25/06/2017

PAUVRE SENEGAL

«Diagnostic systématique pays» de la Banque mondiale: un taux de pauvreté toujours élevé au Sénégal

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Lors d’une rencontre entre la Banque mondiale et la société civile sur le projet «Diagnostic systématique pays» qui permettra d’élaborer un document de développement pour chaque pays, les acteurs ont insisté sur le taux de pauvreté toujours élevé au Sénégal. Malgré une croissance de plus de 6%, les spécialistes se sont toujours accordés à dire que le taux de pauvreté du Sénégal n’a pas beaucoup baissé, car la richesse n’est pas souvent partagée.
Cette semaine, la Banque mondiale a tenu une rencontre avec les acteurs de la société civile autour du ‘’Diagnostic Systématique pays ». D’après la Pana, la rencontre a été présidée par le président du Conseil des Ong d’appui au Développement (Congad), Amacodou Diouf, et la Directrice des Opérations de la Banque mondiale au Sénégal, Mme Louise Cord.
Cette rencontre est organisée dans le cadre du processus d’élaboration du Diagnostic Systématic-pays du Sénégal initié par la Banque mondiale. Elle permettra à l’institution de présenter les résultats de l’étude aux acteurs de la société civile et de recueillir leurs points de vue sur les contraintes principales du Sénégal.
Après la présentation générale du SCD-Sénégal, il ressort que le pays affiche une croissance louable et un taux de pauvreté toujours élevé, malgré ses atouts. Selon les experts de la Banque mondiale, ce résultat permettra de faire une analyse sur la durabilité des progrès récents et la capacité du Sénégal à faire face aux contraintes structurelles.
Les participants ont également fait des remarques, notamment le gap du secteur informel, le problème d’accès à l’information sur l’exploitation des ressources du pays, sur le lien entre les réalités que vivent les populations sénégalaises et les indicateurs de travail de la Banque mondiale. Ils indiquent que souvent, ces indicateurs ne sont pas adaptés au contexte du pays.
Avec ces remarques, nous nous sommes intéressés réellement aux performances du Sénégal dans la lutte contre la pauvreté car, même si ces dernières années, la croissance du pays est louable, le niveau de la pauvreté n’a pas tellement baissé.
Un taux de pauvreté de plus de 46%, plus de 6 millions de pauvres
Ainsi, la présentation de la Banque mondiale sur le Sénégal, que nous avons visitée, rappelle que le taux de pauvreté est estimé à 46,7% dans notre pays. «Le taux de pauvreté, qui atteint 46,7% selon les dernières estimations, reste élevé. Le taux de croissance du Pib est bien en deçà du niveau nécessaire pour faire reculer la pauvreté, tandis que le poids de plus en plus important des exportations de biens à forte intensité capitalistique, au détriment de secteurs intensifs en main-d’œuvre, limite la création de nouveaux emplois», lit-on sur le document de la Banque mondiale.
D’après l’institution de Breton Woods, la série de chocs économiques dont a souffert le Sénégal au cours des dernières années, est venue freiner encore davantage les progrès : l’incidence de la pauvreté n’a baissé que de 1,8 point de pourcentage entre 2006 et 2011, tandis que le nombre absolu de pauvres, lui, augmentait, pour atteindre 6,3 millions en 2011.
Toujours pour le Sénégal, la Banque mondiale, indique que le niveau des inégalités reste modéré et se situe en-dessous de la moyenne enregistrée en Afrique subsaharienne. Les disparités géographiques restent cependant, très prononcées : deux habitants sur trois vivent dans la pauvreté dans les zones rurales, et en particulier dans le Sud du pays, contre un sur quatre à Dakar.
Lors de la rencontre, la Directrice des Opérations de la Banque mondiale, Louise Cord, a indiqué que les remarques seront intégrées dans le processus d’élaboration du projet.
«Le problème de l’accès à l’information est important à noter. Le gap du secteur informel est une urgence et nous allons réfléchir là-dessus», a-t-elle indiqué.
Le président du Conseil des Ong d’appui au développement (Congad), Amacodou Diouf, a félicité cette initiative de la Banque mondiale et a indiqué qu’il est important de promouvoir le dialogue avec les acteurs de la société civile et la Banque mondiale.
Les Echos/leral.net

20/06/2017

DESERTIFICATION DU SENEGAL

34 % de la superficie affectés par la désertification

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La désertification gagne du terrain au Sénégal. Elle reste un phénomène tenace auquel il faut apporter une réponse. C’est en substance le message livré à l’occasion de la célébration, à Mbao, de la Journée mondiale de lutte contre la désertification.
La désertification constitue toujours une menace pour le Sénégal. Elle est bien présente partout sur le territoire. Selon la conseillère technique du ministre de l’Environnement et du Développement durable, le colonel Gogo Ndiaye, le phénomène s’étend sur 6,5 millions d’hectares de la superficie nationale. « Les dernières investigations nous enseignent que 34 % de la superficie du pays sont affectés, soit plus de 6,5 millions d’ha. Cela constitue une contrainte majeure pesant sur le développement et l’atteinte de la sécurité alimentaire », a déclaré, le week-end dernier, à Mbao, le colonel Ndiaye.
C’était à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre la désertification dont le thème de cette année est : « Notre terre, notre maison, notre avenir ». Une occasion saisie par la représentante du ministre de l’Environnement pour rappeler que cette désertification se manifeste par des phénomènes divers, tels que l’érosion, les coupes abusives sur les forêts et les pressions de l’homme et du bétail. « La forêt au Sénégal se dégrade progressivement, surtout en ce qui concerne les essences remarquables, telles que le Vène, le Dialabane, le Mbep, le Beer, le Dimb, pour ne citer que celles-là. Les coupes illicites de bois, surtout le long de nos frontières, portent un coup fatal non seulement à nos formations forestières mais aussi à l’économie nationale », a indiqué le colonel Ndiaye, rappelant la nécessité de prévenir la dégradation de nouvelles terres et la remise en état des terres déjà dégradées.
Il faut aussi, d’après Gogo Ndiaye, continuer à reboiser ou à régénérer un hectare de terre dans les mêmes écosystèmes et pendant la même période. A ce titre, a-t-elle précisé, « il faut un effort annuel soutenu de 480.263 ha par an, soit un rythme de progression de 7 % par an de compensation des pertes à partir de 2020 pour tendre vers la neutralité ».
Pour autant, cette détérioration des terres ne doit guère faire oublier les efforts consentis par l’Etat, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, pour lutter contre ce phénomène. a en croire le colonel Ndiaye, des engagements financiers à hauteur de 321,5 milliards de FCfa ont été mobilisés entre 1997 et 2007 par les projets de lutte contre la dégradation des terres au Sénégal. Mais, tous ces moyens n’ont pas encore permis de venir à bout d’un phénomène tenace qui se développe d’année en année. « Le bilan global des programmes et projets mis en œuvre pour la lutte contre la désertification et gestion durable des terres demeure mitigé, parfois décevant, au regard des ressources investies », a reconnu la conseillère technique du ministre de l’Environnement. D’où l’organisation de cette journée pour permettre aux Sénégalais d’être suffisamment informés sur les méfaits de la désertification.
Maguette NDONG/lesoleil.sn/BBC

17/06/2017

L'AMOUR EN NOIR ET BLANC

Relations inter-raciales sur la Petite Côte : Dans l’intimité des couples mixtes à Mbour

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L’envie de connaître une situation sociale bien meilleure a poussé de nombreux jeunes Sénégalais dans les bras de vieux retraités européens venus passer du bon temps à la Petite Côte, pour le restant de leur vie. Mais si certains ont pu construire de belles villas et investir dans des créneaux porteurs, grâce au mariage mixte, d’autres, trahis et abandonnés à leur triste sort, ont vu leurs rêves s’effondrer comme un château de cartes.
Il est venu une première fois au mois de février, il est revenu au mois de mai et il compte s’installer définitivement dès novembre prochain. Lui, c’est Fabrice, un sexagénaire français, en vacances à Saly Portudal, depuis un mois. C’est un amoureux du Sénégal et particulièrement de cette station balnéaire où, selon lui, on trouve toutes les commodités pour mener une vie agréable. Cet après-midi du mois béni de Ramadan, il fait partie de la cohorte de retraités européens, en belle compagnie, venus faire leurs achats dans un supermarché niché en plein cœur de Saly Portudal. A la devanture de cette grande enseigne, les belles bagnoles se succèdent les unes les autres, dans un vrombissement continu des moteurs. Le lieu dégage un luxe insolent. Tout autour, des vendeurs d’œuvre d’art guettent le moindre touriste, dans l’espoir de réaliser de bonnes affaires. Les vendeurs de cartes de crédit, le long des trottoirs, ont aussi senti le bon coup n’hésitant pas à interpeller les passants. Enfin, les bureaux de change installés un peu partout complètent le décor.
Dans ce milieu qui grouille de touristes, pour la plupart des Européens, l’activité commerciale est intense, le marchandage constant. Il est 17h. Dans deux heures et demie, les musulmans procéderont à la rupture du jeûne. Le supermarché reçoit de plus en plus de monde. Un ballet incessant de couples mixtes se mêle parmi cette foule hétérogène qui grossit au fil des heures.
De vieux occidentaux sont accompagnés de belles nymphes africaines, des sénégalaises pour l’essentiel. Un homme s’empresse de récupérer un panier et ouvre aussitôt la porte à sa jeune partenaire noire. Ah, ils sont toujours galants ces Blancs ! Un autre, sans doute, un septuagénaire, traine sa lourde silhouette, derrière une fille d’à peine 20 ans, qui se trouve être sa conjointe. Vu l’écart d’âge qui les sépare, la jeune dame pourrait être sa petite fille voire son arrière-petite-fille. Mais l’amour connaît-il l’âge ? Evidemment non.
D’autres acheteurs prennent d’assaut les échoppes de fortune qui font face au supermarché. Parmi eux, Fabrice et sa femme, une Sénégalaise de 21 ans, les lunettes noires bien vissées, certainement pour éviter les regards de certains curieux et jaloux. Entre ces deux-là, le courant est vite passé. Le couple s’est rencontré en février dernier à l’occasion de la première visite au Sénégal du sexagénaire français. Très vite, le coup de foudre a lieu entre les deux tourtereaux. Finalement, Fabrice et sa compagne ont fini par sceller leur alliance, devant Dieu et les hommes.
« Ici, c’est sympathique »
Pour l’heure, c’est le prolongement de leur lune de miel. Les deux conjoints surfent toujours dans un bonheur intense, la belle vie qu’ils entendent croquer à belles dents. La ville est belle ! D’ailleurs, Fabrice compte, à partir du mois de novembre prochain, revenir s’installer définitivement au Sénégal et à Saly auprès de sa femme afin de vivre pleinement son idylle. C’est fou l’amour ! « Je suis là depuis un mois et il ne me reste que trois semaines de vacances. Je suis venu une première fois au mois de février et je suis revenu. C’est un endroit qui me plait énormément. Personnellement, ce n’est pas le premier pays africain que j’ai fait. J’ai toujours aimé l’Afrique mais ici c’est sympathique », affirme-t-il, en homme amoureux.
Pour lui, Saly Portudal, en termes de confort, de commodités etc. ; n’a pas beaucoup à envier aux villes françaises « Le coût de la vie n’est pas cher et l’on peut trouver tout ce que l’on veut ; sans oublier les hôtels, les belles plages, le soleil, le beau temps toute l’année, la proximité géographique etc. », ajoute-t-il, manifestement sous le charme de cette station balnéaire.
Jean, un vieux promoteur touristique a, lui aussi, cédé aux assauts charmants d’une belle demoiselle à la fleur de l’âge. C’est à la suite du décès brusque de sa femme, alors qu’ils étaient tous deux en voyage au Sénégal, en compagnie de leur jeune fils, que le Français a rencontré la Sénégalaise. Comme Fabrice et sa femme, les deux amants n’ont pas mis du temps pour officialiser leur relation. Eux aussi ont l’air de bien s’entendre, malgré le gap générationnel consistant. Ils ont fait de l’amour un pont pour traverser les âges, se retrouver et sceller leur union sacrée pour le meilleur et le pire. Toutefois, le couple n’entend pas se fixer définitivement au pays comme l’ont fait beaucoup de retraités européens. « Ma femme et moi, nous nous entendons à merveille ; mais nous ne comptons pas nous installer à Saly. Nous aller retourner en France. J’étais venu pour me lancer dans le tourisme mais le secteur n’est pas bien soutenu », se convainc Jean. Entre autres raisons, à l’origine de ce choix, « la jalousie et la haine » qu’attire son idylle avec sa fringante dame, sans oublier « les difficultés du tourisme, les billets d’avion chers ».
Comme Fabrice et Jean, ils sont nombreux ces vieux retraités européens qui ont décidé de se la couler douce à la Petite Côte. Le cadre de vie, les belles plages, le soleil tropical, la chaleur africaine et le coût de la vie peu cher etc. ; font partie des raisons qui attirent ces derniers. Sans compter la possibilité de trouver de jolies belles nymphes « qu’ils ne peuvent espérer rencontrer chez eux, tant l’écart d’âge est important », martèle le premier adjoint au maire de Saly, Babacar Guèye.
Résultat, à Saly, Mbour, Pointe Sarène, Nianing, Somone etc. ; le mariage mixte est devenu un phénomène social. L’élu de Saly ajoute qu’il est en hausse.
Dans ces localités, beaucoup de jeunes se sont mariés à des Blancs et Blanches qui viennent essentiellement de la France ; et dans une moindre mesure de l’Italie. A Saly, constate l’adjoint au maire, « sur 100 mariages, les 35 sont des mariages mixtes ».
Troisième adjoint au maire de Mbour, chargé de l’intercommunalité, Babacar Guèye a, en sa qualité d’officier d’état civil, eu à sceller des mariages mixtes. Il pense que la raison fondamentale qui pousse les jeunes dans les bras des Occidentaux est d’ordre économique.
Quand la pauvreté pousse les jeunes dans les bras des retraités européens
« Nous sommes dans un pays sous-développé et beaucoup de jeunes, en s’engageant dans ces mariages, espèrent trouver une situation socioéconomique bien meilleure. Ces mariages mixtes ne sont pas en général fondés sur l’amour », fait-il remarquer.
Par ailleurs, il ajoute que certains garçons et filles ont pu rallier l’Occident grâce à leur alliance avec des Européens. Un constat que conforte l’autre Babacar Guèye, 1er adjoint au maire de Saly. « Le rêve, pour beaucoup de jeunes, est de se rendre en Europe. Du coup, le phénomène du mariage mixte constitue, à leurs yeux, une formidable opportunité de réaliser ce rêve », souligne-t-il. A l’en croire, certains ont effectivement atteint leurs objectifs en arrivant dans « l’Eldorado » européen. Le troisième adjoint au maire de Mbour soutient que d’autres jeunes ont pu également, grâce à leur mariage avec des Blancs, investir dans des créneaux porteurs, l’immobilier etc. « Certaines filles ont réussi à investir dans des projets, à construire de grandes maisons qu’elles louent. Actuellement, elles vivent dans un milieu social respectable. J’en connais trois cas », fait constater M. Guèye. Pour autant, les deux élus conviennent que le mariage mixte comporte plus d’inconvénients que d’avantages. Le phénomène, expliquent-ils, peut se révéler un dangereux miroir aux alouettes.
Ils racontent que des jeunes filles et garçons, contrairement à ce qu’ils espéraient, ont fini dans des culs-de-sac, trahis puis abandonnés à leur malheureux sort. « On a appris que certaines filles qui avaient pu gagner l’Europe à la faveur du mariage mixte ont été entrainés dans des réseaux de prostitution », souligne, avec regrets, le troisième adjoint à la mairie de Mbour.
Des sergents recruteurs à la solde de réseaux de prostitution
Babacar Guèye adjoint maire MbourEn fait, les vieux retraités qui jettent leur dévolu sur la Petite Côte n’ont pas toujours les mêmes motivations. Si certains ont de bonnes intentions, cherchent l’âme sœur, veulent passer du bon temps sous le soleil tropical, d’autres ne sont en réalité que des sergents recruteurs encagoulés à la solde de dangereux réseaux de prostitution. « La prostitution est l’autre danger qui guette les jeunes qui s’engagent dans les mariages mixtes », prévient encore Babacar Guèye. Il fait savoir que certains (filles et garçons) ont également été contaminés par le VIH Sida et abandonnés. C’est pourquoi, il appelle les jeunes à apprendre à mieux connaître d’abord leurs partenaires avant de s’engager dans une relation durable. « Le problème, c’est que les jeunes comme leurs familles ne font les investigations nécessaires avant de s’engager parce que pour la plupart, c’est une opportunité de réussite à saisir. Ils ne prennent pas les précautions nécessaires pour s’entourer de garanties en vue d’éviter des surprises désagréables », déplore encore, l’adjoint à la mairie de Mbour. L’autre inconvénient relevé par ce dernier est que « certains jeunes, une fois en Europe, sont coupés de leurs attaches au Sénégal ». Les deux hommes pensent que le risque de perdre son identité culturelle, ses valeurs est donc réel dans ce genre de relation.
« Beaucoup restent 3 à 4 ans sans venir en vacances au pays ; tandis que d’autres n’envoient même pas de l’argent à leurs familles à la fin du mois », renchérit l’adjoint à la mairie de Saly. Il explique que ce ne sont pas seulement les filles qui sont les malheureuses victimes du mariage mixte. Les garçons ne sont pas en reste ; surtout ceux qui vivent en concubinage avec leurs partenaires. « Généralement, certaines femmes, au bout d’un certain temps, quittent leurs jeunes conjoints pour d’autres plus aptes physiquement. Abandonnés, ces derniers se retrouvent sur les carreaux, épuisés, sans ressources », constate-t-il. Pour lui, le concubinage est encore plus dangereux ; puisqu’aucun papier juridique ne légalise ni ne garantit cette relation.
Manque de sensibilisation
« Ceux ou celles qui s’engagent dans le concubinage sont plus faciles à virer. Il n’y a rien qui garantit les liens. Si c’est un mariage avec des papiers, on réfléchit deux fois avant de se séparer de son conjoint ou de sa conjointe. Les vieilles personnes qui cherchent à se marier avec des jeunes, c’est uniquement pour le plaisir et quand le conjoint n’est plus en mesure de satisfaire aux désirs, il est viré », note l’élu de Mbour. Il faut dire que le prétexte ne manque pas pour se débarrasser de son partenaire ou sa partenaire ; même si c’est parfois fallacieux. Qui veut tuer son chien l’accuse de rage, selon un vieil adage. En effet, révèle-t-il, les jeunes vivant en concubinage avec des Européens ou Européennes font généralement l’objet d’accusations de vols mais ce n’est qu’un prétexte pour se séparer d’eux au profit d’autres plus aptes sur le plan physique.
Face aux dangers du phénomène, il insiste encore sur l’importance de la sensibilisation à l’endroit des jeunes et des parents dont la responsabilité est, d’après lui, engagée. Il constate que l’Etat, en dépit de l’ampleur de la situation, ne développe pas des initiatives dans ce sens. Le hic, c’est que chacun est libre de contracter un mariage avec le partenaire de son choix à la seule condition que tous deux s’aiment. « L’Etat, ni les communes ne peuvent s’opposer à un mariage, dès lors que les concernés ont convenu de vivre pour le meilleur et le pire. Tout ce qu’on peut faire, c’est de venir constater le mariage », indique, Babacar Guèye, 1er adjoint à la mairie de Saly Portudal. Les deux élus soutiennent que c’est seulement à travers des causeries ponctuelles qu’ils arrivent à sensibiliser, par affinité, des jeunes qui constituent une cible potentielle du phénomène du mariage mixte.
Le Tourisme sexuel, un terreau fertile au mariage mixte
Selon Babacar Guèye, adjoint à la mairie de Mbour, des Européens ont pu trouver des partenaires par le biais du tourisme sexuel. Il explique qu’au départ, certains vieux retraités viennent, en vacances, pour « déguster de la bonne chair » et repartir chez eux. Certains ont, cependant, pris goût à la belle vie de Saly, y ont pris femmes et ont fini par s’y installer ; tandis que d’autres retournent en Europe avec leurs jeunes conquêtes. « A l’origine, ces gens ne viennent pas pour le mariage, ils viennent en vacances et entrent en contact avec des relais dans l’espoir de passer du bon temps avec des filles, le temps de leur bref séjour en terre sénégalaise. Ainsi, ces personnes trouvent des clientes qui évoluent dans la prostitution et occasionnellement des femmes qui cherchent des partenaires », relève-t-il.
Il révèle que la mairie de Mbour a organisé un programme de formation de guides touristiques en vue d’encadrer l’arrivée des touristes à la Petite Côte. A son avis, beaucoup de gens qui accompagnent ces derniers dans leurs sorties, une fois à Saly, ne sont pas de vrais guides touristiques et peuvent souvent abuser de la confiance de leurs hôtes en les conduisant dans des réseaux de prostitution. « Avec les guides que nous avons formés, nous voulons dorénavant que les touristes passent désormais par ces gens-là afin d’éviter d’être emmerdés ou même entrainés, sans leur aval, vers des réseaux de prostitution », soutient l’élu de la mairie de Mbour.
Diégane Sarr et Babacar Dione Abib DIOUM - lesoleil.sn
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09/06/2017

