15/10/2017

LE SENEGAL: CATASTROPHE ECOLOGIQUE

Haïdar El Ali : « Le Sénégal est dans un état de catastrophe écologique »

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Alors que la COP21 approche et que l’écologie sera censée être sur toutes les lèvres en novembre à Paris, les pays africains n’ont pas encore brillé par leur contribution. Où en est le continent ? Quelle place pour l’environnement en Afrique ? Réponses d’Haïdar el Ali, ancien ministre de l’Environnement du Sénégal.
« Quand je mourrai, plantez un arbre pour moi plutôt que de prier », a-t-il coutume de dire aux femmes de Casamance qu’il rencontre alors qu’il sillonne la région en lutte contre la destruction de sa mangrove. D’origine libanaise – ses parents ont émigré au Sénégal dans les années 40 –, Haïdar El Ali est un homme convaincu et engagé.
Infatigable défenseur de l’utilisation durable des ressources naturelles, l’ancien ministre sénégalais de l’Environnement se bat pour mettre l’écologie au centre du débat sur le développement et mettre à bas un système de captation des richesses et des ressources au profit d’une minorité dont il fustige la corruption. Initiateur de la fédération des partis écologistes africains, il estime que le salut de l’Afrique passe par une révolution verte, et le crie haut et fort. Interview.

Jeune Afrique : L’écologie s’est-elle durablement installée dans le débat politique en Afrique ?

Haïdar El Ali : Clairement non. On construit encore des centrales électriques qui fonctionnent au charbon, alors que le gaz n’est pas plus cher. Ce n’est pas cohérent. Le continent africain vit globalement des économies de prélèvement mais accepte de voir ses ressources pillées, notamment au niveau forestier ou halieutique. Autre exemple, révélateur : il y a trois semaines, le premier conseiller en matière d’environnement de Macky Sall a écrit dans un article que le réchauffement climatique était du pipeau inventé par l’Occident ! C’est invraisemblable.

Nous disposons de ressources limitées qu’il nous faut gérer dans l’intérêt des populations. Pour nous, c’est davantage une question de survie que d’écologie.

Les pouvoirs africains opposent-ils toujours le développement industriel et l’écologie ?

C’est vrai qu’on a beaucoup entendu ce discours, dans lequel on accuse les Occidentaux de nous parler d’écologie alors qu’ils ont pu polluer pendant de nombreuses années de leur côté tout en développant leur industrie. L’erreur, c’est de regarder le développement à travers le prisme de l’Occident. Il faut comprendre que la ressource est pour nous, Africains, une question de survie. Nous n’avons pas les moyens de filtrer notre air et notre eau, de mettre en place des agricultures en étages, etc… Nous disposons de ressources limitées qu’il nous faut gérer dans l’intérêt des populations. Pour nous, c’est davantage une question de survie que d’écologie. Si on ne préserve pas les forêts ou les mangroves par exemple, il n’y a plus d’agriculture et plus d’élevage.

C’est un pillage organisé et environ 1000 milliards de francs CFA échappent chaque année aux Sénégalais !

Les gouvernements en sont-ils conscients ?

Il ne s’agit pas que des gouvernements. Le problème, c’est que tout le système est basé sur la finance et la croissance, qui ont pour effet de corrompre et donc de diriger et de dominer les quelques personnes au pouvoir. Les trafics de ressources comme le bois est international. Les Chinois, qui se servent des Sénégalais à la frontière avec la Gambie pour récupérer illégalement du bois précieux, ne transportent pas les troncs à dos d’ânes ! Ils passent les frontières et utilisent les groupes internationaux de transport, sous couvert de certificats gambiens qui n’ont évidemment rien à voir avec la véritable marchandise. Tout le monde le sait et ferme les yeux. On déguise des exploitations de bois de grumes sous des permis de bois de chauffe. C’est un pillage organisé et environ 1000 milliards de francs CFA qui échappent chaque année aux Sénégalais !

Les gouvernements sont donc complices ?

Je vais vous donner un exemple : quand je suis arrivé au ministère, il y avait une autorisation d’activité délivrée par les autorités sénégalaises à une multinationale canadienne pour exploiter des mines d’or à six kilomètres à l’intérieur… d’un parc naturel protégé et classé par l’Unesco ! En échange de cette autorisation ? Un contrat entre cette mine canadienne et la direction des Parcs d’un montant de 20 millions de francs CFA ! Dans les grands projets d’extraction en Afrique, les politiques ne regardent même pas les contrats. Ce qui les intéresse, ce sont les sommes qu’ils vont pouvoir empocher. Les multinationales font ce qu’elles veulent.

En somme, les dirigeants africains se « suicident » ?

Globalement, les dirigeants africains n’aiment pas leur pays. Sinon, ils y passeraient sans doute plus de temps. Quand on veut lutter contre la corruption, mettre à la porte des gens qui touchent de l’argent pour dilapider nos ressources, on peut le faire. C’est ce que j’ai fait au ministère de l’Environnement. J’ai dérangé, j’ai été dégommé.

J’ai dérangé, j’ai été dégommé.

Que faire pour que l’écologie occupe une place plus importante dans le débat politique ?

La meilleure piste, c’est l’éducation et la formation des citoyens. Mais, bien sûr, notre force réside aussi dans la fédération de tous ces mouvements écologistes régionaux, nationaux et locaux. Je travaille par exemple avec des associations guinéennes au sujet du trafic de bois impliquant des intérêts chinois. Sur les questions transfrontalières, se fédérer est essentiel. Il faut également chercher à occuper le pouvoir. Ram Ouedraogo essaie au Burkina en se présentant à la présidentielle. Au Sénégal, nous avons une centaine d’élus locaux. C’est positif. Seulement, dans le jeu politique, les partis traditionnels sont mille fois meilleurs, mille fois plus aguerris.

C’est ce que vous avez constaté lors des dernières municipales ?

Quand je me suis présenté aux municipales, il y avait une telle ferveur autour de moi que certains me disaient que je ne pouvais pas perdre. Et puis, le jour où je suis allé voter, j’ai compris : tous les électeurs se faisaient prendre à part à l’entrée du bureau de vote et recevait une somme d’argent. J’ai dénoncé cela au gouverneur et il m’a répondu : « Tant qu’il n’y a pas bagarre, je n’interviens pas » ! Qu’est-ce que vous voulez faire ? J’ai fini quatrième du scrutin.

Votre parti sera pourtant actif lors des prochaines échéances électorales au Sénégal ?

Oui, aux législatives sénégalaises de 2017, nous n’allons pas faire d’alliance avec le parti au pouvoir ou l’opposition, qui entretiennent un système de concentration des richesses dans les mains d’une minorité qui fait la pluie, la pluie, et la pluie. Nous irons seuls et nous verrons bien quelle place l’opinion nous donne.

Le temps, c’est de la vie, et pas de l’argent.

L’opinion, justement, ne semble pas encore faire grand cas de l’écologie en Afrique…

L’opinion, elle se forge notamment par les médias et l’éducation, les deux étant contrôlés par le système que je décris. Cela changera quand l’humain recevra une grosse baffe. Et je ne parle pas d’un tsunami… On se rendra compte que le temps, c’est de la vie, et pas de l’argent.

Globalement, on sent un constat d’échec pour les partis écologistes africains, qui ne parviennent pas à s’imposer. Quelle est leur influence réelle ?

Il y a une réussite, c’est que l’on parle d’écologie. Ce n’était as le cas il y a quinze ans. Ensuite, il y a une vraie influence sur le domaine politique. Au Sénégal, quand j’étais en fonction, nous avons fait passer la loi interdisant les sacs plastiques et nous avons introduit le code de la pêche et le code forestier. Il y a donc des avancées mais il reste beaucoup à faire. Le Sénégal est aujourd’hui en état de catastrophe écologique.

Après les municipales et les législatives, votre prochaine étape est la présidentielle ?

(Soupirs) Malheureusement, cela coûte trop d’argent. Quand j’étais ministre, je me suis retrouvé dans des situations où des gens, notamment des capitaines de bateaux russes qui venaient pêchaient illégalement dans les eaux sénégalaises, me proposaient de l’argent pour que je les laisse partir. Je ne l’ai pas pris. Je crois que l’on s’en sortira quand chacun arrivera à renoncer à ces tentations. J’ai choisi ce chemin. Résultat, je n’ai pas l’argent pour me présenter à la présidentielle.
Mathieu Olivier/jeuneafrique.com

10/10/2017

LA NOUVELLE VIE D'UN BIDONVILLE DE DAKAR

La cité Baraka aura bientôt un nouveau visage

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Le bidonville de la cité Baraka est un modèle. Ici, la solidarité est le maître mot. Les habitants espèrent que cela le restera malgré les nouveaux aménagements prévus : des immeubles à la place des habitats de fortune.
Nichée au coeur du quartier de Liberté 6 à Dakar, la cité Baraka n’est pas un
bidonville comme les autres. Dans ses centaines de maisons en taule et planches de
bois vit une communauté extrêmement organisée et solidaire. Depuis le début des
années 1990, près de 2000 personnes ont élu domicile sur cette petite colline en
banlieue de la capitale, au milieu des immeubles. La cité a été créée par le fondateur
de l’ONG Enda Tiers Monde, Jacques Bugnicourt, sur un champs de près de 2
hectares.
Au fil des années, les habitants ont développé une organisation très méticuleuse, avec un seul mot d’ordre, l’entraide. Pas question de subir la misère, ici on cotise de
l’argent, on le redistribue, on partage les points d’eau mais aussi les frais de santé ou de scolarité, on se forme les uns les autres. Une philosophie de vie qui se retrouve à tous les échelons du quotidien dans ce bidonville hors du commun.
La vie du quartier est régie par des comités: pour les jeunes, pour la formation, pour les femmes, pour le développement.
Les habitants ne payent pas de loyer, le terrain appartient au domaine national. Toutes les communautés cohabitent, aux côtés des Sénégalais, des Maliens, des Ivoiriens, des Guinéens.
Tous ont développé au fil des années une identité très forte. Ils
s’appellent les Baraka, les chanceux. Car dans leur misère, les liens de solidarité ont
toujours porté très haut les couleurs du vivre-ensemble. Il n’y a pas de différence entre les ethnies, entre les sexes, entre les âges.
Bientôt, ces habitations anarchiques vont disparaître, le bidonville va être réhabilité par une ONG allemande. Les baraques de fortune vont être remplacées par des
immeubles, 14 bâtiments, 210 appartements au total pour rendre le cadre de vie plus
attractif. Les premières constructions doivent commencer le mois prochain. En avril
dernier, le président Macky Sall était venu poser la première pierre.
Les habitants de la cité ont été très impliqués dans le projet « Nouvelle Baraka ». Ils ont pu donner leur avis sur les plans, exprimer leurs attentes, et ont fait un important travail de réflexion sur l’adaptation de leur mode de vie traditionnel vers des habitations plus modernes.
Une façon de décider eux-même de leur avenir.
vidéo: http://information.tv5monde.com/afrique/senegal-la-cite-b...
TV5MONDE / M.CHEVANCE / E. GODARD

07/10/2017

PITTORESQUE MAIS PAS QUE

Dans les rues de Dakar, ces zébus auxquels on n’ose pas toucher

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Les zébus se déplaçent librement à Dakar
Au Sénégal, les habitants de Dakar ont-ils peur des zébus ? Oui, car les têtes de bétail divaguent librement dans les rues de la capitale à la recherche du moindre fourrage mais aussi parce qu’on les dit sacrés !
La VDN, axe principal pour entrer et quitter Dakar, est souvent embouteillée et devient impraticable quand des zébus s'en mêlent. A l'heure de pointe, Khalil Toure, comme d'autres, se retrouve bloqué.
« Moi, je n’ai pas de problème avec les vaches mais leurs propriétaires pourraient au moins les canaliser pour que les vaches ne causent pas de dégâts aux usagers », demande Khalil Toure.
Le troupeau se faufile entre les voitures mais ni l'agent de police, ni les passants, comme Razak Baye, n'osent faire partir les zébus.
« Oui, c’est un problème mais on essaie de vivre avec. Les vaches sont là depuis les années 50-57-58. Il paraît même que leur propriétaire n’existe plus. Il est mort depuis et il paraît qu’il a fait quelque chose de mystique sur les vaches. On a peur de les toucher », explique-t-il.
A la nuit tombante, les zébus s'enfoncent dans le quartier de Ouakam. Mamadou, 60 ans, gardien, les laisse passer.
« Les vaches sortent et rentrent d’elles-mêmes. Très libres, très libres… je ne sais pas, je n’ai jamais vu de berger avec », souligne-t-il.
Birame Sow vit au fond de la zone. Les zébus entourent ce marabout dont le rôle est de protéger les animaux.
« Chacun a ses propres grigris concernant ces vaches. Pour protection, il y a tout dedans. Il y en a qui font que quand tu touches leurs vaches, tu deviens fou ; il y en a même qui font que quand tu touches leurs vaches, tu vas mourir », dit ce marabout.
Légende pour éviter les problèmes ou bien réalité ? Les zébus sont en tout cas tranquilles car les agents des communes, censés parquer toutes les têtes de bétail en liberté, n'osent pas les approcher.
RFI

06/10/2017

DANSEUSE A SALY

Danseuse dans l’âme : Magali Mazella

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Ancienne danseuse de revue, Magali Mazzella est installée à Mbour où, depuis un an, elle a initié une école de danse. En cette rentrée 2017 elle a encore une fois décidé d’innover, adjoignant aux autres styles déjà proposés, son domaine de prédilection qu’est la danse classique. De la flamme olympique à son expérience japonaise et ses joies de danseuses, retour sur le carrière d’une femme pour qui la danse s’esquisse: « grâce, légèreté, élégance, sourire et don de soi”.

Vous résidez à Saly. Pouvez-vous revenir sur les circonstances qui vous ont fait fouler les terres de Mbour pour la première fois ?
Je réside à Saly depuis plus de sept ans, mais auparavant j’étais venue m’y installer à la fin de ma carrière avec mes enfants. Il fallait que je danse à nouveau, encore une fois sur scène, je suis donc rentré en France, avec mes enfants : mon fils Morgan, qui parlait wolof couramment et ma fille, Jade. Aujourd’hui ils vivent en France. Et moi je vis donc seule à Saly avec mes 2 petits chiens. La première fois que je suis venue c’était en vacances, accompagnée de ma fille Jade qui avait 4 ans. Cependant les premiers à venir furent mes parents il y a 30 ans et ils avaient adoré. À la retraite, ils souhaitaient s’installer ici, malheureusement mon papa décédait peu de temps après. Ma sœur et sa famille sont installés à Saly depuis plus de 20 ans. J’étais venue leur rendre visite 15 jours.

Vos premières impressions ?
J’ai adoré ! Oui j’ai adoré du premier jour où j’ai posé les pieds sur ce sol. Ma tête et mon corps étaient au repos total. Surtout ma tête. Un sentiment de bien-être...

Était ce votre première fois en Afrique ?
Oui, toute première fois. J’étais plutôt en Asie. Ma petite maman m’a toujours parlé de l’Afrique et aurait aimé y faire de l’humanitaire. J’ai été bercée par Racine, Kunta Kinte donc vous pouvez comprendre cet amour pour l’Afrique.

Aviez-vous des à priori ?
Non pas vraiment. Parfois je rage en voiture lorsque je vois tous ces enfants dans la rue. Je voudrais être leur maman. Normal, je suis une maman. Il faudrait instaurer certains principes dès la petite école tels que la propreté, la responsabilité.

Qu’est ce qui vous a le plus étonné ?
La convivialité, les gens vous invitent chez eux sans véritablement vous connaitre, cette hospitalité m’a touché, ému.

Le plus séduit ?
L’accessibilité des gens, leur façon de partager un repas.

Le plus dérouté ?
La non ponctualité (rires) mais on s’y fait à la longue. Sinon pas grand chose ne me déroute. Je m’adapte facilement. C’est mon point fort. Et je respecte le pays où je vis.

Pouvez-vous revenir sur votre carrière en tant que danseuse de revue ?
J’avais environ 15 ans et venais de terminer un stage de danse avec des américains professionnels dans les comédies musicales. A la fin de ce stage il fallait préparer un numéro: J’ai trouvé un partenaire et créé ma première chorégraphie en duo sur la chanson de Lisa Minelly : « New York New York ». Un jour une revue passait dans ma ville et a accepté de nous auditionner pendant leur spectacle. A la fin de notre danse, tout le public nous a ovationné debout. Ma carrière a débuté ce soir là. J’ai sillonné la France dans tous les sens, ensuite l’Angleterre. A 17 ans et demi j’ai passé une audition a Paris : je fus la seule retenue et me voila partie pour le Japon. J’étais sur scène tous les soirs pour 3 spectacles par jour, 7 jours sur 7. J’ai vécu avec des Anglaises et 2 françaises. Le niveau de danse était très élevé et les costumes étaient magnifiques. J’ai sillonné tout le sud du Japon et de la Corée pendant quelques années : j'ai vécu un rêve chaque soir.

Les jeux de Séoul en 1988 ?
Un grand moment, surtout à mon âge : j’avais a peine 18 ans… J’étais descendue dans la rue pour voir passer la flamme olympique. En plus de nos spectacles nous dansions aussi pour le Village Olympique, c’était grandiose surtout lorsqu’on terminait le show avec le french cancan. Je n’étais jamais fatiguée et souvent nous étions invités à des soirées privées: j’ai rencontré Carl Lewis qui me disait que je ressemblais à un ange. Bien sur, tout était féerique.

Que ressent-on lorsque l’on est à coté de la flamme olympique ? Un sentiment de consécration ? D’euphorie ?
J’étais jeune et je ne sais pas si je réalisais vraiment l’importance de cet événement. J’étais allée voir quelques disciplines mais très peu car nous avions aussi beaucoup de shows à faire. Mais je n’oublierai jamais le Village Olympique: quelle sacrée ambiance !!!

