05/03/2017

Corruption...

Ousmane Sonko : «Le Sénégal est pauvre à cause de ses dirigeants corrompus »

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Malgré sa place qui se situe dans les 25 pays les plus pauvres de la planète, le Sénégal est un pays extrêmement riche. C’est l’avis de Ousmane Sonko qui s’exprimait lors de l’étape de Pire de sa tournée dans le département de Tivaouane. Selon lui, cette situation est due au caractère corrompu de la classe dirigeante qui ne pense qu’à s’enrichir.
«Le Sénégal est un pays extrêmement riche, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, et qui, curieusement, figure encore parmi les 25 pays les plus pauvres de la planète », a déclaré Ousmane Sonko, le leader de Pastef.
Poursuivant, l’ancien inspecteur principal des impôts et domaines impute cette situation à «cette élite généralement corrompue, qui ne conçoit le pouvoir politique et le pouvoir d’Etat que comme un moyen d’enrichissement personnelle». Et d’ajouter : «des gens sont passés de simples locataires à milliardaires en un temps record, sans avoir eu d’usines, ou d’autres business que d’avoir été ministre, ministre d’Etat. Ce qui est inadmissible».
Dans un autre registre, M. Sonko fustige l’utilisation de l’appareil d’Etat «comme un appareil pour se maintenir au pouvoir et pour casser des adversaire. Un appareil qu’on instrumentalise, qu’on détourne de sa vocation première qui devait être de servir les populations ».
Et dans cette optique, aucun service de l’Etat, «que ce soit les services de renseignement, que ce soit la justice l’administration, tout maintenant est au service de la traque des opposants», dénonce-t-il.
Pressafrik

24/02/2017

NOUVEAU ROMAN DE FATOU DIOME

Fatou Diome publie un ouvrage sur l’identité nationale

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La romancière sénégalaise Fatou Diome va publier son nouvel ouvrage le 15 mars prochain. « Marianne porte plainte ! » est le titre de ce roman qui parle de l’identité nationale à l’approche de la campagne présidentielle en France.
Encore un nouvel ouvrage de Fatou Diome ! La romancière d’origine sénégalaise va publier, le 15 mars prochain, un nouveau roman. « Marianne porte plainte ! » sera le titre du prochain ouvrage de la romancière native des îles du Saloum. Très engagée sur le thème de l’émigration avec plusieurs de ses publications qui portent sur cette problématique, Fatou Diome revient cette fois-ci sur un autre sujet qui l’intéresse aussi : la question de l’identité nationale en France avec, en perspective, la prochaine campagne présidentielle.
« Alors que le débat sur l’identité nationale risque d’occuper une place centrale dans la campagne présidentielle, Fatou Diome dénonce les excès de ses défenseurs, qui ruinent la cohésion sociale, fondement de notre République », explique la notice de l’ouvrage. « À trop encenser les racines locales, les uns oublient que les migrations sont au cœur de la marche de l’Histoire. À trop instrumentaliser la laïcité, les autres réveillent de vieux accents inquisiteurs », poursuit l’auteure qui, dans ce livre, parle des deux sujets qui ont été le fil conducteur de sa production littéraire : les migrations et l’identité nationale.D’origine sénégalaise, Fatou Diome est installée en France depuis une vingtaine d’années sans couper le lien qui le lie à son pays, à son terroir natal, les îles du Saloum, et sa culture de Sérère Niomimka. Dans beaucoup de ses livres, elle ne manque pas de faire référence à des référents culturels qui l’ont marquée durant son enfance et adolescence en pays sérère Niomimka. « Quand le "Eux et nous" oriente le discours, c’est la victoire des amalgames et dans son sillage du rejet et de la haine de l’autre qui se dessine. Au lieu de dresser les uns contre les autres, les pompiers qui se font aujourd’hui pyromanes devraient définir les modalités d’un destin collectif », poursuit-elle dans la présentation de l’ouvrage qui vient après sa dernière production « Impossible de grandir » où elle parle de la vie d’une fille, Salie, née hors mariage et qui sera marquée par le regard accusateur de l’entourage familial. Son histoire personnelle qu’elle n’a pas hésité à coucher sur un roman avec un grand courage.
« Dans une magnifique ode à la France, mère patrie adoptive prenant aujourd’hui des allures de marâtre, Fatou Diome s’interroge sur ce que pourrait être une identité nationale, ciment de la République, appuyée sur un pilier crucial, l’éducation, seule capable de libérer des tiroirs identitaires et d’affirmer l’appartenance commune au genre humain », lit-on dans la présentation de l’ouvrage.
Fatou Diome est née au Sénégal et est arrivée en France depuis 1994 et vit depuis à Strasbourg. Elle est l’auteure d’un recueil de nouvelles « La Préférence nationale » (2001) ainsi que de cinq romans, « Le Ventre de l’Atlantique » (2003), « Kétala » (2006), « Inassouvies nos vies » (2008), « Celles qui attendent » (2010) et « Impossible de grandir » (2013). Dernièrement, elle avait fait une sortie remarquée dans l’émission « Ce soir ou jamais » sur France 2 sur la question de l’accueil des migrants en Europe.
Oumar NDIAYE/lesoleil

08/02/2017

LA DETTE DU SENEGAL

Record absolu : La dette du Sénégal dépasse les 5 000 milliards de francs

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La dette du Sénégal s’est très rapidement reconstituée en dix ans après les annulations des initiatives Pays pauvre très endetté (Ppte) et d’allégement de la dette multilatérale (Iadm) de 2006.
Alors que Wade avait laissé un encours de 3076 milliards de francs Cfa, son successeur en est déjà à 5 100 milliards.
Niveau alarmant de l’endettement public. L’encours de la dette publique du Sénégal a, selon le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, atteint 5 100 milliards de francs. Ce qui correspond à un peu plus de 60 % de son Produit intérieur brut (Pib) là où l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) plafonne l’endettement des pays membres à 70 % de leur Pib.
Si pour le gouvernement, ce niveau d’endettement est révélateur de la confiance des partenaires financiers du Sénégal, des économistes, préoccupés par la viabilité de la dette et la soutenabilité des finances publiques, le trouve alarmant.
Après les annulations de la dette du pays issues des initiatives Pays pauvre très endetté (Ppte) et l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale (Iadm) de 2006 qui a vu le taux d’endettement passé de 78 % à 20,9 %, on note une tendance haussière. Ainsi, ces annulations ont ouvert d’autres possibilités d’emprunt pour le Sénégal, notamment à l’extérieur. Ce qui fait peur à certains à cause des variables financières très importantes dans la dette que sont le taux d’intérêt et le taux de change. En effet, le poids de la dette extérieure dans le stock de la dette publique fait de la variable taux de change un élément dont l’évolution influe fortement sur les indicateurs de l’endettement public. La fluctuation du dollar, monnaie à laquelle le pays s’endette souvent, peut rendre les remboursements plus onéreux, comme le montre le service de la dette qui dépasse les 50 milliards de francs Cfa par mois. Une manne qui, avec la masse salariale de l’Etat, risque de grever le budget de l’Etat. De même, pour la dette intérieure le coût du crédit affecte de manière directe le niveau des remboursements.
Profitant de la détente des taux sur le marché financier international, en 2013, l’Etat avait émis une obligation de 500 millions de dollars pour combler le gap de financement et réduire le recours aux financements à court terme sur le marché domestique. Cependant, le retournement de cette tendance baissière a remis en cause cette option.
Malgré tout, le rythme d’endettement du pays n’est pas alarmant pour l’argentier de l’Etat. «Pour l’heure, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. La dette du Sénégal s’élève à 5 100 milliards de francs. La dette n’est pas mauvaise. Il n’y a aucun économiste qui dit qu’il ne faut pas s’endetter. Celle qui est mauvaise est la dette utilisée pour faire du fonctionnement. Si on s’endette avec un taux d’intérêt qui baisse pour faire des investissements, c’est une excellente chose. Mais on doit être vigilant. Nous avons un ratio d’endettement de 60 % du Pib contre une limite de 70 %», relève Amadou Bâ. Qui soutient que, pour l’essentiel, le Sénégal a une dette multilatérale très longue, avec une concessionnalité qui varie entre 15 et 50 % et une maturité qui varie entre 20 et 25 %. «L’encours de la dette est tout à fait soutenable. Il représente à peu près 30 % de nos recettes alors qu’en 2011 le service de la dette représentait 34 % de nos recettes», a-t-il ajouté.
Le rythme de reconstitution de la dette publique n’est pas sans rappeler des critiques de télégrammes formulées par Jean-Christophe Rufin, ambassadeur de France à Dakar. Lequel déconseillait à son pays de consentir un nouveau prêt au Sénégal. Signer un pareil chèque sans demander au Sénégal de réformer profondément son système politique, reviendrait, selon lui, à fournir à un toxicomane la dose qu’il demande, mais qui le conduit un peu plus sûrement vers sa fin.
Seyni DIOP/Walf Quotidien

16/01/2017

J'ACCUSE!

J'accuse le Peuple de la Teranga. Par Jean-Philippe DUPUIS

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« C’est la faute á l’Etat ! C’est la faute aux parents ! » Entend-on de la plupart des citoyens indignés du système d’exploitation des talibés de la rue. Personne ne semble avoir vu un troisième responsable, bien plus coupable: la population sénégalaise.
Si la population sénégalaise refusait aujourd’hui de donner un franc cfa aux enfants talibés de la rue, dans un mois, le problème serait réglé : les marabouts de talibés de la rue renverraient chez eux ces enfants qui ne leur rapportent plus rien.
Peuple sénégalais, pour un azzakat rapide et pas cher, tu es l’unique financeur du système d’exploitation des talibés de la rue.
Pire encore, tu en es l’unique financeur non point uniquement pour l’aumône mais pour disposer d’une main d’œuvre á bas prix. Et, chaque jour, les poubelles crasseuses, que personne n’oserait porter, quitteront les concessions et maisons, chaque jour, les dames et hommes les plus dignes chargeront courses et bagages parfois bien lourds sur la tète de petits porteurs dociles et muets, chaque jour, le petit ménage du matin sera effectué pour un prix qu’aucune ménagère n’accepterait.
Les jeunes sortis du daara continueront á constituer une main d’œuvre bon marché, servile et malléable pour les entreprises comme chez les particuliers.
Les marabouts de talibés de la rue exploitent les enfants ! La population sénégalaise exploite ces mêmes enfants pour sa convenance personnelle.
Des citoyens très honorables prêtent un terrain ou chantier sans eau ni toilettes pour parquer ces enfants. Des voisins non moins honorables, ne s’en offusquent pas. Pas une plainte ou meme signalement auprès des services (AEMO, Action Sociale, police, gendarmerie) que l’Etat met á votre disposition. Une indifférence générale dans une offuscation silencieuse aujourd’hui comme hier comme demain.
La population sénégalaise préfère décharger sa responsabilité sur les autres : «C’est la faute aux parents ! » « C’est á l’Etat de régler ca ! »
« C’est la faute aux parents qui ne doivent pas donner leur enfant ! » Exact ! Mais qui est le plus fautif ? Des paysans pauvres et ignorants du fond de la campagne, abusés par un marabout (souvent un cousin) proposant enseignement et formation pour leur enfant á la ville. Ou la population urbaine sénégalaise qui, elle, bien consciente de l’exploitation et maltraitance, perpétue ce système en donnant l’argent ?
«C’est la faute á l’Etat qui ne fait pas respecter la loi ! » Exact. Mais qui est le plus fautif entre un Etat qui ne parvient pas á régler un problème qu’il n’a pas généré et une population qui entretient, chaque jour ce problème. L’Etat doit gérer des dossiers beaucoup plus importants et pressants pour la marche du pays et de la nation (sociaux, économiques, internationaux ...etc.) les gouvernements successifs se sont essayés, maladroitement, á régler ce problème. Tous ont, finalement, du renoncer devant les pressions de certains milieux, le chantage religieux ... et une population qui ne réagit pas, au contraire, se satisfait de ce système.
Peuple sénégalais, un homme est « entré par effraction dans la profession de marabout » (dixit de vénérables imams) pour tirer un revenu d’enfants qu’il savait ne pouvoir prendre en charge. Tu n’es pas responsable de ses actes mais tu finances son projet.
Répétons-le : si la population sénégalaise refusait aujourd’hui de donner un franc cfa aux enfants talibés de la rue, dans un mois, le problème serait réglé : les marabouts de talibés de la rue renverraient chez eux ces enfants qui ne leur rapportent plus rien.
Mais même avec la prise de conscience d’avoir la solution entre ses mains, personne ne changera ses habitudes et continuera á utiliser ces enfants pour un azzakat facile et des services á vil prix. Et ceci en se donnant les meilleures excuses du monde : « si je leur donne pas, ils seront frappés par leur marabout !/ de toutes façons les autres continueront de donner ! »
Le déni de réalité est si facile. Et chaque donneur de piécettes retournera se coucher sans le moindre remord á la lecture de ces lignes. Mais la Vérité est la Vérité : le peuple de la Téranga entretient l’exploitation d’enfants sur son sol.
Jean-Philippe DUPUIS/Darinfo

21/11/2016

CRIME CONTRE LE PATRIMOINE NATIONAL

Allez voir ce qu’ils ont fait du patrimoine de la gare de Dakar par Amadou Lamine Sall

senegal

Le cœur vous tombe dans le ventre, lorsque vous surgissez devant la gare de Dakar et que vous ne voyez plus de gare.
Un horrible mur de clôture et un chantier hideux de ce qui ressemble à des boutiques ou des kiosques vous bouchent la vue sur ce magnifique patrimoine colonial qui fait la beauté de notre capitale.
Nous sommes choqués par ceux qui ont pris sur eux de commettre un tel crime. Oui, il s’agit bien d’un crime quand un pareil patrimoine est soumis à ce sort, tout près de deux infrastructures que l’on considère, à tort ou à raison, comme des bijoux: le Grand Théâtre et le Musée des Civilisations noires.
Nous savions que le Président Abdoulaye Wade avait décidé souverainement de faire de la garde de gare le Musée d’art contemporain du Sénégal. L’idée était alléchante. Les autorités ferroviaires, semble t-il, s’y étaient opposées, mais en vain. La décision du prince était prise et irrévocable au nom du bien d’État. Il quitta le pouvoir sans avoir réalisé son projet, mais il avait pesé de son poids et de son autorité.
Nous ne savons pas ce qui s’est passé après son départ.
Nous ne connaissons pas les tenants et les aboutissants de ce dossier de la gare de Dakar et à qui appartient la gare de Dakar, en réalité. Par contre, nous savons que la volonté de l’État peut prévaloir pour conserver tel quel ce patrimoine magnifique.
Nous faisons appel à qui de droit, à celui à qui on pense sans hésiter dans de tels cas d’urgence : Monsieur le président de la République. Comme il l’a fait en confiant le dossier de la corniche à son intransigeant Premier ministre, il doit, avec respect, sans tarder, demander à ce dernier de faire arrêter les travaux, de détruire le hideux mur qui masque la gare et tout le reste.
Ce chantier de la gare de Dakar doit s’arrêter dans les heures et les jours qui suivent. Une enquête doit être diligentée. Un dialogue doit être engagé avec ceux qui, légalement sans doute, se sont permis de commettre un tel gâchis, un tel crime. Aucun Sénégalais patriote ne peut accepter ce qui se fait à la gare de Dakar. Elle a disparue. On ne la voit plus. Nous avons frôlé la crise cardiaque devant le spectacle, en pleine nuit, avec des travaux qui s’accélèrent. Allez donc voir le drame et le constater par vous même.
Nous avons déjà perdu dans ce pays un patrimoine considérable, du fait de puissances d’argent qui ont acheté jusqu’à des bâtiments dans des zones classées. Nous avons perdu le quartier du marché de Kermel en laissant y ériger le plus misérable et le plus insoutenable des hôtels. Ce quartier ne méritait pas un tel monstre qui a fait disparaître la beauté du marché Kermel. D’ailleurs, on ne le voit même plus le marché Kermel. Il est mort.
Le Sénégal, terre de culture et d’art, ne mérite pas un tel désastre. Nous en appelons à tous les Sénégalais d’ici et de la diaspora, le Président Macky Sall le premier, pour combattre et dénoncer avec nous ce que l’on est entrain de faire du patrimoine de la gare de Dakar. Nous en appelons à tous les médias d’ici et d’ailleurs pour soutenir notre combat. Nous en appelons à tous les amis et à tous les amoureux du Sénégal. Il faut sauver la beauté. Une œuvre d’art vaut tous les combats.
On ne peut pas imaginer le Palais présidentiel être subitement entouré un matin d’un mur qui nous empêche de voir son bâtiment, ses jardins.
Que l’on nous pardonne notre colère. Mais on ne peut pas laisser faire de tel drame dans notre pays. Cela relève de notre foi et du respect et de l’amour que nous avons pour notre pays.
Amadou Lamine Sall/www.dakar-echo.com/Jean Louis Verdier

12/10/2016

CONDUIRE AU SENEGAL...

Tout savoir sur la conduite au Sénégal

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Comme dans tous les pays du monde, il existe tout un système en place pour obtenir son permis de conduire et circuler légalement avec le mode de transport de son choix. Le Sénégal n’est pas vraiment une exception sauf pour les modes de transports qui y existent et qui partagent les mêmes voies. Taxis, clandos, piétons, charrettes, car rapides, pousse-pousse, particuliers, bus, camions, motos et bicyclettes se partagent tous la rue pour plusieurs raisons qui souvent font de la circulation à Dakar un vrai cauchemar.
A prendre en compte lorsqu’on conduit à Dakar :
- Les taxis s’arrêtent n’importe où pour prendre des clients, y compris en pleine circulation. D’ailleurs si vous n’êtes pas sénégalais, renseignez vous sur le coût du trajet avant, sinon vous serez surfacturés.
- Les clandos (voitures « clandestines ») sont des véhicules qui datent du siècle passé et qui font encore plus de stops que les bus, donc si vous conduisez derrière eux, surtout mettez votre clignotant et dépassez les vite sinon vous arriverez en retard où que vous alliez.
- Les piétons ne traversent pas forcément au niveau du passage clouté et marche sur la route parce que les trottoirs sont souvent occupés par les vendeurs, les voitures garées dessus ou trop de sable. Au Sénégal, les piétons n’évitent pas les voitures, ce sont ces dernières qui font attention aux piétons.
- Les charrettes sont en croissance exponentielles ces dernières années donc attendez vous à les voir sur la corniche ou à vous retrouver nez à naseaux (littéralement) avec un cheval.
- Les car rapides qu’on appelle souvent « tombeaux ambulants » ont pour la plupart des problèmes de freinage. Lorsque vous les voyez arriver à grande allure, laissez les passer, vous avez plus à perdre. D’ailleurs, ils le savent, donc ils n’hésiteront pas à vous voler votre priorité.
- Les pousse-pousse sont des planches sur roues qui ressemblent un peu à de grandes brouettes. Ils sont moins agressifs mais les routes étant étroites, ils peuvent vous retarder.
- Les dos d’âne : Notez qu’il y a également beaucoup de dos d’âne qui servent à ralentir la vitesse mais qui peuvent être parfois trop dodus donc si vous conduisez une deux-portes généralement basse, vous risquez de l’égratigner.
- Le petit camp : c’est le football de quartier, les enfants ou adolescents bloquent souvent certaines rues pour jouer au foot, donc faites attention à conduire trop vite dans les quartiers populaires.
- Les routes ne sont pas toutes en bon état. Quand il pleut, elles se dégradent encore plus vite, donc conduisez à pleins phares surtout la nuit car les routes mal éclairées peuvent être très dangereuses.
- Les animaux divers : attention à ne jamais rouler trop vite, au risque de renverser les nombreux chats, chiens, poules (oui oui, parfois), mais aussi les moutons et vaches que l'on ne compte plus, et qui ont tendance à stationner nonchalamment au milieu de la route.
N’oubliez pas, gardez votre sang froid en prenant plusieurs respirations profondes lorsque vous conduisez à Dakar et tout ira bien !
World of NK/Lepetitjournaldedakar

TERRORISME ET RADICALISATION AU SENEGAL: ENQUÊTE

Enquête sur la montée de l'islamisme qui fait peur, des femmes prêtent à s'engager avec un groupe terroriste, 54% des sondés pour la charria ...L’institut Timbuktu, dirigé par Dr Bacary Sambe, a réalisé une enquête sur « Les facteurs de radicalisation et de perception du terrorisme ».

senegal
400 jeunes âgés entre 18 et 35 ans, interrogés dans des banlieues de Dakar comme les Parcelles Assainies, Pikine et Guédiawaye ont été interpellés par les enquêteurs.
Ils leur ont présenté un questionnaire comprenant une quarantaine de points, notamment « des questions sensibles portant sur les confréries, sur la vision de l’islam, sur l’activité rémunératrice des personnes enquêtées, sur la personne qui, dans la perception des jeunes, connaîtrait mieux le Coran et sur la représentation effective ou supposée de l’islam par les confréries ».
Divers réponses ont permis tout d’abord d’établir un profil type des sondés. Ces jeunes de la banlieue dakaroise sont majoritairement célibataires et plus d’un tiers ne travaillent pas bien que plus de 90% d’entre eux ont été scolarisés.
Une jeunesse qui considère majoritairement l’Etat comme « défaillant » dans sa lutte contre le terrorisme. Un profil révélateur lorsqu’il est mis en perspective avec les réponses apportées : près de la moitié des jeunes interrogés ont justement estimé « que ce sont la pauvreté et le chômage qui font le lit du terrorisme ».
L’enquête révéle aussi qu’aux moins de 10% des jeunes interrogés ont expliqué aux enquêteurs de Timbuktu Institute Rechercher Timbuktu Institute être prêts à « rejoindre un groupe radical ». Dans cette catégorie, « la première raison invoquée est la défense de l’Islam (48%) ».
Les jeunes se sont dits « satisfaits ou n’ont montré aucune réaction aux actions terroristes les plus médiatisées telles que les attentats de Paris »
et ont marqué leur opposition à « la présence militaire étrangère, américaine et surtout française qui, selon eux, exposerait le pays à plus de risques ».
45% des personnes interrogées estiment que le chômage et la pauvreté poussent les jeunes vers les organisations terroristes.
Mais là où les résultats de cette enquête font froid dans le dos, c’est lors qu’ils révèlent que 54% de l’échantillon sont pour un référendum pour l’adoption de la charia au Sénégal. Ainsi que l’existence de femmes décidées à rejoindre les rang d’un groupe térroriste.
En guise de recommandations, l’équipe du Timbuktu Institute Rechercher Timbuktu Institute estime tout d’abord qu’il est urgent de lutter contre le chômage des jeunes et de proposer un modèle de société plus égalitaire.
L’institut a également proposé de trouver une solution au problème de « la dualité du système éducatif sénégalais mais aussi de mettre en place une plateforme collaborative et inclusive de veille et d’alerte précoce sur les facteurs de radicalisation.
Sidy Djimby Ndao, Dakar/Kaoci

16/09/2016

MECHANT SENEGAL...