FOUNDIOUGNE FOREVER

Sur les berges du Sine: Retour sur le glorieux passé de Foundiougne

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Sur la rive gauche du fleuve Saloum, entre la brèche de Sangomar et le port de Kaolack, Foundiougne, distante de 22 kilomètres de Fatick, sa capitale régionale, se laisse découvrir. Partir à la découverte de cette ville, jadis prospère, « relève d’une véritable attraction », selon l’historien Wack Bâ. Foundiougne, qui a joué un rôle important dans l’administration coloniale française et a connu une époque florissante grâce à son port, lequel a marqué son histoire, peine à se relever. Aujourd’hui, l’ancien chef-lieu du cercle du Sine-Saloum se débat toujours pour retrouver son glorieux passé.
Il n’est pas nécessaire de remonter loin dans l’histoire de Foundiougne pour comprendre ce que cette ville est aujourd’hui. Bordée au sud par la commune de Soum, au nord par la commune de Fatick, à l’est par la commune de Passy et à l’ouest par l’océan atlantique, Foundiougne possède encore de belles traces de son passé. Les marques de l’histoire sont encore présentes avec les bâtiments de style colonial construits en briques rouges, caractérisés par leurs toitures pentues en tuiles mécaniques et résistant tant bien que mal à l’usure du temps. Notre séjour nous a permis de découvrir la belle richesse de ce terroir que son maire, Babacar Diamé, qualifie de « vieille ville qui date de l’époque coloniale ». À l’origine, soutient l’historien Wack Bâ, Foundiougne était un petit village de pêcheurs appelé Kaad et situé au bord du fleuve. « C’est précisément à cet endroit qu’un berger taillait son « soundiougne », un petit manège artisanal qui interdisait aux vaux de téter et donnera plus tard le nom de Foundiougne, une petite escale de pécheurs où s’était installé un véritable marché de produits halieutiques. Un endroit qui deviendra, par la suite, un village réputé que se disputaient les guerriers pour le compte du Buur Saloum afin de l’élire aux prestiges de résidence royale », explique-t-il.
Dans le riche passé de la ville de Foundiougne, l’histoire et la mémoire locale révèlent que cette contrée a joué un rôle important dans l’administration coloniale française. Chef-lieu du cercle de Foundiougne en 1888, puis du Sine en 1897, Foundiougne a été érigée en commune mixte en 1917, avant de devenir commune de moyen exercice en 1957. Ce n’est qu’en 1960 que Foundiougne obtient le statut de commune de plein exercice.
Selon le conseiller régional Lamine Sarr, « le colonisateur avait déjà fait de Foundiougne un hub commercial incontournable pour la traite de l’arachide avec son port de transit qui a fait la gloire de la vieille cité d’un riche héritage historique à l’origine même de sa diversité culturelle ». Toutefois, souligne M. Sarr, « la présence de la mer a été déterminante dans le peuplement de la contrée, comme en atteste d’ailleurs la présence des nombreux amas coquillers, témoin d’une civilisation ancestrale basée, entre autres, sur l’exploitation des produits de la mer ». Foundiougne fut alors une terre de transit, mais également un centre d’accueil de populations venant de divers horizons et qui choisissent de s’y implanter définitivement compte tenu du cadre hospitalier et des opportunités de la contrée.
Une période coloniale glorieuse
« Ce qui a justifié, en plus des mouvements de populations liés aux crises alimentaires survenues dans l’histoire (famine) et de l’expansion des religions musulmane et chrétienne, la diversité de son peuplement et la richesse de sa culture », fait remarquer Lamine Sarr. Il ne manque pas de vanter la position géographique de Foundiougne qui, selon lui, « est unique. Ce qui, du reste, semble avoir justifié le choix porté sur cette contrée par le colonisateur qui en avait fait un point stratégique dans sa politique de mise en valeur de la colonie du Sénégal. En atteste les canons qui trônent majestueusement à Ndakhonga, orientés vers l’Atlantique, la Gambie et l’hinterland sénégalais, comme pour veiller sur la ville à la crevette rose ».
Pendant la période coloniale, Foundiougne connut une époque très glorieuse grâce à l’édification d’un port commercial de premier plan qui fut à l’origine de son essor sur le plan des échanges commerciaux entre la capitale de l’Aof et la métropole française. Il fut le 4e de l’Afrique de l’Ouest et le 3e du Sénégal, faisant de Foundiougne un port arachidier attractif du fait de sa localisation au cœur de l’ancien bassin arachidier et de son ouverture sur l’0céan Atlantique par la Pointe de Sangomar.
Grâce à son port et aux échanges commerciaux, Foundiougne a connu une époque florissante et fut économiquement riche grâce à l’implantation, le long du fleuve, de maisons de commerce comme la Compagnie française de l’Afrique occidentale (Cfao), Maurel et Prom, Vézia & Cie., Chavanel, entre autres, qui avaient chacune son wharf.
Avec tout un réseau de marigots et de rivières, cet écosystème permettait de drainer la production arachidière du Niombato, du Loog, du Djognick, du Sine et du Saloum Ouest vers le port arachidier de Foundiougne. À cette époque, les transports terrestres n’étaient pas développés. « Plus de 200 bateaux long courrier fréquentaient annuellement le port », indique Maurice Ndéné Warore, ancien inspecteur d’académie à la retraite, qui a écrit un mémoire sur le passé de Foundiougne.
De l’avis de Pape Momar Diagne, ancien maire de la ville, toutes les possibilités d’emplois qu’offrait le port avaient favorisé l’installation des comptoirs français à cette période. « Les activités ont influé sur l’arachide, faisant de Foundiougne un véritable point de rencontre et d’échanges entre pêcheurs et agriculteurs qui acheminaient leurs produits (halieutiques, cultures vivrières et de rente, lait) vers des destinations comme Kaolack et Fatick », indique M. Diagne. Selon lui, « c’est un véritable marché de troc qui s’était développé à l’époque ».
Il s’y ajoute, selon l’historien Wack Bâ, « le grand marché de fruits de mer qui attirait, à l’époque, une mosaïque d’ethnies (Wolofs, Sérères, Pulaars, Diolas) ayant découvert l’agglomération de Foundiougne que l’homme blanc, venu de Dakar, avait transformé en port commercial sur la route maritime de l’Europe ». Les statistiques nous révèlent que la population, qui était de 2695 en 1920, dépassait les 15.000 en 1927 avec pas moins d’une vingtaine d’ethnies, en dehors des Français et des Libano-Syriens. Foundiougne était alors une terre de rencontre des peuples de l’Aof. Un riche passé d’une ville que Maurice Ndéné Warore analyse à travers le système économique que le colon avait mis en place à partir de 1875 jusqu’à 1939, avec son port arachidier ayant favorisé le caractère d’une ville d’immigration, mais aussi du fait que Foundiougne ait été le chef-lieu du cercle du Sine-Saloum de 1888 à 1897, ayant sous son autorité Kaolack, Fatick et Joal. « Le contexte d’insécurité qui régnait, à l’époque, autour de Kaolack, avec, d’une part, les guerres entre le Sine et le Saloum, et, d’autre part, le Rip, avait prévalu à ce choix de Foundiougne », note-t-il.
Une navigation fluviale éclipsée par le tracé des axes routiers
C’est par la suite, précise Maurice Ndéné Warore, « que la politique a pris le dessus et avec le retour de la paix au Saloum et au Sine permettant ainsi à Kaolack de retrouver sa situation stratégique de centre d’une région à fortes potentialités agricoles ». À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la France devait reprendre en main ses colonies et exploiter au maximum leurs potentialités. Cela devait passer par le tracé de nouveaux axes routiers et lignes de chemin de fer. Foundiougne a ainsi commencé à perdre son passé glorieux. « La naissance d’un réseau de routes allait éclipser la navigation fluviale. Désormais, Kaolack était devenu le cœur du bassin arachidier avec la marche de l’arachide vers de nouvelles zones pionnières (nord Kaffrine aux environs de Boulel) », relève Lamine Sarr.
Mieux, ajoute M. Sarr, sur le chemin de Kaolack, convergèrent de nouvelles routes et la voie ferrée entre cette ville et Guinguinéo. Cette nouvelle donne a ainsi entrainé le retrait des maisons commerciales bordelaises, notamment Vézia, Maurel et Prom, Cfao, etc., qui s’étaient implantées à Foundiougne. « Aujourd’hui encore, les vieilles bâtisses desdites maisons, les canons protecteurs de la ville implantés par le colonisateur lors de la guerre, témoins d’un riche patrimoine historique colonial, résistent tant bien que mal à l’usure du temps », se désole Lamine Sarr. Autre témoin de cette histoire féconde, ajoute-t-il, les reliques des différents wharfs construits à l’aide des troncs de rônier et appartenant aux maisons de commerce et à l’administration coloniale. Il en est de même avec les familles d’origine libano-syrienne implantées dans le département durant la belle époque de l’arachide. Aujourd’hui, nous dit-il, la famille Zerdan est encore présente à Passy où elle constitue un modèle d’intégration.
Le port ayant perdu son attraction et ses activités qui se sont amenuisées à vue d’œil, la ville commence alors à perdre sa popularité et sa population. Il en sera ainsi jusqu’à l’accession à l’indépendance, en 1960. « Quand nous arrivions à Foundiougne, en octobre 1968, il ne restait de cette période faste que des wharfs squelettiques qui défiaient encore les flots et de vieux magasins devenus le fief d’une multitude de chauves-souris », informe Maurice Ndéné Warore qui soutient avoir vu les derniers bateaux embarquer des arachides au port de Foundiougne en 1969. Des bateaux gros porteurs, souligne-t-il, qui chargeaient l’arachide et y déchargeaient des produits occidentaux. « On les voyait alignés au large du fleuve au niveau des wharfs des différentes maisons de commerce de la ville. Ce port fut à l’origine de l’essor de la ville sur le plan des échanges commerciaux entre le Sénégal et la métropole française », renseigne-t-il.
Abdou Diouf fait renaitre l’espoir
Aux lendemains de l’indépendance du Sénégal, note l’ancien maire Pape Momar Diagne, les rivalités politiques entre le président Léopold Sédar Senghor du Bds et Lamine Guèye de la Sfio ont beaucoup influé sur le déclin de Foundiougne. Selon M. Diagne, le président Senghor avait juré de tourner le dos à Foundiougne après sa défaite aux élections législatives de 1951 face à Lamine Guèye. « C’est une date repère à laquelle il s’est employé à accorder un mépris total vis-à-vis de la ville de Foundiougne durant tout son règne », rappelle-t-il. « Ce n’est qu’avec l’avènement du président Abdou Diouf, à partir de 1981, que la ville commence à retrouver l’espoir d’émerger », fait savoir Pape Momar Diagne.
« À l’époque, j’étais adjoint au maire de Malick Ndiogou, chargé de prononcer le discours de bienvenue au président Diouf. Ce dernier a retenu une seule doléance que j’avais évoquée à trois reprises : la route, pour enclencher le désenclavement de Foundiougne et profiter de ses énormes potentialités halieutiques, touristiques et agricoles ». Un potentiel qui reste toujours intact en dépit des difficultés de son exploitation grandeur nature et qui pourrait permettre à la ville d’atteindre l’émergence. Retraçant les atouts géographiques qui avaient fait de Foundiougne un chef-lieu administratif, un port et un centre commercial, Maurice Ndéné Warore estime que ces atouts pourraient être mis à profit dans le contexte politico-socio-économique actuel.
Il s’y ajoute la proximité du chenal qui se situe sur la rive gauche du fleuve Saloum et dont la partie la plus profonde passe non loin de cette rive gauche. C’est pourquoi, dit-il, les wharfs qui partaient de la rive avaient une dizaine de mètres de longueur et leur bout atteignait facilement un tirant d’eau entre 3,5 m et 4 m. Ce qui, selon lui, permettait aux bateaux d’accoster et de charger les arachides. « C’est pour cette raison que le bateau Diambogne ne peut toujours pas accoster au port construit à Ndakhonga, sur la rive droite, car il faut encore draguer du chenal jusqu’à cet aménagement », indique M. Warore.
Une relance de Foundiougne espérée avec le Pse
Il convient, selon Maurice Ndéné Warore, de rendre navigable le chenal à partir de l’embouchure jusqu’à Foundiougne, sur une distance de 65 kilomètres. Et d’y effectuer des balisages et de prendre en charge l’exploitation de la végétation du département de Foundiougne qui est le poumon vert du Saloum, notamment dans le Niombato et les îles Betenty qui sont encore couverts de forêts. Il y a aussi le parc du delta du Saloum et les îles du Gandoul qui sont couvertes de forêts de mangrove. « C’est dire que toutes ces données géographiques et naturelles devraient permettre de relancer Foundiougne et le hisser au rang de centre économique. Elles permettent des initiatives dans différents domaines comme la navigation maritime et continentale, la renaissance du port, le développement du tourisme, l’agriculture, la pêche, la pisciculture et l’ostréiculture, de même que l’apiculture », indique Maurice Warore.
Il suffit, à son avis, de prendre en compte le développement de Foundiougne à partir d’un réseau routier qui entrerait dans le désenclavement de la Casamance et de l’intégration sénégambienne. « Nous sommes à l’heure du Plan Sénégal émergent (Pse), il s’agit de développer tout le Sénégal de manière équilibrée. Le développement d’un quelconque coin du pays qui entrainerait le recul d’un autre ne serait point pertinent et ne serait pas non plus une action de développement, mais une croissance isolée. Le Pse ne devra pas être une addition de croissances, mais une multiplication d’actions de développement durable », fait-il savoir.
Mohamadou SAGNE, Samba Oumar FALL (textes)et Ndèye Seyni SAMB (photos)/lesoleil.sn

06/06/2017

TOUBAB!

EH TOUBAB ! - Oui toi, homme blanc

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Si vous arrivez au Sénégal, vous devenez des « Toubabs ». Vous n’aurez pas le choix, c’est comme ça, il va falloir vous y faire. Le toubab, c’est l’homme blanc. Mais rassurez-vous, rien de péjoratif. Ici, on appelle un chien, un chien, on appelle chat, un chat, on appelle un « blanc », « toubab ».
« Toubab » (en wolof tubaap, tubaab, également toubabe, toubabou, tuab,tubab) est un motutilisé en Afrique de l’Ouest, principalement au Sénégal, en Mauritanie, en Gambie et au Mali, mais aussi en Côte d’Ivoire pour nommer les peuples dits « blancs », peut-on lire sur Wikipédia. De très nombreuses hypothèses ont été avancées quant aux origines de ce mot mais, rassurez vous, son usage n'est pas raciste, ni péjoratif.
Ce mot désigne l'ensemble des peuples occidentaux qu'ils soient Français, Américains ou Allemands, à l’exception des Arabo-Berbères. Plusieurs définitions sont données à ce mot qui fait généralement référence à des Européens. Des linguistes notamment Maurice Delafosse a publié en 1917 une étude sur l’origine du mot. Selon d’autres hypothèses, le mot Toubab serait une déformation du mot arabe « tabib » (signifiant Médecin). Il est aussi un verbe Wolof voulant dire convertir, car les premiers missionnaires dans les temps coloniaux étant des Blancs venant d’Europe.
Une autre hypothèse, la plus probable, est celle venant du mot wolof «Tougal» voulant dire Europe. De la même manière que Wolof signifie peuple du Jolof, Toubab signifierait le peuple de Tougal. Il existe également des dérivés du mot Toubab tels que le verbe «toubabiser» ou les substantifs «toubabisme» et «toubabité». Aujourd’hui c’est un mot qui s'est répandu et est adopté par des écrivains et chanteurs. Son usage dans les chansons de rap est souvent ironique et provocateur.
On peut noter également un ton péjoratif dans ce mot à travers l’usage de ses différents synonymes «xonq nopp» (oreilles rouges) ou « nit ku weex » (homme blanc). Cette connotation péjorative n’est nullement raciste car les Africains occidentalisés ou les noirs déracinés et assimilés sont parfois désignés par l'expression « toubab noir ». Par exemple au Sénégal certains habitants de Saint-Louis ont adopté un mode de vie à l'occidentale, un héritage de la colonisation.
Au pays de la Téranga, les personnes de race blanche européenne sont habituées au mot Toubab. Cependant on en trouve beaucoup qui sont plus africanisés que les africains eux-mêmes. Une preuve d’intégration réussie avec à l’appui une maitrise de la langue wolof.
Notons, par ailleurs, qu’au pays de la Téranga, l’ensemble des groupes arabes, berbères et maures sont appelés « Nare ». Quant aux peuples noirs africains, non Sénégalais, ils sont les « Gnakk ».
Maguy Gueye/www.lepetitjournal.com/dakar

