18/08/2017

MUTILATIONS GENITALES FEMININES AU SENEGAL

13 % des filles de moins de 15 ans sont excisées

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Les mutilations génitales féminines persistent encore au Sénégal, malgré leur interdiction. Les dernières statistiques révèlent que 13 % des jeunes filles sénégalaises de moins de 15 ans sont victimes d'excision, surtout dans la région de Matam.
L'excision est toujours une réalité au Sénégal. Et ce, malgré son interdiction par la justice et les campagnes de sensibilisation pour son éradication. C'est ce que révèlent les derniers chiffres d'une enquête dont les résultats ont été livrés avant-hier, à Guédiawaye. C'était lors d'une journée de dépistage du cancer du col de l'utérus et de sensibilisation sur la santé de la reproduction, l'excision et les mariages précoces organisée par Youth Women for Action (Ywa).
A en croire la présidente de ce réseau constitué de jeunes filles leaders au niveau national, 13 % des filles de moins de 15 ans sont victimes de mutilations génitales féminines ou excision. Dans les détails, selon Néné Fatoumata Maricou, la région de Matam vient en tête avec 53 %. Elle est suivie de Sédhiou avec 51 %, Kolda 46 %, Tambacounda 42 %, Kédougou 36 %, Ziguinchor 32 % et Saint-Louis 31 %. Les autres régions du pays enregistrent de faibles taux. Il s'agit de Dakar 8 %, Kaffrine 6 %, Fatick 2 % et Louga 2 %. Kaolack, Diourbel et Thiès ferment le peloton avec un pourcentage de 1 %.
Par ailleurs, la présidente d'Ywa a relevé que la pratique de l'excision présente un particularisme ethnique, puisque les Soninkés viennent en tête à hauteur de 38,7 %. Ils sont suivis de près par les Diolas avec 37,5 % et des Mandingues avec 36,25 %. Le taux est à 31,1 % chez les Pulaar et 0,5 % chez les Sérères. Les étrangers vivant au Sénégal sont concernés avec un taux estimé à 22,8 %.
Concernant les mariages précoces, le taux national est de 26 %. Les zones les plus touchées sont Matam, Diourbel, Kolda et Tambacounda.
Face à cette situation, Mme Maricou estime qu'il urge de faire certains redressements. A ce propos, elle a préconisé l'installation d'espaces jeunes pour mieux prendre en charge les questions de cette frange de la population ainsi que des campagnes de sensibilisation. Aussi, de l'avis de la présidente d'Ywa, ces solutions doivent être étendues à l'ensemble du territoire national. ''Les gens pensent que ces pratiques ne se passent que dans les régions, alors que tel n'est pas le cas. Car ce sont les campagnards qui viennent dans les banlieues et/ou dans les capitales régionales, s'y installent et continuent toujours la tradition. C'est une continuité'', a conclu Mme Maricou.
CHEIKH THIAM/sen360.fr

16/08/2017

TERRORISME ET INSECURITE

Suite aux attaques de Ouagadougou en cette veille de la célébration du 15 Août, le Sénégal est sous haute tension.

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Des sites comme Saly, Somone et Ngaparou, très fréquentés par les touristes en cette période de chaleur, sont surveillés de très près, plus particulièrement en ce jour de fête.
Selon la RFM qui s’est rendu à Somone, le dispositif sécuritaire a été renforcé.
Des forces de l’ordre sont visibles partout et mènent un contrôle strict.
Une fouille minutieuse et systématique est effectuée sur toutes les personnes qui arrivent sur le site et plus particulièrement sur tous les véhicules.
A Somone, même si les uns et les autres décident de passer de bonnes vacances, l’inquiétude se perçoit et la vigilance demeure le mot d’ordre.
xalimasn.com
ndlr: Ce que l'on constate surtout c'est, comme chaque année avant la Tabaski, une recrudescence de vols et d'agressions en zones touristiques.

ORDURES MAL GEREES

Mauvaise gestion de Mbeubeuss : L’Etat du Sénégal perdrait plus de 85 milliards FCFA par an

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Située dans la grande banlieue dakaroise, la décharge de Mbeubeuss ferait perdre plus de 85 milliards de francs CFA. Et pour cause, la mauvaise gestion de ce site.
Ainsi, la problématique des déchets dans le cadre du projet phare du Plan Sénégal émergent, sur lequel mise les autorités pour permettre au pays d’atteindre l’émergence à l’horizon 2035. Une perspective qui a fait l’objet de plusieurs conseils des ministres, informe le Quotidien.
Il s’agira de mettre en place un cadre de contractualisation avec des partenaires afin de parvenir à impulser une valorisation énergétique , agronomique mais aussi de production de combustibles, selon Ibrahima Diagne, coordonnateur de l’Unité de coordination et de gestion des déchets solides (Ucg).
De son avis, la mise en œuvre de ces solutions alternatives permettra de « régler un problème qui a duré 50 ans et qui est une préoccupation majeure des populations de la banlieue dakaroise ».
xalimasn.com

DU BASKET A L'AMBASSADE

Gorgui Sy Dieng, ambassadeur de la destination Sénégal

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Le basketteur international sénégalais Gorgui Sy Dieng, évoluant en Ligue américaine de basketball (NBA), a été fait ambassadeur de la destination Sénégal par les responsables de l’Agence sénégalaise de promotion touristique (ASPT).
Le nouvel ambassadeur de la destination Sénégal, sociétaire des Timberwolves du Minnesota, est appelé à « mettre à contribution son image par le biais de campagnes publicitaires et de plaidoyers en faveur d’une hausse de la fréquentation touristique du Sénégal par les Sénégalais et les étrangers », rapporte un communiqué.
Dans des propos rapportés par le communiqué, le directeur général de l’ASPT, Mouhamadou Bamba Mbow, explique que cette initiative entre dans le cadre de « l’ambition de l’agence de s’appuyer sur la notoriété internationale de personnalités sénégalaises pour amplifier le rayonnement de la destination ».
Gorgui Sy Dieng « jouera le rôle d’influenceur auprès de ses réseaux et inspirera, sans nul doute, de nombreux touristes qui connaissent peu ou pas le Sénégal”, à l’instar des autres célébrités du monde sportif, culturel et des affaires dont l’ASPT espère obtenir l’engagement, relève la même source. »
« Cette initiative entre dans le cadre de l’ambition de l’agence de s’appuyer sur la notoriété internationale de personnalités sénégalaises pour amplifier le rayonnement de la destination », peut-on lire.
APS/xalimasn.com

15/08/2017

CETTE CHERE SAPCO

Marché de plus de 7 milliards de la SAPCO: L’Armp sabre Bocar Ly

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Déjà épinglée dans le rapport d’audit de l’Armp, en 2015, la Sapco l’est encore dans le marché concernant les travaux d’achèvement de la voirie et des réseaux divers de la zone touristique intégrée de Pointe Sarène. En effet, la Compagnie sénégalaise des travaux publics s’est sentie lésée, alors que son offre était moins chère de plus d’un milliard de F Cfa pour le lot 4 par rapport à l’attributaire. Sans compter les vices notés dans la procédure du choix des attributaires.
La Société d’aménagement et de promotion des côtes et zones touristiques du Sénégal (Sapco) a obtenu des fonds dans le Budget consolidé d’investissements 2017, pour réaliser les travaux d’achèvement de la voirie et des réseaux divers de la zone touristique intégrée de Pointe Sarène.
Au terme de l’évaluation des offres, les entreprises Sotracom et Svtp-Gc, dont les offres ont été jugées conformes, ont été proposées attributaires provisoires, respectivement des lots 1 et 4 pour les montants suivants : Lot 1 à la société Sotracom pour un montant de 3.178.488.624 F Cfa et le lot 4 à l’entreprise Svtp-Gc pour un montant de 4.038.714.522 F Cfa.
Seulement, dès la publication de l’avis d’attribution provisoire du marché, la Compagnie sénégalaise des travaux publics (Cstp SA) a saisi la Sapco d’un recours grâcieux, pour contester le rejet de son offre aux lots 1 et 4.
Ladite société a développé les moyens à l’appui de son recours, afin d’invalider les arguments servis par la Sapco pour rejeter son offre. A l’examen du recours, le Comité de règlement des différends a démonté l’argument servi par la Sapco, en s’appuyant sur les références telles qu’exigé par le Dossier d’appels d’offres, qui a exigé des candidats la réalisation au cours des cinq dernières années de trois prestations de même nature, de valeur minimale d’un milliard cinq cent millions pour le lot 1 et d’un milliard pour le lot 2, au titre de l’expérience spécifique.
Sur ces points la Cstp SA a donné des exemples clairs, mais rejetés par la Sapco, car estime la structure dirigée par Bocar Ly, ces réalisations ont été faites par Cstp Mali, succursale de Cstp SA.
Un argument balayé par le Comité de règlement des différends (Crd) qui soutient que les références de la succursale peuvent être capitalisées par la maison mère. Ainsi, le Crd estime que l’autorité contractante ne peut valablement écarter les références de Cstp Mali. En plus, «l’autorité contractante a rejeté les références considérées comme similaires présentées par Cstp SA au motif qu’elles sont à l’actif de Cstp Mali sans qu’il y ait accord de groupement entre les entités».
Sur ce, l’Armp estime que sur la base des documents présentés au Crd, l’autorité contractante ne doit pas rejeter les références de Cstp Mali, sans au préalable inviter le requérant à compléter les pièces établissant le lien juridique entre les deux entités.
Offre moins disante de plus d’un milliard de francs Cfa
En ce qui concerne le personnel, la Sapco a considéré non conforme l’un des deux chefs d’équipe proposés par le soumissionnaire au lot 1, tandis que pour le lot 4, le reproche porte sur les conducteurs des travaux, ingénieur hydraulicien et ingénieur électromécanicien.
Dans le Dossier d’appels d’offres, il est exigé pour le poste de chef d’équipe, au moins trois projets similaires au cours des cinq dernières années.
Des arguments mis de côté par le Crd qui, par ces motifs,"constate que le rejet du profil du conducteur des travaux, ingénieur hydraulicien, n’est pas justifié, dans la mesure où le rejet de l’offre de Cstp SA au lot 1, motivé par le seul fait que pour un chef d’équipe, deux projets sur les trois demandés sont similaires, ne préserve pas l’économie".
Somme toute, Bocar Ly et Cie devront revoir leur copie, car, au sortir de l’examen du litige, l’Armp a ordonné l’annulation provisoire des lots 1 et 4. S’y ajoute, poursuivent les gendarmes des marchés, l’offre de Cstp SA était moins chère de plus d’un milliard de F Cfa pour le lot 4 par rapport à l’attributaire.
Samba Thiam/leral.net

LA HONTE DU SENEGAL (7)