"Une étude sociologique démontre que le Sénégal est un peuple méchant"

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J’habite dans un espace géographique appelé le Sénégal. Mais je ne suis pas un Sénégalais. Je suis un citoyen de la planète Terre. Et c’est sous ce rapport que je me permets aujourd'hui de prendre la parole pour m'exprimer et m'indigner par rapport à ce qui se passe dans un ou plusieurs endroits précis de cette Terre, surtout au Sénégal où, comme je l'ai dit tout à l'heure, je vis! Car ce peuple semble malade et il lui faut des médecins sincères qui ne le caressent pas au sens des poils mais qui l’étudient objectivement afin de soigner ses maux. Cette contextualisation faite, permettez-moi maintenant d'aborder la question qui couve cette réflexion.
Ce témoignage dont je m’attelle à faire consiste en une autoflagellation, pour parler comme Marième Kane. Car il est question ici, de regarder, d'observer, de scruter, de s'intéresser, d'étudier, d'analyser, de retourner mille et une fois, de diagnostiquer et d'expérimenter le peuple Sénégalais dans lequel je fais partie, pour pouvoir recenser, classifier et catégoriser les multiples choses qui font que ce peuple n'est jusque-là pas encore sur la voie du développement durable.
Chaque discipline a cherché à expliquer les causes du sous-développement des pays de l'Afrique tropical selon ses gourous et ses limites disciplinaires. Des raisons liées à la nonchalance, à l'oisiveté ou encore au manque d'ambition et de volonté entre autres ont été proposées à cet effet. Mais cette fois, il semble que ce sont de braves socio-anthropologues qui se sont joints à ce programme d'explication du sous-développement de ces pays sous un angle purement socio-anthropologique, différent.
Au King Fadh PALACE , à la réunion qui s'inscrivait dans le programme appelé les mercredis du MEDS (Mouvements des Entreprises du Sénégal) à laquelle j’étais convié avec mon ami Khalifa sall pour démarcher un partenariat entre le MEDS et HANDI FESTIVAL INTERNATIONAL et dont l'objectif principal était de se prononcer sur l'état de la préparation de la 10ième Edition de la Cérémonie Internationale de Remise des Cauris d'Or, M. MBOUP, Le secrétaire général de cette dite organisation, qui intervenait sur les différents aspects qui bloquent l'émergence du Sénégal, a mentionné le fait qu'il existait une étude qui avait été consacrée à ce sujet et qui dénote que "l'un des facteurs fondamentaux qui causent ce blocage consiste en la méchanceté de ce peuple."
Cette étude, selon M MBOUP, a relevé deux aspects extrêmement importants liés à la mentalité de ce peuple et qui ne sont rien moins que les causes qui rendent ce dernier minable. D’une part, on a ce que les auteurs de cette étude appellent « l’esprit tropical ou sahélien » qui n’est rien d’autre que la logique de raisonnement enraciné et chapeauté de méchanceté qui détermine la manière de vivre des peuples tropicaux du sud, et d’autre part il y a ce qu’ils nomment « l’esprit bantu » en le qualifiant comme cette sorte de pureté philosophique dans l’approche et la mécanisation de la « sociabilisation ».
Le Sénégal étant à ranger dans la catégorie des pays ayant l’esprit sahélien.
Comme explication de ces terminologies ou concepts employés, nous pouvons nous appuyer sur ces cas concrets lesquels aucun membre de ces communautés n'ose, pour peu qu'il/qu'elle soit objectif (ve), nier.
Au Sénégal et les pays tropicaux du Sud, c'est l'esprit sahélien qui gouverne les gens et leurs interrelations. Le groupe se veut de fonctionner d'une manière qui ne voudrait, n'accepterait et ne tolérerait presque jamais qu'un membre puisse accéder à ou prendre l'ascenseur social et jouir d'une promotion personnelle. A chaque fois qu'un membre du groupe réussit à être soufflé d'un vent de chance qui lui propulse au sommet de la pyramide sociale, tout le groupe se ligue à son tour pour le tirer afin qu'il rejoigne son statut d'avant, c'est à dire qu'il redevienne comme tout le monde dans le groupe.
Aucunement, le groupe n'acceptera de le soutenir, de l'encourager à aller de l'avant afin qu'il puisse se réaliser davantage. L'exemple le plus patent pour confirmer ce cas consiste à ce fait que personne d'entre nous ignore pour ne pas dire a été soit témoin/victime: A l'école, souvent les plus intelligents et travailleurs sont les plus marginalisés. Dès fois même, ils subissent des coups montés par leurs camarades qui n'ont pu supporter pendant longtemps cette haine instinctive (car liée à leur esprit sahélien selon l'étude) qu'ils gardaient en eux depuis qu'ils avaient constaté que ces gens-là étaient doués et pouvaient ainsi aller trop loin. Nombreux sont ceux, parmi ce qui lisent cet article qui ont soit orchestré soit été victimes de ces opérations de ridiculisation, d'expression de jalousie et de méchanceté.
Dans les pays où c’est l’esprit bantou qui gouverne, nous voyons que ce sont des peuples solidaires qui fonctionnent à l’image d’une équipe de football ou disons d’un système où chacun joue son rôle et veille sur les erreurs de ses partenaires. En football par exemple, quand un défenseur en général laisse son couloir et remonte pour aller renforcer son attaque, il a tellement couru qu’il est essoufflé, c’est un attaquant ou un milieu de terrain qui comprend immédiatement qu’un couloir est libéré et il n’attend pas que quelqu’un s’infiltre dans le couloir et arrive à marquer dans leur camps, il se replie aussitôt pour assurer le rôle de récupérateur. Autrement dit, ceux qui sont animé par l’esprit bantou comprennent et pratiquent le soutien mutuel, la solidarité et la complicité. Une réussite personnelle est perçue par le groupe comme étant une fierté pour tout le monde. Ce qui n’est pas le cas avec le peuple sénégalais : d’où la résultante de leur méchanceté pointue.
Marc Zuckerberg n’est pas devenu milliardaire au hasard. Il a été soutenu par ses parents, ses amis et collègues à l’Université ainsi que quelques institutions publiques américaines et l’Etat Américain qui se sont intéressés à son projet ; qui n’était à ses débuts destiné qu’à être utilisé localement et en privé, pour lui aider en à faire un phénomène mondial qui aujourd’hui transcende toutes les frontières. Aujourd’hui, c’est Facebook ainsi que les milliers d’autres initiatives, appuyées par la société civile américaine, les institutions publiques et l’Etat, qui font marcher le pays sur le plan économique et ainsi contribue à améliorer les conditions de vie de tout le monde. Voilà le résultat de la solidarité, de l’entre-aide, de la sincérité et de l’amour.
Mais mon Sénégal pourrit d’hypocrites, de gens malintentionnés qui te sourient à longueur de journée alors que leur seul objectif consiste à te voir malheureux tous les jours quitte à le provoquer eux-mêmes si la nature t’en épargne. C’est seulement ou plus fréquemment au Sénégal que tu verras des gens qui en veulent à leur propres frères et sœurs juste parce qu’ils sont socialement mieux aboutis. Certains iront même jusqu’à mettre en mal plein de monde avec les autres juste parce qu’ayant peur des capacités de ces derniers. Ces exemples ne finissent pas !
L’étude rattache tous les échecs des peuples sahéliens à leur méchanceté et à leur désir de vouloir se promouvoir personnellement en empêchant par tous les moyens nécessaires les autres de connaitre pareille sort. L’on dénombre des milliers de projets et d’Entreprises dans ces pays à l’esprit tropical qui, normalement, si toutes les conditions indispensables à leur développement et maintien étaient réunies (amour, sérieux, travail, entre-aide, solidarité, franchise, sincérité), devait considérablement changer en bien la face de ces espaces géographiques au niveau desquels ils se déploient.
Ainsi, n'ayant pas de qualificatifs exacts pour cette activité qui garnit le quotidien des sénégalais, l’étude a tout simplement préféré le nommer méchanceté et en va pour la pointer comme étant la raison fondamentale du blocage de nos pays. Oui Méchanceté ! Parce que l’on ne puisse comprendre comment un peuple, au lieu de concevoir la réussite individuelle comme une fierté comme cela se passe ailleurs dans les pays développés, peut avoir aussi mal à la digérer. C’est simplement de la pure méchanceté et rien d’autre.
Usman TUREY/Seneweb
Communication. UGB/Saint-Louis/Sénégal
facebook Usman TUREY (Uzzikiller Slzoo)
twitter Usman TUREY (The elusive)

Mail : usmanturey@live.fr

06/09/2016

ENFANT TALIBE

Les deux vases communicants de la rue et de la détresse

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Le retrait des enfants de la rue est, de prime abord, une mesure qui ravit beaucoup et révulse peu. A juste raison. Le temps de l’enfance est synonyme d’amour parental, de protection familiale et de joie torrentielle. Quant à l’enfant, il est un lien du père et de la mère, un trait d’union qui achève la famille et en fait l’unité. Dans « Les feuilles d’automne », Victor Hugo entonne un hymne qui porte l’enfant au pinacle. Lisons ensemble : « Lorsque l’enfant parait le cercle de famille/Applaudit à grands cris/Son doux regard qui brille/Fait briller tous les yeux/Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être/ Se dérident soudain à voir l’enfant paraitre/Innocent et joyeux ».
Belle et poétique vérité ! Dans la réalité, c’est-à-dire dans les rues encombrées de Dakar, lorsque l’enfant en guenilles parait, les flots de passants n’applaudissent pas. Au contraire, ils maudissent tous ceux qui sont, de près ou de loin, les responsables de cette humaine, juvénile et ambulante détresse dont la rue – tel un vase communicant – n’est que le bassin de rétention ou le lit sans drains. Triste spectacle qui démontre que la rue n’enfante pas ; c’est plutôt la société qui lâche puis balance l’enfant dans la rue. Et douloureux constat qui est la trame du fabuleux roman intitulé « Les chiens sans colliers », où l’auteur, Gilbert Cesbron, photographie fort bien les modalités par lesquelles on casse les « colliers », autrement dit, on coupe le cordon familial et programme la choquante clochardisation des enfants.
Autant le sort cruel des enfants de la rue – toile de fond de la volonté présidentielle de leur retrait du décor urbain – est insupportable ; autant la solution préconisée doit être exempte de passions, d’émotions et d’improvisations qui sont habituellement de mauvaises conseillères. Dans ce dossier où des sans-domiciles fixes (SDF), des sans-abris, des handicapés sans revenus, des villageois en exode, des familles brusquement sevrées des salaires de défunts pères et basculées par des locations hors de portée, des réfugiés de la sous-région et des talibés en quête d’aumônes s’imbriquent, le premier axe de travail reste indiscutablement la typologie du phénomène protéiforme des encombrements humains, de ses annexes et de ses avatars. Le b.a.-ba de cette typologie est évidemment décliné dans un faisceau de questions : Qui est qui ? Qui est physiquement désarmé dès la naissance ? Qui vient d’où ? Pourquoi parcourt-il et souvent squatte-t-il la rue ? La somme des réponses aura pratiquement valeur d’inventaire de la plaie, de sa profondeur et de son degré de pourrissement.
L’état exhaustif des lieux aura également la vertu de dissiper l’amalgame mécanique entre les écoles coraniques (les daraas) qui sont un héritage non honteux de l’odyssée spirituelle du peuple sénégalais et la hideuse et très planifiée mafia de la mendicité des talibés, au profit d’une clique de maitres coraniques sans quantum horaire et au détriment de talibés jamais assis sur des nattes mais toujours debout sur l’asphalte. Ce réquisitoire contre les pseudo-maitres coraniques n’absout point les Pouvoirs publics qui, depuis 1960, financent et réforment, sans cesse et sans succès, le mammouth budgétivore qu’est l’Education nationale mais accordent une once d’attention à l’Enseignement chroniquement informel du Coran. La laïcité est peut-être passée par là. Pourtant, l’Enseignement privé catholique (subventionné par l’Etat) dispense des cours de catéchisme aux élèves volontairement preneurs. En dehors de toute contrainte. Il y a des pistes à explorer. Que le gouvernement carbure davantage, gesticule moins et consulte tous azimuts ! Qui peut organiser un dialogue politique peut initier un conclave social.
Dans cet ordre d’idées, la dignité et la souveraineté nationales commandent de décider et d’agir dans un contexte à mille lieues des lendemains de la publication d’un Rapport américain, anglais ou arabe – peut importe l’origine ! – sur le foisonnement affreux des talibés et des mendiants dans les villes du Sénégal. Une gouvernance crédible n’exécute pas (par procuration) un cahier des charges. Tout comme les dirigeants d’un Etat réellement responsable ne captent pas les idées à grande incidence nationale, mais les forgent et les murissent. Au demeurant, une persistante dépendance aux idées ou aux conseils, de fraiche date, administrent la preuve que, durant la traversée du désert (2008-2012), le Président Macky Sall n’avait pas fait une provision d’idées suffisamment pointues pour défier… les défis. La rapidité avec laquelle le Yoonu Yokkute a été chassé par le PSE en est une patente illustration. Enième preuve que sous nos cieux, l’accent est plus mis sur les stratagèmes que sur les programmes. Ne fallait-il pas simultanément, dès 2013, lessiver les rues et traquer les biens mal acquis ? Le pic de la gouvernance au pif sera bientôt et dangereusement atteint.
Globalement, les armes anti-errance et anti-mendicité sont à forger et à tester avec ingéniosité. Dans l’arsenal, on recense déjà la Loi d’Orientation dont l’efficacité ne se vérifiera que dans une expérimentation qui est fâcheusement trainante. En revanche, on observe l’excellence du Centre Guindi situé dans le quartier populeux de Grand-Yoff. Toutefois, une seule hirondelle – belle soit-elle – ne peut faire le printemps des victimes d’enfers combinés que sont l’exploitation, la marginalisation et la paupérisation. D’où l’urgence de financer une constellation de Centres Guindi couvrant les régions et décongestionnant Dakar de son trop-plein de détresses itinérantes.
Du reste, le déficit de structures d’accueil nombreuses et adaptées fonde le pessimisme des observateurs quant au succès de l’opération en cours. Le risque majeur d’une initiative bâclée étant de mettre abusivement à contribution la Croix-Rouge et les Villages SOS qui ont des missions anciennes, claires et, surtout, financées en toute autonomie, loin du fonctionnement plus complexe, moins contrôlable et plus tutélaire voire dirigiste de l’Etat. Canaliser des flots de milliers de personnes diversement en détresse (en particulier 30 000 enfants) vers la Croix-Rouge et les Villages SOS, c’est ensevelir leurs vocations originelles et signer leur arrêt automatique de mort au Sénégal. Gouverner, c’est forcément se saigner aux quatre veines, pour concrétiser les choix et les options censés être fermes. Alors, une question affleure : combien de ressources additionnelles et combien de lois des finances rectificatives sont nécessaires pour nettoyer Dakar de ses scories, par une lourde et soudaine prise en charge de milliers enfants de la rue aussi sinistrés que leurs parents sans-abris et sans ressources ?
Certes, la majorité des Sénégalais – les micros-trottoirs semblent en faire foi – s’engagent ou adhèrent au projet de désencombrement humain, mais ils questionnent le caractère lessivable ou non de la rue, décryptent la réalité aux facettes multiples et in fine aiguillonnent par des réflexions pétries de bon sens et de sagesse lumineuse. Car la tâche est digne d’Hercule. C’est à se demander si le PSE intégralement mis en œuvre pourra vaincre ce qui est, dans une certaine mesure, l’excroissance d’une pauvreté structurelle. Moralité : on ne rafle pas la détresse étalée, on la remplace par l’allégresse partagée. Ainsi, la rue sera moins assourdissante et moins hurlante de malheurs. Le penseur et humoriste Chamfort débitait une banale, savante et savoureuse vérité : « Dans tous les pays, il y a ceux qui ont plus d’appétits que de diners ; et ceux qui ont plus de diners que d’appétits » ». Aux politiques, incombe donc la mission de rééquilibrer les appétits et les diners dans tous les foyers. Telle est l’arme partiellement efficace contre les hordes de hères dans les rues.
Babacar Justin Ndiaye/Dakaractu

02/09/2016

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Pétrole du Sénégal: Tout ce qu'il faut savoir