21/05/2017

LES CARS RAPIDES

Les cars rapides, purs produits du Sénégal

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Les frères Diallo
Casquette vissée sur la tête, pinceau calé derrière l’oreille et vêtements éclaboussés de peinture multicolore, Amadou entame l’habillage artistique d’un car rapide, aux côtés de son frère, Neyoo, looké de la même façon.
L’engin est arrivé en début de matinée dans l’atelier des jeunes hommes, situé dans le quartier de Rassimission, tout près de la Grande Mosquée de Dakar. Ils ont toute la journée pour le garnir de dessins « symboliques », avant qu’il ne reparte arpenter les rues de la capitale.
Le propriétaire du car rapide a amené son bolide dans la matinée. Il ne viendra le récupérer qu’une fois terminé. Les deux frères peignent selon leurs envies, leurs inspirations journalières. Une seule consigne leur est laissée : inscrire le nom du marabout Fallou, le propriétaire faisant partie de la confrérie mouride, sur chaque côté et à l’arrière du véhicule… Question de fierté. Et puisque l’on ne peut pas appeler le Marabout uniquement par son nom… Question de respect. Alors lui sont rajouté des superlatifs, comme « Mame Fallou », qui signifie « Grand Père Fallou », ou encore « Begue Fallou », qui veut dire « Aimer Fallou ». Et pour une once d’uniformité, les artistes devront également notifier la notion de « transports en commun »… Question de bon sens ! Pour le reste libre aux artistes d’exprimer leur imagination.
« On peint beaucoup de drapeaux sénégalais un peu partout, sur les rétroviseurs, de chaque côtés, à l’avant et à l’arrière. Parfois on fait aussi ressortir les couleurs de la France », explique le frère cadet. « Ce sont des véhicules de marque Renault, et avant il étaient peints en bleu, blanc et rouge. Petit à petit on a mis du jaune pour nous approprier la chose. Désormais, le car rapide est l’emblème du Sénégal. C’est pourquoi nous peignons des symboles représentatifs de notre pays », lâche fièrement Amadou.
Juste avant d’ajouter la peinture colorée, qui donne toute cette énergie à la carrosserie du véhicule, les deux frères esquissent à la craie les contours de leurs dessins. Sont représentés, des pommes, des ananas ou encore des palmiers… Tout simplement parce que « ici on mange beaucoup de fruits », plaisante Neyoo. La tête de cheval, présente sur presque tous les cars de Dakar symboliserait le devoir de mémoire pour ceux qui ont fait la guerre. La multitude d’ornements des cars rapides n’a rien d’un hasard, elle représente toute une culture. Tous différents par le coup de pinceau de leur artiste, dans la généralité les cars rapides se ressemblent tout de même.
Originaires de Sangalkam, Neyoo et Amadou ont choisi un métier qui leur plaît. « Là bas, dans mon village, j’étais mécanicien de tracteur, mais je n’était pas décidé à faire cela toute ma vie. Alors je suis venu à Dakar en 1999, pour exercer mon art. Mon frère, qui est arrivé en 1994, et mon père m’ont tout appris », confie Neyoo. Aujourd’hui, les frères Diallo sont sollicités pour égayer la carrosserie des cars, mais aussi celle des taxis, des panneaux publicitaires ou encore du mobilier de maison.
« L’âme du Sénégal »
La chariote de Mamadou est rouge. Elle affiche l’inscription « Nescafé », et est garnie de symboles signifiants aux personnes analphabètes qu’il vend, ici, des boissons chaudes. Rien de foncièrement différent des autres chariotes qui arborent les rues de Dakar. Ancien carrossier-peintre, il a peint soigneusement son outil de travail. Mamadou a 28 ans, aujourd’hui, il vend du café touba sur le bord de la route dans le quartier de Point E le jour. La nuit, il est pâtissier. Pour une matinée, il a décidé de se replonger dans l’univers de l’automobile.
Chaleur, bruits, odeurs nauséabondes, terrain boueux, déchets en masse… Bienvenue sur l’aire de peinture, réparation et lavage de Niarithick, tout près du Tribunal de Dakar.
Là bas, Mamadou rencontre, Ibrahim, assis dans l’encadrement d’une fenêtre de car rapide. Il doit rajouter des dessins sur un car qu’il avait déjà décoré quelques jours auparavant. Il est peintre depuis sept ans, et contrairement aux frères Diallo, lui peint à la demande des propriétaires et chauffeurs des cars. « S’ils veulent que j’esquisse leur village natale, ils me donnent une photo et je le dessine, pareil pour le marabout ou encore pour les messages issus du Coran comme ”Alhamdoulilah” », explique le jeune homme.
Ibrahim, perché sur une fenêtre de car rapide, termine sa prestation artistique / Photo © C. Cuordifede
À quelques centaines de mètres, en remontant le marché de Sandaga, Mamadou retrouve son ami et formateur Booba, dans le quartier de Petersen. Petit check amical et habituelle question de courtoisie, les deux hommes papotent quelques minutes au milieu de l’atelier à ciel ouvert où épaves de voitures et morceaux de ferraille s’entremêlent sur un sol recouvert d’essence et d’huile. Ce jour là, Booba n’a pas de clients, donc pas de travail.
« Cela fait dix ans que j’ai arrêté de travailler en taulerie/peinture. Il n’y a pas assez de travail. Un jour on travaillait, deux jours non. Ce n’était jamais régulier et puis avec ce que je gagnais en une journée, j’arrivais à peine à rembourser mes frais de transport. Et puis les conditions de travail n’étaient pas top non plus », raconte Mamadou, sans une once de nostalgie. Et même si il ne les peint plus, cela reste son moyen de transport favori. Guinéen d’origine, installé à Dakar depuis une quinzaine d’années, pour Mamadou, les cars rapides, « c’est l’âme du Sénégal ». Il n’imagine pas le paysage urbain sans eux.
La multitude de cars rapides présente à Dakar, qui nécessite un entretien perpétuel, créée une dynamique autour des emplois de la branche automobile. Cependant, les conditions de travail sont parfois très dures, et le chômage prégnant.
Disparition annoncée des cars rapides
Le car rapide est le moyen de transport le plus emprunté à Dakar. Il est peu couteux, entre 50 à 150 francs CFA, et il est efficace car ils ne s’arrêtent jamais de fonctionner. Pourtant, le car rapide dans toute sa splendeur est menacé de disparition pour cause de pollution et d’insalubrité. D’ici fin 2018, ils devraient être tous remplacés par des bus asiatiques, les fameux « Tata ».
L’enjeu serait aussi de remettre de l’ordre dans le réseau de transport dakarois. Car aujourd’hui, il n’y a pas de lignes de transports préétablies. Le marché du car rapide s’est en quelque sorte imposé de manière informelle. Les véhicules appartiennent à des micros-entreprises, qui décident de l’itinéraire qui leur convient.
Les frères Diallo, eux, ne croient pas vraiment en cette disposition si soudaine, « ça doit faire au moins 6 ans, que tous les ans le gouvernement annonce leur disparition du paysage urbain, et puis rien n’est fait. Ils ont déjà essayé de nous imposer les Dakar Dem Dikk et les Tata, et finalement, l’efficacité des cars rapides prime toujours, parce que ces véhicules là, ils sont puissants par rapport aux autres », lâche Amadou, blasé par cette question qui turlupine beaucoup les médias, mais pas les sénégalais.
Une sorte de foi en la longévité de ces estafettes Renault fabriquées dans les années soixante.
Souvent klaxonnés, mais jamais égalés, donc, les cars rapides ne sont pas prêts de disparaître… Peut être faut-il souhaiter « bonne chance », comme il en est coutume d’écrire sur les portes arrières des cars qui font des longs trajets, à ses détracteurs.
Celia Cuordifede/nouvellesdedakar.com

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17/05/2017

LE MARCHE DE SOUMBEDIOUNE

Soumbédioune, « le sanctuaire de l’artisanat d’art au Sénégal »

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Situé dans le quartier de la Médina, le village de Soumbédioune est un espace de travail hiérarchisé où la solidarité et le partage règnent en maître. Visite à travers les stands du marché artisanal aux produits made in Sénégal qui existe depuis plus de cinquante ans déjà.
C’est tout l’inverse des grands « shopping mall » à l’occidentale. Ici, il n’y a pas de grandes enseignes de vêtement mondialement connues, ni de marques de joaillerie luxueuses ou encore de maroquinerie en vogue. Les façades extérieures sont vétustes, les fresques murales, peintes par les artistes locaux, défraîchies et les vendeurs sont aussi les artistes. La décrépitude du lieu a son petit charme. C’est un marqueur du temps. Créé en 1961, et inauguré en 1966 à l’occasion du premier festival mondial des arts nègres (FESMAN), il est l’un des symboles historiques de la culture de l’art sur le continent africain.
Tissus wax, colliers de perles, bijoux fait d’argent ou d’or, chaussures et sacs en cuir, peintures sous verre, livres reliés à la main, gadgets traditionnels sénégalais fabriqués à partir de matériaux de récupération ou encore sculptures en bois d’ébène, le marché de Soumbédioune est riche des créations de ses artisans. Il s’agit de produits de valeurs et de qualité, ambassadeurs du savoir-faire sénégalais et représentatifs de la beauté et de l’identité africaine.
Artistes nés
« Nio far! » L’expression en wolof qui signifie « on est ensemble », reflète à la perfection l’ambiance sur le marché artisanal de Soumbédioune. Tous les artisans se connaissent et s’entraident. « On est tous plus ou moins né ici. En tous les cas on a grandit sur le marché et notre savoir-faire se transmet de génération en génération », raconte Tom, jeune vendeur de tissus et bijoux en tout genre.
Les allées du village, qui regroupe près de 300 boutiques, sont désertées. Le soleil tape. Plus forte que les embruns, une odeur de sciure se fait sentir. Les vieillards veillent aux stands pendant que la nouvelle génération gère la production dans les arrières boutiques.
Installés sous d’immenses pièces de tôle, disposées en vrac, artistes et travailleurs s’activent à l’ombre… Surtout pas « dans l’ombre ». Singulier, novateur et à la fois ancré dans les coutumes d’antan, le village artisanal de Soumbédioune offre un privilège non négligeable à ses clients. Avant d’acheter un article, ils peuvent suivre le processus de fabrication, de l’artiste aux finisseurs (ponceurs, ciseleurs, limeurs). Un spectacle unique où le client prend conscience du travail minutieux réalisé avant que le produit fini ne soit exposé en boutique.
Accueillants et envieux de transmettre leurs connaissances, les artisans locaux proposent souvent d’entrer dans leur boutique, heureux de montrer le résultat de leur labeur.
Silhouette d’éléphant en bois d’ébène calée entre les orteils, couperet en main et concentration absolue, Ndiaga, sculpteur de bois, s’attèle aux finitions de trois statuettes. Entre deux gravures, il n’hésite pas à inviter ses potentiels clients à l’observer travailler en tandem avec son coéquipier. Il explique « celui-là, il coupe le bois et entame la forme de l’objet, ensuite il ponce et moi je fais les finitions. Six éléphants, ça nous prend environ cinq jours de travail. »
Un peu plus loin, Emmanuel donne une seconde vie à des vieux livres. Il est le seul sur le marché à pratiquer la reliure d’art. Deux stands après le sien, Nouah, un fabricant de bijoux en argent, passionné par son travail, s’improvise de temps à autre, guide touristique pour les voyageurs désireux de découvrir la ville autrement.
Un tourisme de plus en plus effacé
Depuis la construction d’infrastructures urbaines, notamment le tunnel, le marché de Soumbédioune a perdu de son charme au profit de l’urbanisation. Auparavant, le lieu était visible depuis le quai des pêcheurs à quelques centaines de mètres de là. La devanture attirait du monde. Dorénavant, usée, elle ne se voit plus depuis la route.
Enthousiaste et à la fois blasé, Tom reconnaît que les touristes se font de plus en plus rares. « Il y a toujours des cars de voyageurs qui arrivent jusqu’à nous. Seulement ce sont pour la plupart des personnes âgées qui prennent beaucoup de photos et qui n’achètent rien. On les appellent ”les couriés” en wolof », confie le jeune homme, un brin inquiet pour l’avenir du lieu qui l’a vu grandir.
Le président des chambres de métier du marché artisanal de Soumbédioune, Babacar Mamadou Touré est lui persuadé que l’endroit ne peut pas disparaître. « Soumbédioune, c’est le sanctuaire d’artisanat d’art au Sénégal. C’est un lieu incontournable pour qui voudrait visiter le pays de la teranga. » Sans nier tout de même que le chiffres d’affaires des artisans a été impacté. Cependant, il rappelle que le lieu ne se laisse pas aller à la dérive. « Chaque année l’État réfectionne des cases. Et nous avons également un projet de réhabilitation du village afin qu’il s’inscrive dans l’ère du temps, celle de la modernité », dit-il d’un ton sûr.
M.Touré signale aussi que la Chambre des métiers va apporter sa pierre à l’édifice pour la promotion du secteur artisanal à travers la formation, la commercialisation et le financement des artisans, qui restent ses missions quotidiennes.
Finalement, malgré la mauvaise passe économique qu’il traverse actuellement, le village de Soumbédioune peut compter sur ses artisans toujours motivés et prêts à faire découvrir aux curieux la richesse de leur pays à travers leur art.
Celia Cuordifede/nouvellesdedakar.com
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REGARDEZ COMMENT GAGNER LA BATAILLE DU PLASTIQUE

« En 2050, il y aura plus de déchets plastiques dans l'océan que de poissons. Si l’on ne fait rien. » (Fondation Ellen MacArthur, janvier 2017).

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Au Sénégal, chaque semaine, nous évitons à 50.000 kg de déchets plastiques d'aller finir leur vie dans l'océan Atlantique.
Depuis 8 ans, nous faisons avancer un projet contre vents et marées. Avec les moyens du bord.
Si nous voulons tenir le cap, nous avons besoin de renforcer l’équipage et de consolider le navire.
Notre objectif : d’ici 2018, doubler les quantités et passer à 100.000 kg de déchets plastiques par semaine.
Chacun d'entre vous peut contribuer, à sa manière !
Comment nous aider ?
Nous apporter une aide symbolique en cliquant sur ce lien : https://www.gofundme.com/socialplastic (à partir de 5 € - les petits ruisseaux… finissent dans l’océan !)
Relayer ce message à quelques amis proches, ou sur les réseaux sociaux
Nous mettre en relation avec un investisseur philanthrope, un élu ou un industriel du plastique que vous connaissez bien (contactez-moi pour plus de précisions à ce sujet).
Vous souhaitez un avant-goût ?
Notre aventure a été mise en avant lors d’un Journal TV de 20 heures sur France 2, en mars dernier.
http://www.francetvinfo.fr/…/senegal-quand-les-habitants-...
Lors de votre première baignade estivale, vous penserez à nos 50.000 kg par semaine.
Sachant que votre bouteille de lait bio 1 litre en plastique terminée ce matin pèse environ 50 grammes…je vous laisse faire le calcul !
Marie Gaborit/gofunome.com

01/05/2017

LES BOURSES D'ETUDES

Les bourses d’études coûtent 500 milliards de Fcfa par an à l’Etat

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L’Etat du Sénégal décaisse chaque année 52 milliards de francs CFA pour le paiement des bourses d’études de plus de 80.000 étudiants, a déclaré, samedi, à Ziguinchor, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Mary Teuw Niane.
«Il y a plus de 80.000 bourses d’études payées par l’Etat du Sénégal. On paie chaque année 52 milliards de francs CFA pour ces bourses», a affirmé M. Niane, soulignant que «c’est d’une somme égale que le pays a besoin pour atteindre l’autosuffisance en riz».
Le ministre de l’Enseignement supérieur, qui animait une conférence publique, à l’Université Assane-Seck de Ziguinchor (UASZ), n’a pas dit depuis quand le montant des bourses payées aux étudiants a atteint ce niveau comme rapporté par l’APS.
«Il est important de reconnaitre ce que le gouvernement fait pour vous», a dit Mary Teuw Niane aux étudiants, soulignant que l’Etat doit, en plus des étudiants, financer la pêche, l’élevage, l’agriculture et d’autres secteurs d’activité.
Aussi a-t-il demandé aux étudiants de travailler à leur réussite et de reconnaître «les efforts que la nation fait» pour eux en leur octroyant autant d’argent.
«Je veux que nous ayons une culture de développement, pas d’assistance», a conseillé M. Niane aux étudiants de l’UASZ venus nombreux à la conférence publique.
Il a rappelé que «près de 30.000 bourses fictives» avaient été constatées au terme d’un contrôle mené conjointement par l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar et la Direction des bourses.
«La plupart des bénéficiaires recevaient des bourses de troisième cycle d’un montant de 60.000 francs CFA, alors qu’ils ne s’étaient inscrits nulle part. Cinq mille des 30.000 bourses fictives découvertes étaient litigieuses. Nous avons laissé tomber, mais les 25.000 bourses restantes ont été supprimées», a expliqué M. Niane.
A cause de ces «bourses fictives», l’Etat du Sénégal perdait chaque année plus de 11 milliards de CFA versés à «des gens n’étant pas des étudiants», a-t-il ajouté, soulignant que la gestion des bourses d’études a connu «beaucoup de changements» maintenant.
Mary Teuw Niane a cité, parmi ces changements, l’octroi systématique de la bourse à tout étudiant ayant obtenu une mention «assez bien» ou mieux.
«On a octroyé des bourses d’excellence pour inciter les étudiants à rester au Sénégal. Les attributions de étrangères sont régulièrement publiées dans les quotidiens nationaux», a-t-il fait valoir, rappelant que le gouvernement continue d’octroyer des bourses sociales et pédagogiques aux étudiants.
senenews.com

VIVE LA TONTINE!

La tontine, ou le micro-crédit au féminin, fait recette au Sénégal

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Après des mois d'attente, la Sénégalaise Ndèye Khari Pouye touche la cagnotte de la tontine, qui lui permettra de nourrir son élevage de poulets. Assise sur une natte à même le sol, l'heureuse élue cache mal son sourire.
Le bonheur de cette quinquagénaire, entourée par des femmes en boubou, est partagé par l'assistance, des habitantes de Médina, un quartier de la commune de Grand-Mbao à la périphérie de Dakar.
"C'est mon tour. Je viens de remporter les 300.000 FCFA de la tontine", précise Ndèye Khari Pouye, soit un peu plus de 450 euros.
Comme dans beaucoup d'autres pays africains, de très nombreuses Sénégalaises participent à une tontine pour financer leurs projets. Ce système d'épargne collective tournante, où chacun cotise et reçoit à tour de rôle, permet de surmonter les difficultés d'accès au crédit ou de taux d'intérêt dissuasifs. Ancré de longue date dans la culture africaine, il est largement le fait des femmes, mais des tontines mixtes existent aussi.
"La tontine est la seule façon d'économiser mon argent. Les taux d'intérêt à la banque sont trop élevés", confie Ndèye Binta Ndoye, qui participe à quatre tontines en même temps, dont celle de "tante Fatou", dans un autre quartier de Grand-Mbao.
De plus, "les institutions financières te font signer des tonnes de papiers, même des choses que tu ignores. Pour une analphabète comme moi, c'est trop compliqué", ajoute cette coiffeuse de profession, qui confie n'avoir "pas fait l'école".
'Femmes plus ambitieuses'
Toutes les générations se côtoient et l'ambiance est bon enfant. Sur des chaises ou à même le sol avec des nourrissons dans les bras pour certaines, à tour de rôle, les femmes plongent leurs billets d'argent dans une calebasse.
"Chaque membre cotise 2.000 FCFA (environ 3 euros). On réunit la somme de la cagnotte qui est de 500.000 FCFA (environ 760 euros) et on la remet" à un gagnant chaque jeudi, explique "tante Fatou", de son vrai nom Fatou Cissé, gérante de cette tontine qui compte 250 membres et dure cinq ans.
Si dans certaines tontines l'argent est remis en mains propres, dans d'autres il peut être versé par un système de paiement par téléphone mobile, d'un usage devenu courant au Sénégal.
"Du temps de nos mères et grand-mères, les personnes du même âge se réunissaient pour former une tontine. L'argent qu'elles gagnaient servait aux fêtes familiales, comme les baptêmes", indique Fatou Cissé, une institutrice à la retraite.
"Maintenant, les femmes sont plus ambitieuses. Nous avons pris conscience que le gaspillage dans des cérémonies ne servait à rien et qu'il fallait investir (l'argent de la tontine) dans une entreprise durable", souligne Ndèye Binta Ndoye.
"Je suis la première femme d'un foyer polygame. Mon mari a entamé la construction de la maison et a eu des difficultés financières. Il nous a demandé, à ma coépouse et moi, de terminer" les travaux, dit-elle.
"Grâce à la tontine, j'ai construit trois chambres et un salon. J'attends de remporter encore une cagnotte pour construire le reste. Si les tontines n'existaient pas, je serais contrainte de contracter un crédit à la banque", poursuit la coiffeuse.
A Grand-Mbao, la seule autre solution de crédit est un réseau mutualiste qui exigerait une caution représentant 20 % du prêt et un taux d'intérêt de 1,77 %, avec un délai de remboursement de dix mois, selon une source proche du dossier.
Système de discipline collective
La tontine sert non seulement à lancer des projets, mais aussi à maintenir à flot des entreprises en difficulté, comme l'activité d'aviculture de Mame Ngoné Cissé.
"J'ai subi des pertes énormes au début de mon projet. Mais grâce à l'argent de la tontine, j'ai pu redémarrer mon activité. Dieu merci, mon business se porte bien", témoigne-t-elle.
Les tontines ont des comités de gestion, formés de cinq à huit personnes sachant lire et écrire, parmi de nombreuses partenaires illettrées.
Elle a beau n'avoir jamais étudié la comptabilité, c'est à Mané Niang, qui a arrêté ses études en première année de collège, que revient la lourde tâche de compter et recompter les billets de la tontine du quartier de la Médina.
"Je ne me trompe presque jamais dans le comptage de l'argent (...) J'appelle le nom d'une personne et elle vient déposer l'argent dans la calebasse. On calcule ensuite ensemble la somme. Nous vérifions toujours à l'aide d'une calculette", rassure-t-elle.
Pour renforcer la confiance et la transparence, des mesures sont prises. Par exemple, celle qui garde la caisse de la tontine ne réside pas dans le même domicile que celle qui en a la clef.
Des systèmes d'amende et de punitions symboliques sont également prévus pour pousser les membres à cotiser régulièrement.
"Une membre qui accuse un retard paie une amende de 200 FCFA. Et si elle persiste dans son retard, on la rétrograde sur la liste des prochaines gagnantes de la cagnotte. Il arrive même qu'on ne lui accorde pas de prêt jusqu'à ce que sa cotisation à la tontine redevienne normale", explique la gestionnaire du quartier de Médina, Mané Niang.
Mais la sanction de tout manquement aux obligations collectives est surtout d'ordre social.
"Culturellement, nous les femmes accordons beaucoup d'importance à la dignité et notre image face à la société", souligne Awa Cissé, à la tontine de "tante Fatou". "On n'ose pas +manger l'argent+ des tontines sans payer: sinon tu vas en entendre parler jusqu'à tes petits-enfants..."
SEYLLOU AFP/LepointEconomie
http://www.lepoint.fr/economie/la-tontine-ou-le-micro-cre...