Talibés : les enfants mendiants du Sénégal, de l'or pour les marabouts

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En Afrique de l’ouest, la tradition d’envoyer au moins les enfants à l'école coranique s’est transformée en commerce.
On les repère dans les rues de Dakar ou de Saint-Louis à leurs grands yeux hagards et à leurs gamelles de plastique pendues autour du cou. Qu’on soit "toubab" ou noir, qu’on termine un yassa sur le bord de la route ou qu’on attende dans la carlingue miteuse d’un taxi-brousse, impossible de ne pas voir les talibés, ces élèves d’écoles coraniques que leurs maîtres obligent souvent à mendier. Ils sont là, se précipitent sur les assiettes métalliques des restaurants de rue une fois le client rassasié ou glissent leurs minuscules mains sales et apeurées par la fenêtre des voitures.
Leurs joues dévorées par la faim, leur peau d'ébène grisée par la pollution, leurs petits corps noyés dans un vieux maillot de football de contrefaçon ou un tee-shirt trop grand, ils mendient. D’abord on s’attendrit. Puis, à force de se déchirer le cœur à chaque croisement de rue, on finit par les ignorer, comme tout le monde, et leurs silhouettes maigres se transforment en faibles fantômes dont le nom est tabou.
Sur les bancs de la misère
"Pour sauver les talibés, l’Etat prévoit amendes et peines de prison pour ceux mettant leurs enfants dans la rue", tweetait Macky Sall, l’actuel président du Sénégal, le 1er juillet 2016, avant de lancer le plan "retrait des enfants des rues". Juillet 2017, un an après, Human Rights Watch publie un rapport qui en dresse le bilan. Précis, fondé sur une série d’entretiens avec 43 talibés dans 5 refuges pour enfants et 17 écoles coraniques différentes, il nous rappelle avec violence les conditions de vies de ces jeunes talibés (de l’arabe talib, "étudiant"), envoyés par leurs parents à des marabouts (l'équivalent local des imams) pour apprendre le Coran et faire honneur au clan. C’est la tradition du "confiage", celle d’envoyer un enfant par fratrie dans une daara, une école coranique, dès l'âge de cinq ans.
Toutes les écoles coraniques ne forcent pas leurs élèves à la mendicité. Mais dans un précédent rapport paru en 2010, Human Rights Watch estimait déjà à 50.000 le nombre de ces jeunes enfants, essentiellement des garçons, "forcés par leurs maîtres coraniques à mendier chaque jour leur quota d’argent, de riz ou de sucre". Car une fois leur enfant placé entre les mains des marabouts, ces derniers les emmènent parfois à plusieurs centaines de kilomètres de chez eux. Et les parents n’ont alors que très peu de contrôle sur le sort de leur progéniture.
Enfermés, entassés dans des logements insalubres, mal nourris, battus ou enchaînés, violés parfois, les talibés sont transformés en de lucratifs esclaves. Réfugié dans un centre pour enfants de Dakar, un ancien talibé de 18 ans décrit à Human Rights Watch les conditions de son emprisonnement :
"Dans mon daara de Diourbel, j’ai été emprisonné pendant deux ans dans une 'cellule' parce que je ne voulais pas apprendre. Je faisais tout dans cette pièce : manger, aller aux toilettes… Il y avait beaucoup d’autres talibés avec moi dans la pièce, qui avaient refusé d’apprendre eux aussi, ou tenté de fuir. Nos jambes étaient attachées avec des chaînes, même celles des plus jeunes [...]. Ceux qui essayaient de fuir étaient punis, battus."
Depuis l'engagement du président Macky Sall, deux d’entre eux sont morts à la suite de sévices. Malgré une balbutiante prise de conscience, le système est difficile à changer tant les profits générés sont gargantuesques.
Un système économiquement florissant
En 2015 déjà, Ismaïl Ndiaye, imam de la mosquée Cheikh Anta Diop à Dakar et membre de la Ligue des imams et prédicateurs du Sénégal, affirmait à une télévision locale que "retirer tous les mendiants des rues, c’est couper la source de revenus de 30% des familles sénégalaises". Soit plusieurs millions de personnes. Pour assurer leur approvisionnement en main d’œuvre et fidéliser les parents, certains marabouts se seraient mis à leur reverser des pensions. Gagnant jusqu’à 2 millions de francs CFA par mois (environ 3.000 euros), les marabouts qui exigent de chaque enfant un rendement quotidien se multiplient.
Dans le rapport d’Human Rights Watch, un talibé de Saloum, âgé de huit ou neuf ans, raconte ses deux années passées dans une daara :
"Nous faisions la mendicité pour de l’argent et pour du riz. Le marabout demandait 400 francs CFA par jour. Le mercredi, c’était 500 francs CFA, pour payer le loyer et l’électricité. Si nous n’apportions pas l’argent, ou si nous ne récitions pas les versets, le marabout nous battait. Il nous frappait avec une ardoise cassée en deux [l’ardoise en bois utilisée pour écrire les versets du Coran, NDLR]."
Et certains marabouts "possèdent" plusieurs centaines d'enfants.
Initialement destiné à des fins religieuses, ce système se serait ainsi professionnalisé jusqu’à perdre dans certains cas toute vertu éducative ou religieuse. A Dakar Plateau, près du palais présidentiel, le gardien de nuit d’une banque occidentale rencontré en mars 2017, affirme que le problème est moins dû à la gloutonnerie des marabouts qu’à la misère des talibés. De son point d’observation de choix sur la misère de la rue, il décrit ce qu'il a vu :
"A l’été 2016, l’Etat est venu avec des bus pour rafler les mendiants. Il a arrêté plusieurs centaines de personnes dans le centre-ville. Mais lorsqu’on les libère, ils n’ont rien d’autre à faire, ils reprennent la mendicité. Tant que l’Etat n’organisera pas l’assistance publique, son combat contre l’exploitation des talibés sera perdu."
Un programme qui ne va pas assez loin
L'Etat a tout de même redoublé ses efforts. En 2005, une loi qui interdisait la mendicité forcée et la traite des êtres humains avait déjà été votée, mais sans succès. En juin 2016, à la suite de l’engagement fanfaronnant de Macky Sall, le ministère de la Femme, de la famille et de l’enfance, lançait un programme intitulé "retrait des enfants de la rue" pour appliquer cette loi. Entre juin 2016 et mars 2017, 60 opérations de rues ont été menées par la police et les travailleurs sociaux dans les rues de Dakar. 1.547 enfants ont été officiellement retirés des rues, recueillis et placés dans des centres d’accueil, pour être ensuite restitués à leurs parents.
Mais comme souvent, les chiffres masquent une réalité qu’on préfère taire. "Le programme de retrait ne permet pas de protéger les droits des enfants ni de rendre justice aux victimes", titre ainsi le chapitre 2 du rapport. Corinne Dufka, directrice adjointe de la division Afrique à Human Rights Watch, abonde :
"Bien qu'il représente un pas dans la bonne direction, le programme du Sénégal visant à retirer les enfants des rues n'a presque rien changé au nombre alarmant de jeunes talibés qui sont tous les jours victimes d'exploitation, d'abus et de négligence."
Faiblesse des investissements (141 millions de francs CFA au lieu des 14 milliards promis), mauvaise communication publique, absence de coordination entre les ministères et les acteurs de terrain locaux : le programme "retrait" ne semble être qu’une opération de communication.
Corinne Dufka détaille : "Pour s'attaquer au cœur du problème, le gouvernement devrait veiller à ce que les maîtres abusifs fassent l’objet de sanctions ou de poursuites." Mais l’Etat, malgré ses promesses, demeure frileux à condamner les marabouts, que la tradition et le tissu social entourent toujours d’un halo d’inviolabilité. Aucun de ceux qui ont été surpris à exploiter des talibés n’a été arrêté. Pire : sur les 1.456 enfants que le gouvernement a déclaré avoir "retournés" à leurs familles, 1.006 ont même été renvoyés à leurs maîtres coraniques sans enquête sur ces derniers ou sur les conditions de vie de leurs daara. Et près de 85 marabouts auraient même reçu de l’argent ou des fournitures de la part du ministère de la Famille lorsqu’ils sont venus récupérer leur main-d’œuvre illicite.
L’échec est criant : 37 des 43 enfants talibés interrogés par HRW ont avoué avoir été forcés à mendier ou ont été surpris à le faire. "En juin et en juillet 2016, il y avait moins d'enfants dans les rues," concède Etienne Dieng, le gestionnaire d’un des trois centres d’accueil pour talibés sortis de la rue. "Mais quand les maîtres ont vu qu'il n'y aurait pas de sanctions, ils se sont mis à renvoyer les enfants dans les rues." Et le trafic est d’autant plus difficile à contrôler qu’il concerne toute l’Afrique de l’ouest.
De la chair à canon pour Al-Qaida
Selon les chiffres fournis par le ministère de la Famille au journal "Senego", seuls 829 des 1.374 enfants identifiés par la police dans le cadre du plan "retrait", entre juin 2016 et février 2017, sont sénégalais. Les autres sont "importés" des pays voisins : Guinée-Bissau (355) ou Mali (103) et dans une moindre mesure Gambie ou de Guinée. A l’inverse, des Sénégalais sont envoyés dans d’autres pays, au gré du marché. Dans les pays en guerre, le problème se pose alors avec d’autant plus d’acuité que les étudiants, privés de débouchés après leur éducation religieuse, sont souvent enrôlés dans les groupes de combattants.
C’est ce qu’affirme un proche de l’imam de Djenné, au Mali, qui propose aux rares toubabs de passage de leur faire visiter la ville. Dans cette cité millénaire, connue pour sa somptueuse mosquée et réputée pour ses daara, les enfants viennent de tous les pays d’Afrique de l’ouest. Selon le guide, rencontré en avril 2017, beaucoup de ces enfants "ne peuvent rien faire après la daara. Ils connaissent bien le Coran, certes, et lisent l’arabe, mais ils n’ont aucune compétence demandée sur le marché du travail. Un nombre infime parviendra à devenir grand-talibé [assistant du marabout NDLR] puis marabout". Et pour les autres ?
"Que voulez-vous qu’ils fassent ? Inadaptés, ils chercheront du travail, traîneront en bandes, et seront de la chair à canon pour Al-Qaida."
Emile Boutelier - Lobs- tempsreel.nouvelobs.com - Webnews

14/08/2017

UN FRANCAIS A LA TÊTE DE AIR SENEGAL

Air Sénégal SA : Macky nomme un DG français

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La nouvelle compagnie Air Sénégal SA connaît un changement de cap avant même le décollage de ses activités. Aux commandes de la société depuis sa création, il y a un peu plus d’un an, Mamadou Lamine Sow a été viré jeudi dernier. Il a été remplacé par le Français Philippe Bohn.
D’après des sources crédibles, en procédant à ces changements, le Président Macky Sall mise sur le carnet d’adresses du nouveau directeur général.
Ce dernier est un ancien vice-président d’Airbus. Il devrait permettre à la compagnie de réussir son décollage et de ne pas piquer du nez comme ses devancières.
Mamadou Lamine Sow quitte la direction générale d’Air Sénégal SA, mais pas l’entreprise. Il est passé Président du Conseil d’administration. Un poste qu’occupait Thierno Niane, le directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (actionnaire majoritaire de la compagnie), qui est éjecté.
Diop Mamadou/Les Échos – Seneweb.com

13/08/2017

CRISE DES ENTREPRISES

97% des 407 000 entreprises au Sénégal sont des PME avec un chiffre d’affaire médiocre

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Quatre-vingt-dix-sept pour cent des 407 000 entreprises recensées au Sénégal, sont des petites et moyennes entreprises (PME) avec un chiffre d’affaires annuel inférieur à deux milliards de francs CFA, a indiqué le directeur général de l’Agence pour le développement et l’encadrement des PME (ADEPME), Idrissa Diabira.
Sur l’ensemble des 407 000 entreprises répertoriées, 97 pour cent sont dans l’informel et plus de 60 pour cent d’entre elles sont sur l’axe Dakar-Thiès-Diourbel, a expliqué M. Diabira à l’occasion d’un atelier technique sur la mise en place du réseau « Sénégal PME« , indique l’agence de presse sénégalaise.
Selon le DG de l’ADEPME, la compétitivité, la formalisation et la territorialisation sont les ’’grands défis’’ auxquels ces entreprises sont confrontées.
« Même si 97 pour cent des entreprises sont dans l’informel, elles ne représentent que 16 pour cent du chiffre d’affaires global des PME. Donc, nous devons renforcer la PME sénégalaise« , a-t-il estimé, relevant que seuls 28 pour cent des PME ont accès à la commande publique, rapporte la même source.
Selon lui, il faut voir comment faire pour que 50 pour cent de la commande publique, des impôts et des ressources nationales, puissent profiter à la PME sénégalaise.
Couly CASSE/senego.com

