénégalais meurent parce ce qu’ils mangent mal ; les Sénégalais meurent parce ce qu’ils sont stressés par la recherche de la dépense quotidienne ; les enseignants meurent parce qu’ils ne parviennent pas à joindre les deux bouts ; les Sénégalais meurent parce qu’ils sont mal transportés, mal sensibilisés et mal informés ; les Sénégalais meurent parce qu’ils sont mal encadrés socialement ; les Sénégalais meurent parce que les services de l’administration leurs sont éloignés et sont négligents.
Les Sénégalais ne meurent pas du fait de Dieu, ils meurent du fait du manque de compassion de leurs élites prédatrices.
Les dirigeants doivent réduire leur promptitude à faire des djiaxals et refocaliser leurs efforts pour attaquer les causes de mort. On meurt très peu de vieillesse et de maladies incurables au Sénégal. Nous devons rompre avec ce « ndogaliya yalla » à chaque mort.
Il est urgent de revisiter les politiques publiques pour qu’elles apportent une réponse concertée et synergétique à la mort non nécessaire des Sénégalais. Le Premier Ministre devrait convoquer un conseil interministériel élargi. Peut-être même que le Président pourrait convoquer un Conseil Présidentiel pour discuter et prendre en charge la question de la mort des Sénégalais.
Une société durable est une société prévenante et de prévention. La prévention de la mort doit être au cœur des politiques publiques et de la vie de nos institutions quelles qu’elles soient.
Que Dieu nous garde, nous donne bonne santé et longue vie. Vive le Sénégal.
Petit GUEYE-Maire de SOKONE/dakaractu.com

11/02/2018

CES INFLUENTS MOURIDES

l’incontournable influence des mourides sur la vie politique

khalife-mouride-592x296-1515585993.jpg

La confrérie religieuse des mourides a une influence certaine sur la vie politique sénégalaise. Chose que le clan Wade ne semble pas ignorer.
Abdoulaye Wade, du temps où il était au pouvoir, avait apporté un soin particulier à la puissante confrérie mouride, à laquelle il avait prêté allégeance. Et ce n’est pas un hasard si son fils, Karim, s’est fendu d’un long communiqué de condoléances, le 11 janvier 2017, après l’annonce de la mort du khalife général.
« Son soutien de tous les instants, ses prières et autres marques d’attention et d’affection à mon égard ont été une véritable source de réconfort durant ces années de persécution, de détention arbitraire et d’instrumentalisation de la justice », écrit-il. Karim Wade, dont les proches ont souvent loué la piété depuis 2014, n’ignore pas que l’influence de Touba peut peser de manière décisive dans une carrière politique.
http://www.jeuneafrique.com/mag/522264/politique/senegal-...

05/02/2018

MINISTERE DES DECHETS

Un ministère en charge des ordures est une nécessité urgente

index.jpg

Le Sénégal est un pays très sale. Ne mettons pas de gants pour le dire. Nos villes et nos campagnes sont envahies par des tas de déchets polluants et puants de toute nature. Les populations, face à un Etat impuissant, cohabitent avec cette bombe écologique qui menace en permanence leur santé. Le pays de la Téranga offre aux visiteurs, un visage hideux et répulsif n’encourageant pas un billet retour chez nous. Sur la route de Saly Portudal, la route des touristes, le spectacle qui s’offre à ceux qui ont choisi la destination Sénégal, est tout simplement horrible.
Entre Diass et Sindia, c’est l’indignation et la révolte qui animent les voyageurs qui traversent la zone. Quel échec pour ceux qui ont en charge la gestion des ordures dans ces communes. Coïncidence inquiétante, ce spectacle désolant, indigne du Sénégal, se situe à quelques encablures de l’AIBD.
Tout semble indiquer que les ordures sont tolérées par les populations comme décor normal de leur environnement et que finalement, leur amoncellent ne les dérange point. Sur l’étendue du territoire national, le spectacle est le même. Il y a des ordures puantes partout. La solution préconisée par l’Etat depuis 1960 est invariable, les ramasser et les déposer dans un endroit où elles gênent moins le regard des populations et laisser faire la nature.
Les recycler ou les traiter n’est pas encore une option des autorités. C’est pourquoi sans doute les déchets s’accumulent partout, dans une indifférence quasi consensuelle. Les jeunes d’aujourd’hui ne connaissent que la saleté dans les quartiers, aux abords des villes, entre les villes, au bord des routes etc. Ils ne s’émeuvent et ne s’indignent pas en voyant des tas d’immondices en putréfaction dans leur environnement. Ils sont habitués à vivre avec l’odeur putride et cadavérique permanente dans leurs quartiers ou villages.
Pour vivre, l’homme consomme des aliments et bois de l’eau obligatoirement. Il produit alors des déchets en satisfaisant ses besoins vitaux. Il a, pour avoir une bonne qualité de vie, d’autres activités indispensables qui lui permettent de s’habiller, d’avoir un toit, de se déplacer etc. Pour ces différentes activités également l’homme produit immanquablement des déchets. La quantité de déchets produits par l’homme est corrélée positivement au pouvoir d’achat des consommateurs, au degré d’urbanisation du pays et au nombre d’habitants des villes et des villages.
Au Sénégal, on était 3 millions en 1960 et en 2018, on est plus de 14 millions d’habitants. Notre production de déchets a augmenté dans des proportions supérieures à la croissance démographique du Sénégal. Le taux de croissance des déchets est sûrement supérieur au taux croissance économique du pays. Tous les Sénégalais qui prêtent attention à notre environnement, savent que nous étouffons, que nous respirons mal. D’année en année, notre cadre de vie se dégrade dans l’indifférence de tous, citoyens et pouvoirs publics confondus.
Depuis 1960, aucun pouvoir ne s’est attaqué véritablement aux ordures. On se contente de les ramasser et de les déposer dans un autre endroit, à l’abri des regards. Cette politique inadaptée n’est plus acceptable. Il faut maintenant ramasser, recycler et traiter. Il faut une rupture sans délai dans notre politique de gestion des ordures. Pour des raisons de santé publique, les autorités doivent mettre en place une nouvelle politique permettant d’éloigner les producteurs de leurs produits polluants. Il est admis aujourd’hui par tous, que bien gérées, les ordures sont de l’or.
Les sciences de l’environnement ont tellement fait de progrès que valoriser les ordures est une pratique routinière dans les pays qui le veulent. Le Sénégal a la chance d’avoir des ressources humaines bien formées dans les sciences de l’environnement. L’Institut des Sciences de l’Environnement (ISE) et l’Ecole Supérieure Polytechnique (ESP) entre autres, forment des ingénieurs et des docteurs qualifiés pour concevoir et exécuter une politique de bonne gestion des ordures.
Le pouvoir actuel vise l’émergence de notre pays, donc mène une politique, sans le savoir peut-être, qui va augmenter la quantité de déchets produits par l’homme. En effet, toute amélioration de la qualité de vie du consommateur va engendrer une augmentation de sa production de déchets.
Ainsi, si le Sénégal devient émergent, le cadre de vie des sénégalais va se dégrader si la politique de gestion des ordures ne change pas. L’émergence que les Sénégalais veulent doit non seulement augmenter leur pouvoir d’achat entres autres, mais doit leur permettre également de vivre dans un environnement sain et agréable. Il est temps que la gestion des ordures soit considérée comme une priorité nationale au même titre que la sécurité alimentaire pour laquelle l’Etat fait de grands efforts.
Actuellement, personne ne sait quel département ministériel est en charge des ordures. Aucun ministre ne veut de ce bébé. Toutes les tentatives de combinaisons pour nous débarrasser des ordures ont échoué. Ce n’est un secret pour personne, le Sénégal n’a pas une politique cohérente de gestion des ordures à court, moyen et longs termes.
Les ordures n’étant gérées par aucun ministère en fait, l’évidence est de lui créer un département ministériel spécifique, en le dotant de moyens suffisants pour désormais ramasser les ordures, recycler ce qui peut l’être et traiter le reste. On ne peut plus se satisfaire de les ramasser et de les déposer loin des habitations seulement.
Parallèlement à une nouvelle politique de gestion des ordures adaptées, l’Etat doit s’attaquer frontalement au secteur favorisant la production de déchets pour les maîtriser. Les emballages en plastique doivent être abandonnés en faveur du papier à chaque fois que cela est possible. L’eau de boisson produit beaucoup de sachets plastiques et de bouteilles. Les Sénégalais doivent être informés que l’eau du robinet n’est pas plus mauvaise que les eaux vendues dans des sachets ou dans des bouteilles. C’est vérifiable.
Une bonne campagne d’information menée en collaboration avec les médias permettrait de réduire significativement la production de sachets plastiques dangereux pour les animaux et pour l’environnement. Des contrôles bactériologiques de l’eau vendue dans la rue pourraient donner des résultats explosifs, montrant que les sachets en dosettes seraient pires que le lait contaminé Lactalis.
L’Etat doit interdire comme beaucoup d’autres pays les sachets plastiques surtout de faibles grammages. La pollution de notre environnement par le plastique a atteint un niveau qui menace notre élevage et notre agriculture. Le résultat attendu dépendra de la fermeté de l’Etat et des moyens mis en œuvre pour le contrôle de l’application de l’interdiction.
Les Sénégalais doivent être sensibilisés pour qu’ils utilisent au moins 3 poubelles : une poubelle pour les restes de nourriture, une deuxième pour les cartons et les bouteilles en verre et une 3e pour le plastique et le métal. Avec ces 3 poubelles, il serait plus facile de faire du recyclage et du traitement des ordures.
Il y a de réels problèmes de gestion des ordures au Sénégal. Tout se fait à l’informel, à l'approximatif. Avec un département ministériel dédié, des textes règlementaires et des manuels de procédures de gestion des ordures seraient rédigés suite à des concertations inclusives entre tous les partenaires impliqués dans cette nouvelle politique.
Le Ministère dédié pourrait même prendre en charge l’assainissement ,qui est aussi un volet pour lequel le Sénégal est très en retard.
Pr Demba Sow - Ecole Supérieure Polytechnique - Université Cheikh Anta Diop/leral.net

01/02/2018

AU SENEGAL, LES ORDURES SONT POLITIQUES

Gestion des ordures à Dakar : La vérité sur un secteur tué par la politique (Entretien)

dechets-ordures-696x370.jpg

Même si le syndicat des techniciens de surface a décidé de lever son mot d’ordre de grève, Dakar ne s’est pas encore débarrassé de ses ordures. Au marché Gueule Tapée des Parcelles Assainies, impossible de traverser sans que l’odeur nous « attaque ». Une odeur nauséabonde qui pollue l’air. Dans cet entretien accordé à Senenews, Madany Sy, le secrétaire général du syndicat national des travailleurs du nettoiement revient sur les difficultés dans c secteur d’activité, des difficultés qui ont, d’ailleurs, été à l’origine de la grève des acteurs du nettoiement.
Pouvez-vous, M. Sy, revenir sur l’origine de cette gréve qui a fini par transformer Dakar en un dépotoir à ciel ouvert ?
Ce sont les concessionnaires qui étaient partie en grève et c’est eux qui ont levé le mot d’ordre. Pour nous, techniciens de surface, au regard de la solidarité entre nous et les concessionnaires, nous ne pouvions plus continuer notre travail. Les concessionnaires ne sont pas notre employeur. Ils sont employés par l’Unité de coordination de la gestion des déchets solides (Ucg). Et ce qui nous lie avec eux, c’est le budget du nettoiement. C’est à dire les 17 milliards.
Et pour aller en grève, il faut le dépôt d’un préavis qui va permettre l’ouverture de négociations. Un préavis dure un mois. Il y a eu une coïncidence malheureuse. Car, le jeudi 25 janvier passé, nous avions organisé une grande assemblée au niveau du stade Amadou Barry de Guédiawaye.
C’était pour informer les camarades des difficultés mais aussi, il y avait des signes avant-coureurs pour que les gens puissent se préparer éventuellement. Mais, quand on a fait l’Assemblée générale le matin, l’après-midi, les concessionnaires ont arrêté le boulot. Les gens se sont posés cette question sur cette coïncidence.
Tous les syndicats des concessionnaires étaient-ils représentés au niveau de l’Assemblée ?
Oui. Ils étaient là avec tous les départements. Nous sommes 16OO techniciens de surface de Dakar à Yenne.
Mis à part le budget, qu’est-ce qui vous lie avec les concessionnaires ?
C’est eux qui amènent les camions, l’Ucg met à la disposition des camionneurs, le personnel de collecte et de balayage. Nous collectons plus de 2400 tonnes d’ordures par jours. Avec ces 72 heures de grève, il y a eu plus de 7800 tonnes d’ordures qui ont envahi la capitale. Dakar était devenu un dépotoir à ciel ouvert. Sans compter cette indiscipline notoire caractérisée d’une certaine frange de la population surtout avec les charretiers.
Comment le Sénégal peut-il émergé dans la saleté ? Cela ne sera pas possible tant qu’on est en train de fouler à pied la législation du travail. Et nous, en tant que travailleur, il était de notre devoir lors de cette assemblée d’informer les gens pour leur faire savoir que c’était une journée ville morte mais qu’ils pouvaient rejoindre leur secteur respectif en attendant d’avoir la bonne information. Mais les gens en ont tellement parlé et entre temps il y a eu un changement au niveau de la coordination de l’UCG.
Quelle est la mission assignée aux travailleurs du nettoiement regroupés au niveau du Syndicat de national des travailleurs du nettoiement que vous gérez ?
Nous avons une mission de santé et de service public. Notre mission consiste à nettoyer les grandes artères, à nettoyer nos quartiers surtout avoir un cadre de vie sain et attrayant. Mais aussi que l’on nous mette dans des conditions de performances.
Quel est le problème des concessionnaires ?
Les concessionnaires ont des problèmes car, ils réclament à l’Etat du Sénégal cinq mois d’arriéré de salaire qu’ils ont évalués à 7 milliards de F CFA. Et quand ces concessionnaires ont été reçus, avant-hier, par le Premier ministre Mouhamed Boun Abdallah Dionne, il parait qu’il y a eu une avance de 3 milliards 500 FCFA qui leur a été promise. Mais nous techniciens de surface, si nous n’avons pas la logistique, nous ne pouvons pas travailler. Et si les camionneurs ne viennent pas aussi, notre travail est voué à l’échec.
Raison pour laquelle, des manquements ont été notés à notre niveau. Mais, avant-hier, hier et aujourd’hui, Dakar commence petit à petit à être débarrassé de ses tas d’ordures. C’est pourquoi nous avons mis en place deux schémas : le premier schéma consiste à faire de la mécanisation, utiliser les gros moyens (les pelles mécaniques, les camions à ciel ouvert) et le deuxième schéma consiste à faire des porte-à-porte régulièrement. Il faut d’abord ramasser les ordures au niveau des quartiers puisque c’est ces ordures qui sont les dépôts sauvages que l’on retrouve das les grandes artères. Il y a eu une synergie entre la mécanisation et le schéma des porte-à-porte et je pense que d’ici demain ou après demain Dakar va retrouver son éclat.
Cette réactivité des autorités ne serait-elle pas liée à la visite du président Macron au Sénégal ?
Malheureusement au Sénégal, on ne vit que événementiel. Quand il y a eu le sommet de la francophonie, il y avait une grande synergie entre les différents ministères. La gestion des ordures est politisée. Il y a une politisation du secteur de nettoiement. Nous ne sommes ni le bouclier ni le bras armé d’une tierce personne.
Notre travail consiste à ramasser les ordures, à permettre aux populations de ne pas cohabiter avec la saleté, donc nous travaillons pour nous-mêmes mais aussi pour la population car c’est elle qui produit ces ordures.
Et le problème est là, un éternel recommencement, un fou institutionnel à n’en plus finir, une politisation qui ne dit pas son nom et une guéguerre sur le nettoiement. Ce sont les collectivités locales qui ont en charge le ramassage des ordures. Mais ce que l’on voit ici c’est l’Etat central qui gère le budget du nettoiement. Aucune commune, aucune mairie n’est en mesure de gérer le ramassage des ordures raison pour laquelle l’Etat a décentralisé les pouvoirs mais n’a pas décentralisé les moyens financiers.
Cette guéguerre est à l‘origine de ces dysfonctionnements. Plus grave encore, notre budget est évolué à 17 milliards alors que la masse salariale des travailleurs ne dépassent pas 3 milliards.
Les 13 milliards sont partagés entre les concessionnaires et les fonctionnaires depuis 15 ans, je me répète. Il nous faut une nouvelle clé de répartition ? Il faut que le gouvernement prenne les décisions qui s’imposent pour apporter des reformes dans le secteur du nettoiement.
senenews/Thioro Sakho

13/01/2018

QUI A DEZINGUE AÎDAR !!?!

Salif Sadio denonce: « Ali Aïdar a été limogé , parce qu’il protégeait la forêt Casamançaise »

1024-PMAD-MALI.jpg

La dilapidation des ressources forestières en Casamance évolue et sans répit en dépit de tous les effets d’annonce du gouvernement du Sénégal de juguler le mal par la racine.
Une situation de désolation indescriptible de l’agonie des forêts casamançaises ne dédouane ni les Autorités étatiques ni le Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC).
Même si ces derniers se rejettent la responsabilité, ils doivent avoir conscient que la « Verte Casamance » flirte désormais avec le désert qui est aux portes de la Gambie.
La destruction des ressources forestières en Casamance a atteint le seuil de non retour. Toutes les nuits des centaines de charrettes entrent dans la forêts et en ressortent avec des troncs d’arbre sous le regard impuissant des populations. Et malgré l’incinération de 120 charrettes à Diarone sur la route nationale numéro 5 en présence des autorités locales et des Ministres des forces armées, de l’intérieur et de l’environnement, la situation n’a point évolué.
Ainsi la quasi-totalité des réserves forestières casamançaises sont menacées de disparition. La « Verte Casamance » flirt désormais avec le désert qui est aux portes de la Gambie.
D’après une universitaire américaine, spécialisée dans la surveillance de l’évolution des forêts, la forêt casamançaise est passée entre 2010 et 2015 de 40.000 ha à 30.000 ha soit une perte de 10.000 ha en moins de 5 ans.
Des statistiques qui font froid au dos et qui ont poussé l’État à impliquer l’armée dans la bataille. Dans son interview, le Lieutenant des Eaux et forêts de Bignona, Younouss Diédhiou a salué la décision du chef de l’État d’impliquer l’armée dans le combat, de recruter 200 forestiers dont 15 pour Bignona. « C’est précisément au nord de Bignona où on note la recrudescence de ce phénomène.
Cette zone est contrôlée par des bandes armées qui sont fortement impliquées dans l’exploitation du bois créant ainsi des zones inaccessibles », fait savoir le lieutenant Diédhiou.
Mais une thèse balayé d’un revers de main par le chef de « Atika » de la branche armée du MFDC, Salif Sadio. « Le MFDC ne peut pas lutter pour la sauvegarde des intérêts de la Casamance et parallèlement entreprend un programme de destruction des richesses de la Casamance. C’est abject et ça n’a pas de sens » rétorquera-t-il à ceux qui accusent les combattants du MFDC de pillage des forêts casamançaises. A l’en croire, « C’est à l’État du Sénégal de fournir des explications aux populations ». « Je m’en veux pour preuve l’affaire des camions de Caparan.
Le chef de ce village avait arrêté des camions chargés des troncs d’arbres en partance pour la Gambie et il était allé avertir l’armée basée à Tendième qui a réagi aussitôt. Mais au bout de quelques heures, l’ordre est venu de Dakar les ordonnant de libérer les camions immédiatement », a dénoncé Salif Sadio.
Et le chef de « Atika » de dire, »Dites-nous si c’est le MFDC qui a ordonné la libération des camions ». « Pourquoi le ministre Ali Aïdar a été destitué, parce qu’il fait un excellent travail en Casamance », révélera M. Sadio. Pis, alertera l’ancien de l’Environnement Ali Aidar, « Tous les jours ce sont des dizaines de camions qui quittent la Casamance pour Dakar ou la Gambie sous la bénédiction des gens placés au plus haut sommet de l’État ».