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Le Sénégal n’a pas encore produit son premier baril de brut, mais les effluves de la malédiction du pétrole tant redoutée s’échappent déjà dans l’atmosphère. C’est que l’énorme potentiel découvert par Cairn Energy charrie des enjeux financiers et politiques capitaux.
L’émergence plus tôt que prévu
Par les temps qui courent, le pétrole n’a pas la même saveur partout. Pour les grands pays producteurs, il a un goût bizarre. Amer. Altéré depuis 2014 par la chute des cours du brut imputable à l’excès d’offre. Les prix du baril ont même oscillé autour de 25 dollars durant le premier trimestre de cette année.
Vendredi dernier, poussés, d’une part, par l’influence négative d’un net renforcement du billet vert et, d’autre part, par les craintes géopolitiques en Arabie Saoudite, ils ont gagné 31 cents à 47,64 dollars. Mais selon les spécialistes, « ces actualités contrastées » sont « insuffisamment décisives pour imprimer une tendance ». Donc pour une nouvelle flambée des cours, il faudra encore patienter.
Le Sénégal observe la situation avec distance, insouciance et une pointe d’assurance. Le pays vient certes d’intégrer le cercle des producteurs d’or noir, mais ne s’inquiète pas outre mesure de la conjoncture difficile qui frappe le secteur. Il l’ignore. Semble le minimiser. Se permet même, dans une atmosphère de morosité absolue, d’étaler sa joie débordante. Il sautille, trépigne en fixant l’horizon avec impatience et appétit.
« C’est un heureux hasard que moins d’un an après la présentation du Plan Sénégal émergent (PSE), qu’on puisse découvrir du pétrole au Sénégal », s’enflammait en octobre 2014 Maïmouna Ndoye Seck, actuelle ministre du Tourisme et, à l’époque, ministre de l’Énergie et du Développement des énergies renouvelables.
Plus tard, lorsque tombèrent les premières estimations du potentiel pétrolier et gazier sénégalais, le Président Macky Sall s’emballa : « Si le Sénégal commence l’exploitation de ces ressources avec une gestion saine et transparente, le pays peut atteindre l’émergence en 2025, bien avant 2035, date butoir du PSE. »
La découverte du pétrole sénégalais est le lieu de toutes les projections optimistes pour le régime actuel et pour nombre d’observateurs. Elle est synonyme de disponibilité en quantité et en qualité de l’énergie. De baisse des prix de l’électricité et du carburant. D’amorce d’équilibre pour la balance des paiements du pays avec les perspectives d’allégement de la facture pétrolière (10% du PIB) couplées aux possibilités d’exportation des éventuels excédents de production. Sans compter que déjà, avant même la production du premier baril, le Sénégal gagne en crédibilité sur le marché international grâce au pétrole découvert dans son sous-sol.
100 mille à 120 mille barils par jour à partir de 2021
La bonne nouvelle est tombée le 7 octobre 2014. Cairn Energy annonce avoir détecté une bonne quantité de pétrole à 100 km des côtes sénégalaises. À 1427 mètres de profondeur sur le bloc Sangomar Deep (Sangomar profond). Moins d’un an plus tard, son Président-directeur général, Simon Thomson, confirme les généreuses estimations. Un chiffre à l’appui : « Nous croyons que nous avons découvert un bassin de classe mondiale avec un potentiel estimé à plus d’un milliard de barils de brut. »
Cairn Energy est une compagnie basée à Edimbourg, en Écosse. Elle est spécialisée dans la production et la distribution d’énergie. Aux côtés du groupe américain ConocoPhilips (35%), de l’australien FAR (15%) et du sénégalais Petrosen (10%), elle détient 40% des licences d’exploitation de trois blocs d’exploration pétrolière au Sénégal : « Sangomar profond », « Sangomar » et « Rufisque ».
Ses prévisions pour le pétrole sénégalais sont d’autant plus alléchantes qu’elles attirent l’australien Woodside Petroleum. Cette compagnie était active dans l’exploration pétrolière au Sénégal au début des années 2000. Au mois de juillet dernier, ConocoPhilips a accepté de lui céder ses parts contre 350 millions de dollars (plus de 175 milliards de francs CFA), plus un ajustement d’environ 80 millions de dollars (40 milliards de francs CFA). Selon Jeune Afrique, « cette transaction doit encore recevoir l’aval des autorités ».
Il faudra faire vite. Le temps presse. L’extraction de la première goutte de pétrole « made in Sénégal » est prévue entre 2021 et 2023. La production espérée est de 100 mille à 120 mille barils par jour. Dans cette perspective, Cairn Energy prévoit de creuser 15 à 20 puits.
Devant ces belles perspectives les autorités sénégalaises débordent d’enthousiasme. Elles ne se préoccupent pas des sombres prévisions, qui espèrent timidement que le baril remontera à 50 dollars d’ici à 2020. Elles entendent à peine les rapprochements entre pétrole et conflits armés. Elles sourient lorsque l’on évoque le risque de voir le pays livré aux rivalités entre grandes puissances autour de cette matière première, certes en voie d’extinction, mais encore indispensable.
Le ministre de l’Énergie, Thierno Alassane Sall, ne boude pas son plaisir. Il se veut confiant, rassurant : « Il n'y a pas à avoir peur de la malédiction des ressources naturelles. Il faut faire confiance à notre génie propre. (Nous avons) un système politique qui a démontré sa solidité et a su faire face à toute sorte de crises. »
Le Sénégal déjà touché par la malédiction du pétrole ?
Le fameux « génie sénégalais ». « L’exception sénégalaise », rectifieront certains. Ce que semble ignorer Thierno Alassane Sall, c’est que souvent les pays producteurs, surtout en Afrique, ne sont pas les acteurs principaux des conflits liés à l’exploitation de leurs matières premières. Le danger vient souvent de l’extérieur. Et ça commence déjà pour le Sénégal avec des germes de conflits qui prennent leurs racines aussi bien à domicile qu’à l’extérieur.
Selon le journal Enquête, l’australien FAR conteste la décision de l’américain ConocoPhilips de céder à Woodside Petroleum, un autre groupe australien, les 35% qu’il détient dans l’exploitation des trois blocs d’exploration pétrolière dont Cairn Energy est l’actionnaire principal. Le journal indique que pour éviter l’éclatement d’un conflit qui entraverait l’exploitation en toute sérénité du pétrole sénégalais, le Premier ministre, Mahammad Dionne, a invité FAR et ConocoPhilips à accorder au plus vite leurs violons.
Sur un autre front, non moins volatile, le même Dionne dut intervenir. Dans une correspondance au vitriol largement diffusée dans la presse, un de ses prédécesseurs, Abdoul Mbaye, demande au chef de l’État d’amener « les voix les plus hautes et les plus autorisées de l’État à répondre à (leurs, lui et les membres de son parti, Act) interrogations de citoyens sénégalais préoccupés par l’opacité de la gestion des richesses nationales ». Ce, notamment, « par la publication de toutes les clauses, sans exception, des MOU, décrets et contrats d’exploration et de production de pétrole et de gaz déjà signés ou en voie de l’être, afin de respecter les règles de transparence dans la gouvernance des ressources naturelles ».
Abdoul Mbaye, devenu chef de parti (Act, opposition), a adressé dans la même correspondance une pique au frère du chef de l’État, Aliou Sall. Il pointe sa « relation particulière » avec Petro-Tim Ltd, qui est lié à l’État du Sénégal par un « contrat de recherche et de partage de production d’hydrocarbures pour les blocs de Saint-Louis Offshore profond et Cayar Offshore profond ». « Il convient de faire savoir aux Sénégalais si vous étiez ou non informé de cette relation particulièrement gênante comme un élément nouveau intervenu dans le processus alors en cours, et qui aurait dû sérieusement poser la question de son arrêt », interpelle l’ancien banquier.
Dans sa réponse, Mahammad Dionne a d’abord renvoyé Abdoul Mbaye aux dispositions de la Constitution du 20 mars dernier consacrant, selon lui, la transparence dans la gestion des ressources naturelles (article 25-1, alinéa 4) et le droit des partis politiques à interpeller les autorités nationales (article 3). Un détour pour sans doute lui signifier que le régime actuel est une maison de verre.
Ensuite, Dionne s’est borné à rafraîchir la mémoire à son interlocuteur en rappelant que « le fonctionnement quotidien des institutions ne permet pas à chaque citoyen, individuellement pris, ou à chaque parti politique, d’interpeller de matière intempestive, parfois fantaisiste, le gouvernement ou le président de la République dont les communications, messages et interventions obéissent à un protocole républicain bien établi ».
Enfin, l’actuel chef du gouvernement a suggéré à l’un de ses prédécesseurs de contacter « les responsables du Comité national de l’Itie » afin de disposer des réponses aux questions qui l’intéressent à propos de la gestion des ressources naturelles du Sénégal.
« Jusqu’à l’extinction de l’univers… »
Comme si la réponse du Premier ministre ne suffisait pas, Aliou Sall a embrayé. Personnellement cité dans la lettre du président de l’Act, et, auparavant sur le même sujet par Birahim Seck du Forum civil, le frère du chef de l’État clame son innocence. Il jure : « Toutes ces accusations ne sont que de l’acharnement, qui ne visent pas ma petite personne, mais celle du Président Macky Sall et son gouvernement. (…) Jusqu’à l’extinction de l’univers, personne ne pourra montrer qu’Aliou Sall a une part dans le pétrole ou le gaz du Sénégal. L’octroi des permis de Saint- Louis et de Kayar a été l’œuvre d’Abdoulaye Wade et Karim Wade avant que le Président Macky Sall ne vienne au pouvoir. Tout le reste est un tissu de mensonges, l’expression de la malhonnêteté ainsi que l’expression de l’acharnement. »
Le Président Macky Sall semble avoir vu venir tous ces remous autour des ressources naturelles du Sénégal. Recevant son dernier rapport, il a invité le Conseil économique, social et environnemental (Cese) à se pencher sur les modalités d’une gestion durable du pétrole et du gaz découverts au Sénégal. «Notre pays s’est déjà engagé dans le processus d’adhésion à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie), a-t-il prévenu. Il est impératif de définir de façon anticipative des stratégies performantes aptes à garantir une amélioration de la gouvernance de ces futures ressources ; car il ne faut pas attendre que le pétrole soit là pour commencer à réfléchir sur comment poser les jalons pour une exploitation transparente et éviter ainsi la malédiction du pétrole comme on le voit malheureusement dans certains pays. »
Dans ce sens, le président de l’Itie, Ismaïla Madior Fall, par ailleurs ministre-conseiller du chef de l’État, trace la voie. Il suggère l’adoption d’un code pétrolier, d’un code des investissements et d’un code des impôts « attractif pour les investisseurs mais rentable et intéressant pour l’économie nationale ». Aussi, souligne-t-il la nécessité de former des juristes spécialisés en droit des hydrocarbures, droit des mines, droit pétrolier. « Il faudra avoir de bonnes lois, de bons contrats pour que s’il y a des négociations avec de grandes multinationales, la partie nationale ait de l’expertise pointue pour pouvoir défendre son pays », recommande-t-il.
Le Sénégal a moins de 5 ans pour mettre en place ses préalables sans lesquels son pétrole risque de devenir davantage une malédiction qu’une bénédiction.
seneplus

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12/08/2016

TRAIN DU DEVELOPPEMENT

Pour que le Sénégal ne rate pas le train après avoir payé le billet

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Tous les acteurs économiques s’accordent sur le fait que le développement des infrastructures de transport est une condition nécessaire, certes non suffisante, pour l’émergence économique d’une nation.
Les systèmes de transports représentent un des piliers fondamentaux de structuration de la géographie humaine et se situent au cœur du développement des systèmes économiques et sociaux.
Une des premières conditions de développement est l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire. Cela n’est possible que par le développement d’un réseau de transport permettant l’acheminement dans de bonnes conditions des denrées entre le lieu de production et la zone de transformation ou de consommation.
Tout citoyen Sénégalais, quelle que soit sa sensibilité politique, doit encourager le développement de telles infrastructures dans notre pays.
Le chemin de fer offre des avantages manifestes par rapport aux autres modes de transport en ce qui concerne un certain nombre d’éléments essentiels de la protection de l’environnement (capacité de transport, encombrement, consommation énergétique, sureté…).
Le Sénégal s’est lancé dans un vaste programme de construction et de rénovation de chemin de Fer. Le Président de la République Macky SALL a fait de la relance des infrastructures ferroviaires l’un des grands chantiers de sa présidence et des projets phares du Programme Sénégal Emergent.
Tant de projets d’envergures au Sénégal font aujourd’hui la Une des Editos du secteur ferroviaire :
• TER DAKAR –AIBD ;
• Construction de 1 520 kilomètres de nouvelles lignes
• Réhabilitation de la ligne Dakar-Kidira
• …
Des milliers de milliards (F CFA) d’investissement sont ainsi prévus sur ce secteur qui a été laissé à l’abandon depuis quelques décennies.
Le savoir-faire et la compétence ont été en grandes partie perdues sur le secteur ferroviaire.
S’il est tout à fait normal que le Sénégal fasse appel à des entreprises étrangères pour la réalisation de son programme de travaux, il faudra obligatoirement, et dès maintenant, prendre des décisions pour éviter que notre souhait de développement soit finalement une niche financière pour les entreprises étrangères.
Localisation de la fabrication et transfert de compétences
A l’instar de la majorité des pays émergents, le Sénégal doit imposer, sous peine de lourdes de sanctions, la localisation (réalisation d’un pourcentage minimum des travaux de construction sur le territoire national). Il s’agit d’un des meilleurs moyens du développement industriel et de participation à la politique de l’emploi ainsi qu’au transfert effectif de compétences.
La Chine est aujourd’hui un géant mondial de l’industrie ferroviaire par la mise en valeurs des acquis issus de l’exigence de transfert de compétences dans l’ensemble de ses marchés structurants.
La formation professionnelle
Dans un pays où l’accès au marché de l’emploi n’est pas garanti après l’obtention du diplôme, il est plus que souhaitable d’orienter la formation vers la demande et les besoins de l’économie locale.
Le développement de formations dans les métiers de la construction ferroviaire, la maintenance, l’exploitation et le service pourrait nous servir à ne pas dépendre totalement d’entreprises étrangères pour la gestion future de nos infrastructures ferroviaires.
Nous devons apprendre de notre passé en disposant de ressources humaines compétentes dans tous les secteurs nécessaires à notre développement. C’est le fondement de notre stabilité économique.
Dans un pays où le taux de croissance dépasse les 6%, au moment où tant de pays développés peinent à atteindre 1%, le rapport de force doit être à notre faveur. Ne pas maitriser toutes les cartes dans un domaine où il est prévu tant d’investissements serait équivalent à payer une amende en cours de voyage alors que nous avons un ticket de transport valable en poche.
Le Sénégal peut être une vitrine de l’industrie ferroviaire en Afrique de l’Ouest, à nous de saisir cette occasion.
Moussa Kébé/Groupe HIOLLE INDUSTRIE/Diack Sall/Senenews

16/07/2016

LETTRE AU PRESIDENT SALL

Retrait des enfants de la rue et de l’exploitation par la mendicité : Monsieur le président de la République, Rentrez dans l’Histoire

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Des maîtres chanteurs aveuglés par des gains immondes sur le dos des enfants recommencent à proférer des menaces contre la République protectrice des enfants.
Toute honte bue, ils réclament le droit d’exploiter les enfants en les forçant à mendier, le droit de vivre de la force de travail prématurée de ces enfants orphelins de la république. Ils réclament le droit de leur faire subir de graves châtiments corporels s’ils ne rapportent pas la somme journalière fixée d’avance. Ils réclament le droit de les menotter, de les frapper à mort, de les soumettre à un stress permanent et à des précarités de vie indignes d’une condition humaine. Ils réclament le droit de livrer les enfants aux pieds nus à l’errance dans les rues de nos principales villes sous la chaleur, le froid, la pluie et à n’importe quelle heure de la journée. Ils réclament notre lâcheté et notre silence complice.
La République s’est toujours couchée devant ces bourreaux d’enfants et leurs complices qui se trouvent aussi dans la société. Nous avons en mémoire la reculade de l’ancien régime alors que le premier Ministre Souleymane NDéné NDIAYE, suite au conseil inter ministériel du 24 août 2010, annonçait et mettait en œuvre le premier plan concret de retrait des enfants des circuits de l’exploitation de leur mendicité.
La deuxième reculade a été marquée par le blocage du Plan Stratégique d’Eradication de la Mendicité Infantile adopté en conseil interministériel présidé par l’ancien premier Ministre Abdoul MBAYE et comme réponse à la tragédie de l’incendie du tristement célèbre daara de la Médina où neuf talibés sont morts brûlés vifs.
le président de la République, votre décision historique de retirer définitivement des rues de nos villes tous les enfants soumis à l’exploitation de leur mendicité, aux négligences criminelles et à diverses formes de maltraitance, honore la République.
Osez donc rentrer dans l’Histoire en étant le Président du Sénégal qui a eu le courage politique de mettre fin à la servitude quotidienne de mendicité forcée, voire à l’esclavage, de dizaines de milliers d’enfants du Sénégal et de la sous région.
La confusion entretenue par la communication de votre premier Ministre limitant votre initiative de salut public et de restauration des droits de ces enfants martyrs à la seule région de Dakar, du moins de Dakar à MBao, ne doit nullement vous engager. Quid des enfants en situations de rue dans les autres régions et victimes de l’exploitation de leur mendicité et d’autres formes d’asservissement? Le bon sens et l’intangibilité des droits de tous les enfants à la protection n’acceptent pas ce non sens et ce manque de courage politique.
Le Sénégal ne mérite point d’être le seul pays au monde et de la Umma islamique où l’Etat et la société ne réagissent pas à cette honteuse exploitation et maltraitance des enfants. Nous sommes des millions de sénégalais qui n’acceptons plus cela. Nous sommes prêts à défendre l’honneur de la République, l’Etat de droit, nos valeurs religieuses et culturelles qui assurent la protection de tous les enfants sans aucune discrimination.
Parmi ce peuple digne qui soutient votre décision, il y’a bien des maîtres coraniques, des imams, des marraines de daaras ou « dey daara », des enfants qui souffrent quotidiennement dans leurs chairs et subissent des mutilations au plan psycho affectif, des enfants et jeunes de tous les milieux , des femmes, des intellectuels, des chefs religieux, d’islamologues, des notables et chefs coutumiers, des artistes et créateurs, des sportifs, des délégués de quartier, des travailleurs sociaux de rue, des acteurs des organisations de la société civile nationale et internationale, des travailleurs, des chefs d’entreprise, des membres de divers partis politiques(je salue au passage les courageuses positions publiques de l’UNP de Moctar Sourang, de la LDMPT, de la Plateforme Avenir Sénégal Binu beug et du Maire de la Médina Bamba Fall).
le président de la République, vous avez également reçu les soutiens de la CEDEAO, du Système des Nations- Unies, de pays amis, de citoyens de pays de la sous région et de toute l’Afrique entière.
C’est vous dire que le monde entier a le regard tourné vers le Sénégal où vous venez de susciter la grande espérance de libération des enfants des pires formes d’exploitation et de pratiques analogues à l’esclavage. Il vous/nous est absolument interdit de briser cette espérance.
C’est maintenant que l’histoire frappe à votre porte. Ne ratez surtout pas ce momentum. Dans le passé nous avons tout essayé pour éradiquer ce phénomène d’asservissement de l’enfant sans y parvenir effectivement. A cet effet, je rappellerai pour la mémoire collective : la tenue, en juillet 1977, du premier conseil inter ministériel consacré à la lutte contre la mendicité des enfants ; l’organisation, dans la foulée de ce conseil inter ministériel et par l’Institut Islamique de Dakar, d’un séminaire national sur la mendicité des enfants de certains daaras avec la participation de diverses associations islamiques, de maîtres coraniques de daaras de grande renommée et des représentants de certaines associations laïques ; l’Instruction d’octobre 1978 du premier Ministre demandant au Ministre de l’Action Sociale de prendre toutes dispositions utiles pour : lutter contre la mendicité des talibés avec le concours de la police et de la justice, ouvrir des centres d’accueil pour les talibés mendiants, appuyer les daaras sur les plans alimentaire et sanitaire ; les tenues en octobre 2006 du premier Conseil Présidentiel sur les enfants de la rue , du Conseil inter ministériel du 24 août 2010 , du Conseil inter ministériel du 13 mars 2013.
Des milliards de francs FCA ont été dépensés dans des programmes et projets dédiés à la lutte contre l’exploitation de la mendicité des enfants, au retrait et réinsertion des enfants de la rue (expérience du Partenariat pour le Retrait et la Réinsertion des Enfants de la rue-PARRER- soutenu par la Banque Mondiale et l’UNICEF). L’environnement légal a été renforcé avec l’adoption de la loi n°2005-06 du 10 mai 2005 relative à la lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées et à la protection des victimes.
Malgré tous ces processus et initiatives publics, soutenus par la société civile et des partenaires techniques et financiers, la présence d’enfants dans les rues à des fins d’exploitation et d’abus ne cessait de croître.
L’action d’autorité requérant la mobilisation de l’ensemble de l’appareil d’Etat s’imposait Votre décision est de l’ordre de la justice réparatrice pour les enfants oubliés, négligés et livrés à des prédateurs de touts bords. Alors M le Président, je vous en supplie : Rentrez dans l’Histoire.
Mamadou WANE dit Mao - Coordonnateur de la PPDH - Membre du Groupe de la société civile, des partenaires techniques et financiers pour la Protection de l’Enfant

04/07/2016

REFLEXIONS PAR RAPPORT AU BREXIT

LE BREXIT : QUELLES LEÇONS POUR UNE NOUVELLE DYNAMIQUE AFRICAINE ?