12/08/2017

RECRUDESCENCE DES ACCIDENTS DE LA ROUTE

PLUS 282 MORTS EN MOINS DE HUIT MOIS

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Depuis le début de l’année 2017, plusieurs dizaines voire centaine de personnes ont perdu la vie dans des accidents de la circulation au Sénégal. Au total, plus de 272 individus sont morts dans des accidents de la route en six mois (de janvier à juin). Pis, après une sorte d’accalmie notée suite à l’effectivité des 10 mesures du Conseil interministériel de mars dernier, le fléau semble reprendre. Rien qu’après les élections législatives du 30 juillet, plus de 10 Sénégalais ont perdu la vie sur les routes nationales, portant à plus de 282, le nombre de victimes. Suffisant pour que le directeur des Transports routiers, Cheikhou Oumar Gaye, annonce la reprise des opérations coup de poing. Il signale qu’elles ont été allégées pour les besoins de la campagne électorale.
ROUTES NATIOANLES N°1 ET 2 : Plus d’une dizaine de victimes en quelques jours
Plusieurs morts ont été enregistrés sur les routes du Sénégal ces derniers jours. Depuis la fin des élections législatives, de nombreux accidents ont coûté la vie à beaucoup d’individus sur les routes nationales. En atteste, le 1er août, un accident qui a eu lieu à Gathié, un petit village dans la région de Kaffrine, a fait 5 morts, tous des étudiants ressortissants de Sédhiou. Ils avaient quitté les campus universitaires pour aller voter dans leur localité d’origine. Sur le chemin du retour, le chauffeur du bus (qui les transportait) qui tentait de doubler un camion citerne n’a pu réussir sa manœuvre. Le même jour, deux vies ont été emportées à Mbour. Des maçons, après une journée de travail, sont morts sur le chemin de retour. Ils ont été percutés par un camion transportant du sable.
Quelques jours plus tôt, 4 personnes ont trouvé la mort et 49 autres blessées dans un accident de la circulation, à hauteur de Keur Babou, un village du département de Mbirkilane, dans la région de Kaffrine. Un car de transport en commun s’est renversé après avoir dérapé. Le bus qui venait de Dakar, ralliait le village de Mandiguane, dans le département de Bignona. Il transportait des passagers en partance pour les besoins de la cérémonie traditionnelle d’initiation appelée «bukut», en Diola.
Avant-hier, mardi 8 août, un autre accident survenu à Ndoucoura, village située entre Ngaye Mékhé et Pire, dans la région de Thiès, a fait 3 morts et 38 blessés. Un bus qui avait quitté Ngaye Mékhé pour se rendre à Dakar, a perdu un de ses pneus en essayant de doubler un autre bus. Il s’agit d’une élève en classe de terminale et soutien de famille qui vendait des chaussures communément appelées «dalla Ngaye», de l’un des apprentis qui a sauté du bus suite à l’éclatement du pneu et d’un passager.
CHEIKHOU OUMAR GAYE, DIRECTEUR DES TRANSPORTS ROUTIERS : «Reprendre les brigades mixtes, sous forme d’opérations coup de poing»
Le directeur des Transports routiers, Cheikhou Oumar Gaye, interrogé hier, mercredi 9 août, sur la recrudescence des accidents ces derniers jours, a annoncé que les opérations coup de poing, une des 9 mesures prises lors du Conseil interministériel sur les accidents tenu en mars dernier, seront reprises. «Pour le trimestre en cours, de juillet à maintenant, ces derniers jours ou après les élections, on a noté des accidents à des intervalles vraiment très réduits. Les mesures qui étaient prises sur le durcissement des points de contrôle au niveau de la visite technique restent toujours de mise. Au niveau de la délivrance des permis aussi, la tolérance zéro demandée par le chef de l’Etat est toujours appliquée. Tous les points concernant les 10 mesures sont toujours appliqués».
Selon Cheikhou Oumar Gaye, le contrôle sur les routes était allégé à cause de la campagne électorale. «On va reprendre les brigades mixtes, sous forme d’opérations coup de poing. Il y avait un ralenti avec la campagne pour ne pas gêner les différentes parties en compétition. Maintenant, on va redéployer tous les moyens pour lutter contre les accidents», a-t-il dit. La rigueur sur les route est nécessaire car, estime le directeur des Transports routiers, une amélioration a été ressentie après le Conseil interministériel du mois de mars instaurant les 10 mesures. «Nous avons senti une amélioration parce que le premier trimestre de l’année 2017, nous avions enregistré 186 décès en janvier, février et mars. Après le Conseil ministériel de février, avec la prise des 10 mesures au mois de mars, on a senti une nette amélioration au second trimestre, c’est-à-dire entre avril, mai et juin où on a enregistré 86 décès. On a réduit donc, presque plus de la moitié du nombre de décès connu au du premier trimestre».
LES PERMIS A POINT EN PHASE D’APPROBATION
L’autre mesure phare pour circonscrire le mal des accidents de la circulation, le projet d’instauration des permis à point et la numérisation des titres de transports est en phase d’approbation au niveau du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, a soutenu le directeur des Transports routiers. «Le permis à point entre dans le projet de numérisation et de sécurisation des transports. Et le programme est, en ce moment, en cours. Le contrat est déjà signé, il reste au ministère des Finance de valider l’approbation», a-t-il expliqué.
Lutter contre les accidents, c’est aussi avoir des routes praticables. «La solution durable, sur le plan international, c’est d’investir pour des aménagements routiers à deux voies, surtout sur les corridors routiers, par exemple Dakar-Bamako. Et, concernant les routes nationales, en zone d’agglomération comme à Dakar, il y avait déjà un arrêté du gouverneur sur la circulation de gros transporteurs. Alors, il ne reste plus qu’à l’appliquer pour permettre aux acteurs économiques et aux citoyens de circuler en toute sécurité», a-t-il jugé.
ASSAINISSEMENT
Le privé cherche à s’impliquer dans le secteur
Les acteurs du privé intervenant dans le domaine de l’assainissement dont le directeur général de Delvic sanitation initiative, Bécaye Sidy Diop, comptent mettre en synergie leurs efforts pour acquérir un omniprocessor. Cette machine utilisée dans le domaine de l’assainissement permettra à partir des boues de vidange de produire de l’électricité, de l’eau distillée et des cendres qui peuvent être utilisés dans l’agriculture. La présidente de Janicki Bioenergy, Sara Van Tassel, trouve que l’acquisition de cette machine pourra permettre au secteur de l’assainissement d’être beaucoup plus rentable. «Notre vision est que cette machine peut amener l’assainissement à être beaucoup rentable avec la création de sous produit de l’assainissement.» Le directeur de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas), Alioune Badara Diop, a quant à lui, fait état du soutien de sa structure pour appuyer l’engagement des privés dans le secteur de l’assainissement.
Fatou NDIAYE et Amassaïde SEN/sudquotidien.sn

3717 MILLIARDS DE FCFA

Hausse de 11% des créances intérieures des institutions de dépôts du Sénégal

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L’encours des créances intérieures des institutions de dépôts du Sénégal a progressé de 10,9% au mois d’avril 2017 comparé à la même période de 2016, indique la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) dans une note reçue vendredi à APA
Cet encours s’est établi à 3717 milliards FCFA contre 3351,8 milliards FCFA au mois d’avril 2016, soit une augmentation de 365,2 milliards FCFA.
Cette hausse s’explique essentiellement par les créances dues à l’administration centrale qui sont passées à 52,9%. De leur coté, les créances sur les autres secteurs ont progressé de seulement 6,8%.
En glissement mensuel, les créances intérieures ont légèrement progressé de 0,3%, passant de 3704,8 milliards FCFA en mars 2017 à 3717 un mois plus tard.
MS/cat/APANEWS.net

10/08/2017

L'ENERGIE SOLAIRE ENFIN

La révolution du solaire au Sénégal

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Le Sénégal transforme sa politique énergétique et se tourne vers les énergies renouvelables.
Trois centrales solaires ont été mises en service dans les 10 derniers mois.
Deux autres sont prévues pour la fin de l'année. De quoi booster la production énergétique du pays.
Mais les zones rurales tardent encore à en bénéficier.
C'est un champ immense - l'équivalent d'une soixantaine de terrains de football.
A Santhiou Mekhe, à environ 130 km de la capitale sénégalaise, 92 milles panneaux solaires sont sortis de terre.
Inaugurée en juin dernier en présence du président Macky Sall, la centrale de Santhiou Mekhe est la troisième construite dans le pays en moins d'un an, et la plus grande en activité en Afrique de l'Ouest.
Des investisseurs privés et l'agence française pour le développement ont uni leurs forces avec les autorités sénégalaises pour financer et construire cette centrale à travers une société de projet - Senergy PVSA.
Image caption Avec 65% de taux d'électrification au niveau national, et seulement 33% dans les campagnes, l'électrification rurale est un enjeu majeur pour le pays.
"Senergy PVSA a signé avec la Senelec un contrat d'achat d'énergie qui porte sur 25 ans, en passant par la construction de la centrale solaire photovoltaïque de Santhiou Mekhe. Elle est aujourd'hui construite et mise en service depuis le 1er août 2017", détaille Emmanuel Oloa, chargé de projet pour la compagnie Engie Solaire direct, qui a construit la centrale.
D'après lui, le succès du projet vient du fait que les populations locales ont été impliquées dès la première heure. Un comité de suivi a été mis en place réunissant constructeurs, investisseurs et représentants locaux pour répondre à toute éventuelle difficulté, et mettre en place des projets sociaux.
Le chantier de construction qui a duré 12 mois, a permis la création de 150 emplois locaux.
Maintenant que la centrale est opérationnelle, beaucoup espèrent qu'elle permettra à la fois l électrification des villages alentour et la baisse du prix du courant.
"Un effort important a été fait durant cette année, avec une baisse de 10% du prix de l'électricité", révèle Ibrahima Niane, directeur de l'électricité au ministère de l'énergie sénégalais. Et d'après lui, ce n'est que le début.
"Dans le cadre du développement du mix énergétique, avec les centrales solaires qu'on est en train de réaliser, et les centrales éoliennes et au gaz qui vont venir, il y aura certainement une autre baisse du prix de l'électricité, poursuit-il. C'est une demande nationale, et ça permettrait aussi d'augmenter la compétitivité de l'économie sénégalaise.
Laissés-pour-compte
Pour l'électrification rurale, en revanche, il reste beaucoup à faire. Exemple à Sinkane, à moins de 2 km de la centrale de Santhiou Mekhe. Là-bas, pas d'électricité. Juste un poteau électrique qui traverse le village depuis plus de 50 ans.
"Le problème, c'est que les gens pensent que le Sénégal s'arrête à Dakar", s'emporte Idrissa Kane le chef du village. "Dans les zones rurales, il n'y a rien. On est les laissés-pour-compte. On est comme des moutons. Et même les moutons, leur propriétaire en prend soin et les nourrit. Mais nous, les ruraux, à chaque fois qu'il y a un partage, nous sommes oubliés." *
Sur les 600 habitants de Sinkane, outre le chef de village, 7 ménages ont du courant - Des foyers tirés au sort pour bénéficier des quelques kits solaires installés gratuitement par la compagnie privée qui a construit la centrale.
De fait, une nouvelle centrale solaire n'implique donc pas automatiquement l'électrification des localités avoisinantes. L'énergie produite par les centrales solaires doit passer par le réseau de la Senelec, la compagnie sénégalaise d'électricité. C'est à la Senelec, et à l'agence nationale pour l'électrification rurale de construire les infrastructures, de gérer le transport de l'électricite et de raccorder les ménages au réseau.
"On produit, on transporte, puis on distribue. La zone de production peut être complètement différente de la zone de consommation", confirme le directeur de l'électricité au ministère de l'énergie.
Et d'ajouter : "Là où il y a une centrale solaire et des localités à côté, on fera le maximum pour que ces localités aient l'électricité dans les meilleurs délais. Ces populations constituent des priorités pour nous, c'est très important. Les dispositions sont en train d'etre prises", assure-t-il.
Avec 65% de taux d'électrification au niveau national, et seulement 33% dans les campagnes, l'électrification rurale est un enjeu majeur pour le pays.
Les autorités ont promis deux autres centrales solaires et un parc éolien d'ici à la fin de l'année. Beaucoup espèrent que ce sera un pas de plus vers une énergie plus propre et moins chère, pour tous.
BBC.com

09/08/2017

PLUS DE RIZ EN CASAMANCE

Riziculture : 37 000 ha seront emblavés en Casamance

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Le Projet pôle de développement de la Casamance (Ppdc) va accompagner les organisations de producteurs des régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda à emblaver 37.210 hectares en riz cette année contre 32.927 hectares en 2016 et 18 160 hectares en 2015 ; soit une augmentation respectivement de 15% et 51%.
Pour la présente campagne agricole, le Projet pôle de développement de la Casamance a fini de recycler les conducteurs des 14 tracteurs et 14 motoculteurs qu’il avait achetés en 2016 et mis à la disposition des organisations de producteurs. Le Ppdc a acquis ces engins de travail de sols à 370 millions de FCfa et les a octroyés aux producteurs sur la base d’une subvention de 80 à 85 %. « Les producteurs ont mobilisé, sur fonds propres, 55 millions de FCfa et acheté ces machines », a indiqué le responsable chaîne de valeurs, Ousseynou Konaté. Le projet a également acheté 125 tonnes de semences certifiées de riz produites par 3 coopératives semencières de Casamance que sont l’Entente de Diouloulou, Blouf Emano et la Fédération des producteurs du bassin de l’Anambé (Feproba). Il a acquis ces semences à 50 millions et les a subventionné aux producteurs à 80 %. D’après M. Konaté, ces semences viennent en supplément à celles distribuées par le Programme national d’autosuffisance en riz (Pnar).
Dix nouvelles vallées réhabilités dans le Bignona
En outre, le Projet pôle de développement de la Casamance a mis à la disposition des producteurs 1.000 tonnes d’engrais Mpk et 800 tonnes d’urée pour un montant de 510 millions de FCfa et subventionnées pour les producteurs à 80%. Ces engrais ont été mis en place dans 105 communes de la Casamance, selon Oussseynou Konaté. A l’en croire, l’identification et la distribution des semences et engrais aux producteurs ont été assurées par 31 organisations paysannes partenaires du projet. M. Konaté a renseigné également que pour cette campagne agricole, 10 nouvelles vallées du département de Bignona, qui sont situées dans le marigot d’Affiniam, ont été réhabilitées et aménagées par le Ppdc au bénéfice des producteurs. Ces vallées sont mises en valeur à partir de cet hivernage. Les comités de vallée (au nombre de 10) sont déjà mis en place et ont été renforcés dans les thématiques de gestion de l’eau, de bonnes pratiques agricoles, de prévention et de gestion des conflits. En plus, le Ppdc est en train de construire 15 magasins au profit des organisations de producteurs partenaires pour le stockage des productions agricoles (riz).
El Hadj Moussa SADIO/lesoleil.sn