Malamine SANE/BIGNONA/senpresse.net/setal/net

11/01/2018

LES SCANDALES DU BOIS DE CASAMANCE

Trafic de bois au Sénégal: la Casamance menacée de déforestation d'ici deux ans

POURQUOI SE VOILER LA FACE DEVANT CE DRAME? DES AGENTS DE L'ADMINISTRATION DÉCONCENTRÉE ET DES SERVICES DÉCENTRALISÉES ONT TOUJOURS ÉTÉ AU CŒUR DE CE CRIME.DEPUIS QUAND PLUSIEURS PERSONNES N'ONT ILS PAS ALERTÉ,DONT MA FAIBLE PERSONNE.
DES PRÉSIDENTS DE COMMUNAUTÉS RURALES ONT ÉTÉ PRIS EN FLAGRANT DÉLIT DE VENTE DE BOIS VERS LA GAMBIE,BEAUCOUP DE BOIS DE CASAMANCE OU KOLDA PARVIENNENT A DAKAR DANS DES VOITURES DE SERVICE DU GOUVERNEMENT,DES VOITURES MILITAIRES....
LES CADRES CASAMANCAIS ONT DÉCLARÉ OUVERTEMENT POUVOIR DONNER LE NOMS DE DEALERS COMMANDITAIRES DE CET ODIEUX COMMERCE.ET NOTRE FAMEUX PROCUREUR ATTEND SUREMENT DES DIRECTIVES POUR AGIR...
rehabilitons notre senegal/Baabili David Ndiaye

cover-r4x3w1000-57df63c8e412c-vue-aerienne-d-un-depot-de-bois-a-sare-bodjo-en-gambie.jpg

Vue aérienne d'un dépôt de bois à Sare Bodjo en Gambie, à la frontière avec le Sénégal transmise le 26 mai 2016 par l'association sénégalaise de protection de l'environnement Oceanium

 

 

Les forêts risquent de disparaître d'ici deux ans de Casamance, la région la plus boisée du Sénégal, dans le sud du pays, à cause du trafic de bois vers la Chine à partir de la Gambie voisine, a averti jeudi un militant écologiste et ancien ministre sénégalais.
Le pillage de la forêt en Casamance, frontalière de la Gambie et confrontée à une rébellion armée, "a atteint un seuil de non-retour et d'ici deux ans, ce sera trop tard. Nous tirons la sonnette d'alarme", a dit Haidar El Ali, militant écologiste de longue date et ancien ministre de l'Environnement, lors d'une conférence de presse à Dakar.
"Le Sénégal a perdu plus d'un million d'arbres depuis 2010 tandis que les exploitants basés en Gambie ont empoché près de 140 milliards de francs CFA (plus de 213 millions d'euros) en exportant ce bois vers la Chine où la demande de meubles a explosé ces dernières années", a t-il indiqué.
A l'appui de ses dires, il a montré de nombreux documents photo et vidéo, ainsi qu'un graphique illustrant l'explosion des importations de bois de vène provenant d'Afrique, selon les statistiques des douanes chinoises.
Cette contrebande se fait, selon lui, avec la complicité de Gambiens et de Sénégalais mais aussi "d'exploitants et de Chinois mafieux qui installent le désert dans notre pays", a-t-il affirmé, faisant état de l'implication présumée de responsables gambiens.
"Le trafic a pris une telle ampleur que les gens (des émigrés sénégalais, ndlr) reviennent d'Europe pour couper le bois parce que c'est une manne financière", a ajouté M. El Ali, qui dirige l'Océanium, à la fois centre de plongée et association de protection de l'environnement.
"Ce n'est pas un combat facile parce que les intérêts en jeu sont énormes. Le gouvernement sénégalais ne met pas les moyens" pour juguler le phénomène, a ajouté l'ancien ministre, estimant que "c'est une question de volonté politique".
La destruction des forêts "aura un impact irrémédiable sur la fertilité des sols. Le taux de précipitations chutera dramatiquement et impactera l'agriculture et le tourisme dans l'une des régions les plus pauvres du pays", a prévenu le militant écologiste.
En avril, une équipe du ministère sénégalais de l'Environnement qui réalisait une étude sur les ressources naturelles en Casamance avait été arrêtée en Gambie en train de prendre des images de bois coupé et entreposé, pour être relâchée au bout de 48 heures.
La Casamance est confrontée depuis 1982 à une rébellion armée menée par le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).
www.sciencesetavenir.fr

04/01/2018

ALERTE ECOLOGIQUE

Le changement climatique et l’érosion côtière19279747-23230057.jpg

"Aujourd'hui des pans du territoire national disparaissent, beaucoup d'autres sont menacés et en sursis.
Les effets concrets sont là à Rufisque, à Mbour, notamment à Saly avec des cimetières où des hôtels gisent dans l'eau proie de la mer dans une désolation totale.
À Saint-Louis dans la langue de barbarie, les îles du Saloum, l'île de Gorée.
En sursis, Dakar tout le long de la Corniche avec l'université, Fann Résidence, les Almadies dans 50 ou 100 ans.
Il est tant que les universitaires et autres spécialistes en géomorphologie sortent du silence et sonnent l'alerte.
La société civile est également silencieuse ou ignore cette question que nous risquons de transférer aux générations futures.
Le gouvernement se contente de constater pour s'en désoler alors que les victimes immédiates sont dépassées et vivent dans l'angoisse ou la détresse, celles de demain on n’y pense même pas.
Il est temps de prendre cette question à bras le corps collectivement ici et maintenant".
Alioune Tine (Directeur d'Amnesty International Afrique)/ leral.net

03/12/2017

MONSIEUR LE PRESIDENT

Monsieur le Président de la République, on se moque de vous !

Sans titre-1 copier.jpg

Supplique à son Excellence monsieur le Président de la République du Sénégal
Monsieur le Président de la République, on se moque de vous ! On se moque de vos efforts pour développer le tourisme dans la région des îles du Saloum ; on se moque des routes goudronnées, on se moque de la police de proximité, on se moque des crédits hôteliers, on se moque de toutes ces mesures et de tous ces investissements si coûteux et si prometteurs que vous avez engagés pour redresser la situation catastrophique du secteur touristique dans les Îles du Saloum.
On vous trompe.
Monsieur le Président de la République, la région des îles du Saloum est sans pression d’eau depuis trois ans et sans une seule goutte eau courante depuis maintenant près de deux mois, en pleine saison touristique, excepté la nuit entre 23 heures et 6 heures du matin.
Monsieur le Président de la République, le touriste qui a besoin de liquidités doit parcourir au minimum 150 kilomètres aller et retour pour trouver une agence bancaire où il pourra retirer de l’argent liquide.
Monsieur le Président de la République, les coupures d’électricité répétées, à l’époque de l’hivernage, sont quasiment quotidiennes et peuvent durer jusqu’à 24 heures, comme aux heures les plus sombres des années Wade.
Ceux qui vous disent que tout va bien et que les conditions sont réunies pour que le tourisme reparte dans la région des Îles du Saloum vous trompent. Certes, il repart un peu, mais cela est insignifiant au regard de ce que la région pourrait réaliser.
Faire venir les touristes, c’est bien, mais qu’ils repartent contents, c’est bien mieux. Dans la situation actuelle, tout au contraire, on ne compte plus les dépités qui jurent qu’ils ne remettront plus les pieds plus dans notre si belle région, malgré la chaleur de l’accueil, la beauté des paysages et les multiples activités de loisir qui leur sont proposées.
Monsieur le Président de la République, le touriste a besoin d’eau pour se laver, il a besoin d’argent liquide pour faire des achats et régler son séjour, il a besoin d’électricité pour dormir dans une chambre climatisée, se connecter à Internet et parler avec sa famille.
Monsieur le Président de la République, vous aurez beau construire des aéroports, goudronner des routes, faire la promotion de la région partout sur la planète, si les derniers maillons de la chaîne sont défectueux, vous n’arriverez à rien. Le touriste ne vient pas en vacances pour rencontrer des problèmes, surtout lorsqu’ils appartiennent à un autre âge.
Localement, les agents de l’Etat qui sont chargés d’accompagner le PSE afin d’en assurer le succès se moquent de vous. Ils se murent dans un silence coupable, regardent d’un œil indifférent la situation se dégrader, y compris en matière de constructions illicites en zones protégées qui ruinent le paysage, et ne font rien pour que les choses s’arrangent. À moins que leurs ordres ne soient pas suivis d’effet, ce qui revient au même à quelques détails près.
De façon certaine, ils se moquent de vous.
Sachez, monsieur le Président de la République, que nous le déplorons. Nous déplorons que nos réceptifs soient désertés. Nous déplorons que nos rares clients qui ont prévu de séjourner une semaine repartent dégoutés au bout de deux jours.
Nous déplorons que des problèmes si simples à résoudre soient totalement négligés par les responsables locaux, qui ont sans doute une obligation de résultat en ce qui concerne le PSE comme ils ont aussi certainement une obligation morale vis à vis de vos engagements et de votre avenir politique. Nous déplorons que les grands et si nobles projets que vous avez impulsés soient annihilés par des problèmes mineurs qui grèvent les résultats de votre action, dans ce cadre particulier du PSE.
Nous sommes las d’effectuer démarches et réclamations qui ne sont jamais suivis d’effet. Depuis des mois, des années en ce qui concerne le problème de l’eau, nous parlons dans le vide, personne ne nous écoute.
Au stade où nous en sommes, vous seul pouvez intervenir, vous êtes notre dernier espoir.
Le tourisme ne repartira jamais si ces problèmes de base ne sont pas résolus.
Et pour les résoudre, il vous suffirait d’ordonner, et de vous faire obéir.
Mais surtout, il vous faudrait nommer de vrais responsables, indépendants de la région, à l’image des misi dominici, pour veiller à leur bonne exécution.
Face à l’indifférence et à la démission des services de l’État – à moins qu’il ne s’agisse d’un sabotage politique savamment planifié – la destinée du tourisme dans la région des Îles du Saloum repose entièrement entre vos mains.
Car en l’état des choses il n’y aura plus que deux alternatives : ou bien l’on peut se moquer impunément de vous, ou bien vous aurez fait le choix de nous abandonner.
L’avenir seul nous apportera la juste réponse.
En espérant que cette supplique retiendra toute l’attention qu’elle mérite et apportera une solution à nos problèmes, veuillez croire, monsieur le Président de la République en l’assurance de nos sentiments très respectueux.
Collectif des hôteliers et restaurateurs de la Région des Îles du Saloum
BRB

17/11/2017

ET SI LE SENEGAL REFUSAIT LE DEVELOPPEMENT?

Le consultant Rosnert Ludovic Alissoutin, a, dans une contribution au magazine africain en ligne Continent Premier, indiqué que le sénégalais verse quotidiennement dans la palabre stérile. Beaucoup de discours, mais peu d'actes positifs aux fruits palpables. Ainsi, il se pose la question de savoir si notre pays ne refusait pas le développement.

Beninois.jpg

Lorsque Axelle KABOU avait osé poser la problématique de la responsabilité des africains dans le retard de l’Afrique, de nombreux sentimentaux, bercés par l’émotion plutôt qu’inspirés par la raison, avaient crié au scandale et à l’afro-pessimisme. Aujourd’hui, quinze ans plus tard, ces détracteurs sont humiliés par le constat implacable d’une Afrique ruinée par la gestion familiale et patrimoniale du pouvoir politique par des dirigeants d’une voracité épouvantable, la banalisation de la vie et de la mort dans des tueries bêtes et sauvages, l’ancrage d’une corruption devenue culturelle et, surtout, l’immobilisme économique et sociale.
Le camerounais Daniel Etounga MANGELLE, est convaincu que : «La cause globale, la cause unique, celle qui est à l’origine de toutes les déviations, c’est la culture africaine, caractérisée par son autosuffisance, sa passivité, son manque d’ardeur à aller à la rencontre des autres cultures avant que ces dernières ne s’imposent à elle et ne l’écrasent, son incapacité, une fois le mal fait, à évoluer à leur contact sans tomber dans un mimétisme abject ». L’économiste conclut que : «Le développement est un processus culturel et politique avant d’être économique et technologique ».
Aucune action performante ne peut être effectuée tant que ne sont pas prises, en amont, des mesures garantissant les capacités, l’engagement et surtout l’état d’esprit positif de l’acteur. La qualité de l’action est donc indissociable de la culture de l’acteur. André GIDE disait : «Ce n’est pas seulement le monde qu’il s’agit de changer, mais l’Homme. D’où surgira t-il cet Homme neuf ? Non du dehors, camarade, saches le découvrir en toi même et, comme du minerai l’on extrait un pur métal sans scories, exige-le de toi cet Homme attendu ». L’œuvre de reconstruction de la Cité est une aventure vouée à l’échec si elle ne commence pas par la reconstruction du citoyen.
Au Sénégal, personne n’a su expliquer le paradoxe d’un peuple si ouvert, si ingénieux, si prompt à s’adapter aux situations les plus éprouvantes, mais si désordonné et si éloigné d’une dynamique ferme et organisée de progrès. Pourquoi le sénégalais ne donne t-il le meilleur de lui-même que lorsqu’il est à l’étranger, à l’image des «lions» du football ? Qui est ce sénégalais qui doit faire le développement ? Quelles sont ses caractéristiques ? Celles-ci sont-elles compatibles avec les exigences du progrès ? En un mot, le sénégalais a-t-il une culture de l’effort, une pédagogie du développement ?
Le sénégalais verse quotidiennement dans la palabre stérile. Beaucoup de discours, mais peu d’actes positifs aux fruits palpables. La réflexion et la conception ne sont certes pas des exercices qui font défaut au Sénégal où se multiplient à un rythme ahurissant les ateliers de conception, de restitution, de capitalisation ou de validation, les séminaires, conférences, assises, fora, symposiums, journées de réflexion, semaines ou quinzaines de promotion, retraites, rencontres, sommets, etc. Les résultats d’envergure que le foisonnement de ces rencontres met en droit d’attendre ne se font pas sentir concrètement. Pour Henri BERGSON, «originellement, nous ne pensons que pour agir.
C’est dans le moule de l’action que notre intelligence a été coulée. La spéculation est un luxe, tandis que l’action est une nécessité ».On fait un tapage pour la construction d’échangeurs alors que des pays théoriquement moins avancés que le Sénégal comme le Mali, le Burkina Faso et même la Guinée ont déjà réalisé ce type d’infrastructures sans tambours ni trompettes. On pense être les champions de la démocratie et les experts de l’Alternance alors que le Mali et le Bénin ont déjà réalisé une double alternance. De manière générale, le Sénégalais pense qu’il est plus éveillé, les autres étant des «ndrings» (guinéens), des «gnaks» (africains du centre principalement) ou des «naars» (mauritaniens et maghrébins par extension). A l’intérieur du pays, le wolof (ethnie numériquement dominante) pense qu’il est plus «civilisé», les autres étant des lak-kats (personnes qui parlent une langue autre que le wolof). Ces dérives conduisent au cloisonnement des forces, au narcissisme, à la suffisance, à l’arrogance et à l’immobilisme.
Le Sénégalais n’est pas prompt à l’investissement et à la production. Dans sa recherche du gain facile et rapide, il cantonne généralement son action au petit commerce, d’où la multiplication, à un rythme supersonique, des souks sur le territoire national. Or, il n’y a pas de richesse durable sans production sécurisée. Cette production doit susciter un progrès soutenu : il faut aller du «développement de la production à la production du développement ».
La production nécessite en effet des capitaux importants, des ressources humaines qualifiées et des stratégies d’action ardues. La réalisation de bénéfices destinés à fructifier cette production est liée à l’écoulement des produits donc à leur compétitivité. L’insertion dans le système productif appelle, par conséquent, un esprit de méthode, de patience et de persévérance contrairement au petit commerce ou les recettes sont, en principe, immédiates. L’épargne privée est tournée vers des secteurs improductifs ou égoïstes comme le bâtiment, les cérémonies familiales ostentatoires et la polygamie abusive.
Le parasitisme familial est aussi un frein à l’investissement privé. La seule personne qui travaille dans la famille est tenue de nourrir ses frères, cousins, oncles, beaux-frères etc. qui se complaisent parfois dans cette situation de perfusé. L’ampleur de l’économie informelle est révélatrice du primat de l’individualisme sur la volonté consciente et organisée de développement collectif. En plus de se soustraire à l’obligation citoyenne d’acquittement de ses charges fiscales, l’acteur de cette économie chaotique, au lieu de s’associer à ses semblables dans l’optique d’investissements substantiels, susceptibles de créer de la richesse et des emplois, se préoccupe de revenus personnels quotidiens. Et lorsqu’il amasse un peu d’argent, il cherche à acheter un visa pour l’Italie ou l’Espagne…
Le Sénégal est l’un des pays les plus aidés de la planète. Les partenaires au développement se bousculent dans les villages les plus reculés, mais on ne voit vraiment pas l’impact de leurs actions, proportionnellement aux sommes énormes annoncées. Certaines ONG excellent dans l’art de l’instrumentalisation des populations déshéritées et la perdiemisation du monde rural. Boladji OGUNSEYE constate que «la relation de mendicité à l’égard des bailleurs de fonds a engendré un gros problème.
Comme les ONG africaines s’acharnent à suivre les donateurs comme des missiles autoguidés sur les traces de l’avion-cible, il ne leur est généralement pas possible de s’engager dans des actions de remise en cause du plan d’action pré-établi, même en cas d’inadéquations criantes sur le terrain ». Les partenaires au développement, pour la plupart, sont donc revêtus d’un «manteau clair-obscur » et munis d’un couteau à double tranchant pour : tantôt soulager la misère des masses déshéritées, tantôt s’appuyer sur le dos de ces mêmes indigents pour s’enrichir, transformant ainsi «la lutte contre la pauvreté en une lutte contre les pauvres ».
La marche du Sénégal vers le progrès est profondément gangrenée par l’indiscipline banalisée, le laxisme toléré et, de manière générale, le refus de l’ordre. La sacralité du service public est régulièrement et impunément bafouée par les retards désinvoltes, l’absentéisme, le bavardage dans les bureaux et la corruption. Partout, la règle est la même : peu le matin et rien le soir. La pauvreté rend les hommes aigres et aigris.
Tout membre du groupe social qui réussi est combattu par pure jalousie, à moins qu’il soit un bailleur de fonds naïf, distribuant gracieusement de l’argent aux charognards qui lorgnent ses biens. A l’intérieur d’une même famille, d’un même service, on s’entretue à coup de maraboutage. On met les pieds dans le plat lorsqu’on n’est pas invité au repas. Comment peut-on construire un progrès sain dans une atmosphère sociale aussi viciée ?
La politique est certes peu compatible à la morale, mais le Sénégal a battu plusieurs records en matière de coups bas, de mensonges publiques et de déloyauté. L’absence de conviction idéologique explique la transhumance politique cavalière. On s’attache non pas à des principes, mais à des personnes ou plutôt à leur argent.
Dans un mépris mesquin du peuple, d’intrépides politiciens changent de veste et de discours, du jour au lendemain, au gré des intérêts financiers, sans conscience ni vergogne, donnant ainsi à une jeunesse fragile, le mauvais exemple de l’opportunisme et du situationnisme. La citoyenneté demeure vacillante, tout comme le sentiment d’appartenance nationale. On s’identifie plutôt à une famille, une ethnie, une caste, une confrérie. Souvent, on est prêt à tout pour le marabout et rien pour l’Etat.
Les croyances fantasmagoriques et le recours abusif au mysticisme conduit au recul de la raison, de la confiance en soi et de l’effort. «L’Africain explique ce qui se déroule autour de lui par l’action des forces occultes, justifie les fléaux par la colère des dieux et place les événements heureux à l’actif des marabouts et des féticheurs ». De nombreuses personnes ont publiquement expliqué le mauvais résultat de l’équipe nationale du Sénégal face à celle du Togo, par un mauvais sort qu’aurait lancé sur les joueurs des marabouts évincés et d’anciens membres de la fédération limogés…
L’impunité, l’absence d’une culture du bilan, le primat des calculs partisans sur l’exemplarité de la sanction, constituent une invitation au laxisme dans l’action publique. Le ministre ou le directeur d’une entreprise publique nouvellement nommé ne fait pas de déclaration publique de patrimoine. A son éviction, il effectue une passation sommaire de service à la place d’une nouvelle déclaration de patrimoine et d’un bilan administratif et financier détaillé, apprécié par les autorités judiciaires. En l’absence de contrôle, le ministre utilise les biens publics à des fins privées ; il se rend aux cérémonies familiales avec la voiture de fonction, parfois accompagné de motards de la gendarmerie nationale, y fait des dépenses insolentes ou effectue sa campagne électorale anticipée le week-end, avec le même véhicule de l’Etat. Comme dans tous les pays africains, les ressources sont détenues par une élite politique avide au détriment des masses laborieuses qu’on s’emploie à aduler et à corrompre à l’approche des élections, dans le cadre du phénomène bien connu de la «marchandisation du vote ».
Malheureusement, on n’observe aucune prémisse d’un sursaut national, d’une introspection critique, d’une remise en question de soi, d’un mea culpa constructif. Au contraire, on note l’insouciance, l’engouement pour la récréation et le folklore. Même le deuil est l’occasion de mangeailles festives. Dans toutes les villes du pays, des centaines de mendiants à la fleur de l’âge errent dans les rues, pieds nus, à des heures tardives, initiés au gain facile, soumis à la tentation du vol, exposés aux dangers du choléra et de la pédophilie. Personne ne s’en offusque, personne ne réagit ; on préfère discuter de politique et de football…
Le drame c’est que le Sénégal, un pays qui regorge de ressources humaines, a parfaitement les moyens de se sortir d’affaire. Mais le problème, c’est moins le Sénégal que le Sénégalais. Il va donc falloir réformer le matériel humain, reconstruire les mentalités, briser les chaînes de l’ignorance, relancer la moralité citoyenne et l’éthique républicaine. L’éducation est impérieuse dans cette optique ; malheureusement les autorités la confinent à une conception presque exclusivement scolaire. Eduquer un homme, c’est aussi l’aider à grandir dans la dignité, lui apprendre à se battre pour lui-même, pour sa famille et pour son pays.
NB: Bashô, fait référence à cet illustre poète japonais du XVII siècle. A l'instar de ses haikus qui célèbrent la fugacité de la vie, cette rubrique souhaite partager l'instantané d'un auteur qui a été ému, révolté ou illuminé par un événement, un incident, une rencontre… sous un format ouvert à toutes les formes d'expressions. Nous ouvrons nos colonnes à nos lectrices et lecteurs, car nous estimons qu'un journal ne se résume pas seulement à la diffusion d'information et d'analyses. C'est également un médium qui peut favoriser l'éclosion de talents, dans un style libre qui permet l'échange et l'expérimental, alimentant ainsi la réflexion collective par le biais de canaux diversifiés. Vous avez été en vacances, vous voulez recréer le monde sans violence, vous avez tout simplement envie de vous faire lire, cette rubrique vous appartient.