Les différents pays où vous avez dansé et les anecdotes et émotions afférentes ?
J’ai beaucoup dansé en France, en Angleterre, à Saint Martin aux Antilles, et au Japon pendant longtemps, en Corée et en Malaisie. E aujourd’hui au Sénégal mais pas dans la revue. Pas encore. J’ai adoré le Japon, les japonais sont très exigeants. J’ai eu à danser avec 40 degrés de fièvre. Une fois à Nagasaki, il pleuvait tellement que les gens ne sont pas venus au show et malgré cela nous avons dû faire les 3 spectacles sans public. J’ai aimé chaque pays et avec toutes mes anecdotes, je pourrais vous écrire un livre.

Quel genre de sacrifice l’exercice assidu de la danse requière t-il ?
L’éloignement de ma famille fut difficile, la première fois je n’avais que 17 ans et je n’ai pas vu ma famille durant 3 ans. Et il nous était interdit de mettre beaucoup de photos sur les murs de nos chambres. Nos courriers étaient lus après les spectacles. De plus, même blessés, nous devions assurer le show.

A un moment donné, la souffrance ne supplante t elle pas le plaisir ?
Non jamais. Il n’y avait pas de souffrance lorsque j’étais sur scène. Dès que je dansais je ne sentais plus rien sauf le Plaisir. La souffrance était celle d’après le spectacle lorsque les lumières s’éteignaient et le show se terminait. Certains soirs nous nous sentions terriblement seuls. Mais on ne peut pas tout avoir dans la vie.

Comment la passion de la danse a t’elle germé en vous ?
Très jeune, je dansais tout le temps. Je faisais des spectacles et mon public était mes poupées. Un jour mon grand père m’a fait découvrir à la télévision la revue, et j’ai alors su quel métier j’allais faire. Je n’ai jamais douté.

Votre blondeur a-t-elle été un avantage ?
Non pas du tout. Vous savez on danse toujours les cheveux tirés et nous portions des coiffes et des perruques. Mais toutes les danseuses de revue étaient blondes. Donc en Asie, on nous reconnaissait très vite.

Tel dans le film black Swann, avez-vous eu des professeurs au sadisme avéré ? Si oui, comment celui-ci s’est-il manifesté ?
Je ne sais pas si on peut appeler cela du sadisme, quelque part, oui, peut-être, mais cela fait partie de notre métier, surtout à ce niveau. On tombe sur sa propre sueur ? Et bien on se relève et on recommence. Et j’en passe. Travail, discipline, rigueur.

Le microcosme de la danse est-il violent ?
Un peu oui. Lorsque j’étais à l’étranger, oui, avec les mêmes filles 24 heure sur 24, mais en France, non.

Votre école de danse a un an. Qu’est ce qui a provoqué le déclic ? Aviez-vous ressenti un manque ?
Oui mon école a un an. Lorsque le club Padel Sénégal a ouvert ses portes je suis allée jouer quelques fois avec une amie et un jour Jordi Rovira, le fondateur du Padel au Sénégal, m’a dit que je jouais comme une ballerine. L’amie avec qui j’étais lui a expliqué que c’est mon métier et de là il m’a proposé une salle pour faire une école de danse. Aujourd’hui nous sommes une véritable famille, il m’a donné cette magnifique chance, je ne l’oublierai jamais.

Quel genre d’activités y proposez-vous ?
Danse classique et Modern, Jazz, Yoga, Remise en forme, Pilate, Aqua-gym. Aujourd’hui je pratique un sport tout en douceur et basé sur le bien-être.

Pourquoi le choix en cette rentrée d’adjoindre à votre répertoire de la danse classique ?
C’est la base je pense. Mes élèves sont toutes petites. Je leur apprends la discipline, le maintien et les bonnes positions et cela leur reste imprimé à vie. Ce sont mes princesses.

Est-ce une offensive visant à contrer la déferlante du tout twerk qui semble tout emporter sur son passage : même la très british actrice Helen Mirren s’y est mise.
Pour moi la danse classique c’est la base. En faire un peu ne fait pas de mal et savoir tout danser c’est bien aussi, même le twerk.

Croyez vous que le monde ait besoin de grâce ?
Oui. De plus en plus. Il faudrait que le monde danse.

Croyez-vous la danse à même de le lui apporter ?
La danse est synonyme de grâce, de légèreté, d´élégance, de sourires et de don de soi.

Votre mère est infirmière. Qu’a-t-elle dit lorsque petite, vous lui avez annoncé vouloir faire de la danse votre métier ? Au regard de son propre travail, n’a-t-elle pas trouvé votre choix futile ?
De toute façon, je n’allais laisser ce choix à personne. C’était une évidence. Personne n’aurait pu m’arrêter. Ma petite maman a toujours été fière de moi. À mes tous premiers spectacles, ma maman organisait une séance l´après-midi à son hôpital et je dansais pour toutes ces personnes âgées. Même lorsque je suis revenue de ma tournée en Asie, je suis revenue danser à l’hôpital. Voulez-vous que je vous dise ? Que je sois sur les plus grandes scènes du monde, aux jeux olympiques ou dans un hôpital, je danse avec autant de bonheur et de plaisir.

Vous vous occupez d’une chorale. Pouvez-vous nous en toucher deux mots ?
Oui. C’est tout nouveau pour moi. Je ne suis pas que danseuse, je suis aussi chorégraphe et metteur en scène. J’ai mis en scène des spectacles de Disney, des opérettes, des revues, mais pour la chorale c’est le première fois. Cela se passe à Nianing, la salle de répétition est un terrain de basket face à la mer. Il y a presque 50 enfants et un spectacle est prévu pour Noël. Actuellement nous sommes en répétition alors je ne souhaite pas en dire d’avantage mais cela promet d’être superbe.

Que représente cette chorale pour vous ?
Beaucoup. Déjà ce ne sont que des enfants et pour eux c’est vraiment nouveau. Aujourd’hui on raconte une histoire, leur histoire. Je les aime beaucoup, et c’est réciproque.

Selon vous, est-il possible d’être danseuse sans aimer la musique ?
Ça je ne le pense pas. C’est la musique qui fait onduler votre corps, le mien, c’est certain.

Quel est votre genre de musique préféré, vos airs préférés ?
J’aime à peu près tous les genres de musique, certains à petites doses. En danse la plus belle musique, c’est le Boléro de Ravel, je la trouve tellement puissante. Voyez-vous, quand j’entends de la musique, je danse et parfois je chante. Mais chez moi.

Sur quel genre de musique ne pourriez-vous absolument pas danser ?
Le rap. Je laisse les professionnels de cette danse pour ça.

Votre mère a t’elle joué un grand rôle dans votre approche du monde ?
Oui. Elle m’a donné l’envie de tout, elle m’a donné sa force le jour où elle m’a dit qu’elle aurait aimé partir et faire de l’humanitaire. Ça commence par ça pour moi l’approche du monde : L’humanité.

Danseuse un jour danseuse toujours ?
Oui, toujours. Aujourd’hui encore, un Bonheur. Si un jour une revue pouvait se réaliser au Sénégal, je serai partante. Danseuse dans l’âme. Merci à ce si beau pays que j’aime tant. L’Afrique est à tout jamais dans mon cœur.

Irène Idrisse/le petit journal de Dakar
https://lepetitjournal.com/dakar/communaute/danseuse-dans...

www.magali-mazzella.com

03/10/2017

LE SALOUM EN DANGER

Un royaume de mangrove menacé par la déforestation

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Dans le parc national du delta du Saloum, classé au patrimoine de l'Unesco, l'un des écosystèmes les plus riches au monde est véritablement en danger.
Au cœur du delta du Saloum, au centre-ouest du Sénégal, à plusieurs centaines de kilomètres du tumulte de la capitale Dakar, s'ouvre le royaume de la mangrove. Dans cette réserve naturelle de 76 000 hectares, les palétuviers, arbres rois de la forêt, dominent l'horizon. À côté serpente le fleuve Saloum, avec ses milliers de bras de mer appelés « bolongs ». Sillonnant ce labyrinthe marécageux, notre pirogue glisse sur l'eau, se frayant un chemin parmi les 200 îles et îlots que compte l'estuaire. Au loin, un groupe de pélicans prend son envol. Bienvenue dans le parc national du delta du Saloum, l'un des plus grands réservoirs de mangrove d'Afrique. Ici, plus de 250 espèces d'oiseaux, de reptiles et de mammifères sensibles vivent entre terre et mer : hérons goliath, pélicans gris, singes verts, crocodiles, hyènes tachetées ou encore des tortues marines et des lamantins d'Afrique, deux espèces menacées. Pourtant, cet écosystème, l'un des plus riches au monde, inscrit au patrimoine de l'Unesco depuis 2011, est en danger. En cause : le phénomène de la déforestation.
Un écosystème menacé
« Les causes principales de cette déforestation sont le trafic de bois et la production de charbon ; les feux de brousse sont également responsables de la dégradation des forêts », pointe Haïdar El Ali, militant écologiste emblématique et ancien ministre de l'Environnement sénégalais. D'après la FAO, l'Afrique a perdu près de 500 000 hectares de ses mangroves au cours des vingt-cinq dernières années. Le Sénégal compte parmi les pays les plus touchés sur le continent avec près de 40 % de ses superficies perdues depuis les années 1970. En ligne de mire : la récolte de bois de chauffe et du charbon, ou encore l'urbanisation du littoral. « C'est tout l'équilibre de cet écosystème qui se retrouve menacé », s'inquiète Haïdar El Ali, également président de l'Océanium, une association sénégalaise de protection de l'environnement. Et pour cause, la mangrove joue un rôle vital pour la faune et la flore : dortoir pour les oiseaux, refuge pour les hyènes et les singes, nurserie pour les poissons et les crustacés ou encore filtre de rétention à carbone. « Elle rend un service écologique à la société. Les arbres peuvent stocker rapidement et en grande quantité les polluants. Sa dégradation menace directement la biodiversité, mais aussi les populations locales qui dépendent de la pêche », souligne François Fromard, spécialiste de la mangrove et chercheur émérite au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Autre fonction primordiale : les palétuviers servent de barrières protectrices contre les tempêtes et les tsunamis. « Dans un contexte de changement climatique et de montée des eaux, le recul de la mangrove est inquiétant. L'érosion des côtes s'accélère », précise le chercheur.
Les associations réagissent...
Face à ce constat, l'Océanium mène des actions de reboisement avec les populations locales pour restaurer la forêt au Sénégal. « Plus de 150 millions de palétuviers » auraient ainsi été plantés en dix ans dans 500 villages du Sine Saloum et de la Casamance. Sous l'impulsion de Haïdar El Ali, l'association a également créé l'Aire marine protégée de Bamboung (AMP) sur 6 800 hectares, près de Toubacouta. « L'idée était de permettre la régénération de l'écosystème. Nous avons donc interdit la pêche au départ pour favoriser le repeuplement des espèces. Des gardes volontaires surveillent la zone, pour repérer tout acte de délinquance, comme le braconnage ou la destruction de la forêt », explique Mamadou Bakhoum, vice-président du comité de gestion de Bamboung. Depuis la création de l'AMP en 2004, plus d'une trentaine de nouvelles espèces de poisson ont déjà fait leur apparition.
Dans les îles Bétenti, au cœur de cette faune et flore luxuriante, à quelques kilomètres de l'Aire marine protégée de Bamboung, les habitants de Sipo s'inquiètent eux de la dégradation de leur village. Sur cette île d'une centaine d'âmes, la population dépend de la terre et de la mer pour subsister. « Ici, toutes les choses que l'on a pour vivre, on les prend dans la nature. Les poissons, les noix de cajou, le pain de singe (le fruit du baobab), le bois. On vit de cela, on n'a rien d'autre », explique Jean-Dominique Senghor, 31 ans, un cultivateur de Sipo.
... les populations aussi
Dans ce village traditionnel, dirigé par une reine, sept ethnies, Sérères, Diolas, Peuls ou encore Wolofs, récoltent les huîtres des palétuviers, du poisson et des crustacés dans la mangrove pour se nourrir. Pour eux, maintenir l'équilibre de cet écosystème est une question de survie. « Nous vivons de la nature. La brousse et le fleuve sont au bénéfice de tout le monde. Chaque village doit se mobiliser et protéger son côté. Moi je vais bientôt partir, mais pour mon fils et mes petits-enfants, il faut continuer à se battre, ne pas croiser les bras et attendre, il faut agir », clame Issa Touré, fils du fondateur de Sipo et chef du village depuis vingt-six ans.
Inquiets pour l'avenir de leur île, menacée par la déforestation et l'arrivée d'hôtels touristiques voisins, la population tente de résister. Depuis 2010, une association des villageois se mobilise pour protéger Sipo. « Nous reboisons pour restaurer la brousse et la mangrove. Chaque année, nous plantons plusieurs dizaines d'hectares de palétuviers, d'anacardiers et de bois de fer », détaille Jean-Dominique Senghor, le président de l'association, qui collabore avec Keur Bamboung, un « écolodge » voisin. C'est d'ailleurs ce modèle d'« écotourisme » qui a inspiré les villageois il y a quelques années pour créer leur propre campement composé de quelques cases rudimentaires, d'un restaurant et d'un petit marché artisanal. L'objectif : promouvoir un tourisme durable et respectueux de l'environnement, tout en assurant des revenus aux villageois. Les fonds sont reversés dans une cagnotte communautaire, qui permettra ensuite de rénover l'école de Sipo et de construire une case de santé. Pour la population, pas d'autre choix : il faut résister, ou bien partir. « Si la forêt continue de reculer, les habitants partiront. Certains cultivateurs et pêcheurs ont déjà préféré fuir parce qu'ils n'arrivaient plus à vivre ici. J'ai tellement peur pour le futur de Sipo », s'alarme Jean-Dominique.
Sophie Douce/lepoint.fr
http://afrique.lepoint.fr/economie/senegal-un-royaume-de-...

01/10/2017

MBOUR ET SALY...

Culture Et Tourisme En Difficulté : Mbour, Pourquoi Ça Cale ?