06/08/2017

ELECTIONS LEGISLATIVES

Législatives au Sénégal : majorité absolue pour la coalition présidentielle

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Les élections législatives au Sénégal livrent leur verdict : la coalition présidentielle Benno Bokk Yaakar a remporté haut les mains ces joutes, loin devant la coalition Wattu Sénégal de l’ex-président Abdoulaye Wade.
La coalition du président Macky Sall s’en est sorti avec 1.633.000 voix (49,48 % des suffrages) pour 125 des 165 sièges de l’assemblée. La liste d’Abdoulaye Wade – rentré au Sénégal expressément pour ces élections – a obtenu 19 sièges, contre 7 sièges pour la coalition Mankoo Taxawu Sénégal du maire de Dakar, Khalifa Sall, en prison pour détournement de deniers publics.
Sur les 47 listes de candidatures aux législatives, seuls 14 coalitions et partis seront représentés à l’Assemblée nationale du Sénégal. Ces résultats, donnés dans la nuit de vendredi à samedi, doivent toutefois être confirmés par le Conseil constitutionnel après examen des recours.
Le taux de participation a été officiellement de près de 54 % lors de ce scrutin. Plus de 6,2 millions d‘électeurs étaient appelés aux urnes dans quelque 14.000 bureaux au Sénégal et dans huit “départements de l‘étranger”. Des élections marquées par une campagne acrimonieuse lors de laquelle ont prospéré des accusations de fraudes et des violences par endroit.
africanews

03/08/2017

LA NON PREVENTION ROUTIERE ASSASSINE LES SENEGALAIS

Un camion de sable tue deux maçons à Saly

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C’est l’émoi et la consternation dans la petite côte. A Saly Portudal, un accident a fait deux morts. Ce drame s’est produit au carrefour, près du musée Kelkhom et de la gendarmerie. Le camion de sable roulait à vive allure selon les témoignages. Il a heurté violemment deux maçons qui étaient sur le trottoir et blessé un autre.
Ils attendaient un taxi pour rentrer chez eux après la descente.
Le chauffeur a pris la fuite mais les deux apprentis sont aux arrêts. Les corps ont été acheminés à l’hôpital de Mbour, l’un est reconnu l’autre n’avait pas pièce d’identité.
Un témoin toujours raconte les faits en constatant une fois encore l'inertie de l'état à rendre beaucoup plus sévère la prévention routière.
"Enième accident ce la circulation. Mais ce soir à Saly devant la Gendarmerie, devant des gendarmes en faction qui ne font que des contrôles d'identité ou de conformité automobile. Qui ne verbalisent pas les infractions gravissimes au code la route. Résultat encore deux morts et des blessés par un camion fou, par un chauffeur non formé, et ignorant tout code de la route.
Les chauffards sont légion. Ils tuent et se tuent sur les routes sénégalaises pendant que les gendarmes jouent avec leur portable ou rackettent à la petite semaine les automobilistes.
Il est d'une absolue nécessité de contrôler l'aptitude à la conduite des conducteurs de toute sorte! Contrôle des connaissances routières du propriétaire lors d'un vrai contrôle technique. Le problème de fond est là pas uniquement l'indiscipline routière ni l'état des véhicules."
Hier encore: trois étudiants tués et plus de 30 blessés à Kaolack...
Voici ce qu'écrivait l'APS voici encore quelques mois:
La Nouvelle prévention routière insiste sur la sensibilisation pour une meilleure sécurité routière
La direction de la Nouvelle prévention routière du Sénégal (NPRS) dit miser sur l’information et la sensibilisation pour davantage prévenir les accidents de la circulation qui "causent énormément de pertes en vies humaines" sur les routes sénégalaises.
"Nous nous positionnons en amont mais il y a d’autres actions qui seront menées par l’Etat du Sénégal, parce que la sécurité routière relève de la responsabilité de l’Etat", a déclaré son directeur.
Matar Faye s’exprimait lors d’un "Road Show" organisé vendredi à Mbour, dans le cadre d’une campagne de sensibilisation de proximité en relation avec la quinzième édition de la Semaine nationale de la prévention routière dont le thème est axé sur "Femme et sécurité routière".
Dans ce cadre, la Nouvelle prévention routière du Sénégal et le bataillon train de l’armée sénégalaise ont choisi les gares routières pour aller à la rencontre des chauffeurs de transport en commun qui, selon Matar Faye, "font beaucoup plus d’accidents du fait qu’ils travaillent énormément du matin jusque tard dans la soirée, sans repos, avec tous les dangers que cela comporte".
"On a constaté qu’il y a moins de déclarations de sinistres auprès des compagnies d’assurance concernant les femmes et de nombreuses études montrent que les hommes sont beaucoup plus enclins à faire des erreurs sur la route que les femmes’’, a fait valoir M. Faye.
S’y ajoute selon lui que "les accidents sont beaucoup plus nombreux chez les hommes que chez les femmes", d’où le choix porté sur ce thème.
Il y a aussi que certains chauffeurs constituent "une cible très vulnérable, parce que travaillant dans des conditions exécrables", sans compter qu’ils ignorent des règles de base dont celle qui stipule qu’un conducteur, après deux heures de voyage, doit "observer une pause de 15 minutes".
"Notre ambition, notre volonté, c’est d’aller vers les acteurs dans les gares routières et de leur proposer des formations" consistant en "une révision des règles de circulation" et portant sur des questions de sécurité et de prévention routière leur permettant notamment de "savoir comment faire pour éviter les accidents de la circulation", a indiqué Matar Faye.
Il rappelle que le tronçon Dakar-Tambacounda est "le plus accidentogène au Sénégal", du fait de son caractère international. Cet axe relie le Sénégal à plusieurs autres pays de la sous-région ouest-africaine.
Le directeur de la Nouvelle prévention routière du Sénégal propose la redéfinition des déplacements sur ce corridor, ajoutée à des stratégies visant plus de fermeté.
Si l’on en croit Matar Faye, "ce qui manque pour établir la sécurité sur nos routes, c’est la fermeté. Il faut que force reste à la loi
et qu’on sache sanctionner".
"Malheureusement, la sanction est considérée, pour beaucoup, comme étant un outil utilisé à des fins punitives, alors qu’elle peut bel et bien être utilisée à des fins éducatives, curatives et préventives", a-t-il souligné.
De même, la sanction peut chercher à "corriger des fautes et à éradiquer des erreurs que les gens ont l’habitude de commettre", a-t-il relevé.
Chaque jour, ces bonnes résolutions non suivies d'actes tue!
BRB

RETOURNEMENT DE SITUATION: WARI GAGNE TIGO

Décret présidentiel: Macky donne Tigo à Wari

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Désormais, dans l'entendement des autorités sénégalaises, Tigo Sénégal n'appartient plus à Millicom, mais au groupe Wari.
En effet, par décret N° 2017-1475 en date du 1e aout 2017, le Président de la République, Macky Sall, a approuvé la cession de la licence d'établissement et d'exploitation des réseaux de télécommunications ouverts au publics de Sentel Gsm Sa à Wari Sa.
Le ministre des Finances et le ministre des télécommunications sont sommés d’exécuter le décret.
Il y a deux jours, Millicom avait annoncé qu'il a exercé ses droits de résilier l'accord de cession de sa filiale Tigo au Sénégal au groupe Wari. Le groupe Millicom avait, par la même occasion, annoncé qu'il a signé un accord pour la cession de Tigo au Sénégal à un consortium composé du Groupe Teyliom Telecom NJJ et de Sofima (véhicule d'investissement en télécommunication du groupe Axian)"
Seneweb.com

01/08/2017

ELECTIONS LEGISLATIVES

les premiers résultats des législatives au Sénégal

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Des chiffres commencent à tomber au terme du scrutin de ce dimanche 30 juillet. D’après plusieurs sites d’information, dont Seneweb, le taux de participation ne serait pas très élevé : aux alentours de 50 %. Pour ce qui est des résultats, rien d’officiel pour l’instant, mais d’après les premières projections, la coalition présidentielle, Benno Bokk Yaakaar, recueillerait 48 % des voix. Du côté de l’opposition, la coalition dirigée par Khalifa Sall, Mànkoo Taxawu Senegaal, obtiendrait 24 % des suffrages et la Coalition gagnante Wattù Senegaal de Wade et ses alliés : 20 %.
Ainsi, avance Seneweb, Benno Bokk Yaakaar pourrait se retrouver avec un nombre de députés tournant autour de 110 ou 115. Mànkoo Taxawu Senegaal pourrait glaner 23 députés. Et la Coalition gagnante Wattù Senegaal et Me Wade, environ 16 députés. Mais attention, il ne s'agit pour l'instant que d'estimations.
Désordre
En tout cas, s’exclame Walf Quotidien, « quelle que soit l’issue du scrutin d’hier, un seul vainqueur est sorti des urnes : le désordre. Rarement, de mémoire de Sénégalais, un scrutin aura été si mal organisé (…), mal préparé, d’un bout à l’autre de ce processus des plus chaotiques, soupire le quotidien dakarois. A la limite, on est tenté de s’exclamer : toute cette débauche d’énergie pour ce si piètre résultat ! Ce sont, en effet, 50 milliards de nos francs qui ont été claqués pour la confection de cartes biométriques au profit d’une population électorale évaluée à moins de 7 millions. »
Et Walf Quotidien de pointer un doigt accusateur vers les autorités : « le gouvernement devait savoir, à moins d’une cécité suspecte, que l’on ne peut, au cours d’une même année électorale, refondre le fichier, fabriquer les cartes d’identité, procéder à leur distribution et organiser le scrutin. En voulant, tel Hercule, réaliser ces douze travaux dans la même séquence temporelle, le pouvoir a fait preuve d’un empressement que rien, a priori, ne pouvait justifier. »
Frilosité ?
Ledjely.com en Guinée pointe également la mauvaise organisation du scrutin : « bon an, mal an, les Sénégalais ont voté hier pour élire les 150 députés de l’Assemblée nationale. Mais à l’issue de la journée électorale, les observateurs relevaient davantage les dysfonctionnements et les couacs ayant émaillé le vote, relève le site guinéen. Des problèmes que l’opposition plurielle sénégalaise impute à une manœuvre qui cacherait une frilosité du pouvoir en place. Alors que ce dernier plaide pour une insuffisance organisationnelle tout simplement. Quoi qu’il en soit cependant, du point de vue de l’image du Sénégal en matière électorale, ces problèmes constituent un recul et un déshonneur de la part de Macky Sall et de son gouvernement. Autrement, le pays de la Teranga nous a habitués à mieux que ça. »
Les journalistes camerounais la peur au ventre
A la Une également, ce triste anniversaire. Cela fait deux ans que notre confrère Ahmed Abba est emprisonné au Cameroun.
« Deux années de prison pour rien, soupire Wakat Séra, ou plutôt pour une condamnation inique d’un tribunal militaire à dix ans de prison “pour non-dénonciation et blanchiment du produit d’un acte terroriste”. Triste sort pour le journaliste Ahmed Abba, qui croupit dans les geôles d’un régime qui en plus d’avoir l’alternance en horreur, s’érige en véritable prédateur de la liberté d’expression. Arrêté, malmené, torturé, et jugé sur des accusations sans témoin ni preuve quelconques, le correspondant en Haoussa de RFI à Maroua paie pour l’entêtement d’un pouvoir résolu à mettre la presse sous coupe réglée. En effet, poursuit Wakat Séra, la loi antiterroriste de 2014 qui sert aujourd’hui de fondement à la série noire que vit Ahmed Abba n’est qu’un instrument pour tenir les journalistes en respect. Comme une épée de Damoclès, elle plane au-dessus de chaque rédaction, contraignant les hommes et femmes de presse à exercer leur profession la peur au ventre (…). »
Des propos confirmés sur RFI par le journaliste camerounais Xavier Messé et repris par le site d’information camerounais CamerNews : « Ahmed Abba n’est pas un terroriste, c’est un journaliste qui faisait son travail normalement, affirme Xavier Messé. (…) Cette loi de 2014 a neutralisé la mobilisation des journalistes. Ce qui fait que chaque journaliste écrit avec la trouille au dos. Et pour un rien, poursuit le journaliste camerounais, on peut vous arrêter parce que vous soutenez quelqu’un qui est accusé d’acte de terrorisme », expliquant ainsi la faible mobilisation de la presse camerounaise pour le correspondant de RFI au Cameroun.
Frédéric Couteau/RFI