Rosnert Ludovic ALISSOUTIN 30/06/2005
Consultant - grefroska@hotmail.com
http://www.continentpremier.com/?magazine=21&article=...

23/10/2017

SAGES PAROLES A APPLIQUER

Souleymane Bachir Diagne : Pourquoi le Sénégal est dans le viseur des djihadistes

3d637edff3dce632fb5e5923726ab3ca7d28f833.jpg

Le Sénégal est bien dans le viseur des djihadistes. D'où la nécessité d'intensifier la lutte contre le terrorisme, qui fait l'actualité de ces derniers jours. Invité de l'émission "Objection" sur Sud Fm, ce dimanche, le philosophe et Professeur Souleymane Bachir Diagne estime que notre pays est visé pour ce qu'il représente : ses valeurs démocratiques et la terre par excellence du soufisme.
La solution immédiate, contre le terrorisme, dit-il, reste le travail d'identification et le partage de renseignements entre les différents États. Alors que la solution durable est l'éducation, préconise l'universitaire dans le quotidien L'As.
Donc, pour éradiquer le mal, il faut inculquer des valeurs de l'islam à la jeunesse, renchérit l'enseignant à l'université de Columbia. Non sans souligner la responsabilité des États qui est, en premier, d'assurer la sécurité de leurs concitoyens, ensuite leur procurer une bonne éducation et une bonne formation.
Last but not least, l'insertion de jeunes et la satisfaction de la demande sociale qui restent, selon lui, une réponse efficace contre le terrorisme.
Seneweb

20/10/2017

LA MORT D'UNE ENFANT POUR 200000FCFA

Combien d'Aicha Diallo meurent dans nos hôpitaux au Sénégal dans un silence et dans une indifférence totale

Hopital-Pikine-1100x658.jpg

J'ai mal!
Combien d'Aicha Diallo meurent dans nos hôpitaux au Sénégal dans un silence et dans une indifférence totale.
Ce qui est arrivée à l'Hopital de Pikine est une erreur monumentale. Une faute impardonnable. Ce n'est pas un cas isolé . On a des Aicha Diallo tous les jours. C'est juste l'arbre qui cache la forêt.
C'est quoi un hôpital ? Est ce un lieu où on soigne des malades ou un lieu où on collecte de l'argent ?
Je ne comprend pas quelle est la politique mise en place ,dans nos hôpitaux et nos centres de sante pour accueillir et soigner nos malades ,par la haute autorité sanitaire du Senegal ?
La gestion d'un centre hospitalier obéit à des règles :l' expertise pour exercer les métiers et les moyens matériaux et financiers .
Les deux facteurs sont absents au Senegal. Ce qui me pousse à me demander si la santé fait partie de la famille des parents pauvres comme l éducation et l'emploi .
Monsieur le ministre de la Santé nous parle d'une ouverture d 'enquête pour situer les responsabilités.
Mais de qui se moque-t-il ce ministre ?
Il est bien le patron des hôpitaux publics du Senegal. Les directives appliquées dans les H P viennent de son ministère. Les directions des hôpitaux ne font qu'appliquer les règles qu'on les dictent.Ces dernières viennent de leurs supérieurs à l'occurrence du ministre de tutelle et du Chef du gouvernement du Sénégal. Si l'Etat souhaite sanctionner il doit se Sanctionner lui même.
Je constate que nous avons le Senegal d'en haut qui a droit à tout:qui se soigne, qui étudie, qui mange à sa faim et qui a un salaire.
Juste à côté, le Senegal d'en bas qui souffre, qui se bat sans appui ni soutien. Le Senegal qu'on cache, celui "qui pleure jusqu'à mourir "comme disait l'autre.
Nous sommes au final tous coupables car nous regardons,nous laissons faire et nous consentons. Aujourd'hui c'est l'hôpital qui est pointé du doigt et demain à qui le tour ?
Mon pays ne sanctionne pas. L'autorité y est absente ou elle ne se fait pas sentir. J ai mal pour mon pays le Senegal.
Qu'ALLAH nous vienne en AIDE. Amine!
M Ousmane Kante
Économiste Expert en Credit Management/pressafrik.com

 

15/10/2017

LE SENEGAL: CATASTROPHE ECOLOGIQUE

Haïdar El Ali : « Le Sénégal est dans un état de catastrophe écologique »

RS64423_VF15100811340004-lpr-592x296-1444409360.jpg

Alors que la COP21 approche et que l’écologie sera censée être sur toutes les lèvres en novembre à Paris, les pays africains n’ont pas encore brillé par leur contribution. Où en est le continent ? Quelle place pour l’environnement en Afrique ? Réponses d’Haïdar el Ali, ancien ministre de l’Environnement du Sénégal.
« Quand je mourrai, plantez un arbre pour moi plutôt que de prier », a-t-il coutume de dire aux femmes de Casamance qu’il rencontre alors qu’il sillonne la région en lutte contre la destruction de sa mangrove. D’origine libanaise – ses parents ont émigré au Sénégal dans les années 40 –, Haïdar El Ali est un homme convaincu et engagé.
Infatigable défenseur de l’utilisation durable des ressources naturelles, l’ancien ministre sénégalais de l’Environnement se bat pour mettre l’écologie au centre du débat sur le développement et mettre à bas un système de captation des richesses et des ressources au profit d’une minorité dont il fustige la corruption. Initiateur de la fédération des partis écologistes africains, il estime que le salut de l’Afrique passe par une révolution verte, et le crie haut et fort. Interview.

Jeune Afrique : L’écologie s’est-elle durablement installée dans le débat politique en Afrique ?

Haïdar El Ali : Clairement non. On construit encore des centrales électriques qui fonctionnent au charbon, alors que le gaz n’est pas plus cher. Ce n’est pas cohérent. Le continent africain vit globalement des économies de prélèvement mais accepte de voir ses ressources pillées, notamment au niveau forestier ou halieutique. Autre exemple, révélateur : il y a trois semaines, le premier conseiller en matière d’environnement de Macky Sall a écrit dans un article que le réchauffement climatique était du pipeau inventé par l’Occident ! C’est invraisemblable.

Nous disposons de ressources limitées qu’il nous faut gérer dans l’intérêt des populations. Pour nous, c’est davantage une question de survie que d’écologie.

Les pouvoirs africains opposent-ils toujours le développement industriel et l’écologie ?

C’est vrai qu’on a beaucoup entendu ce discours, dans lequel on accuse les Occidentaux de nous parler d’écologie alors qu’ils ont pu polluer pendant de nombreuses années de leur côté tout en développant leur industrie. L’erreur, c’est de regarder le développement à travers le prisme de l’Occident. Il faut comprendre que la ressource est pour nous, Africains, une question de survie. Nous n’avons pas les moyens de filtrer notre air et notre eau, de mettre en place des agricultures en étages, etc… Nous disposons de ressources limitées qu’il nous faut gérer dans l’intérêt des populations. Pour nous, c’est davantage une question de survie que d’écologie. Si on ne préserve pas les forêts ou les mangroves par exemple, il n’y a plus d’agriculture et plus d’élevage.

C’est un pillage organisé et environ 1000 milliards de francs CFA échappent chaque année aux Sénégalais !

Les gouvernements en sont-ils conscients ?

Il ne s’agit pas que des gouvernements. Le problème, c’est que tout le système est basé sur la finance et la croissance, qui ont pour effet de corrompre et donc de diriger et de dominer les quelques personnes au pouvoir. Les trafics de ressources comme le bois est international. Les Chinois, qui se servent des Sénégalais à la frontière avec la Gambie pour récupérer illégalement du bois précieux, ne transportent pas les troncs à dos d’ânes ! Ils passent les frontières et utilisent les groupes internationaux de transport, sous couvert de certificats gambiens qui n’ont évidemment rien à voir avec la véritable marchandise. Tout le monde le sait et ferme les yeux. On déguise des exploitations de bois de grumes sous des permis de bois de chauffe. C’est un pillage organisé et environ 1000 milliards de francs CFA qui échappent chaque année aux Sénégalais !

Les gouvernements sont donc complices ?

Je vais vous donner un exemple : quand je suis arrivé au ministère, il y avait une autorisation d’activité délivrée par les autorités sénégalaises à une multinationale canadienne pour exploiter des mines d’or à six kilomètres à l’intérieur… d’un parc naturel protégé et classé par l’Unesco ! En échange de cette autorisation ? Un contrat entre cette mine canadienne et la direction des Parcs d’un montant de 20 millions de francs CFA ! Dans les grands projets d’extraction en Afrique, les politiques ne regardent même pas les contrats. Ce qui les intéresse, ce sont les sommes qu’ils vont pouvoir empocher. Les multinationales font ce qu’elles veulent.

En somme, les dirigeants africains se « suicident » ?

Globalement, les dirigeants africains n’aiment pas leur pays. Sinon, ils y passeraient sans doute plus de temps. Quand on veut lutter contre la corruption, mettre à la porte des gens qui touchent de l’argent pour dilapider nos ressources, on peut le faire. C’est ce que j’ai fait au ministère de l’Environnement. J’ai dérangé, j’ai été dégommé.

J’ai dérangé, j’ai été dégommé.

Que faire pour que l’écologie occupe une place plus importante dans le débat politique ?

La meilleure piste, c’est l’éducation et la formation des citoyens. Mais, bien sûr, notre force réside aussi dans la fédération de tous ces mouvements écologistes régionaux, nationaux et locaux. Je travaille par exemple avec des associations guinéennes au sujet du trafic de bois impliquant des intérêts chinois. Sur les questions transfrontalières, se fédérer est essentiel. Il faut également chercher à occuper le pouvoir. Ram Ouedraogo essaie au Burkina en se présentant à la présidentielle. Au Sénégal, nous avons une centaine d’élus locaux. C’est positif. Seulement, dans le jeu politique, les partis traditionnels sont mille fois meilleurs, mille fois plus aguerris.

C’est ce que vous avez constaté lors des dernières municipales ?

Quand je me suis présenté aux municipales, il y avait une telle ferveur autour de moi que certains me disaient que je ne pouvais pas perdre. Et puis, le jour où je suis allé voter, j’ai compris : tous les électeurs se faisaient prendre à part à l’entrée du bureau de vote et recevait une somme d’argent. J’ai dénoncé cela au gouverneur et il m’a répondu : « Tant qu’il n’y a pas bagarre, je n’interviens pas » ! Qu’est-ce que vous voulez faire ? J’ai fini quatrième du scrutin.

Votre parti sera pourtant actif lors des prochaines échéances électorales au Sénégal ?

Oui, aux législatives sénégalaises de 2017, nous n’allons pas faire d’alliance avec le parti au pouvoir ou l’opposition, qui entretiennent un système de concentration des richesses dans les mains d’une minorité qui fait la pluie, la pluie, et la pluie. Nous irons seuls et nous verrons bien quelle place l’opinion nous donne.

Le temps, c’est de la vie, et pas de l’argent.

L’opinion, justement, ne semble pas encore faire grand cas de l’écologie en Afrique…

L’opinion, elle se forge notamment par les médias et l’éducation, les deux étant contrôlés par le système que je décris. Cela changera quand l’humain recevra une grosse baffe. Et je ne parle pas d’un tsunami… On se rendra compte que le temps, c’est de la vie, et pas de l’argent.

Globalement, on sent un constat d’échec pour les partis écologistes africains, qui ne parviennent pas à s’imposer. Quelle est leur influence réelle ?

Il y a une réussite, c’est que l’on parle d’écologie. Ce n’était as le cas il y a quinze ans. Ensuite, il y a une vraie influence sur le domaine politique. Au Sénégal, quand j’étais en fonction, nous avons fait passer la loi interdisant les sacs plastiques et nous avons introduit le code de la pêche et le code forestier. Il y a donc des avancées mais il reste beaucoup à faire. Le Sénégal est aujourd’hui en état de catastrophe écologique.

Après les municipales et les législatives, votre prochaine étape est la présidentielle ?

(Soupirs) Malheureusement, cela coûte trop d’argent. Quand j’étais ministre, je me suis retrouvé dans des situations où des gens, notamment des capitaines de bateaux russes qui venaient pêchaient illégalement dans les eaux sénégalaises, me proposaient de l’argent pour que je les laisse partir. Je ne l’ai pas pris. Je crois que l’on s’en sortira quand chacun arrivera à renoncer à ces tentations. J’ai choisi ce chemin. Résultat, je n’ai pas l’argent pour me présenter à la présidentielle.
Mathieu Olivier/jeuneafrique.com

27/09/2017

LE SENEGALAIS N'A PAS CHANGE

Naufrage du Joola : Non, les Sénégalais n'ont pas tiré de leçons du drame !

56572114ef4cf501acc21142a15227c8528bff90.jpg

C'était le 26 septembre 2002. Alors qu'il reliait Ziguinchor, le bateau le Joola coulait en mer. Près de 2000 personnes y ont perdu la vie. Encore plus terrible que le Titanic, le naufrage devient la catastrophe maritime la plus meurtrière. En cause : la surcharge du navire. "Plus jamais ça", s'étaient emballés les Sénégalais dans leur grande majorité. Quinze ans après, les pratiques demeurent.
Un meurtrier nommé "Indiscipline"
Mercredi 25 mai 2011, consternation sur la voie de dégagement nord ! Un camion chargé de gravats roule à tombeau ouvert et se dispute la route avec un car "Ndiaga Ndiaye". Un acte d'une irresponsabilité déconcertante, qui ôtera prématurément la vie à 3 âmes innocentes.
Dans sa course folle, le conducteur du camion perdit le contrôle de son véhicule qui percute un poteau électrique, tue un jeune talibé et finit sa course sur deux autres jeunes élèves de l'école Machalla! Insoutenable scène!
Le coupable : le chauffeur du camion qui écopera d'une peine de 5 ans de prison ferme. Son permis sera annulé. La page est très vite tournée. La prise de conscience générale n'aura pas lieu. L'indiscipline reprend de plus belle sur les routes.
Les menaces de Macky
Le chef de l'Etat monte au créneau. "Il y a une indiscipline telle que je vais demander au gouvernement de renforcer les moyens de contrôle et de présence pour que nous puissions préserver ces vies humaines, qui auraient pu permettre au pays d'avancer et permettre aux familles éplorées de se développer dans la quiétude", avait-il dit. Rien n'y fit. Chaque jour, même tableau. Des bus, mini bus, cars rapides ou Ndiaga Ndiaye, surchargés à bloc, sous l'œil des forces de l'ordre.
L'indiscipline semble avoir la vie dure. Le mardi 07 août 2012, une vingtaine de famille est dévastée par la tristesse. Un accident d'une rare violence s'est produit à Kaffrine. Bilan : 20 personnes décédées. Le bus a percuté un camion chargé de charbons, la nuit. La cause est toute connue: la somnolence. "Plus jamais ça", a-t-on encore dit. Mais, cela ne freinera aucunement le carnage. De 2012 à 2016, l'indiscipline, l'inobservance des règles de sécurité et de conduite, règnent sur les routes.
"Plus jamais ça", un refrain sans effet
L'année 2016 se montrera particulièrement macabre sur nos routes. Lundi 12 décembre, au moins, 13 personnes perdent la vie dans une collision effroyable à hauteur de Koumpentoum. Dans la même journée à Thieumbeul, un véhicule qui transportait des pèlerins revenant du Gamou, entre en collision avec un "Ndiaga Ndiaye". Bilan : huit 8 morts et plusieurs blessés graves. 21 morts en une journée. Le dimanche 11 décembre, un véhicule 7 places entre, encore, en collision avec un camion frigorifique. 8 personnes meurent. Verdict : 29 morts en 48 heures.
Médina, Gounass, Demba Diop : La honte
Le 15 juillet 2017, l'indiscipline atteint son paroxysme quand des supporters de l'Us Ouakam s'en prennent à ceux du Stade de Mbour, provoquant une tragédie nationale à retentissement mondial. 8 morts seront dénombrés au Stade Demba Diop.
En avril 2017, un incendie d'une rare violence ravage le Daaka de Médina Gounass et fait 30 morts. Pourtant, à chaque édition du Daaka, des incendies meurtriers sont notés. Les mêmes causes provoquent chaque année les mêmes conséquences macabres. Les mêmes comportements meurtriers se poursuivent et l'Etat n'apporte aucune solution radicale. Et même, cet incendie du Daaka, rappelait celui de la Médina où 9 talibés perdirent tristement la vie.
Il n'y a pas que les routes qui tuent. A Diourbel, des branchements électriques vétustes avaient causé un incendie dans lequel un pompier, qui tentait d'éteindre les flammes, a péri.
"Les Sénégalais n'ont pas tiré des leçons de cette catastrophe"
Pour le sociologue Oumou Tandian, l'explication à ces drames répétitifs est simple : "Les Sénégalais n'ont pas tiré de leçons du naufrage du Joola".
"Nous Sénégalais, à chaud, on essaye de tirer les leçons. Mais le problème, c'est que dans la pratique on ne le fait pas. Chez nous, on est tellement fatalistes qu'on dira "Ndogalou Yalla la" (c'est la volonté divine), c'est Dieu qui l'a voulu ainsi on n'y peut rien", analyse Dr Oumou Khairy Coubaly Tandian.
"Aujourd'hui à Dakar vous voyez les véhicules surchargés. En dehors de Dakar également les voitures sont surchargées. Je dirais que les Sénégalais n'ont pas tiré des leçons de cette catastrophe qui peut se reproduire. D'ailleurs, elle s'est reproduit à Bettenty. Peut-être que l'ampleur est moindre, mais ça s'est quand même reproduit", a-t-elle analysé.
Un problème d'autorité et de discipline
La solution pour Dr Oumou Tandian : plus de fermeté de la part des autorités. " Il faut qu'il y ait des sanctions. Car, le transporteur qui surcharge son véhicule lors des fêtes pour gagner plus, ou les transporteurs qui font des aller-retour incessants pour gagner le maximum, c'est qu'ils se disent que quand il y a accident il n'y a pas de sanction derrière. On ne situe pas les responsabilités et on dira "Ndogalou Yalla la" et on continue". Mais il n'y a pas que ça pour le sociologue. "Il y a aussi un manque de respect de la vie humaine. Il faut que les autorités fassent leur travail. Ce sont des problèmes de sécurité que les autorités doivent prendre à bras le corps. Parce que les Sénégalais, tant qu'il n'y a pas de sanctions ils continuent à faire ce qu'ils font. Il faut que l'autorité sanctionne davantage et que les gens prennent conscience aussi du danger", indique Mme Tandian.
Youssouf SANE - Seneweb.com