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Une ville avec tous les atouts, Mbour. Dans ce gigantesque complexe urbain où tout se mélange, le principal souci des gouvernants d’aujourd’hui, (l’Etat et les collectivités locales) reste dans ce qui peut être fait pour sauver ce qui peut l’être. Mbour suffoque et il semble qu’il n’y a pas de solutions immédiates. Et, le plus regrettable est que contrairement à la métropole niçoise adossée sur la Méditerranée et seulement distante de quelques kilomètres de Monaco et de l’immense agglomération marseillaise sur la canebière qui est devenue la quatrième ville de France, Mbour forte de ses attributs de la nature, n’a tiré profit ni de la mer, encore moins de tous les atouts qui fondent le caractère d’une véritable ville.
En métropole, quelle grande ville aujourd’hui n’a pas son tramway, son centre piéton, ses vélos en libre-service ou encore son «écoquartier», se demandent certains experts et urbanistes. A l’heure du Smartphone et des villes numériques, l’on est pourtant, très très loin de ces images et clichés qui symbolisent la ville moderne, quand on parle des villes sénégalaises. A Mbour, à ce jour, le tourisme est presque mort de cette anomalie. Tout comme la culture, l’éducation et toutes les grandes librairies qui faisaient sa réputation, ont fermé leurs portes. Les grands magasins du centre aussi laissés à des affairistes dont le seul souci, loin de rendre belle, une cité, fussent-ils des Sénégalais, est de se faire de l’argent sur la population au lieu de servir les populations. Dans le centre ou ce qu’il reste, ne subsistent que les ombres du passé.
Le tramway, même si des lignes de tata viennent d’être lancées, ce sera peut-être pour l’autre siècle. Pour avoir une ligne, il faut des voies dans la cité ; Mbour n’en a plus. Pour améliorer la mobilité urbaine, la ville ne compte aucune voie bitumée dans le centre encore moins des feux de circulation. L’on est encore dans la préhistoire de la civilisation urbaine et la population semble s’en accommoder. Aujourd’hui, il n’y a aucune forme d’innovations, à commencer par la voirie morte de sa plus belle mort.
De centre, la jeunesse actuelle de la ville n’en connaît qu’une seule direction, celle qui mène à la station de Saly, site touristique qui n’a pas été incluse dans le périmètre urbaine ville et laissée à une communauté rurale, Malicounda, pour renflouer les caisses de cette commune-quartier située à l’entrée de la ville. Une cité de tous les paradoxes qui n’en tire aucun avantage ; voilà qui symbolise la ville de Mbour et son environnement.
La plus incompréhensible des mesures a été de l’avoir séparé pour des raisons qu’on aura du mal à expliquer dans l’avenir, à son arrière pays, sans aucune forme de concertation entre le rural et l’urbain. Au même moment, Diamniadio et son immense complexe urbain arrivent dans ce contexte sans aucune autre forme de perspectives qui va dans le sens du développement de la Petite côte. Ici tout a été pensé pour aller à… ou revenir de… Dakar. Quid de l’aéroport de Diass en voie d’être inauguré et qui ne sera d’aucune forme d’utilité dans la relance de la ville sinon y accroître l’anarchie et les encombrements en tout genre. Comme l’a été d’ailleurs, au regret des populations, le tourisme et l’aménagement de la station balnéaire de Saly au départ du programme.
Conçue comme l’élément-clé dans la construction du territoire, Dakar, devient une sorte de goulot d’étranglement à partir duquel tout se déconstruit également. Comment expliquer, à partir de ce moment, la difficulté d’entrer ou de sortir de Mbour ? Que l’on bifurque par la soi-disante bretelle à l’entrée de la ville et qui mène sur la route de Kaolack ou que l’on entre dans le ventre mouvementé de la ville pour aller vers Joal, on ne le fait pas en moins de vingt minutes. Un calvaire avec comme élément catalyseur, les gros camions en direction du Mali, de la Guinée-Bissau, de la Guinée ou des fois en provenance de ces pays, du Sénégal oriental et/ou de la Casamance.
Et dans un tel contexte, sans moyens suffisants, sans aucune vision, le maire peut tout se permettre en invoquant les difficultés liées à la conjoncture, mais encore l’absence de véritables projets politiques venant de l’Etat dans la ville. Les inondations qui le tracassent au quotidien à chaque saison des pluies en sont un bel exemple.
CONTRAINTES BUDGETAIRES, ABSENCE D’HORIZONS CLAIRS… : Un véritable gouffre urbain qui explose
Limitées au niveau de leur budget, toutes les villes sénégalaises fussent-elles littorales, fluviales, fluvio-maritimes ou intérieures n’ont aucune marge de manœuvre. Tous les projets urbains qui sont y lancés, ne le sont que grâce aux intérêts de la puissance publique. Sans elle, il y a aucun autre investissement à venir. Pour preuve, le pôle de Diamniadio en construction pour un montant d’environs 2 milliards de dollars, ne l’a été que par l’engagement de l’Etat avec ses partenaires marocains, indiens, et quelques Sénégalais qui y tireront nul doute profit. Que peuvent faire les maires, face à l’anarchie, toutes les formes de pollution, l’absence d’études sur leur cité.
Tous ces faits remarqués sont des freins au développement d’une ville qui ne prendra son envol que quand elle sera dotée d’un plan de développement urbain régional qui inclut à la fois, Thiès, Joal et Fatick. Mbour comme espace économique principal, Thiès comme centre d’une région économique, Joal et Fatick, comme aires de prospérité qui permettent de réduire la pression sur la ville. Pour exemple, Thiès n’est distante de Mbour que de 70, voire 75 kilomètres, selon le chemin qu’on prend. Joal est à 30, voire 32 km. Et, Fatick et sa région seulement distante de 70 km. Construire un ensemble au cœur de cette partie la plus humide du littoral à travers les îles du Saloum, Djifère, sur la route de Kombongoy, voilà le travail à faire pour certains spécialistes de l’aménagement du territoire.
Contrairement, à Diamniadio, Mbour et son agglomération ne se développeront par des bouts de territoire découpés en fonction des intérêts des uns et des autres. Confrontée aux pénuries d’eau chaque jour, à l’anarchie au sein des aires de rencontres (marchés, routes ou ce qu’il en reste), la population ne veut même plus qu’on lui parle de ville. L’absence d’homme ou de femme de la ville proche de l’Apr, dans le dernier gouvernement de Macky Sall, est aussi soulevée chez les jeunes comme une forme d’oubli que le président de la République et son entourage n’assument pas. Mbour, une méprise ! Certains jeunes n’hésitent plus à penser que l’équipe au pouvoir ne rêve pas d’un grand destin pour leur ville. Est-ce qu’ils ont tort à ce qu’on voit ?
Depuis des années, la grande mosquée dont un des pans s’était effondré, est restée en souffrance de par l’incompétence d’une équipe municipale incapable de développer la moindre capacité de coopération économique et sociale pour relancer ce projet. Quand l’association «Solidarité mbouroise » s’y est mise avec ses moyens à elle, la chose s’est accélérée timidement. Et, maintenant, c’est le Président Macky Sall qui s’y met avec la promesse de finir les travaux. Un mouvement de jeunes pour vendre du rêve voilà l’enjeu, mais s’agira-il d’un rêve durable ?
CITE NUMERIQUE, VOIRIE NOUVELLE, UNIVERSITES, LACS… : Diamniadio, modèle ou anti-modèle…
La question du budget est intéressante quand on l’évoque au cœur du fonctionnement des villes, car même Dakar dont le maire Khalifa Sall est encore en prison pour des problèmes de gestion interne de sa mairie, n’y arrive pas. Dans la ville sénégalaise, il semble que le casse-tête des élus reste l’équation de la gestion municipale. Le nœud de tous les problèmes est là et de quels moyens dispose un maire qu’il soit de Guédiawaye, de Diourbel, Pikine ou Mbour pour faire la mixité sociale, le logement ou des programmes d’assainissement ? Avec Diamniadio, l’on tente le tout pour le tout pour élaborer un modèle urbain qui devrait marquer les esprits. Mais, les autres villes, en ont-elles les moyens ? De l’Etat et des collectivités, qui doit faire la région, la question est ouverte aux planificateurs.
Le modèle Diamniadio, tout beau projet, confié à la Délégation Générale à la Promotion du pôle Urbain (Dgpu), est vu par certains comme un paradoxe dans le contexte de décentralisation que connaît le pays depuis le lancement en 1997, de ce projet dit de régionalisation. Et c’est le Délégué Général Seydou Sy Sall qui le dit lui-même, chez nos confrères de Financial Afrik en soulignant que «C’est la première fois dans l’histoire du Sénégal qu’un projet de cette envergure, est entrepris. 1644 hectares, pour vous donner une idée, c’est quatre fois le plateau de Dakar ; quatre fois les Parcelles Assainies. Certains pensaient en parlant de çà qu’il s’agissait d’un projet pharaonique qu’il était impossible de réaliser… En 2014, lorsque le Président Macky Sall lançait le projet, c’était un site complètement vierge. Mais, le Président, vous savez, c’est avec l’audace qu’on réussit tout. La première chose a été d’injecter ici le Centre international de conférence de la francophonie». L’idée, ajoute le délégué général du Pole, «c’était de susciter l’attractivité, l’attraction vers le pôle. L’Etat a voulu démontrer ici le mouvement en marchant…» Audace et attractivité, chacun de ces mots gardent son sens pour le projet, mais aussi pour la suite. Ils fixent aussi un cap pour le pays et son futur modèle à l’horizon 2030-2050. Mais, les mairies actuelles dans leur configuration et la composition de leurs élus, sont-elles capables de suivre ce mouvement, fut-il le plus beau, le plus construit au plan de la conception et du partage des idées ?
Face à cet exemple, la France dans sa conception du territoire, en partant de la région, du département, de la commune est un exemple inspirant encore une fois. On peut retenir ainsi, et les études des laboratoires des universités et instituts de recherche sur l’urbain, que la France n’a connu en tout et pour tout que deux périodes où les gestions municipales ont été fortement marquées par une vision politique. Celle du socialisme municipal, né dans les années 1880, qui s’est prolongé jusque dans les années 1930. Les villes deviennent alors des laboratoires du changement, avec la mise en place de grands services publics municipaux allant jusqu’à la création de boulangeries ou de pharmacies municipales. C’était pour l’époque…
Celle des années 1970 et 1980 ensuite, fortement marquée par la bipolarisation de la vie politique. À la suite du programme commun, une nouvelle génération d’élus de gauche conquiert des villes aux municipales de 1977. Dans leur gestion, ils vont mettre l’accent sur la démocratie locale, les loisirs et les grands équipements culturels. La première expérience se heurtera au Conseil d’État, qui veille scrupuleusement à faire respecter la loi de 1884 limitant les compétences des communes. La seconde trouvera ses limites dans les contraintes budgétaires qui vont rapidement s’imposer à tous. Les villes sénégalaises sont dans cette forme d’impasse qui commence à trop durer. «Pour faire très différent, encore faut-il en avoir les moyens financiers», souligne Patrick Le Lidec, chercheur au centre d’études européennes de Sciences-Po.
LIGNES DE FORCE
A l’heure des innovations et de la croissance verte : Mbour peut-elle redevenir une ville qui attire ?
Mal éclairée pour ses rues principales, sans aucun reflet qui attire le visiteur, Mbour peut elle devenir une ville d’avenir ? Simplement, une cité lumineuse, lisible et presque de taille humaine. Toute la question est à ces points.
Un débat de fond se tient actuellement au Sénégal dans le monde des urbanistes pour ce qui est du modèle à suivre pour remettre en vie les villes secondaires. Mais, quelles réponses proposent les mairies des villages devenues communes rurales comme celles des villes grandes ou moyennes au moment où tous disent avoir fait passer le budget municipal de 100 millions à plus d’un milliard de FCFA. A tort ou à raison, d’où vient cet argent que l’on agite et dont on ne recouvre même pas les 70% pour le budget. Image d’épinal, nos villes n’ont plus rien de villes malgré ces types de déclarations. Les maires de villes comme ceux des communes rurales en purs politiciens ne sont pas souvent et pour la plupart capables de lire même un bon budget. L’on fait dans l’à-peu-près en pensant que le peuple de la ville dort. Çà les arrange. Contre les inondations, les saletés, la mauvaise organisation des activités (mobilité urbaine, transports, gestion des marchés et halles…), l’anarchie est au cœur de tout. A Mbour comme à Kaolack, dans le centre de ces villes paisibles d’il y a quelques années, rien n’attire sinon, les odeurs et les saletés qui se mélangent au sable de rues mal entretenues. On est dans le flou. Si on considère qu’une ville intelligente, c’est une cité où l’on peut vivre son bien-être et faire du business, il n’existe pas encore une ville sénégalaise qui répond à ce critère en attendant de voir ce que va offrir le pôle urbain de Diamniadio. Le contexte de l’édification de cette nouvelle ville arrive au moment où jamais la gestion de la cité n’a jamais été aussi défaillante. Pour preuve, faute de résultat, même nanti de son expérience de paysagiste et grand connaisseur de la vie urbaine, le maire de Saint-Louis, Cheikh Bamba Dièye a été sanctionné par sa base et une partie de la population de la vieille ville. Le maire actuel, fort du soutien du chef dont il est le beau frère, ne fait pas mieux que lui moins de deux ans, après son élection.
Que dire de Mbour, la cité la plus envahie du Sénégal par l’exode après Dakar ? Au cœur d’une belle tourmente au niveau foncier, la ville n’a plus aucun charme. La décentralisation et ses incohérences lui ont enlevé tous ses privilèges et c’est dans ce contexte que tout ce qui faisait son charme a disparu : le tourisme est bien en très grande difficulté. La mer n’attire plus le visiteur étranger qui préfère désormais le sable fin de la Dominique et des Antilles beaucoup plus propres et plus aptes à les recevoir. Dans le même temps, rien n’est fait par les autorités au niveau de l’Etat comme au niveau municipal, pour relever la qualité de l’offre dans les hôtels encore en vie ; mais encore dans l’aménagement d’espaces du genre : les places du centre, la plantation d’arbres, les façades etc.
Qu’est ce qui attire d’ailleurs dans cette cité où toutes ces facéties qui font la réputation d’une cité n’existent nulle part ? A cette question, le maire serait incapable de vous apporter une réponse. Au cœur de la tourmente, il n’a plus d’avis ; il semble attendre son heure, pour ne serait-ce que rendre le tablier et laisser la place. Raisonnablement, c’est sans doute le meilleur service qu’il aura à rendre à la ville ; mais pour être remplacé par qui ? Autre question lancinante qui revient dans cette ville où depuis Ameth Sarr et Abdou Mané, il semble que l’on soit plus damnée que les autres. Moussa Ndoye n’a guère mieux, bradant le foncier comme il pouvait. Mbaye Diagne, malade et impuissant a eu toutes les difficultés à finir ses mandats. Alors à partir de là, regarder l’avenir reste difficile dans cette cité sans reflet, adossée sur l’atlantique, comme malgré elle.
FOCUS SUR… SALY
La grosse anomalie au cœur d’un chaos
40 ans d’existence et le Ko après, c’est cela à quoi ressemble la station balnéaire la plus connue en Afrique de l’ouest. Comment est-ce possible ? La réponse n’est pas simple pour les experts et les hôteliers qui se renvoient la balle. Au niveau du Centre Expérimental de Recherches et d'Études pour l'Équipement (Cereq)), l’on met cela sur la somme de toutes ces erreurs nées du non respect des normes d’établissement et de construction sur le littoral. L’on a chargé la mer, dit-on. Dans l’aménagement littoral, le village de Saly et sa station balnéaire reste comme un complexe qui, au début de sa conception, étaient destinés à faire de la Petite côte avec le Cap skirring, aux côtés de Dakar, mais aussi de Saint-Louis, le cœur du tourisme au Sénégal.
1977-2017, c’est juste au lieu des belles prévisions attendues, ce furent quarante années de désillusions pour la ville. Même si les débuts jusqu’à la fin des années 1990 furent exceptionnels sur l’économie de la zone et de la région, la suite a été presque catastrophique, parce que tout finalement s’en va. La côte envahie par la mer parce que «sabotée» par des édifices sans aucune norme de respect des sites. Sans le respect de la distance des 100 mètres entre la mer et la côte, comme dans la législation européenne qui devrait permettre de laisser l’océan dérouler ses vagues. La Direction de l’environnement et des établissements classés est dans la même mouvance sans arriver à convaincre les promoteurs hôteliers sur la Petite côte. Selon eux, aucune des solutions tentées par l’Etat jusque-là, n’a servi à rien pour sauver ce qui peut l’être sur le littoral. Le tourisme se meurt à Mbour parce que tout a été fait dans la planification du secteur, sans une cohérence avec le développement de la ville. Rien n’attire le touriste dans la cité, les quartiers, chez les gens. Ni l’habitat, ni la gastronomie, encore moins, la boulangerie et les services. Comment dans une cité touristique, vous ne pouvez avoir aucun organisme à visiter au plan récréatif. Aucun musée, encore moins des centres culturels et de bons restaurants.
Au niveau des infrastructures, qu’est-ce qu’il y a, à part le grand marché coincé au bord de mer et de l’ancien centre ville ? Pittoresque et propre à ces débuts dans sa gestion et son organisation, ce grand centre d’échanges a été vite dépassé par le développement anarchique qu’il y a dans la ville sans que des mesures intelligentes viennent pour prévenir et organiser son avenir. Est-ce trop demander aux autorités municipales ? Tout autour de ce marché où toutes les voies étaient bien tracées, il n’existe plus aucun grand restaurant ; aucun centre où l’on peut se reposer quand il fait chaud. La station de Saly qui était devenue le lieu où l’on pouvait disposer de ces espaces, a également perdu sa flamme même forte de son nouveau statut de commune.
Mame Aly KONTE - Sud Quotidien

18/09/2017

LA NATIONALITE SENEGALAISE

Que vaut la nationalité Sénégalaise aux yeux du monde?

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Dans une étude menée par le professeur de droit Dmitri Kotchenov et publiée par l'entreprise britannique Henley & Partners, il est établi l'indice représentative de la nationalité de la valeur de chaque nationalité dans le monde.
Cette étude qui a découlé d'un classement mondial est établie selon plusieurs critères traités équitablement et divisés en deux grandes catégories: les facteurs internes, propres au territoire national, et les facteurs externes, liés à la reconnaissance du document d'identité à l'étranger.
Parmi les facteurs internes, les chercheurs ont analysé les données nationales en matière de développement, de progrès et de puissance économique, son niveau de stabilité politique et les risques de conflits.
Parmi les facteurs externes pris en compte: la liberté pour les citoyens d'un pays de voyager et les facilités octroyées par ce pays aux étrangers désireux de s'y installer.
En ce qui concerne le Sénégal, ces dernières n'ont pas été de bons résultats sur l'emplacement de la qualité de la nationalité. Cette étude publiée chaque année précédente de l'année en cours montre des statistiques de chaque pays du monde.
Sur l'indice de qualité de nationalité, le Sénégal est placé à la 104ème contre la 88 ème place en 2015. Le Sénégal devance beaucoup de pays l'espace CEDEAO mais est loin derrière comparé à des pays comme l'Allemagne 1er et la France 2ème.
Sur la valeur externe de la nationalité le Sénégal est classé à la 87ème place contre la 68ème place qu'il occupait en 2015. Comparé à des pays comme le Ghana (81) ou la Sierra Leone (84), le Sénégal est derrière aussi la France 1ère et la Suède 2ème.
Sur la liberté des étrangers de venir s'installer au pays, le Sénégal est classé 19 ème contre la 15 ème place de 2015. Mais le Sénégal devance presque tous les pays de l'espace CEDEAO sauf la Guinée et le Mali placés à la 18 ème place. Pour cet indice le premier pays est la France et le 2ème est la Finlande.
Sur l'indice de la liberté de voyager qui garantit aux citoyens de se déplacer en toute sécurité dans d'autres pays du monde, le Sénégal est classé à la 122 ème place contre la 116 ème place de 2015. Néanmoins le Sénégal est loin devant les pays de l'espace CEDEAO. L'Allemagne est le 1er pays suivi de la Suède en seconde place.
Tous ces indices démontent que le Sénégal perd de plus en plus de place dans la course à la qualité de la nationalité. Cela montre aussi que la diplomatie Sénégalaise doit faire des efforts en matière de bien-être des citoyens partout dans le monde. Le Sénégal a perdu beaucoup de places en l'espace d'une seule année. Ce qui diminue de plus en plus la force de la nationalité Sénégalaise aux yeux du monde...
Dakaractu.com