31/07/2017

QUE VA DEVENIR L'AEROPORT LSS DE DAKAR

Ouverture du nouvel aéroport international Blaise Diagne : Voici ce que deviendra l’aéroport International Léopold Sedar Senghor

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Le 07 décembre prochain, le nouvel aéroport international Blaise Diagne de Diass ouvrira ses portes. Situé à une quarantaine de kilomètres de Dakar , la capitale, il deviendra le principal aéroport du pays et le plus moderne d’Afrique de L’Ouest.Alors que certains spéculaient sur une possible mutation de l’aéroport de Dakar en base aérienne militaire ou encore en aérodrome de dégagement, un projet bien plus ambitieux et audacieux se peaufine au plus haut niveau.
Les autorités sénégalaises entendent en effet faire du site de l’aéroport Léopold Sedar Senghor , la première place financière d’Afrique francophone subsaharienne. Sur ce site, sera construit « la cité des affaires de l’Afrique L’ouest » rapporte 360 Afrique.
Au sortir de l’audience avec le président de la république du Sénégal, le 24 juillet, la secrétaire d’État aux Affaires étrangères chargée de la Coopération internationale du Maroc, Mounia Boucetta a fait savoir que, « le financement de l’étude de faisabilité de la Cité des Affaires de l’Afrique de l’Ouest est bouclé».
Identique à “Casablanca finance city” (la première place financière du continent , elle-même construite sur le site de l’ancien aéroport Casablanca-anfa), le projet est à l’initiative de la Caisse de dépôt et de consignation (CDC) du Sénégal et la caisse de dépôt et de gestion (CDG) du Maroc.
Les 600 hectares qu’occupent actuellement l’aéroport de Dakar-Yoff laisseront progressivement place aux immeubles à usage commercial, aux bureaux, aux bâtiments pour habitation et aussi aux espaces verts.
C’est L’agence de promotion des investissements et des grands travaux du Sénégal (APIX) qui se chargera du suivi des travaux.
Le représentant de l’APIX a révélé que «la Caisse de dépôt et de gestion du (CDG) du Maroc et la Caisse de dépôt et de consignation (CDC) du Sénégal ont déjà cofinancé à hauteur de 50% chacune les études de faisabilité».
Estimé à des centaines de milliards de dollars, le projet attendra encore quelques années, peut être une dizaine avant de prendre forme. APIX rassure toute de même qu’une «une rencontre de restitution allait être tenue incessamment » pour clarifier l’opinion nationale et internationale sur l’avancée du projet et sur les aspects techniques y afférentes.
Construit avant les indépendances, l’aéroport international Léopold Sedar Senghor traite aujourd'hui 1.9 millions de passager par an et plus de 30 000 tonnes de fret annuel.
newsaero.info

MALTRAITANCE D'ENFANTS

Prise en charge des enfants victimes de maltraitance, World Vision outille les OPJ

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Des officiers de police judiciaire (OPJ) ont terminé, vendredi à Dakar, une session de renforcement de capacités dans la prise en charge de l’audition des enfants mineurs victimes de maltraitance, a constaté KOACI sur place.
Ce séminaire organisé par World vision Rechercher World vision Sénégalais en collaboration avec le centre de guidance infantile et familiale (CEGID), et qui a duré cinq jours a été axé sur le thème : ’’Les enfants mineurs victimes de maltraitance et abus sexuel’’.
Selon le directeur national de World vision, le Dr Andrew Catford Rechercher Dr Andrew Catford , « ces formations contribuent à coup sûr à donner une place importante à l’enfant victime tout le long de sa réhabilitation », a indiqué M. Catford qui a salué la détermination des forces de défense et de sécurité qui ont participé à cette formation
Formateur lors de cette session de renforcement de capacités, le directeur du centre de guidance infantile et familiale ( CEGID ), le Pr Sérigne Mor Mbaye Rechercher Pr Sérigne Mor Mbaye a soutenu que ’’la formation a porté sur le renforcement des capacités des OPJ qui ont en charge de conduire l’audition des enfants mineurs, victimes de violence sexuelle, physique ou de maltraitance’’.
Poursuivant, le Pr Mbaye a indiqué que cette formation a permis d’amener les 20 officiers et agents de police judiciaire à comprendre quels sont les facteurs de risque d’abus sexuel et maltraitance au Sénégal ainsi que les conséquences médicales, psychologiques et psychosociales dans la vie de l’enfant.
’’Nous leur avons appris comment conduire une audition, comment accueillir un enfant dans un poste de police ou de gendarmerie et comment parvenir à recueillir sa parole’’, a-t-il expliqué.
avant d’ajouter qu’il a bon espoir que du point de vue de l’offre juridique, ’’ces personnels contribueront largement à une prise en charge de qualité pour les victimes’’.
Pour sa part souligné le chef d’escadron et commandant de cours de formation à l’école des officiers de la gendarmerie nationale, Cheikh Diouf Rechercher Cheikh Diouf a déclaré qu’« avec ces outils, les séminaristes gagneront des pratiques d’expérience sur le professionnalisme en faveur des populations vulnérables’’.
Sidy Djimby Ndao, Dakar/Kaoci

30/07/2017

ON VOTE CE DIMANCHE

Des élections législatives sous tension

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Le maire de Dakar Khalifa Sall en prison, retour au pays de l’ex-président Abdoulaye Wade, violences durant la campagne, sérieux problèmes d’organisation, notamment de fabrication des cartes d’identité qui permettent de voter, scrutin sans doute le plus cher de l’histoire du Sénégal... Les législatives de ce dimanche 30 juillet ont cristallisé les tensions au sein de la classe politique mais surtout mis de côté les problématiques des populations.
Il y a tout juste un an, le Sénégal fonçait vers l’avant, la modernité et voulait montrer, une fois de plus, l’exemple comme un bon premier de la classe. Confirmer aussi le statut qu’aiment lui donner les bailleurs et respecter le fameux « exemple pour la démocratie en Afrique ».
En un temps record donc, Macky Sall a décidé de mettre aux oubliettes le fichier électoral, de passer un coup de balai sur le code électoral, de respecter aussi les principes de la Cédéao en permettant aux Sénégalais de disposer d’une nouvelle carte d’identité dite biométrique, nouveau sésame pour voter, réputée 100% fiable et infalsifiable. Sur le papier, ce projet, validé par les bailleurs, la communauté internationale, mais aussi l’Assemblée nationale, certes ambitieux, tenait la route mais le temps en a décidé autrement.
Les cartes d’identité au cœur du scrutin
A la veille de ce qui est en train de devenir un scrutin majeur dans l’histoire politique du pays, près de 700 000 électeurs sur les 6,2 millions que compte le nouveau fichier n’auront pas leurs nouvelles cartes d’identité qui feront office de cartes d’électeurs ce dimanche 30 juillet. Tout simplement parce qu’elles ne seront pas fabriquées. Une autre partie, impossible de savoir combien, ne sera pas distribuée, faute de temps, mais aussi par manque d’organisation. Ce problème de distribution est inacceptable pour l’opposition qui en a fait son principal argument de campagne pour dénoncer la majorité présidentielle.
Un vieux et un prisonnier
Une opposition menée par deux acteurs importants de l’histoire politique locale. Le premier, tout le monde le pensait définitivement à la retraite dans sa résidence de Versailles, à quelques kilomètres à l'ouest de Paris. A 91 ans, Abdoulaye Wade, que ses affidés surnomment affectueusement « Gorgui » («le vieux», en wolof), a décidé de mener ce qui pourrait être sa dernière bataille politique. Un ex-président, candidat à la députation, l’idée a choqué plus d’un électeur qui aurait préféré voir son fils Karim, en exil au Qatar, mener cette bataille.
Le second est silencieux depuis le 7 mars. Khalifa Sall, puissant maire socialiste de Dakar, opposé depuis des années à Macky Sall, est soupçonné de détournements de deniers publics à hauteur de 2,7 millions d’euros. Un chef d’inculpation qui entraîne immédiatement un placement en détention, indique le Code pénal. Après avoir crié à l’emprisonnement politique, à la mainmise du président sur la justice, Khalifa Sall a dû s’y résoudre, c’est depuis sa cellule de la prison de Rebeuss, dans le centre de la capitale, qu’il a mené et organisé sa candidature au poste de député.
Macky Sall et son bilan
Cette campagne, Macky Sall la voulait sur le terrain des idées et des programmes. Il a choisi son Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne pour la mener et diriger la coalition présidentielle. Car en 5 ans, le président estime qu’il a développé le pays comme personne, que grâce à son action, les Sénégalais ont oublié, par exemple, les coupures d’eau et d’électricité qui ont justement entraîné la chute de Wade père.
Mais les problèmes liés aux cartes d’identité ont fait basculer la campagne des législatives. L’opposition a sauté sur l’occasion pour pointer du doigt l’incompétence des autorités. « Si vous n’êtes pas capable de gérer une élection comment pouvez-vous gérer un pays », déclare par exemple un proche conseiller de Khalifa Sall. L’opposition affirme désormais, sans avancer la moindre preuve, que le pouvoir cherche à manipuler le scrutin, à frauder. « L’opposition n’a rien à mettre sur la table, avec notre bilan, avec 62% de vote positif l’an dernier lors du référendum de modification de la constitution, nous avons une confortable avance. Nous sommes certains de gagner », indique un proche du chef de l’Etat.
La course à la présidentielle 2019
Vu la pagaille durant la campagne, le manque de cartes, le premier enjeu pour les autorités sera d’assurer le bon déroulement du vote pour permettre tout simplement au plus grand nombre de glisser leur bulletin dans l’urne. Jamais le Sénégal n’a compté autant d’électeurs - 6,2 millions - et la participation sera donc un premier élément concret du succès ou non de ces législatives.
Concernant les résultats, l’objectif de l’opposition, menée par les coalitions d’Abdoulaye Wade et de Khalifa Sall, est clair : prendre le contrôle de l’Assemblée. Une situation impensable pour la majorité qui compte bien confirmer sa main mise sur l’Hémicycle pour poursuivre les actions de Macky Sall. Un président qui a su se positionner au-dessus de la mêlée politique durant la campagne et qui en tirera sûrement les conséquences autant sur le score réalisé par ses troupes que sur les problèmes d’organisation du scrutin. Tous les acteurs s’accordent enfin pour dire que les résultats de ces législatives seront le point de départ de la course à la présidentielle 2019.
Guillaume Thibault/RFI

28/07/2017

LA HONTE DU SENEGL ((5)