22/08/2017

DEGRADATIONS DES MOEURS

La dégradation des mœurs au Sénégal

p1000482.jpg

N’avez-vous jamais été confronté au choix d’un mot plutôt qu’un autre, surtout lorsqu’il est question d’être vraiment pris au sérieux? On est assailli par une foule d’expressions prêtes à nous prendre par la gorge sans qu’on sache à laquelle se fier.
Pas parce que nous ne maîtrisons pas notre discours, mais dans la viduité lexicale actuelle du ouolof, on s’y perd comme dans un labyrinthe. D’une oreille à l’autre, un mot cesse de dire la même chose. Le signifié cesse de renvoyer au signifiant.
Pris au piège du mensonge, de la calomnie et de la médisance, le Sénégalais dénature la syntaxe et érige un système de mots insensés, incapables de cerner le vide social qui nous engloutit comme du sable mouvant.
Dans cette polyphonie syntaxique, mot, expression ou locution désigne plusieurs choses, sans signifier grand-chose. «Sama yeuf, jongama, namouma dara, yaye bagne, yamay danel et dializ ma»...La dérision du discours, la viduité des mots annihilent la fonction thérapeutique du langage.
On s’égosille sans résultats. Les maux sont cernés, mais le «ndeup» national tant annoncé, tarde à prendre forme. Sa quintessence étant confisquée, torpillée, dévoyée, dénaturée, galvaudée, le verbe désormais échoue à cerner le mal.
On s’enlise par les mots dans un voyeurisme impudique. L’érotisme résonne aux oreilles, triomphant presque de tout. On finit par le sentir, le vivre, vivre avec. Un simple mot est évocateur d’une sexualité ou d’une sensualité débridée.
Il faut une posture de l’orateur ou un rappel de l’auditoire, pour ne pas tomber dans le vulgaire, le comique.
Dans cette cacophonie, mots, maux et images, obscènes pour la plupart, sont indissociables. Un délire verbal mine les rapports à autrui. L’échange qui se veut productif laisse place à l’insulte.
Ainsi traqués et trafiqués, les mots passent au scalpel la psyché du Sénégalais. Le jeu de massacre du langage accouche d’un langage codé. Les mots pervertis sont détournés de leur sens premier.
On use d’un vocabulaire anodin, estampillé moderne, installant la haine dans le carcan ordinaire. On ne condamne les dérives que le temps d’une rose, pour faire bonne figure.
On ne s’autocensure plus. Les parents ne réprimandent plus. Les familles ne désavouent plus les leurs. On trahit, on dénonce, on espionne, on enregistre en secret et étale en public les confidences faites dans l’intimité, pour exister. La vie devient un vaste théâtre.
La parole est confisquée par une «élite» végétative, qui érige les contre-valeurs en mode de vie. Des individus sortis des cuisses de la confusion, s’en nourrissent et entretiennent l’amalgame pour survivre.
Un peuple de chanteurs, de danseurs et pas des meilleurs, de laudateurs, d’encenseurs sans once de vergogne, qui ne jurent que par le piston et la grande gueule pour s’assurer leur pain du jour.
Raspoutine (s) des temps modernes qui, par la ruse et le mensonge, s’arrogent le grade de «conseillers» d’un «Tsar» en perte de vitesse. La paralysie de la pensée accouche d’une pyromanie linguistique. Les mots étouffent. La rumeur s’enflamme. On accuse sans preuve, vilipende, triche sans en donner l’air.
On est collabo mais on ne s’en cache plus. Bon sang! Ici, on en est plutôt fier. Une psyché entortillée sous les jupons nauséabonds de la bassesse. On ne communique plus. On cherche à faire le BUZZ. On insulte à faire pâlir Bacchus. On ment les yeux ouverts.
S’il en a un qui n’ait pas sorti indemne de la déchéance de la société sénégalaise, c’est bien la langue, le mot, le langage, le verbe. Appelons-le comme on veut ! Dans ce déclin qui s’enclenche, chacun, dans son acception linguistique, joue sa sombre partition.
Vous, moi, eux, nous tous sommes menacés dans notre liberté, notre devenir et ceux de nos enfants. Alors, ayons toujours en tête que lorsque les vainqueurs triomphent, il ne reste plus que les larmes aux vaincus. A bon entendeur...
Daouda Samba Gaye-Ex-conseiller municipal commune de Mékhé/lesoleil.sn

03/08/2017

LA NON PREVENTION ROUTIERE ASSASSINE LES SENEGALAIS

Un camion de sable tue deux maçons à Saly

Sans titfre 1.jpg

C’est l’émoi et la consternation dans la petite côte. A Saly Portudal, un accident a fait deux morts. Ce drame s’est produit au carrefour, près du musée Kelkhom et de la gendarmerie. Le camion de sable roulait à vive allure selon les témoignages. Il a heurté violemment deux maçons qui étaient sur le trottoir et blessé un autre.
Ils attendaient un taxi pour rentrer chez eux après la descente.
Le chauffeur a pris la fuite mais les deux apprentis sont aux arrêts. Les corps ont été acheminés à l’hôpital de Mbour, l’un est reconnu l’autre n’avait pas pièce d’identité.
Un témoin toujours raconte les faits en constatant une fois encore l'inertie de l'état à rendre beaucoup plus sévère la prévention routière.
"Enième accident ce la circulation. Mais ce soir à Saly devant la Gendarmerie, devant des gendarmes en faction qui ne font que des contrôles d'identité ou de conformité automobile. Qui ne verbalisent pas les infractions gravissimes au code la route. Résultat encore deux morts et des blessés par un camion fou, par un chauffeur non formé, et ignorant tout code de la route.
Les chauffards sont légion. Ils tuent et se tuent sur les routes sénégalaises pendant que les gendarmes jouent avec leur portable ou rackettent à la petite semaine les automobilistes.
Il est d'une absolue nécessité de contrôler l'aptitude à la conduite des conducteurs de toute sorte! Contrôle des connaissances routières du propriétaire lors d'un vrai contrôle technique. Le problème de fond est là pas uniquement l'indiscipline routière ni l'état des véhicules."
Hier encore: trois étudiants tués et plus de 30 blessés à Kaolack...
Voici ce qu'écrivait l'APS voici encore quelques mois:
La Nouvelle prévention routière insiste sur la sensibilisation pour une meilleure sécurité routière
La direction de la Nouvelle prévention routière du Sénégal (NPRS) dit miser sur l’information et la sensibilisation pour davantage prévenir les accidents de la circulation qui "causent énormément de pertes en vies humaines" sur les routes sénégalaises.
"Nous nous positionnons en amont mais il y a d’autres actions qui seront menées par l’Etat du Sénégal, parce que la sécurité routière relève de la responsabilité de l’Etat", a déclaré son directeur.
Matar Faye s’exprimait lors d’un "Road Show" organisé vendredi à Mbour, dans le cadre d’une campagne de sensibilisation de proximité en relation avec la quinzième édition de la Semaine nationale de la prévention routière dont le thème est axé sur "Femme et sécurité routière".
Dans ce cadre, la Nouvelle prévention routière du Sénégal et le bataillon train de l’armée sénégalaise ont choisi les gares routières pour aller à la rencontre des chauffeurs de transport en commun qui, selon Matar Faye, "font beaucoup plus d’accidents du fait qu’ils travaillent énormément du matin jusque tard dans la soirée, sans repos, avec tous les dangers que cela comporte".
"On a constaté qu’il y a moins de déclarations de sinistres auprès des compagnies d’assurance concernant les femmes et de nombreuses études montrent que les hommes sont beaucoup plus enclins à faire des erreurs sur la route que les femmes’’, a fait valoir M. Faye.
S’y ajoute selon lui que "les accidents sont beaucoup plus nombreux chez les hommes que chez les femmes", d’où le choix porté sur ce thème.
Il y a aussi que certains chauffeurs constituent "une cible très vulnérable, parce que travaillant dans des conditions exécrables", sans compter qu’ils ignorent des règles de base dont celle qui stipule qu’un conducteur, après deux heures de voyage, doit "observer une pause de 15 minutes".
"Notre ambition, notre volonté, c’est d’aller vers les acteurs dans les gares routières et de leur proposer des formations" consistant en "une révision des règles de circulation" et portant sur des questions de sécurité et de prévention routière leur permettant notamment de "savoir comment faire pour éviter les accidents de la circulation", a indiqué Matar Faye.
Il rappelle que le tronçon Dakar-Tambacounda est "le plus accidentogène au Sénégal", du fait de son caractère international. Cet axe relie le Sénégal à plusieurs autres pays de la sous-région ouest-africaine.
Le directeur de la Nouvelle prévention routière du Sénégal propose la redéfinition des déplacements sur ce corridor, ajoutée à des stratégies visant plus de fermeté.
Si l’on en croit Matar Faye, "ce qui manque pour établir la sécurité sur nos routes, c’est la fermeté. Il faut que force reste à la loi
et qu’on sache sanctionner".
"Malheureusement, la sanction est considérée, pour beaucoup, comme étant un outil utilisé à des fins punitives, alors qu’elle peut bel et bien être utilisée à des fins éducatives, curatives et préventives", a-t-il souligné.
De même, la sanction peut chercher à "corriger des fautes et à éradiquer des erreurs que les gens ont l’habitude de commettre", a-t-il relevé.
Chaque jour, ces bonnes résolutions non suivies d'actes tue!
BRB

23/07/2017

SENEGAL HORS NORMES

Le Sénégal, un pays hors normes

Demba-Sow-640x676.jpg

Des morts par dizaine est devenu une affaire récurrente et même banale au Sénégal. Avec le naufrage du bateau le Joola qui avait fait des milliers de morts, nous avions pleuré et juré que plus jamais ça. Beaucoup de corps sont toujours au fonds de l’océan et leurs parents n’ont plus d’espoir pour faire le deuil de leurs disparus. Personne à ma connaissance n’a été condamné à la suite de cette catastrophe sans pareille dans le monde. Finalement, il n’y a eu ni responsable, ni coupable dans cette affaire. Toutes les informations indiquent cependant que cette catastrophe est le fruit du nom respect des normes de transport maritime. Le bateau a été hypersurchargé et ses capacités pondérales largement dépassées. Aucune leçon ne semble avoir été tirée à la suite du naufrage du bateau le Joola. Depuis 2006, la surcharge des véhicules de transports, des pirogues, des charrettes, des Taxis Jakarta etc. continuent de faire des milliers de victimes et l’Etat n’a toujours pas pris des mesures pour protéger les sénégalais contre le non respect des normes dans le secteur du transport. Le Sénégal est un pays hors normes et les citoyens le paient cher. Récemment, à Bettenty, de femmes braves dont une en état de grossesse ont perdu la vie probablement à cause de la surcharge de leur pirogue. Comme d’habitude, il n’y a pas de responsable encore moins de coupable.
Au dernier Daaka de Médina Gounass, plus de trente personnes ont perdu la vie tout simplement parce que les règles élémentaires de sécurité n’ont pas été respectées. Pourquoi avoir autorisé avec autant de monde des abris très inflammables sur le site ? A Médina Gounass, les normes n’étaient pas respectées et c’est toujours les populations qui paient lourdement. Comme d’habitude, il n’y a pas de responsable, donc pas de coupable et pourtant 31 personnes ont perdu la vie.
Le dernier scandale dans cette série macabre est le drame du stade Demba Diop avec 8 morts et des centaines de blessés selon le stade de Mbour. Comme d’habitude, on pleure, on fait une enquête mais peut-être il n’y aura encore ni responsable, ni coupable. Les sportifs et les spectateurs qui ont l’habitude de fréquenter le stade Demba Diop savent que le stade est hors normes : l’aire de jeux n’est pas protégée par une grille, les murs ne sont pas normés, les portes de sorties sont également hors normes etc. Dans ces conditions où les normes sont ignorées ou bafouées, la moindre bousculade est forcément fatale. C’est ainsi que 8 jeunes sénégalais ont perdu la vie et c’est encore une fois inacceptable dans un pays organisé. A en croire les informations disponibles, aucune tête n’est tombée et aucun responsable n’a démissionné. Ah oui au Sénégal, on ne sanctionne pas, la culture de la démission n’existe pas non plus. Pourtant, les normes de la démocratie qui ne sont pas écrites devraient pousser les responsables en charge du sport de démissionner en attendant leur éventuel blanchiment ou condamnation. Au Sénégal, on ne respecte pas les normes même pas celles de la démocratie.
Chaque mois pratiquement au Sénégal, il y’a un grand marché qui brûle. Le dernier cas est la réduction en cendres du marché de Diourbel avec la mort regrettable d’un sapeur-pompier. Ce sont des centaines de milliers de FCFA qui sont réduits en cendres à chaque incendie. Cela est inacceptable pour un pays pauvre et même très pauvre de voir l’économie de braves citoyens brûler si banalement. Le cycle infernal des incendies de nos marchés est tout simplement dû au non respect des normes d’aménagement de ces sites, du non respect des branchements électriques, du non respect des couloirs d’accès des soldats du feu. Là encore il apparait clairement que le Sénégal est un pays hors normes avec les conséquences économiques dramatiques pour les commerçants et le pays.
Récemment, une dame a été broyée par le train à Thiès. C’est surement le nième cas de citoyens qui cherchaient de quoi ramener à la maison mais qui ne reverra pas sa famille parce écrasé par le train. Quand on fait le tour au marché de Thiaroye Gare, on est scandalisé par l’envahissement des rails par les commerçants et leurs clients. Pourquoi l’Etat ne fait rien et ne dit rien. Sans avoir le don de Selbé Dom, je prévois une catastrophe de la dimension du drame de Demba Diop prochainement sur ce site. A Thiaroye Gare et dans beaucoup de localités, le chemin de fer est hors normes. Les populations et les animaux sont à la merci des trains. L’Etat n’interviendra que lorsqu’il y aura mort d’hommes. Personne ne sera alors responsable, donc il n’y aura pas encore de coupable. Le chemin de fer est comme l’autoroute. Il est dangereux pour les populations et les animaux. Il doit être sécurisé selon les normes en vigueur. Comme on l’a fait avec l’autoroute, il faut exproprier les riverains des rails pour que nul ne puisse les traverser n’importe où et encore moins y faire du commerce.
En observant les sénégalais dans leur vie de tous les jours, on constate facilement que beaucoup de nos concitoyens ne respectent pas les normes qui nous ont toujours permis de vivre ensemble et de vivre bien. Beaucoup de sénégalais sont devenus indisciplinés, insolents, violents, irrespectueux, corrompus, agressifs. Le drame de Demba Diop est aussi lié à l’agressivité des jeunes supporters. Beaucoup d’adultes notamment certains politiciens sont des contres modèles. En cette période de campagne électorale, on voit combien certains responsables politiques sont pourris. Il y a des choses qu’on ne doit pas demander à un Homme qu’on respecte sous aucun prétexte et il y a des revirements indignes d’un Homme d’honneur, digne et de foi.
L’immaturité de certains hommes politiques est perceptible à travers cette campagne électorale qui est indigne de notre démocratie. On ne propose pas au sénégalais des projets de société mais des banalités sans intérêts. Les populations qui en ont marre du sous-développement voudraient savoir où vont les mener ceux qui prétendre les diriger après le 30 juillet 2017. Inutile de leur dire ce qui est fait, ils le vivent intensément donc ils le savent, inutile de leur critiquer le pouvoir, ils peuvent le faire en connaissance de cause. Candidats à la majorité parlementaire, dites aux populations ce que vous ferez pour les soulager après votre victoire et comment vous le ferez. Au lieu de décliner leur projet de société, beaucoup nos candidats députés font de la médiocre comédie tous les soirs sur la RTS. En plus, ils ont tendance à devenir violents et agressifs. Beaucoup d’observateurs avertis craignent le pire. Nous vivons en ce mois de juillet 2017, un vrai recul démocratique par rapport aux campagnes législatives antérieures. Tout semble montrer que la pléthore de listes crétinise nos candidats.
Respectons les normes sociales qui ne sont pas toujours écrites mais qui constituent le liant qui nous permet de bien vivre dans notre société. Quant à l’Etat, il devra, pour nous éviter les catastrophes macabres cycliques, mener une politique sans complaisance de respect des normes dans tous les domaines : transports, sécurité, éducation, environnement, aménagement du territoire, santé et hygiène, sécurité sanitaire des aliments etc. Ces normes sont souvent écrites mais l’Etat semble les ignorer. Lorsqu’un responsable qui qu’il soit ne respecte pas ou ne sait pas faire respecter les normes, il doit démissionner ou être limogé. La culture de la démission et de la sanction est indispensable dans une vraie démocratie. On a eu 2 alternances démocratiques indiscutables mais visiblement notre démocratie a des faiblesses graves qu’il convient de corriger au plus et sans délai.
Pr Demba Sow/ferloo.com