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Du calvaire financier de la Grèce en passant par le dérèglement de la zone euro, la crise des réfugiés, la poussée des nationalistes, etc. rien ne va plus en Europe ! Jour après jour, l’union s’enfonce dans un euroscepticisme qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Le récent référendum britannique sur le « Brexit » en est une parfaite illustration. Un référendum dont les conséquences politiques, économiques, diplomatiques à long terme [1] ne manqueront pas d’influencer l’avenir de l’Europe tout entière et d’imposer un nouveau principe de réalité [2].
L’UE serait-elle en cours de démolition et le référendum britannique, le début de la césure qui la fait avancer vers la plus grande transformation qu’elle n’ait jamais connue depuis sa création ? De toute évidence, le Brexit menace la construction européenne et fait vaciller l’un des modèles les plus aboutis d’intégration dans ce monde contemporain multipolaire où la construction de blocs est une tentative pour consolider des intérêts communs.
Comment en est-on arrivé là ? Comment « un peuple de grande culture démocratique comme le peuple britannique décide d’abandonner une institution comme l’Union européenne, garante de paix et de coopération dans un espace commun qui a été ravagé par des guerres pendant des années ? [3] ».
Si le rejet de la globalisation [4] explique en partie cet euroscepticisme, celui-ci trouve son origine dans l’incapacité de l’Union à être à la hauteur [5], à répondre aux besoins de ces citoyens et à redonner à « l’idée européenne » tout son sens, une nouvelle perspective, une nouvelle renaissance.
Quand bien même très différent d’un point de vue historique, institutionnel, politique, économique, sociologique..., l’UA, comme l’UE sur laquelle elle s’est, par ailleurs, largement inspirée, fait face aux mêmes incertitudes, aux mêmes défis. Des défis immenses eu égard à « la complexité et la totalité de l’Afrique [6] ».
Ainsi, entre espoirs démesurés et désillusions, entre affirmation du continent africain et dépendance vis-à-vis des instances internationales, entre projets de renaissance africaine et défis économiques et sociaux, le rôle de l’UA et l’empreinte qu’elle laissera sur l’histoire de ses pays membres restent à écrire.
En effet, elle traverse aujourd’hui une crise profonde parce que ne fabriquant plus les imaginaires d’un panafricanisme qui se pense en dehors de ses instances et des systèmes étatiques où les concepts de solidarité, de sécurité et de culture n’ont plus leur place [7]. Parce qu’elle est déconnectée des réalités et n’a pas réussi à intégrer les sociétés civiles dans les discussions. Parce qu’elle reste un cercle de Chefs d’État. Parce qu’elle a échoué sur la plupart des crises politiques et sécuritaires [8]. Parce qu’elle n’a pas les moyens de ses ambitions, parce qu’elle n’inspire plus confiance, notamment auprès de la jeunesse africaine qui, dans un grand sondage récent, brocardait « la quête de pouvoir des politiciens [9] » au détriment des aspirations des peuples.
Pour toutes ces raisons et dès lors que L'Histoire ne doit pas nous prendre au dépourvu, le Brexit doit être l’occasion pour l’Union africaine de revoir sa feuille de route, de s’inspirer des causes et des effets de ce choc historique pour s’imposer une nouvelle vision, améliorer ses institutions, son fonctionnement, rallumer le rêve fédéral et être un acteur résolu de la stabilité et de la prospérité de l’Afrique. Mais, il faut pour cela promouvoir et respecter des valeurs et des principes, se donner les moyens d’atteindre ses ambitions et faire de l’unité africaine l’affaire de tous les Africains.
Promouvoir et respecter des valeurs et des principes
Une union qu’elle qu’elle soit, repose sur des règles, des valeurs et des principes. Si, dans le cadre de l’Acte constitutif de l’union africaine, ces objectifs et ces principes sont expressément mentionnés, quand est-il de leur respect et de leur mise en œuvre ?
La réponse à cette question est loin d’être satisfaisante au regard, entre autres, de ses tergiversations et de ses multiples échecs. L’UA n'arrive plus à sauvegarder la paix sur le continent, à l'image des échecs survenus en Libye, au Mali, au Darfour, au Soudan du Sud, etc. Ses ambitions politiques et économiques ne font plus guère l'unanimité. Son inefficacité à concrétiser le sentiment de « solidarité africaine » est plus que jamais une réalité. Pire encore, elle est frappée par une crise de légitimité et de crédibilité. En définitive, l’UA est victime de ses incohérences stratégiques, diplomatiques, de ses contradictions [10] et des rivalités entre Chefs d’État. Par conséquent, elle ne saurait être résolue « à relever les défis multiformes auxquels sont confrontés notre continent et nos peuples, à la lumière des changements sociaux, économiques et politiques qui se produisent dans le monde [11]» ni à impulser la création d’une Afrique forte, prospère, intégrée et plus protectrice si elle ne s’engage pas résolument à s’appliquer et à respecter les valeurs et les principes qui sont sa raison d’être. Faut-il pour cela redéfinir les critères d’adhésion à l’UA ? Faut-il pour cela être plus ferme dans les sanctions au point d’exclure des instances de l’organisation les États ne respectant pas les principes et les valeurs de celle-ci ? Faut-il pour cela une UA autour d’un noyau dur de pays soucieux de l’Afrique et des Africains qu’une pléthore de pays ne partageant ni les mêmes ambitions ni la même vision de l’Afrique ? Faut-il pour cela opérer un choix démocratique du président de la commission de l’UA ? Ce qui est certain, c’est que le changement doit venir de l’intérieur pour insuffler un nouveau dynamisme à cette organisation, annoncer clairement ce qu’est l’UA, ce qu’elle n’est pas et lui donner les moyens d’atteindre ses ambitions.
Se donner les moyens d’atteindre ses ambitions
La question des moyens est fondamentale et présuppose, par ailleurs, le respect des règles et des principes établis. Mais si ces moyens sont financiers, ce qui est par ailleurs incontournable, ils sont tout aussi institutionnels. Car, comment concilier désir d’intégration et liberté des nations ? Comment assurer une complémentarité voire un prolongement entre organisations sous régionaux et UA ? Comment éviter la concurrence de tous contre tous ? Comment accorder ambition d’émancipation politique, géopolitique, désir d’hégémonie de certains États et « intérêts africains » ? Comment apprécier et/ou faire face à l’inflexibilité de présidents qui font valoir le principe de souveraineté et le sacro-saint concept de non-ingérence si cher à l’UA ?
L’Union africaine doit reprendre son élan pour, au-delà de Vision 2063 qui a pour objectif de relever les nouveaux défis du continent en matière de croissance, mettre en œuvre les instruments institutionnels lui permettant de formuler des idées vraies, claires, et compréhensibles par tous. Cependant, pour pasticher une assertion sur l’Europe et qui pourrait bien s’appliquer à l’UA, ce n'est pas seulement dans le champ institutionnel ni dans les mécaniques d'experts, ni dans les discours et les grandes célébrations qu'il faut s'investir au premier chef [12]: tout cela est beau, bon et il faut sans doute l'accomplir, mais l'urgence n'est pas là. L'urgence se situe dans la réconciliation entre « le rêve africain », « l’idée africaine » et les peuples inquiets pour leur avenir, effarés par l'inefficacité voire l’inaction dont font preuve leurs dirigeants et qui démontre l’impuissance de l’UA. « L’Afrique politique » doit davantage se concentrer sur les grands choix d’avenir, à commencer, entre autres, par la sécurité, la politique industrielle commune, la protection de ses intérêts vitaux, la stratégie commerciale vis-à-vis du monde au lieu de s’autodétruire par des rivalités qui alimentent les rapports de force entre pays africains, la réticence des États membres à abandonner une partie de leur souveraineté.
Il est donc grand temps de refonder l’Union africaine et se rendre à l’évidence, notamment, que toute initiative offensive sans approbation démocratique ni implication des peuples aura tôt ou tard plus d’effets négatifs que positifs.
Faire de l’unité africaine l’affaire de tous les Africains
Si, aujourd’hui, l’Union européenne va très mal, c’est parce qu’elle souffre d’un déficit structurel de démocratie [13], c’est parce qu’elle s’est détournée de ses fondamentaux qui sont politiques, c’est parce qu’elle a, en partie, tourné le dos à ses peuples qu’elle ne défend plus, c’est parce qu’elle s’est lancée plus dans une administration des choses qu’une gouvernance des hommes [14]. Au regard de ce qui précède, concrétiser et pérenniser l’Unité africaine ne saurait se faire sans amener les Africains, de tous bords, à participer activement à la vie de l’organisation. Sans cette participation, cette « bénédiction », l’UA est voué à devenir « un empire non impérial », un « despotisme éclairé et doux », un « machin bureaucratique » et/ou un entre-soi de Chefs d’État au service d’intérêts autres que ceux attendus par les citoyens.
En outre, la construction d’une union viable ne pourrait être fondée uniquement sur des considérations d’ordre mercantiles, sur le triomphe du droit de la concurrence et la globalisation du marché, sur une coalition d’États, mais plutôt sur une « union d’Hommes », une « globalisation de l’état de droit », une expression véridique de la démocratie représentative. Car, quand bien même le débat n’est pas encore posé, le consentement des peuples apparaîtra à un moment donné comme le facteur clef de l’avenir de l’union africaine. Dans ce sens, ne pourrait-on pas permettre à des citoyens africains ressortissants d’un nombre significatif d’États membres et en fonction d’un nombre déterminé de soumettre des propositions appropriées sur des questions pour lesquelles une décision de la commission africaine est nécessaire ?
Nous ne devons méconnaître que « tout gouvernement est menacé d’une effrayante mutation en bureaucratie, le règne non plus du droit ni des Hommes, mais de bureaux anonymes et d’ordinateurs. Leur domination, totalement désincarnée, pourrait se révéler plus dangereuse pour la liberté et pour ce minimum de civilité sans lesquels aucune vie en commun n’est concevable, que le plus monstrueux arbitraire des tyrannies du passé. Ces dangers de démesure et de technocratie toute-puissante menacent en effet de dépérissement et d’extinction toutes les formes de gouvernement. Une fois de plus, cela commencerait comme une idéologie rêveuse et nourrie des meilleures intentions, mais dont les conséquences cauchemardesques ne seraient décelables qu’au prix d’un examen critique [15] ».
Pour créer donc une Afrique forte, prospère et intégrée, entraînée par ses propres citoyens et capable d’occuper la place qui lui revient sur la scène mondiale [16], il est crucial et même urgent pour les dirigeants de l’UA, de penser d’abord à l’intérêt des générations suivantes, de considérer la voix de tous ses enfants, en particulier de sa jeunesse, pour lui donner les moyens de se mêler, de s’unir autant qu’ils peuvent afin de les inciter à reconnaître leur rôle et à prendre leurs responsabilités dans la réalisation du rêve africain
Si, comme le stipule son acte constitutif, l’UA est « résolu à promouvoir et à protéger les droits de l’homme et des peuples, à consolider les institutions et la culture démocratiques, à promouvoir la bonne gouvernance et l’État de droit ; résolu également à prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer ses institutions communes et à les doter des pouvoirs et des ressources nécessaires afin de leur permettre de remplir efficacement leurs missions », elle doit, dès lors, s’enraciner dans des valeurs, des principes, s’ouvrir au monde et faire de la prise en compte des aspirations de ses citoyens, la raison d’être de son existence. Car, c’est en s’attelant aux tâches les plus urgentes que l’UA des femmes et des hommes de bonne volonté se relèvera et reprendra sa marche en avant.
Pierre Sarr
[1] Article 50, http://europa.eu/pol/pdf/consolidated-treaties_fr.pdf
[2] « Comment réparer l’Europe ? », L’OBS, édition n°2694 du 23 au 29 juin 2016, p.32
[3] El Español
[4] http://international.blogs.ouest-france.fr/archive/2016/06/24/brexit-ue-16411.html#more
[5]Alternatives économiques hors-série n° 081 - mai 2009
[6] Hélène d'Almeida-Topor, L'Afrique du 20 siècle à nos jours, Paris, Armand Colin, 2010. 400 pages
[7] Amzat Boukari-Yabara
[8] http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/06/09/comment-madame-dlamini-zuma-a-plombe-l-union-africaine
[9] Matteo Maillard, Le monde Afrique du 17.06.2016
[10] Romuald Likibi, La Charte africaine pour la démocratie, les élections et la gouvernance : analyse et commentaires, Éditions Publibook, 2012, 419 pages.
[11] Cf. Acte constitutif de l’union africaine
[12] http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/brexit-donner-des-frontieres-a-l-europe_1805955.html
[13] Cour constitutionnelle allemande du 30 juin 2009 à Karlsruhe
[14] Christophe Beaudouin, La démocratie à l'épreuve de l'intégration européenne, Broché, 2013, 562 pages
[15] Hannah Arendt, philosophe du totalitarisme cité par Christophe Beaudouin dans http://www.observatoiredeleurope.com/
[16] Nkosazana Dlamini Zuma, Présidente de la Commission de l’UA

13/05/2016

AMOUL BIDONVILLES!

Un Sénégal émergent nécessite des villes sans bidonvilles

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Les différents régimes politiques qui se sont succédé à la tête du Sénégal ont initié différents projets, programmes, stratégies et plans dans plusieurs secteurs dont le dernier en date est le «Plan Sénégal Emergent (Pse)» pour placer le Sénégal sur les rampes de l'émergence ou du développement. Les résultats obtenus ont été plus ou moins satisfaisants. C'est pourquoi, il nous semble important, par le biais de cette modeste réflexion, d'évoquer un volet important de nos établissements humains : les bidonvilles qui, sans un traitement adéquat, risquent de retarder encore l'émergence tant attendue de notre pays.
L'un des phénomènes majeurs observés ces dernières décennies au Sénégal est le «boom» urbain avec une forte concentration de la population dans les agglomérations urbaines consécutive au taux d'accroissement naturel élevé et à l'exode rural. Cette croissance démographique exponentielle, faute d'une politique d'urbanisme adéquate, n'a pas été bien encadrée et contenue en termes de planification spatiale, d'offre en logements sociaux et de parcelles d'habitations viabilisées notamment, pour les néo citadins. Du coup, les marges ou périphéries des centres urbains ont été «squattées», timidement au début, par quelques habitations qui se sont démultipliées à souhait, au fil du temps, pour occuper des superficies importantes. Aujourd'hui, les bidonvilles ou quartiers précaires ou irréguliers n'occupent pas moins de 30% de l'habitat au Sénégal, ce qui équivaut à plus de 8.000 ha d'occupations urbaines irrégulières.
De telles statistiques, effarantes, montrent l'ampleur du phénomène des bidonvilles dans les villes sénégalaises. Rappelons que ces quartiers précaires ont comme identités communes : l'étroitesse des rues, la promiscuité, l'absence ou la faiblesse des réseaux (eau, électricité, téléphone, assainissement, voirie,) et des équipements (scolaires, sanitaires, socio-éducatifs, cultuels, etc.), l'absence de titres de propriété. A la lecture de cet environnement urbain marqué par des déficits de multiples ordres, il est aisé de comprendre qu'aucune initiative de développement durable ne peut prospérer avec l'absence d'un minimum de conditions de vie décentes voire humanisantes dans ces quartiers densément peuplés et s'étalant sur de vastes superficies.
A un certain moment de l'histoire, pour faire disparaître du décor urbain de tels quartiers mal structurés, l'Etat procédait à des déguerpissements forcés ou «politique du bulldozer» pour les rejeter dans la banlieue lointaine (exemples des villes de Pikine et de Guédiawaye). Mais que de drames sociaux vécus et de frustrations accumulées !
Fort heureusement, au milieu des années 1980, avec l'appui de la coopération technique allemande (Gtz), l'Etat, à travers la Direction de l'Urbanisme et de l'Architecture, a entrepris une nouvelle politique «douce» de résorption des bidonvilles dite «Restructuration et régularisation foncière» dont le quartier de «Dalifort» à Pikine a servi de zone pilote, avec des résultats probants obtenus à l'arrivée. Pour consolider cet acquis et assurer sa réplication à travers les nombreux quartiers irréguliers du Sénégal, un décret présidentiel a été pris en 2000 pour créer une fondation reconnue d'utilité publique, la «Fondation Droit à la Ville» afin que ces populations démunies, pour la plupart, et habitant ces quartiers irréguliers puissent avoir véritablement un «droit à la ville» dans des quartiers fonctionnels et bien intégrés au tissu urbain.
Depuis sa création, cette fondation dépendant du ministère en charge de l'Urbanisme a conduit avec succès des opérations de «Restructuration et régularisation foncière» dont, entre autres, les quartiers de Pikine à Saint-Louis, Khouma à Richard-Toll. Présentement, les quartiers de Hann, Petit Mbao, Grand Médine et Arafat/Grand Yoff sont en cours de restructuration urbaine. A terme, les conditions de vie dans ces quartiers vont être sensiblement améliorées : ouverture et élargissement de voies, mise en place de réseaux divers, octroi de titres de propriété (droits de superficie) à chaque propriétaire de maisons.
Cependant, malgré la présence de cette structure et des opérations, actions déjà menées dans ces quartiers, les interventions sont très limitées et minimes par rapport à l'immensité des superficies de bidonvilles à aménager. En effet, cette forme d'urbanisme curatif qui consiste à créer les conditions de développement des quartiers irréguliers par la mise en place des infrastructures de base et des équipements de proximité nécessitent des moyens importants à mettre en place par l'Etat et les Collectivités Locales appuyés en cela par les Partenaires Techniques et Financiers.
Pourtant le pari de l'émergence ou du développement durable sera relevé, difficilement, si les villes, véritables moteurs de croissance, ne sont pas bien aménagées notamment, dans leurs nombreux secteurs mal ou non lotis qui constituent d'énormes nids de nuisances et fléaux urbains.
A cet effet, il est nécessaire de :
·Renforcer la politique de Restructuration et Régularisation Foncière des bidonvilles ;
·Renforcer les moyens (financiers, humains et matériels) de la structure habilitée à mettre en œuvre la politique ;
·Définir et mettre en œuvre un programme national de résorption des bidonvilles ;
·Réactualiser la législation consacrée en la matière ;
·Renforcer le fonds créé pour la restructuration et régularisation foncière ;
·Réserver des zones de recasement dans les pôles urbains et nouveaux lotissements pour faciliter le relogement des populations qui seront déplacées pour les nécessités d'élargissement des emprises de voirie.
·Harmoniser les interventions des différents opérateurs urbains ;
·Etc.
Le phénomène urbain qui gagne davantage de terrain se présente comme un atout, une opportunité et non une faiblesse et contrainte. A cet égard, dans un contexte où l'émergence est tant brandie, chantée, souhaitée, l'habitat irrégulier ne doit plus trouver sa place au sein des communes et villes du Sénégal appelées à être les locomotives de la croissance. L'atteinte de cet objectif peut, certainement, être facilitée par l'expérience sénégalaise en matière de stratégies efficientes de résorption des bidonvilles dont il faudra juste renforcer, accompagner et hisser au rang qui sied à sa dimension et aux attentes de la proportion importante de populations concernées.
Mamadou DIENG/Lequotidien

08/05/2016

SOMBRE SENEGAL...

Le crépuscule des valeurs au Sénégal ou le triomphe de l’immoralité

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Lorsqu’on évalue le Sénégal au ‘’scandalométre’’ ou à l’’éthicométre’’-excusez des néologismes-, on ne peut pas manquer d’être sidéré, outré par l’ampleur de la gangrène immorale qui ronge notre pays, au point qu’on semble assister à une inversion, à une perversion pour ne pas dire à une érosion des valeurs. Si jadis au Sénégal, les voleurs, les violeurs, les pervers bref les criminels faisaient profil bas lorsqu’ils avaient commis leurs forfaits, et que certains gagnés par la peur, le remords ou par la honte , le fardeau du regard social préféraient s’exiler ou se donner la mort pour ne pas déshonorer les siens et sauvegarder un minimum de réputation ; force est de reconnaitre qu’aujourd’hui les valeurs cardinales qui fondaient la société sénégalaise telles que la dignité, l’honorabilité, la réputation, la patience, la tempérance …sont entrain de s’affaisser comme un château de cartes devant la puissance de l’argent, l’appât du gain, le gout du pouvoir, l’amour du luxe. Le culte de l’honneur était tellement présent dans le Sénégal d’antan que dire à une personne ‘’je te donne ma parole’’ était l’équivalent de lui donner pour gage sa précieuse vie ou de mettre au défi son honneur, car celui-ci pour un homme de valeur est au-dessus de toutes les considérations matérielles à tel point que Shakespeare avait pu dire :’’Tout homme attache de la valeur à la vie; mais l’homme de valeur attache à l’honneur une valeur plus précieuse qu’à la vie’’.
Aujourd’hui, le sens de l’honneur est quasiment absent du comportement de bon nombre de nos concitoyens et le respect de la parole donnée n’a plus aucun de droit de cité et cela de la part des plus hautes autorités de l’État championnes des dires et des dédires. Le mensonge, la traitrise, la scélératesse sont tellement monnaie courante qu’être véridique apparait comme une anomalie.
C’est d’ailleurs pourquoi la calomnie, la délation, sont érigées en règle de conduite .Pour cause à longueur de journée, la presse colporte des informations inexactes sur des personnes qui perdent à jamais leur dignité et leur honorabilité. La tricherie, les magouilles, les combines malveillantes sont tellement banalisées que prendre la résolution de vivre selon la droiture devient un acte de déviance ou défiance au sein d’une société gravement malade de ses élites politiques et de ses soi-disant guides spirituels. En effet, au sein d’un système maffieux, d’une administration rongée par la corruption, le détournement récurrent ; vouloir vivre selon l’éthique et le sens du patriotisme devient un frein pour sa carrière voire un risque pour sa vie, car des forces obscures, ’’ des charognes’’ macabres sans vergogne travaillent à décourager toute tentative de déverrouillage et de mise à nu d’un système de partage illicite des deniers publics. Ces administrateurs et cadres, souvent plus fortunés que les vaillants entrepreneurs, sont même capables de vendre leurs âmes au diable pour protéger leurs sources de revenues illicites .Il suffit d’observer le train de vie plus qu’élevé de certaines catégories de fonctionnaires, de scruter les biens matériels qu’elles détiennent dans un pays aux maigres ressources ,pour comprendre que l’accumulation de biens matériels a pris le pas sur le soucis du respect du bien commun ou de la construction nationale .
Ce qui est révoltant ,c’est moins les crimes et les violations flagrantes de la loi que le traitement de faveur que ces bandits hauts perchés dans les plus hautes sphères de l’`État reçoivent en prison et l’impunité complice dont ils bénéficient de la part de dame justice . Ces personnes criminelles, drapées du manteau de la célébrité, protégées par des lobbies politico-religieux et affairiste, adulées par une foule aveuglée par l’ignorance, saoulée de musique, de lutte et de danse; narguent constamment les lois du pays et n’hésitent pas à s’accorder un semblant de virginité morale, une illusoire renaissance publique à coup de rhétoriques ou de campagnes de séduction médiatique que des scandales sexuels et financiers avaient sérieusement entamé.
Peu importe le style de vie douteux que certaines célébrités mènent où un niveau d’enrichissement fulgurant que connaissent certains arrivistes à la fortune injustifiable ; ils bénéficient toujours du soutient sans faille de certains opportunistes ,troubadours ou laudateurs accrochés à l’idée que l’argent n’a pas d’odeur aussi longtemps qu’il permet d’ouvrir les portes de la réussite sociale .Sans état d’âme ,les artistes, les promoteurs de lutte s’empressent d’organiser des événements mondains, de les faire parrainer par des hommes politiques ,par des fortunés sortis de nulle part ou même paradoxalement par des personnalités religieuses rien que pour amasser de l’argent sans peine. Nos artistes, nos musiciens et certaines célébrités ne se gênent plus d’ailleurs à faire de leurs productions musicales une litanie d’éloges sur des gens nanties au point que la création artistique devient de plus en plus médiocre au profit d’un giottisme mercantiliste à peine voilée. Certains ‘’artistes’’ sans scrupule aucune n’hésitent plus à aller courber l’échine devant le président gambien Yaya Djameh pour profiter de ses largesses ou de ‘’sa générosité’’ fruit des sacrifices de son peuple meurtri par une répression implacable.
Le signe le plus symptomatique de cette perversion morale, c’est le rapport quasi pathologique que certains guides religieux entretiennent avec l’argent, la femme, le luxe et le pouvoir. Sous couvert de servir la religion ses prétendus guides religieux à la moralité douteuse se servent de la religion au point de lier et de délier des alliances avec le pouvoir en vigueur au gré de leurs passions charnelles, et telles des girouettes, ils suivent le vent des avantages et des privilèges que pourraient leur octroyer les autorités politiques entrainant dans leur nomadisme vicieux une horde de fidèles déboussolée par la méconnaissance de la science religieuse.
Que dire du mutisme ou de la mutation de certains acteurs de la société civile qui dans un passé récent combattaient les violations des droits des citoyens et le tripatouillage de la constitution de l’ancien régime, mais aujourd’hui qui sont devenus de fervents défenseurs du régime actuel au point de cautionner toutes ses dérives anti-démocratiques(interdiction de marche, condamnation d’opposants selon des motifs légers, non respect des règles élémentaires de passation de marché, monopolisation des médias publics, gestion clanique … ).Bon nombre d’ ONG et de partis politiques sous prétexte qu’ils travaillent pour le bien du peuple, utilisent leurs organisation comme des moyens de pression et des tremplins pour s’offrir une visibilité publique afin de bénéficier des privilèges du pouvoir.
Nos politiques ne sont ni de gauche ni droite, ils ont aujourd’hui divorcé avec les idéologies telles que le socialisme, le libéralisme, le communisme, ils ne sont en réalité plus mus par des convictions doctrinales si on observe les alliances contre-natures qu’ils nouent sur le dos du peuple et surtout de la facilité avec laquelle ils transhument vers la parti au pouvoir. Au fond, le seul objectif de la pléthore des formations politiques au-delà de leurs rhétoriques, de leurs querelles idéologiques de façade est de leurrer le peuple pour accéder au pouvoir et s’accaparer ainsi des ressources du pays.
En un mot, le constat est amer, toutes les entités du pays censées défendre les valeurs religieuses, morales, démocratique sont aujourd’hui perverties par l’amour des privilèges et du pouvoir, le goût du luxe. Il reste maintenant à espérer que les rares personnes de valeurs du pays vont enfin prendre leur responsabilité en s’offrant en exemple de droiture en face d’un peuple sevré de modèle de moralité ,en faisant entendre leurs voix à défaut de s’engager socialement ou politiquement, en faisant comprendre à la masse la primauté du savoir sur l’avoir, du mérite et du travail sur le favoritisme et la facilité , de la dignité et de l’honneur sur la cupidité et indécence morale ,du patriotisme sur l’égoïsme pour freiner cette marrée perverse qui submerge le Sénégal, sans cela le naufrage moral sera irréversible et lourde de conséquence pour l’avenir de notre nation.
Ciré Aw/Seneweb

03/05/2016

AVIATION: LE SENEGAL ET LA TURQUIE

UN ACCORD AVEC LES TURCS EST-IL BIEN RAISONNABLE?