26/04/2017

ET SI DAKAR DEVENAIT KIGALI...

Rwanda Kigali, est la ville la plus propre d’Afrique.

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Lorsqu’on arrive à Kigali, la capitale du Rwanda, on est vite frappé par la beauté d’une ville- capitale où les populations sont disciplinés, c’est-à-dire , des populations qui ont d’autres mentalités qu’on se demande comment ils font pour rendre leur ville capitale d’une beauté saine, sans ordures dans les rues? Dans les lieux public et, tenez-vous bien, toutes les avenues, du nord au sud, de l’est à l’ouest, il y plane un système de bitumage ou d’asphaltage permanent, faisant que toutes les avenues à Kigali brillent comme des rayons solaires, sans le moindre nid de poule. Flaque d’eau ni dos d’âne. L’entretien de ces routes étant permanent, Kigali est hautement au top de la beauté, surplombée de jolis immeubles construits avec amour. Kigali la coquette, a une visibilité éminemment enivrante.
L’Onu a déclaré la capitale du Rwanda « meilleure capitale africaine ». Modèle de développement, avec ses routes bitumées et ses quartiers salubres, elle fait rêver d’une « autre Afrique ».
« La ville change, observe le responsable d’une ONG. Chaque année, on construit de nouveaux bâtiments. La propreté est partout, c’est une question d’état d’esprit. Il n’y a plus d’eau stagnante, on ne jette plus d’ordures. Le leadership a bien voulu qu’on change ça. »
Nombreux sont des Africains vivant en occident, qui ne m’en voudront pas, et par cette étiquette, ces Africains peuvent lire de près ou de loin, comment les occidentaux rendent leurs villes dans un état de salubrité appréciable et impeccable.
Pourquoi alors nos villes en Afrique sont toujours sales ?
Que chacun de nous, ait le courage de donner une petite réponse. Le débat est donc lancer pour que chaque africain essaie de parler de sa ville dans son pays, sans gêne, sans un brin de honte à afficher.
Je me suis promené dans plus de 14 villes-capitales en Afrique, mon Afrique de matières de premières, c’est-à-dire, cette Afrique qui regorge de grandes richesses avec lesquelles on parviendrait à développer nos pays. Mais curieusement, partout, du Congo-Brazzaville, en passant par le grand Congo de la RDC, jusqu’en Côte d’Ivoire, Sénégal, le Mali et même le Togo, le Bénin, le Niger et le Burkina Faso, les villes-capitales de tous ces pays sont bien sales et , partout, on y retrouve un tapis d’ordures trainant sur les artères publiques et d’autres endroits qui se transforment en bouillon de microbe entrainant des maladies et des épidémies.
Allez à Libreville, vous verrez et serez étonné de voir des avenues chaotiques jonchées des trous béants où des flaques d’eau prenant l’allure de bons et géants étangs sur lesquels, nagent les voitures des ministres, du président de la république et de tous les fonctionnaires qui ont pour la plupart étudié dans les grandes universités occidentales.
Allez voir à Brazzaville comment les rues et les avenues sont bien sales, poussiéreuses en saison sèche ou boueuses en saison des pluies, où l’on retrouve un tapis d’ordures, des sacs qu’on appelle là-bas des sachets, constituant de grandes montagnes d’ordures… Pitié ! C’est le pays de Sassou.
Dans cette ville également où des ministres se baladent comme des rois, avec leur président…
Des rue où parfois, qui sont transformées en urinoirs, que des odeurs d’urines vous refoulant en passant, à pieds, ou même en circulant en voiture, surtout à 20km/h.!
C’est étonnant de voir qu’à Yaoundé, les caniveaux soient bouchés et que des eaux pourries déferlent sur les pieds nus des enfants sans que le gouvernement ou les gestionnaires de mairies fassent quelque chose.
Nos capitales en Afrique sont parfois des dépotoirs des cacas, car les enfants et parfois des grandes personnes non seulement pissent contre les murs des maisons, mais également des adultes y font caca, si bien que l’on n’est pas étonné de marcher sur des cacas déposés dans la nuit par des citoyens souffrant d’un manque d’éducation en hygiène et soins de santé primaire.
Comprenez que je ne suis pas Rwandais et, ne le deviendrai jamais, mais, notre camera visuelle et spirituelle s’est arrêtée sur ce pays, le Rwanda et sa capitale Kigali afin de louer le niveau de respectabilité et de propreté qui règne sur cette ville de Kigali. Ceux qui ont dû faire leur voyage et qui ont foulé le sol de Kigali, doivent avoir une bonne impression de cette Ville-Capitale au Rwanda qui a en même temps suscité leur admiration.
Kigali : miroir des capitales des pays Africains ?
D’emblée, je réponds à l’affirmatif, sans détour et sans hésitation.
Sans être géographe ou gestionnaire d’espaces urbains, j’estime pour ma part que les critères sur lesquels peut être fondé un tel classement en matière de propreté dans n’importe quel pays du monde, n’est autre que l’environnement sain qui s’offre à nos organes de sens entre autre : la vue, l’ouï, le touché, sans compter l’odorat. On respire un bel air à Kigali.
Malgré son histoire sombre d’il y’a plus de 18 ans avec le génocide que ce pays a connu, malgré la dictature de Paul Kagamé, eh oui, il faut le dire ! je suis celui qui critique toutes les dictatures quelle qu’elles soient. Eh bien, je suis de ceux qui pensent que même un autre Tutsi, peut arriver au pouvoir aujourd’hui, ce qui compte c’est favoriser une alternance politique dans ce pays, pour que ce pays puisse davantage recevoir ses lettres de noblesse…
Cependant, lorsque l’honnêteté arme la pensée des gens comme nous autres, on ne peut que dire de manière autant honnête et claire que Kigali, la capitale du Rwanda est la première capitale d’Afrique en matière de propreté.
L’un des éléments fondamentaux qui attire à Kigali, c’est l’art architectural des bâtiments et des artères publiques. Pas de dos d’âne sur les artères publiques. Pas de trous, pas de saleté répandue dans les rues, pas de poussière, le système de bitumage des avenues a été fait avec art et professionnalisme qu’on se demande si tous les ingénieurs en ponts et chaussés ont vraiment étudié dans les mêmes écoles. C’est vrai qu’on n’oubliera pas que certains travaux sont exécutés par des occidentaux qui obtiennent souvent des marchés en Afrique. Cela est inévitable.
Cependant, pour une route de quelques 10 kilomètres coutant des milliards frs cfa dans les pays comme le Gabon, le Congo-Brazzaville ou le Cameroun, avec cette histoire de surfacturation éhontée comptables aux gestionnaires véreux dans ces pays, cette même route de 10 kilomètres ne couterait que quelques dizaines de millions à Kigali. Tout dépend souvent de l’organisation et de la bonne gestion dans les affaires de l’État.
Souvenez que le Rwanda n’a aucune goutte de pétrole. Il faut également dire que ce pays n’a aucun débouché maritime, donc pays enclavé.
Non, il n’y pas de magie, le miracle c’est la bonne gestion et la foi qu’anime les fils et filles du Rwanda de pouvoir utiliser leur expertise au service de leur nation, gage de tout développement.
Et pour une ville propre, il est question simplement d’adopter une culture de gestion basée sur l’excellence. Par ailleurs en ce qui concerne la propreté : des notions élémentaires que tous les peuples du monde ont apprises depuis le bas âge doivent être appliquées par tous.
Si à Libreville ou à Brazzaville et à Yaoundé, les gens pissent dans la rue, font caca dans la rue : un tel comportement n’est-il pas celui des personnes manquant d’éducation ?
À Kigali, les populations ne rejettent pas leurs urines dans la rue, comme à Libreville, Brazzaville, Yaoundé et Kinshasa, Abidjan ou ailleurs.
Changeons nos mentalités ! Nous nous épargnerons des maladies en rendant nos ville dans un état de propreté !
Pour en revenir au cas de Kagali ;
Un policier à chaque carrefour
Le résultat : une « Suisse de l’Afrique » qui soutient mieux la comparaison que Lomé (Togo) ou Bukavu (République démocratique du Congo), deux autres villes affublées de ce surnom. Kigali se distingue par ses toits en pente, tuiles ou zinc, ses grosses horloges partout dans le centre-ville et son culte de la ponctualité. Les feux rouges, plus modernes qu’à Paris, égrènent les secondes d’attente avant de passer au vert. Mais nuance : les ronds-points, ici, ne sont pas seulement bordés de verdure – sans grilles autour comme à Goma, au Congo, pour empêcher les voleurs de faire feu de ce petit bois. À chaque grand carrefour se trouve au moins un policier, en tenue bleue avec gilet jaune fluorescent. Certains lieux sont même gardés par des militaires. Du coup, les forces de l’ordre paraissent omniprésentes…
Un taxi se fait contrôler sur l’une des artères de la ville. Très peu de mots sont échangés. C’est la routine. Pas question de remettre un billet au gendarme, qui ne demande rien d’ailleurs. À Abidjan, Lomé ou Johannesburg, on ne se serait pas gêné pour réclamer quelque chose pour « le transport », « les enfants » ou « les haricots ». Moins drôle, cependant : le chauffeur, d’accord pour emmener le client faire un tour de la ville, fait mine de ne pas comprendre qu’on veuille voir un grand marché avec des femmes, des carottes, des salades et des passants. Il prétend que c’est trop loin, alors que le marché couvert de Kimironko se tient tout près. Veut-il économiser de l’essence ? Ou plutôt éviter les ennuis, en facilitant dans un lieu public la tâche d’une journaliste étrangère ? Il ne répond pas. Mais insiste pour faire le tour des galeries marchandes de la colline du centre-ville.
La vitrine rutilante du nouveau Rwanda fait penser à un mini-Sandton, le quartier d’affaires de Johannesburg qui se vante d’être « le kilomètre le plus riche d’Afrique ». La tour en verre Kigali City Tower reflète le ciel. À l’intérieur, des restaurants dans un patio couvert, et le magasin de décoration Mister Price, qui propose les mêmes produits qu’en Afrique du Sud. Comme partout, le président Paul Kagamé veille, par photo interposée. Son portrait est accroché à l’entrée du supermarché Nakumatt, une chaîne kenyanne pourtant privée. Difficile d’aborder le quidam dans la rue pour obtenir le moindre renseignement. Un serveur dans un fast-food se carapate derrière son comptoir quand on lui demande où trouver le grand marché.
Quant au gardien de sécurité, planté devant la City Tower of Kigali avec son talkie-walkie et son arme, il demande l’autorisation de son leader, avant de laisser le visiteur profiter de la vue panoramique. La réponse tombe au bout de quelques minutes : « Pas possible aujourd’hui », pour cause d’umuganda. Autrement dit, de travail communautaire.
Travaux communautaires obligatoires pour tous
Eh oui, comme tous les derniers samedis du mois, les citoyens de plus de 16 ans sont censés participer aux travaux communautaires, de huit heures à midi. Sous peine d’amende de 5000 francs rwandais (8 dollars), en cas d’absence non justifiée. Les travaux sont organisés par le plus petit degré de l’administration, le village. Le terme désigne un ensemble de dix maisons, aussi bien dans les campagnes que dans les villes. Les uns débroussaillent, les autres nettoient des canalisations ou creusent des trous pour recueillir l’eau de pluie. Après les travaux, une réunion se tient entre les résidents du même quartier, pour parler des problèmes – et surtout, des solutions.
source: http://www.afrik53.com/Kigali-la-capitale-du-Rwanda-la-vi...
Source: http://www.latribune.fr/actualites/economie/international...l

24/04/2017

DES YEUX POUR APPRENDRE

Des Yeux Pour Apprendre

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L'association a pour but de sensibiliser les écoles sénégalaises, enfants et corps enseignant, sur le "bien voir et la réussite scolaire".
De procéder au dépistage visuel, de déterminer les réfractions pour équiper les enfants de lunettes.
Les valeurs principales de "YPA" sont la solidarité, le bénévolat d'engagement personnel et l'amitié.
Des Yeux Pour Apprendre existe maintenant depuis deux ans.
Le point de départ: une visite à l'école de Niangal où un opticien s'est rendu compte que pas un seul enfant ne portait de lunettes...
Cet état de fait a conduit à la réflexion suivante: Soit les enfants sénégalais ont un régime alimentaire qui leur permet d'avoir une excellente vue... soit, qu'aucun examen n'est effectué auprès des jeunes, des élèves.
Très rapidement est donc créée l'association par le biais d'un petit groupe d'amis volontaires pour venir, à raison de quatre fois l'an, visiter les écoles de la Petite Côte sénégalaise.
Première année: dix écoles participent, demandent le dépistage.
Seconde année: grand tournant de l'association par le biais de deux rencontres capitales: le Docteur Cissé, ophtalmologue à Mbour et le Docteur Mor Diaw, directeur de "Santé & Nutrition" au ministère de l'éducation nationale.
Une nouvelle organisation se met dès lors en place:
Pré-dépistage par les enseignants référents, formés par YPA.
Examens réalisés par le Docteur Cissé dans les classes
Choix des montures dans les écoles
Montage des verres appropriés en France
Ajustage dans les écoles
En 2015, YPA a effectué 5000 dépistages.
En 2016 et début 2017: 6500, puis 7082, soit 13582 pré-dépistés!
Les besoins de YPA sont de pouvoir répondre aux besoins, aux demandes, d'être soutenu!
Soutiens moraux et bien évidemment financiers par le biais d'adhésions, de dons, de sponsoring, d'organisations évènementielles.
Les prochaines actions YPA sont, d'ici fin mai, le dépistage dans de nouvelles écoles; en juin, examens dans les classes. Du 23 au 27 octobre, choix des montures. Du 26 février au 9 mars 2018, livraison et ajustage des lunettes.
Dimanche 17 septembre 2017: compétition caritative de golf à Jumièges avec la présence de Ecloz, artiste de réputation internationale en street-art.
L'objectif par cette manifestation: ouvrir un local-atelier de montage "verres/montures" entre Mbour et Nianing pour plus d'efficacité encore.
CONTACTS:
mail: des.yeux.pour.apprendre@gmail.com
Facebook: https://web.facebook.com/assoypa/?_rdc=1&_rdr
site internet: http://ypa-asso.fr
Lien: http://la-lorgnette-du-margouillat.over-blog.com/2017/04/...

DAKAR EST TROP...

Dakar parmi les 5 villes les plus chères d’Afrique

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The Economist Intelligence Unit, organe du très sérieux journal économique britannique, vient de publier son étude sur le coût de la vie dans les grandes villes du monde.
Cette enquête se base sur les prix de 160 biens et services dans 133 villes du monde. Elle est précieuse aux gestionnaires des ressources humaines qui peuvent ainsi avoir une idée concernant la rémunération des employés en poste à l’étranger.
Pour la quatrième année consécutive, Singapour occupe la toute première place du classement des villes les plus chères du monde. Viennent ensuite, et dans cet ordre, Hong Kong, Zurich, Tokyo, Osaka, Séoul, Genève, Paris, New York et Copenhague.
Notons que l’Asie compte 5 villes dans les 6 premières places et que la Suisse en compte deux parmi les 7 villes les plus chères de la planète.
Londres, Brexit oblige, qui a subi la dépréciation de la livre sterling, se retrouve 24ème ville ma plus chère alors qu’elle était positionnée en 6ème position.
Chez nous, en Afrique, Nairobi, la capitale du Kényane, occupe la toute première place en 75ème position à l’échelle de la planète.
Suivent, Le Caire, en Egypte, et Abidjan, en Côte d’Ivoire à égalité en seconde position de la ville la plus chère d’Afrique et en 99ème position au niveau mondial. On trouve ensuite Casablanca au Maroc, 107ème, puis Dakar au Sénégal, 108ème mondial, Johannesburg en Afrique du Sud, 116ème, Lusaka en Zambie, 122ème, Pretoria en Afrique du Sud, 123ème, Alger en Algérie, 127ème et Lagos au Nigeria, 132ème.
Dakar est donc, selon la très sérieuse étude, la 5ème ville la plus chère d’Afrique et 108ème à l’échelon mondial.
lepetitjournaldedakar.com