17/09/2017

LE DG DE AIR SENEGAL DEVOILE SON PLAN DE VOL

Philippe Bohn dresse son plan de vol

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Le nouveau patron de la compagnie Air Sénégal Sa, Philippe Bohn, compte nouer des partenariats stratégiques avec les institutions financières afin de se donner les moyens pour atteindre son objectif de hisser la boite au sommet du marché aérien africain.
On en sait davantage sur le processus de l’arrivée de Philippe Bohn aux commandes de la société Air Sénégal SA. C’est le « nouveau commandant de bord » himself qui file l’information à Jeune Afrique. Philippe Bohn a ainsi révélé que c’est le Président Macky Sall himself qui l’a convaincu au cours d’un échange téléphonique à l’issue duquel le nouveau patron de Air Sénégal SA ne pouvait continuer de refuser le challenge. En acceptant de rejoindre le Sénégal, Philippe Bohn révèle également qu’il a tourné le dos à une autre offre d’une autre compagnie africaine dont il n’a pas révélé le nom, encore moins les détails.
Selon le journal, Philippe Bohn a été surtout séduit par le défi industriel, celui consistant à partir de zéro pour faire de cette nouvelle compagnie qu’est Air Sénégal une success-story du ciel africain, à l’image d’Air Côte d’Ivoire, Asky Airlines ou Rwandair.
C’est ainsi que pour y arriver, il a dressé son plan de vol sur une durée de trois mois basé sur la fertilité, pour ne pas dire la virginité de la capitale sénégalaise au plan aéronautique. « Dakar est un hub géographique intéressant entouré de 1,3 milliard de gens à moins de six heures de vol. Compte tenu de la croissance démographique exponentielle de la sous-région, il y aura plus de monde à transporter » a indiqué Philippe Bohn.
Et sa première mission consistera à faire un bilan assez précis de l’existant et voir ce qui est faisable, en mettant d’abord en place le réseau de vente (ticketing) et en déterminant si Air Sénégal SA a les bons fournisseurs.
Philippe Bohn compte également jeter un coup d’œil sur le plan de développement élaboré par le cabinet Seabury, qui table sur une ouverture progressive aux moyen-et long-courriers pour, d’ici à dix ans, disposer d’une flotte de neuf avions, avec 22 destinations.
En plus des deux avions dont dispose la compagnie, le nouveau commandant de bord compte densifier la logistique avec trois autre Airbus à acquérir en leasing en 2018.
Etant entendu que les institutions financières restées longtemps très prudentes ont commencé à s’intéresser au secteur aérien, Philippe Bohn, malgré son assurance du soutien de l’Etat envisage de nouer un partenariat stratégique et financier solides avec elles.
reussirbusiness.com

13/09/2017

ÇA ROULE DANS LE SALOUM

ESCAPADE DANS LE SALOUM

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Retrouver Pierre Diouf des "Aventuriers du Saloum" une nouvelle fois dans un reportage télé. C'est ce samedi 16 septembre sur TV5MONDE dans l'émission "çà Roule" à 13h (heure GMT) en compagnie de Juliette Ba.
ÇA ROULE !
Découverte, rencontre, aventure... "Ça roule !", c'est l'actualité automobile du continent africain. Sur les routes et les pistes africaines, Juliette Ba prend le volant et va à la rencontre de personnages hauts en couleurs qui entretiennent un lien particulier avec le monde de l'automobile.
Juliette poursuit son escapade au Sénégal, dans le delta du Sine Saloum, une région naturelle qui compte une vingtaine d´îles. Depuis le village de Fambine, en compagnie d'un guide très connu dans la région, Pierre Diouf, elle embarque à bord de pirogues peintes. Autrefois exclusivement utilisées pour la pêche, ces embarcations permettent désormais aux touristes de visiter le delta. À bord d'une vieille Peugeot 405, "la voiture de l´Afrique", elle se rend au marché aux poissons de Djifer, avant d´enfourcher un quad pour se balader en forêt.
TV5MONDE/lads

07/09/2017

HISTORIQUE

Les Sénégalaises font moins d’enfants

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Historique ! Les Sénégalaises font moins d’enfants que par le passé. «C’est la première fois au Sénégal que nous descendons de la barre de la moyenne de 5 enfants par femme en âge de procréer», révèle Aboubacar Sadikh Bèye, le directeur de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, lors de la publication des résultats de l’Enquête démographique continue 2016. D’après cette étude, les femmes de 15 à 49 ans font en moyenne 4,7 enfants. Une baisse de fécondité qui survient pour la première fois depuis 10 ans.
Voxpopuli - Seneweb.com

A REGARDER

Voici quelques semaines, une étudiante de Dakar nous demandait de diffuser un questionnaire convivial afin de boucler son mémoire.
Aujourd'hui, un petit film a vu le jour, cerise sur le gâteau de ce mémoire. Je laisse Yakiné vous en parler:

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"Cette année, je me suis lancée un pari fou: donner davantage envie au monde de connaitre et découvrir mon pays. Un pari osé et absolument hors norme. Au sens propre comme figuré, ce pari fut fou. J'ai imaginé, écrit et voulu réaliser un film. Dans ma tête, j'avais mon scénario parfait, le bon fil conducteur et une mise en scène topissime. J'ai rêvé, j'ai, donc, voulu réaliser...Petit bémol: je ne pouvais travailler seule. Oui en effet, pour mener à bien mon projet, je me devais, maintenant, de trouver des personnes qui pouvaient croire en moi, en mes capacités, mon envie de bien faire et ma hargne de vouloir relever des défis. Des personnes qui allaient accepter de me suivre dans ma folie et surtout faire du volontariat.

Qui? mais, diantre qui? Qui pour accepter donner un coup de pouce pour la réalisation de mon mémoire sans rémunération aucune ? Accepter de travailler avec moi dans des conditions...-Bon, il n'ya vraiment pas honte de le dire- précaires et des moyens minimes? J'ai ciblé des personnes, osé leur faire part de mon projet et solliciter leur aide. A la place d'un oui, leur réponse était "on commence quand?". Ils se sont emparés du projet, m'ont aidée, guidée et assistée. Mathilde Corberand, CheikhDoudou Mbaye et toute sa famille pour les rôles, Flavio Stz, pour la camera, Pape Seck et Dolimotion pour le montage, Khàdijatoù Tall et Mamadou Mamadou Ba pour les costumes... L'équipe parfaite pour abattre un travail excellent. Je suis fière du travail accompli. Merci d'avoir voulu donner envie, d'avoir voulu partager des émotions et surtout d'y avoir cru..."
Le film est visible sur: https://web.facebook.com/mamanyakine.ndiaye/videos/689393...

06/09/2017

UN ETE SUR LE LITTORAL…MBOUR, MBALLING, DOMAINE DE NIANING…

QUE FAIRE DES ZONES VERTES DE LA PETITE COTE ?

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Sur toute la petite côte, le tourisme se meurt. De la station de Saly au village très vert de Nianing, avec son domaine, les petits espaces verts semblent à l’abandon depuis que la fréquentation des touristes, résultant de la fermeture du Club Aldiana et du Domaine de Nianing, s’est faite de plus en plus rare. Dans une ville sans reflets ni symbole, Mbour pour ne pas la nommer, rien ne ressemble plus à cette zone prometteuse des années 1960 que le régime du président Senghor avait choisie comme le pôle futur du développement du tourisme de masse et de week-end au Sénégal. Dans cette ambiance morose, où tout s’en va, comme dans la chanson, il est devenu presque hypothétique de sauver ce qui reste des quelques poches vertes de la zone, à commencer par la rivière Mballing, le Tiamassas au cœur du Club Aldiana et encore moins dans le merveilleux site du Domaine de Nianing aujourd’hui en attente de réouverture.
Le Mballing, ce n’est pas le nom donné à un bar ou un restaurant d’un petit coin d’une cité, mais plutôt, à une belle petite rivière située au sud d’une ville qui marque la frontière entre ce qu’on peut appeler la zone utile et le reste du pays. Le Mballing est comme une frontière naturelle qui marque l’amorce de ce qu’on peut appeler en direction des îles du Saloum, les régions vertes du Sénégal. A la lisière de la ville et au cœur d’une zone de verdure dont l’autre frontière naturelle mène à l’océan atlantique, Mbour et son territoire n’ont jamais eu l’ambition de placer cette rivière naturelle au centre des plans d’urbanisme. Or, zone de la petite pêche au cours des années 50-60, le Mballing a toujours permis aux petits exploitants de tirer de ses eaux, quelques espèces rares de crustacés, de mollusques et poissons d’eau douce, comme le mulet, le tilapia, le crabe, le mâchoiron etc.
Aujourd’hui, cernée de toute part par l’immense anarchie urbaine qu’on confond encore à tort à une vraie ville, la petite voie d’eau, qui aurait influencé le tracé touristique de la ville, ne semble avoir aucun avenir. Sur les berges, les arbustes qui servaient de frontières, ont presque tous disparu. Côté est, la rivière qui s’étire vers les villages de Mbandi et le reste de la zone, n’est qu’une mince ligne d’eau sans aucun confort pour ce qui est des aménagements. Enorme gâchis ; car les enfants des années 60 se rappellent encore tous ces Européens (assistants techniques venant de Dakar et de la ville de Thiès et profitant d’un week-end). On y voyait aussi des Sénégalais et des Africains affectés à Dakar et dans certaines villes et qui, en quête d’endroits exotiques, y arrivaient le vendredi soir, pour dormir dans l’enceinte de l’ex. Orstom ou du service du centre des Grandes endémies balayé par la brise marine et les alizés à longueur de journée.
Tous profitaient le jour venu, de la petite pêche, du ski nautique, de promenade en canoë tractée par des voitures. La belle époque. Le temps est passé et le Mballing n’est plus que l’ombre de lui-même sans aucune perspective ; sans voie intéressante ; mais plus grave sans aucune connexion avec la ville dont il est le centre respiratoire de par sa végétation marquée par quelques arbres de la savane africaine dont les baobabs, le cailcedrat, le jujubier, le figuier ou encore la belle petite forêt de mangrove encore debout du côté ouest du site en allant vers l’océan atlantique. Un manque d’imaginaire et de vision pour un leadership municipal mieux pensé. Pendant que le site est peuplé de quelques populations installées ici, il y a peu par des autorités sans projet, le site est aussi sous la menace des déchets solides (carcasses d’animaux, pots et matériaux divers), mais aussi liquides avec les rejets divers et non traités de toutes les saletés d’une ville qui a nul doute atteint depuis des années, un niveau de saturation pour le moins inquiétant. Une véritable zone de paradoxes ; voilà à quoi ressemble ce territoire au moment où l’Etat a choisi d’investir plus de deux milliards de dollars, dans la construction et l’aménagement de la nouvelle ville de Diamniadio Lake City.
Pendant que l’aménagement de ces berges aurait pu donner une véritable carte de fraîcheur à la ville, le regard des autorités n’a été orienté qu’en direction du projet-phare de Diamniadio ; ce qui n’est pas mauvais si cela permet à toute une région de profiter de tous les avantages et les effets induits d’un tel pari. L’Ird, African Institute for Mathematical Science (Aims-Nei) dans le cadre du projet « The Next Einstein Initiative », rien que ces deux entités auraient pu permettre à la ville et à cet environnement, de faire profiter de la ville de plus de visibilité dans l’aménagement des grandes agglomérations du monde. Neil Turok, l’éminent chercheur d’origine sud-africaine devenu canadien et Directeur du Perimeter Institute for Theoretical Physics de Waterloo, dans les environs de Toronto au Canada, avait porté avec ses partenaires son choix sur le site de Mbour, pour son calme, la beauté des paysages et encore. Aujourd’hui encore, Mbour n’en a rien tiré ; les élus n’y font même pas référence encore moins les populations. Comment relancer le tourisme dans ces conditions. Au niveau de l’Ird, l’on craint d’ailleurs que cette partie qui jouxte l’océan ne soit intégrée dans la propension des autorités départementales, municipales et rurales au partage des terres dont les politiciens de cette partie du pays se sont faits « experts » en donnant le sol à ceux qui leur permettront de remplir leurs poches le plus rapidement possible.
Une ville triste sans symboles
Le développement de la région ou de la ville ne se fera pas sur ces bases ; car au-delà de tout, même si avec la pêche, Mbour ne manque pas d’atouts, les solutions de remise en vie des espaces laissés pour compte comme Mballing ne sont jamais venues. Les carences de l’équipe municipale actuelle, sont si flagrantes que le président de la République devrait regarder un peu la manière dont cette municipalité qui revendique à tort ou à raison, un budget de deux milliards de Fcfa, est gérée. La jeunesse mbouroise comme tous les passionnés de gestion urbaine se posent la question devant l’ampleur d’une telle anarchie au cœur d’une ville en vie. L’absence de solutions tentées ici et là pose aussi la question de la gestion correcte des fonds qu’on collecte tous les jours pour faire fonctionner les services de la cité. Ces derniers jours, des tas d’immondices ont été jetés par les populations sur les grandes artères de la ville. Et pendant quatre ou cinq jours aucun camion n’est passé pour le ramassage. Les populations interpellées, avouent qu’elles sont lassées d’attendre. « Nous avons l’habitude et nous jetons tout cela au milieu de la rue… »
Pendant que les uns s’intéressent un peu à ce qui se fait du côté de la petite bourgade touristique, mais devenue « désertique » de Saly, d’autres se posent des questions sur la capacité du maire actuel, M. Fallou Sylla à faire face à la fois, à l’anarchie, à l’encombrement humain, aux énormes problèmes de la circulation et des transports dans la ville, aux inondations dans toutes les rues. Même si on peut se glorifier pour la première fois, depuis les indépendances, de voir dans la cité, des bus affectés au transport public, l’on se demande dans quelles voies du centre-ville, ces engins vont passer tant l’anarchie reste une équation majeure à Mbour. Pour aller vers les bourgs limitrophes comme Warang ou Nianing, les bus restent des moyens de transports bien modernes et peu chers, mais en ville, pour ce qu’il en reste, il n’y a pas de voies. Le centre de Mbour n’a plus de routes bitumées. Alors de là à revendiquer pour la forme, un budget de deux milliards de Fcfa, les populations se demandent de qui on se moque. Et ne parlez pas d’assainissement dans ce contexte.
LA LOI DE CONSERVATION LITTORALE EN QUELQUES LIGNES
Pour définir pour le lecteur le contenu de cette loi dont on a parlé en France depuis le milieu des années 1970, il faut signaler que la loi « littoral » détermine les conditions d’utilisation et de mise en valeur des espaces terrestres, maritimes et lacustres. Elle s’applique aux communes riveraines des océans, mers, étangs salés et plans d’eau naturel ou artificiel de plus de 1000 hectares.
Cette loi est une loi d’aménagement et d’urbanisme qui a pour but :
- la protection des équilibres biologiques et écologiques, la préservation des sites, des paysages et du patrimoine culturel et naturel du littoral
- la préservation et le développement des activités économiques liées à la proximité de l’eau
- la mise en œuvre d’un effort de recherche et d’innovation portant sur les particularités et les ressources du littoral. Différents dispositifs de la loi participent à la protection du patrimoine et des paysages :
- Maîtrise de l’urbanisme : extension en continuité ou en hameau nouveau intégré à l’environnement, mais limitée par la création de coupures d’urbanisation et dans les espaces proches du rivage ; non constructibilité dans la bande littorale des 100 mètres (calculé à compter de la limite haute du rivage).
- Protection stricte des espaces et des milieux naturels les plus caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du littoral.
- Elaboration de schémas de mise en valeur de la mer (Smvm).
Création en 1975, par l’Etat, du Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres, pour mener une politique foncière de sauvegarde de l’espace littoral. Après acquisition, le conservatoire sous-traite (aux communes ou à d’autres structures) la gestion de l’espace. La loi n° 86-2 du 3 janvier 1986 relative à l’aménagement, la protection et la mise en valeur du littoral, dite loi « littoral », pose les principes de protection et de mise en valeur des espaces littoraux, des mers et grands lacs intérieurs, qui présentent des enjeux majeurs de protection de la nature et de maîtrise du développement, pour la France métropolitaine et l’outre-mer.Cette loi a créé des institutions et outils d’intervention spécifiques pour mettre en œuvre, de façon partenariale, une politique particulière d’aménagement et de protection. Il s’agit du Conseil national de la mer et des littoraux, associant élus et partenaires socioprofessionnels, et du Conservatoire de l'Espace Littoral et des Rivages Lacustres. La loi « littoral » s’applique à toutes les communes riveraines des mers, océans et plans d’eau intérieurs de plus de mille hectares, soit plus de 1 200 communes françaises. Au Sénégal, le projet d’une loi sur la gestion du littoral soulevée un moment par le président Abdoulaye Wade n’a pas encore vu le jour. Cela avait nul doute commencé avec le projet d’autorité de gestion de la corniche, mais il semble que la question mérite nul doute une attention particulière de la part des autorités, au moment où des projets d’exploitation des hydrocarbures (pétrole) au niveau des côtes, sont annoncés par le Président Macky Sall et de son gouvernement.
TOURISME, URBANISATION ET GESTION LITTORALE : Où sont les schémas d’aménagement ?
Adossée à l’océan, la ville de Mbour a tiré quels avantages de cette position ? Agglomération d’avenir au cœur d’un grand vide urbain au début des indépendances, Mbour et tout son environnement immédiat, ont longtemps été perçues comme l’un des pôles vivants de la nouvelle urbanisation sénégalaise. Entre le commerce, la pêche de gros, la pêche sportive, le tourisme, l’agriculture, la culture, la croissance démographique un moment contrôlée malgré l’exode rural venant des villages et des petites communes toutes proches comme Joal, Thiadiaye, jusqu’à Fatick et les îles du Saloum, l’agglomération a connu une forte croissance de ses activités économiques jusqu’à la fin des années 1980.
Mais, qu’est-ce que tout cela signifie quand le territoire en lui-même n’a fait l’objet d’aucune étude de projet d’envergure ? Vue comme un avantage, sa situation sur le littoral n’aura été qu’un simple prétexte pour le rendre encore plus anarchique et plus laid dans le panorama des villes sénégalaises. Au cœur de ce domaine naguère très agréable à vivre sont en train de se superposer des poches de pauvreté aggravée par le manque de perspectives au niveau municipal, urbain et au sein des gros villages environnants.
Soumise aux aléas du temps, la ville souffre d’absence de véritables aires de récréation. Et dans ces conditions, il est quasiment impossible d’attirer du monde, venant de l’étranger, les touristes d’abord et les Sénégalais férus de week-end qui cherchent à changer d’air. Autre chose qui s’ajoute à cette nouvelle faille, l’absence de projets urbains d’envergure. Pendant que Saly qui aurait dû être un quartier résidentiel dans la ville comme Beverly Hills à côté de la ville de Los Angeles, l’Etat a ajouté au cafouillage en faisant de ces aires de repos, des communes à part, sans envergure qui attirent tous les badauds qui n’ont rien à faire dans la vieille ville. Et, pourtant, l’exemple de grandes agglomérations comme Rio de Janeiro devrait pouvoir inspirer les décideurs avec Copacabana et sa baie, qui créent une ligne de séparation entre le vieux Rio, et ses grandes avenues du centre et le nouveau Rio autour de la voie qui mène à Ipanema, Leblon etc. Mais, dans quelles directions sont partis les maires du Sénégal pour comprendre et initier de tels schémas ?
AU CŒUR D’UN MARASME ECONOMIQUE SANS NOM : Une cité du monde qui ne se visite plus
Plus loin de la ville à une distance d’environ 10 kilomètres se trouve une autre petite merveille que les urbanistes de la ville, comme les élus, n’ont jamais intégrée dans leur plan : le domaine forestier et de faune de Nianing. Hôtel et parc en même temps, ce domaine qui ressemble à bien des égards aux hôtels d’Afrique centrale et de l’est (Ouganda, Kenya, Tanzanie), est un territoire bien spécial. Son initiateur a montré la voie depuis très longtemps, en laissant grandir et fleurir tous les arbres, les fleurs introduites ou trouvées sur place prospérer au fil des années. Apo, c’est son nom, ne savait pas qu’en mourant un jour, son domaine, ne lui survivrait pas.
L’on a évoqué l’épidémie d’Ebola pour expliquer la situation qui a conduit à sa fermeture, mais, il s’est passé autre chose sans doute. Préposée à la succession de son ex.mari, Madame Apo, de guerre lasse, n’a pas pu continuer à supporter les énormes charges qui pesaient sur ses épaules quand le tourisme sur la Petite côte a amorcé sa descente aux enfers. La clé sous le paillasson, c’était la seule chose à faire, quand vous ne pouvez même compter sur une vingtaine de clients par semaine. La suite de l’histoire est connue. Et face à un tel désastre, ni l’Etat, ni la ville ou le département n’ont eu l’idée de renflouer les caisses et sauver ce qui pouvait l’être. Les têtes sont ailleurs. A commencer par celle du maire impuissant et sans aucun génie, mais encore du président de la République préoccupé à toutes les formes d’urgences dans un pays où les priorités n’ont même plus de nom. Et dans ce contexte, Mbour et ses espaces de verdures, ne peuvent être une priorité.
Construction culturelle et élément majeur de l’écosystème urbain, Mballing et le domaine auraient dû être comme à Rio, les centres névralgiques de la relance du projet de ville dans l’agglomération mbouroise. Mais dans cette longue liste d’une ville pauvre qui ne reflète aucune forme de beauté dans un monde plus intelligent où le visuel a pris sans doute un grand pas sur le reste, l’absence des arts dans la cité est aussi un problème sérieux. Le terme paysage est propre aux pratiques artistiques et remonte à la fin du XVe siècle. L’origine du mot est controversée. Il semble venir du hollandais landschap qui ne désigne pas uniquement ce que l’on peut voir du pays (land), mais aussi une forme picturale (Roger 1997, 19-20).
TIJUCA, UN MODELE DE FORET URBAINE
Difficile de le dire. Car pour certains, la vérité est qu’aucune expérience n’a prévalu souvent, avant qu’ils ne se lancent dans le bain de la gestion municipale. Or, pour l’exemple, au cœur de la ville de Rio se trouve l’une des forêts les mieux protégées au monde, la forêt classée de Tijuca au cœur de la ville que des millions de touristes visitent tous les ans. Vu du Corcovado (710 m), le paysage urbain de Rio forme une composition ville-nature construite autour de cinq éléments : la mer, les montagnes, la forêt, le ciel et la ville. Selon Zweig (1941), la forêt tropicale pénètre « la ville avec ses lianes inextricables » et « la ville forme, elle aussi, une forêt de pierre ».
Dans la recherche des nouveaux paradigmes de gestion de l’environnement, la forêt de Tijuca semble néanmoins être un élément fédérateur commun à tous les habitants de la ville, toutes classes sociales confondues. Les relations socioculturelles et pratiques des cariocas (habitants de Rio de Janeiro) à cet espace « presque » naturel révèlent un élément symbolique qui reflète et porte l’image de Rio dans l’imaginaire collectif. C’est donc dans un lieu d’apparent consensus collectif que se placent les nouvelles expériences de gestion participative. La forêt est un lieu d’exercice de la citoyenneté où les usagers sont aussi des acteurs de la protection et de la mise en valeur de la nature au cœur de la ville. Voilà qui aurait pu inspirer l’Etat et la municipalité de Mbour en sauvant ce qui reste de la rivière Mballing et en faisant chaque année, des campagnes de reboisement ; histoire de protéger et de renouveler toutes ces vieilles espèces qui y sont depuis des siècles.
LE PAYSAGE : Nouvelle source d’inspiration des architectes et urbanistes
Pour les historiens de l’art, il est connu que les paysages ont été aux origines de l’Académie impériale au Brésil dans une ville comme Rio de Janeiro. Bien que le paysage comme motif partiel d’un grand nombre de tableaux ait d’abord été introduit dans les écoles du nord, pour Gombrich, c’est dans le sud que le paysage émerge dans le discours : « C’est à Venise, et non pas à Anvers, qu’on appliqua pour la première fois le terme "un paysage" à une peinture particulière » (Gombrich 1983, 18). Les inventaires de collections en témoignent. La référence à « un petit paysage ou de nombreuses planches de paysages, est récurrente dans ceux du sud, au contraire de ceux du nord. On peut dire que ce fut après 1816 que la question du paysage occupe une place centrale dans l’essor du milieu artistique de Rio de Janeiro. Comme le mentionnait déjà Joachim Lebreton dans le « Mémoire » qu’il adressa au comte de Barca pour lui présenter le projet de la future académie, les caractéristiques du lieu l’imposaient. Pour lui, l’art du paysage devait avoir une place prépondérante « dans un pays comme celui-ci, auquel la nature a prodigué toutes les richesses » et dans lequel les artistes trouveraient une « mine inépuisable de sujets pittoresques » (Lebreton 1959, 287).
Ville sans musée, sans œuvre d’art visible en dehors des panneaux publicitaires qui brillent plus par leur laideur qu’autre chose, sans grandes écoles, sans centres urbains, Mbour est devenue une cité du désordre et des « hors la loi ». Un espace des tous les désordres. Comment faire du business et des affaires dans ces conditions ? Dans ce contexte, même avec l’aménagement d’un nouvel aéroport Blaise Diagne à Diass, malgré les énormes avantages que donneront, l’autoroute et ses annexes, la ville n’en tirerait absolument rien si ses autorités et l’Etat ne s’inspirent pas de ce qui se fait ailleurs en mieux et en plus beau et plus fonctionnel. En Afrique, quelques grandes villes touristiques ont franchi le pas : le Kenya avec Nairobi et l’Ouganda avec la ville aéroportuaire d’Entebbe. Dans le cadre d’un exemple de coopération entre villes du sud, ces exemples devraient servir à ces espaces de vie comme ceux qui cherchent une voie comme Mbour et toutes zones d’incohérences qu’on s’amuse encore à appeler villes et qui ne sont devenues que des conglomérats de problèmes sans solutions.
ame Aly KONTE/sudonline.sn