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Un récent article de "Air Transport" vient encore de dénoncer un grave incident à Madagascar. Mettant en évidence les capacités des pilotes turcs opérant hors de l'Europe. Ce vol a déjà eu des problèmes récurrents de pannes et de mauvaise gestion des AOG par le staff turc, les passagers étant restés bloqués 48h avant l'arrivée d'un nouvel A340. Rater un seuil de piste d'atterrissage n'est même jamais arrivé à l'aéroclub Iba Gueye avec des apprentis pilotes.
On doute qu'un partenariat entre Air Senegal SA et la compagnie nationale turque Turkish Airline, puisse apporter de la sécurité et du professionnalisme au Sénégal qui possède d'excellents techniciens et pilotes et où Dakar AIBD deviendra le pourvoyeur de routes africaines pour Istamboul, sans aucune plus value de prix de confort et surtout de sécurité pour les sénégalais et touristes.
Hormis le fait de faire reprendre la dette colossale de feu Sénégal Airline et étouffer un mouvement social, on ne vois pas bien l'intérêt d'une telle opération après l'expérience de la RAM qui pourtant était bien plus compétente.
Le Sénégal peut avoir les moyens de remonter une compagnie nationale, et à ce titre, apparemment une société suisse indépendante était prête à financer plusieurs avions très récents, l'ex ASI, tournait avec un remplissage de 78% et assurait la desserte sur l'Êurope et la sous région, c'est une volonté politique qu'elle soit bien gérée, pas un problème de compétences.
Turkish serait-elle le pire des cas de figure?
JC

23/04/2016

Un clavier en Sérère!

Un p'tit effort Mr Mac

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Le 2 décembre 2014, l’Assemblée Nationale sénégalaise a introduit plusieurs langues vernaculaires dans les débats officiels. Un programme de traductions simultanées d’un coût de 450 000 euros a en effet été mis en place, pour les 50% de députés qui ne maîtrisent pas suffisamment la langue officielle, le français, pour suivre les débats avec efficacité.
Ne vous moquez pas si rapidement, j’en vois venir certains : voici quelques commentaires sur la Bretagne, qui n’ont qu’un peu plus de cent ans :
« Les Bas-Bretons ont un langage dur et difficile à comprendre. Leurs habitudes, leurs coutumes, leur crédulité et leurs superstitions leur laissent à peine une place au dessus de l’homme sauvage . Le paysan y est d’une malpropreté dégoûtante. Son habitation peut presque se comparer à celle d’Hottentots(...) En général les paysans ont une mauvaise physionomie, stupide et brutale à la fois. » (Malte Brun, 1831) . Ou encore, « Le petit Breton est abandonné à lui-même dès qu’il peut marcher. A peine vêtu, malpropre, il patauge toute la journée par les chemins, mange à l’écart un morceau de pain noir, joue peu, ne parle pas(...) S’il a huit ans d’âge physiquement, il en a trois à peine pour le développement intellectuel.... » (Poitrineau, inspecteur d’académie à Vannes, Instruction, 1897).
Je demande pardon aux bas bretons de les avoir pris comme exemple, mais je sentais déjà le souffle du vent de la moquerie, laquelle n’a pas sa place dans mes propos.
Cette décision est tout à fait louable dans la mesure où les langues vernaculaires font la richesse d’un pays, (on enseigne aujourd’hui en France le Breton, le Catalan, l’Occitan et le Basque, qui sont devenues des « langues régionales ») et l’on se félicite de l’aide européenne pour une dépense si pertinente. D’autant qu’un député Bédik, né chez les Bédik et vivant chez les Bédik n’a aucune raison de maîtriser le français, langue à laquelle il n’est jamais confronté. Et pour ceux qui prétendraient qu’il faudrait avoir fait des études pour gouverner un pays, je rétorquerai qu’il suffit de voir où nous conduisent nos énarques pour se dissuader du contraire. Mais une fois de plus je m’égare…
Pour ma part, vivant en pays Sérère et comptant y finir mes jours, le plus tard possible avec l’aide de dieu et, je le crains, de façon abrégée si je devais avoir un jour recours au corps médical, j’ai décidé d’apprendre le Sérère. Oui, j’en avais assez de subir un « bruit de fond » à longueur de journée, car lorsque l’on ne comprend pas un traître mot d’une langue que les gens parlent à longueur de journée à vos côtés, on finit par ressentir un bruit de fond qui devient rapidement désagréable, voire insupportable, d’autant qu’il incite à l’isolement intellectuel. Bien entendu, il reste la solution de passer sa vie à s’abreuver au bistrot pour parler avec d’autres francophones, mais moi, je suis plutôt village, à chacun son truc. Et, je vous l’assure, depuis que je connais quelques mots de sérère, ma vie s’est transformée : mon attention est désormais captée, que dis-je captivée, par les conversations, et je commence à deviner si l’on parle d’un cochon ou d’une voiture, sans encore comprendre si le cochon va être mangé ou s’il a été volé et si la voiture va être vendue ou si elle va être repeinte, mais je tends l’oreille et j’ai l’impression de participer. Je vous l’assure cela change la vie !
En bon élève, je me suis muni d’un cahier et un crayon et j’ai commencé à travailler. Et je me suis dit qu’il serait quand même plus simple de tout mettre sur mon Macbook qui ne me quitte jamais : l’étude d’une langue en déshérence n’interdit pas les technologies du futur, je vous l’assure. Pour preuve, il est même encore aujourd’hui des tribus dans des territoires très reculés du monde qui vivent à l’ère du sidéro-numéro-lithique, nous en reparlerons sans doute un jour.
Bien, revenons à nos Mbaal (moutons en Sérère) : Oh, surprise et déconvenue ! Il n’existe aucun clavier numérique adapté aux ordinateurs Apple, qui puisse taper les quelques lettres propres (et quasi imprononçables) à l’alphabet Sérère ! Rappelons tout de même que la firme Apple se classe la cinquième au monde en terme de ventes d’ordinateurs et qu’alors que tout le marché est à la baisse, Apple est en constante progression. Voilà, c’est navrant. Vous voulez faire un effort d’intégration, et un état qui dépense 450 000 euros pour faire entrer le Sérère à l’Assemblée Nationale n’a pas pensé à faire concevoir un petit programme à trois francs six sous qui permettrait d’écrire en Sérère quand on utilise le deuxième système d’exploitation de la planète.
Consternant, non ?
Messieurs les députés des minorités linguistiques sénégalaises, ne ferez-vous donc rien pour que vos langues ne meurent pas? Franchement, être infoutu d’écrire trois lignes en Sérère avec son Mac en 2016, j’ai l’impression de retourner dans la préhistoire !
Reginald GROUX/Miam Miam/Jardin d'Aïda/Djilor

21/04/2016

COUP DE GUEULE D'UN RESTAURATEUR

 

Hôtels et Restaurants : Le nettoyage obligatoire des tiroirs caisses.

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Le restaurant Miam Miam à Djilor Djidiack est implanté au beau milieu d’un vaste jardin à la végétation luxuriante, qui fait comparer le lieu à un « petit paradis » dans nombre d’élogieux commentaires laissés par les Tripadvisoriens bien avisés. Surtout comparé à l’enfer nauséabond des décharges sauvages qui bordent la sortie des villages avoisinants, dont personne n’a l’air de se soucier plus que cela.Bref, ce n’est pas là mon sujet, venons-en aux faits : La première année de notre ouverture nous avons reçu la visite d’un agent de l’hygiène qui venait pour désinsectiser le jardin et nous débarrasser des cafards qui pullulaient dans la cuisine, assurait-il. Je lui ai fait remarquer que le mois de février était l’un des rares mois de l’année où il n’y avait pas de moustiques et que notre cuisine, entretenue avec un soin méticuleux n’abritait ni cafard, ni vermine d’aucune sorte.C’est la loi, me fut-il répondu, et en bon citoyen, je me suis plié à la loi. Il faut dire que le lascar, revêtu d’un uniforme brun de style jeunesses hitlériennes, béret plié sous l’épaulette, galons argentés comme le ventre d’un yaboy, et son comparse,accoutré comme un personnage de science-fiction, flottant dans sa combinaison intégrale, pesants réservoirs accrochés sur le dos, encagoulé d’un masque à gaz façon bataille de Verdun, la lance de pulvérisation à la main toute prête à répandre son brouillard létal, avaient de quoi impressionner…Ils sont revenus l’année suivante, à la même époque exactement. Je les ai proprement foutus à la porte.D’abord parce qu’il est imbécile de démoustiquer à l’époque où il y a le moins de moustiques. Ensuite parce que s’il fallait démoustiquer, il faudrait le faire tous les quinze jours. Ensuite encore, parce que l’on est incapable de me donner une garantie que les moustiques appartenant à mes voisins, moins soumis que le nuage de Tchernobyl qui s’était, lui, arrêté aux frontières françaises, je disais donc la garantie que les moustiques appartenant à mes voisins ne viendront pas derechef occuper un territoire libre de toute occupation. Le moustique est volage, c’est bien connu. Re-ensuite et re-encore, parce que le produit que l’on veut répandre dans mon jardin (deltamethrin) est « Nocif et dangereux pour l’environnement, très toxique pour les organismes aquatiques et peut entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement aquatique ».
Et que cet insecticide est « hautement toxique pour les abeilles », selon la fiche du fabricant. Nous sommes à 50 mètres des bolongs, vaste zone aquatique protégée, biosphère classée au patrimoine de l’humanité, et tout le village produit du miel artisanal. Faut-il enfreindre une loi pour en respecter une autre, je vous le demande ? Faut-il empoisonner toute la nature et la population pour tuer des moustiques qui reviendront la semaine suivante ?En ce qui concerne la cuisine, le produit anti-cafard que l’on essaie de me forcer à appliquer est du Baytex 550, classé comme POISON selon les normes européennes.Je vous engage à consulter la fiche du fabricant : Poison, interdit sur les surfaces lisses (pavage, dallage, chape…), interdit à proximité des mares et cours d’eau,interdit dans tous les lieux contenant de la nourriture ou des ustensiles de cuisine, dangereux par inhalation et contact avec la peau, risque possible d’effets irréversibles. En fait, c’est un désinfectant pour les étables et les fosses sceptiques spécialement adapté aux araignées. Voilà ce que l’on veut mettre dans ma cuisine! Quant aux quantités que l’on voudrait me facturer, ce sont celles prévues pour 5 hectares en ce qui concerne le démoustiquant, soit 16 fois la dose et pour 66 litres de préparation pour ma cuisine de 40 m2, soit 22 fois la dose. De qui se moque-t-on ?Laissez-moi maintenant en tirer les conclusions :Il fut un temps, pas très lointain, où les administrations se payaient souvent « sur la bête ». Ces temps sont révolus, le Sénégal est entré dans l’ère de la modernité, de la transparence et de l’efficacité, même si certains font encore de la résistance abusive.Les visites effectuées par les agents des services de l’hygiène en février ou en avril, au moment supposé des pics de fréquentation touristiques, n’ont qu’un but véritable : celui de nettoyer les tiroirs caisses des hôtels et restaurants lorsqu’ils sont au plus haut (c’est à dire malheureusement très bas) , au détriment de la santé publique, de la protection des abeilles et des poissons, en marge de toute déontologie .Messieurs les inspecteurs du district sanitaire de Dioffior, je ne doute pas qu’une âme bienveillante ne vous transmette cet article.Un agriculteur australien vient d’être condamné à 5 000 dollars, soit 2,3 millions d’amende pour avoir utilisé du Baytex, cela devrait faire réfléchir. Je ne succomberai pas à ce qui ressemble davantage à un racket qu’à une obligation de santé publique,d’autant que je n’ai rien vu au code de l’hygiène qui fasse état d’une obligation quelconque en la matière, sauf en cas d’épidémie et par décision des « autorités compétentes ». Les articles L 58  et L 59 que vous invoquez ne sont pas pertinents.Le premier n’évoque pas un traitement mais que des « visites », auxquelles je ne me suis jamais opposé, le second parle de désinfection « à domicile », ce qui n’est pas le cas puisqu’il s’agit d’un restaurant.Je ne laisserai personne répandre dans ma cuisine ou dans mon jardin ou encore chez moi un produit hautement toxique pour les individus comme pour les animaux.
Je vous l’ai demandé verbalement, et je vous répète de façon très sérieuse : assignez-moi devant le Tribunal Régional de Fatick! Nous discuterons de vos méthodes, de vos produits, de votre incompétence coupable. Vous ne visitez que les établissements tenus par les toubab, ceux qui sont les mieux tenus. Les boui-bouis sans aucune hygiène abondent, poubelles non fermées, réfrigérateurs jamais nettoyés, mouches et cafard partout, prises électriques au dessus des éviers, toilettes à faire vomir un rat. Mais ceux-là, vous vous gardez bien l’aller les visiter car vous savez d’avance comment vous serez reçus ! Messieurs du service de l’hygiène, vous devez interdire les animaux et les charrettes sur les plages, vous devez mettre des amendes à tous ceux qui déposent leurs ordures à tout va, vous devez interdire les pneus sur la voie publique,réservoirs d’eau où se reproduisent les moustiques, vous devez contrôler la bonne tenue des cuisines des restaurants, du stockage de la nourriture, la propreté des toilettes. Vous devez interdire les cochons, les chèvres, les ânes, les chevaux qui divaguent sur la voie publique. Mais vous ne faites rien de tout cela.Faire appliquer la loi, la même pour tous, la loi efficace, cela ne semble pas être votre vocation. En fait le seul nettoyage que vous vous appliquez à faire, c’est celui des tiroirs caisses des établissements les mieux tenus. Car plus un établissement est propre, plus il a de clients, mieux il paiera. En la matière, vous ne manquez ni d’expérience, ni de savoir-faire.Le président Sall au cours du Forum national de l’administration des 9 et 10 avril2016 a déclaré que « les agents de l’Etat doivent adopter le culte de résultat et cultiver davantage la loyauté, l’humilité, le respect et la courtoisie & quot; et aussi que« L’administration doit être au service des usagers par sa proximité, sa simplicité,sa disponibilité, la lisibilité et l’efficacité de son action ». Vous retiendrez l’efficacité de l’action, je l’espère.Messieurs les agents de l’État affectés au service de l’hygiène, ouvrez les yeux : les« temps anciens » sont révolus ! Faites votre devoir envers tous les citoyens, donnez obligations aux personnes de tenir les villages propres, collez des amendes aux restaurants dont les cuisines sont une insulte à l’hygiène publique, c’est là votre mission première et vous ne manquerez pas de travail. Quant à démoustiquer les jardins, pourquoi ne pas obliger les établissements à s’équiper de pièges à moustiques comme on les oblige à s’équiper d’extincteur ? Les désinsectisations,sauf à très grande échelle, ne servent à rien.Et puisque j’ai eu la faiblesse de vous faire des confidences, je ne vous cacherai pas que tout cela est très déprimant lorsque l’on tient un établissement qui se veut un modèle de propreté.En effet, je ne vous cacherai pas qu’a force de m’empoisonner la vie, la vermine finit par me donner le cafard.
Propriétaires d’hôtels et de restaurants, particuliers, je me bats pour vous. N’hésitez pas à m’envoyer vos soutiens ou vos témoignages, soit à mon adresse mail, soit par le biais de ce blog qui fera suivre si vous souhaitez conserver l’anonymat.
Reginald Groux

 

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20/04/2016

LA PRESSE AU SENEGAL

Liberté de la presse: Le Sénégal progresse de la 71e à la 65e place mondiale

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Le dernier Classement mondial de la liberté de la presse 2016 de Reporters sans frontières place le Sénégal en bonne position. Notre pays a gagné six places, en se classant au 65e rang cette année, alors qu’il figurait au 71e en 2015.
L’indice du Sénégal, qui était de 27, 77, s’élève à 27, 99, dans le présent classement dominé par un trio, Finlande, Pays-Bas, Norvège.
La Namibie domine le classement avec un score de 15, 15, suivi du Ghana (17, 95) et du Cap-Vert (19, 82).
L’Afrique, avec un indice de 36, 9 occupe la deuxième place dans le classement mondial de la liberté de la presse 2016, établi par Reporters sans frontières (RSF).
D’après le site de l’organisation, “l’Europe (19,8 points d’indice) demeure la zone où les médias sont les plus libres”.
“Fait inédit”, l’Afrique “passe devant les Amériques (37,1), l’Amérique latine étant plombée par les violences accrues contre les journalistes”. Viennent ensuite l’Asie (43,8), l’Europe de l’Est et l’Asie Centrale (48,4).
“L’Afrique du Nord/Moyen Orient (50,8) reste la région du monde où les journalistes sont les plus soumis à des contraintes de toutes sortes”, relève RSF.
Amadou L. Mbaye/Senenews

19/04/2016

ENFIN UN EDITORIAL REK!

Aux frontières du Sénégal dort un dictateur

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Pendant que l’ONU vient, enfin, de le nommer en des termes à peine voilés, les sénégalais pensent avoir « le dossier en main ».
Son sommeil est celui des hommes qui tiennent à être contents d’eux. Il est lourd. A force de tranquillisants pour calmer l’angoisse. Il est écrasant. Pour les punaises qu’il piétine dans sa chute. Depuis vingt ans. Son chapelet est devenu un fouet plus cinglant et redouté que celui des commandeurs des plantations esclavagistes anglaises.
Entre mystification et répression, Yaya Jammeh a fini d’installer la terreur en Gambie et dans toute la sous-région. Fini de terroriser la population gambienne abandonnée à son sort par les instances régionales et internationales. Fini de ridiculiser l’Afrique entière à qui il sert de repoussoir et de variable d’ajustement diplomatique et démocratique. Fini de hanter les nuits des sénégalais coincés à la frontière gambienne et griffés par ce suppositoire aux épines plus acérées que le cactus. Fini de nous ramener en arrière.
La mort, ce week-end, de plusieurs dirigeants de l’opposition gambienne, en détention suite à une manifestation pacifique dans les rues de Banjul, n’est que le préambule bien prévisible d’une folie que rien ne semble pouvoir ni vouloir arrêter. Et Amnesty International aura beau dénoncer les exactions du pouvoir gambien et exiger le respect des droits humains des citoyens gambiens, rien n’y fera. La folie habite le corps du dictateur. Mais attention ! Elle est contagieuse. Et elle est en train de se répandre dans la sous-région.
Mais, de tous, le Sénégal en est, elle, une victime consentante. Voire complice. La responsabilité première est celle des autorités sénégalaises. De renoncements en compromissions, de lâcheté en couardise, oui, le Sénégal a laissé ce monstre prospérer et grossir. Son explosion imminente n’est une surprise pour personne.
S’amusant de ses pitreries, ridiculisant ses prétentions, profitant abusivement de sa manne financière suspecte, l’invitant dans leurs shows télévisuels, leurs concerts et combats de lutte, chassant ses opposants du Sénégal dès que l’enfant capricieux de Kanilaï se mettait à tousser, abandonnant en rase campagne, affamés et assoiffés, voyageurs, commerçants et touristes de Casamance aux humeurs outrancières de policiers gambiens bouchant jouissivement le bac à la frontière, obligeant les transporteurs à doubler leurs tarifs pour contourner la Transgambienne, certains de ses intellectuels, sous prétexte d’anti-occidentalisme primaire, se réjouissant de son «authenticité africaine» et de sa «résistance face au modèle colonial«, fermant les yeux sur sa complicité avouée avec les maigres poches de voyous qui non seulement n’ont plus rien d’« indépendantistes casamançais», mais ne sont même plus sénégalais, acceptant sans broncher la décision outrancière, de celui que je m’évertuerai à ne plus jamais appeler « président », de faire passer, du jour au lendemain, de 4 000 francs CFA à 400 000 francs CFA le droit de passage pour les véhicules sénégalais.
Il est temps pour le Sénégal de nommer son bourreau. Avant qu’il ne rue sur lui…
Mais il est vrai que l’urgence est de construire l’autoroute Ila Touba pendant que l’ouverture de la route qui mène de Saré Alkaly à Koungheul, sans passer par la Gambie, permettrait de désenclaver totalement la Casamance et non seulement coûterait 100 fois moins cher mais rapporterait des milliards grâce à cette région, grenier autant craint que maltraité par l’Etat sénégalais.
Face à un voisin aussi inconséquent et incohérent, celui qui tient, toujours, à se faire appeler « son Excellence Cheikh Professeur Alhaji Dr. Yahya AJJ Jammeh Nasirul Deen Babili Mansa (roi qui défie les rivières )», peut continuer à dormir tranquille. A réprimer impunément. A grignoter clandestinement notre souveraineté et nos valeurs…
Edito senenews: Karfa Sira Diallo