20/04/2017

PORTRAIT

Birane, couturier au Sénégal – 340 euros par mois

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C’est dans le monde de la couture sénégalaise que la série l’argent des Africains vous plonge cette semaine. À 30 ans, Birane est couturier à Dakar. En cumulant tous ses revenus, il parvient à toucher chaque mois 340 euros (150 000 francs CFA).
Birane est un spécialiste du boubou, la tenue traditionnelle sénégalaise que les hommes arborent surtout le vendredi, jour de la prière. Comme 95% de ses compatriotes, il est musulman, alors lors de notre premier appel, il prévient : « Je dois aller prier à 14 heures ». Chaque matin, le réveil sonne à 5 heures 45, et ce n’est qu’une fois qu’il a fait sa prière qu’il prend le chemin du travail.
Transports : 27 euros
Religion mise à part, c’est derrière sa machine à coudre – écouteurs vissés dans les oreilles – qu’il passe ses journées, de huit heures le matin à 18 heures 30. L’atelier où il travaille depuis août 2014, Sam Couture, compte dix-sept employés. Chaque jour il doit compter une heure de transport pour se rendre au travail, à Dieupeul, dans le centre, depuis son domicile, qui lui se situe dans la banlieue dakaroise. « Parfois il faut une heure et demi le soir, à cause de la circulation », explique-t-il. Il habite à Keur Mbaye Fall, juste avant la ville de Rufisque, qui marque la fin de l’étendue urbaine de la capitale sénégalaise. Le bus lui coûte 700 F CFA chaque jour, soit l’équivalent d’un euro environ.
Soutien à la famille : 38 euros
Son foyer représente le plus gros de ses dépenses. Birane vit avec sa mère, son grand-frère, sa belle-sœur et son petit-frère. Le loyer s’élève à 122 euros, auxquels il faut ajouter l’eau et l’électricité (66 euros). Birane prend très à cœur d’aider sa famille à vivre : il verse à sa mère environ 38 euros par mois pour qu’elle s’occupe de faire les courses et qu’elle « achète des légumes, de l’huile et tout », détaille-t-il.
Si tu arrêtes les études, il faut directement faire quelque chose
C’est justement pour sa famille qu’il est revenu de Mbour. Bien qu’originaire de Dakar, il a été à l’école pendant trois ans dans cette localité de la Petite-Côte située à 70 kilomètres de la capitale. Après son retour au domicile familial, il finit ses études, mais à 18 ans pas question de se lancer dans le supérieur ! Il part travailler « pour faire vivre sa famille », explique-t-il.
Il ne se souvient pas avoir eu des ambitions particulières lorsqu’il a commencé la couture en 2004. Simplement, l’inactivité n’était pas une option. « Si tu arrêtes les études, il faut directement faire quelque chose », assure-t-il. Alors il marche dans les pas de son grand-frère, qui possède un atelier de couture, en se formant avec les apprentis. En 2012 il commence à travailler pour Sénégal Broderie avant de rejoindre Sam Couture en août 2014 après un différend avec son premier patron.
Épargne : 25 euros selon les mois
L’expression « tu te débrouilles » revient fréquemment dans la bouche de Birane quant-il parle de son quotidien. Un mantra incontournable pour beaucoup de Sénégalais, passés maîtres dans l’art de multiplier les revenus, entre emplois formels et informels. Ainsi, les soirs après le travail et le dimanche lorsqu’il n’est pas à l’atelier, il continue de confectionner des vêtements. Ce revenu complémentaire, très fluctuant, peut varier de 76 à 114 euros chaque mois.
Ce petit apport permet à Birane de mettre de l’argent de côté certains mois, lorsqu’il n’y a pas d’imprévu. Il aime son travail et envisage de rester dans le secteur mais il souhaiterait fonder sa propre maison de couture et embaucher des gens. Il a acquis le savoir-faire, maintenant « il faut juste de l’argent », détaille-t-il. Il veut monter une affaire au Sénégal et déjà il prévient, non sans humour : « Si je deviens chef d’entreprise, cette interview vaudra beaucoup ! »
l'article original: http://www.jeuneafrique.com/430503/societe/largent-africains-birane-couturier-senegal-340-euros-mois/
Baptiste Madinier/jeuneafrique.com

15/04/2017

MISSIRAH

Toubacouta : Missirah, une vie au rythme de la pêche

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Considéré comme l’un des villages les plus anciens du Niombato, Missirah, dans la commune de Toubacouta, est un coin plein de charme et riche de son passé. Le brassage culturel est une réalité dans ce village à 100 % musulman, très connu pour son fromager millénaire impressionnant entouré d’un fort mysticisme et qui possède aussi une très ancienne tradition de pêche.
Faisant partie intégrante du Parc national du Delta du Saloum et de la Réserve de biosphère du Delta du Saloum, le village côtier de Missirah représente un véritable havre de paix pour la communauté qui y vit. Situé à 12 km de Toubacouta et limité au nord par Néma Bah, au sud par Djinack et Bakadadji, à l’est par Taïba et à l’ouest par Bettenty, Missirah, accessible à travers une piste cahoteuse et caillouteuse (il est aussi accessible par pirogue), se distingue par son écosystème fluvial riche et varié. Sa végétation dominée par une colonie de badamiers, fromagers, baobabs, manguiers et anacardiers en font un coin très charmant. Créé vers 1856 par Diomaye Senghor qui se convertit plus tard à l’Islam pour porter le nom de Fodé Senghor, ce village historique compte cinq quartiers (Diatta Kounda, Djifandor, Mbarra Kounda, Ndoffane, Ngadior) peuplés majoritairement de Sérères et de Socés. Au centre de ce village plein de charme qui arbore une architecture tout à fait typique, et un mode de vie propre trône la grande mosquée.
Depuis la nuit des temps, la chefferie et l’imamat à Missirah sont assurés par la famille Senghor. Cette tradition remonte à la fondation du village, selon Diamé Cissé, une notable du village et par ailleurs conseiller municipal. C’est à son retour de Gambie où il était parti se soigner que Fodé Senghor, originaire du Mali, avait découvert ce site. Un marabout musulman l’avait soigné et converti à l’Islam. Il lui donna le nom de Fodé et lui enseigna le Coran. À la fin de sa formation, le marabout lui avait demandé de fonder un village dans la forêt où il trouverait un baobab avec des racines submergées dans l’eau et l’autre partie en terre ferme. « Fodé créa une daara où il enseignait le Coran en Socé et devint l’imam de la mosquée qu’il avait construite en banco et en bois. Le fauteuil de chef de village est laissé à son grand frère Mamadou Lamine Senghor ». Aujourd’hui, c’est Ismaïla Senghor qui assure la charge de chef de village depuis le rappel à Dieu d’El Hadji Sadio Senghor. Ce quadragénaire qui a vu le jour en 1933 est le 12e chef de village de Missirah.
Une vie au rythme de la pêche
MissirahComme dans toutes les villes ou villages côtiers, la vie à Missirah se résume en deux mots : pêche et poisson. La pêche est au centre de la vie de Missirah. Elle est le fondement principal de l’économie de ce village côtier et garantit l’existence de centaines de milliers de personnes, qui en dépendent, directement ou indirectement. Une flotte de 311 pirogues a été recensée entre son port et les îles de Bagadadji, Bettenty, Djinack et autres.
Selon Bouh Sidibé Sow, coordonnateur du Comité local de pêche artisanale (Clpa) de Missirah, le vieux ponton dont les travaux de réhabilitation ont été lancés par le ministre Oumar Guèye permet de saisir le pouls de la vie du village. Calme le jour, il vit le soir une animation fantasmagorique avec le retour des nombreuses pirogues parties en mer dans l’après-midi. L’effervescence du déchargement des prises est rythmée par un brouhaha extraordinaire et les cris stridents des pêcheurs et autres vendeurs.
« Missirah possède une tradition de pêche qui date de très longtemps. Il suffit de venir ici après le crépuscule pour se rendre compte que ce village ne respire que par la pêche. Des centaines de personnes, hommes, femmes et enfants s’activent dans une alacrité indescriptible. On assiste à un défilé incessant jusque tard dans la nuit. En attendant le retour du poisson, des centaines de voitures, charrettes, motos Jakarta et vélos venus de partout sont en vrac sur le quai », raconte Bouh Sidibé Sow. À l’en croire, la caisse de poisson se négocie des fois à 12.000 voire à 15.000 FCfa. « Quand il y a surabondance, ce qui est fréquent, les prix varient entre 3.000 et 2.000 francs. Il arrive même que le surplus soit jeté parce qu’il n’y a pas à Missirah d’unité de conservation », relève-t-il.
Selon Alassane Mbodji, le coordonnateur du Clpa départemental, Missirah qui abrite le centre et le quai de pêche de Toubacouta a la chance d’avoir en face un bras de mer. C’est ce qui fait qu’il accueille beaucoup de pêcheurs saisonniers de la petite côte et des îles du Saloum qui viennent pour des campagnes de pêche de 6 à 8 mois. « La pêche joue un rôle très important en termes d’emplois. Elle a pu régler le problème d’emplois directs et d’activités génératrices de revenus », soutient-il. Toutefois, déplore-t-il, la non-fonctionnalité du Centre de pêche de Missirah construit en 1989. « Sa vocation d’assister les pêcheurs locaux, d’appuyer et d’encadrer et de faciliter la vente de la glace pour assurer la conservation des produits. Les volontaires japonais ont, dans le cadre du séchage, appuyé et capacité certaines femmes qui étaient là dans le cadre de la formation, mais aussi dans les bonnes pratiques », renseigne-t-il. « Le centre qui était doté de camions frigorifiques, de chambre froide, a beaucoup contribué à l’amélioration de la qualité du poisson. La commercialisation a eu plus de coûts en termes de valeur et le prix du poisson a augmenté ; c’est ce qui a fait que la commercialisation a atteint son objectif », explique-t-il. Aujourd’hui, pense M. Mbodji, ce centre nécessite une relance en termes d’équipement, de personnel.
En attendant, la pêche continue de rythmer la vie des habitants de ce village côtier. Beaucoup d’entre eux se sont convertis en pêcheurs et en mareyeurs. « La pêche joue un rôle très important sur le plan économique et social à Missirah. Le poisson coûte de plus en plus cher et ici on ne sent pas trop si la saison des pluies a été bonne ou pas. La pêche est là et il y a l’activité sur toute l’année. On a un niveau de vie plus ou moins correct grâce à la pêche. Que ce soit les pêcheurs, les mareyeurs ou encore les transformatrices, les gens gagnent bien leur vie grâce à la pêche ».
Comme dans toutes les localités vivant essentiellement de la pêche, la quasi-totalité des femmes de Missirah intervient dans la transformation des produits de pêche. Leur tryptique : chercher du poisson, le transformer et le commercialiser. Et pour faire prospérer leurs activités, ces femmes au nombre de 219 et qui sont toutes membres du Clpa se sont organisées en Groupement d’intérêt économique (Gie), puis en union locale. Selon leur présidente, Aminata Diène, la volonté est là, mais cela ne suffit pas pour prospérer dans une activité pareille.
Aujourd’hui, ces femmes sont limitées par un manque de logistique au niveau des deux sites de transformation notamment les claies de séchage et les fours de braisage. Il s’y ajoute aussi le manque de charriot pour transporter le poisson à partir du quai de débarquement, le manque de financements pour l’acquisition de matériel de fumage adéquat, l’absence d’unités de congélation pour la conservation du surplus de captures en période de surabondance, entre autres.
Alassane Mbodji qui encadre ces femmes estime que leur rôle est considérable dans la chaîne de production. « Nous avons des femmes très braves et sur tous les maillons de la chaîne de valeur, de la production à la commercialisation. Leur souhait, c’est de sortir de l’informel et de travailler dans de bien meilleures conditions, mais cela demande un accompagnement conséquent, des financements pour l’optimisation de leur commerce », fait-il remarquer.
Un fromager mythique et millénaire
Missirah localitéMissirah, c’est aussi son fromager millénaire, témoin de l’histoire du village. Cet arbre gigantesque fascine avec ses branches immenses et multiformes et son tronc énorme qui semble écraser la terre de tout son poids. Ce fromager impressionne aussi bien par sa hauteur que par son ampleur. À y regarder de très près, des formes et images impressionnantes apparaissent. Loin de toute hypnose ou hallucination, un fin observateur pourra tantôt distinguer des formes humaines tantôt des formes de crocodile, de tortue ou encore de singe. Selon Bouh Sidibé Sow, ce fromager a été planté dans cette zone entourée de mangrove à l’époque et peuplée de boas par un certain Ansoumana Ndour. C’était bien avant la création de Missirah. Depuis, cet arbre sacré est géré par sa descendance.
L’histoire de ce fromager entouré de mythes et légendes est une ritournelle maîtrisée par tout le monde. « Visiter Missirah sans voir son fromager presque millénaire, c’est comme aller à Gorée sans voir la Maison des esclaves. Cet arbre fait partie intégrante du patrimoine de cette localité », soutient Alassane Mbodji. Toutefois, note-t-il, un fort mysticisme entoure cet arbre qui, selon certaines indiscrétions, abrite les esprits des ancêtres. C’est ce qui fait qu’il est respecté et bien protégé. « Le génie protecteur ne veut pas de souillures, c’est pour cela que l’endroit est toujours maintenu propre », Bouh Sidibé Sow. Le fromager est, selon lui, habité par un esprit. C’est ce qui fait qu’il est devenu un lieu de prières et accueille souvent des rituels. « Avant la pénétration l’Islam, les animistes vénéraient ce fromager qui fait partie de l’histoire de cette ville », explique Alassane Mbodji. Ce fromager, indique-t-il, est l’un des plus grands d’Afrique avec une circonférence exceptionnelle de plus de 30 mètres. « Cet arbre fait partie des éléments du patrimoine de Missirah. Des techniciens de l’Ist et de l’Ise qui sont venus jusqu’ici ont, après analyse des racines, affirmé que ce fromager daterait d’au moins 900 ans. D’autres chercheurs ont également assuré que c’était le deuxième plus grand fromager d’Afrique après celui du Ghana », fait-il savoir.
Depuis toujours, cet imposant arbre a été une attraction touristique qui a permis de faire la promotion de Missirah dans d’autres contrées. Et de tout temps, des touristes issus de divers horizons sont venus à sa découverte. « Ce fromager fait partie du circuit de nombreux hôtels et campements du delta du Saloum et même de la Gambie. Un touriste ne peut pas venir à Toubacouta sans venir à Missirah », assure-t-il.
L’autre attraction après le fromager est, selon Bouh Sidibé Sow, la mare aux crocodiles appelée « Mbaro Colon », située à 1 km. « Quand les pluies tardent à tomber, les populations y vont pour invoquer les esprits. Les femmes portent des pantalons et les hommes des pagnes. Aussitôt après les invocations, les pluies tombent », renseigne-t-il.
La route Toubacouta-Missirah, une surpriorité
A Missirah, les populations pensent que la pêche pourrait fortement contribuer à l’essor de leur localité et même de Toubacouta. Pour cela, la réhabilitation du tronçon Toubacouta-Missirah qui ne fait que 12 km doit être une réalité. Le chef de village, Ismaïla Senghor, estime que cette doléance vieille de plusieurs années n’est toujours pas satisfaite. « Notre plus grande difficulté aujourd’hui, c’est l’accessibilité, surtout pendant l’hivernage. C’était une promesse de Macky Sall bien avant son accession à la magistrature suprême. Depuis, nous attendons », indique-t-il. Et pourtant, note Alassane Mbodji, ce tronçon constitue une piste de production très importante. « Missirah est un lieu de débarquement où les gens viennent pour des raisons diverses. C’est un véritable carrefour d’échanges. Une fois que le ponton et la route seront réhabilités, ce village sortira de son enclavement. La pêche connaîtra un nouvel essor et contribuera grandement au développement de la commune de Toubacouta. Les autres activités comme l’agriculture et le commerce ne seront également pas en reste. C’est toute l’économie de la zone qui sera renforcée », estime M. Mbodji.
Par Mohamadou SAGNE et Samba Oumar FALL/lesoleil
http://www.lesoleil.sn/grand-air/item/63465-toubacouta-mi...

07/04/2017

PRES DE 50% DES SENEGALAIS VIVENT PAUVREMENT

Etat de la pauvreté au Sénégal: 46,7 % de la population sénégalaise vivent dans la misère

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Au Sénégal, ce sont 46,7 % de la population qui crèvent la dalle, soit une incidence de 57,3 % en zone rurale. Les données ont été livrées, hier, par le Consortium pour la recherche économique et sociale (Cres), lors de la deuxième édition du forum de la recherche économique et sociale ayant pour thème : « Le plan Sénégal émergent face au défi de la croissance inclusive ».
Près de la moitié de la population sénégalaise patauge dans la pauvreté, selon les dernières estimations de l’Ansd, couvrant la période 2010-2011. Avec une incidence très élevée en milieu rural, soit 57,3% de pauvres. Des efforts considérables ont, certes, été faits, mais la pauvreté étreint encore le Sénégal indépendant, avec une augmentation du nombre de pauvres, atteignant 6,3 millions en 2011 et 6,8 % en 2016.
La pauvreté rurale est plus prononcée dans les régions Sud du pays, à en croire le Directeur exécutif du consortium pour la recherche économique et sociale (Cres). Abdoulaye Diagne reste convaincu que, malgré la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent, avec son corollaire de programmes, notamment axés sur les bourses familiales, la Couverture maladie universelle (Cmu), le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc), le Sénégal, classé 51e sur 129 pays en développement, par le classement de Bertelsmann, a encore du pain sur la planche.
Abdoulaye Diagne estime que des réformes sont nécessaires dans les domaines transversaux comme l’administration, l’éducation, le climat des affaires et la politique fiscale.
Le Sénégal indépendant a connu plusieurs programmes de développement. Tous, ou presque, ont montré des limites. Des années 1990, en passant par la dévaluation du franc Cfa en 1994, qui a mollement relancé la croissance économique ; mais pas nettement au-dessus de la croissance démographique, car le niveau de vie ne s’est guère amélioré.
L’Obs/Ndarinfo

23/03/2017

ADULTERE AU SENEGAL

Adultère: au Sénégal, “s’envoyer en l’air”, marié (e) ou pas, est devenu banal

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Le phénomène de l’adultère est de plus en plus répandu au Sénégal. Si les raisons sont multiples et variés, on assiste aujourd’hui à une société rongée par une tendance à la perte des valeurs qui est devenue le socle de l’adultère. Même si les responsabilités sont partagées, notre société est aujourd’hui victime de son ouverture vers l’extérieur et de la distorsion de la cellule familiale qui auparavant, veillait au respect de certaines normes sociales.
L’adultère peut être considéré comme le fait qu’un époux viole son serment de fidélité et de partage et d’avoir des relations sexuelles avec une autre personne que son conjoint. Le rapport définit du recensement général de la population et de l’Habitat, de l’agriculture et de l’Elevage (Rgphae) a révélé qu’au Sénégal, sur les 13,5 millions d’habitants évalués en 2013, les 49,9 % sont des d’hommes et 50,1 % des femmes. Un chiffre qui explique le nombre important de femmes célibataires au Sénégal. Sur ceux ces femmes pour ne finir “vieilles filles” se lancent à la conquête d’un homme quelque soit son statut, marié ou célibataire.
Si certaines femmes ne prennent plus soins de leurs époux, d’autres partent à la chasse des hommes qu’ils soient célibataires où mariés. Et les hommes qui manquent d’affection et d’attention dans leur foyer vont facilement tomber dans le piège de ses prédatrices. Selon le Dr Gayy Neuman, un chercheur et psychothérapeute américain, les hommes qui trompent leurs conjointes sont souvent des êtres sensibles qui se sentent délaissés.
Ce dernier a mené un étude qui a révélé que 48% des hommes des hommes qui ont avoué leur infidélité, affirment que l’insatisfaction émotionnelle est ce qui les a poussés à commettre l’adultère.
Entre autre cause de l’infidélité, il y a aussi le tiédissement des sentiments, une certaine besoin de d’exotisme et d’aventurisme. Prenons le cas des femmes d’immigrés au Sénégal, certaines s’adonnent à l’adultère parce qu’elles cherchent à satisfaire un désir sexuel que le mari qui se trouve à des milliers de kilomètres ne peut naturellement assouvir
Fatou Gueye/VoxPop/Senego

02/03/2017

SAINT LOUIS EN DANGER

La ville de Saint-Louis bientôt engloutie sous l’océan?