Le combat sans fin pour arracher les enfants du Sénégal à la mendicité

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Sébiles de fortune sous le bras, morceaux de pain dans la main, trois "talibés", des enfants pensionnaires d'écoles coraniques, quémandent l'aumône à Guédiawaye, une banlieue de Dakar, alors que l'horloge n'affiche même pas 08H00 du matin.
"Ils sont là depuis 06H00, juste après la première prière" musulmane de la journée, assure Mouhamed, assistant médical à Yakaaru Guneye - "L'espoir des enfants" en wolof, langue la plus parlée du pays -, un des principaux centres d'accueil et d'hébergement d'urgence pour enfants du Sénégal.
Il y a un an, les autorités, avec l'appui d'organisations non gouvernementales, lançaient une opération baptisée "retrait des enfants de la rue" pour endiguer un phénomène accentué par l'exode rural.
Ce matin, comme il le fait trois fois par semaine, Mouhamed arpente avec Kelly, un travailleur social, Guédiawaye et Pikine, une banlieue voisine, afin de sensibiliser les talibés aux dangers de la rue.
"L'Etat ne fait rien pour ces enfants, ça fait quinze ans que je fais ce travail et je ne vois aucun changement", dénonce Mouhamed, la voix nouée par la rage et la lassitude.
Les talibés font partie du paysage urbain, surtout à Dakar, la capitale, où ils seraient près de 30.000, sur quelque 50.000 dans l'ensemble du Sénégal.
Dans ce pays dominé par l'islam confrérique, il est courant pour les parents d'envoyer leurs enfants dès leur plus jeune âge étudier dans des "daaras", des écoles coraniques, sous la direction d'un marabout.
Mais beaucoup de talibés passent le plus clair de leur temps dans les rues, à mendier un quota d'argent, sous peine de brimades physiques ou psychologiques de leur maître.
"L'Etat est conscient de ce qu'il se passe. Mais il n'ira pas dire qu'il faut arrêter ça, il appellera seulement à la +modernisation des daaras+", soutient Kelly, sans cesser de chercher du regard des groupes de talibés à aborder.
Dans les neuf mois qui ont suivi le lancement de l'opération, près de 1.550 enfants mendiants, dont 1.089 talibés, ont pourtant été recueillis par des centres, mais depuis, plus d'un millier de talibés ont été renvoyés auprès de leurs maîtres, selon un rapport publié le 11 juillet par des ONG, dont Human Rights Watch (HRW).
Agir à la source
"C'était très difficile pour nous. On a dépassé notre capacité d'accueil en récupérant plus de 150 enfants", se souvient Seydina, éducateur spécialisé du centre Yakaaru Guneye. Pour lui, l'Etat ne s'était pas préparé et ce ramassage d'urgence aurait dû bénéficier d'un accompagnement.
Comme les acteurs de terrain, les ONG soulignent les insuffisances de l'opération, faute notamment de sanctions dissuasives, et réclament une répression des maîtres impliqués dans la mendicité forcée.
Elles demandent aux députés qui seront élus lors des législatives du 30 juillet "d'accélérer l'adoption du projet de loi portant statut des daaras", datant de 2013, déposé peu après l'incendie meurtrier d'une école coranique de Dakar, et toujours pas adopté par l'Assemblée sortante.
Actuellement, Yakaaru Guneye accueille 33 enfants, mais le nombre varie quotidiennement, précise Seydina, qui vient de conclure une médiation sur place entre un talibé d'à peine 10 ans et son maître coranique, reparti avec le garçon.
"Le maître a été très réceptif. Il est d'accord pour renvoyer l'enfant dans sa famille, dans la région de Casamance" (sud), résume l'éducateur. "Mais si le maître ne respecte pas ce qui a été dit, l'enfant peut fuguer à nouveau et nous revenir", déplore-t-il.
A 10 minutes de bus du centre d'accueil, un groupe d'enfants tape la balle sur un terrain vague de sable fin, sous un soleil de plomb.
"Ils aiment vraiment cette activité. Quand ils ont fait une bêtise dans la semaine, la punition c'est de ne pas aller au foot", lance entre deux encouragements leur animateur, Isboulah. Selon lui, cette activité leur permet de "s'exprimer" et de développer "un esprit d'équipe".
Pendant ce temps, au centre, les plus petits suivent un cours d'alphabétisation. A l'étage, d'autres écoutent attentivement le conte narré par une éducatrice en français puis en wolof.
"Le sens du partage, la solidarité, est un message que l'on transmet aux enfants. C'est un outil qui permet d'éduquer et de distinguer les types de personnalités", affirme Seydina, qui confie que ces moments-là permettent aussi de "récolter des informations sur l'enfant afin de retrouver sa famille".
Marie ZINCK /APS/TV5monde.com

27/07/2017

LA FRANCE OUVRE SES PORTES AUX UNIVERSITAIRES

Christophe Bigot, ambassadeur de France au Sénégal : « Nous allons doubler, d’ici à 2019, le nombre d’inscriptions d’étudiants sénégalais en France »

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Campus France a organisé, hier, une session spéciale des « Mercredis de la préparation au séjour en France » à l’intention des 4.200 étudiants sénégalais qui ont obtenu, cette année, une préinscription dans les universités françaises. L’ambassadeur de France au Sénégal a informé, à cette occasion, que l’intention du gouvernement français est de doubler, d’ici à 2019, le nombre d’inscriptions d’étudiants sénégalais dans les universités françaises.
Quatre mille deux-cent étudiants sénégalais ont obtenu, cette année, une préinscription dans les universités françaises. Campus France qui accompagne ces étudiants à finaliser leurs formalités d’inscription a organisé, hier, à l’Institut français de Dakar, une session spéciale des « Mercredis de la préparation au séjour en France ». L’ambassadeur de France au Sénégal, Christophe Bigot, qui a présidé cette session a informé, à cette occasion, que l’éducation, l’enseignement supérieur et la recherche sont parmi les priorités du président Emmanuel Macron dans le cadre de la politique française en Afrique.
La question de l’éducation, a poursuivi M. Bigot, était au cœur de la rencontre entre les présidents français et sénégalais. Tout au début de son mandat, Emmanuel Macron avait reçu, à l’Elysée, le président de la République, Macky Sall. « Il y a une explosion du nombre d’étudiants sénégalais de par la croissance démographique du pays. Nous souhaitons accompagner cette croissance pour recevoir plus d’étudiants sénégalais en France. Nous allons doubler, d’ici à 2019, le nombre d’inscriptions d’étudiants sénégalais dans les universités françaises », a promis le diplomate.
Par ailleurs, une discrimination positive a été accordée aux candidatures d’excellence dans le processus de demande de préinscription dans les universités françaises. Christophe Bigot a pris l’initiative d’adresser des courriers à des universités françaises pour les inviter à accueillir les étudiants « qualifiés d’excellents ». « J’ai envoyé, personnellement, des lettres à beaucoup d’universités françaises pour leur faire part des qualités de tel ou tel étudiant. Je suis heureux de savoir que 80 % de ces demandes ont reçu une réponse positive. Ce qui est bien supérieur au taux de succès des demandes d’inscription », a-t-il révélé.
En outre, Campus France a reçu, cette année, 14.000 dossiers d’étudiants sénégalais voulant poursuivre leurs études en France. Ainsi, les services de Campus France ont tenu des séances d’orientation avec 13.600 candidats dans les régions de Dakar, Saint-Louis, Kaolack, soit plus de 40 % comparé à l’année 2016. A la fin de ces séances, 4.200 candidats ont obtenu une préinscription. Sur ces 4.200, les services de campus France ont transmis au consulat de France pour l’instruction, en vue d’une délivrance de visas, 2.900 dossiers. D’ici le 15 août, il veut accroître ce nombre.
Préparer déjà le retour au Sénégal
Toutefois, l’ambassadeur a rappelé à ces étudiants qui sont prêts à rallier Paris qu’ils doivent penser à revenir servir leur pays, le Sénégal, après les études. « L’idée n’est pas de former des étudiants pour qu’ils restent en France. Ils doivent pouvoir revenir au Sénégal pour concourir au développement du pays. Il y a 6,5 % de croissance ici. En Europe, il y a 0,5 % ou 2 % pour les meilleurs cas. La croissance, c’est ici », a assuré Christophe Bigot.
D’anciens étudiants sénégalais en France qui ont assisté à cette session spéciale des « Mercredis de la préparation au séjour en France » ont invité leurs frères et sœurs candidats au départ de ne pas oublier le Sénégal qui leur a tout donné. « C’est très important de s’ouvrir au monde, mais c’est aussi très important de revenir travailler pour son pays. Après avoir bénéficié de l’enseignement français, rentrez chez vous », a conseillé Soda Diack qui n’a pas hésité à revenir au Sénégal après près de 10 ans passés au pays de Marianne. Le retour au Sénégal après des années d’études en France se prépare même avant le départ, a souligné un autre ancien pensionnaire des universités françaises, Moubarack Wade. « Avant de partir, il faut préparer le retour », a-t-il dit.
Aliou Ngamby NDIAYEA/lesoleil.sn

26/07/2017

MALNUTRITION EN BAISSE

Rapport 2017 de l’Ifpri : Le Sénégal a réduit de 50% son niveau de malnutrition

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Le rapport 2017 de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (Ifpri) révèle une nette progression des États de l’Afrique de l’Ouest dans la lutte contre la malnutrition, la pauvreté et la faim. Le même rapport indique que le Sénégal a réduit de 50% son niveau de malnutrition.
L’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (Ifpri) a rendu public, depuis hier, son rapport 2017 sur les politiques alimentaires. Il ressort de ce rapport que l’Afrique a fait des progrès importants en réduction de la pauvreté et de la malnutrition. En Afrique de l’Ouest, le Sénégal et le Ghana sont les deux pays qui ont fait plus de progrès dans la lutte contre la malnutrition. D’après le directeur Afrique de l’Ifpri, Ousmane Badiane, ces deux pays (le Sénégal et le Ghana) ont réduit de 50% leur niveau de malnutrition. D’autres pays, dit-il, ont aussi fait des « efforts notoires » en réduisant de 25 à 40% la malnutrition. Pour mettre fin à cette malnutrition qui reste toujours élevée en Afrique, Ousmane Badiane invite les gouvernements des États africains à « accentuer les efforts sur ce qu’ils ont fait pour arriver à ce niveau ».
Par ailleurs, le rapport indique que l’Afrique subsaharienne fait face à une « baisse des produits de première nécessité et à des financements externes limités en 2016 ». «Une Campagne au niveau continental, intitulée « seize the moment » (saisir le moment), a été lancée pour accélérer les efforts du Programme détaillé de développement de l’agriculture en Afrique (Pddaa), et ainsi augmenter les investissements en agriculture dans la région. Mais les impacts des sécheresses sévères, du changement climatique, du conflit et de l’urbanisation rapide, entraineront des défis continus en 2017 », analyse l’Ifpri. Toutefois, le directeur pour l’Afrique de l’Ifpri, Ousmane Badiane constate qu’en Afrique l’investissement dans le secteur de l’agriculture est en perte de vitesse ces dernières années. Il relève que l’investissement dans l’agriculture avait même atteint 3 à 10% en termes d’accroissement.
Ce qui, dit-il, n’est plus le cas avec un accroissement de moins de 2%. Pourtant, à son avis, le continent africain offre aujourd’hui toutes les conditions pour accueillir des investissements. « A travers le continent, nous observons une redynamisation des économies qui se traduit par une massification des classes moyennes, une augmentation des ménages, ce qui crée naturellement de nombreuses opportunités pour l’agriculture locale », constate Ousmane Badiane.
En outre, cette urbanisation, si elle est bien maîtrisée apporte beaucoup d’opportunités, croit savoir le directeur général de l’Ifpri, Shenggen Fan. Dans les nouvelles villes, souligne-t-il, il y a la naissance d’une classe moyenne qui consomme beaucoup de produits.
Maîtriser les technologies
Malheureusement, ces produits sont, pour la plupart, importés. La preuve, poursuit M. Fan, l’ensemble du continent importe entre 35 et 40 milliards de dollars en denrées alimentaires chaque année. Si l’Afrique réussit, dit-il, à relier les petits producteurs dans les zones rurales et les consommateurs dans les milieux urbains, elle peut atteindre facilement les objectifs de développement durable (Odd).
Aujourd’hui, reconnaît le directeur Afrique de l’Ifpri, l’agriculture du continent peut connaître encore des progrès. Mais, à condition que, les États africains tirent les enseignements des années 1980 où le gouvernement monopolisait toute la chaîne de valeur agricole, précise Ousmane Badiane. «Le plus grand défi est d’éviter de retourner vers les mauvaises politiques », conseille-t-il. Pour développer l’agriculture, les pays africains doivent prendre en compte la concurrence mondiale et miser plus sur la compétitivité. «Être compétitifs dans l’avenir, c’est de maîtriser les technologies de demain, c’est-à-dire tout ce qui est Tic, robotique, agriculture digital, biotechnologie. Nous formons des ingénieurs agricoles, des agents de vulgarisation, mais jamais des paysans. Il n’y a aucun pays africains qui a un système de formation qui permet à un garçon de 16 ans, 17 ans de se convertir en agriculteur. Pourquoi doit-on aller jusqu’à l’université pour devenir acteur agricole ? », se demande-t-il.
Aliou Ngamby NDIAYE.lesoleil.sn