05/09/2017

DE PLUS EN PLUS DE DIVORCES

126 286 cas de divorces au Sénégal en 2013 et 1775 séparations en 2015

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Le divorce reste comme un drame social qui gagne du terrain au Sénégal. En 2013, le nombre de divorces s’est élevé à 126 286 cas.
La majorité des cas concerne les femmes avec 96 049 personnes et les 30 236 sont des hommes. Rien qu’à Dakar, durant l’année 2015, le tribunal départemental a eu à prononcer 1775 divorces.
En moyenne, depuis 2014, à Dakar, par exemple, 400 cas de divorces sont prononcés, mensuellement, par les Tribunaux, selon le journal « Vox Populi ».
Un recensement récent rapportait que les « divorcés sont plus nombreux dans la région de Dakar (2,5%)« . La capitale sénégalaise est suivie par les régions de Matam, Saint-Louis, avec 1,5% chacune (identique à la moyenne nationale.
Awa Diallo-Rédaction mediasenegal

01/09/2017

LA LANGUE SENE-FRANCAISE

 Les trésors du séné-français

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La langue française est riche par la diversité des peuples qui la parle. De l’Amérique du Nord à l’Asie en passant par l’Afrique, chaque peuple y apporte sa touche et son originalité. Une expression peut signifier une chose dans un pays et tout à fait autre chose ailleurs. Voici au Sénégal, des mots et des expressions quelque peu renversants si vous n’êtes pas habitués.
Bonbons : Au Sénégal on utilise bonbon pour dire biscuit. Le vrai bonbon est appelé "tangal" (du wolof, littéralement "douceur" ou "réchauffeur").
Laisser : Un terme qui vient du wolofisme (langue wolof) voulant « arrêter ce que l’on fait ». Si on vous dit de "Baïl li nga def" qui signifie en gros "Arrête tes conneries" mais qui traduit mot à mot donne "Laisse ce que tu fais".
Enceinter : En français-wolof, cela veut dire, mettre une fille enceinte hors mariage.
Être compliqué : Quelqu’un qui ne se prend pas la tête. Une femme est dite "non compliquée" quand on sous-entend qu’elle serait facile et de mœurs légères.
Cartoucher : Au Sénégal, ce verbe est utilisé pour dire tout simplement que l’on redouble une classe à l’université. Cartoucher à donné le nom cartouchard, c’est-à-dire celui qui redouble la classe
Quatre heure moins : Cela montre l’élasticité de l’heure au Sénégal. Le Sénégalais peut juste dire il est quatre heures moins, au lieu de dire : « il est quatre heure moins vingt ».
Descendre : Le sénégalais dit « je suis descendu » pour annoncer qu’il a terminé sa journée de travail.
Y'a pas de problème : Expression en général pour banaliser un véritable problème.
Les venants : Tout ce qui vient d’Europe, des États-Unis ou du Canada. Qu’il s’agisse de biens matériels ou des personnes..
Manger son argent : Quand un Sénégalais te demande si tu profites de la vie, il peut te demander « si tu manges ton argent ». On dit souvent de quelqu’un qui achète une nouvelle voiture ou de nouvelles paires de chaussures « qu’il mange son argent ».
Noceur : utilisé pour désigner quelqu’un qui a fait la fête, qui va au restaurant et sort souvent.
Fatiguement : Terme que l’on utilise pour dire de quelqu’un qu’il est fatigué. Autrement dit, quelqu’un qui tombe malade, pour donner une première explication dira « C’est du fatiguement, seulement, un peu de repos et… »
Farcer : Faire des plaisanteries souvent de mauvais goût, taquiner.
Omo : Pour designer la lessive. La marque Omo a remplacé le produit. C’est comme si, on nommait toutes les boissons Coca-cola.
Essencerie : Utilisé pour station service
Dibiterie : Lieu de restauration où l'on prépare du mouton grillé. Ce mot vient de débiter.
Bitik : Pour désigner une boutique.
Trop (prononcer "torop") : Très, beaucoup. On peut le renforcer en ajouter "même" à la fin de la phrase : cette voiture est trop classe, même.
Durer : Être là depuis longtemps (J’ai duré dans ce travail).
Faire les bancs : Aller à l'école. Nous avons fait les bancs ensemble : nous avons fréquenté la même école.
Être en état : Être enceinte.
Long : Se dit pour désigner quelqu’un de grand par la taille (le contraire est court).
Le mois est creux : Se dit lorsque l’on a plus d’argent.
http://www.lepetitjournal.com/dakar/societe/culture-tradi...

30/08/2017

NE PAS ATTENDRE LA SENELEC

A Dakar, le « do it yourself » pour pallier la lenteur de l’électrification et autres petits désagréments

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Modou présente son panneau solaire domestique fabriqué de toute pièce dans son « fab lab ».
Ils ont la concentration fiévreuse du laborantin et l’application consciencieuse de l’artisan à son établi. Dodji Honou, 31 ans, et Mouhamadou Ngom, 46 ans, sont les piliers d’un des fab labs les plus innovants du Sénégal. Le Defko Ak Nëp qui veut dire en wolof « fais-le avec tout le monde ». Depuis la création de cet atelier numérique en 2014, ils en ont engagé des projets : éolienne domestique, panneau solaire recyclé, ou balançoire interactive, « nous explorons toutes les pistes, lance Dodji. Nous sommes comme un laboratoire qui transforme les idées en réalisations concrètes et durables. »
Logé dans le quartier de la Sicap au cœur de Dakar, ce laboratoire technologique est né de la volonté de l’association culturelle Kër Thiossane. « L’objectif était d’avoir un espace de partage, d’innovation et de fabrication numérique pour développer des projets participatifs avec les habitants du quartier, artisans, étudiants, commerçants ou artistes, et leur permettre grâce à ces technologies de changer leur environnement et d’accéder plus facilement à une énergie indépendante », explique Dodji. Une vision qui respecte le concept originel du fab lab (pour laboratoire de fabrication) comme il a été imaginé à la fin des années 1990 au sein du Massachusetts Institute of Technology (MIT) aux Etats-Unis. Dodji résume : « Offrir aux gens les outils et les machines, numériques et mécaniques, pour leur permettre d’inventer et de répondre à leurs projets personnels comme à des défis écologiques ou économiques. »
Lui est fab manager et connaît le milieu depuis longtemps. Après des études en marketing à Lomé, capitale du Togo, il y a géré l’un des fab labs les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest pendant plusieurs années. C’est en postulant à un appel à candidatures lancé par l’association à travers le programme de volontariat international de la francophonie qu’il a été sélectionné. Il a commencé par commander le matériel nécessaire à l’atelier via des sites chinois. Aujourd’hui, celui-ci est truffé de machines à commandes numériques. « Celles que l’on utilise sont semblables à tous les labos, explique Dodji. L’imprimante 3D est un peu l’arbre qui cache la forêt, la machine la plus connue du grand public. Mais nous utilisons surtout la CNC qui permet de faire des découpes et des gravures sur bois de manière automatisée, ensuite une découpe laser qui creuse différentes matières et bien sûr beaucoup d’électronique, comme des cartes Arduino pour programmer des actions simples. »
En plus de ce matériel de pointe, on trouve aussi une boîte à outils plus commune avec marteaux, tournevis, perceuse, fraiseuse, fer à souder, etc. Ce domaine est la prérogative de Mouhamadou, dit Modou, l’animateur du lab. « Je suis un ancien électronicien populaire. Je réparais des radios et des magnétoscopes dans les années 1990, lance-t-il. J’ai appris l’électronique en traînant dans les ateliers puis en suivant des petites formations. » Pour utiliser leurs nouvelles machines, Modou comme Dodji se sont « autoformés sur Internet, glisse le dernier. Ce qui est intéressant dans le réseau de l’open source et des fab labs, c’est que tout le monde partage son savoir via des tutoriels qui incitent à la pratique. Nous avons alors pour devoir de redistribuer ce savoir. »
Impératif moral qu’ils appliquent à la lettre en organisant des ateliers d’initiation chaque mois. « Nous apprenons la soudure aux enfants, à faire des petits montages électroniques, à sculpter et à imprimer des objets en 3D, explique Modou. Nous travaillons aussi avec des individus ou des start-up qui veulent concrétiser leurs projets. » Comme cette entreprise qui cherche à construire un biodigesteur. C’est une sorte de composteur domestique qui prend la forme d’un bac hermétique de 40 litres, dans lequel on verse ses déchets organiques qu’on laisse fermenter. « Cela produit du méthane qui peut ensuite, à l’aide d’un tuyau, être utilisé comme gaz pour alimenter des plaques de cuisson ou un chauffage, explique Dodji. Le projet n’est pas encore totalement au point, il y a des fuites, mais on y travaille. »
Le lab est aussi l’occasion pour les deux compères de réaliser leurs propres projets énergétiques. Ainsi, lors de l’événement Afropixel organisé par l’association Kër Thiossane en avril 2016, Modou et Dodji ont réalisé plusieurs prototypes dans l’optique de voir les Sénégalais se réapproprier l’énergie qu’ils consomment. En est sorti un concept d’éolienne domestique. Pales découpées dans du PVC, aimants de la casse, batterie 12 volts et petit moteur issu pas à pas d’une vieille imprimante. « Elle permet d’alimenter quelques LED et d’éclairer une chambre pour un prix modique », avance Modou. Il en a même réalisé une version plus grande qui active une pompe arrosant un jardin communautaire que l’association a construit dans le quartier. Les habitants peuvent alors bénéficier, sans frais d’électricité, d’un potager urbain qui produit goyaves, mangues, bananes, piments et citrons.
A côté de ce jardin luxuriant situé dans une cour d’immeuble, l’association a aménagé un terrain de jeu pour les enfants du quartier. Là où il n’y avait avant qu’un dépotoir, ils ont installé une balançoire interactive. « Les enfants jouent et leurs mouvements génèrent de l’électricité qui alimente des LED sur la balançoire et des lampadaires illuminant l’aire de jeu, relève Modou. Cela offre une plus grande sécurité la nuit tombée. » Malheureusement cette balançoire, créée avec l’appui d’ingénieurs madrilènes issus du Réseau universitaire des fab labs, a dû être démontée un mois plus tard par crainte du vol de matériel dans ce lieu pas suffisamment sécurisé par les autorités. « Nous attendons de la mairie et des habitants du quartier qu’ils se chargent aussi de cet espace qui est le leur, poursuit-il. Nous ne pouvons pas surveiller en permanence les enfants qui jouent. Nous ne voulions pas être tenus responsables s’il leur arrivait quelque chose. »
Sortir d’une attitude passive et dépendante
As de la bidouille et de la débrouille, Maudou a aussi créé six prototypes de panneaux solaires domestiques. Un morceau de Plexiglas récupéré, une plaque en bois, une batterie de 9 ampères (ou plus) et 24 cellules photovoltaïques commandées sur Internet : « Pour moins de 30 000 francs CFA [45 euros] et un peu de travail, vous pouvez recharger votre ordinateur portable, votre téléphone ou éclairer votre chambre avec une énergie propre, renouvelable et gratuite ! s’exclame-t-il. Un panneau comme ça bien protégé peut durer des années, si on évite de le laisser sous la pluie et si on essuie la poussière régulièrement. Tout le monde peut le faire à la maison ! »
Cette technologie, comme toutes celles qu’ils ont développées ou adaptées, Modou et Djoni en révèlent les plans gratuitement sur le Wiki de leur fab lab. « Nous voulons transmettre notre savoir et cette impulsion du “do-it-yourself” [“fais-le par toi-même”], avance Dodji. En Afrique, nous avons besoin de démystifier ces technologies pour que les gens puissent y avoir accès, embraye Modou. Tout le monde est capable de fabriquer son propre panneau solaire ou sa propre éolienne. Ce n’est pas compliqué et c’est bien mieux que d’acheter un kit solaire clé en main. Parce que le faire soi-même permet aux gens de saisir le fonctionnement d’une technologie et ainsi de se l’approprier pour ne plus en être dépendant. C’est aussi sortir de l’attitude passive du consommateur de technologie. »
Djoni et Modou en sont convaincus. Le « do it yourselfIY » peut aider à l’électrification du continent. Non seulement en l’accélérant mais aussi en permettant aux Africains de maîtriser une technologie plutôt que la voir s’imposer à eux. Afin de diffuser la bonne parole, ils ont décidé de lancer dès 2017 un Fablab mobile afin d’atteindre les Sénégalais vivant loin de la capitale. « Mon rêve serait de voir une multitude de labs naître dans tout le pays, glisse Modou. Que dans ces ateliers communautaires les gens s’entraident, partagent leurs savoirs et leurs moyens afin de réaliser pleinement leur potentiel de développement. » Pour Modou et Dodji, ne reste qu’une évidence : l’électrification se fera par les petits circuits ou ne se fera pas.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/12/02/a-dakar-...