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Les côtes sénégalaises sont plus que jamais menacées par l’érosion. Depuis les années 80, on observe les premières conséquences de ce phénomène sur plusieurs villes côtières du pays. Des plages touristiques qui ont presque disparues sur la Petite-Côte, des modes de vies directement impactés à Saint-Louis,… l’érosion est devenue une urgence réelle qui menace à terme la vie même des populations. Les pêcheurs sont particulièrement touchés. Une véritable catastrophe écologique et humaine à laquelle il est urgent de trouver des solutions durables.
La marée et ses flots destructeurs n’en finissent plus d’avaler les tonnes de sable qui constituaient jusqu’à il y a encore peu les plages bordant les côtés sénégalaises. Aujourd’hui, à la place on trouve des pneus, gravats ou autres matériaux déposés là comme dernier rempart à la montée des eaux qui menace chaque jour un peu plus les habitations. La côte sénégalaise est bien entaillée que cela soit la Petite-Côte ou Dakar. Mais c’est encore la région de Saint-Louis qui est la plus affectée.
Une montée des eaux menaçante
Les rivages de la région de Saint-Louis sont tout spécialement touchés par cette érosion côtière. Le niveau de la mer monte vite et dangereusement. Selon un rapport d’ONU Habitat en 2008, Saint Louis serait la ville la plus touchée par la montée des eaux. Certains experts locaux estiment même que l’eau y monterait d’un mètre par an.
De nombreux logements ont déjà été détruits par cette avancée destructrice de l’océan : des hameaux disparaissent, de plus en plus nombreux, emportés par les vagues. La mosquée était le seul vestige du hameau de 250 habitants aujourd’hui disparu de Keur Bernard. Elle doit déjà avoir sombré… Il en est de même pour le village de Doum Baba Diey, lui aussi englouti au fil des ans. Les façades à moitié effondrées et les ruines témoignent de la violence des dégâts et de l’ampleur de la situation. Les tempêtes n’ont rien arrangé, détruisant et inondant cimetières et logements tandis qu’elles frappaient durement les pêcheurs, les privant de travail pour un temps.
Les quartiers de pêcheurs de la Langue de Barbarie sont les ultimes bastions qui protègent la ville de l’océan. Un rempart bien dérisoire face à la puissance de la nature… Les boucliers que constituent les grosses pierres déposées pour lutter contre un ennemi invincible semblent ne pas pouvoir résister indéfiniment assauts répétés.
Une érosion galopante
L’érosion des côtés est connue de tous depuis les années 80 environ. Les études ne cessent de s’alarmer sur cette situation plus que jamais préoccupante.Un quart du littoral sénégalais présenterait des risques élevés d’érosion. Bien sûr le réchauffement climatique est en cause mais d’autres facteurs ont précipité le phénomène.
L’ouverture du canal artificiel en 2003 à Saint-Louis s’est avérée être une vraie catastrophe écologique mais aussi humaine et économique. L’île Saint-Louis, partie historique de la ville et située sur le fleuve Sénégal, était menacée par la crue du fleuve. Les autorités ont donc creusé une brèche dans la langue de Barbarie pour protéger le littoral de l’océan. Mais l’option choisie a été désastreuse. En plus du débit conséquent du fleuve qui arrive dans la brèche, la lagune subit aussi les marées de l’océan… Chaque jour le canal s’élargit et grignote plus encore la langue…
L’océan gagne aussi du terrain, aidé par l’exploitation du sable mais surtout par une frénésie immobilière destructrice. Dans un rapport publié en 2014, la Plateforme pour l’environnement et la réappropriation du littoral avait dénoncé « la privatisation abusive du domaine public maritime à des fins mercantiles et spéculatives » à Dakar. L’absence de politique urbaine concernant le littoral sénégalais a laissé la porte ouverte à tous les excès. Les plages ont très souvent été dénaturées pour construire les maisons de particuliers, ou bien servir de terrain à l’édification d’hôtels. Une construction non-maîtrisée et non-raisonnée dont le pays et les Sénégalais commencent à payer lourdement le prix.
Paradoxalement, le tourisme, qui est l’un des principaux moteurs de l’économie du pays, se retrouve très largement impacté par ces abus. Une menace sérieuse, qui à terme peut va impacter la fréquentation touristique. L’arroseur arrosé en somme !
Des habitants démunis et délaissés
Les Saint-Louisiens sont impuissants et regardent avec tristesse une partie de leur histoire disparaitre sous leurs yeux. Ils se savent en sursit. Beaucoup pensent qu’«en voulant sauver Saint-Louis, on a sacrifié tout le Gandiol ».
Face à un gouvernement qui assure intervenir pour lutter contre ce phénomène, ils se sentent surtout délaissés. Rares sont ceux à compter sur l’aide de l’état : « Les autorités sont venues. Elles viennent et parlent puis ils repartent, mais on n’a pas d’aide » se désolait, résignée, une riveraine à RFI.
Une confiance mise à mal depuis les tempêtes de 2015 notamment. Des habitants forcés de quitter leur habitation avaient passé plusieurs mois sous des tentes, dans le froid et l’humidité, avant d’être ensuite relogés provisoirement dans des logements de fortune. Ces réfugiés climatiques n’ont jamais perçu aucune aide financière de l’État, qui avait pourtant promis aux habitants de nouveaux logements. D’autres familles ont bien été relogées plus loin dans les terres. Certaines ont refusé, beaucoup étant pécheurs, ils préfèrent rester à proximité de la mer.
Les villageois demandent également assistance pour déménager les maisons les plus menacées par la montée des eaux. La population est souvent pauvre et ne peut réaliser par elle-même les travaux nécessaires. Mais l’État sonne aux abonnés absents…
Une urgence réelle
Il y a une réelle urgence à lutter contre l’avancée de la mer sur les terres au Sénégal.
« On estime qu’au large de nos côtes, l’océan avance d’un mètre par an. Dans cent ans, si rien n’est fait, l’Atlantique aura grignoté la ville sur 100 mètres »,
expliquait le professeur Boubou Aldiouma Sy, chercheur en géographie à l’université de Saint-Louis. En dix ans, l’écosystème de toute la région s’est considérablement modifié : les poissons d’eau douce ont disparu. Une modification qui s’est directement répercutée sur les pêcheurs.
Malgré tous ces bouleversements, et les les appels répétés des élus locaux, des solutions peinent à se mettre en place. Quelques timides efforts sont néanmoins notables. Début février, Macky Sall a ainsi inauguré le lancement des travaux d’installation de brise-lames (une digue artificielle pour stopper les vagues) sur une partie du littoral de la Langue de Barbarie, notamment entre Guet-Ndar et Gokhou-Mbathie. Ce programme ambitieux devrait coûter 4 milliards de FCfa. Pour expliquer le conséquent retard avant une quelconque réaction des pouvoirs publics sur le dossier, Mansour Faye, maire de Saint-Louis et ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, expliquait à France 24 que « l’État avait privilégié une démarche lente pour avoir une solution plus durable »…
Un premier pas qui doit inciter à plus d’actions préventives et de mesures concrètes. En effet, ce phénomène alarmant est loin de ne concerner que Saint-Louis. Toute la côte est affectée, de la région de Dakar, à celle de Rufisque ou encore Saly Portudal. L’Afrique fait partie des régions du monde dont les zones littorales et les deltas sont les plus exposés aux risques d’inondation liés à l’élévation du niveau des mers.
La « Venise africaine », Saint-Louis classé au patrimoine de l’UNESCO, porte plus que jamais son nom. En espérons qu’elle ne finisse pas sous les eaux dans un avenir proche…
Clémence Cluzel/nouvellesdedakar.com

26/02/2017

DAGANA

Dagana, le charme du Sénégal profond

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Il y a au Sénégal des endroits dont vous n’attendrez parler que très rarement, pourtant juste le temps d’un détour, vous en serez séduit et marqué à jamais. Situé sur le bord du fleuve Sénégal, Daganafait partie de ces endroits magiques qui vous donnent envie d’aller à la découverte du Sénégal profond et de ses trésors.
Fondée vers les années 1300, alors petit village de quelques âmes, l’origine du nom de ce lieu reste incertaine, certains font allusion à l’expression wolof fi dagan na dëk signifiant un endroit propice, d’autres par contre y voient un nom tiré de son fondateur Dagana, un peulh mais d’autres sources attribuent également la création de ce village à un nommé Dah venant du Ghana.
Ancien comptoir au bord du fleuve Sénégal, à la frontière avec la Mauritanie, Dagana est une ville moderne, mais qui a gardé toute son authenticité et ses vestiges historiques qui font d’elle un témoin des époques traversées par ce beau pays, carrefour entre le Fouta, le Walo et le Diéri.
L’histoire de Dagana reste liée à celle du puissant royaume du Walo, avec la signature en 1819 du traité Ndiaw entre le Brak (roi du Walo) Faatim Borso Mbodj, le gouverneur Schmaltz et les principaux chefs du pays. Ce traité aboutira à la création de comptoirs commerciaux sur le long du fleuve Sénégal dont celui de Dagana, qui était un gros centre commercial lié au négoce de la gomme arabique.
D’ailleurs, “une visite de la ville nous rappelle grandement l’époque coloniale, et nous plonge dans le temps et nous permet de nous ressourcer”, explique Ngoné Cissé, agent de voyage à la plateforme Jumia Travel. “Quand des gens m’appellent pour avoir des conseils sur un endroit authentique à visiter au Sénégal, je recommande vivement Dagana”.
Cette petite ville est située à 130 km de la côte Atlantique, à environ 408 km de Dakar. Sa population est en majeure partie compose de Peuls, de Wolofs et de Maures, la cité offre un paysage à part, un climat chaud, mais un cadre de vie agréable.
Cette belle cité réserve de nombreuses surprises aux visiteurs, des quartiers qui ont gardé leur organisation traditionnelle, mais aussi d’autres atouts comme des visites à l’île de Djérindé, les villages traditionnels peulhs dans le Walo ou encore la cité religieuse de Gaé, autant de merveilles qui vous donneront des envies d’y retourner pour d’autres aventures touristiques.
I.K/Padsel

18/02/2017

BEERSHEBA

Excursion pédagogique.

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Si vous allez un de ces jours sur la route Mbour-Fatick, tournez à droite sur la superbe latérite à hauteur du village de Sandiara (juste après la station service). Huit kilomètres plus loin, vous arriverez au Beersheba! Cent hectares dans lesquels la nature sahélienne a été sauvée et renaît incroyablement.
Où le travail sur la terre, sans reboisement aucun, a fait repousser des milliers d'arbres. Où l'on apprend à respecter, enrichir, arroser ce qui était encore un quasi désert voici quelques années.
L'éducation, l'enseignement, le travail, les résultats sont extraordinaires!
Mieux qu'un long discours, je vous invite à regarder la vidéo tournée en 2015.
Même si, philosophiquement, je n'adhère pas à quelle-que "mission" évangéliste que ce soit, je dois reconnaître que le travail fait par ces hommes et ces femmes avec les autochtones est tout simplement magnifique et porteur d'avenir.
Vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=Rfw0AMhIpH0
Facebook: https://web.facebook.com/beershebaproject.org/?_rdr
Je vous invite également à parcourir l'album: https://web.facebook.com/268120919882100/photos/?tab=albu...
BRB

16/02/2017

LE TOURISME VA DE MIEUX EN MIEUX!...

Le tourisme sénégalais ’’va de mieux en mieux’

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Le tourisme ’’va de mieux en mieux’ au Sénégal’, en dépit de la crise post-électorale gambienne par exemple, qui aurait pu impacter négativement ce secteur, a estimé le secrétaire général du comité de station de Saly-Portudal (Mbour, ouest), Ibrahima Sarr.
Le secteur du tourisme au Sénégal "va de mieux en mieux" après la crise dont des acteurs et experts faisaient état depuis quelques années, a-t-il diagnostiqué dans un entretien à l’APS.
Les choses commencent depuis "à changer petit à petit", bien qu’il soit encore ’’prématuré de faire un bilan réel’’ de la présente saison caractérisée selon lui par un retour de plus en plus marqué des tours opérators.
De même la clientèle locale n’est pas en reste, qui vient plus régulièrement cette saison pour des séminaires et autres rencontres organisées à Mbour, en comparaison de la saison écoulée, a fait valoir Ibrahima Sarr.
Le secteur du tourisme, avec 75 000 emplois directs et 25 000 indirects, contribue au PIB sénégalais à hauteur de 6 pour cent, selon des statistiques du ministère de tutelle datant de 2010.
Dans le même temps, il injectait 273 milliards de francs CFA dans l’économie nationale dont
142 milliards en valeur ajoutée et 41,6 milliards en recettes fiscales, selon ces chiffres officiels.
Le Sénégal demeure "un pays accueillant" avec un tourisme "très attractif", malgré l’érosion côtière qui de plus en plus, prive les réceptifs de la Petite-Côte sénégalaise de leurs plages, a-t-il soutenu.
"Vous voyez bien qu’on n’a plus de plages, mais les clients habitués font maintenant fi des plages et commencent à revenir dans notre pays, parce qu’il y a la téranga (hospitalité) sénégalaise, nous sommes un pays stable, entre autres atouts qui constituent des facteurs encourageants pour notre tourisme", a estimé M. Sarr.
Avec la crise post-électorale de la Gambie, "il y a eu un report de toute la clientèle des tours opérators, notamment de la Hollande, qui était initialement destinée à la Gambie, a signalé le secrétaire général du comité de station de Saly-Portudal, sans donner de chiffres.
"Heureusement que la crise gambienne a été très vite maîtrisée et résolue, sinon ça allait négativement impacter sur le tourisme, parce que ça allait nous toucher encore de plein fouet", a-t-il indiqué.
ADE/BK/MS/APS

SALY N'EST PAS VIEILLISSANT...

Le balnéaire sénégalais ’’loin d’être vieillissant’’

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Le tourisme balnéaire ’’est loin d’être vieillissant’’ au Sénégal, a soutenu le secrétaire général du comité de station de Saly-Portudal (Mbour, ouest), Ibrahima Sarr, selon qui l’avenir de ce secteur demeure sur les épaules des nationaux.
"Notre tourisme balnéaire est loin d’être vieillissant. Nice (France) est quand même beaucoup plus ancien que Saly-Portudal et pourtant, il y a toujours le tourisme balnéaire qui fait sa grande réputation’’, a-t-il soutenu dans un entretien avec l’APS.
"Dire que le balnéaire est vieillissant voudrait aussi dire que le ski nautique est vieillissant", a souligné le secrétaire général du comité de station de Saly-Portudal, principale station dédiée au tourisme balnéaire au Sénégal, sur la Petite-Côte sénégalaise.
L’érosion côtière est le "seul problème’’ de ce secteur au Sénégal et même dans ce cas, "il faut dire honnêtement que la situation se stabilise parce que c’est lié aux effets du changement climatique’’, a-t-il affirmé.
Les problèmes liés à l’érosion côtière étaient beaucoup plus graves entre 2010 et 2012, années durant lesquelles "beaucoup de réceptifs hôteliers et autres résidences avaient été frappés de plein fouet par la furie des vagues de la mer’’, a signalé Ibrahima Sarr sans plus de précision
Il fonde espoir sur les projets mis en œuvre sur ce plan, dont celui de la Banque mondiale portant sur la restauration des plages sur une bonne partie du littoral sénégalais, une perspective qui selon lui devrait redonner au balnéaire sénégalais ses lettres de noblesse.
Il a ainsi jugé "regrettable" la fermeture de certains réceptifs hôteliers de Mbour, citant le Club Aladiana, rattaché au Club Med, mais aussi "Les Domaines de Nianing", Savana-Saly, Novotel Saly, devenu une simple résidence, sans compter d’autres structures hôtelières et para-hôtelières.
"S’il y a toute ces fermetures-là, c’est parce que ces hôtels n’ont pas été construits à partir d’investissements locaux. Si c’était des investisseurs nationaux, tous ces hôtels n’allaient pas fermer comme ça, du jour au lendemain", a expliqué Ibrahima Sarr, lui-même directeur d’hôtels.
Si les investisseurs étrangers ne trouvent "pas leurs comptes, ils repartent tout bonnement’ Si c’était un Sénégalais, il ne partirait pas", a-t-il fait valoir en estimant que l’avenir du tourisme sénégalais repose sur les épaules des nationaux.
Cette perspective doit amener l’Etat du Sénégal à aider les nationaux à investir dans ce secteur, dans le cadre par exemple du partenariat public-privé’’, a-t-il préconisé.
Le secteur du tourisme, avec 75 000 emplois directs et 25 000 indirects, contribue au PIB sénégalais à hauteur de 6 pour cent, selon des statistiques du ministère de tutelle datant de 2010.
Dans le même temps, il injectait 273 milliards de francs CFA dans l’économie nationale dont 142 milliards en valeur ajoutée et 41,6 milliards en recettes fiscales, selon ces chiffres officiels.
ADE/BK/MS/APS

08/02/2017

LA DETTE DU SENEGAL

Record absolu : La dette du Sénégal dépasse les 5 000 milliards de francs

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La dette du Sénégal s’est très rapidement reconstituée en dix ans après les annulations des initiatives Pays pauvre très endetté (Ppte) et d’allégement de la dette multilatérale (Iadm) de 2006.
Alors que Wade avait laissé un encours de 3076 milliards de francs Cfa, son successeur en est déjà à 5 100 milliards.
Niveau alarmant de l’endettement public. L’encours de la dette publique du Sénégal a, selon le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ, atteint 5 100 milliards de francs. Ce qui correspond à un peu plus de 60 % de son Produit intérieur brut (Pib) là où l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) plafonne l’endettement des pays membres à 70 % de leur Pib.
Si pour le gouvernement, ce niveau d’endettement est révélateur de la confiance des partenaires financiers du Sénégal, des économistes, préoccupés par la viabilité de la dette et la soutenabilité des finances publiques, le trouve alarmant.
Après les annulations de la dette du pays issues des initiatives Pays pauvre très endetté (Ppte) et l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale (Iadm) de 2006 qui a vu le taux d’endettement passé de 78 % à 20,9 %, on note une tendance haussière. Ainsi, ces annulations ont ouvert d’autres possibilités d’emprunt pour le Sénégal, notamment à l’extérieur. Ce qui fait peur à certains à cause des variables financières très importantes dans la dette que sont le taux d’intérêt et le taux de change. En effet, le poids de la dette extérieure dans le stock de la dette publique fait de la variable taux de change un élément dont l’évolution influe fortement sur les indicateurs de l’endettement public. La fluctuation du dollar, monnaie à laquelle le pays s’endette souvent, peut rendre les remboursements plus onéreux, comme le montre le service de la dette qui dépasse les 50 milliards de francs Cfa par mois. Une manne qui, avec la masse salariale de l’Etat, risque de grever le budget de l’Etat. De même, pour la dette intérieure le coût du crédit affecte de manière directe le niveau des remboursements.
Profitant de la détente des taux sur le marché financier international, en 2013, l’Etat avait émis une obligation de 500 millions de dollars pour combler le gap de financement et réduire le recours aux financements à court terme sur le marché domestique. Cependant, le retournement de cette tendance baissière a remis en cause cette option.
Malgré tout, le rythme d’endettement du pays n’est pas alarmant pour l’argentier de l’Etat. «Pour l’heure, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. La dette du Sénégal s’élève à 5 100 milliards de francs. La dette n’est pas mauvaise. Il n’y a aucun économiste qui dit qu’il ne faut pas s’endetter. Celle qui est mauvaise est la dette utilisée pour faire du fonctionnement. Si on s’endette avec un taux d’intérêt qui baisse pour faire des investissements, c’est une excellente chose. Mais on doit être vigilant. Nous avons un ratio d’endettement de 60 % du Pib contre une limite de 70 %», relève Amadou Bâ. Qui soutient que, pour l’essentiel, le Sénégal a une dette multilatérale très longue, avec une concessionnalité qui varie entre 15 et 50 % et une maturité qui varie entre 20 et 25 %. «L’encours de la dette est tout à fait soutenable. Il représente à peu près 30 % de nos recettes alors qu’en 2011 le service de la dette représentait 34 % de nos recettes», a-t-il ajouté.
Le rythme de reconstitution de la dette publique n’est pas sans rappeler des critiques de télégrammes formulées par Jean-Christophe Rufin, ambassadeur de France à Dakar. Lequel déconseillait à son pays de consentir un nouveau prêt au Sénégal. Signer un pareil chèque sans demander au Sénégal de réformer profondément son système politique, reviendrait, selon lui, à fournir à un toxicomane la dose qu’il demande, mais qui le conduit un peu plus sûrement vers sa fin.
Seyni DIOP/Walf Quotidien

03/02/2017

LE SENEGAL SE RADICALISE?