18/04/2016

REFLEXIONS SUR LE TOURISME

Bâtir une administration cohérentesimalvue.jpg, efficace autour du tourisme et des transports Aériens

Un brin d'espoir est née avec la déclaration du chef de l’état qui veut désormais une administration efficace et performante. Il déclare je cite : "L’administration doit s’adapter pour être une administration de développement afin de mieux assumer son rôle de locomotive, vecteur de compétitivité et de performances".
Par cette déclaration, l'administration publique du tourisme est interpellée par le chef de l'État, qui poursuit son invite : " Pour atteindre cet objectif, les agents de l’Etat doivent adopter le culte de résultat et cultiver davantage la loyauté, l’humilité, le respect et la courtoisie ".
Il termine en ces termes: "L’administration doit être au service des usagers par sa proximité, sa simplicité, sa disponibilité, la lisibilité et l’efficacité de son action ». Auparavant, le chef a rappelé que : " l’administration est le point culminant, pour ne pas dire le point cardinal de toutes les politiques de développement, celui duquel parte toutes les dynamiques et celui vers lequel elles aboutissement ". Et en conclusion il dit ceci : " Ce n’est qu’avec la vérité et la franchise drapées dans un courage résolu que l’on vainc les hésitations ".
Partant de ce discours, et à présent, nous pensons que la solution aux grands problèmes multisectoriels et pluridimensionnels qui sont posés dans le secteur du tourisme, passe par des référentiels basés sur une démarche d’ensemble de mutualisation des compétences, faisant intervenir en parfaite cohérence un grand nombre d'acteurs pluridisciplinaire du gouvernement pour que les politiques du tourisme soient
suivies d’effet. Il faut surtout que leur conception et leur application obéissent à un souci de cohérence, d'optimisation et d’harmonisation entre les différents agents de l’administration publique.
Aussi, l’idée d’une approche gouvernementale intégrée tend à s’imposer, comme principes de gestion et d’actions pour une administration en veille permanente, qui a pour mission d'encadrer et d'encourager la compétitivité et le développement durable du tourisme. Il s’avère aussi que l’élaboration d’une stratégie touristique peut résolument inciter les autorités compétentes, les professionnels, les populations des lieux dedestination et d’autres parties prenantes à dégager une vision et un plan d’action pour le développement du tourisme et à définir des priorités qui inscrivent de façon concrète le secteur dans la durée et la continuité. C'est ainsi que les stratégies touristiques accordent de plus en plus d’importance à la coopération public / privé. Cette logique vise à repérer les domaines dans lesquels une intervention ciblée des pouvoirs publics peut être particulièrement efficace. Des lors la tenue d'un seminaire gouvernemental sur la transversalité du tourisme, s’avère crucial à travers un large débat sur le rôle de l'administration et des pouvoirs publics, face aux problèmes qui se posent dans le secteur du tourisme et du transport aérien, à l’ère de la mondialisation.
L’ouverture croissante des marchés internationaux est à la fois prometteuse et menaçante pour ce secteur qui, la plupart des pays en conviennent, a beaucoup à apporter au développement social et économique. Indépendamment de la nécessité déjà évoquée par le chef de l'Etat, d'avoir une administration performante, il y a lieu d’élaborer des stratégies à long terme, vue que le tourisme et les transports aeriens jouent un rôle économique important dans certain nombre d’économies de pays africains, ou l’on assiste à un fléchissement du taux de croissance du tourisme qui risque de nuire à leur essor économique, et plus particulièrement à la croissance de l’emploi. Des mesures correctives s’imposent pour redonner de la vigueur au secteur du tourisme; dans cette optique, il appartient aux pouvoirs publics de donner l’exemple en instaurant un cadre d’action adapté ; et pour que les initiatives gouvernementale donnent des résultats, il faut qu’elles soient élaborées et mises en œuvre selon une approche intégrée en tenant, compte de son caractère transversal, et a ses prolongements dans beaucoup de domaines d’actions et de décisions sectorielles et gouvernementales, ou les défis à relever dans le secteur particulier du tourisme pâtit de plusieurs facteurs inhabituels (crise économique mondiale, crise sécuritaire mondiale, crise sanitaire mondiale ça et la.
Et malgre cette tendance, l'OMT s’accorde à reconnaître que les perspectives de la demande de voyages internationaux actuelle et à long terme restent positives, le taux de croissance annuel moyen devant être de l’ordre de 4 %.
Par ailleurs, les exemples passés montrent que la demande de voyages internationaux résiste relativement bien aux chocs interieurs et extérieurs. En dépit de crises de courte durée, une capacité de reprise relativement rapide est très souvent observée. Dans un tel contexte, et suivant les recommandations sur les nouvelles réformes de l'administration prônée
par le chef de l'État, l’industrie du tourisme ne devrait plus être confrontée à un certain nombre de défis qui déterminent non seulement son développement et sa prospérité à long terme, mais aussi les orientations à retenir pour l’action publique qui tourne autour de :
La mondialisation et l’évolution des marchés; l’impact du tourisme sur l’économie dans son ensemble; le changement climatique et le développement durable; l’économie numérique et celle du savoir; les ressources humaines; la productivité et la compétitivité qui viennent renforcer le pouvoir du consommateur, qui accède aux données des marchés mondiaux grâce à l’Internet. Ces consommateurs peuvent faire varier presque instantanément les prix internationaux des produits de base en cas d’augmentation soudaine de la demande sur les marchés émergents. Le tourisme n’échappe pas à cette nouvelle économie mondiale. Il doit parer aux menaces que la diffusion rapide de l’information et l’impact économique de la mondialisation font peser sur l’avantage concurrentiel. Il va de soi que le tourisme participe grandement au processus de multiplication rapide des destinations et l'apparition de nouvelles demandes et de marchés inédits. Le senegal, dans une nouvelle dynamique de diversification, de conquête de marchés dans les flux touristiques internationaux, a plus que besoin de s'appuyer sur son administration, armée de vertus de competences, et de valeurs. L'essor du tourisme est a ce prix etant entendu qu'il soit principalement soutenu par celui du commerce, de la culture, de l'artisanat et de l’investissement international, qui devrait bénéficier du dynamisme affiché par de grandes économies des pays developpes, surtout d'Asie et l'ouverture des pays du BRICS vers le continent africain. Nos économies trouvent ici une issue vers l'industrialisation, et la modernisation de nos unités de production et vers une réelle parité de condition de travail et de pouvoir d’achat.
Telle est la nouvelle donne économique et sociale avec laquelle doit composer notre administration et le secteur du tourisme sénégalais. Ce secteur, de par sa nature même, est sensible à l’évolution des réalités du marché qui accompagnent la mondialisation, moyennant des stratégies d’adaptation judicieuses, que notre administration doit prendre en compte. C'est là ou la problématique du transport aérien qui ne peut être discuter, négocier et régler sans prendre en compte l'option de notre politique de tourisme prend tout don sens. L'administration a également tout à gagner dans ce processus de service public efficace au service des usagers. Parallèlement à ces tendances mondiales, les marchés du tourisme ont aussi amorcé une révolution et une évolution qui va se poursuivre et s'intensifier, grâce a la croissance explosive du tourisme émetteur, liée notamment à de nouveaux marchés comme la Chine, la Russie et l’Inde. Il faut donc déployer de nouvelles compétences en matière de commercialisation et de prestation de services et mettre au point des produits adéquats pour se faire une place dans la cour des grand. Notre administration du tourisme est appelée à etre plus à l'écoute, à la concertation, et à la mise à niveau permanent de ses agents, et à l’élaboration d’une politique du tourisme qui doit tenir compte de l'impact de ces changements.
Le tourisme contribue à l’activité dans presque tous les secteurs économiques, ou il établit d’indispensables liaisons en amont et en aval avec d’autres secteurs dont les transports aériens. Autrement dit, les parties prenantes sont multiples et, pour concevoir et mettre en œuvre des politiques et des programmes se rapportant à ce secteur, les pouvoirs publics doivent traiter des questions aussi bien horizontales via les organismes de références techniques, scientifiques, responsables via les structures spécialisées des transports, des infrastructures, du développement régional, de l’immigration, des douanes, de l’éducation et de la formation, de la santé, de la sécurité et de l'hygiène publique etc... Que verticales, depuis le niveau national jusqu’au niveau local, en passant par les communes, et les régions, d'où la nécessité du transfert de compétences aux zones et pôles toutistiques aux collectivités concernées.
Aujourd'hui, beaucoup d’activités sont classées dans les comptes satellites du tourisme comme étant caractéristiques ou connexes au tourisme. Les dépenses des visiteurs vont directement sur les lieux de destination à des entreprises très diverses qui, souvent, n’ont aucun sentiment d’appartenance au secteur du tourisme, et ne mesurent pas nécessairement la part de leurs ventes qui correspond à la demande touristique. De plus, le secteur compte une forte proportion de PME opérant sur des marchés extérieurs très concurrentiels. Et nos entreprises locales, ont généralement peu de moyens de planification, d’investigation ou de développement stratégique à long terme. Elles tendent à produire et à vendre, une seule composante du produit touristique, ce qui les rendent vulnérable. La complexité du réseau d’acteurs concernés par le tourisme se traduit par une structure morcelée à laquelle les pouvoirs publics peuvent avoir du mal à se retrouver, controler et à appliquer des mesures de politique générale efficace. En conséquence, nos pouvoirs publics doivent reconnaitre que le tourisme nécessite un ensemble complexe de décisions complémentaires concernant l’infrastructure, la stratégie et la planification pour concrétiser les avantages très divers que procure le tourisme et maîtriser les coûts de la destination qui sont des paramètres de premier ordre. Aussi faut-il encourager l’adoption d’une approche gouvernementale intégrée à travers des organes consultatifs et exécutifs, prets à anticiper et à gérer les politiques touristiques qui optimisent les bienfaits économiques et sociaux du secteur du tourisme. L’impact de la mondialisation sur la demande, le transport aérien, l’information, ainsi que la vulnérabilité aux chocs extérieurs, plaident en ce sens. D’où un nouvel impératif de gestion et communication qui est de promouvoir l'excellence le dialogue, la coopération et la constitution de partenariats entre les multiples acteurs concernés, au sein de l’administration publique, du secteur privé et des collectivités locales, à travers un conseil consultatif.
Autre ministère concerné, celui de l'environnement avec l'érosion côtière, qui dévalorise le produit du balnéaire. Ceci avec le changement climatique et ses conséquences pour le tourisme, doivent amener l'administration à accorder encore plus d’importance à la pérennité écologique et du soutien au secteur pour péréniser ses propres activités. L’environnement que les touristes ont envie de découvrir est la condition même de la viabilité et de l’attrait des destinations touristiques. Or le changement climatique risque de multiplier et d’accentuer fortement les menaces environnementales. Il s’inscrit dans un contexte marqué par une sensibilisation accrue du public et par une demande de protection plus rigoureuse de l’environnement par l'administration centrale. Même si des pressions se font de plus en plus fortement sentir, le tourisme reste essentiel au bien-être économique, et dans bien des cas à la survie, de nombreuses populations locales et régionales, car il doit son existence à des destinations où, bien souvent, le lieu et ses habitants se confondent. Il va de soi que le tourisme joue alors un rôle déterminant dans la santé économique de la localité, tandis que la viabilité d’une destination, dépend de l’aptitude des divers acteurs concernés, qu’il s’agisse de l’administration publique à tous les niveaux, du secteur privé ou des collectivités locales, à travailler ensemble à la mise en œuvre des instruments d’évaluation et de réglementations voulus pour que les résultats soient propices à la population et à l’environnement. Ainsi, de plus en plus, les pouvoirs publics cherchent à faire entrer des objectifs sociaux, environnementaux et économiques dans la planification et l’élaboration des stratégies touristiques et environnementales qui s’imposent dans une perspective à plus long terme, avec l’économie du numérique qui suppose que la veille sectorielle soit mieux organisée, coordonnée, analysée et partagée entre les acteurs du tourisme, pour améliorer l’efficience de l’action publique à tous les niveaux.
La transmission des ressources d’information à l’industrie du tourisme, grâce à un meilleur usage des études sur des questions comme les statistiques, les tendances du marché, par exemple, est un domaine dans lequel les pouvoirs publics l'administration du tourisme en particulier doivent intervenir utilement. Malgré les effets de la crise économique actuelle, les perspectives de croissance à long terme du tourisme sont bonnes, étant entendu qu’il faut pour cela attirer, former et retenir une main-d'œuvre de qualité. Le système d’éducation et de formation doit chercher à développer les compétences en la matière pour répondre à plusieurs besoins : accroître la productivité du secteur, familiariser les travailleurs du tourisme avec l’économie numérique, et veiller à dispenser des qualifications dans des domaines tels que les pratiques touristiques durables et les pratiques écologiques, qui prennent de plus en plus d’importance à l’intérieur du secteur. Il convient notamment de promouvoir une culture de l'excellence, de l’apprentissage tout au long de la vie, pour élever le niveau des compétences de l'administration dans le secteur du tourisme tout en améliorant les possibilités de carrière, et retenir plus facilement les salariés clés. Aussi importantes soient-elles pour toutes les destinations touristiques, l’éducation et l’amélioration des compétences vont constituer un défi de taille dans les pays en développement, surtout ceux où l’essor du tourisme est le plus rapide. La concurrence avec des pays à bas salaires comme le notre et pour lesquels les normes de qualité des services sont un enjeu toujours plus grand, devront également faire prévaloir la formation et le perfectionnement du personnel pour accroître la productivité s’ils entendent rester compétitifs. il faut faire en sorte que les programmes de formation et d’amélioration des compétences soient à la portée des entreprises de petite taille. Les compétences en la matière sont réparties entre un large éventail de ministères, chargés notamment des finances, de l’économie, du commerce, de l’interieur, de la formation professionnelle, de la protection civile, de la santé, des transports, du sport, de la culture, de l'artisanat, du développement régional. Seuls quelques rares pays disposent d’un ministère du Tourisme à grand échelle. Pourquoi en va-t-il ainsi ? Les principales raisons sont sans doute d’ordre historique, sachant que le potentiel économique du tourisme et les possibilités de développement dont il est porteur ont été reconnus assez tardivement, alors que d’autres secteurs comme l’agriculture et l’industrie bénéficient depuis longtemps de la protection et du soutien de ministères ad hoc. S’ajoute le fait, souligné précédemment, que le tourisme intéresse un grand nombre de ministères, si bien qu’il est difficile de l’associer à un domaine de compétence précis. Toutefois, le tourisme a gagné en visibilité, et nos gouvernements devraient y voir désormais une activité économique qui mérite d’être prise en considération dans l’élaboration des politiques au niveau national. Il est de plus en plus admis que la contribution du tourisme à l’économie dépasse celle de beaucoup d’autres secteurs importants comme l’agriculture auxquels, de tout temps, les autorités nationales, régionales et locales, ont donné un poids politique bien plus grand.
Dans un secteur extrêmement morcelé comme le tourisme, où les problèmes relèvent de ministères et de niveaux d’administration différents, dont les intérêts sont souvent appréciés très diversement et manquent souvent de cohérence, il est alors facile que cela ne puisse pas fonctionner efficacement. Alors, la recherche d’un consensus minimum sur l’état actuel du tourisme et des decisions courageuses pour la destination Sénégal, relève d'une volonté politique et d'un engagement du secteur privé à accepter la formulation d’une vision à plus long terme et la définition de tâches, d’objectifs et de résultats mesurables pour mobiliser les partenaires clés, et mettre en commun les moyens financiers, les connaissances, les idées novatrices et les préoccupations des populations, mais aussi et surtout pour favoriser le partage par une prise de conscience, tant au sein de l’administration toutes attributions confondues que dans legrand public. Autrement dit, il faut définir des indicateurs de performances qui prennent en compte la capacité des parties prenantes à influer sur les résultats, et qui puissent être mesurés avec exactitude, et faire en sorte que le calendrier de mise en œuvre soit arrêté d’un commun accord et réalisable. Un dispositif de contrôle doit être mis en place pour assurer le suivi et la notification.
Il faut veiller davantage, à l’intégration intersectorielle et au développement des ressources humaines de qualite, car le tourisme est une activité à forte intensité de main-d’œuvre, dans laquelle l’expérience vécue par le visiteur, dans un lieu de destination donné, dépend pour beaucoup, des échanges avec la population locale et les travailleurs du secteur. Il faut que l’éducation et la formation soient axées sur le service au consommateur pour que le personnel en contact avec la clientèle apporte aux visiteurs des prestations de qualité. L'économie "d'experience" au tourisme s'attache à promouvoir l’innovation dans le tourisme et les services connexes a surmonter d’importants obstacles tels que la saisonnalité, l’éloignement par rapport aux grands centres des marchés touristiques et l’étroitesse de l'offre touristique destinée aux nationaux et à des marchés touristiques intérieur que l'administration ne doit pas ignorer.
Mouhamed Faouzou DEME/Dakaractu

06/04/2016

LA CENSURE PAR PRESSION RELIGIEUSE EST DANGEREUSE!

Au Sénégal, le « fanatisme mou » obtient la censure d’un livre sur Mahomet

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Le gouvernement du Sénégal a interdit à la vente, le 28 mars, l’ouvrage de Héla Ouardi, Les Derniers Jours de Muhammad, paru début mars chez Albin Michel. Cette censure fait suite à une levée de boucliers d’ONG islamistes comme Jamra et de certains hommes politiques, dont l’ancien premier ministre Abdoul Mbaye.
N’ayant lu que des résumés du livre de Héla Ouardi, je ne m’avancerai pas sur le fond du texte incriminé. Mais, sans équivoque, cette censure est inacceptable. D’autant qu’il ne s’agit pas d’un brûlot islamophobe mais de l’ouvrage d’une chercheuse et historienne. Ce n’est pas au gouvernement d’un pays laïc d’interdire des ouvrages jugés blasphématoires par un collectif religieux. D’ailleurs, à l’ère d’Internet et de la multiplicité des canaux de diffusion et de lecture, c’est un jeu d’enfant que de se procurer le livre en question ; cette censure est donc vaine et met sous le feu des projecteurs un titre qui serait passé inaperçu dans le pays.
L’obscurantisme en étendard
Elle est surtout une défaite de la pensée et le signe d’un recul dramatique des idées au Sénégal. Nous ne sommes pas obligés d’être tous d’accord, notamment sur une question aussi intime que la foi. La conviction religieuse n’accorde pas une licence à vouer aux gémonies toute pensée contradictoire – ou en l’occurrence plutôt historique. Il faut que nous nous opposions, que nous débattions et que nous confrontions nos points de vue. Ce serait le signe d’une vitalité intellectuelle salutaire qui, malheureusement, tend à céder aux assauts d’une dictature de la pensée unique dans une société qui érige l’obscurantisme en étendard.
La meilleure réponse des docteurs de la foi, au lieu d’appeler à l’interdiction du travail de Héla Ouardi, serait de le lire et d’apporter une réponse intellectuelle aux thèses de la chercheuse associée au CNRS. Mais la frilosité et la nervosité avec lesquelles ces organisations religieuses ont réagi renseignent bien sur l’indigence intellectuelle et culturelle qui sévit dans le pays. Les brigadiers de la foi sont ainsi aux abonnés absents sur la question lancinante de la mendicité des enfants talibés dans les rues de Dakar. Ils ne s’expriment que pour lancer des fatwas contre des intellectuels.
Car cet appel à la censure n’est pas un fait isolé, il fait suite à de nombreuses atteintes à la liberté d’expression dans le pays. Il y a deux ans, le même collectif avait fait enlever des œuvres de l’exposition internationale de la Biennale de Dakar accusées de promouvoir l’homosexualité. Il avait aussi été à l’initiative du sabotage de l’exposition à la galerie Raw Material Company de la Camerounaise Koyo Kouoh.
Il y a un « fanatisme mou » au Sénégal, comme le souligne très justement le jeune écrivain El Hadj Souleymane Gassama dans son récent essai Un Dieu et des mœurs (Présence africaine, 2015). Une volonté de caporalisation des intellectuels, des journalistes, des écrivains et des chercheurs dès qu’il s’agit de la question religieuse. Une poignée d’associations érige une chape de plomb sur le sacré et s’octroie le loisir de juger ce qui est conforme ou contraire à la morale religieuse, une forme de police tropicale du vice et de la vertu. Ces mêmes associations ont demandé récemment l’interdiction de la vente du magazine Jeune Afrique au Sénégal suite à une affaire de caricature. Demande restée sans suite.
Rendre la laïcité cosmétique
Ils avaient aussi jeté à la vindicte populaire feu le professeur Oumar Sankharé, grand spécialiste de Senghor auquel il a consacré de nombreux travaux. Le dernier ouvrage de l’universitaire, disparu peu après, Le Coran et la culture grecque (L’Harmattan, 2014), avait suscité une vague de réactions indignées dont certaines très violentes, l’accusant de blasphème. L’auteur avait été contraint de s’excuser publiquement, défendu seulement par un petit nombre de collègues.
Des intellectuels avaient critiqué le travail de Sankharé, y décelant certaines approximations. La plupart de ses détracteurs, plus excités, n’avaient pas lu une seule ligne de l’ouvrage, mais ce sont leurs inepties qui avaient été largement relayées par les médias.
Malgré sa tradition historique de pays de débats intellectuels de haut niveau, notamment entre Cheikh Anta Diop et Senghor à l’époque ou plus récemment entre Mamadou Dia et Abdoulaye Wade, le Sénégal vit depuis quelques années un regain d’intransigeance dont les promoteurs, avec la complicité d’hommes politiques opportunistes, veulent rendre la laïcité cosmétique et régenter l’espace public afin de le rendre religieusement aseptisé.
Pas d’autre choix que de reculer
Certains, dans ce courant islamo-conservateur, n’ont pas renoncé à leur projet initial de faire du Sénégal une république islamique. Le livre de Héla Ouardi est pour eux une manière de fragiliser une république à laquelle ils ne pardonnent pas sa nature laïque.
En dépit d’un espace public sénégalais régi par une laïcité institutionnalisée, les revendications religieuses ont souvent force de loi, l’Etat et la société n’ayant souvent d’autre choix que de reculer. Récemment, le gouvernement qui voulait rendre intangible la disposition constitutionnelle sur la laïcité de l’Etat y a renoncé face à la désapprobation des associations islamistes.
De nombreux intellectuels préfèrent ainsi courber l’échine face aux menaces pour la liberté de création, et à l’exigence du débat contradictoire en démocratie. Mais en laissant, comme ils l’ont fait, le professeur Sankharé se faire traîner dans la boue, et en s’abstenant de réagir vigoureusement face à cette nouvelle censure, ils ne réussissent qu’à désacraliser la pensée et à baisser la digue qui doit préserver les chercheurs des fanatiques, ceux qui réfléchissent de ceux qui éructent.
Hamidou Anne/Le Monde Afrique(Dakar)

05/04/2016

POURTANT, TANT TRAVAILLENT DÛREMENT...