20/06/2017

POLITIQUE ET RELIGION

Quand le pouvoir religieux freine l’autorité de l’Etat

Palais.jpg

C’est un truisme de dire qu’au Sénégal, l’autorité de l’Etat ne s’exerce pas partout de la même manière. La ville de Touba par exemple jouit d’un statut particulier qui lui confère certains privilèges, comme le fait de ne pas respecter la parité en matière électorale.
La présence de la gendarmerie et des forces de police a été une « concession » des autorités religieuses, permettant ainsi de faire exercer, d’une certaine manière, l’autorité de l’Etat.
Toutefois, les derniers événements dans la ville sainte en disent long sur le traitement fait aux forces de sécurité et de Police souvent obligées de se référer au Khalife général pour exercer leurs prérogatives. Car, il y a, comme qui dirait, une forme de résistance passive et parfois active de la part de populations qui ne reconnaissent que l’autorité du Khalife.
C’est ainsi que si un des éléments affectés sur place se comporte d’une manière jugée répréhensible par les populations, le Khalife est interpellé pour qu’il mette fin à ses exactions ou qu’il soit tout simple affecté ailleurs.
Un ancien gendarme aujourd’hui à la retraite et qui a été dans le groupe des premiers ayant servi à Touba, nous raconte qu’il a une fois été convoqué par le Khalife général des Mouride en personne, Serigne Saliou Mbacké, à l’époque, parce qu’on lui a raconté qu’il frappait les enfants. Il n’a dû son « salut » qu’aux explications claires qu’il a apportées au marabout très attentif à son raisonnement et qui l’a convaincu.
Cette situation rappelle cette sortie du Grand Serigne de Dakar, Abdoulaye Makhtar Diop, qui rappelait que la loi sur l’interdiction de fumer en public n’est pas applicable au Sénégal parce que chez les Khadres par exemple, « tout le monde fume, y compris le Khalife général ».
Le Chef de la communauté Lébou, pourtant grand homme d’Etat, rappelle que personne n’ose condamner le Khalife général parce qu’il fume en public.
Comme quoi, la loi sur le tabac ne s’aurait s’appliquer à cette confrérie parce qu’ils ont l’habitude de fumer en public.
Et cette faiblesse de l’autorité de l’Etat face au pouvoir religieux ne s’arrête pas là.
D’Abdou Diouf à Macky Sall, tous les Chefs d’Etat se sont attaqués à la mendicité des enfants de la rue au Sénégal. Ils sont tous reculé face à la pression de groupes religieux qui ont mené des campagnes contraires de protection de l’Islam et de son héritage au premier rang desquels les daaras, ces écoles coraniques dont le mode d’enseignement est contraire à ce quoi se fait dans les écoles modernes.
Bien sûr, le pouvoir politique craint le vote-sanction de la part de communautés qui n’hésiteront pas à exécuter la « fatwa » de leurs chefs.
La réalité, au Sénégal, c’est que les citoyens sont beaucoup plus obéissant au pouvoir religieux qu’au pouvoir politique. La preuve, chaque homme politique a son marabout qu’il écoute surtout au moment des choix importants.
L’ancien ministre Samuel Sarr disait par exemple que c’est son marabout qui lui a désormais interdit de s’attaquer à Macky Sall. Depuis lors, il s’est rapproché de lui. Et il est loin d’être le seul.
Mieux, si un problème surgit, l’autorité centrale de l’Etat et les autorités décentralisées se réfèrent d’abord aux marabouts.
Les Khalifes généraux sont les premières sollicités, mais, à côté d’eux, leurs frères, sœurs, enfants et autres parents bénéficient aussi de cette sollicitude source d’immunité de toutes sortes qui leur confèrent beaucoup d’avantages comme les passeports diplomatiques, des statuts d’Ambassadeurs itinérants, des marchés de l’Etat, etc.
C’est ce qui explique l’influence toujours plus grandissante du pouvoir religieux. Ce sont les Sénégalais eux-mêmes qui le veulent ainsi. Nous avons ainsi un système dit « laïque » mais qui est à forte connotation religieuse, avec cependant le seul garde-fou que la plupart des marabouts ont en tête la préoccupation de respecter au maximum les lois de l’Etat.
Car, l’Etat a su, à des moments difficiles, exercer tout de même son autorité même cela pourrait être perçu comme de l’autoritarisme, parfois. C’est le cas lors de l’arrestation de guides religieux comme Serigne Cheikh Tidiane Sy au temps de Senghor et de son fils Serigne Moustapha beaucoup plus tard par le régime de Diouf, celle de Cheikh Béthio Thioune pour l’affaire du double assassinat de Médinatoul Salam, celle de Assane Mbacké suite à l’incendie de la maison du député Moustapha Lô, celle dramatique de Khadim Bousso, etc. Et la liste est loin d’être exhaustive.
L’Etat a su aussi interdire la militarisation des milices privées de certains groupes religieux, notamment de Serigne Modou Kara.
C’est la particularité de notre système politique. Très inféodé au pouvoir religieux, il sait lui être docile, mais aussi hostile quand la situation l’exige.
C’est ce subtile dosage qu’il faudrait toujours réussir dans les relations ô combien sensibles entre pouvoir religieux et pouvoir politique au Sénégal.
L’un a besoin de l’autre dans l’exercice de son sacerdoce.
Il faudra toujours respecter le pouvoir religieux, mais travailler à l’amener à appliquer la loi dans toute sa rigueur.
Awa Diallo-Rédaction mediasenegal.sn

05/03/2017

Corruption...

Ousmane Sonko : «Le Sénégal est pauvre à cause de ses dirigeants corrompus »

11305633-18826091.jpg

Malgré sa place qui se situe dans les 25 pays les plus pauvres de la planète, le Sénégal est un pays extrêmement riche. C’est l’avis de Ousmane Sonko qui s’exprimait lors de l’étape de Pire de sa tournée dans le département de Tivaouane. Selon lui, cette situation est due au caractère corrompu de la classe dirigeante qui ne pense qu’à s’enrichir.
«Le Sénégal est un pays extrêmement riche, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, et qui, curieusement, figure encore parmi les 25 pays les plus pauvres de la planète », a déclaré Ousmane Sonko, le leader de Pastef.
Poursuivant, l’ancien inspecteur principal des impôts et domaines impute cette situation à «cette élite généralement corrompue, qui ne conçoit le pouvoir politique et le pouvoir d’Etat que comme un moyen d’enrichissement personnelle». Et d’ajouter : «des gens sont passés de simples locataires à milliardaires en un temps record, sans avoir eu d’usines, ou d’autres business que d’avoir été ministre, ministre d’Etat. Ce qui est inadmissible».
Dans un autre registre, M. Sonko fustige l’utilisation de l’appareil d’Etat «comme un appareil pour se maintenir au pouvoir et pour casser des adversaire. Un appareil qu’on instrumentalise, qu’on détourne de sa vocation première qui devait être de servir les populations ».
Et dans cette optique, aucun service de l’Etat, «que ce soit les services de renseignement, que ce soit la justice l’administration, tout maintenant est au service de la traque des opposants», dénonce-t-il.
Pressafrik

24/02/2017

NOUVEAU ROMAN DE FATOU DIOME

Fatou Diome publie un ouvrage sur l’identité nationale

7f4adde9e61111495443391e025904b4_XL.jpg

La romancière sénégalaise Fatou Diome va publier son nouvel ouvrage le 15 mars prochain. « Marianne porte plainte ! » est le titre de ce roman qui parle de l’identité nationale à l’approche de la campagne présidentielle en France.
Encore un nouvel ouvrage de Fatou Diome ! La romancière d’origine sénégalaise va publier, le 15 mars prochain, un nouveau roman. « Marianne porte plainte ! » sera le titre du prochain ouvrage de la romancière native des îles du Saloum. Très engagée sur le thème de l’émigration avec plusieurs de ses publications qui portent sur cette problématique, Fatou Diome revient cette fois-ci sur un autre sujet qui l’intéresse aussi : la question de l’identité nationale en France avec, en perspective, la prochaine campagne présidentielle.
« Alors que le débat sur l’identité nationale risque d’occuper une place centrale dans la campagne présidentielle, Fatou Diome dénonce les excès de ses défenseurs, qui ruinent la cohésion sociale, fondement de notre République », explique la notice de l’ouvrage. « À trop encenser les racines locales, les uns oublient que les migrations sont au cœur de la marche de l’Histoire. À trop instrumentaliser la laïcité, les autres réveillent de vieux accents inquisiteurs », poursuit l’auteure qui, dans ce livre, parle des deux sujets qui ont été le fil conducteur de sa production littéraire : les migrations et l’identité nationale.D’origine sénégalaise, Fatou Diome est installée en France depuis une vingtaine d’années sans couper le lien qui le lie à son pays, à son terroir natal, les îles du Saloum, et sa culture de Sérère Niomimka. Dans beaucoup de ses livres, elle ne manque pas de faire référence à des référents culturels qui l’ont marquée durant son enfance et adolescence en pays sérère Niomimka. « Quand le "Eux et nous" oriente le discours, c’est la victoire des amalgames et dans son sillage du rejet et de la haine de l’autre qui se dessine. Au lieu de dresser les uns contre les autres, les pompiers qui se font aujourd’hui pyromanes devraient définir les modalités d’un destin collectif », poursuit-elle dans la présentation de l’ouvrage qui vient après sa dernière production « Impossible de grandir » où elle parle de la vie d’une fille, Salie, née hors mariage et qui sera marquée par le regard accusateur de l’entourage familial. Son histoire personnelle qu’elle n’a pas hésité à coucher sur un roman avec un grand courage.
« Dans une magnifique ode à la France, mère patrie adoptive prenant aujourd’hui des allures de marâtre, Fatou Diome s’interroge sur ce que pourrait être une identité nationale, ciment de la République, appuyée sur un pilier crucial, l’éducation, seule capable de libérer des tiroirs identitaires et d’affirmer l’appartenance commune au genre humain », lit-on dans la présentation de l’ouvrage.
Fatou Diome est née au Sénégal et est arrivée en France depuis 1994 et vit depuis à Strasbourg. Elle est l’auteure d’un recueil de nouvelles « La Préférence nationale » (2001) ainsi que de cinq romans, « Le Ventre de l’Atlantique » (2003), « Kétala » (2006), « Inassouvies nos vies » (2008), « Celles qui attendent » (2010) et « Impossible de grandir » (2013). Dernièrement, elle avait fait une sortie remarquée dans l’émission « Ce soir ou jamais » sur France 2 sur la question de l’accueil des migrants en Europe.
Oumar NDIAYE/lesoleil

08/02/2017

LA DETTE DU SENEGAL

Record absolu : La dette du Sénégal dépasse les 5 000 milliards de francs

amadou-ba.jpg

La dette du Sénégal s’est très rapidement reconstituée en dix ans après les annulations des initiatives Pays pauvre très endetté (Ppte) et d’allégement de la dette multilatérale (Iadm) de 2006.
Alors que Wade avait laissé un encours de 3076 milliards de francs Cfa, son successeur en est déjà à 5 100 milliards.
Niveau alarmant de l’endettement public. L’encours de la dette publique du Sénégal a, selon le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, atteint 5 100 milliards de francs. Ce qui correspond à un peu plus de 60 % de son Produit intérieur brut (Pib) là où l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) plafonne l’endettement des pays membres à 70 % de leur Pib.
Si pour le gouvernement, ce niveau d’endettement est révélateur de la confiance des partenaires financiers du Sénégal, des économistes, préoccupés par la viabilité de la dette et la soutenabilité des finances publiques, le trouve alarmant.
Après les annulations de la dette du pays issues des initiatives Pays pauvre très endetté (Ppte) et l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale (Iadm) de 2006 qui a vu le taux d’endettement passé de 78 % à 20,9 %, on note une tendance haussière. Ainsi, ces annulations ont ouvert d’autres possibilités d’emprunt pour le Sénégal, notamment à l’extérieur. Ce qui fait peur à certains à cause des variables financières très importantes dans la dette que sont le taux d’intérêt et le taux de change. En effet, le poids de la dette extérieure dans le stock de la dette publique fait de la variable taux de change un élément dont l’évolution influe fortement sur les indicateurs de l’endettement public. La fluctuation du dollar, monnaie à laquelle le pays s’endette souvent, peut rendre les remboursements plus onéreux, comme le montre le service de la dette qui dépasse les 50 milliards de francs Cfa par mois. Une manne qui, avec la masse salariale de l’Etat, risque de grever le budget de l’Etat. De même, pour la dette intérieure le coût du crédit affecte de manière directe le niveau des remboursements.
Profitant de la détente des taux sur le marché financier international, en 2013, l’Etat avait émis une obligation de 500 millions de dollars pour combler le gap de financement et réduire le recours aux financements à court terme sur le marché domestique. Cependant, le retournement de cette tendance baissière a remis en cause cette option.
Malgré tout, le rythme d’endettement du pays n’est pas alarmant pour l’argentier de l’Etat. «Pour l’heure, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. La dette du Sénégal s’élève à 5 100 milliards de francs. La dette n’est pas mauvaise. Il n’y a aucun économiste qui dit qu’il ne faut pas s’endetter. Celle qui est mauvaise est la dette utilisée pour faire du fonctionnement. Si on s’endette avec un taux d’intérêt qui baisse pour faire des investissements, c’est une excellente chose. Mais on doit être vigilant. Nous avons un ratio d’endettement de 60 % du Pib contre une limite de 70 %», relève Amadou Bâ. Qui soutient que, pour l’essentiel, le Sénégal a une dette multilatérale très longue, avec une concessionnalité qui varie entre 15 et 50 % et une maturité qui varie entre 20 et 25 %. «L’encours de la dette est tout à fait soutenable. Il représente à peu près 30 % de nos recettes alors qu’en 2011 le service de la dette représentait 34 % de nos recettes», a-t-il ajouté.
Le rythme de reconstitution de la dette publique n’est pas sans rappeler des critiques de télégrammes formulées par Jean-Christophe Rufin, ambassadeur de France à Dakar. Lequel déconseillait à son pays de consentir un nouveau prêt au Sénégal. Signer un pareil chèque sans demander au Sénégal de réformer profondément son système politique, reviendrait, selon lui, à fournir à un toxicomane la dose qu’il demande, mais qui le conduit un peu plus sûrement vers sa fin.
Seyni DIOP/Walf Quotidien

16/01/2017

J'ACCUSE!

J'accuse le Peuple de la Teranga. Par Jean-Philippe DUPUIS

10974343-18175298.jpg

« C’est la faute á l’Etat ! C’est la faute aux parents ! » Entend-on de la plupart des citoyens indignés du système d’exploitation des talibés de la rue. Personne ne semble avoir vu un troisième responsable, bien plus coupable: la population sénégalaise.
Si la population sénégalaise refusait aujourd’hui de donner un franc cfa aux enfants talibés de la rue, dans un mois, le problème serait réglé : les marabouts de talibés de la rue renverraient chez eux ces enfants qui ne leur rapportent plus rien.
Peuple sénégalais, pour un azzakat rapide et pas cher, tu es l’unique financeur du système d’exploitation des talibés de la rue.
Pire encore, tu en es l’unique financeur non point uniquement pour l’aumône mais pour disposer d’une main d’œuvre á bas prix. Et, chaque jour, les poubelles crasseuses, que personne n’oserait porter, quitteront les concessions et maisons, chaque jour, les dames et hommes les plus dignes chargeront courses et bagages parfois bien lourds sur la tète de petits porteurs dociles et muets, chaque jour, le petit ménage du matin sera effectué pour un prix qu’aucune ménagère n’accepterait.
Les jeunes sortis du daara continueront á constituer une main d’œuvre bon marché, servile et malléable pour les entreprises comme chez les particuliers.
Les marabouts de talibés de la rue exploitent les enfants ! La population sénégalaise exploite ces mêmes enfants pour sa convenance personnelle.
Des citoyens très honorables prêtent un terrain ou chantier sans eau ni toilettes pour parquer ces enfants. Des voisins non moins honorables, ne s’en offusquent pas. Pas une plainte ou meme signalement auprès des services (AEMO, Action Sociale, police, gendarmerie) que l’Etat met á votre disposition. Une indifférence générale dans une offuscation silencieuse aujourd’hui comme hier comme demain.
La population sénégalaise préfère décharger sa responsabilité sur les autres : «C’est la faute aux parents ! » « C’est á l’Etat de régler ca ! »
« C’est la faute aux parents qui ne doivent pas donner leur enfant ! » Exact ! Mais qui est le plus fautif ? Des paysans pauvres et ignorants du fond de la campagne, abusés par un marabout (souvent un cousin) proposant enseignement et formation pour leur enfant á la ville. Ou la population urbaine sénégalaise qui, elle, bien consciente de l’exploitation et maltraitance, perpétue ce système en donnant l’argent ?
«C’est la faute á l’Etat qui ne fait pas respecter la loi ! » Exact. Mais qui est le plus fautif entre un Etat qui ne parvient pas á régler un problème qu’il n’a pas généré et une population qui entretient, chaque jour ce problème. L’Etat doit gérer des dossiers beaucoup plus importants et pressants pour la marche du pays et de la nation (sociaux, économiques, internationaux ...etc.) les gouvernements successifs se sont essayés, maladroitement, á régler ce problème. Tous ont, finalement, du renoncer devant les pressions de certains milieux, le chantage religieux ... et une population qui ne réagit pas, au contraire, se satisfait de ce système.
Peuple sénégalais, un homme est « entré par effraction dans la profession de marabout » (dixit de vénérables imams) pour tirer un revenu d’enfants qu’il savait ne pouvoir prendre en charge. Tu n’es pas responsable de ses actes mais tu finances son projet.
Répétons-le : si la population sénégalaise refusait aujourd’hui de donner un franc cfa aux enfants talibés de la rue, dans un mois, le problème serait réglé : les marabouts de talibés de la rue renverraient chez eux ces enfants qui ne leur rapportent plus rien.
Mais même avec la prise de conscience d’avoir la solution entre ses mains, personne ne changera ses habitudes et continuera á utiliser ces enfants pour un azzakat facile et des services á vil prix. Et ceci en se donnant les meilleures excuses du monde : « si je leur donne pas, ils seront frappés par leur marabout !/ de toutes façons les autres continueront de donner ! »
Le déni de réalité est si facile. Et chaque donneur de piécettes retournera se coucher sans le moindre remord á la lecture de ces lignes. Mais la Vérité est la Vérité : le peuple de la Téranga entretient l’exploitation d’enfants sur son sol.
Jean-Philippe DUPUIS/Darinfo

21/11/2016

CRIME CONTRE LE PATRIMOINE NATIONAL

Allez voir ce qu’ils ont fait du patrimoine de la gare de Dakar par Amadou Lamine Sall

senegal

Le cœur vous tombe dans le ventre, lorsque vous surgissez devant la gare de Dakar et que vous ne voyez plus de gare.
Un horrible mur de clôture et un chantier hideux de ce qui ressemble à des boutiques ou des kiosques vous bouchent la vue sur ce magnifique patrimoine colonial qui fait la beauté de notre capitale.
Nous sommes choqués par ceux qui ont pris sur eux de commettre un tel crime. Oui, il s’agit bien d’un crime quand un pareil patrimoine est soumis à ce sort, tout près de deux infrastructures que l’on considère, à tort ou à raison, comme des bijoux: le Grand Théâtre et le Musée des Civilisations noires.
Nous savions que le Président Abdoulaye Wade avait décidé souverainement de faire de la garde de gare le Musée d’art contemporain du Sénégal. L’idée était alléchante. Les autorités ferroviaires, semble t-il, s’y étaient opposées, mais en vain. La décision du prince était prise et irrévocable au nom du bien d’État. Il quitta le pouvoir sans avoir réalisé son projet, mais il avait pesé de son poids et de son autorité.
Nous ne savons pas ce qui s’est passé après son départ.
Nous ne connaissons pas les tenants et les aboutissants de ce dossier de la gare de Dakar et à qui appartient la gare de Dakar, en réalité. Par contre, nous savons que la volonté de l’État peut prévaloir pour conserver tel quel ce patrimoine magnifique.
Nous faisons appel à qui de droit, à celui à qui on pense sans hésiter dans de tels cas d’urgence : Monsieur le président de la République. Comme il l’a fait en confiant le dossier de la corniche à son intransigeant Premier ministre, il doit, avec respect, sans tarder, demander à ce dernier de faire arrêter les travaux, de détruire le hideux mur qui masque la gare et tout le reste.
Ce chantier de la gare de Dakar doit s’arrêter dans les heures et les jours qui suivent. Une enquête doit être diligentée. Un dialogue doit être engagé avec ceux qui, légalement sans doute, se sont permis de commettre un tel gâchis, un tel crime. Aucun Sénégalais patriote ne peut accepter ce qui se fait à la gare de Dakar. Elle a disparue. On ne la voit plus. Nous avons frôlé la crise cardiaque devant le spectacle, en pleine nuit, avec des travaux qui s’accélèrent. Allez donc voir le drame et le constater par vous même.
Nous avons déjà perdu dans ce pays un patrimoine considérable, du fait de puissances d’argent qui ont acheté jusqu’à des bâtiments dans des zones classées. Nous avons perdu le quartier du marché de Kermel en laissant y ériger le plus misérable et le plus insoutenable des hôtels. Ce quartier ne méritait pas un tel monstre qui a fait disparaître la beauté du marché Kermel. D’ailleurs, on ne le voit même plus le marché Kermel. Il est mort.
Le Sénégal, terre de culture et d’art, ne mérite pas un tel désastre. Nous en appelons à tous les Sénégalais d’ici et de la diaspora, le Président Macky Sall le premier, pour combattre et dénoncer avec nous ce que l’on est entrain de faire du patrimoine de la gare de Dakar. Nous en appelons à tous les médias d’ici et d’ailleurs pour soutenir notre combat. Nous en appelons à tous les amis et à tous les amoureux du Sénégal. Il faut sauver la beauté. Une œuvre d’art vaut tous les combats.
On ne peut pas imaginer le Palais présidentiel être subitement entouré un matin d’un mur qui nous empêche de voir son bâtiment, ses jardins.
Que l’on nous pardonne notre colère. Mais on ne peut pas laisser faire de tel drame dans notre pays. Cela relève de notre foi et du respect et de l’amour que nous avons pour notre pays.
Amadou Lamine Sall/www.dakar-echo.com/Jean Louis Verdier

12/10/2016

CONDUIRE AU SENEGAL...