Le Sénégal en alerte face au péril djihadiste

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De nombreux Sénégalais se radicalisent et rejoignent les milieux djihadistes. Mais comment cela est-il possible, alors que l'islam pratiqué au Sénégal est réputé un islam très modéré basé sur le système confrérique? Les dispositions musclées prises par l'Etat arrivent-elles trop tard?
Les Sénégalais n'en ont jamais fait mystère : leur pays n'est pas à l'abri de la terreur djihadiste qui a frappé d'autres pays de la sous région. D'après les informations disponibles, de nombreux Sénégalais se radicalisent et rejoignent les milieux djihadistes. Mais comment cela est-il possible, alors que l'islam pratiqué au Sénégal est présenté comme un islam très modéré?
Non, ça ne se passera pas ici ! - Depuis octobre 2015, l'Etat sénégalais se montre en alerte : des Imams et autres acteurs soupçonnés d'avoir des liens avec le terrorisme sont arrêtés un peu partout dans le pays. Mais des voix critiques accusent l'Etat d'avoir laissé mûrir le danger. Dakar a aussi annoncé la mise en place d'une cellule de lutte anti-terroriste. Mais tout cela arrive-t-il trop tard?
plus + audio: http://www.dw.com/fr/le-s%C3%A9n%C3%A9gal-en-alerte-face-...
dw.com

30/01/2017

CONFERENCE DE PRESSE DU NOUVEAU PRESIDENT GAMBIEN

Le Sénégal, Jammeh, pont sur le fleuve… : A cœur ouvert avec Adama Barrow…

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Pour sa première conférence de presse en terre gambienne et en sa qualité de président de la République, Adama Barrow n’a pas fait les choses à moitié. Tenue dans sa résidence de Brufut, le président a d’emblée précisé n’avoir jamais habité au State House, le palais présidentiel, qu’il ne tardera pas à regagner lorsque les conditions s’y prêteront. Le Sénégal, son gouvernement, les droits humains, la démocratie, le sort de l’ancien président Yahya Jammeh… sont largement revenus dans les questions auxquelles il a répondu avec le même enthousiasme en anglais, wolof et pulaar.
Très interpellé sur les relations avec le Sénégal, le président Barrow a mis en avant l’importance de « bonnes relations de bon voisinage ». « Le Sénégal est un pays frère et ami avec qui nous allons continuer à œuvrer pour de meilleures relations possibles. Nos deux pays ont la même culture, les mêmes langues, la même histoire qui en font, en réalité, un seul et même pays. Nous avons intérêt donc à œuvrer pour de solides relations fraternelles », a-t-il souligné. Aussi, pour le pont sur le fleuve Gambie qui devrait faciliter le déplacement des populations, il a rassuré sur son souhait de « travailler étroitement avec le gouvernement sénégalais pour sa réalisation ». Tout comme il a laissé entendre sa disponibilité de « discuter avec ce même gouvernement et du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc) pour résoudre la question de la crise en Casamançaise».
Le président Adama Barrow a indiqué que la « composition de son gouvernement sera connue lundi ou mardi au plus tard ». « Nous travaillons là-dessus », a-t-il insisté. Très concentré sur son élément et allant directement à l’essentiel par des réponses courtes, le président a aussi souligné que le sort de l’ancien président est du ressort d’une Commission qui sera mise en place pour déterminer s’il devra être jugé ou pas. De la même façon que pour bon nombre de ses compagnons. Il a, entouré de membres de sa Coalition, indiqué que la résolution qui a permis le départ de Yahya Jammeh était plus mue par une « volonté d’assurer la paix que de donner une amnistie quelconque ». En attendant les conclusions de la Commission, l’urgence et les priorités résident, pour le président Adama Barrow, dans l’instauration d’un Etat de droit, de la démocratie, du respect des droits de l’homme, de la lutte contre la corruption. Mais aussi d’un climat propice à la liberté de la presse.
Rappelant le long règne du président Jammeh et les violations systématiques des droits humains, il a mis en avant la nécessité de « changer de méthode et probablement de nom pour l’Agence nationale de renseignement qui est une institution qui doit être utile ». Le très craint national intelligence agency (Nia) a été le bras armé de l’ancien président contre nombre d’opposants ou de citoyens qui y ont été torturés, bastonnés ou portés disparus, selon le témoignage de nombreux gambiens.
Rester membre de la Cpi
L’homme fort de la Gambie a aussi martelé que la Gambie restera la République de Gambie et non une République islamique telle que voulue par Jammeh. Ou encore que le pays «restera membre de la Cour pénale internationale (Cpi) eu égard au fait que cette juridiction promeut le respect des droits de l’homme, de la démocratie que nous voulons mettre en place ». De la même façon, il a souhaité une « réintégration, le plus rapidement possible, du Commonwealth », l’espace des pays de langue anglophone.
Sur la question de l’âge de la vice-présidente, largement revenue au cours de cette conférence très bien couverte par la presse internationale, il s’est voulu très clair : « Nous apporterons la preuve qu’elle n’a pas l’âge qu’on lui prête. Ce sont ceux-là qui lui donnent cet âge qui devraient d’ailleurs en apporter la preuve ». Aussi, a-t-il indiqué que c’est madame Fatoumata Diallo Tambajang qui le représentera au sommet de l’Union africaine qui se déroule présentement à Addis-Abéba. S’étant engagé à effectuer un mandat de trois ans, le président Adama Barrow a laissé entendre qu’il pourrait faire les cinq années pour lesquelles il a été élu si le « travail n’est pas terminé, mais surtout avec l’accord de la Coalition qui m’a porté au pouvoir ».
Sur le général Ousmane Badji, chef de l’armée gambienne, le président Barrow a indiqué «qu’il fait son travail ». «Je pense que ce sera très difficile pour la nouvelle opposition de faire face après 22 ans de pouvoir. Mais je tiens à rassurer sur le caractère démocratique qui doit prévaloir et à dire que cette opposition aura des droits que nous n’avions pas nous en tant qu’opposants », a-t-il répondu. Interrogé également sur Kanilaï, le village natal du président Yahya Jammeh, le président Adama Barro a fustigé le « caractère privilégié qui avait été réservé à ce village du fait simplement qu’il était le village du président ». « Ce n’était pas équitable pour les autres villages ou localités de la Gambie », a fait remarquer le président.
Il a salué le travail abattu par la Mission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest en Gambie (Micega) tout en indiquant que celle-ci pourrait « rester aussi longtemps que nécessaire ».
Ibrahima Khaliloullah Ndiaye, Maguette Ndong (textes) et Ndèye Seyni Samb (photos)/lesoleil

BALADE EN CASAMANCE

Oussouye : Le charme des cases à étage de Mlomp

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Après la ville de Oussouye, sur la route d’Elinkine, le gros village de Mlomp sort à peine des espèces végétales emblématiques en cette matinée du 24 décembre 2016. Ses cases à étage, construites par les vétérans de la Seconde guerre mondiale, sont à l’ombre des fromagers. Elles ont sorti Mlomp de l’anonymat. Comme les pyramides en Egypte, ces bâtisses ont été bâties avec de la terre cuite mélangée avec l’argile et la paille. Les dalles et les escaliers sont un assemblage de planches de rônier et de lattes de palétuvier couvertes de terre crue. La structure est une adaptation de l’architecture occidentale qui a fasciné les anciens combattants de la Seconde guerre mondiale. C’est un passage obligé pour beaucoup de visiteurs et des touristes étrangers en quête d’ataraxie en Basse Casamance.
A l’ombre des fromagers tricentenaires s’élèvent des cases à étage. Celles-ci ne sont pas construites avec du ciment. C’est une superposition de strates de terre cuite. Au rez-de-chaussée, à l’angle, un livre d’or est posé sur une table. Elle renferme le nombre de visiteurs, leur origine, leur impression et leur date de passage. A partir du salon, on peut se rendre dans des chambres qui donnent d’abord sur une véranda, ensuite sur une cour-arrière. Une pénombre flotte dans une chambre où une maman échange avec ses petits-fils en français.
Oussouye 2Les murs ne sont pas construits d’un trait. « Toute cette maison est en terre cuite. Ceux qui l’ont construite posent une couche. Ils attendent que celle-ci sèche pour en faire une autre.
C’est ainsi qu’ils avaient procédé », explique Gilbert Sambou. C’est un travail de fourmi. Une œuvre gigantesque. Une chimère pour beaucoup d’habitants de Mlomp lorsque les vétérans de la Seconde guerre mondiale avaient décidé de reproduire l’architecture qui les a fascinés en France. « Lorsque Basile Diédhiou et les anciens combattants sont revenus de la Seconde guerre mondiale et qu’ils avaient décidé de construire des cases à étage, leurs parents qui n’étaient pas partis en Europe ironisaient en disant que nos frères sont devenus fous à cause des coups de canon. Ils disent qu’ils veulent construire des maisons à étage », raconte ce jeune qui fait office de conservateur.
En face de l’entrée, les photos du bâtisseur Basile Diédhiou, décédé le 32 octobre 1989, et de son épouse, Martine, décédée elle aussi le 10 septembre 2016, après plus de 100 ans d’une vie remplie, sont accrochées. Les deux personnes semblent veiller encore sur les entrées et les sorties.
A l’aide des planches de rônier avec un angle d’inclinaison, les anciens combattants ont élevé un escalier. Au premier étage, un balcon de plus de 8 mètres de hauteur et d’un mètre de largeur est un endroit fouetté par l’air pur brassé par une végétation dense juste derrière la bâtisse. Au bout du balcon, une ouverture donne accès à une aire de séchage séparée d’un mètre de la toiture en zinc. « C’est un endroit utilisé pour le séchage du riz et des produits agricoles », nous informe Gilbert Sambou.
Par un petit couloir, nous traversons une chambre et nous voici sur un balconnet. Les pieux cylindriques en banco rappellent l’architecture nubienne. Le faux-plafond est un assemblage de planches de rônier couvertes de terre moite et des lattes imputrescibles. L’architecture est occidentale, mais la technique de construction est locale. L’ensemble de la structure n’est pas tenu par un coffrage. « C’est ici que l’on retrouve une maison à étage sans aucune barre de fer. Elles sont construites en 1947 et elles tiennent encore. Dès fois, nous retirons des lattes attaquées par les termites pour les remplacer par d’autres. Pour les planches de rônier, elles résistent à l’attaque des termites et des insectes », relève M. Sambou tout en pinçant les cordes de sa guitare.
Un patrimoine bien préservé
Les bâtisseurs n’ont pas utilisé de truelle. Le façonnage des murs est fait à l’aide des mains. C’est pour cela que les visiteurs refusent de s’arrêter à l’interprétation de la réalité lorsqu’ils admirent l’architecture des cases à étage. Si elles n’étaient pas habitées, elles seraient tombées dans le domaine public. Mais, les héritières des bâtisseurs veulent encore en faire une affaire de famille. « Nous venons régulièrement en vacances au mois de décembre ou en juillet et août. Nous nous occupons de la restauration avec l’argent collecté. Mais, ce n’est pas sûr que si nous laissons l’entretien entre les mains de l’Etat, il en fera autant. Nous risquons de les perdre », craint Mme Diédhiou née Florence Corréa, l’épouse du fils aîné de la famille.
Au bas de côté de la route où se trouve cette concession, deux maisons en banco font partie du patrimoine local. C’est aussi la carte postale de Mlomp qui est à une dizaine de kilomètres d’Oussouye, sur la route d’Elinkine. Avant notre départ, ce samedi 24 décembre 2016, une jeune française accompagnée par un guide touristique s’engouffre dans le bâtiment pendant que nous attendions notre photographe qui épiait la sortie des touristes du Musée de la civilisation diola de Mlomp. C’est un site touristique.
Honneur aux rescapés de la Seconde guerre mondiale
Ces cases à étage n’existent qu’à Mlomp, un village plus peuplé que son chef-lieu de département. La localité a été le bastion pourvoyeur de tirailleurs. Comme par enchantement, beaucoup de combattants ressortissants de ce village ont survécu sur les différents fronts durant la Seconde guerre mondiale. A leur retour, la plupart d’entre eux ont vécu au moins 100 ans. « Nous avions beaucoup d’anciens combattants qui ont participé à la Seconde guerre mondiale. La plupart d’entre eux ont vécu plus de 100 ans. Ils aiment raconter les périodes de guerre. Parce que beaucoup sont revenus sains et saufs », rapporte le jeune conservateur. Lorsque ces anciens combattants sont rappelés à Dieu, des funérailles dignes de leur rang sont organisées comme s’ils étaient morts au front.
Maguette NDONG et Idrissa SANE (Textes) et Assane SOW (Photos)/lesoleil

25/01/2017

INTERVIEW D'ADAMA BARROW

Adama Barrow : « Avec le Sénégal, il y aura un niveau d’amitié comme jamais auparavant »

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Le nouveau président de Gambie a reçu le « Monde Afrique » dans une villa cossue de Dakar où il est réfugié depuis dix jours. La date de son retour n’est pas encore fixée.
Le nouveau président de la Gambie Adama Barrow à Dakar, le 20 janvier 2017.
Après vingt-deux ans de règne sans partage, la Gambie tourne la page Yahya Jammeh. Le président autocrate a quitté Banjul samedi 21 janvier au soir. Mais, soixante-douze heures plus tard, son successeur, Adama Barrow, est toujours à Dakar, où il a reçu Le Monde Afrique pour un entretien exclusif.
La reconstruction, les réformes, l’avenir de Yahya Jammeh, les relations avec le Sénégal : M. Barrow, très détendu, parfois un brin désinvolte, répond à toutes les questions (en wolof). Ses hésitations trahissent que ce sont là ses premiers pas en politique. L’entretien s’est déroulé lundi après-midi 23 janvier, dans une villa cossue des Almadies, le quartier chic de Dakar, gardée par de nombreux hommes en armes et mise à disposition, selon l’entourage de M. Barrow, par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Le président gambien était vêtu d’un élégant boubou dans un sobre salon beige, accompagné seulement d’une attachée de communication.
La date du retour du président, très attendu en Gambie, a fait l’objet d’échanges séparés avec son entourage. Lundi, ses collaborateurs évoquaient mardi, peut-être mercredi. Mardi après-midi, ils nous disaient au téléphone : « On ne devrait plus tarder, mais rappelez-nous demain [mercredi], on en saura plus. »
Quelles seront, à votre retour en Gambie, vos premières mesures ?
Adama Barrow Disons qu’il y avait une première étape qui était de faire partir Yahya Jammeh. Avec l’aide de Dieu, cela s’est fait sans violence. Maintenant, la seconde phase est de se mettre au travail. Mais on ne pourra pas le faire tant que notre cabinet ne sera pas mis sur pied. Une fois qu’il sera constitué, on mettra en place ce qu’on appelle des « experts data bank ». Ils feront des rapports sur la politique à mener en Gambie et accompagneront les ministres qui en auront besoin.
La priorité, c’est notre économie. Ce sont les premiers dossiers que je vais traiter en rentrant pour éviter une crise, parce que l’économie va mal. Le pays a beaucoup de dettes. Il faudra prendre des mesures solides.
Par exemple ?
On a besoin de tout revoir en Gambie. Vingt-deux ans [la durée de la dictature de M. Jammeh], cela a été long… Il y a beaucoup de choses à voir pour mener une réforme. Après cela, on constituera un Livre blanc qui sera un guide pour faire fonctionner le pays. Mais on n’y va pas à tâtons. On aura un dossier solide, basé sur les chartes et les principes démocratiques, pour développer le pays.
Vous avez prêté serment à l’ambassade de Gambie à Dakar, ce qui est insolite. Allez-vous organiser une nouvelle cérémonie en rentrant ?
J’ai déjà prêté serment donc je ne pourrai pas le refaire. Mais on fera l’inauguration en Gambie pour que tous les Gambiens soient présents. Et puisque notre fête de l’indépendance a lieu le 18 février, je pense qu’on la fera ce même jour pour que tout le peuple soit réuni.
Les troupes de la Cédéao stationnent aujourd’hui à Banjul. Combien de temps vont-elles y rester ?
On ne peut pas le dire pour l’instant. Ce qui est sûr, c’est qu’on veut stabiliser le pays, le sécuriser et que, pour ce faire, la Cédéao a un rôle à jouer. Yahya Jammeh est resté longtemps en Gambie. Il a beaucoup fait pour manipuler et fidéliser ses troupes. Il faudra donc voir comment travailler avec elles, quelle formation leur apporter pour qu’elles puissent faire leur travail de manière indépendante et professionnelle. On a besoin de la Cédéao pour cela.
Et les agents de la NIA, la police politique, qu’allez-vous en faire ?
On va faire une réforme. Une réforme pour toute la Gambie, adaptée aux lois et aux normes internationales.
C’est-à-dire ?
Ce sera large. Mais il faut d’abord faire des investigations pour savoir ce qu’il en est au juste. Ceux qui vont les mener me feront des rapports et des recommandations pour que je prenne les bonnes décisions. On peut parler de réformes mais on ne peut pas agir avant d’évaluer la situation. Etre à l’extérieur ou à l’intérieur du gouvernement, c’est bien différent. Maintenant que je suis à l’intérieur, je vais savoir exactement ce qu’il en est.
Vos réponses ne sont pas très précises. Vous avez bien fait campagne avec un programme pour vos électeurs ?
Vous savez, la Gambie est différente de beaucoup de pays. Le gouvernement en place avait verrouillé toutes les portes. Il voulait qu’aucune information ne soit disponible pour nous. Pour avoir des détails, il faut une commission qui va voir comment ça marchait, qui était en place et, partant de là, je recevrai des recommandations.
Le Sénégal vous a soutenu tout au long de la crise électorale. Pourrez-vous affirmer votre autonomie face à ce grand pays voisin ?
Le Sénégal et la Gambie, c’est presque la même famille. Nous sommes voisins. Nous parlons la même langue [le wolof] et consommons les mêmes plats. J’aurais pu aller [me réfugier] au Liberia, mais j’ai préféré le Sénégal parce qu’ici, c’est comme chez moi. On a été bien soutenus au Sénégal. Parce que le gouvernement sénégalais sait que quand il y a un problème en Gambie, ça devient aussi un problème sénégalais.
Cette amitié est basée sur des principes. On se respecte mutuellement et nous sommes deux Etats souverains, avec chacun ses intérêts et sa façon de fonctionner. On discutera pour l’ensemble des questions dans lesquelles nos deux pays ont des intérêts communs. Il n’y aura pas de mésentente. Ça, je le garantis au Sénégal. Cette amitié va atteindre un niveau qu’elle n’avait jamais atteint auparavant.
A combien seront fixées les taxes de transit à travers la Gambie pour les transporteurs sénégalais ?
On ne peut pas le dire pour l’instant. On va voir avec les experts en la matière.
Allez-vous organiser des élections dans trois ans, comme vous l’avez promis ?
Peut-être. Il y a un travail de reconstruction qu’on veut faire pendant la transition et on veut qu’il soit bien fait. Sinon, tout recommencera comme avant. Si c’est fait en trois ans, tant mieux. Sinon, le mandat est de cinq ans. Je maintiens ce que j’avais promis, mais à ce que je vois, il y a beaucoup à faire.
Quel avenir pour Yahya Jammeh ? Est-il libre de circuler en Afrique ?
On n’a pas signé d’accord. On a fait une résolution. On va revenir sur les détails après. Mais je sais qu’il ne pourra pas circuler comme il veut en Afrique [rires]. Il a été président pendant vingt-deux ans et beaucoup de choses se sont passées. En théorie, il a le droit d’aller où il veut, même en Gambie. Mais encore faudra-t-il que le pays d’accueil puisse assurer sa sécurité. En Gambie, on lui a dit qu’on ne pouvait pas garantir sa sécurité pour l’instant, si l’envie de revenir lui prenait.
Salma Niasse contributrice Le Monde Afrique Dakar