L’énorme défi de Macky Sall : mettre un pays de flemmards sur les rails de l’émergence

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notre pays, le président Macky Sall a, pour la énième fois, invité les Sénégalais au travail : « A présent, mes chers compatriotes, et c’est l’appel que je lance à toutes et à tous, remettons-nous au travail. C’est un impératif patriotique. Seul le travail nous fera avancer ; parce que le travail, c’est ce qui fait vivre nos foyers ; le travail, c’est ce qui fait vivre nos villes et nos campagnes ; le travail, c’est ce qui fait vivre la Nation, consolide notre liberté et conforte notre souveraineté nationale. Ainsi, serons-nous chaque jour davantage les bâtisseurs de notre propre destin, pour que vive notre chère patrie, dans la paix, l’unité et la prospérité», avait-il dit.
En réitérant son appel au travail, Macky Sall laisse entendre que ses compatriotes sont des fainéants. L’appel du président de la République, contrairement à ce qu’il peut penser, n’incitera pas les investisseurs à se bousculer aux portes de notre pays. En invitant pour la énième fois les Sénégalais au travail, le président de la République avoue aussi son incapacité, après quatre années à la tête du pays, de soigner ce mal sénégalais.
Au vu de ce qui vient d’être dit, une question coule de source : comment le chef de l’Etat peut-il mettre un pays de flemmards sur les rails l’émergence ? Enorme défi!
CSS

31/03/2016

TOUCHE PAS A MA SONATEL

«Orange-France veut arracher la Sonatel au Sénégal»

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Le Front National de Salut Public/Moom Sa Reew et Yoonu Askan Wi/Mouvement pour l’Autonomie Populaire ont rencontré le 9 mars 2016, l’intersyndicale des travailleurs de la Sonatel constituée par le Syndicat des travailleurs de la Sonatel (Syts) et du Syndicat national des Travailleurs des postes et télécommunications-section télécom (Sntpt).
Dans le communiqué envoyé à Senego, elles ont rappelé que, France Télécom a démarré dans notre Sonatel un projet d’externalisation qui jusque-là n’était mis en œuvre que dans ses filiales européennes. Or, notre Sonatel n’est pas une filiale de France Télécom. France Télécom avec ses 42% d’actions de la Sonatel n’est pas propriétaire mais partenaire.
La mise en œuvre de ce projet par France Télécom a pour objectif final de s’accaparer de notre entreprise en passant d’abord par le démantèlement du Groupe Sonatel. Nos compatriotes ont parfaitement raison de parler de braquage organisé.
France Télécom est cette société tristement célèbre par sa politique qui pousse ses salariés français au suicide. Malgré les bénéfices de la Sonatel, la politique de France Télécom a réduit le nombre d’emplois de plus de 2500 à un peu plus de 1600 ; le trafic international des filiales de Sonatel qui passait par le Sénégal a été détourné pour transiter par la France ; c’est France Télécom qui nomme les Directeurs généraux des filiales de la Sonatel et contrôle toutes les directions stratégiques ; France Télécom agit déloyalement en volant des licences à la Sonatel (au Niger, au Cap-Vert, en Mauritanie par exemple)…
Tout cela ne suffit pas à France Télécom. La France cherche à consolider sa place en appliquant un plan impérialiste visant à arracher au peuple sénégalais la Sonatel au mépris de la convention de concession de Sonatel qui expire en 2017. Le peuple Sénégalais ne doit pas accepter ce que le Maroc, la Tunisie, l’Egypte et même l’Etat français ont refusé.
Yoonu Askan Wi et Moom Sa Reew dénoncent ainsi l’attitude pour le moins complaisante des autorités et appellent les travailleurs de la Sonatel et le peuple à la vigilance et à la mobilisation.
Le caractère stratégique des télécommunications en fait un domaine de souveraineté qu’il n’est pas question pour Yoonu Askan Wi et Moom Sa Reew de céder à la France ou à un autre pays. Nous refusons que le peuple sénégalais et la Sonatel soient l’orange à presser de la France.
Aussi ces deux s structures ont-elles décidé de participer de manière active aux côtés des travailleurs de la Sonatel et de toutes les forces vives à la lutte pour que la Sonatel reste sénégalaise.
Mangoné KA/Senego

09/03/2016

CIRCULEZ, Y'A RIEN A VOIR!

Les contrôleurs sont sympas!

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Paraphrasant Max Meynier et ses routiers, nous souhaitions juste faire une constatation flagrante vis à vis des forces de l'ordre qui arrêtent les véhicules sur les goudrons sénégalais.
On est loin, très loin du règne d'Abou Diouf où les policiers, les gendarmes et les douanes étaient obligés de verbaliser sénégalaisement afin de se payer leur salaire, non assuré par l'administration...
Du temps du Gorguy Wade, le ressenti était que chaque véhicule arrêté devait, par la force, la ruse, l'intimidation, cracher au bassinet afin de remplir les poches du verbalisant, de son chef, du chef du chef et du cousin du frère du préfet de région...
Les temps semblent révolus. L'évolution sous Macky Sall semble tendre vers une correction bienvenue.
Est-ce du à la rotation des agents, à une directive suivie à la lettre, une nouvelle mentalité? Je n'en sais rien! Si ce n'est que la constatation est flagrante: Les contrôles sont de plus en plus fréquents et d'une correction réellement agréable!
Bien évidemment, les menaces d'attentats dans le monde ont aussi eu leurs répercutions au Sénégal où le renforcement des contrôles, la présence de militaires donne l'impression d'une croissance de contrôles. Et, c'est très bien ainsi!
Mais, la correction et la courtoisie sont désormais de mise. Vraiment!
Politesse, sourire et aide à la remise en circulation sont des constats quasi quotidiens désormais.
Fini le temps où on cherchait la petite bête qui sentait bon les billets de mille, voire de cinq mille.
Papiers en règle et vous avez droit à un merci, un sourire; parfois même "bonne route et à bientôt"!
Constat tant à Dakar, Saly/Mbour qu'ailleurs dans le pays par bon nombre d'usagers de la route.
Petites anecdotes en passant, assez révélatrice de ces changements radicaux: Une jolie petite fliquette, un soir sans lune, me fait signe de me garer sur le côté du goudron. J’obtempère. "Bonsoir Monsieur, puis-je avoir vos papiers?" Ils sont en ordre. La gendarmette me salue en me remerciant et en m'aidant à me replacer dans la circulation. Repassant par la même route quelques 45 minutes plus tard, la préposée aux contrôles me fait signe de me ranger à nouveau. "Alors, déjà de retour?" Bien évidemment, je n'ai pas eu besoin de représenter mes papiers... Elle m'a, à nouveau, souhaité avec un grand sourire "bonne route et soyez prudent".
Un autre contrôle vers Sindia. Gendarme de deux mètres. "Bonsoir Monsieur; vos papiers s'il vous plait". En ordre, il me demande alors s'il peut regarder le contenu de ma malle arrière. Sa lampe de poche s'insinue dans les moindres recoins du coffre, déplace, replace. "Tout est en ordre, vous pouvez repartir, bonne route". Il m'est arrivé le même contrôle sur la corniche de Dakar, vers Terou-Bi. Tout aussi efficace et correct.
Il est loin le temps où on se préparait déjà à la douche froide et chère dès qu'un bras se levait pour vous intimer l'ordre de vous ranger sur le bas côté. Confiscation de document, menace, compromis semblent finis!
Et, c'est tellement bien ainsi!
Soyez en règle de véhicule et de documents, évidemment!
Contrairement aux avis avisés de certains, ce pays change, bouge, se construit sur de nouvelles bases certes fragiles, encore engluées du passé. Mais, il change. En bien, en mieux. L'émergence est encore loin mais elle est en route. Et, que la corruption s'altère déjà au niveau des contrôles routiers est un bon indicateur.

BRB

21/02/2016

POLITIQUE AU SENEGAL

Trop-plein de politique au Sénégal ?

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Si le Sénégal n’est pas le pays le plus politique d’Afrique francophone, il n’en est certainement pas loin. Dans ce territoire encore jeune, il y a une grande et permanente activité politique depuis la fin du 19ème siècle. Cela explique en partie l’appétit politique des Sénégalais. La politique au Sénégal a une dimension gargantuesque, pantagruélique, autour du festin politique populaire et du grand plat national. La politique est de l’ordre de l’alimentation et du ventre, jusque dans le vocabulaire.
Dans une grande démocratie comme les Etats-Unis, beaucoup de citoyens sont atteints d’apathie politique par sentiment de lassitude. Mais aussi parce qu’il y a de grandes choses qui se passent dans d’autres sphères, qui peuvent les attirer et les valoriser. Un grand écrivain comme William Faulkner n’a eu que faire de serrer la main de Kennedy, parce que l’écriture est suffisamment valorisée au point qu’il peut se permettre de refuser une invitation à la maison blanche.
Au Sénégal, la seule sphère qui vaille est la politique. Les autres sphères, scientifique, cultuelle, sportive et artistique sont subalternes, elles ne sont pas suffisamment valorisées et dépendent toujours de la politique. C’est la raison pour laquelle, un universitaire bardé de diplômes ne se contente jamais de jouir du plaisir que lui confère son savoir. Il peut facilement se mettre au pas d’un politicien analphabète. La politique telle qu’elle est étalée sur l’espace publique est tellement valorisée qu’elle attire de façon envoutante des éléments de la Société civile réelle, des universitaires, opérateurs économiques, religieux etc. Aujourd’hui l’espace médiatique est dominé, envahi et même parasité essentiellement par deux castes d’intellectuel : les juristes et les sociologues. Les historiens parlent peu. On entend rarement les voix de Boubacar Barry, Ibrahima Thioub ou Mamadou Diouf. Même parmi les sociologues, les maîtres ne parlent pas, ce sont les disciples de seconde main qui s’expriment. En sciences politiques, on ne voit jamais Mame Penda Ba ou Antoine Tine de l’université Gaston Berger de Saint-Louis. Quant aux juristes, il n’est pas encore loin le jour où on ne les écoutera plus. Cette discipline noble est en train d’être déshonorée par des juristes à la solde. Il n’y a pas plus dangereux que l’onanisme intellectuel. La philosophie qui est la mère des sciences a été discréditée par ses propres enfants, parce qu’ils se sentaient «forts» et brillants. Le Droit est en train de l’être, ici en notre pays. Les circonvolutions, rodomontades et tournures alambiquées qui ressemblent plus à du galimatias ou de la logomachie entendues ces derniers jours autour de la révision de la Constitution, m’ont fait beaucoup rire, d’autant plus qu’ils viennent de personnes instruites. Le Peuple veille au grain. Il est temps aussi que la communauté scientifique universitaire sorte de son mutisme. Je n’ai pas vu ces vingt dernieres années, je peux me tromper, les universitaires, signer des appels historiques, de grandes pétitions ou des manifestes importants autour de questions d’ordre public. Leur responsabilité n’est qu’académique. Notre université manque de sens historique.
Au reste, si l’on remonte très loin selon une méthode braudéléenne, on risque de se fourvoyer. Le Sénégal est un pays historiquement émergent, un Etat de création récente, une unité territoriale qui est toujours en cours. Le Sénégal tel qu’on l’envisage aujourd’hui ne date que de la fin du 19ème siècle. Le territoire ne s’est stabilisé qu’au début du 20ème. Nous avons un pays jeune, très jeune à tout point de vue, notamment en politique. Ceux qui à partir de Saint-Louis, étaient partis présenter leur cahier de doléances à la révolution de 1789, l’ont fait pour rétablir le servage dans ce pays ; ce n’était nullement une démarche d’émancipation. Cet événement qui est aujourd’hui présenté comme un acte fondateur, n’est en vérité qu’une démarche de révision du Code civil de l’époque. Je me demande pourquoi ce fait historique est cité en référence ; on se dit tout simplement qu’il y avait des hommes qui, venant du territoire sénégalais, se sont présentés à la cérémonie de présentation de cahiers de doléances en 1789. Allez savoir qui étaient ces gens. Au Sénégal, l’habitude de fêter une défaite est tolérée et même pratiquée jusqu’au jour d’aujourd’hui. Embellir, édulcorer, «s’en sortir» pour éviter la gêne, l’honorable sentiment de gêne devant l’ignominie et la défaite. Les guerriers Ceddo Meïssa Bouri Déguène Dieng et Tieyacine sont vraiment loin de nous ! Au moment où «des habitants de Saint-Louis» rédigeaient un cahier de doléances contre la Compagnie du Sénégal lors de la révolution française de 1789, la révolution islamique du Fouta s’étendait au Cayor (1790). Au Sénégal, les divergences de préoccupations politiques ne datent pas d’aujourd’hui. Le Sénégal politique et territorial est une coproduction coloniale et autochtone. Faidherbe est une grande figure de la politique en ce territoire au même titre que Lat Dior l’illustre Cayorien. On ne le dit jamais assez !
Le phénomène politique tel qu’il est vécu actuellement est de vie récente, elle a tendance à s’accumuler par une simple loi de la croissance. La culture politique, à ne pas confondre avec l’histoire politique, est de fraîche date. C’est elle davantage qui commande certains réflexes d’accaparement et de jouissance du pouvoir. Les choses sont tellement neuves et récentes que l’histoire par ses lois qui sont plus implacables, mais lentes, n’a pas encore agi pour contredire ou consolider certaines pratiques qui peuplent notre imagination politique.
Khalifa TOURE.Lequotidien

17/02/2016

TOURISME ET EMERGENCE...

Tourisme et Emergence au Sénégal

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En vue d’élargir les bases de sa croissance, le Sénégal a décidé de faire du tourisme une priorité dans son processus d’émergence. Ce sous-secteur des services, négligé dans le passé malgré ses avantages comparatifs, a un fort impact sur l’économie. Le Plan Sénégal Emergent (PSE) ambitionne de régénérer la destination Sénégal en optimisant ses potentialités pour faire du Sénégal un hub touristique. Dans cette perspective, des mesures pertinentes ont été prises, avec de bons résultats déjà, pour que la destination Sénégal puisse enfin profiter au mieux de l’essor du tourisme en Afrique et dans le monde.
Economie du tourisme
Le touriste non résident est le visiteur qui séjourne dans un pays étranger pour une durée inférieure à un an en l’absence de toute activité rétribuée.
Le tourisme est la principale activité au niveau international après le trafic d’armes. Il est un sous-secteur des services même s’il est parfois considéré comme une industrie compte tenu de ses effets d’entraînement.
Effets dans un pays comme le Sénégal: amélioration des termes de l’échange suite à l’augmentation de la demande des biens non échangeables et donc de leurs prix relatifs, avec une élévation du taux de change réel et du bien-être global. Il se produit des effets sur la dépense et les affectations de ressources comparables à ceux du «syndrome hollandais».
Impacts économiques: soutien à la balance des paiements, source de croissance, de devises, de recettes fiscales, d’emplois, de revenus ; facteur de développement local et de lutte contre la pauvreté.
Six étapes du cycle de vie de la destination touristique: exploration (peu de visiteurs, hébergements modestes, ressources naturelles et écosystème préservés) ; décollage avec début de spécialisation ; développement avec croissance touristique significative; consolidation avec approfondissement de l’étape du développement ; stagnation avec perte d’attractivité et de compétitivité; post-stagnation, déclin continu ou régénération.
Etat des lieux du tourisme au Sénégal
Le tourisme, première source de devises au Sénégal, est retracé dans le poste « Voyages » de la balance des paiements. Le solde de ce poste est structurellement excédentaire au Sénégal : 135,8 milliards de FCFA en 2014 contre 134,2 milliards de FCFA en 2012 selon la BCEAO dans sa publication « Balance des paiements et position extérieure globale » du Sénégal en 2014.
Plus grand pourvoyeur d’emplois dans les régions autres que Dakar, il a des activités connexes, transport et restauration. Il représente 6,5% environ du PIB au Sénégal.
Des études économétriques montrent qu’une hausse de 10 % des dépenses de touristes internationaux dans un pays comme le Sénégal se traduit par une augmentation moyenne de 0,6 % du revenu par tête à travers le processus du multiplicateur.
Principaux pays émetteurs: France (46%), Espagne, Italie, Belgique, Etats-Unis, Suisse, Allemagne, pays africains.
Produits: tourisme de loisirs (56%), tourisme culturel et écotourisme (18%), tourisme d’affaires (26%).
Motifs : loisirs, familles, amis, affaires, conférences.
L’évolution du poste « Voyages » de la balance des paiements renseigne une nette prépondérance des voyages à titre personnel (loisirs, familles, amis) comparativement aux voyages à titre professionnel assimilés au tourisme d’affaires.
Illustration en 2014 : 165,4 milliards de FCFA (164,8 en 2012) au crédit des voyages à titre personnel contre 43,6 milliards de FCFA (42,9 en 2012) seulement au crédit des voyages à titre professionnel selon la BCEAO dans sa publication « Balance des paiements et position extérieure globale » du Sénégal en 2014.
Destinations: Dakar-ville, Gorée, Lac Rose, Ngor, Saly, Mbour, Casamance, Saint-Louis, Sine Saloum, Sénégal oriental.
Types d’hébergement : hôtels, habitat privé, auberges, campements.
Principaux acteurs: ministère du tourisme, professionnels à savoir hôteliers et assimilés, agences de voyages.
Atouts: pays accueillant, qualité des établissements hôteliers, qualités humaines des Sénégalais, sites attractifs, climat subtropical ensoleillé, proximité avec le marché touristique européen et américain, bonne cuisine, stabilité politique, démocratie, sécurité, télécommunications adéquates, attractivité culturelle, infrastructures de qualité.
Difficultés : faible diversification de l’offre et des marchés émetteurs, prépondérance du tourisme de loisirs, offre avec déficit d’innovations, déficit de compétitivité et de promotion de la destination Sénégal, disparition de plages, coût du billet d’avion, insuffisance des incitations financières, impôts élevés, manque d’investissements publics, mauvaise gestion, baisse des entrées et des recettes, harcèlement des marchands ambulants et de supposés guides, informalisation, corruption, problèmes d’hygiène, question des talibés, blanchiment d’argent, atteinte aux bonnes mœurs et à l’environnement, sites surexploités, difficultés de circulation à Dakar, indiscipline dans les transports, formation insuffisante du personnel, saisonnalité de la demande, faiblesse relative des dépenses par habitant.
Les politiques touristiques pré-PSE
– Politiques touristiques des années 1970 et 1990 pour augmenter la demande et les parts de marché.
– Assises Nationales du Tourisme en 2002.
– Lettre de politique sectorielle du tourisme en 2005.
– Politique commune du tourisme de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) en 2005.
Ces différentes politiques suivies d’autres initiatives institutionnelles n’ont pas abouti aux résultats escomptés. D’où la stagnation et le déclin du tourisme.
Le tourisme dans le PSE
– Nouveau modèle de développement du Sénégal depuis 2014, le PSE vise l’étape de la régénération, étape ultime du cycle de vie de la destination touristique: nouvelle offre touristique, restauration de l’attractivité, plus de compétitivité, nouveaux clients, nouveaux circuits de distribution permettant de resituer la destination Sénégal dans le tourisme globalisé.
– Développement de 2 à 6 nouveaux pôles intégrés et requalification des sites existants, ciblés autour des filières balnéaires, d’éco-tourisme, de culture, des sites religieux et d’affaires.
– Faire du Sénégal un hub multiservices et un hub aérien de référence au niveau régional.
– Plateformes «Dakar Medical City» et «Dakar Campus d’Excellence» pour contribuer à améliorer l’attractivité et la compétitivité du Sénégal en tirant vers le haut l’offre nationale d’éducation et de soins de santé.
– Offre de «paquets investisseurs» spécifiques aux zones dédiées pour les services et le tourisme : subventions à l’installation, fiscalité et droit du travail adaptés, charges et régime administratif allégés.
– Projets concernant le plan sectoriel pilote artisanat d’art et le plan sectoriel micro-tourisme.
– Accroissement des investissements publics et ceux en partenariat public privé.
– Développement des infrastructures et des services logistiques (portuaires, aéroportuaires, ferroviaires et routières, commissionnaires de transport).
– Création des conditions juridiques, fiscales et financières favorables à l’investissement privé.
– Diversification et structuration de l’offre touristique diversifiée par zone et par saison.
– Dynamiser la valorisation des écosystèmes côtiers.
– Etablir un agenda d’animation culturelle et artistique riche et variée.
– Relever fortement la qualité des services à travers notamment le niveau de formation et de qualification ainsi que les compétences des acteurs du secteur et privilégier un tourisme durable plus intégré.
Afin d’opérationnaliser les actions prioritaires du plan d’actions quinquennal 2014-2018, 24 projets prioritaires ont été élaborées dont 11 fiches pour le développement de l’offre, 5 fiches pour la promotion touristique et 8 fiches pour la gouvernance du secteur touristique.
– Promotion accrue du tourisme d’affaires et de l’artisanat.
Résultats, autres objectifs et projets du PSE
– Croissance réelle de la contribution totale du tourisme et voyage (transport) au PIB: 5,6% en 2015 ; 6,4% en 2014 ; 4,6% en 2013 contre -1,1% en 2010 et -5,0% en 2009 selon les données de World Travel and Tourism Council Data, 2015. Même source pour les données suivantes:
– Croissance réelle de la contribution totale du tourisme et voyage (transport) à l’emploi : 3,4% en 2015 ; 4,2% en 2014 ; 2,8% en 2013 contre -2,1% en 2010 et -4,4% en 2009.
– Croissance réelle des dépenses en tourisme et voyages intérieurs (transports intérieurs) : 3,5% en 2015 ; 5,1% en 2014 ; 2,5% en 2013 contre 0,0% en 2010 et 4,7% en 2009.
– Nombre d’arrivées de touristes internationaux : 1 063 000 en 2013 ; 962 000 en 2012 contre 900 000 en 2010 et 810 000 en 2009.
– Aménagement des sites et renouvellement des produits permettant de réhabiliter et de requalifier les stations touristiques existantes (Saly, Cap-Skiring, Saint-Louis, Dakar, etc.), de valoriser les potentiels touristiques encore insuffisamment explorés (Pointe Sarène, Joal, Mbodiène, Grande Côte, Pays Bassari, Iles du Saloum, Touba, Tivaouane, Kédougou, etc.).
– Objectif de deux millions de visiteurs par an à l’horizon 2018, avec une cible intermédiaire de 1 500 000 touristes en 2016.
– Création de l’Agence Sénégalaise pour la Promotion du Tourisme en vue de mettre en œuvre une stratégie ambitieuse en matière de communication, marketing et promotion de la destination Sénégal.
– Création du Fonds d’Impulsion des Activités Touristiques.
– Vote de la loi accordant un statut fiscal aux entreprises touristiques installées dans le pôle touristique de la Casamance pour une durée de dix ans.
-Nouvel aéroport à Diass :1,5 à 10 millions de passagers. Train express régional.
– Réduction de 50% de la parafiscalité (redevance passager et taxe de sûreté) sur le billet d’avion pour baisser le prix du billet. 5 milliards de FCFA de soutien au secteur hôtelier.
– Suppression du visa d’entrée. Réduction de la TVA.
Préconisations
– Supprimer le ministère du tourisme et créer un ministère des Affaires étrangères et du développement du tourisme en s’inspirant du modèle de la France, une référence dans le domaine du tourisme.
– Diversifier les pays émetteurs en ciblant les Etats-Unis, la Chine, l’Allemagne, les pays du nord de l’Europe, le Brésil, les pays africains. Notons que la polarisation du tourisme sénégalais sur le marché français, 47,5% des entrées au Sénégal, est une source de vulnérabilité et n’est pas viable à moyen et long termes. En effet, les difficultés économiques de la France associées aux risques sécuritaires incitent de plus en plus les Français à privilégier leur propre et belle destination.
– Diversifier l’offre : ressources naturelles et culturelles, infrastructures générales et spécifiques. Mettre davantage l’accent sur les formes de tourisme autres que le tourisme de loisirs peu compétitif, plus particulièrement le tourisme d’affaires, l’écotourisme et le tourisme culturel. Ce qui est cohérent avec les projets du PSE de hub multiservices et de hub aérien de référence au niveau régional.
– Promouvoir l’innovation : adaptation des produits à des cibles de clientèles précises, création d’offres insolites, marketing et commercialisation, applications technologiques liées à internet, gestion des ressources humaines dans l’entreprise.
– Freiner l’érosion côtière et la montée du niveau des mers à Saly-Portudal et à Saint Louis notamment.
– Promouvoir davantage l’écotourisme, source de revenus pour les populations rurales, de lutte contre la pauvreté et vecteur de protection des espaces naturels.
– Privatiser les parcs nationaux et les réserves. Moderniser le parc hôtelier.
– Renforcer la qualité de la formation du personnel et promouvoir les écoles de formation touristique.
– Alléger la fiscalité et mettre en place des dispositifs de financement spécifiques au tourisme.
– Endogèneiser davantage les profits du tourisme. Encourager le tourisme des résidents sénégalais. Améliorer la gouvernance du tourisme. Créer le Compte Satellite du Tourisme.
– Doter le Sénégal d’une compagnie aérienne nationale viable.
– Encourager l’investissement des émigrés dans le tourisme.
– Promouvoir un environnement des affaires plus favorable au tourisme.
Dr Omar NDIAYE Économiste Convergence des Cadres Républicains / CCR-France Coordonnateur Adjoint de la section APR de Tours