Tout savoir sur la conduite au Sénégal

TrafficJamDakar.jpg

Comme dans tous les pays du monde, il existe tout un système en place pour obtenir son permis de conduire et circuler légalement avec le mode de transport de son choix. Le Sénégal n’est pas vraiment une exception sauf pour les modes de transports qui y existent et qui partagent les mêmes voies. Taxis, clandos, piétons, charrettes, car rapides, pousse-pousse, particuliers, bus, camions, motos et bicyclettes se partagent tous la rue pour plusieurs raisons qui souvent font de la circulation à Dakar un vrai cauchemar.
A prendre en compte lorsqu’on conduit à Dakar :
- Les taxis s’arrêtent n’importe où pour prendre des clients, y compris en pleine circulation. D’ailleurs si vous n’êtes pas sénégalais, renseignez vous sur le coût du trajet avant, sinon vous serez surfacturés.
- Les clandos (voitures « clandestines ») sont des véhicules qui datent du siècle passé et qui font encore plus de stops que les bus, donc si vous conduisez derrière eux, surtout mettez votre clignotant et dépassez les vite sinon vous arriverez en retard où que vous alliez.
- Les piétons ne traversent pas forcément au niveau du passage clouté et marche sur la route parce que les trottoirs sont souvent occupés par les vendeurs, les voitures garées dessus ou trop de sable. Au Sénégal, les piétons n’évitent pas les voitures, ce sont ces dernières qui font attention aux piétons.
- Les charrettes sont en croissance exponentielles ces dernières années donc attendez vous à les voir sur la corniche ou à vous retrouver nez à naseaux (littéralement) avec un cheval.
- Les car rapides qu’on appelle souvent « tombeaux ambulants » ont pour la plupart des problèmes de freinage. Lorsque vous les voyez arriver à grande allure, laissez les passer, vous avez plus à perdre. D’ailleurs, ils le savent, donc ils n’hésiteront pas à vous voler votre priorité.
- Les pousse-pousse sont des planches sur roues qui ressemblent un peu à de grandes brouettes. Ils sont moins agressifs mais les routes étant étroites, ils peuvent vous retarder.
- Les dos d’âne : Notez qu’il y a également beaucoup de dos d’âne qui servent à ralentir la vitesse mais qui peuvent être parfois trop dodus donc si vous conduisez une deux-portes généralement basse, vous risquez de l’égratigner.
- Le petit camp : c’est le football de quartier, les enfants ou adolescents bloquent souvent certaines rues pour jouer au foot, donc faites attention à conduire trop vite dans les quartiers populaires.
- Les routes ne sont pas toutes en bon état. Quand il pleut, elles se dégradent encore plus vite, donc conduisez à pleins phares surtout la nuit car les routes mal éclairées peuvent être très dangereuses.
- Les animaux divers : attention à ne jamais rouler trop vite, au risque de renverser les nombreux chats, chiens, poules (oui oui, parfois), mais aussi les moutons et vaches que l'on ne compte plus, et qui ont tendance à stationner nonchalamment au milieu de la route.
N’oubliez pas, gardez votre sang froid en prenant plusieurs respirations profondes lorsque vous conduisez à Dakar et tout ira bien !
World of NK/Lepetitjournaldedakar

TERRORISME ET RADICALISATION AU SENEGAL: ENQUÊTE

Enquête sur la montée de l'islamisme qui fait peur, des femmes prêtent à s'engager avec un groupe terroriste, 54% des sondés pour la charria ...L’institut Timbuktu, dirigé par Dr Bacary Sambe, a réalisé une enquête sur « Les facteurs de radicalisation et de perception du terrorisme ».

senegal
400 jeunes âgés entre 18 et 35 ans, interrogés dans des banlieues de Dakar comme les Parcelles Assainies, Pikine et Guédiawaye ont été interpellés par les enquêteurs.
Ils leur ont présenté un questionnaire comprenant une quarantaine de points, notamment « des questions sensibles portant sur les confréries, sur la vision de l’islam, sur l’activité rémunératrice des personnes enquêtées, sur la personne qui, dans la perception des jeunes, connaîtrait mieux le Coran et sur la représentation effective ou supposée de l’islam par les confréries ».
Divers réponses ont permis tout d’abord d’établir un profil type des sondés. Ces jeunes de la banlieue dakaroise sont majoritairement célibataires et plus d’un tiers ne travaillent pas bien que plus de 90% d’entre eux ont été scolarisés.
Une jeunesse qui considère majoritairement l’Etat comme « défaillant » dans sa lutte contre le terrorisme. Un profil révélateur lorsqu’il est mis en perspective avec les réponses apportées : près de la moitié des jeunes interrogés ont justement estimé « que ce sont la pauvreté et le chômage qui font le lit du terrorisme ».
L’enquête révéle aussi qu’aux moins de 10% des jeunes interrogés ont expliqué aux enquêteurs de Timbuktu Institute Rechercher Timbuktu Institute être prêts à « rejoindre un groupe radical ». Dans cette catégorie, « la première raison invoquée est la défense de l’Islam (48%) ».
Les jeunes se sont dits « satisfaits ou n’ont montré aucune réaction aux actions terroristes les plus médiatisées telles que les attentats de Paris »
et ont marqué leur opposition à « la présence militaire étrangère, américaine et surtout française qui, selon eux, exposerait le pays à plus de risques ».
45% des personnes interrogées estiment que le chômage et la pauvreté poussent les jeunes vers les organisations terroristes.
Mais là où les résultats de cette enquête font froid dans le dos, c’est lors qu’ils révèlent que 54% de l’échantillon sont pour un référendum pour l’adoption de la charia au Sénégal. Ainsi que l’existence de femmes décidées à rejoindre les rang d’un groupe térroriste.
En guise de recommandations, l’équipe du Timbuktu Institute Rechercher Timbuktu Institute estime tout d’abord qu’il est urgent de lutter contre le chômage des jeunes et de proposer un modèle de société plus égalitaire.
L’institut a également proposé de trouver une solution au problème de « la dualité du système éducatif sénégalais mais aussi de mettre en place une plateforme collaborative et inclusive de veille et d’alerte précoce sur les facteurs de radicalisation.
Sidy Djimby Ndao, Dakar/Kaoci

16/09/2016

MECHANT SENEGAL...

"Une étude sociologique démontre que le Sénégal est un peuple méchant"

b0b69429d0a969187ee23a2496a45578.jpg
J’habite dans un espace géographique appelé le Sénégal. Mais je ne suis pas un Sénégalais. Je suis un citoyen de la planète Terre. Et c’est sous ce rapport que je me permets aujourd'hui de prendre la parole pour m'exprimer et m'indigner par rapport à ce qui se passe dans un ou plusieurs endroits précis de cette Terre, surtout au Sénégal où, comme je l'ai dit tout à l'heure, je vis! Car ce peuple semble malade et il lui faut des médecins sincères qui ne le caressent pas au sens des poils mais qui l’étudient objectivement afin de soigner ses maux. Cette contextualisation faite, permettez-moi maintenant d'aborder la question qui couve cette réflexion.
Ce témoignage dont je m’attelle à faire consiste en une autoflagellation, pour parler comme Marième Kane. Car il est question ici, de regarder, d'observer, de scruter, de s'intéresser, d'étudier, d'analyser, de retourner mille et une fois, de diagnostiquer et d'expérimenter le peuple Sénégalais dans lequel je fais partie, pour pouvoir recenser, classifier et catégoriser les multiples choses qui font que ce peuple n'est jusque-là pas encore sur la voie du développement durable.
Chaque discipline a cherché à expliquer les causes du sous-développement des pays de l'Afrique tropical selon ses gourous et ses limites disciplinaires. Des raisons liées à la nonchalance, à l'oisiveté ou encore au manque d'ambition et de volonté entre autres ont été proposées à cet effet. Mais cette fois, il semble que ce sont de braves socio-anthropologues qui se sont joints à ce programme d'explication du sous-développement de ces pays sous un angle purement socio-anthropologique, différent.
Au King Fadh PALACE , à la réunion qui s'inscrivait dans le programme appelé les mercredis du MEDS (Mouvements des Entreprises du Sénégal) à laquelle j’étais convié avec mon ami Khalifa sall pour démarcher un partenariat entre le MEDS et HANDI FESTIVAL INTERNATIONAL et dont l'objectif principal était de se prononcer sur l'état de la préparation de la 10ième Edition de la Cérémonie Internationale de Remise des Cauris d'Or, M. MBOUP, Le secrétaire général de cette dite organisation, qui intervenait sur les différents aspects qui bloquent l'émergence du Sénégal, a mentionné le fait qu'il existait une étude qui avait été consacrée à ce sujet et qui dénote que "l'un des facteurs fondamentaux qui causent ce blocage consiste en la méchanceté de ce peuple."
Cette étude, selon M MBOUP, a relevé deux aspects extrêmement importants liés à la mentalité de ce peuple et qui ne sont rien moins que les causes qui rendent ce dernier minable. D’une part, on a ce que les auteurs de cette étude appellent « l’esprit tropical ou sahélien » qui n’est rien d’autre que la logique de raisonnement enraciné et chapeauté de méchanceté qui détermine la manière de vivre des peuples tropicaux du sud, et d’autre part il y a ce qu’ils nomment « l’esprit bantu » en le qualifiant comme cette sorte de pureté philosophique dans l’approche et la mécanisation de la « sociabilisation ».
Le Sénégal étant à ranger dans la catégorie des pays ayant l’esprit sahélien.
Comme explication de ces terminologies ou concepts employés, nous pouvons nous appuyer sur ces cas concrets lesquels aucun membre de ces communautés n'ose, pour peu qu'il/qu'elle soit objectif (ve), nier.
Au Sénégal et les pays tropicaux du Sud, c'est l'esprit sahélien qui gouverne les gens et leurs interrelations. Le groupe se veut de fonctionner d'une manière qui ne voudrait, n'accepterait et ne tolérerait presque jamais qu'un membre puisse accéder à ou prendre l'ascenseur social et jouir d'une promotion personnelle. A chaque fois qu'un membre du groupe réussit à être soufflé d'un vent de chance qui lui propulse au sommet de la pyramide sociale, tout le groupe se ligue à son tour pour le tirer afin qu'il rejoigne son statut d'avant, c'est à dire qu'il redevienne comme tout le monde dans le groupe.
Aucunement, le groupe n'acceptera de le soutenir, de l'encourager à aller de l'avant afin qu'il puisse se réaliser davantage. L'exemple le plus patent pour confirmer ce cas consiste à ce fait que personne d'entre nous ignore pour ne pas dire a été soit témoin/victime: A l'école, souvent les plus intelligents et travailleurs sont les plus marginalisés. Dès fois même, ils subissent des coups montés par leurs camarades qui n'ont pu supporter pendant longtemps cette haine instinctive (car liée à leur esprit sahélien selon l'étude) qu'ils gardaient en eux depuis qu'ils avaient constaté que ces gens-là étaient doués et pouvaient ainsi aller trop loin. Nombreux sont ceux, parmi ce qui lisent cet article qui ont soit orchestré soit été victimes de ces opérations de ridiculisation, d'expression de jalousie et de méchanceté.
Dans les pays où c’est l’esprit bantou qui gouverne, nous voyons que ce sont des peuples solidaires qui fonctionnent à l’image d’une équipe de football ou disons d’un système où chacun joue son rôle et veille sur les erreurs de ses partenaires. En football par exemple, quand un défenseur en général laisse son couloir et remonte pour aller renforcer son attaque, il a tellement couru qu’il est essoufflé, c’est un attaquant ou un milieu de terrain qui comprend immédiatement qu’un couloir est libéré et il n’attend pas que quelqu’un s’infiltre dans le couloir et arrive à marquer dans leur camps, il se replie aussitôt pour assurer le rôle de récupérateur. Autrement dit, ceux qui sont animé par l’esprit bantou comprennent et pratiquent le soutien mutuel, la solidarité et la complicité. Une réussite personnelle est perçue par le groupe comme étant une fierté pour tout le monde. Ce qui n’est pas le cas avec le peuple sénégalais : d’où la résultante de leur méchanceté pointue.
Marc Zuckerberg n’est pas devenu milliardaire au hasard. Il a été soutenu par ses parents, ses amis et collègues à l’Université ainsi que quelques institutions publiques américaines et l’Etat Américain qui se sont intéressés à son projet ; qui n’était à ses débuts destiné qu’à être utilisé localement et en privé, pour lui aider en à faire un phénomène mondial qui aujourd’hui transcende toutes les frontières. Aujourd’hui, c’est Facebook ainsi que les milliers d’autres initiatives, appuyées par la société civile américaine, les institutions publiques et l’Etat, qui font marcher le pays sur le plan économique et ainsi contribue à améliorer les conditions de vie de tout le monde. Voilà le résultat de la solidarité, de l’entre-aide, de la sincérité et de l’amour.
Mais mon Sénégal pourrit d’hypocrites, de gens malintentionnés qui te sourient à longueur de journée alors que leur seul objectif consiste à te voir malheureux tous les jours quitte à le provoquer eux-mêmes si la nature t’en épargne. C’est seulement ou plus fréquemment au Sénégal que tu verras des gens qui en veulent à leur propres frères et sœurs juste parce qu’ils sont socialement mieux aboutis. Certains iront même jusqu’à mettre en mal plein de monde avec les autres juste parce qu’ayant peur des capacités de ces derniers. Ces exemples ne finissent pas !
L’étude rattache tous les échecs des peuples sahéliens à leur méchanceté et à leur désir de vouloir se promouvoir personnellement en empêchant par tous les moyens nécessaires les autres de connaitre pareille sort. L’on dénombre des milliers de projets et d’Entreprises dans ces pays à l’esprit tropical qui, normalement, si toutes les conditions indispensables à leur développement et maintien étaient réunies (amour, sérieux, travail, entre-aide, solidarité, franchise, sincérité), devait considérablement changer en bien la face de ces espaces géographiques au niveau desquels ils se déploient.
Ainsi, n'ayant pas de qualificatifs exacts pour cette activité qui garnit le quotidien des sénégalais, l’étude a tout simplement préféré le nommer méchanceté et en va pour la pointer comme étant la raison fondamentale du blocage de nos pays. Oui Méchanceté ! Parce que l’on ne puisse comprendre comment un peuple, au lieu de concevoir la réussite individuelle comme une fierté comme cela se passe ailleurs dans les pays développés, peut avoir aussi mal à la digérer. C’est simplement de la pure méchanceté et rien d’autre.
Usman TUREY/Seneweb
Communication. UGB/Saint-Louis/Sénégal
facebook Usman TUREY (Uzzikiller Slzoo)
twitter Usman TUREY (The elusive)