24/01/2017

TRISTESSE A CARABANE

Casamance: Carabane, gloire et décadence du premier comptoir français

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L’île de Carabane est nichée à l’embouchure du Fleuve Casamance au sud du Sénégal. Le paysage, le relief, le microclimat, la position géographique avaient exercé une fascination chez les colons en escale à Diogué, une autre île. Porte d’entrée des colons français en Casamance, Carabane a connu des périodes glorieuses avec une population estimée à plus de 3.000 âmes durant la période coloniale. C’était une plaque tournante des échanges dans la zone fluviomaritime. Toutes les grandes compagnies étrangères avaient le pied à Carabane. Mais l’épidémie a précité le transfert de la capitale à Sédhiou. C’était le début d’une décadence. La ville d’hier est devenue un village aujourd’hui.
La température ne se faisait pas sentir au quai d’embarquement d’Elinkine à 13 heures. Un vent frisquet souffle en permanence. Au bord d’une pirogue motorisée, nous sortons de la baie après une identification, sur le ponton de la base navale de l’armée. L’embarcation déchire la platitude des eaux. Nos yeux sont accrochés à la splendeur des mangroves. Parfois à quelques mètres avant ce campement perché sur une île qui regarde Elinkine, on peut admirer des vols planés des oiseaux marins. Au loin, des pélicans plongent dans l’eau leur large bec, de temps à temps. Après une vingtaine de minutes de balade dans les bolongs, nous sommes en zone plus ou moins agitée avec l’influence de la mer. Le temps est suspendu. On ne se rend pas compte. Sur notre droite, les toits des édifices de Carabane pointent à peine. Quelques minutes plus tard, nous jetons l’ancre, sur le rivage, du premier comptoir français de la Casamance : Carabane. Elle regarde l’autre île, Diogué. C’est là, que les colons sont venus s’installer le 22 janvier 1836 après un accord entre l’administration coloniale française et le chef de village de Kagnout. Lorsque les colons français avaient fait escale à Diogué, ils avaient demandé à un indigène « A qui appartient l’autre côté de la rive que nous apercevons ? ». Ce denier ne comprenant pas leur langue française, répond en disant : « Karab-Ane » qui signifiait en Diola, la part de quelqu’un. Durant cette période, l’île, selon certains, appartenait aux gens de Kagnout. C’est une version. Dans l’île, les insulaires vous présentent d’autres étymologies laissant les interlocuteurs dans l’embarras. Par contre, les versions sont concordantes que l’île a été la porte de pénétration de l’administration coloniale en Casamance. « Carabane est la première capitale de la Casamance. Elle jouait un rôle déterminant dans l’implication des colons au sud du Sénégal », raconte l’actuel chef de village, Moussa Guèye.
Le passé historique est sur le rivage. Des murs enrochés des bâtiments coloniaux défient le temps et la mer. Sur un pan, « la porte du non-retour » de l’île a cédé. Mais les reliques sont là. Carabane était un port de transit des bras valides. « A l’image de Gorée, voici la porte du non-retour de Carabane. Contrairement à ce que certains disent, il n’y avait pas d’esclaverie.
Les esclaves qui sont capturés dans le « Fogny » sont amenés de bolong en bolong, d’île en île pour les désorienter. On faisait en sorte que lorsqu’ils sont à Carabane, que cela coïncide avec l’arrivée du bateau qui les achemine vers l’île de Gorée », concède le conseiller du chef de village, Lamine Sarr.
Centre de redressement
Au milieu du village, de gros murs d’une grande épaisseur faits de briques autobloquantes ne portent plus l’architecture originelle. La toiture a cédé depuis plusieurs décennies. Quelques barres de fer sont fixées entre les pieux. Les pans entiers des murs des petites chambres des détenus cèdent les uns après les autres. La structure murale des lits des chambrettes est encore nette. En face, les tables de coupe de menuiserie, l’ébénisterie sont visibles. Les murs latéraux s’élèvent à plusieurs mètres. L’édifice est couvert d’une couche noirâtre issue de la dégradation des nains. Depuis longtemps, sa vocation a été sujette à des interprétations. « Il n’a eu jamais d’esclaverie à Carabane. Ce qu’on appelait esclaverie était un centre de redressement. C’est ici, qu’on internait tous les récalcitrants pris à Kaolack, Thiès et dans d’autres villes. On les apprenait des métiers avant de les libérer dans l’île », tranche, Lamine Sarr, l’historien de ce bâtiment colonial. L’histoire du bâtiment durant la période coloniale est peu connue comme du reste l’histoire de l’île aux éléphants durant la période précoloniale.
Car la tradition orale était pauvre, comparée aux grands conteurs analystes mandingues. « C’est le 22 janvier 1836 qu’un accord avec le Roi de Kagnout octroya à la France la totalité de l’île au prix d’une rente annuelle de 39 barres : c’est-à-dire 196 FF », nous renseigne Alioune Sarr, dans une chronique intitulée « Carabane d’hier 1800-1900 ». Ce troque marque le point de départ d’une activité commerciale florissante. C’est à Carabane que l’on retrouvait le plus grand appontement de l’Afrique. Le comptoir de commerce s’ouvre avec l’abolition programmée de la traite négrière. La famille Baudin s’y installe. Mais c’est sous l’ère de l’homme d’affaires Nantais Bertrand Bocandé que les activités commerciales fleurissent. L’île aux moustiques exportait du riz, du coton, des amandes de palme et de l’huile « touloucouna ». « C’est à partir de 1896 que date l’apogée de Carabane, l’administration française régnait sur deux cercles (Sédhiou et Carabane) et deux postes (Bignona et Diebaly). Le village, mieux vaudrait dire la ville de Carabane, atteignait même 3.000 habitants et les affaires semblaient prospérer », rappelle Alioune Sarr.
Si loin, si proche de Gorée
Mais les épisodes des épidémies de paludisme ont obligé l’administration coloniale à procéder à un transfert de la capitale d’abord à Sédhiou et puis à Ziguinchor. Ce nouveau traité freine à jamais l’essor d’une perle perdue à l’embouchure du fleuve Casamance. Sous les arbres, sur les vérandas, au rivage et au milieu du village, les habitants ont connu un passé un peu glorieux : les escales du bateau le Joola. « Il y a un port qui a été construit. Mais il n’a pas d’incidence réelle sur la vie des insulaires parce que nous ne pouvions plus nous approcher ni écouler nos produits au quai lors de l’escale du bateau Aline Sitoé Diatta. Carabane vivait du temps du bateau le Joola. Nous pouvions faire exporter plusieurs dizaines de pirogues chargées de marchandises. Les femmes, les hommes gagnaient bien leur vie. Aujourd’hui, à cause des questions sécuritaires, les habitants de Carabane ne font qu’apercevoir Aline Sitoé Diatta », regrette le chef de village. L’île de Carabane est si loin et si proche de Gorée.
Aujourd’hui, ils se sentent seuls dans le combat pour la sauvegarde du patrimoine historique. Certains édifices sont inscrits au patrimoine de l’Unesco. « Pas au même degré, Carabane et Gorée ont joué un rôle dans le commerce de l’esclavage. Mais on s’occupe plus de Gorée alors que de Carabane qui est délaissée. Nous avons un patrimoine historique qu’il faut sauvegarder et valoriser », compare le résident. L’autre paradoxe, contrairement aux autres villes historiques du Sénégal, la population de Carabane est passée de 3.000 en 1889 à 900 âmes au dernier recensement.
Maguette NDONG et Idrissa SANE et Assane SOW (photos)/Seneweb

19/01/2017

LAMENTABLE CAP TOURISTIQUE...

Cap Skirring, une station balnéaire à la recherche de la gloire perdue

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La fermeture de plusieurs hôtels au Cap Skirring a sérieusement déteint sur l’activité touristique. Les artisans vivent aujourd’hui des moments difficiles faute de touristes. Mais la situation est surtout aggravée par l’ouverture des résidences de plus en plus nombreuses.
Dans les rues du Cap Skirring, la principale zone touristique de la Casamance, Abdou Khoudoss dit « Baye Fall » est en train de devenir une icône. Avec sa tenue bariolée, lunettes fumées, un gros collier autour du cou, le bonhomme traine son pousse-pousse en noir et blanc sur lequel il vend du café Touba. Il a lui-même rebaptisé cela en « café Touba original ». Souriant et très taquin, « Baye Fall » ne refuse jamais une photo à un touriste qui l’aborde en pleine rue. Au Cap Skirring, il a très vite conquis les cœurs.
Pourtant, le vendeur est arrivé nouvellement au Cap, en provenance de Saly Portudal, l’autre site touristique situé sur la Petite Côte, dans le département de Mbour, où il a séjourné pendant sept ans. « J’étais à Saly Portudal, mais je suis arrivé au Cap Skirring, sur ordre de mon marabout, il y a tout juste deux mois. Ici, les gens sont bien, on m’a très vite adopté. J’ai même rencontré des touristes que je connaissais à Saly », explique le jeune talibé mouride. Seulement, cette bonne humeur d’Abdou Khoudoss contraste bien avec la situation qui règne dans cette zone touristique.
Aujourd’hui, Cap Skirring n’est plus que l’ombre de lui-même avec la fermeture de la plupart des hôtels, au cours de ces dix dernières années. L’épidémie à fièvre hémorragique du virus Ebola, la politique de visa adoptée pendant un certain temps par le gouvernement et la liste rouge du quai d’Orsay interdisant aux citoyens français de se rendre en Casamance sont autant de facteurs qui ont donné un coup de frein à l’activité touristique. Excepté le Club Méditerranée, tous les grands hôtels comme Savana, Royal Cap, Hibiscus, Kabrousse, Maison Bleue ou Alizées ont mis la clé sous le paillasson.
Le galeriste Mamadou Dieng regrette bien cette période faste où au Cap Sikiring « tout marchait bien » durant les mois de novembre et décembre. Lui qui a séjourné à Saly, à Nianing avant de s’installer au Cap Skirring, est inquiet de la situation dans laquelle est plongé le site touristique. « Jusqu’en 2002 et 2005, l’activité touristique marchait bien ici, mais c’est surtout en 2012 que les choses ont commencé à se détériorer. Si on n’y prend garde, Cap risque de devenir comme Saly », alerte cet artisan. Mais Mamadou Dieng n’est pas le seul à s’inquiéter de la situation actuelle du Cap Skirring.
« C’était la période faste »
La plupart des vendeurs qui connaissent le site vivent des heures difficiles. « Cap n’est plus ce qu’il était auparavant », fulmine la commerçante Adjaratou Ndèye Maty Faye. Cette pensionnaire du village artisanal a vécu des moments bien meilleurs que cette période. « Quand le tourisme marchait bien ici, je ne faisais ici que dix jours pour épuiser mon stock et je repartais à Dakar pour en chercher au marché Sandaga. C’était la période faste », soutient la bonne dame.
La période faste, c’était quand les hôteliers organisaient, à tour de rôle, des visites dans le village artisanal et quand les produits étaient facilement écoulés. « Les touristes ne viennent ici que par hasard. Parfois, ils tombent sur notre enseigne et entrent dans le village. Dans d’autres cas, c’est pour chercher une connaissance tout simplement », relève l’horloger Serigne Sèye.
Aujourd’hui, le Club Méditerranée qui reste le seul établissement encore ouvert n’organise plus des visites pour ses clients. Une politique mal vue par les artisans de Cap Skirring. « Pourtant, cet hôtel organise le plus souvent des soirées africaines deux fois dans la semaine. Certains artisans sont sélectionnés pour exposer, mais nous pensons que ce n’est pas une bonne solution », regrette l’horloger. Mais pour Alfred Kâ, le chef de village de Cap Skirring, le problème de fond reste l’existence des résidences qui tuent à petit feu l’activité touristique. « Aujourd’hui, s’il y a 200 touristes qui descendent à l’aéroport, les 100 vont dans les résidences, parce que beaucoup de touristes qui connaissent la zone y ont acheté des maisons qu’ils transforment en résidence. C’est un vrai gâchis », regrette le chef de village.
Pour ce retraité qui s’est installé au Cap Skirring depuis plus d’une trentaine d’années, les résidences restent la cause principale de la perte d’emploi de beaucoup de jeunes. Car, selon lui, les excursions que les jeunes organisaient sont faites maintenant par les toubabs eux-mêmes. Face à cette situation, les artisans du Cap estiment qu’il est temps que le gouvernement réagisse en incitant les privés à construire des hôtels sur le site, mais aussi en réglant le grand problème des résidences. Cela permettrait à Baye Fall, le vendeur de café Touba, et à plusieurs autres jeunes artisans de pouvoir tirer leur épingle de l’activité touristique au Cap Skirring.
Avec 15.000 âmes comme population : Le casse-tête de l’eau au quotidien
Cap Skirring est né presque en même temps que le Club Méditerranée en 1973. Le village était surtout une cité dortoir que les responsables du groupe hôtelier français avaient construit pour les travailleurs. Au fur des années, des populations s’installent sur le site et créent des activités commerciales. La cité est devenue un village de l’ancienne communauté rurale de Diémbering. Faisant partie des premières personnes à s’installer sur le site en tant que travailleur, Alfred Kâ est aujourd’hui le chef de village. « Au Cap, on dénombre aujourd’hui 13 ethnies composées essentiellement de Diolas, de Peuls, Mandingues, Manjacks, Sérères, Bambaras, Mancagnes, Papels. Au dernier recensement fait en 2014, la population était évaluée à environ 15.000 âmes », explique le chef de village. Cap Sikirring dispose d’infrastructures de base telles qu’un poste de santé, une maternité, deux écoles primaires et un Cem. Mais depuis longtemps, le village est confronté à un sérieux problème d’approvisionnement en eau. Le liquide précieux manque terriblement dans le village. Les populations continuent à s’approvisionner en eau à partir des puits. Souvent, des Peuls puisent cette eau qu’ils revendent aux populations moyennant 100 FCfa le bidon de 20 litres. « Dans cette situation, on ne dispose jamais d’assez d’eau dans nos maisons pour se laver, faire le linge ou les travaux domestiques », signale Alfred Kâ. Mais le chef de village est optimiste quant à la résolution de ce problème sous peu. Actuellement, les responsables des sociétés en charge de la question sont en train, selon lui, de rechercher les points d’eau afin d’y implanter des forages.
Maguette NDONG et Idrissa SANE/lesoleil

30/12/2016

PORTRAIT DU SENEGAL

Le Sénégal, une mosaïque naturelle et culturelle

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Après un plongeon dans le tourbillon de Dakar, on découvre les villages et le ballet des aigles pêcheurs dans le delta du Sine Saloum, avant de profiter de la Petite Côte…
Du phare des Mamelles, le regard embrasse la presqu’île du Cap-Vert et Dakar. Amadou Ndiaye, ancien directeur des Phares et balises, se souvient que « la reine Elisabeth y est restée des heures avec le président Senghor ». En octobre 2016, ses propriétaires, Diana et Hicham, ont métamorphosé ce monument bâti en 1864 en haut lieu des night-clubbers, alternant concerts, DJ et autres surprises. Ainsi va Dakar, métropole émergente où se mêle un invraisemblable bric-à-brac architectural, où le marché aux poissons de Soumbédioune côtoie le kitchissime Monument de la Renaissance africaine, à côté du camp militaire où a grandi Ségolène Royal. Ensuite, filons vers le delta du Sine Saloum. Ouverte en octobre 2016, une autoroute relie Dakar à son futur aéroport, autour duquel un quartier d’affaires sort de terre.
Les hôtes de la mangrove
Quarante kilomètres plus loin, l’Afrique « éternelle » se fait jour. Encombrée de camions en route pour le Mali, la route mène à Kaolack. Dans ce paysage plat comme la main, les montagnes de sel étincellent sur la latérite. Près de Toubacouta, la forêt reprend ses droits, et des singes gambadent dans les arbres. Dans ce paradis contemplatif, posons nos bagages devant le Saloum. En pirogue, faufilons-nous entre les îles bordées de mangroves. Solitaire, un héron goliath file au ras de l’eau. Au sommet d’un arbre, un aigle pêcheur va fondre sur sa proie. Sur « l’île aux coquillages », des crabes violonistes courent sur les millions de coquilles qui tapissent le sol. A l’horizon, le soleil plonge dans l’océan, et cormorans, hérons, aigrettes, tisserins gendarmes et martins-pêcheurs regagnent leur « reposoir » pour se mettre à l’abri des hyènes et des chacals. Evidemment, l’atterrissage du gros pélican gris provoque des piaillements ! Le lendemain, naviguons vers l’île de Sipo, où les villageois ont créé une réserve marine pour protéger leur pêche. Autour, ils accueillent les voyageurs dans des cases qui permettent de partager leur vie. Pionnier dans le « tourisme intégré », le Sénégal propose des « écolodges », comme à Simal, que nous gagnons en prenant le bac à Foudiougne.
Pêche en eaux protégées
C'est l'heure de la promenade sur le marché. Venues en charrette ou Jakarta (motos-taxis), les vendeuses drapées dans leur boubou proposent mangues et arachides, bissap (fleur d’hibiscus) et fruits du baobab. La rivière franchie, nous roulons jusqu’au village de Fimela. Comme à Toubacouta, il est possible de s’aventurer sur le fleuve en paddle ou canoë et de partager le quotidien des habitants en pêchant avec eux carpes et capitaines. A Joal-Fadiouth, bourg natal de Léopold Sédar Senghor, une passerelle mène au-dessus d’un bras de mer jusqu’aux mosquées et églises de ce pittoresque village où les cochons dénichent les coques à coups de groin. En remontant la petite côte, voici Mbour, célèbre pour ses centaines de pirogues truffées de gris-gris. Gagnons ensuite la réserve de Bandia pour apercevoir rhinocéros, girafes, buffles et anti lopes au milieu des baobabs. Après, il est temps de profiter pleinement des plages de Saly avant que la formidable avancée de l’océan ne les emporte définitivement.
Gorée de l'enfer au paradis
Avec ses maisons ocre, rouge et jaune aux volets bleus et verts, cette île évoque davantage un village provençal qu’un bagne. Pourtant, ces demeures de négociants possèdent toutes leur « porte du voyage sans retour », par laquelle les captifs quittaient l’île pour les Amériques. Nelson Mandela, Barak Obama ont visité la Maison des Esclaves, profitant de cette plateforme « pour lancer des messages forts sur les libertés » affirme son conservateur, Eloi Coly. Ensuite, promenons-nous à l’ombre des baobabs sur les chemins de sable de ce village de 1800 âmes. En chemin, on croise parfois Éric Serra, compositeur du Grand bleu, le financier Georges Soros ou Valérie Schlumberger, mère de Léa Seydoux et mécène d’artistes africains, qui y ont une maison.
Y aller
Paris Dakar à partir de 500 € l’A/R avec Corsair International.
Voyagiste
TUI propose des voyages sur mesure. Un voyage en voiture individuelle avec chauffeur passant par Dakar, Toubacouta, Fimela et Saly est à partir de 2265 € par personne avec les vols pour 7 nuits en ½ pension dans les meilleurs hôtels du pays, soit le Terrou Bi à Dakar, Les Palétuviers à Toubacouta, le Lodge Souimanga à Fimela et Le Lamantin Beach à Saly. En version 3 étoiles, le séjour revient à 1745 € par personne. Pour un circuit du delta du Sine Saloum à Saint-Louis, comptez 1799 € par personne. Pour un départ de province, ajoutez 140 €. TUI : 0825 000 825.
Savourer
A Somone, près de Saly, on accède par bateau au restaurant bar Paradise Rasta, posé au bord de la lagune. Excellents poissons, vue fabuleuse.
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Jean-Pierre Reymond/Femmeactuelle

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