18/01/2016

COMMMENT VA LA SANTE SENEGAL?

FOCUS SUR LE SYSTEME SANITAIRE AU SENEGAL

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Les politiques sanitaires au Sénégal sont loin de satisfaire le médecin Félix Atchadé. Dans son ouvrage intitulé «Radioscopie d’un système de santé africain : le Sénégal», présenté hier, vendredi 15 janvier à l’espace Harmattan, le spécialiste des questions de santé publique et médicale fait remarquer plusieurs difficultés dans l’accès aux soins au Sénégal. A cet effet, il propose des pistes de réflexion pour une meilleure couverture sanitaire.
Le système de santé au Sénégal contient plusieurs failles à savoir un bas niveau de fréquentation des structures sanitaires, des inégalités géographiques ainsi qu’un manque d’équité dans les financements. C’est en substance ce que dit l’ouvrage du médecin Félix Atchadé, par ailleurs spécialiste des questions de santé publique et médicale intitulé «Radioscopie d’un système de santé africain : le Sénégal».
Présenté hier, vendredi 15 janvier à l’espace Harmattan, le livre de 248 pages est la «synthèse d’une multitude de rapports, d’enquêtes de terrain et de recherches bibliographiques». L’auteur note à ce sujet un certain «dysfonctionnement» et une certaine «défiance» par rapport au système de santé au Sénégal. Parmi les thèmes traités dans le livre, il y a l’évolution de l’espérance de vie, la mortalité infanto-juvénile et celle maternelle.
Edité à l’Harmattan en 2013, l’ouvrage de Félix Atchadé est en quelque sorte une analyse du système de santé au Sénégal. Dans le livre, les structures sanitaires qui sont hors de Dakar sont les plus précaires en matière d’équipements sanitaires, avec des plateaux techniques qui ne sont pas à la hauteur, et des personnels qui sont loin d’être suffisants. Vu les problèmes de santé au Sénégal, Félix Atchadé a, dans son ouvrage, plaidé pour que l’on ait des politiques sanitaires correspondant aux réalités du pays, en évitant de copier les pays étrangers.
La Couverture maladie universelle (Cmu), dit-il encore, est un progrès mais elle est loin de combler le vide compte tenu «de son décret qui ne concerne ni les fonctionnaires, ni les salariés du secteur». Et donc pour arriver à un système de santé avec moins de failles, il faut un système unifié qui permette l’accès aux soins pour tout le monde, précise Félix Atchadé.
Mariame Djigo/Sudquotidien

08/01/2016

PRIERE D'EQUIDE

Le cheval (marron) rue dans les brancards : Les Sénégalais ont-ils du cœur ?

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Chère Très Haute Autorité,
C’est après mûre et profonde réflexion que je me suis décidé, le mors aux dents, la bave aux commissures et la mort dans l’âme, à vous envoyer cette missive. En effet, au Nom de tous les Miens, que sont les Equidés, plus précisément les ongulés solipèdes, je voudrais par ce biais attirer votre noble attention et tendre regard sur la situation désespérée et infernale que vivent mes congénères dans la région de Dakar.
Vers les années 60, l’autorité compétente avait déjà pris à cet égard des mesures (décret ou arrêté ?) sans doute moins pour s’appesantir sur notre sort que pour des raisons touristiques ; en effet, cette année-là, il avait été demandé à nos maîtres cochers de ne plus nous mener au plateau, la ligne infranchissable étant Lesieur-Colobane Fass -Grand-Dakar ; aujourd’hui, Dakar est de plus en plus pavé , bétonné , goudronné, encombré ; au milieu des éternels bouchons, nous respirons les fumées polluantes, âcres et toxiques, arpentant sans relâche l’asphalte souvent de braise ,sous le soleil de midi ; zigzaguant entre les nids de poulets et les dos de chameaux, nous ne tirons plus sous l’effet des hues et dia, mais trimons à coup de triques et de cravaches ; n’étant pas dotés de culotte comme en Europe, nous ne pouvons manquer de souiller le macadam de moult crottins et autre pissats ; la belle robe de jadis alezan, baie, blanche, brune, fauve ou marron est aujourd’hui enlaidie par un tapis maculé de plaies et pustules purulentes et sanguinolentes.
Taillable et corvéable à merci, ne pensez surtout pas que la nuit tombée nous sommes au repos ; car dès que l’ombre s’épaissit, l’on nous remet le harnais pour les extractions nocturnes interdites de sable ; cela au péril de nos vies car les déplacements, pour rester incognito, se font sans feu ni lumière.
L’autre jour, mon cousin a été renversé par une de ces machines infernales ; le cocher s’est prestement sauvé, abandonnant derrière lui un amas sanguinolent enchevêtré de bois et de chair.
La conjoncture économique défavorable aidant, nos maîtres ne nous nourrissent plus assez, confondant foin et argent (même dénomination en wolof : ¨ngoogne¨) étant plus préoccupés de leur propre sort (c’est humain semble-t-il).Avec l’urbanisation émergente et galopante, nous ne trouvons plus d’herbe pour compléter la maigre ration journalière .En témoignent nos corps efflanqués, nos jambes arquées, nos croupes rachitiques, nos crinières en champs de poireaux ; nous ne nous emballerons contre personne ni ne monterons sur nos grands chevaux ; nous souffrons en silence car n’avons plus ni la force de hennir ni celle de s’ébrouer.
Le Sénégalais se remémore-il que «Le cheval est la plus noble conquête que l’homme ait jamais faite» ? Se souvient-t-il que nous avons servi, servons et servirons dans l’Armée pour la défense de la patrie (même dans ce cas, l’honneur qui sied à notre rang ne nous est pas rendu car en cas de maladie, d’infirmité, en pâture aux lions nous sommes jetés) ? Se souvient-il que l’ascension du Prophète Mohamed (PSL) au ciel se soit faite sur un cheval ¨ALBOURAX ¨? Se souvient-il que le génie protecteur de Dakar, qui a hanté les nuits d’enfance de tous les Dakarois est un cheval (mythologie Lébous) ?
Aujourd’hui, emblème du parti présidentiel, porte étendard de la nation, méritons-nous un sort si cruel comparable à l’âne ¨démocratique¨, symbole de l’opposition. qui péte, trotte et braie? Il n’y a guère l’on nous adulait tellement pour notre galop royal, épique et mythique que certains excès ont été commis ; qui ne se souvient de l’écho équin de la radio Diass-Benteignier ? Et de son émission sur de faux vrais racontars, faussement diffusé à l’encontre de ce Premier ministre qui aurait organisé, en grande pompe, le baptême royal de la venue au monde de sa pouliche.
De tous temps, le cheval a été et doit être signe de noblesse, de puissance, de grandeur !
Président Macky Ingénieur par-ci ! Président Macky Bâtisseur par-là !
Et des ouvrages d’art et des Ponts ! Et des viaducs et des aqueducs, et même des oléoducs !
Duc ! Duc ! Duc !Rek ! Bientôt on l’appellera Macky-Duc !
Voie de dégagement Nord ! Voie de contournement Sud !
1000 km de routes et d’autoroutes ! 2000 mètres de ponts ! Le Sénégal vu de la lune, c’est partout des cratères de chantiers et l’éclosion d’infrastructures tant rêvées et la capitale n’est pas épargnée : Partout l’herbe s’est raréfiée au profit du sable qui vite dégage et fait place nette au pavage que le goudron marron de l’émergence irrévocablement enrobe et élimine chaque jour davantage. Le malheur des uns fait le bonheur des autres :
D’aucuns souffrent de cela et c’est l’objet de ce propos !
C’est pour toutes ces raisons que nous venons, auprès de vous, solliciter votre nécessaire appui pour le transfert de la ligne de démarcation, citée ci-dessus, au niveau de Sébikhotane limite de la région de Dakar ,aux confins du pole premier du PSE ; parallèlement, aider nos maîtres cochers à la reconversion dans le cadre du PSE à mieux que les taxis clandos : les tricycles avec volant (svp s’en référer à notre scribe qui a sous la main un projet bancable par la BNDE ou le Fongip / Fonsis ; l’idée est de troquer a moindre prix une charrette contre un tricycle, les charrettes récupérées feront le bonheur de contrées plus éloignées des centres urbains), instaurer l’obligation à tout propriétaire de charrettes dans les capitales régionales de procéder à son immatriculation, détenir un… carnet de santé où seront répertoriés les visites annuelles ou semestrielles.
La situation est devenue critique et intolérable et nous demandons simplement l’application d’un … remède de cheval ; les idéaux d’humanisme n’ont jamais exclu l’amour des animaux, particulièrement à l’endroit de la gent équine ; soyons à cheval sur les principes moraux qui fondent notre nation pour qu’à l’orée du troisième millénaire, les exercices équestres supplantent les travaux de trait et de transport, que l’éternel outsider d’aujourd’hui reste à jamais le pur étalon de jadis.
Mu par l’espoir de renouveau de la race équine que suscite le nouveau haras national de l’émergence, nous osons croire que notre requête ainsi soumise à l’examen de LHOMME QUI DEVELOPPE DEJA connaitra une suite favorable.
Dans cette attente, nous vous décorons d’avance de nos plus hauts ordres de chevalerie.
Yoro Ba/Blog/seneweb
lien: http://yorobacitoyenzele.seneweb.com/le-cheval-marron-rue...

04/01/2016

LE SALOUM EMERGENT...

Les iles du Saloum pour un Senegal emergent

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La visite d'un citoyen lamda dans une contrée quelconque de surcroit terroir de ses ancêtres peut etre considérée comme un fait anodin.
Cependant visiter un terroir tel que les iles du saloum notamment l'ile de mounde située dans la commune de djirnda département de foundiougne peut sembler un fait majeur du fait de la difficulté d'accès du lieu et aux rudiments du monde moderne que sont l'eau potable ;les infrastructures sanitaires et l'électricité des situations de manque que ces braves et dignes populations niominka ont rarement des canaux d'expression a limage des autres localités du senegal.
En effet même pour participer aux émissions interactives et pouvoir faire part de ses difficultés il faut au moins disposer de l'électricité ne serait ce que pour allumer son poste radio ou son téléviseur ou recharger son téléphone portable.
Loin de moi l'idée de vous faire un carnet de voyage touristique mais juste me donner le droit de parler au nom de ces populations qui me l'ont demandé au cours de notre visite et le sentiment qui m'anime.
Après une journée entière passée avec ces populations nous avons choisi la voie écrite en attendant peut être comme elles l'ont souhaite une audience pour transmettre au chef de l'état l'espoir que ces iles du Saloum placent en sa personne et en son mandat.
Cependant avant la presentation de la situation sociale que vivent les populations des iles du saloum permettez nous de vous presenter de façon tres brève ce qui fait la particularité des iles du saloum ainsi que les personnes qui font sa fierte.
Les iles du saloum c'est dabord l'enclavement a titre d'exemple il faut 1h30mn de pirogue pour rallier mounde en provenance de ndangane sambou .Les iles du saloum ce sont ces localités qui ont vu naitre l'historien Cheikh faty faye de dionewar et l'honorable deputé famara sarr de niodior ;L'honorable deputé Lamine sarr de djirnda ,l'économiste felwine sarr et l'ecrivaine fatou diome de niodior ;mamadou lamine thior ancien dg de la poste originaire de dionewar ;les journalistes mamadou thior de thiallane et moussa thior de mounde sans oublier le defunt regisseur des prisons lamine thior ainsi que le cineaste amadou thior ;le docteur papa moussa thior et lamine thior de mar lothie et les lutteurs yakhya diop yekini de bassoul et bouba mounde et les anciens internationaux sénégalais lamine diatta de thiallane ,arfang kor daba sarr de djirnda et fode toure l'enfant cheri du défunt claude leroi de dionewar pour ne citer que ceux la.
Cependant si nous avons decide de prendre notre plume ce n'est point pour faire l'eloge des populations des iles ni pour vendre sa destination qui sera faite lors de nos ecritures futures mais plutôt pour partager la journée vécue avec ces populations qui manquent de tout mais si fieres et si dignes dans la souffrance.
Comparaison faite on a constate que pas une journée ne passe sans que l'on entende ou que l'on voit des manifestations de colère de populations avec des foulards rouges ou barrant la route pour reclamer de l'eau ou de l'electricité ;des moments de colere bien appréciés par certains confrères cela pour des heures ou des jours vecus sans electricite cela au moment ou de l'autre cote du fleuve saloum dix neuf iles abritent des populations qui n'ont point de route a barrer et n'ont point de medias pour relayer leurs difficultés et dont le courant continu demeure une exception et le courant discontinu la règle et l'eau potable un luxe .
En effet a mounde a l'image des autres iles du saloum l'électricité n'y arrive que de 19 heures a 23 heures et s'il vous plait chaque concession doit cotiser 5000 f pour l'achat du gaz oil qui fait fonctionner le défectueux groupe electrogene jusqu'au 25 du mois,et cette situation n'émeut point ceux la qui envahissent les ondes des radios des que la senelec a des difficultés
Autre difficulté des populations des iles du saloum l'accès a une éducation de qualité car au village de mounde a l'image des autres iles c'est a la communauté de construire son propre collège avant de pouvoir en bénéficier et même si tel est le cas les professeurs et les tables bancs ne sont pas au rendez vous.
Autre difficulté la sante ;point de poste de sante encore moins d'infirmière ;d'ailleurs a djirnda chef lieu de la commune l'infirmière chef de poste et la sage femme ont plie bagages ; les malades sont transportes d'urgence en pirogue artisanale vers le centre de sante le plus proche qu'est foundiougne et pour cela il faut au minimum 2 heures de pirogue et la dernière patiente en provenance de mounde est décédée au cours de son évacuation et cela remonte a un mois.
Autre difficulté l'accès des femmes aux financements. Ces braves insulaires qui transforment les produits halieutiques ainsi que les fruits et légumes n'ont jamais eu d'accès aux financements d'où l'urgence de penser a elles. Cependant ces difficultés n'enlèvent en rien l'espoir que ces populations portent au president macky sall et elles n'ont pas manque de nous le signifier car avec le président macky sall l'espoir est permis dans les iles.
En effet le président Macky sall a été le seul et unique premier ministre du Sénégal a avoir visite les iles du Saloum .Depuis lors beaucoup de régimes sont passes sans même qu'un ministre voir même un directeur national ou un gouverneur ne traverse le fleuve Saloum pour aller rencontrer ces populations demounde ;djirnda ;ngadior ;fambine;baout ;felire ;diamniadio ;velingara,mayaro fangue,fayako.
Hormis cela le président de la république avait dans son discours de lancement de la saison touristique 2014 lance un invite a la promotion de la destination senegal en citant même les iles du saloum ;ce qui nous avait d'ailleurs fait plaisir et fait nourrir beaucoup d'espoirs.
Ajouter a cela le fait que c'est durant son magistere qu'enfin l'eau potable va couler dans le iles du saloum et les travaux de raccordement sont en pleine execution sans oublier le désenclavement avec le pont de ndakhonga inaugure récemment et qui est une porte d'entrée essentielle pour les iles du saloum.
Autant d'elements qui nous font nourrir de l'espoir que les problemes d'infrastructures sanitaires ;d'electricite ;du financement des femmes ;de l'emploi des jeunes seront bientôt de mauvais souvenirs.
Et depuis cette visite que nous avons effectue dans les iles du saloum nous avons choisi de faire de la politique au nom et pour les iles du Saloum car comme le disait winston churchill : « j'ai été élevé a ce stade de la civilisation ou tout le monde se plaisait a admettre que les hommes naissent égaux »donc si cela s'avère vrai les populations des iles du saloum doivent avoir acces aux mêmes privilèges que ceux la de la terre ferme.
Ainsi après cette tournée effectuée a mounde les iles du saloum ont décidé d'accompagner le président dans sa vision pour le senegal afin que les iles du saloum ne ratent pas le train de l'émergence ;accompagner le président afin que les iles du saloum soient au courant de ses ambitions pour le senegal ;accompagner le president pour promouvoir la destination des iles du saloum ;accompagner le president pour que les iles du saloum tirent le maximum de profits du plan Sénégal émergent ;accompagner le president pour que l'electricite ne soit plus un luxe dans les iles du saloum .accompagner le president pour continuer et pérenniser les illustres œuvres de mamadou lamine thior;accompagner le president pour que l'emigration clandestine ne soit plus le seul recours des jeunes et enfin accompagner le president dans les iles pour que les souffrances des femmes et des hommes des soient atténuées.
Moussa THIOR Directeur du cnid/ Ministère de la Jeunesse/ Responsable politique APR Moundé-île du Saloum/Sental II