25/08/2017

LES PARCS DU SENEGAL

Les parcs nationaux de Niokolo-Koba et Djoudj : deux sanctuaires de la faune et de la flore

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Du nord au sud, le Sénégal regorge de nombreux parcs et réserves qui s’étendent sur près de 8 % de la superficie du territoire national, offrant ainsi de magnifiques paysages et des refuges pour des centaines d’espèces animales. Jumia Travel, site de voyage en Afrique, vous invite cette semaine à la découverte de deux écosystèmes naturels de l’Afrique de l’Ouest : les parcs nationaux de Niokolo-Koba et Djoudj.
Parmi les sept biens que compte le Sénégal sur la liste du patrimoine Mondial, ces deux parcs ont la particularité d’avoir été tous deux inscrit sur la liste en 1981 et d’être de type naturel. L’un se situe à l’extrême Nord du pays et l’autre à l’extrême Sud. Dans une zone bien irriguée, le long des rives de la Gambie, le Niokolo-Koba, d’une étendue de 913 000 hectares, héberge une faune d’une grande richesse : l’élan de derby (la plus grande des antilopes), des chimpanzés, des léopards, une importante population d’éléphants et de très nombreux oiseaux, reptiles et amphibiens. Elle est également la seule zone abritant les derniers lions du Sénégal et regroupe 329 espèces d’oiseaux. Pour contempler un vrai spectacle d’oiseaux, la partie Nord demeure la zone la plus propice.
Tout aussi splendide, à 60 km de Saint-Louis, se trouve une zone humide de 16000 hectares constituant un sanctuaire pour des milliers d’oiseaux: le Parc de Djoudj. Il abrite en effet plus d’un million et demi d’oiseaux en transit, fuyant le froid hivernal de l’Europe. De manière permanente, il est la demeure de milliers d’oiseaux de 400 espèces dont le pélican blanc, le flamand rose, le cormoran et tant d’autres. Mais le parc n’abrite pas que des oiseaux. C’est aussi un lieu d’habitation pour des reptiles tels que crocodiles et varans, ainsi que des vaches, singes rouges (patas), phacochères, mais aussi hyènes, chats de Libye, servals et gazelles dorcas.
En séjour au Sénégal, n’hésitez pas à visiter ces deux lieux magnifiques, vous ne pourrez qu’être ravis !
Ismael Cabral Kambell / @Source : UNESCO

20/08/2017

THIES

Carte Postale du Sénégal : Thiès, la ville aux deux gares

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Tourisme ou voyage, nous partons à la découverte de la ville de Thiès, située à 70 km de Dakar, la capitale du Sénégal, à travers quelques clichés...
Thiès est l’une des quatorze régions administratives du Sénégal. Elle est située dans l’ouest du pays. Avec une superficie de 6601 km2 pour une population de près de 3 millions d’habitants, Thiès est la région la plus peuplée après Dakar. La région de Thiès compte trois départements : Thiès, Mbour et Tivaouane.
Le développement de la région de Thiès s’est d’abord appuyé sur le chemin de fer, avec notamment la ligne Dakar-Saint-Louis à la fin du XIXe siècle, puis avec celle du Dakar-Niger. Mais ces liaisons n’existent plus. Le milliardaire nigérian Aliko Dangoté compte remettre sur les rails les trains sur l’axe Dakar-Bamako.
Thiès est la seule région du Sénégal qui dispose de deux gares, notamment celle de Thiès et celle de Tivaouane. Ce qui lui vaut d’ailleurs l’appellation de la "Ville aux deux gares".
afrik.com
toutes les photos: http://www.afrik.com/carte-postale-du-senegal-thies-la-vi...

15/08/2017

LA HONTE DU SENEGAL (7)

Talibés : les enfants mendiants du Sénégal, de l'or pour les marabouts

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En Afrique de l’ouest, la tradition d’envoyer au moins les enfants à l'école coranique s’est transformée en commerce.
On les repère dans les rues de Dakar ou de Saint-Louis à leurs grands yeux hagards et à leurs gamelles de plastique pendues autour du cou. Qu’on soit "toubab" ou noir, qu’on termine un yassa sur le bord de la route ou qu’on attende dans la carlingue miteuse d’un taxi-brousse, impossible de ne pas voir les talibés, ces élèves d’écoles coraniques que leurs maîtres obligent souvent à mendier. Ils sont là, se précipitent sur les assiettes métalliques des restaurants de rue une fois le client rassasié ou glissent leurs minuscules mains sales et apeurées par la fenêtre des voitures.
Leurs joues dévorées par la faim, leur peau d'ébène grisée par la pollution, leurs petits corps noyés dans un vieux maillot de football de contrefaçon ou un tee-shirt trop grand, ils mendient. D’abord on s’attendrit. Puis, à force de se déchirer le cœur à chaque croisement de rue, on finit par les ignorer, comme tout le monde, et leurs silhouettes maigres se transforment en faibles fantômes dont le nom est tabou.
Sur les bancs de la misère
"Pour sauver les talibés, l’Etat prévoit amendes et peines de prison pour ceux mettant leurs enfants dans la rue", tweetait Macky Sall, l’actuel président du Sénégal, le 1er juillet 2016, avant de lancer le plan "retrait des enfants des rues". Juillet 2017, un an après, Human Rights Watch publie un rapport qui en dresse le bilan. Précis, fondé sur une série d’entretiens avec 43 talibés dans 5 refuges pour enfants et 17 écoles coraniques différentes, il nous rappelle avec violence les conditions de vies de ces jeunes talibés (de l’arabe talib, "étudiant"), envoyés par leurs parents à des marabouts (l'équivalent local des imams) pour apprendre le Coran et faire honneur au clan. C’est la tradition du "confiage", celle d’envoyer un enfant par fratrie dans une daara, une école coranique, dès l'âge de cinq ans.
Toutes les écoles coraniques ne forcent pas leurs élèves à la mendicité. Mais dans un précédent rapport paru en 2010, Human Rights Watch estimait déjà à 50.000 le nombre de ces jeunes enfants, essentiellement des garçons, "forcés par leurs maîtres coraniques à mendier chaque jour leur quota d’argent, de riz ou de sucre". Car une fois leur enfant placé entre les mains des marabouts, ces derniers les emmènent parfois à plusieurs centaines de kilomètres de chez eux. Et les parents n’ont alors que très peu de contrôle sur le sort de leur progéniture.
Enfermés, entassés dans des logements insalubres, mal nourris, battus ou enchaînés, violés parfois, les talibés sont transformés en de lucratifs esclaves. Réfugié dans un centre pour enfants de Dakar, un ancien talibé de 18 ans décrit à Human Rights Watch les conditions de son emprisonnement :
"Dans mon daara de Diourbel, j’ai été emprisonné pendant deux ans dans une 'cellule' parce que je ne voulais pas apprendre. Je faisais tout dans cette pièce : manger, aller aux toilettes… Il y avait beaucoup d’autres talibés avec moi dans la pièce, qui avaient refusé d’apprendre eux aussi, ou tenté de fuir. Nos jambes étaient attachées avec des chaînes, même celles des plus jeunes [...]. Ceux qui essayaient de fuir étaient punis, battus."
Depuis l'engagement du président Macky Sall, deux d’entre eux sont morts à la suite de sévices. Malgré une balbutiante prise de conscience, le système est difficile à changer tant les profits générés sont gargantuesques.
Un système économiquement florissant
En 2015 déjà, Ismaïl Ndiaye, imam de la mosquée Cheikh Anta Diop à Dakar et membre de la Ligue des imams et prédicateurs du Sénégal, affirmait à une télévision locale que "retirer tous les mendiants des rues, c’est couper la source de revenus de 30% des familles sénégalaises". Soit plusieurs millions de personnes. Pour assurer leur approvisionnement en main d’œuvre et fidéliser les parents, certains marabouts se seraient mis à leur reverser des pensions. Gagnant jusqu’à 2 millions de francs CFA par mois (environ 3.000 euros), les marabouts qui exigent de chaque enfant un rendement quotidien se multiplient.
Dans le rapport d’Human Rights Watch, un talibé de Saloum, âgé de huit ou neuf ans, raconte ses deux années passées dans une daara :
"Nous faisions la mendicité pour de l’argent et pour du riz. Le marabout demandait 400 francs CFA par jour. Le mercredi, c’était 500 francs CFA, pour payer le loyer et l’électricité. Si nous n’apportions pas l’argent, ou si nous ne récitions pas les versets, le marabout nous battait. Il nous frappait avec une ardoise cassée en deux [l’ardoise en bois utilisée pour écrire les versets du Coran, NDLR]."
Et certains marabouts "possèdent" plusieurs centaines d'enfants.
Initialement destiné à des fins religieuses, ce système se serait ainsi professionnalisé jusqu’à perdre dans certains cas toute vertu éducative ou religieuse. A Dakar Plateau, près du palais présidentiel, le gardien de nuit d’une banque occidentale rencontré en mars 2017, affirme que le problème est moins dû à la gloutonnerie des marabouts qu’à la misère des talibés. De son point d’observation de choix sur la misère de la rue, il décrit ce qu'il a vu :
"A l’été 2016, l’Etat est venu avec des bus pour rafler les mendiants. Il a arrêté plusieurs centaines de personnes dans le centre-ville. Mais lorsqu’on les libère, ils n’ont rien d’autre à faire, ils reprennent la mendicité. Tant que l’Etat n’organisera pas l’assistance publique, son combat contre l’exploitation des talibés sera perdu."
Un programme qui ne va pas assez loin
L'Etat a tout de même redoublé ses efforts. En 2005, une loi qui interdisait la mendicité forcée et la traite des êtres humains avait déjà été votée, mais sans succès. En juin 2016, à la suite de l’engagement fanfaronnant de Macky Sall, le ministère de la Femme, de la famille et de l’enfance, lançait un programme intitulé "retrait des enfants de la rue" pour appliquer cette loi. Entre juin 2016 et mars 2017, 60 opérations de rues ont été menées par la police et les travailleurs sociaux dans les rues de Dakar. 1.547 enfants ont été officiellement retirés des rues, recueillis et placés dans des centres d’accueil, pour être ensuite restitués à leurs parents.
Mais comme souvent, les chiffres masquent une réalité qu’on préfère taire. "Le programme de retrait ne permet pas de protéger les droits des enfants ni de rendre justice aux victimes", titre ainsi le chapitre 2 du rapport. Corinne Dufka, directrice adjointe de la division Afrique à Human Rights Watch, abonde :
"Bien qu'il représente un pas dans la bonne direction, le programme du Sénégal visant à retirer les enfants des rues n'a presque rien changé au nombre alarmant de jeunes talibés qui sont tous les jours victimes d'exploitation, d'abus et de négligence."
Faiblesse des investissements (141 millions de francs CFA au lieu des 14 milliards promis), mauvaise communication publique, absence de coordination entre les ministères et les acteurs de terrain locaux : le programme "retrait" ne semble être qu’une opération de communication.
Corinne Dufka détaille : "Pour s'attaquer au cœur du problème, le gouvernement devrait veiller à ce que les maîtres abusifs fassent l’objet de sanctions ou de poursuites." Mais l’Etat, malgré ses promesses, demeure frileux à condamner les marabouts, que la tradition et le tissu social entourent toujours d’un halo d’inviolabilité. Aucun de ceux qui ont été surpris à exploiter des talibés n’a été arrêté. Pire : sur les 1.456 enfants que le gouvernement a déclaré avoir "retournés" à leurs familles, 1.006 ont même été renvoyés à leurs maîtres coraniques sans enquête sur ces derniers ou sur les conditions de vie de leurs daara. Et près de 85 marabouts auraient même reçu de l’argent ou des fournitures de la part du ministère de la Famille lorsqu’ils sont venus récupérer leur main-d’œuvre illicite.
L’échec est criant : 37 des 43 enfants talibés interrogés par HRW ont avoué avoir été forcés à mendier ou ont été surpris à le faire. "En juin et en juillet 2016, il y avait moins d'enfants dans les rues," concède Etienne Dieng, le gestionnaire d’un des trois centres d’accueil pour talibés sortis de la rue. "Mais quand les maîtres ont vu qu'il n'y aurait pas de sanctions, ils se sont mis à renvoyer les enfants dans les rues." Et le trafic est d’autant plus difficile à contrôler qu’il concerne toute l’Afrique de l’ouest.
De la chair à canon pour Al-Qaida
Selon les chiffres fournis par le ministère de la Famille au journal "Senego", seuls 829 des 1.374 enfants identifiés par la police dans le cadre du plan "retrait", entre juin 2016 et février 2017, sont sénégalais. Les autres sont "importés" des pays voisins : Guinée-Bissau (355) ou Mali (103) et dans une moindre mesure Gambie ou de Guinée. A l’inverse, des Sénégalais sont envoyés dans d’autres pays, au gré du marché. Dans les pays en guerre, le problème se pose alors avec d’autant plus d’acuité que les étudiants, privés de débouchés après leur éducation religieuse, sont souvent enrôlés dans les groupes de combattants.
C’est ce qu’affirme un proche de l’imam de Djenné, au Mali, qui propose aux rares toubabs de passage de leur faire visiter la ville. Dans cette cité millénaire, connue pour sa somptueuse mosquée et réputée pour ses daara, les enfants viennent de tous les pays d’Afrique de l’ouest. Selon le guide, rencontré en avril 2017, beaucoup de ces enfants "ne peuvent rien faire après la daara. Ils connaissent bien le Coran, certes, et lisent l’arabe, mais ils n’ont aucune compétence demandée sur le marché du travail. Un nombre infime parviendra à devenir grand-talibé [assistant du marabout NDLR] puis marabout". Et pour les autres ?
"Que voulez-vous qu’ils fassent ? Inadaptés, ils chercheront du travail, traîneront en bandes, et seront de la chair à canon pour Al-Qaida."
Emile Boutelier - Lobs- tempsreel.nouvelobs.com - Webnews

13/08/2017

CRISE DES ENTREPRISES

97% des 407 000 entreprises au Sénégal sont des PME avec un chiffre d’affaire médiocre

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Quatre-vingt-dix-sept pour cent des 407 000 entreprises recensées au Sénégal, sont des petites et moyennes entreprises (PME) avec un chiffre d’affaires annuel inférieur à deux milliards de francs CFA, a indiqué le directeur général de l’Agence pour le développement et l’encadrement des PME (ADEPME), Idrissa Diabira.
Sur l’ensemble des 407 000 entreprises répertoriées, 97 pour cent sont dans l’informel et plus de 60 pour cent d’entre elles sont sur l’axe Dakar-Thiès-Diourbel, a expliqué M. Diabira à l’occasion d’un atelier technique sur la mise en place du réseau « Sénégal PME« , indique l’agence de presse sénégalaise.
Selon le DG de l’ADEPME, la compétitivité, la formalisation et la territorialisation sont les ’’grands défis’’ auxquels ces entreprises sont confrontées.
« Même si 97 pour cent des entreprises sont dans l’informel, elles ne représentent que 16 pour cent du chiffre d’affaires global des PME. Donc, nous devons renforcer la PME sénégalaise« , a-t-il estimé, relevant que seuls 28 pour cent des PME ont accès à la commande publique, rapporte la même source.
Selon lui, il faut voir comment faire pour que 50 pour cent de la commande publique, des impôts et des ressources nationales, puissent profiter à la PME sénégalaise.
Couly CASSE/senego.com

10/08/2017

JM DUPART: LES OISEAUX DU SENEGAL

"Oiseaux du Sénégal" le livre de Jean Marie Dupart

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Jean-Marie Dupart, en fervent défenseur de l’environnement, revient sur son parcours au Sénégal et son travail dans les parcs nationaux. Passionné d’ornithologie, il sort cette année « Oiseaux du Sénégal », un livre de vulgarisation à l’intention du grand public afin de faire connaître les oiseaux qui peuplent les parcs nationaux sénégalais. Cette œuvre est une des nombreuses idées de Jean-Marie, qui n’a de cesse de défendre l’environnement autour de plusieurs projets. Retour sur cette figure multi-casquettes et sur son livre où se mêlent ses passions pour l’ornithologie et la photographie.