25/07/2017

L'OR DE MAKABINGUI

Coris Bank injecte 12 millions de dollars dans la mine d’or Makabingui

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La méga banque panafricaine Coris Bank International (CBI) de l'homme d'affaires burkinabé, Idrissa NASSA vient de s'engager dans les bas-fonds de la mine d'or Makabingui au Sénégal en misant sur un investissement d'un montant de financement estimé à 12 millions de dollars qu'il a injecté. Trop risqué ?
Après le Mali où Coris Bank International (CBI) a apporté une ligne de financement de 60 millions de dollars sur la mine d’or de Yanfolila, cap sur la mine d’or Makabingui (est du Sénégal). La méga banque burkinabé vient d’injecter la bagatelle de 12 millions de dollars au profit de la junior australienne Bassari Resources Ltd.
Le prêt octroyé par CBI via son guichet bancaire du Sènégal ( 12 millions de dollars) en faveur de ce projet d’investissement minier dans le gisement de Makabingui ( zone située à l’est du Sènégal), risque de se lézarder.
Selon plusieurs spécialistes du secteur, cet investissement revêt des risques. Autant par le poids de l’acteur que du refinancement des investissements de l’opérateur prospecteur, la junior Bassari Resources Ltd sur ce gisement minier d’un potentiel de 171 000 onces d’or contenu. La compagnie australienne qui parie sur cette mine d’or de Makabingui, n’a pas pris de l’épaisseur dans les boues du roc de Kedougou et traîne les pieds toujours dans les bas-fonds de la région orientale.
Le gain résiduel sur ce gisement se fait sur l’exportation nette et les effets de change à court terme, risquent de loin ne pas souffler l’embellie, commente un spécialiste à Confidentiel Afrique.
"En général toute la chaîne est gagnante en hausse du dollar/cours et à une période baissière, on réduit l’activité et on cherche tant une couverture de marché et on recherche d’autres permis", poursuit notre source.
Cette injection de fonds libérée par Coris Bank, représente le total des dépenses en capital estimées pour ce projet d’une durée de vie de mine de 3,4 ans qui produira 50 000 onces d’or par an. Ce qui est trop risqué pour la méga banque burkinabé, qui vient de mobiliser récemment au Mali, un prêt de 60 millions de dollars au profit de Hummingbird Resources afin de construire sa mine d’or à Yanfolila ( sud-ouest du pays).
Il faut préciser que Coris Bank International a un profil de banque très ambitieuse et incisive sur le marché des tirtrisations et investissements à fort potentiel. Son cash est peu rémunéré par la Bceao, sans doute avec des effets de refinancement arrimé sur les Majors, qui est plus lucratif à court et moyen termes.
Un autre banquier reconverti en homme d’affaires, l’Ivoirien KONE DONSSONGUI -qui continue à tisser sa toile- a lourdement investi dans les mines via son véhicule AUPLATA.
Youssouf COULIBALY et Pierre René/leral.net

ATTENTION DANGER

Sénégal sous mer à l’horizon 2200

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Dans la guerre contre les eaux montantes des océans, l’Afrique perdra moins de terres que les autres continents. Cependant, la hausse des températures pourrait rendre une grande partie de son territoire inhabitable. Une déclaration alarmante du site La Presse.
Afrique : continent le « moins » touché
L’axiome « l’Afrique est le futur » se confirme de plus en plus. Enfin, un futur sous air conditionné et ventilateur. Et ce ne sont pas les Africains qui le proclament, mais bien les projections des scientifiques face au conjoint effet du réchauffement climatique, de la fonte des grandes calottes glacières et la résultante de ce processus : une hausse exponentielle du niveau des mers. Un petit bout de ciel bleu dans ces prédictions sombres : le continent le moins impacté sera l’Afrique. Etre le moins impacté ne signifie pas toutefois que l’Afrique ne le sera pas.
Odyssée h2o pour l’Afrique aussi
L’Afrique boira sa tasse lors de cette invasion très liquide ou odyssée h2o. Non seulement l’eau mais aussi la canicule pour le continent, puisque comme son nom l’indique, le réchauffement climatique implique que la calor grimpera de partout. Dans la liste des pays affectés par les eaux, le Sénégal figure tout de même à la huitième place. Dakar, ville côtière par excellence sera aux premières loges du touché-coulé qui se jouera.
Almadies sous mer
Grand plongeon pour le quartier emblématique de Dakar qu’est les Almadies ; qui deviendra les Almadies sous mer. Rufisque aussi. L ’expression « sous mer » pourra être accolée à quasi toutes les villes et tous les villages côtiers que sont : Kafountine, Kabrousse, Palmarin, Ngaparo, Popenguine, Ndayane, Saint Louis, Cap Skirring, etc.
Le grand bleu c’est merveilleux, mais juste sous ton nez et directement dans tes narines ? Grands moments de solitude en perspective.
La piste du « Boire jusque plus soif » afin que le niveau des eaux diminue
Quant à l’usine du dessalement des eaux financée à hauteur de 135 milliards par la coopération japonaise et en voie de construction aux Mamelles ; avec sa capacité estimée à 50.000 mètres cubes/ jour, elle ne réussira pas à endiguer le salinement forcené des sols. Surtout, nous voyons mal la population entière boire l’eau dessalée de ladite usine afin de participer à l’effort de survie collectif.
Lorsque la nature fait son show eaux, balais-brosses et serpillières ne suffisent plus à renverser la tendance.
Irène Idrisse avec Lapresse/ au-senegal.com

HAIDAR EL ALI PLAIDE POUR L ECOLOGIE

Campagne des législatives au Sénégal: «l'écologie politique n'est pas un luxe»

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Le Sénégal entre dans sa dernière semaine de campagne pour les législatives du 30 juillet et il n’y a pas que les grandes coalitions qui tentent de séduire les électeurs. Les écologistes par exemple sont eux aussi en compagne avec la liste «Naatal Sénégal» menée par l’ancien ministre de l’Environnement Haïdar El Ali. Leur but, faire entrer à l’Assemblée des problématiques comme la pollution atmosphérique et l’impact sur l’environnement de la future exploitation du pétrole au Sénégal.
Après avoir fait campagne dans le sud du Sénégal, l’ancien ministre de l’Environnement Haïdar El Ali était ce dimanche 23 juillet dans la grande banlieue de la capitale sénégalaise, avec un message : l’écologie est une nécessité pour la nature, pour la santé, mais c’est aussi une source de richesse.
« Un hectare de coco rapporte après 5 ans de plantation 8 millions de FCFA par an et pendant 120 ans. On ne nous parle pas de ces investissements verts qui restaurent les écosystèmes, qui restaurent la pluie plutôt que le désert qui avance, et qui enrichissent la population ! », nous explique l'ancien ministre.
S’ils entrent à l’Assemblée, les écologistes promettent de se battre pour durcir la loi et réduire par exemple la pollution atmosphérique à Dakar, l’une des villes les plus polluées au monde.
« Chaque matin j’emprunte les bus, témoigne Mame Mor Ndiaye, un habitant de la banlieue dakaroise. La pollution, ça me fait mal au cœur ! On doit parler de ces questions à l’assemblée nationale.»
Bacary Ndiaye est la tête de liste écologiste du département de Pikine en banlieue de Dakar, une zone où la déforestation est un vrai problème.
« Au départ on pensait que l’écologie politique était une question de luxe, et qu’on ne pouvait pas parler préservation de l’environnement alors que la pauvreté (règne) mais notre première mission est justement de lutter contre la pauvreté… et si l’environnement n’est pas préservé, la forêt est menacée et c’est la vie du cultivateur qui est compromise…»
Et s’ils souhaitent entrer à l’Assemblée, c’est aussi parce que les écologistes craignent l’impact sur l’environnement que pourrait avoir la future exploitation des gisements de pétrole au Sénégal.
RFI

24/07/2017

MYSTIQUE SENEGAL

Top 5 des pays africains les plus mystiques qui soient, le Sénégal en 2e place

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Parler du mysticisme ou de la mystique revient, dans une certaine mesure, à s’intéresser à une réalité socioculturelle, disons à une pratique-vérité-croyance. Cette dernière, si nous nous offrons les moyens d’interroger quelques étapes de l’histoire humaine, semble ne jamais cesser de se montrer, avec une certaine acuité, qu’elle fonde notre vie, l’organise, la saisisse, la possède jusqu’à nous déposséder parfois de la raison. Eh oui, c’est ça l’Afrique. C’est l’endroit le plus mythique du monde où on trouve des mystères et des mystiques de tous les calibres. Rassurez-vous, on les trouve à tous les coins de rue. Pour vous, voici le top 5 des pays africains où le mysticisme est le plus noté :
1- Le Bénin
La réputation du Bénin en matière de pratique vaudou n’est plus à prouver. Il y existe même un festival en son honneur.
2- Le Sénégal
Ce n’est pas un secret, le Sénégal et le maraboutage c’est une grande histoire d’amour. Bien que cela soit interdit par la religion, les sénégalais ne boudent pas leurs marabouts.
3- Le Burkina Faso
Le Burkina est aussi réputé pour abriter de grands hommes mystiques aussi redoutables les uns que les autres.
4- Le Gabon
Il est de notoriété publique que Bongo père était un Franc-maçon tout comme le fils. Plusieurs cadres de l’administration également sont membres de cette secte ésotérique.
5- Le Tchad
Le Tchad peut être cité du fait de son président. En effet, Idriss Deby fait partie des 10 présidents africains accro aux marabouts.
Afrikmag.com

16/07/2017

PORTIQUES AUTOMATIQUES A YOFF

L’aéroport Léopold Sedar Senghor étrenne des portiques automatisés

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Les autorités sénégalaises ambitionnent de faire du pays un Hub aérien et veulent se donner les moyens de leur politique en mettant sur place une politique aérienne de dernière génération. Des E gates pour mettre Dakar au niveau des normes aéroportuaires internationales.
Et une infrastructure de plus qui va changer le visage de l’aéroport LSS de Dakar. Dans le cadre de la modernisation des infrastructures aéroportuaires et sécuritaires du Sénégal, il a été inauguré cette semaine des portiques automatisés de l’immigration ou E gates.
Avec ce nouveau dispositif, les faussaires et autres personnes indélicates n’auront plus qu’à bien se tenir. Ces E gates, que l’on retrouve dans les plus grands aéroports du monde vont permettre un gain de temps dans le cadre de la facilitation des formalités d’enregistrement au départ et à l’arrivée. Plus besoin de perdre une vingtaine de minutes pour passer le service de police, maintenant tout se passe en moins de 5 minutes. Un gain de temps qui est la bienvenue dans la gestion rapide du flux de passagers lorsque plusieurs compagnies atterrissent au même moment.
Avec ces plus de 2 millions de passagers annuel, ces installations modernes vont permettre des conditions d’exploitation optimales de l’aéroport LSS en attendant l’ouverture prochaine de l’aéroport international Blaise Diagne.
Ces innovations sécuritaires sont le fait de la société sécuriport, qui est en charge des questions sécuritaires frontalières grâce à un contrat signé avec l’Etat du Sénégal depuis 2011.
Eva Rassoul/au.senegal.com

PROTEGER MIEUX LA PÊCHE

Surveillance des pêches maritimes : Le Sénégal dispose désormais de deux stations de réception de données géospatiales