Mail : usmanturey@live.fr

06/09/2016

ENFANT TALIBE

Les deux vases communicants de la rue et de la détresse

talibe.jpg

Le retrait des enfants de la rue est, de prime abord, une mesure qui ravit beaucoup et révulse peu. A juste raison. Le temps de l’enfance est synonyme d’amour parental, de protection familiale et de joie torrentielle. Quant à l’enfant, il est un lien du père et de la mère, un trait d’union qui achève la famille et en fait l’unité. Dans « Les feuilles d’automne », Victor Hugo entonne un hymne qui porte l’enfant au pinacle. Lisons ensemble : « Lorsque l’enfant parait le cercle de famille/Applaudit à grands cris/Son doux regard qui brille/Fait briller tous les yeux/Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être/ Se dérident soudain à voir l’enfant paraitre/Innocent et joyeux ».
Belle et poétique vérité ! Dans la réalité, c’est-à-dire dans les rues encombrées de Dakar, lorsque l’enfant en guenilles parait, les flots de passants n’applaudissent pas. Au contraire, ils maudissent tous ceux qui sont, de près ou de loin, les responsables de cette humaine, juvénile et ambulante détresse dont la rue – tel un vase communicant – n’est que le bassin de rétention ou le lit sans drains. Triste spectacle qui démontre que la rue n’enfante pas ; c’est plutôt la société qui lâche puis balance l’enfant dans la rue. Et douloureux constat qui est la trame du fabuleux roman intitulé « Les chiens sans colliers », où l’auteur, Gilbert Cesbron, photographie fort bien les modalités par lesquelles on casse les « colliers », autrement dit, on coupe le cordon familial et programme la choquante clochardisation des enfants.
Autant le sort cruel des enfants de la rue – toile de fond de la volonté présidentielle de leur retrait du décor urbain – est insupportable ; autant la solution préconisée doit être exempte de passions, d’émotions et d’improvisations qui sont habituellement de mauvaises conseillères. Dans ce dossier où des sans-domiciles fixes (SDF), des sans-abris, des handicapés sans revenus, des villageois en exode, des familles brusquement sevrées des salaires de défunts pères et basculées par des locations hors de portée, des réfugiés de la sous-région et des talibés en quête d’aumônes s’imbriquent, le premier axe de travail reste indiscutablement la typologie du phénomène protéiforme des encombrements humains, de ses annexes et de ses avatars. Le b.a.-ba de cette typologie est évidemment décliné dans un faisceau de questions : Qui est qui ? Qui est physiquement désarmé dès la naissance ? Qui vient d’où ? Pourquoi parcourt-il et souvent squatte-t-il la rue ? La somme des réponses aura pratiquement valeur d’inventaire de la plaie, de sa profondeur et de son degré de pourrissement.
L’état exhaustif des lieux aura également la vertu de dissiper l’amalgame mécanique entre les écoles coraniques (les daraas) qui sont un héritage non honteux de l’odyssée spirituelle du peuple sénégalais et la hideuse et très planifiée mafia de la mendicité des talibés, au profit d’une clique de maitres coraniques sans quantum horaire et au détriment de talibés jamais assis sur des nattes mais toujours debout sur l’asphalte. Ce réquisitoire contre les pseudo-maitres coraniques n’absout point les Pouvoirs publics qui, depuis 1960, financent et réforment, sans cesse et sans succès, le mammouth budgétivore qu’est l’Education nationale mais accordent une once d’attention à l’Enseignement chroniquement informel du Coran. La laïcité est peut-être passée par là. Pourtant, l’Enseignement privé catholique (subventionné par l’Etat) dispense des cours de catéchisme aux élèves volontairement preneurs. En dehors de toute contrainte. Il y a des pistes à explorer. Que le gouvernement carbure davantage, gesticule moins et consulte tous azimuts ! Qui peut organiser un dialogue politique peut initier un conclave social.
Dans cet ordre d’idées, la dignité et la souveraineté nationales commandent de décider et d’agir dans un contexte à mille lieues des lendemains de la publication d’un Rapport américain, anglais ou arabe – peut importe l’origine ! – sur le foisonnement affreux des talibés et des mendiants dans les villes du Sénégal. Une gouvernance crédible n’exécute pas (par procuration) un cahier des charges. Tout comme les dirigeants d’un Etat réellement responsable ne captent pas les idées à grande incidence nationale, mais les forgent et les murissent. Au demeurant, une persistante dépendance aux idées ou aux conseils, de fraiche date, administrent la preuve que, durant la traversée du désert (2008-2012), le Président Macky Sall n’avait pas fait une provision d’idées suffisamment pointues pour défier… les défis. La rapidité avec laquelle le Yoonu Yokkute a été chassé par le PSE en est une patente illustration. Enième preuve que sous nos cieux, l’accent est plus mis sur les stratagèmes que sur les programmes. Ne fallait-il pas simultanément, dès 2013, lessiver les rues et traquer les biens mal acquis ? Le pic de la gouvernance au pif sera bientôt et dangereusement atteint.
Globalement, les armes anti-errance et anti-mendicité sont à forger et à tester avec ingéniosité. Dans l’arsenal, on recense déjà la Loi d’Orientation dont l’efficacité ne se vérifiera que dans une expérimentation qui est fâcheusement trainante. En revanche, on observe l’excellence du Centre Guindi situé dans le quartier populeux de Grand-Yoff. Toutefois, une seule hirondelle – belle soit-elle – ne peut faire le printemps des victimes d’enfers combinés que sont l’exploitation, la marginalisation et la paupérisation. D’où l’urgence de financer une constellation de Centres Guindi couvrant les régions et décongestionnant Dakar de son trop-plein de détresses itinérantes.
Du reste, le déficit de structures d’accueil nombreuses et adaptées fonde le pessimisme des observateurs quant au succès de l’opération en cours. Le risque majeur d’une initiative bâclée étant de mettre abusivement à contribution la Croix-Rouge et les Villages SOS qui ont des missions anciennes, claires et, surtout, financées en toute autonomie, loin du fonctionnement plus complexe, moins contrôlable et plus tutélaire voire dirigiste de l’Etat. Canaliser des flots de milliers de personnes diversement en détresse (en particulier 30 000 enfants) vers la Croix-Rouge et les Villages SOS, c’est ensevelir leurs vocations originelles et signer leur arrêt automatique de mort au Sénégal. Gouverner, c’est forcément se saigner aux quatre veines, pour concrétiser les choix et les options censés être fermes. Alors, une question affleure : combien de ressources additionnelles et combien de lois des finances rectificatives sont nécessaires pour nettoyer Dakar de ses scories, par une lourde et soudaine prise en charge de milliers enfants de la rue aussi sinistrés que leurs parents sans-abris et sans ressources ?
Certes, la majorité des Sénégalais – les micros-trottoirs semblent en faire foi – s’engagent ou adhèrent au projet de désencombrement humain, mais ils questionnent le caractère lessivable ou non de la rue, décryptent la réalité aux facettes multiples et in fine aiguillonnent par des réflexions pétries de bon sens et de sagesse lumineuse. Car la tâche est digne d’Hercule. C’est à se demander si le PSE intégralement mis en œuvre pourra vaincre ce qui est, dans une certaine mesure, l’excroissance d’une pauvreté structurelle. Moralité : on ne rafle pas la détresse étalée, on la remplace par l’allégresse partagée. Ainsi, la rue sera moins assourdissante et moins hurlante de malheurs. Le penseur et humoriste Chamfort débitait une banale, savante et savoureuse vérité : « Dans tous les pays, il y a ceux qui ont plus d’appétits que de diners ; et ceux qui ont plus de diners que d’appétits » ». Aux politiques, incombe donc la mission de rééquilibrer les appétits et les diners dans tous les foyers. Telle est l’arme partiellement efficace contre les hordes de hères dans les rues.
Babacar Justin Ndiaye/Dakaractu

02/09/2016

SACHEZ TOUT SUR LE PETROLE...

Pétrole du Sénégal: Tout ce qu'il faut savoir

XVM4441c1aa-dee8-11e5-8490-49312e78196a.jpg

Le Sénégal n’a pas encore produit son premier baril de brut, mais les effluves de la malédiction du pétrole tant redoutée s’échappent déjà dans l’atmosphère. C’est que l’énorme potentiel découvert par Cairn Energy charrie des enjeux financiers et politiques capitaux.
L’émergence plus tôt que prévu
Par les temps qui courent, le pétrole n’a pas la même saveur partout. Pour les grands pays producteurs, il a un goût bizarre. Amer. Altéré depuis 2014 par la chute des cours du brut imputable à l’excès d’offre. Les prix du baril ont même oscillé autour de 25 dollars durant le premier trimestre de cette année.
Vendredi dernier, poussés, d’une part, par l’influence négative d’un net renforcement du billet vert et, d’autre part, par les craintes géopolitiques en Arabie Saoudite, ils ont gagné 31 cents à 47,64 dollars. Mais selon les spécialistes, « ces actualités contrastées » sont « insuffisamment décisives pour imprimer une tendance ». Donc pour une nouvelle flambée des cours, il faudra encore patienter.
Le Sénégal observe la situation avec distance, insouciance et une pointe d’assurance. Le pays vient certes d’intégrer le cercle des producteurs d’or noir, mais ne s’inquiète pas outre mesure de la conjoncture difficile qui frappe le secteur. Il l’ignore. Semble le minimiser. Se permet même, dans une atmosphère de morosité absolue, d’étaler sa joie débordante. Il sautille, trépigne en fixant l’horizon avec impatience et appétit.
« C’est un heureux hasard que moins d’un an après la présentation du Plan Sénégal émergent (PSE), qu’on puisse découvrir du pétrole au Sénégal », s’enflammait en octobre 2014 Maïmouna Ndoye Seck, actuelle ministre du Tourisme et, à l’époque, ministre de l’Énergie et du Développement des énergies renouvelables.
Plus tard, lorsque tombèrent les premières estimations du potentiel pétrolier et gazier sénégalais, le Président Macky Sall s’emballa : « Si le Sénégal commence l’exploitation de ces ressources avec une gestion saine et transparente, le pays peut atteindre l’émergence en 2025, bien avant 2035, date butoir du PSE. »
La découverte du pétrole sénégalais est le lieu de toutes les projections optimistes pour le régime actuel et pour nombre d’observateurs. Elle est synonyme de disponibilité en quantité et en qualité de l’énergie. De baisse des prix de l’électricité et du carburant. D’amorce d’équilibre pour la balance des paiements du pays avec les perspectives d’allégement de la facture pétrolière (10% du PIB) couplées aux possibilités d’exportation des éventuels excédents de production. Sans compter que déjà, avant même la production du premier baril, le Sénégal gagne en crédibilité sur le marché international grâce au pétrole découvert dans son sous-sol.
100 mille à 120 mille barils par jour à partir de 2021
La bonne nouvelle est tombée le 7 octobre 2014. Cairn Energy annonce avoir détecté une bonne quantité de pétrole à 100 km des côtes sénégalaises. À 1427 mètres de profondeur sur le bloc Sangomar Deep (Sangomar profond). Moins d’un an plus tard, son Président-directeur général, Simon Thomson, confirme les généreuses estimations. Un chiffre à l’appui : « Nous croyons que nous avons découvert un bassin de classe mondiale avec un potentiel estimé à plus d’un milliard de barils de brut. »
Cairn Energy est une compagnie basée à Edimbourg, en Écosse. Elle est spécialisée dans la production et la distribution d’énergie. Aux côtés du groupe américain ConocoPhilips (35%), de l’australien FAR (15%) et du sénégalais Petrosen (10%), elle détient 40% des licences d’exploitation de trois blocs d’exploration pétrolière au Sénégal : « Sangomar profond », « Sangomar » et « Rufisque ».
Ses prévisions pour le pétrole sénégalais sont d’autant plus alléchantes qu’elles attirent l’australien Woodside Petroleum. Cette compagnie était active dans l’exploration pétrolière au Sénégal au début des années 2000. Au mois de juillet dernier, ConocoPhilips a accepté de lui céder ses parts contre 350 millions de dollars (plus de 175 milliards de francs CFA), plus un ajustement d’environ 80 millions de dollars (40 milliards de francs CFA). Selon Jeune Afrique, « cette transaction doit encore recevoir l’aval des autorités ».
Il faudra faire vite. Le temps presse. L’extraction de la première goutte de pétrole « made in Sénégal » est prévue entre 2021 et 2023. La production espérée est de 100 mille à 120 mille barils par jour. Dans cette perspective, Cairn Energy prévoit de creuser 15 à 20 puits.
Devant ces belles perspectives les autorités sénégalaises débordent d’enthousiasme. Elles ne se préoccupent pas des sombres prévisions, qui espèrent timidement que le baril remontera à 50 dollars d’ici à 2020. Elles entendent à peine les rapprochements entre pétrole et conflits armés. Elles sourient lorsque l’on évoque le risque de voir le pays livré aux rivalités entre grandes puissances autour de cette matière première, certes en voie d’extinction, mais encore indispensable.
Le ministre de l’Énergie, Thierno Alassane Sall, ne boude pas son plaisir. Il se veut confiant, rassurant : « Il n'y a pas à avoir peur de la malédiction des ressources naturelles. Il faut faire confiance à notre génie propre. (Nous avons) un système politique qui a démontré sa solidité et a su faire face à toute sorte de crises. »
Le Sénégal déjà touché par la malédiction du pétrole ?
Le fameux « génie sénégalais ». « L’exception sénégalaise », rectifieront certains. Ce que semble ignorer Thierno Alassane Sall, c’est que souvent les pays producteurs, surtout en Afrique, ne sont pas les acteurs principaux des conflits liés à l’exploitation de leurs matières premières. Le danger vient souvent de l’extérieur. Et ça commence déjà pour le Sénégal avec des germes de conflits qui prennent leurs racines aussi bien à domicile qu’à l’extérieur.
Selon le journal Enquête, l’australien FAR conteste la décision de l’américain ConocoPhilips de céder à Woodside Petroleum, un autre groupe australien, les 35% qu’il détient dans l’exploitation des trois blocs d’exploration pétrolière dont Cairn Energy est l’actionnaire principal. Le journal indique que pour éviter l’éclatement d’un conflit qui entraverait l’exploitation en toute sérénité du pétrole sénégalais, le Premier ministre, Mahammad Dionne, a invité FAR et ConocoPhilips à accorder au plus vite leurs violons.
Sur un autre front, non moins volatile, le même Dionne dut intervenir. Dans une correspondance au vitriol largement diffusée dans la presse, un de ses prédécesseurs, Abdoul Mbaye, demande au chef de l’État d’amener « les voix les plus hautes et les plus autorisées de l’État à répondre à (leurs, lui et les membres de son parti, Act) interrogations de citoyens sénégalais préoccupés par l’opacité de la gestion des richesses nationales ». Ce, notamment, « par la publication de toutes les clauses, sans exception, des MOU, décrets et contrats d’exploration et de production de pétrole et de gaz déjà signés ou en voie de l’être, afin de respecter les règles de transparence dans la gouvernance des ressources naturelles ».
Abdoul Mbaye, devenu chef de parti (Act, opposition), a adressé dans la même correspondance une pique au frère du chef de l’État, Aliou Sall. Il pointe sa « relation particulière » avec Petro-Tim Ltd, qui est lié à l’État du Sénégal par un « contrat de recherche et de partage de production d’hydrocarbures pour les blocs de Saint-Louis Offshore profond et Cayar Offshore profond ». « Il convient de faire savoir aux Sénégalais si vous étiez ou non informé de cette relation particulièrement gênante comme un élément nouveau intervenu dans le processus alors en cours, et qui aurait dû sérieusement poser la question de son arrêt », interpelle l’ancien banquier.
Dans sa réponse, Mahammad Dionne a d’abord renvoyé Abdoul Mbaye aux dispositions de la Constitution du 20 mars dernier consacrant, selon lui, la transparence dans la gestion des ressources naturelles (article 25-1, alinéa 4) et le droit des partis politiques à interpeller les autorités nationales (article 3). Un détour pour sans doute lui signifier que le régime actuel est une maison de verre.
Ensuite, Dionne s’est borné à rafraîchir la mémoire à son interlocuteur en rappelant que « le fonctionnement quotidien des institutions ne permet pas à chaque citoyen, individuellement pris, ou à chaque parti politique, d’interpeller de matière intempestive, parfois fantaisiste, le gouvernement ou le président de la République dont les communications, messages et interventions obéissent à un protocole républicain bien établi ».
Enfin, l’actuel chef du gouvernement a suggéré à l’un de ses prédécesseurs de contacter « les responsables du Comité national de l’Itie » afin de disposer des réponses aux questions qui l’intéressent à propos de la gestion des ressources naturelles du Sénégal.
« Jusqu’à l’extinction de l’univers… »
Comme si la réponse du Premier ministre ne suffisait pas, Aliou Sall a embrayé. Personnellement cité dans la lettre du président de l’Act, et, auparavant sur le même sujet par Birahim Seck du Forum civil, le frère du chef de l’État clame son innocence. Il jure : « Toutes ces accusations ne sont que de l’acharnement, qui ne visent pas ma petite personne, mais celle du Président Macky Sall et son gouvernement. (…) Jusqu’à l’extinction de l’univers, personne ne pourra montrer qu’Aliou Sall a une part dans le pétrole ou le gaz du Sénégal. L’octroi des permis de Saint- Louis et de Kayar a été l’œuvre d’Abdoulaye Wade et Karim Wade avant que le Président Macky Sall ne vienne au pouvoir. Tout le reste est un tissu de mensonges, l’expression de la malhonnêteté ainsi que l’expression de l’acharnement. »
Le Président Macky Sall semble avoir vu venir tous ces remous autour des ressources naturelles du Sénégal. Recevant son dernier rapport, il a invité le Conseil économique, social et environnemental (Cese) à se pencher sur les modalités d’une gestion durable du pétrole et du gaz découverts au Sénégal. «Notre pays s’est déjà engagé dans le processus d’adhésion à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie), a-t-il prévenu. Il est impératif de définir de façon anticipative des stratégies performantes aptes à garantir une amélioration de la gouvernance de ces futures ressources ; car il ne faut pas attendre que le pétrole soit là pour commencer à réfléchir sur comment poser les jalons pour une exploitation transparente et éviter ainsi la malédiction du pétrole comme on le voit malheureusement dans certains pays. »
Dans ce sens, le président de l’Itie, Ismaïla Madior Fall, par ailleurs ministre-conseiller du chef de l’État, trace la voie. Il suggère l’adoption d’un code pétrolier, d’un code des investissements et d’un code des impôts « attractif pour les investisseurs mais rentable et intéressant pour l’économie nationale ». Aussi, souligne-t-il la nécessité de former des juristes spécialisés en droit des hydrocarbures, droit des mines, droit pétrolier. « Il faudra avoir de bonnes lois, de bons contrats pour que s’il y a des négociations avec de grandes multinationales, la partie nationale ait de l’expertise pointue pour pouvoir défendre son pays », recommande-t-il.
Le Sénégal a moins de 5 ans pour mettre en place ses préalables sans lesquels son pétrole risque de devenir davantage une malédiction qu’une bénédiction.
seneplus

REGARDEZ ces infos rassemblées par Digital Marketing Manager chez Ecoreuil.fr. :  article et infographie sur le pétrole. Nous y mettons en avant les chiffres impressionnants liés à son commerce, et sa nécessité dans nos économies.

https://www.ecoreuil.fr/blog/economie-petroliere

12/08/2016

TRAIN DU DEVELOPPEMENT

Pour que le Sénégal ne rate pas le train après avoir payé le billet

00161098 cc63b2c178cae70add1b07a284a9649b arc614x376 w614 us1.jpg

Tous les acteurs économiques s’accordent sur le fait que le développement des infrastructures de transport est une condition nécessaire, certes non suffisante, pour l’émergence économique d’une nation.
Les systèmes de transports représentent un des piliers fondamentaux de structuration de la géographie humaine et se situent au cœur du développement des systèmes économiques et sociaux.
Une des premières conditions de développement est l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire. Cela n’est possible que par le développement d’un réseau de transport permettant l’acheminement dans de bonnes conditions des denrées entre le lieu de production et la zone de transformation ou de consommation.
Tout citoyen Sénégalais, quelle que soit sa sensibilité politique, doit encourager le développement de telles infrastructures dans notre pays.
Le chemin de fer offre des avantages manifestes par rapport aux autres modes de transport en ce qui concerne un certain nombre d’éléments essentiels de la protection de l’environnement (capacité de transport, encombrement, consommation énergétique, sureté…).
Le Sénégal s’est lancé dans un vaste programme de construction et de rénovation de chemin de Fer. Le Président de la République Macky SALL a fait de la relance des infrastructures ferroviaires l’un des grands chantiers de sa présidence et des projets phares du Programme Sénégal Emergent.
Tant de projets d’envergures au Sénégal font aujourd’hui la Une des Editos du secteur ferroviaire :
• TER DAKAR –AIBD ;
• Construction de 1 520 kilomètres de nouvelles lignes
• Réhabilitation de la ligne Dakar-Kidira
• …
Des milliers de milliards (F CFA) d’investissement sont ainsi prévus sur ce secteur qui a été laissé à l’abandon depuis quelques décennies.
Le savoir-faire et la compétence ont été en grandes partie perdues sur le secteur ferroviaire.
S’il est tout à fait normal que le Sénégal fasse appel à des entreprises étrangères pour la réalisation de son programme de travaux, il faudra obligatoirement, et dès maintenant, prendre des décisions pour éviter que notre souhait de développement soit finalement une niche financière pour les entreprises étrangères.
Localisation de la fabrication et transfert de compétences
A l’instar de la majorité des pays émergents, le Sénégal doit imposer, sous peine de lourdes de sanctions, la localisation (réalisation d’un pourcentage minimum des travaux de construction sur le territoire national). Il s’agit d’un des meilleurs moyens du développement industriel et de participation à la politique de l’emploi ainsi qu’au transfert effectif de compétences.
La Chine est aujourd’hui un géant mondial de l’industrie ferroviaire par la mise en valeurs des acquis issus de l’exigence de transfert de compétences dans l’ensemble de ses marchés structurants.
La formation professionnelle
Dans un pays où l’accès au marché de l’emploi n’est pas garanti après l’obtention du diplôme, il est plus que souhaitable d’orienter la formation vers la demande et les besoins de l’économie locale.
Le développement de formations dans les métiers de la construction ferroviaire, la maintenance, l’exploitation et le service pourrait nous servir à ne pas dépendre totalement d’entreprises étrangères pour la gestion future de nos infrastructures ferroviaires.
Nous devons apprendre de notre passé en disposant de ressources humaines compétentes dans tous les secteurs nécessaires à notre développement. C’est le fondement de notre stabilité économique.
Dans un pays où le taux de croissance dépasse les 6%, au moment où tant de pays développés peinent à atteindre 1%, le rapport de force doit être à notre faveur. Ne pas maitriser toutes les cartes dans un domaine où il est prévu tant d’investissements serait équivalent à payer une amende en cours de voyage alors que nous avons un ticket de transport valable en poche.
Le Sénégal peut être une vitrine de l’industrie ferroviaire en Afrique de l’Ouest, à nous de saisir cette occasion.
Moussa Kébé/Groupe HIOLLE INDUSTRIE/Diack Sall/Senenews