Depuis combien de temps êtes-vous au Sénégal et pourquoi avoir choisi d’y habiter ?

Je suis au Sénégal en permanence depuis 7 ans mais je suis venu pour la première fois en 1976. Mon choix, c’est une longue histoire ! Déjà, j’adore l’Afrique, j’ai fait pas mal d’aller-retours en Afrique quand j’étais jeune. J’avais envie de m’éloigner du rythme à l’européenne, du stress, donc voilà, je me suis décidé à m’installer en Afrique. Et le Sénégal parce que c’est le seul pays où tu peux avoir des projets à moyen termes parce que les autres pays c’est instable et à chaque élection tu ne peux pas savoir ce qu’il risque de se passer. C’est le seul pays démocratique et stable. Dans les autres pays d’Afrique de l’ouest, tu ne peux pas partir sur des projets à moyen termes car tu ne sais pas ce qui peut se passer dans le futur. C’est aussi un pays avec énormément d’oiseaux et de choses à faire autour.

Avant la réalisation de votre livre et les clichés des oiseaux du Sénégal, vous avez aussi photographié votre région natale, les landes et les montagnes basques ?

Je fais de la photo depuis l’âge de 16 ans en amateur. Je suis issu d’une famille de la nature, chez moi on partait souvent dans la forêt, dans la montagne. Et un jour voilà, je me suis mis à faire de la photo. C’est devenu une passion petit à petit, en marge de mon travail, c’est une passion comme une autre.

A côté, vous avez aussi plusieurs flèches à votre arc, puisque vous êtes ingénieur en techniques agricoles, mais aussi passionné d’environnement et d’ornithologie ?

La formation culturelle je l’ai grâce à ma mère, une directrice d’école, qui est en avance sur son temps et qui me parlait d’écologie. Elle faisait des leçons sur les animaux en classe. Après les études je suis ingénieur en techniques agricoles et j’ai travaillé dans trois boites sur des projets écologiques. Dès le début les choix étaient basés là-dessus. Après j’ai travaillé pour une société qui fabriquait des machines pour l’agriculture, pour permettre de ne pas traiter les sols. J’ai toujours eu cette sensibilité écolo. Ça peut paraître bizarre aussi mais ma grande découverte c’est René Dumont, le premier candidat de 74 aux élections présidentielles. Son livre s’appelle l’utopie ou la mort et il parle beaucoup d’Afrique, c’est un spécialiste de l’écologie tropicale. Et donc il m’a sensibilisé à ça, j’étais moi-même dans le même cheminement : l’Afrique et l’écologie, et donc ça m’a marqué. Je le relis d’ailleurs de temps en temps, c’est mon livre de chevet ! D’ailleurs dès 1974 il écrivait des tucs qui se passent aujourd’hui, il avait prédit pas mal de choses ! Bon et puis après, j’ai cette envie de me diversifier parce que je suis "touche à tout", je suis curieux. Je m’intéresse à l’érosion, l’écologie, l’histoire etc…

Pourquoi cette passion pour le continent africain ?

C’est d’abord une histoire personnelle et familiale. Mon père a travaillé en Afrique il y a longtemps et je l’ai toujours entendu parler de l'Afrique. Donc pour mon premier voyage, en 1976, je prends ma 4L et je pars en Afrique. Je prends la route par le Maroc, la Mauritanie, je suis en pleine marche verte avec les sahraouis, donc ça me rapproche de l’histoire aussi. J’ai toujours été attiré par ça. J’ai aussi un amour pour le rythme africain. J’aime bien prendre mon temps, me poser, discuter. On peut passer une journée à ne rien faire de spécial, mais rien faire c'est aussi réfléchir !

Pourquoi cette passion pour l’ornithologie ?

De l’histoire familiale aussi ! Quand j’ai commencé à faire des photos d’oiseaux j’avais 16 ans et quand tu commences, tu commences à t’intéresser. Je ne suis pas ornithologue professionnel mais maintenant il y a des masters qui te forment à l’ornithologie. Moi, maintenant, je m’intéresse aux oiseaux au Sénégal parce que malheureusement, au Sénégal il n’y a plus que des oiseaux. Les mammifères, tout ce qui est éléphants, girafes, ne sont plus au Sénégal. La chasse coloniale a joué énormément dans ce processus même si les sénégalais ont repris le flambeau pour gagner de l’argent. C’est aussi dû à l’augmentation de la population et à la pression humaine.

Comment s’est réalisée l’écriture du livre Oiseaux du Sénégal ?

L’écriture du livre s’est faite en plusieurs étapes. Pour les parcs du Nord du Sénégal j’ai commencé à faire des visites un peu plus élaborées que ce qui se faisait avant et j’ai commencé à faire des fiches oiseaux pour les gens qui visitaient. A force je me suis retrouvé à faire des reliures de toutes ces fiches et les gens me demandaient : « mais pourquoi tu n’écris pas un livre ? ». J’ai finalement décidé de le faire. Il y avait aussi la sensation d'un manque, pour les gens qui s’intéressent à la nature sans plus de précision que ça. Ils n’avaient pas de supports, de livres, parce que soit ils étaient très chers, soit ils étaient inaccessibles parce que ce sont des bouquins de recherches scientifiques, donc pour quelqu’un qui visite un parc c’est pas simple ni adéquat.

D’où viennent les photographies de votre livre ?

J’ai fait les photos dans les parcs nationaux sénégalais. Et chez moi, ensuite, j’ai réuni les informations en deux à trois mois de recherche. J’ai aussi un avantage c’est que j’écris assez rapidement donc ça m’a aidé.

Est-ce qu’il y a eu des difficultés ?

Le plus dur c’était de choisir les oiseaux parce qu’il y en a énormément ! Et pour ne pas faire un livre avec 600 espèces il faut donc choisir 100 à 150 espèces, les plus faciles à voir. Il faut étudier et choisir celles qu’on garde ou non. Les premiers c’est assez facile mais ensuite il faut faire des choix. Peut être que ce sont des choix plutôt affectifs.

Qu’est-ce que ça vous a apporté de l’écrire ?

Ça m’a apporté beaucoup car je me suis penché de manière plus structurée sur les oiseaux. On découvre tous les jours quelque chose de nouveau.

Vous avez aussi travaillé dans les parcs nationaux Sénégalais, qu’est-ce que vous faisiez exactement ?

J’ai travaillé dans les parcs nationaux car je connaissais le président et j’avais offert des photos pour le parc. Ils m’ont proposé de venir travailler là-bas. J’ai fait du comptage, tous les travaux qu’il y a faire dans les parcs nationaux, la plantation de fil à eaux, de mangroves... J’ai mis aussi sur Excel tous les oiseaux, mois par mois et années par années, car ils n’avaient jamais structuré ça. Ça permettait de faire des recherches et des études plus facilement et de remarquer les évolutions aisément.

Vous êtes aussi en contact avec d’autres ornithologues sur des sujets plus spécifiques comme sur le balbuzard pécheur par exemple. Pouvez-vous nous en parler ?

Oui, le balbuzard pécheur est un des plus gros rapaces et il est en voie de disparition en Europe. Il y a entre 3800 et 4000 balbuzards pêcheurs recensés dans le monde. En France, il y en a dans la vallée de la Loire seulement 54. Et là, j’arrive dans la langue de barbarie, avec le premier comptage, il y en 300 ! Donc je relaye l’information et on me contacte. Les ornithologues, anglais etc. me disent « tu te trompes d’un zéro là, il n’y en a pas 300 mais 30 ! ». Je leur explique que non et c’est comme ça qu’on s’est aperçu qu’il y avait 30% des balbuzards pêcheurs européens qui venaient ici. L’hiver on en compte 1000 ! Donc on a développé des outils de recherche, on a des GPS et des spécialistes sur place pour étudier la population. On ne changera pas son avenir mais on le connait mieux et on sait pourquoi il est en disparition. Il faut maintenant travailler en Europe pour qu’il se sente mieux là-bas. En France il y a une pression humaine telle, qu’il faut faire attention parce que c’est un oiseau qui n’aime pas la présence humaine. Donc il faudrait mettre des points d’eaux fermé au public, il n’y a que comme ça qu’ils reviendront. Derrière tout ça, on a des projets de comptage, de conservation.

Travailler sur l’environnement au Sénégal, est-ce que ce n’est pas difficile en termes de gestion des déchets et de développement des politiques publiques ?

Le problème au Sénégal c’est essentiellement le problème des déchets plastiques. Pour l’instant il n’y a pas de pollution industrielle au Sénégal à part sur Dakar. Et les sociétés agricoles sont européennes donc les risques de pollution agricole sont plus ou moins gérés, car les sociétés sont obligées de respecter les normes européennes donc de planifier les relevés d’eaux sinon leurs produits ne partent pas en Europe. Donc on a une petite garantie là-dessus. J’ai plus peur de l’agriculture sénégalaise où les agriculteurs peuvent faire n’importe comment, car les dosages ne sont pas forcément réglementés. Le problème ici c’est essentiellement une pollution visuelle qui peut être traitée s’il y a une volonté d’état. Il faut mettre en place des services de traitement de ramassage efficace car on ne peut pas demander à une population de trier s’il n’y a pas de poubelles ou de ramassage concret et efficace.

Comment faites-vous pour vous battre ?

Actuellement, on est sur un projet de caravane de sensibilisation à l’environnement, on part 3 semaines avec 50 étudiants de Cheich Anta Diop et de l’Université de Saint Louis et on fait le tour des parcs du Sénégal et des villages limitrophes. On fait de la sensibilisation auprès de la population et de la plantation d’arbres. L’idée c’est que ce sont les jeunes qui vont faire changer les choses.

Vous travaillez en parallèle avec l’Université Cheich Anta Diop sur d’autres projets n’est-ce pas ?

L’université c’est un hasard. A Dakar certains avaient besoin de faire des stages pratiques sur l’environnement, la brèche du fleuve de Saint Louis par exemple. C’est un sujet récurrent et donc ils font des stages sur la langue de barbarie et je leur sers d’accompagnateur. Moi je n’interviens pas à Dakar mais c’est un travail pratique.

La nouvelle génération sénégalaise est-elle consciente des enjeux environnementaux qui se posent actuellement ?

C’est le même problème qu’en Europe, la nouvelle génération prend conscience, il y a des associations écologiques étudiantes mais le problème c’est l’élite, les gens dans la rue, si tu leur dis « il faut protéger les oiseaux » ils te disent « je vais d’abord essayer de trouver à manger pour midi ». Moi je suis persuadé et même si ça peut paraître bizarre, que la seule solution pour accélérer le phénomène, c’est le bâton. Il faut d’abord que le gouvernement mette des moyens pour ramasser, des usines de traitement et qu’ensuite on dise à la population « Si tu ne jettes pas dans la poubelle, c’est une amende de 1000 francs. » C’est ce qui s’est passé en Europe, aussi ! Malheureusement les gens en général ne s’y intéressent pas. En France aussi, la preuve c’est les élections, ils s’y intéressent à la marge, ça gène pour les vacances, mais bon si ça ne gêne pas dans la vie on s’en fout, on vit dans une société schizophrène : on veut du bien, du loisir, mais pas l’embêtement qui va avec.

Avec tout ça, vous avez créé une formation de guides touristiques avec l’Université ? Quel est l’objectif final ?

Ce sont deux structures, une première qui est liée directement à l’UGB verte à St Louis. Actuellement, il y a un projet qui est mené par un prof de géographie à la fac pour faire une sorte de BTS en nature ornithologie, pour qu’il y ait des guides aptes à expliquer. Malheureusement aujourd’hui au Sénégal, on est à ce niveau de facilité, les guides savent seulement le nom des oiseaux, ils sont incapables de te dire pourquoi l’oiseau est là, d’où il vient etc… il y aussi un deuxième phénomène, c’est que tu ne peux pas raconter n’importe quoi, les gens avec internet sont renseignés. Il n’est pas possible d’inventer, il faut être sérieux. Donc on a mis en place cette structure. Il y a un autre projet qui concerne les parcs nationaux. Il y a une association de jeunes éco-gardes sénégalais qui a été créée et qui fait tous les comptages à Dakar. Elle commence à s’intégrer à la vie des parcs nationaux avec pour but de faire avancer les choses. C’est intéressant. Les ornithologues et les spécialistes de la nature ici, c’est encore des ex-colons, et personnellement ça me dérange. Je pense que la sensibilisation des jeunes d’ici passera par une intervention des leurs, quand c’est de l’intervention extérieure ça a beaucoup moins d’impact. Quand c’est leurs fils ou leurs neveux, ça modifie complètement l’impression des gens par rapport à ça.

Pour exemple, avec les enfants des écoles de Saint Louis et de Gandiol on a fait une opération de nettoyage et de plantation de mangrove dans le cadre des vacances citoyennes. Quand leurs mères jetaient ils disaient : « Oh non ! On a nettoyé là, on a planté là… » c’est par là que ça passe ! Ces opérations ça se fait partout, je trouve aujourd’hui que les parcs nationaux sénégalais évoluent bien, il y a une vraie une prise de conscience parce qu’il y a un nouveau directeur aussi et qu’il impulse sur ces questions !

Est-ce que vous avez d’autres projets pour le futur ?

Des projets d’écriture oui. Je vais faire un bouquin qui sera la suite de celui-là si celui-là marche, parce que ce sera sur les oiseaux plus rares. Et après, j’ai un autre projet de bouquin que j’ai déjà commencé à écrire, sur toutes les petites choses qui me sont arrivées depuis que je suis au Sénégal. Je voudrais le faire à travers les yeux de mon chien, j’ai un border collie. C’est un chien adorable, et donc il joue avec les enfants. Au Sénégal ça peut paraître bizarre car d’habitude les chiens se font marcher dessus. Donc j’aimerais écrire ces petits sketchs, mais vu par l’œil du chien. Par exemple, le chien qui marche sur la plage et qui se fait embêter par tous les sachets plastiques. C’est une démarche intellectuelle de se mettre à la place du chien, comment il peut voir le Sénégal, malmené, mal vu, tabassé.

Pour plus d'informations concernant les projets de Jean Marie ainsi que les thématiques écologiques au Sénégal : cliquer ici: https://web.facebook.com/Nature-et-Oiseaux-S%C3%A9n%C3%A9...
Propos recueilli par Claire Lapique (www.lepetitjournal.com/dakar)
l'article: http://www.lepetitjournal.com/dakar/sorties/a-lire/287714...

09/08/2017

LA VENISE D'AFRIQUE

Saint Louis, l'ancienne capitale sénégalaise ou la "Venise Africaine"

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Ancienne capitale du Sénégal, de 1872 à 1957, Saint Louis ou Ndar en wolof vaut le détour. Une bonne occasion pour s’évader et découvrir cette ville et son architecture coloniale, classé patrimoine mondiale de l’UNESCO depuis 2000, ainsi que ses alentours. Située sur une île à l’embouchure du fleuve Sénégal, elle réserve des panoramas somptueux.
Riche de son architecture coloniale, le centre-ville, placée sur l’île, regorge de maisons colorées où il fait bon flâner. Le calme de Saint Louis contraste avec le bouillonnement dakarois. Loin de cette agitation, il est bon de prendre un bol d’air frais dans cette petite ville où l’on peut encore écouter le silence. Autour de l’île, les canaux du fleuve offrent une vue imprenable sur le balai des pirogues multicolores. Il ne faut pas hésiter à se promener le long du pont reliant l’île au quartier de Guet Ndar, le quartier des pêcheurs, pour y observer le couché de soleil se refléter dans les eaux du fleuve.
L’atmosphère de Saint Louis est paisible. L’île est principalement dédiée au tourisme et elle regorge de commerces, de restaurants et d’auberges. Pour les souvenirs, quoi de plus simple que de se promener dans les diverses galeries d’art réparties dans les rues saint-louisiennes. Les artistes y sont nombreux à exposer leurs créations tout en égayant la ville de leurs toiles.
Les restaurants offrent une diversité de spécialités sénégalaises pour ravir nos papilles. Mais il y en a pour tous les goûts, d’ailleurs, plusieurs crêperies permettent aux inconditionnels et nostalgiques de la nourriture française de s’y retrouver.
Il ne faut pas hésiter à explorer les quartiers alentours puisque la ville se compose de trois principales parties. L’île, le quartier des pêcheurs et sa Langue de Barbarie ainsi que la partie continentale, le quartier de Sor. Depuis l’île, ce quartier s’atteint grâce au pont Faidherbe. Un pont interminable où l’air marin et le vent frais permettent de se rafraichir durant les longues et chaudes journées d’été. Dans ce quartier plus populaire, les marchés et les vendeurs fourmillent de toute part. Là aussi, il est possible de se restaurer dans des gargotes plus locales et typiques.
De l’autre côté, le quartier des pêcheurs a lui aussi sa propre particularité et son originalité. La langue de barbarie où s’entassent toutes les pirogues est plus qu’appréciable. En marchant dans les dédales des rues, on accède aussi à la mer. Une mer plus que sublime où à marée basse, elle s’étale de tout son long.
Mais Saint Louis n’est pas attrayante simplement pour sa ville. Proches de la ville, deux parcs nationaux sont immanquables. Le parc national de la Langue de Barbarie est situé à une vingtaine de kilomètres de la ville, près de Gandiol. D’avril à octobre, des milliers d’oiseaux migrateurs y viennent s’y installer, ce qui donne au paysage toute son authenticité. Ce parc s’étend sur une quinzaine de kilomètres où s’y observe une plage de sable fin où l’eau est d’un bleu paradisiaque. L’entrée du parc est à 5000 francs CFA et il est possible d’y faire un tour en pirogue pour 7500 francs. Ce tour permet alors de parcourir toute l’étendue de la langue de Barbarie et de croiser, selon la saison, flamants roses, pélicans, cormorans, hérons et bien plus !
Le parc national des oiseaux du Djoudj est, lui, classé depuis 1981 au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Situé dans le delta du Sénégal au Sahel, il est accessible par la nationale 2 depuis Saint Louis, sur une route d’environ 60 kilomètres. Ce parc est une succession de zones humides à eaux douces, ce qui permet aux 395 espèces d’oiseaux de venir s’y perdre. Ses 16 000 hectares en font la 3ème réserve ornithologique mondiale ! L’observation de toutes ses espèces ainsi que de quelques mammifères comme les singes rouges, les phacochères, pitons ou encore crocodiles peut se faire durant la période d’ouverture du site, de novembre à juin.
En résumé, Saint Louis aussi appelée, la Venise Africaine, mérite de s’y perdre un moment, que ce soit dans la ville en elle-même, l’île ou bien encore aux alentours dans les divers parcs nationaux.
photos et vidéo: http://www.lepetitjournal.com/dakar/sorties/escapades/287...