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La direction des Pêches maritimes (Dpm) du Sénégal et le Centre de recherches océanographiques de Dakar-Thiaroye (Crodt) disposent désormais, tous les deux, une station de réception de données géo-spatiales afin de surveiller le mouvement des navires dans les zones exclusivement réservées à la pêche de toute la façade Est de l’Océan atlantique. La cérémonie de lancement a eu lieu, hier, à la Direction des pêches maritimes du Sénégal.
Grâce à l’appui du Projet régional « Gestion des ressources marines et côtières » du Programme de surveillance de l’environnement et de la sécurité en Afrique, dénommé « The Monitoring of environment and security in Africa programme (Mesa) de la Commission marine de la Cedeao, la direction des Pêches maritimes (Dpm) du Sénégal et le Centre de recherches océanographiques de Dakar-Thiaroye (Crodt) disposent désormais tous d’une station de réception de données géospatiales.
Selon, le directeur des Pêches maritimes, Docteur Mamadou Goudiaby, ces deux stations de réception de données géospatiales vont ainsi aider l’État du Sénégal à mieux surveiller le mouvement des navires dans les zones exclusivement réservées à la pêche aussi bien dans les pays de la Cedeao et dans ceux de toute la façade Est de l’Océan atlantique, de diffuser des données sur les conditions océaniques et les cartes des Zones potentielles de pêche (Zpp).
« Ces installations de stations de réception de données géospatiales à la direction des pêches maritimes, mais également au Crodt vont permettre de mieux suivre les paramètres océaniques et le mouvement des navires dans les zones exclusives aussi bien dans la sous-région que dans les autres pays de la Cedeao et de toute la façade Est de l’Océan atlantique », a assuré le directeur des Pêches maritimes, Docteur Mamadou Goudiaby, au cours de la cérémonie de lancement de cet outil de surveillance de l’environnement et de la sécurité en mer. Elles vont, selon lui, permettre également de pérenniser les acquis dans les domaines de la surveillance et de la sécurité des pêches et ressources maritimes, mais aussi d’aller vers le développement des activités océanographiques dans la sous-région ouest-africaine.
Il existe aussi, dans le pays, d’autres stations de données terrestres dans certains centres de recherches, dont l’université, le Centre de suivi écologique (Cese), l’Anacim.
Selon lui, le projet a été financé à hauteur de 39 millions de dollars. Ce projet est important pour pérenniser ce que nous avons réalisé durant cette première phase du Mesa. Cet outil, selon les responsables de la direction des Pêches maritimes du Sénégal, va incontestablement contribuer au développement des services opérationnels de surveillance des paramètres de gestion des pêcheries et de l’état de l’océan pour la sécurité en mer. Ces deux stations, qui viennent d’être implantées, vont favoriser la gestion des pêcheries, la prévision océanique, ainsi que le suivi des profils côtiers et marins. Elles vont également permettre de lutter contre la pêche illégale non déclarée et non réglementée (Inn) aux niveaux national et régional.
Mamadou SY/lesoleil.sn

14/07/2017

EXCISIONS EN BAISSE

Baisse de la prévalence de l'excision chez les filles de moins de 15 ans (Unfpa)

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Le taux de prévalence de l'excision chez les filles sénégalaises âgées de moins de 15 ans est passé de 18 à 14,6% entre 2013 et 2015, a déclaré, jeudi à Dakar, Moussa Faye, représentant résident assistant au Sénégal du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa en anglais).
"Pour la jeune génération, des progrès notables ont été obtenus ces dernières années au Sénégal, entre 2013 et 2015, la prévalence de l'excision chez les filles âgées de moins de 15 ans, est passée de 18 à 14,6%", a expliqué M. Faye à l'ouverture d'un symposium sur les mutilations génitales féminines.
Au Sénégal, a poursuivi Moussa Faye, la proportion de femmes âgées de 15-49 ans ayant déclaré avoir subi l'excision est passée de 28% en 2005, à 25% en 2014 et à 24% en 2015, avec toutefois des disparités régionales car, les régions de Tambacounda, Kédougou (Est) Sedhiou, Kolda, Ziguinchor (Sud), Matam (Nord sont plus touchées.
"En termes de progrès vers l'abandon des mutilations génitales féminines, la baisse de la pratique de l'excision est cependant remarquable chez les ethnies qui la pratiquent le plus ‘’ , a expliqué Moussa Faye.
Ainsi, a-t-il poursuivi, chez les mandingues, 37% des filles de -15 ans sont excisées alors que 71% de leurs aînées (15-49 ans) le sont.
Chez les Soninkés, a encore dit Faye, la prévalence de l'excision est de 60% chez les aînées contre 39% chez les plus jeunes.
Cela signifie que les filles subissent de moins en moins la pratique des Mutilations génitales féminines (Mgf) comparées à leur mère, note-t-elle.
Selon lui, l'argument médical a permis de renforcer la sensibilisation auprès des communautés, et qu'il est plus que jamais essentiel de travailler avec le personnel de santé qui peut jouer un rôle déterminant pour accélérer la dynamique sociale des communautés et à continuer à sensibiliser les communautés.
TE/of/APA/apanews.net

12/07/2017

LA HONTE DU SENEGAL

Insuffisance des efforts de lutte contre la mendicité des enfants

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L'exploitation des enfants talibés et les abus dont ils sont victimes restent monnaie courante
Des dizaines de milliers d'enfants talibés au Sénégal continuent d’être forcés à mendier et de souffrir d'abus dans certaines écoles coraniques traditionnelles, un an après le lancement d’un programme gouvernemental visant à réprimer ces pratiques, ont déclaré dans un rapport publié aujourd'hui Human Rights Watch et la Plateforme pour la Promotion et la Protection des Droits de l'homme (PPDH), une coalition sénégalaise d’organisations de défense des droits humains.
Le rapport de 45 pages, intitulé « “Je vois encore des talibés mendier” : Insuffisance du programme gouvernemental pour protéger les enfants talibés au Sénégal », examine les succès et les échecs de la première année d'un nouveau programme du gouvernement visant à retirer des rues les enfants forcés à mendier. Le rapport documente les abus persistants – et notamment l'omniprésence de la mendicité forcée, de la violence et des abus physiques, l'enchaînement, l'emprisonnement et les abus sexuels – auxquels ont été confrontés de nombreux enfants talibés à Dakar et dans quatre autres régions du pays, pendant et malgré la mise en œuvre du programme. Human Rights Watch et la PPDH ont également évalué les défis qui restent à relever pour que les victimes d'abus puissent avoir accès à la justice.
« Bien qu'il représente un pas dans la bonne direction, le programme du Sénégal visant à retirer les enfants des rues n'a presque rien changé au nombre alarmant de jeunes talibés qui sont tous les jours victimes d'exploitation, d'abus et de négligence », a déclaré Corinne Dufka, Directrice adjointe de la division Afrique à Human Rights Watch. « Pour empêcher les abus et s'attaquer au cœur du problème, le gouvernement devrait veiller à ce que les maîtres abusifs fassent l’objet de sanctions ou de poursuites. »
Les deux organisations ont exhorté le gouvernement à renforcer le programme lors de sa deuxième année de mise en œuvre, à ouvrir des enquêtes et à engager des poursuites contre les maîtres coraniques abusifs, et à mettre en place un cadre juridique pour réglementer les pensionnats coraniques traditionnels, aussi connus sous le nom de daaras. Les candidats aux élections du 30 juillet à l'Assemblée nationale devraient placer les droits de l'enfant au centre de leurs campagnes et la nouvelle Assemblée s'efforcer de mettre fin à la mendicité forcée et d'accélérer l’adoption du projet de loi portant statut des daaras.
Les enfants talibés qui fréquentent des daaras qui les exploitent sont légion. Un talibé de Dakar âgé de 8 ou 9 ans a confié à Human Rights Watch que dans son ancien daara, « Nous faisions la mendicité pour de l’argent et pour du riz. Le marabout [maître coranique] demandait 400 francs CFA [0,70 dollar US] par jour. Le mercredi, c’était 500 francs CFA [0,85 dollar US], pour payer le loyer et l’électricité. Si nous n’apportions pas l’argent, ou si nous ne récitions pas les versets, le marabout nous battait. »
Le rapport s'appuie sur des entretiens approfondis menés de janvier à juin 2017 avec des enfants talibés anciens ou actuels, des maîtres coraniques, des activistes, responsables gouvernementaux, travailleurs sociaux et travailleurs humanitaires sénégalais, et des responsables de l'ONU. Il fait suite à un rapport de juillet 2016 intitulé « Sénégal : Nouvelles mesures pour protéger les talibés et les enfants de la rue » et sur des rapports de 2015, 2014 et 2010 documentant les abus contre les talibés.
À travers le Sénégal, environ 50 000 enfants talibés – selon les estimations – vivent dans des daaras où leurs maîtres coraniques les forcent à mendier chaque jour pour de l'argent, du riz ou du sucre. Les talibés vivent souvent dans des conditions de misère extrême et sont fréquemment soumis à des abus physiques ou psychologiques équivalant à des traitements inhumains et dégradants.
Certes, tous les daaras n'ont pas recours à l'exploitation et aux abus. De nombreux maîtres coraniques respectent les droits des enfants dont ils ont la charge. Mais beaucoup d'autres font fonctionner leurs écoles comme des entreprises, sous prétexte d'enseigner le Coran.
Durant la période d’avril à juin, Human Rights Watch a observé des centaines de talibés vivant dans des daaras sordides et mendiant au vu et au su de tous dans les villes de Dakar et de Saint-Louis. Les enfants – qui pour bon nombre d’entre eux n'avaient pas de chaussures, étaient couverts de saleté, portaient des vêtements en lambeaux, souffraient d'infections cutanées et semblaient aussi souffrir de malnutrition – mendiaient souvent devant les policiers ou les gendarmes, près des immeubles du gouvernement et sur des routes très fréquentées.
Lancé en juin 2016 à Dakar, le programme du gouvernement visant à lutter contre la mendicité forcée des enfants et connu sous le nom de « retrait des enfants de la rue » a rencontré un certain succès. Entre juin 2016 et mars 2017, 1 547 enfants ont été retirés des rues de Dakar et plusieurs centaines d'entre eux ont pu rejoindre leurs familles.
Mais au final, plus de 1 000 enfants identifiés comme talibés ont été renvoyés auprès de leurs maîtres coraniques, ceux-là mêmes qui au départ les avaient forcés à mendier. Le gouvernement n'a formellement ouvert aucune enquête sur les maîtres impliqués, personne n'a été arrêté et aucune inspection officielle n'a été effectuée pour déterminer les conditions de vie dans les daaras.
« L’État n’est jamais allé voir si l’enfant a été placé dans un bon daara ou non », a expliqué l’Imam Elimane Diagne, président du Collectif pour la modernisation des daaras. « Dans ces daaras, il n’y a pas de bonnes conditions… Les enfants dorment à même le sol. Il y a des maladies comme la gale… Parfois, ce sont des daaras sans eau ou robinet… Et au-delà de tout ça, l’enfant continue à mendier. »
Des responsables du programme ont indiqué en mai à Human Rights Watch qu'ils avaient pris la décision d'arrêter de renvoyer les enfants talibés dans leurs daaras, mais il est difficile de dire si cette mesure résulte de l’application d’un protocole particulier. Les responsables ont ajouté qu’encore récemment – en avril – des enfants avaient été renvoyés dans des daaras.
Pendant le premier mois du programme, les activistes et les travailleurs humanitaires ont observé une baisse spectaculaire de la mendicité des enfants. Mais l'absence d'enquêtes et de poursuites contre les maîtres abusifs a entraîné un retour au statu quo.
Pendant la première année de mise en œuvre du nouveau programme, Human Rights Watch a également documenté la mort de deux talibés suite à des abus dans des écoles coraniques ; cinq cas d'abus sexuels ou de tentatives d'abus sexuels par des maîtres coraniques ou leurs assistants ; et 28 cas de talibés battus, enchaînés ou emprisonnés dans des daaras. Ces abus ont eu lieu à Dakar et dans quatre autres régions du Sénégal.
Le gouvernement devrait veiller à ce qu'aucun enfant ramassé pendant qu'il mendiait ne soit renvoyé dans une école coranique qui a violé ses droits en le forçant à mendier ou en lui faisant subir d'autres abus, ont déclaré Human Rights Watch et la PPDH. Les ministères de la Famille, de la Justice et de l'Intérieur devraient coordonner leurs efforts pour faciliter les enquêtes et les poursuites contre les maîtres coraniques qui exploitent les enfants ou abusent d'eux. Tous les enfants qui vivent dans des daaras abusifs devraient en être immédiatement retirés et renvoyés dans leur famille, ou placés dans des structures alternatives de garde appropriées.
« Nous ne pouvons plus attendre demain pour mettre fin à l'exploitation et la maltraitance des talibés, enfants issus des couches les plus vulnérables de nos populations », a déclaré Mamadou Wane, président de la PPDH. « C'est maintenant qu'il faut arrêter cette violation massive et à ciel ouvert des droits de l'enfant au Sénégal. Nous sommes tous responsables. Nous avons tous l'obligation d'agir collectivement, avec l’État en première ligne. »
Lauren Seibert/Human Rights Watch/hrw.org