16/07/2016

LETTRE AU PRESIDENT SALL

Retrait des enfants de la rue et de l’exploitation par la mendicité : Monsieur le président de la République, Rentrez dans l’Histoire

ISSA-Flyer_TALIBE-Side-A-noborder.jpg

Des maîtres chanteurs aveuglés par des gains immondes sur le dos des enfants recommencent à proférer des menaces contre la République protectrice des enfants.
Toute honte bue, ils réclament le droit d’exploiter les enfants en les forçant à mendier, le droit de vivre de la force de travail prématurée de ces enfants orphelins de la république. Ils réclament le droit de leur faire subir de graves châtiments corporels s’ils ne rapportent pas la somme journalière fixée d’avance. Ils réclament le droit de les menotter, de les frapper à mort, de les soumettre à un stress permanent et à des précarités de vie indignes d’une condition humaine. Ils réclament le droit de livrer les enfants aux pieds nus à l’errance dans les rues de nos principales villes sous la chaleur, le froid, la pluie et à n’importe quelle heure de la journée. Ils réclament notre lâcheté et notre silence complice.
La République s’est toujours couchée devant ces bourreaux d’enfants et leurs complices qui se trouvent aussi dans la société. Nous avons en mémoire la reculade de l’ancien régime alors que le premier Ministre Souleymane NDéné NDIAYE, suite au conseil inter ministériel du 24 août 2010, annonçait et mettait en œuvre le premier plan concret de retrait des enfants des circuits de l’exploitation de leur mendicité.
La deuxième reculade a été marquée par le blocage du Plan Stratégique d’Eradication de la Mendicité Infantile adopté en conseil interministériel présidé par l’ancien premier Ministre Abdoul MBAYE et comme réponse à la tragédie de l’incendie du tristement célèbre daara de la Médina où neuf talibés sont morts brûlés vifs.
le président de la République, votre décision historique de retirer définitivement des rues de nos villes tous les enfants soumis à l’exploitation de leur mendicité, aux négligences criminelles et à diverses formes de maltraitance, honore la République.
Osez donc rentrer dans l’Histoire en étant le Président du Sénégal qui a eu le courage politique de mettre fin à la servitude quotidienne de mendicité forcée, voire à l’esclavage, de dizaines de milliers d’enfants du Sénégal et de la sous région.
La confusion entretenue par la communication de votre premier Ministre limitant votre initiative de salut public et de restauration des droits de ces enfants martyrs à la seule région de Dakar, du moins de Dakar à MBao, ne doit nullement vous engager. Quid des enfants en situations de rue dans les autres régions et victimes de l’exploitation de leur mendicité et d’autres formes d’asservissement? Le bon sens et l’intangibilité des droits de tous les enfants à la protection n’acceptent pas ce non sens et ce manque de courage politique.
Le Sénégal ne mérite point d’être le seul pays au monde et de la Umma islamique où l’Etat et la société ne réagissent pas à cette honteuse exploitation et maltraitance des enfants. Nous sommes des millions de sénégalais qui n’acceptons plus cela. Nous sommes prêts à défendre l’honneur de la République, l’Etat de droit, nos valeurs religieuses et culturelles qui assurent la protection de tous les enfants sans aucune discrimination.
Parmi ce peuple digne qui soutient votre décision, il y’a bien des maîtres coraniques, des imams, des marraines de daaras ou « dey daara », des enfants qui souffrent quotidiennement dans leurs chairs et subissent des mutilations au plan psycho affectif, des enfants et jeunes de tous les milieux , des femmes, des intellectuels, des chefs religieux, d’islamologues, des notables et chefs coutumiers, des artistes et créateurs, des sportifs, des délégués de quartier, des travailleurs sociaux de rue, des acteurs des organisations de la société civile nationale et internationale, des travailleurs, des chefs d’entreprise, des membres de divers partis politiques(je salue au passage les courageuses positions publiques de l’UNP de Moctar Sourang, de la LDMPT, de la Plateforme Avenir Sénégal Binu beug et du Maire de la Médina Bamba Fall).
le président de la République, vous avez également reçu les soutiens de la CEDEAO, du Système des Nations- Unies, de pays amis, de citoyens de pays de la sous région et de toute l’Afrique entière.
C’est vous dire que le monde entier a le regard tourné vers le Sénégal où vous venez de susciter la grande espérance de libération des enfants des pires formes d’exploitation et de pratiques analogues à l’esclavage. Il vous/nous est absolument interdit de briser cette espérance.
C’est maintenant que l’histoire frappe à votre porte. Ne ratez surtout pas ce momentum. Dans le passé nous avons tout essayé pour éradiquer ce phénomène d’asservissement de l’enfant sans y parvenir effectivement. A cet effet, je rappellerai pour la mémoire collective : la tenue, en juillet 1977, du premier conseil inter ministériel consacré à la lutte contre la mendicité des enfants ; l’organisation, dans la foulée de ce conseil inter ministériel et par l’Institut Islamique de Dakar, d’un séminaire national sur la mendicité des enfants de certains daaras avec la participation de diverses associations islamiques, de maîtres coraniques de daaras de grande renommée et des représentants de certaines associations laïques ; l’Instruction d’octobre 1978 du premier Ministre demandant au Ministre de l’Action Sociale de prendre toutes dispositions utiles pour : lutter contre la mendicité des talibés avec le concours de la police et de la justice, ouvrir des centres d’accueil pour les talibés mendiants, appuyer les daaras sur les plans alimentaire et sanitaire ; les tenues en octobre 2006 du premier Conseil Présidentiel sur les enfants de la rue , du Conseil inter ministériel du 24 août 2010 , du Conseil inter ministériel du 13 mars 2013.
Des milliards de francs FCA ont été dépensés dans des programmes et projets dédiés à la lutte contre l’exploitation de la mendicité des enfants, au retrait et réinsertion des enfants de la rue (expérience du Partenariat pour le Retrait et la Réinsertion des Enfants de la rue-PARRER- soutenu par la Banque Mondiale et l’UNICEF). L’environnement légal a été renforcé avec l’adoption de la loi n°2005-06 du 10 mai 2005 relative à la lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées et à la protection des victimes.
Malgré tous ces processus et initiatives publics, soutenus par la société civile et des partenaires techniques et financiers, la présence d’enfants dans les rues à des fins d’exploitation et d’abus ne cessait de croître.
L’action d’autorité requérant la mobilisation de l’ensemble de l’appareil d’Etat s’imposait Votre décision est de l’ordre de la justice réparatrice pour les enfants oubliés, négligés et livrés à des prédateurs de touts bords. Alors M le Président, je vous en supplie : Rentrez dans l’Histoire.
Mamadou WANE dit Mao - Coordonnateur de la PPDH - Membre du Groupe de la société civile, des partenaires techniques et financiers pour la Protection de l’Enfant

04/07/2016

REFLEXIONS PAR RAPPORT AU BREXIT

LE BREXIT : QUELLES LEÇONS POUR UNE NOUVELLE DYNAMIQUE AFRICAINE ?

MT_Affidis_illus_500.jpg

Du calvaire financier de la Grèce en passant par le dérèglement de la zone euro, la crise des réfugiés, la poussée des nationalistes, etc. rien ne va plus en Europe ! Jour après jour, l’union s’enfonce dans un euroscepticisme qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Le récent référendum britannique sur le « Brexit » en est une parfaite illustration. Un référendum dont les conséquences politiques, économiques, diplomatiques à long terme [1] ne manqueront pas d’influencer l’avenir de l’Europe tout entière et d’imposer un nouveau principe de réalité [2].
L’UE serait-elle en cours de démolition et le référendum britannique, le début de la césure qui la fait avancer vers la plus grande transformation qu’elle n’ait jamais connue depuis sa création ? De toute évidence, le Brexit menace la construction européenne et fait vaciller l’un des modèles les plus aboutis d’intégration dans ce monde contemporain multipolaire où la construction de blocs est une tentative pour consolider des intérêts communs.
Comment en est-on arrivé là ? Comment « un peuple de grande culture démocratique comme le peuple britannique décide d’abandonner une institution comme l’Union européenne, garante de paix et de coopération dans un espace commun qui a été ravagé par des guerres pendant des années ? [3] ».
Si le rejet de la globalisation [4] explique en partie cet euroscepticisme, celui-ci trouve son origine dans l’incapacité de l’Union à être à la hauteur [5], à répondre aux besoins de ces citoyens et à redonner à « l’idée européenne » tout son sens, une nouvelle perspective, une nouvelle renaissance.
Quand bien même très différent d’un point de vue historique, institutionnel, politique, économique, sociologique..., l’UA, comme l’UE sur laquelle elle s’est, par ailleurs, largement inspirée, fait face aux mêmes incertitudes, aux mêmes défis. Des défis immenses eu égard à « la complexité et la totalité de l’Afrique [6] ».
Ainsi, entre espoirs démesurés et désillusions, entre affirmation du continent africain et dépendance vis-à-vis des instances internationales, entre projets de renaissance africaine et défis économiques et sociaux, le rôle de l’UA et l’empreinte qu’elle laissera sur l’histoire de ses pays membres restent à écrire.
En effet, elle traverse aujourd’hui une crise profonde parce que ne fabriquant plus les imaginaires d’un panafricanisme qui se pense en dehors de ses instances et des systèmes étatiques où les concepts de solidarité, de sécurité et de culture n’ont plus leur place [7]. Parce qu’elle est déconnectée des réalités et n’a pas réussi à intégrer les sociétés civiles dans les discussions. Parce qu’elle reste un cercle de Chefs d’État. Parce qu’elle a échoué sur la plupart des crises politiques et sécuritaires [8]. Parce qu’elle n’a pas les moyens de ses ambitions, parce qu’elle n’inspire plus confiance, notamment auprès de la jeunesse africaine qui, dans un grand sondage récent, brocardait « la quête de pouvoir des politiciens [9] » au détriment des aspirations des peuples.
Pour toutes ces raisons et dès lors que L'Histoire ne doit pas nous prendre au dépourvu, le Brexit doit être l’occasion pour l’Union africaine de revoir sa feuille de route, de s’inspirer des causes et des effets de ce choc historique pour s’imposer une nouvelle vision, améliorer ses institutions, son fonctionnement, rallumer le rêve fédéral et être un acteur résolu de la stabilité et de la prospérité de l’Afrique. Mais, il faut pour cela promouvoir et respecter des valeurs et des principes, se donner les moyens d’atteindre ses ambitions et faire de l’unité africaine l’affaire de tous les Africains.
Promouvoir et respecter des valeurs et des principes
Une union qu’elle qu’elle soit, repose sur des règles, des valeurs et des principes. Si, dans le cadre de l’Acte constitutif de l’union africaine, ces objectifs et ces principes sont expressément mentionnés, quand est-il de leur respect et de leur mise en œuvre ?
La réponse à cette question est loin d’être satisfaisante au regard, entre autres, de ses tergiversations et de ses multiples échecs. L’UA n'arrive plus à sauvegarder la paix sur le continent, à l'image des échecs survenus en Libye, au Mali, au Darfour, au Soudan du Sud, etc. Ses ambitions politiques et économiques ne font plus guère l'unanimité. Son inefficacité à concrétiser le sentiment de « solidarité africaine » est plus que jamais une réalité. Pire encore, elle est frappée par une crise de légitimité et de crédibilité. En définitive, l’UA est victime de ses incohérences stratégiques, diplomatiques, de ses contradictions [10] et des rivalités entre Chefs d’État. Par conséquent, elle ne saurait être résolue « à relever les défis multiformes auxquels sont confrontés notre continent et nos peuples, à la lumière des changements sociaux, économiques et politiques qui se produisent dans le monde [11]» ni à impulser la création d’une Afrique forte, prospère, intégrée et plus protectrice si elle ne s’engage pas résolument à s’appliquer et à respecter les valeurs et les principes qui sont sa raison d’être. Faut-il pour cela redéfinir les critères d’adhésion à l’UA ? Faut-il pour cela être plus ferme dans les sanctions au point d’exclure des instances de l’organisation les États ne respectant pas les principes et les valeurs de celle-ci ? Faut-il pour cela une UA autour d’un noyau dur de pays soucieux de l’Afrique et des Africains qu’une pléthore de pays ne partageant ni les mêmes ambitions ni la même vision de l’Afrique ? Faut-il pour cela opérer un choix démocratique du président de la commission de l’UA ? Ce qui est certain, c’est que le changement doit venir de l’intérieur pour insuffler un nouveau dynamisme à cette organisation, annoncer clairement ce qu’est l’UA, ce qu’elle n’est pas et lui donner les moyens d’atteindre ses ambitions.
Se donner les moyens d’atteindre ses ambitions
La question des moyens est fondamentale et présuppose, par ailleurs, le respect des règles et des principes établis. Mais si ces moyens sont financiers, ce qui est par ailleurs incontournable, ils sont tout aussi institutionnels. Car, comment concilier désir d’intégration et liberté des nations ? Comment assurer une complémentarité voire un prolongement entre organisations sous régionaux et UA ? Comment éviter la concurrence de tous contre tous ? Comment accorder ambition d’émancipation politique, géopolitique, désir d’hégémonie de certains États et « intérêts africains » ? Comment apprécier et/ou faire face à l’inflexibilité de présidents qui font valoir le principe de souveraineté et le sacro-saint concept de non-ingérence si cher à l’UA ?
L’Union africaine doit reprendre son élan pour, au-delà de Vision 2063 qui a pour objectif de relever les nouveaux défis du continent en matière de croissance, mettre en œuvre les instruments institutionnels lui permettant de formuler des idées vraies, claires, et compréhensibles par tous. Cependant, pour pasticher une assertion sur l’Europe et qui pourrait bien s’appliquer à l’UA, ce n'est pas seulement dans le champ institutionnel ni dans les mécaniques d'experts, ni dans les discours et les grandes célébrations qu'il faut s'investir au premier chef [12]: tout cela est beau, bon et il faut sans doute l'accomplir, mais l'urgence n'est pas là. L'urgence se situe dans la réconciliation entre « le rêve africain », « l’idée africaine » et les peuples inquiets pour leur avenir, effarés par l'inefficacité voire l’inaction dont font preuve leurs dirigeants et qui démontre l’impuissance de l’UA. « L’Afrique politique » doit davantage se concentrer sur les grands choix d’avenir, à commencer, entre autres, par la sécurité, la politique industrielle commune, la protection de ses intérêts vitaux, la stratégie commerciale vis-à-vis du monde au lieu de s’autodétruire par des rivalités qui alimentent les rapports de force entre pays africains, la réticence des États membres à abandonner une partie de leur souveraineté.
Il est donc grand temps de refonder l’Union africaine et se rendre à l’évidence, notamment, que toute initiative offensive sans approbation démocratique ni implication des peuples aura tôt ou tard plus d’effets négatifs que positifs.
Faire de l’unité africaine l’affaire de tous les Africains
Si, aujourd’hui, l’Union européenne va très mal, c’est parce qu’elle souffre d’un déficit structurel de démocratie [13], c’est parce qu’elle s’est détournée de ses fondamentaux qui sont politiques, c’est parce qu’elle a, en partie, tourné le dos à ses peuples qu’elle ne défend plus, c’est parce qu’elle s’est lancée plus dans une administration des choses qu’une gouvernance des hommes [14]. Au regard de ce qui précède, concrétiser et pérenniser l’Unité africaine ne saurait se faire sans amener les Africains, de tous bords, à participer activement à la vie de l’organisation. Sans cette participation, cette « bénédiction », l’UA est voué à devenir « un empire non impérial », un « despotisme éclairé et doux », un « machin bureaucratique » et/ou un entre-soi de Chefs d’État au service d’intérêts autres que ceux attendus par les citoyens.
En outre, la construction d’une union viable ne pourrait être fondée uniquement sur des considérations d’ordre mercantiles, sur le triomphe du droit de la concurrence et la globalisation du marché, sur une coalition d’États, mais plutôt sur une « union d’Hommes », une « globalisation de l’état de droit », une expression véridique de la démocratie représentative. Car, quand bien même le débat n’est pas encore posé, le consentement des peuples apparaîtra à un moment donné comme le facteur clef de l’avenir de l’union africaine. Dans ce sens, ne pourrait-on pas permettre à des citoyens africains ressortissants d’un nombre significatif d’États membres et en fonction d’un nombre déterminé de soumettre des propositions appropriées sur des questions pour lesquelles une décision de la commission africaine est nécessaire ?
Nous ne devons méconnaître que « tout gouvernement est menacé d’une effrayante mutation en bureaucratie, le règne non plus du droit ni des Hommes, mais de bureaux anonymes et d’ordinateurs. Leur domination, totalement désincarnée, pourrait se révéler plus dangereuse pour la liberté et pour ce minimum de civilité sans lesquels aucune vie en commun n’est concevable, que le plus monstrueux arbitraire des tyrannies du passé. Ces dangers de démesure et de technocratie toute-puissante menacent en effet de dépérissement et d’extinction toutes les formes de gouvernement. Une fois de plus, cela commencerait comme une idéologie rêveuse et nourrie des meilleures intentions, mais dont les conséquences cauchemardesques ne seraient décelables qu’au prix d’un examen critique [15] ».
Pour créer donc une Afrique forte, prospère et intégrée, entraînée par ses propres citoyens et capable d’occuper la place qui lui revient sur la scène mondiale [16], il est crucial et même urgent pour les dirigeants de l’UA, de penser d’abord à l’intérêt des générations suivantes, de considérer la voix de tous ses enfants, en particulier de sa jeunesse, pour lui donner les moyens de se mêler, de s’unir autant qu’ils peuvent afin de les inciter à reconnaître leur rôle et à prendre leurs responsabilités dans la réalisation du rêve africain
Si, comme le stipule son acte constitutif, l’UA est « résolu à promouvoir et à protéger les droits de l’homme et des peuples, à consolider les institutions et la culture démocratiques, à promouvoir la bonne gouvernance et l’État de droit ; résolu également à prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer ses institutions communes et à les doter des pouvoirs et des ressources nécessaires afin de leur permettre de remplir efficacement leurs missions », elle doit, dès lors, s’enraciner dans des valeurs, des principes, s’ouvrir au monde et faire de la prise en compte des aspirations de ses citoyens, la raison d’être de son existence. Car, c’est en s’attelant aux tâches les plus urgentes que l’UA des femmes et des hommes de bonne volonté se relèvera et reprendra sa marche en avant.
Pierre Sarr
[1] Article 50, http://europa.eu/pol/pdf/consolidated-treaties_fr.pdf
[2] « Comment réparer l’Europe ? », L’OBS, édition n°2694 du 23 au 29 juin 2016, p.32
[3] El Español
[4] http://international.blogs.ouest-france.fr/archive/2016/06/24/brexit-ue-16411.html#more
[5]Alternatives économiques hors-série n° 081 - mai 2009
[6] Hélène d'Almeida-Topor, L'Afrique du 20 siècle à nos jours, Paris, Armand Colin, 2010. 400 pages
[7] Amzat Boukari-Yabara
[8] http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/06/09/comment-madame-dlamini-zuma-a-plombe-l-union-africaine
[9] Matteo Maillard, Le monde Afrique du 17.06.2016
[10] Romuald Likibi, La Charte africaine pour la démocratie, les élections et la gouvernance : analyse et commentaires, Éditions Publibook, 2012, 419 pages.
[11] Cf. Acte constitutif de l’union africaine
[12] http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/brexit-donner-des-frontieres-a-l-europe_1805955.html
[13] Cour constitutionnelle allemande du 30 juin 2009 à Karlsruhe
[14] Christophe Beaudouin, La démocratie à l'épreuve de l'intégration européenne, Broché, 2013, 562 pages
[15] Hannah Arendt, philosophe du totalitarisme cité par Christophe Beaudouin dans http://www.observatoiredeleurope.com/
[16] Nkosazana Dlamini Zuma, Présidente de la Commission de l’UA