01/08/2017

MENACE SUR GOREE

Erosion côtière à Gorée : L’île mémoire sous la menace de la mer

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L’île de Gorée, tristement célèbre pour avoir été le lieu de transit des esclaves africains en déportation vers l’Amérique, est, aujourd’hui, fortement menacée par l’avancée de la mer qui prend des proportions inquiétantes. Malgré les solutions d’urgence apportées par les pouvoirs publics dans certains cas, les insulaires vivent au quotidien sous la menace des vagues en « colère ».
Un bidon de 10 litres vide dans chaque main, Modou Mbengue avance d’un pas sérieux. A hauteur d’une borne fontaine, à l’intérieur d’une mosquée « pied dans l’eau », il s’arrête. Il remplit ses récipients. Il les pose soigneusement à côté et se dirige vers la mer, à cinq mètres environ. Les deux mains accoudées sur un muret en béton armé bordé d’enrochement. Le jeune homme promène vaguement son regard au large. Son silence est assourdissant comme la rumeur de la mer dans l’île mémoire. Au bout de quelques minutes, il reprend ses gourdes et s’en va. Dans la mosquée, une femme nettoie les coins et recoins pour accueillir les fidèles musulmans. Nous sommes le vendredi 17 février 2017. Mais ici, tous les visiteurs se posent la question : pour combien de temps les fidèles accompliront-ils leurs prières dans cet édifice ? Personne n’est en mesure de donner la réponse.
Par contre, ce qui est sûr, les vagues roulent au loin et s’écrasent sur cette pente légèrement escarpée. Une partie a déjà été emportée. L’avancée de la mer est marquée d’une pierre blanche dans la cour. « Nous croyions avoir définitivement perdu la mosquée. La mer l’avait envahie, emportant avec elle une partie. C’est avec l’aide de jeunes entrepreneurs qui séjournaient dans l’île au moment des faits qu’on a pu faire un remblayage avant que l’Etat n’intervienne pour construire la digue de protection que vous voyez là », confie Mariama Ndiaye. Malgré l’édification de ce mur fait de blocs de granit qui sont des roches plutoniques magmatiques à texture grenue, les insulaires sont plongés dans la psychose. Ils ne seront pas surpris si, un jour, les eaux océaniques envahissent leur lieu de culte. La dilation des eaux océaniques n’est pas une fiction ni une théorie à Gorée. Les inquiétudes emplissent le lieu et envahissent l’île. Mariama et Modou Mbengue ne sont pas indifférents. L’île est classée patrimoine mondial de l’Unesco, mais la vie à Gorée n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Les habitants sont habités par l’angoisse de voir leurs habitations englouties par la mer.
Avec plus de 700 km de côte, le Sénégal est classé huitième pays le plus vulnérable à l’élévation du niveau de la mer dans le monde. Une étude menée par Pape Waly Bakhoum, chercheur à l’Institut des science de l’environnement de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, sur la vulnérabilité de l’île face à l’élévation du niveau de la mer, révèle un niveau de vulnérabilité physique modéré de la ville insulaire compris entre 1,61 et 6,68 m avec une vitesse d’évolution du trait de côte de 0,67 m par an. Cette montée du niveau moyen est causée par le réchauffement climatique qui touche la planète à travers deux processus principaux : la dilatation de l’eau de mer, suite au réchauffement des eaux océaniques, et la fonte des glaciers. On estime actuellement que la hausse du niveau des océans est liée pour un tiers à la dilatation des océans. Dilatation liée elle-même au réchauffement climatique. Les deux autres tiers sont dus à la fonte des glaciers de montagne et des calottes polaires.
Au Sénégal, selon le chercheur Bakhoum, le niveau de la mer augmente en moyenne de 2,32 mm/an. Cette situation expose les localités de façade maritime, mais aussi les îles comme Gorée.
Devant le musée de la mer de la ville, Ousmane Cissé, la vingtaine, les yeux rivés sur son Smartphone, écouteurs bien enfoncés dans les oreilles, est plongé dans un autre monde : celui du virtuel.
Du fait de la vulnérabilité de l’écosystème dans lequel il vit, le jeune goréen effectue beaucoup de recherches sur le changement climatique et ses conséquences. « Lorsqu’on était plus jeune, on ne connaissait pas ces phénomènes. On vivait tranquillement ici, loin du bruit assourdissant de Dakar. Cette quiétude est sur le point d’être perturbée par l’inondation et autres phénomènes causés par l’avancée de la mer. Nous vivons, aujourd’hui, avec l’idée que cette île puisse être perdue un jour si ce rythme se poursuit. D’ailleurs, la Maison des esclaves, qui est l’attraction à Gorée surtout des touristes, est gravement menacée », alerte Ousmane.
Même son de cloche chez Pape, un maçon engagé dans l’aménagement de la « Place de l’Europe », dans l’enceinte du musée. « Notre plus gros souci, aujourd’hui, est l’avancée de la mer. Le trou que vous voyez là-bas (il pointe du doigt), il est causé par les vagues. D’ailleurs, le chantier pour la réhabilitation et la construction d’une digue de protection est en cours », précise l’ouvrier. Cette concordance de confessions est révélatrice de l’ampleur de la perte des pans entiers du continent dans l’île Mémoire. C’est vrai qu’on ne peut pas arrêter la mer. Mais, à Gorée, on expérimente des stratégies de résilience.
Des études disponibles depuis 1988, ensuite réactualisées en 1998, évaluent à près de 11 milliards de FCfa le coût des ouvrages destinés à protéger le trait de côte de l’île de Gorée, avait indiqué Me Augustin Senghor, le maire. Cette somme pourrait être insignifiante dans les années à venir surtout si le réchauffement global dépasse la barre de 2 degrés Celsius. Sur ce point, les scientifiques sont très claires : certaines îles seront rayées de la carte. « Les digues sont une bonne chose, mais on ne sait pas combien de temps ils vont pouvoir résister à la force de l’eau. Je pense que l’Etat doit commencer déjà à envisager d’autres solutions », préconise Babacar Samb, un pêcheur qui vient juste de débarquer.
En attendant de trouver des solutions beaucoup plus durables pour s’adapter au changement climatique, les Goréens vivent au quotidien sous la menace des vagues déferlantes.
Ndiol Maka SECK/lesoleil.sn

LE LAC ROSE

Un lieu incontournable du Sénégal

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Une envie de changer d’air ? Une envie de découvrir tout en se dégourdissant les jambes ? A 35 km de Dakar, le lac rose est une bonne solution et surtout, un des incontournables quand on visite le Sénégal. Il faut cependant que les conditions idéales soient réunies pour profiter de ce spectacle.
Le lac rose n’est effectivement pas toujours rose ! Il faut donc savoir y aller au bon moment pour profiter de ce joyau sénégalais, l’un des sites les plus visités du pays. Si le lac tient sa couleur de la présence de micro-organisme, la couleur n’est pourtant visible que lorsque le ciel est bleu et le temps venteux. En effet, le mouvement des algues, sous l’effet du vent, permettent ainsi de réactiver ces microorganismes pour donner ainsi toute sa couleur au lac. Il faut donc prévoir les conditions météorologiques appropriées pour pouvoir bénéficier de cette vue.
Mais le lac ne présente pas seulement la particularité d’être rose. Il est aussi incroyablement concentré en sel puisqu’il contient entre 80 et 300 grammes de sel par litre d’eau. A titre de comparaison, la mer en contient, elle, 32 g/L. Cela permet ainsi à chacun de tester les propriétés de flottaison qu’offre le lac. Les visiteurs peuvent alors se baigner pour plus ou moins flotter en fonction de la concentration en sel.
Outre cet aspect plutôt ludique, c’est aussi une richesse pour les habitants alentours. L’extraction du sel est une intense activité qui ne cesse jamais sur le petit lac. Les hommes s’enduisent ainsi d’huile de karité pour atténuer l’irritation du sel, et s’insèrent dans le lac afin d’en récolter le sel. Sur la berge, les femmes jouent les relais pour acheminer le sel et pouvoir le commercialiser. Cette exploitation est source de revenu pour les habitants mais c’est aussi une menace pour le lac. La régénération du sel devenant de plus en plus difficile du fait de la surexploitation, l’écosystème est ainsi en danger et la surface du lac est amenée à rétrécir.
Mais, outre le sel, les habitants ont développé d’autres activités économiques. Le tourisme est aussi devenu une ressource essentielle. Cela se voit d’ailleurs au nombre de vendeurs qui viennent vous accoster dès lors que vous posez le pied sur la berge. Outre les petites boutiques de sculptures et peintures, plusieurs activités sont proposées autour du lac.
Les balades en pirogue sur le lac permettent ainsi de profiter de sa couleur et d’en faire le tour. Au-delà, le lac est aussi bordé de dunes de sable et la mer n’y est pas loin. On peut donc se balader à pieds, selon le temps, l’envie et l’énergie. Mais il est aussi possible de faire des promenades en dromadaire ou bien, si à l’humeur plus sportive, on peut franchir les dunes en 4x4 ou en quad, pour plus d’adrénaline et d’aventure ! Toujours est il que le paysage alentour est grandiose et s'étend à perte de vue.
Le lac est accessible en bus depuis Dakar mais il faut savoir se retrouver parmi l’enchevêtrement des lignes de bus et les conseils tous azimuts des dakarois, presque jamais conformes les uns aux autres. Il est aussi possible de s’y rendre en Taxi pour environ 10 000 CFA. Le retour peut, lui, se faire en bus puisque certains attendent directement sur place pour revenir sur Dakar. Il faut cependant savoir être patient car il faut compter, au bas mot, le double de temps.
Dans tous les cas, la visite du lac Rose offre une belle journée pour les visiteurs au Sénégal. Proche de Dakar, c’est un ilot plein de surprise et d’émerveillement. Il faut simplement savoir choisir le bon temps pour y aller, et surtout, ne pas se tromper !
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vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=fWBepwRJpkc

25/07/2017

ATTENTION DANGER

Sénégal sous mer à l’horizon 2200

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Dans la guerre contre les eaux montantes des océans, l’Afrique perdra moins de terres que les autres continents. Cependant, la hausse des températures pourrait rendre une grande partie de son territoire inhabitable. Une déclaration alarmante du site La Presse.
Afrique : continent le « moins » touché
L’axiome « l’Afrique est le futur » se confirme de plus en plus. Enfin, un futur sous air conditionné et ventilateur. Et ce ne sont pas les Africains qui le proclament, mais bien les projections des scientifiques face au conjoint effet du réchauffement climatique, de la fonte des grandes calottes glacières et la résultante de ce processus : une hausse exponentielle du niveau des mers. Un petit bout de ciel bleu dans ces prédictions sombres : le continent le moins impacté sera l’Afrique. Etre le moins impacté ne signifie pas toutefois que l’Afrique ne le sera pas.
Odyssée h2o pour l’Afrique aussi
L’Afrique boira sa tasse lors de cette invasion très liquide ou odyssée h2o. Non seulement l’eau mais aussi la canicule pour le continent, puisque comme son nom l’indique, le réchauffement climatique implique que la calor grimpera de partout. Dans la liste des pays affectés par les eaux, le Sénégal figure tout de même à la huitième place. Dakar, ville côtière par excellence sera aux premières loges du touché-coulé qui se jouera.
Almadies sous mer
Grand plongeon pour le quartier emblématique de Dakar qu’est les Almadies ; qui deviendra les Almadies sous mer. Rufisque aussi. L ’expression « sous mer » pourra être accolée à quasi toutes les villes et tous les villages côtiers que sont : Kafountine, Kabrousse, Palmarin, Ngaparo, Popenguine, Ndayane, Saint Louis, Cap Skirring, etc.
Le grand bleu c’est merveilleux, mais juste sous ton nez et directement dans tes narines ? Grands moments de solitude en perspective.
La piste du « Boire jusque plus soif » afin que le niveau des eaux diminue
Quant à l’usine du dessalement des eaux financée à hauteur de 135 milliards par la coopération japonaise et en voie de construction aux Mamelles ; avec sa capacité estimée à 50.000 mètres cubes/ jour, elle ne réussira pas à endiguer le salinement forcené des sols. Surtout, nous voyons mal la population entière boire l’eau dessalée de ladite usine afin de participer à l’effort de survie collectif.
Lorsque la nature fait son show eaux, balais-brosses et serpillières ne suffisent plus à renverser la tendance.
Irène Idrisse avec Lapresse/ au-senegal.com

17/07/2017

VISTER GOREE

Île de Gorée entre flânerie et rêverie

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Un incontournable lorsqu’on visite Dakar, un bain de soleil, une balade entre les bâtisses coloniales ou bien une baignade au bord de l’eau : l’île de Gorée est une île aux trésors pour qui aime se détendre dans un cadre paradisiaque. Ce n’est pas pour rien qu’elle figure, depuis 1978, au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Pour profiter d’un moment de douceur, rien ne vaut un petit tour sur l’île de Gorée. Là, s’y étalent de belles maisons coloniales aux couleurs pastelles. Souvent usées par le temps, elles écopent ainsi du charme des années. Elles bordent la mer, dont les reflets bleutés tranchent avec cette mosaïque de couleur.
Après avoir pris le bateau en se rendant au port de Dakar, situé à plateau, on arrive devant un panorama grandiose. Dès les premiers pas, on sait déjà où se reposer une fois le tour de l’île réalisé. Des restaurants et des bars longent le bord de mer, d’autres louent des parasoles pour se prélasser à l’ombre et observer les vagues se répéter indéfiniment.
Mais l’île n’est pas qu’une plage paisible. Elle offre aussi un havre de paix pour se balader, se perdre, se laisser porter par les petits chemins qui serpentent l’ensemble. Le tout se sublime lorsque les visiteurs, ces inquisiteurs, ne sont pas encore nombreux. Il vaut mieux pour cela éviter les week-ends et privilégier les jours de semaine. Là, y règne parfois un calme plat, apaisant, délicieux.
Bien sûr, vous trouverez toujours quelques vendeurs de bijoux et autres accessoires pour vous demander de regarder leur boutique « pour le plaisir des yeux ». Une petite manigance qui vous conduira ainsi dans une visite risquée où il faudra s’armer de patience et de persévérance si vous ne voulez pas dépenser toute votre épargne retraite.
Une fois allégé de ses quelques francs CFA, on peut enfin se laisser porter vers les endroits phares de ce petit territoire. Il faudra bien évidemment passer par la maison des esclaves. Un lieu symbolique et historique, bien que son rôle dans le commerce triangulaire soit aujourd’hui relativisé. La visite est rapide et prendre un guide est probablement inutile. Le lieu parle de lui-même et vaut la peine d’être vu. La maison est fermée le lundi, ce qui implique aussi que l’île soit plus calme en cette journée.
Plus réjouissant sera la visite de l’église Saint Charles Borromée, une belle bâtisse couleur crème qui fut construite en 1830 après l’incendie de l’ancienne église, au moment de la reprise de l’île par les anglais. Il faudra aussi visiter l’une des plus anciennes mosquées en pierre du pays, construite en 1890, sur le versant ouest du Castel. Au nord, on aperçoit, dès l’arrivée, l’ancien Fort d’Estrées, aujourd’hui musée historique, consacré à l’histoire générale du pays, des origines à l’indépendance. Ouvert en 1994, le musée de la Femme est aussi un des atouts de l’île, en rendant compte de l’histoire des femmes du pays.
Il ne faudra surtout pas oublier de monter la colline, par le chemin pavé et auréolé de vendeurs de tableaux et bijoux. L’allée, bordée d’arbres et de peintures colorées vaut le détour à elle seule. En s’aventurant, on est émerveillé par toutes ses créations. Arrivé en haut, on découvre le mémorial de Gorée, ainsi que les anciens canons qui surplombent l’île. Depuis là, on dispose d’une vue panoramique sur Dakar.
Pour toutes ses raisons, la visite de l’île est une chose à ne pas manquer pour toute personne se rendant à Dakar. C’est aussi une bonne idée de sortie pour tous les dakarois qui souhaite profiter d’un moment convivial, loin de la ville et de son tumulte. On profite alors de ce patrimoine architectural, des rayons du soleil qui viennent se refléter sur la mer, du calme et de la tranquillité d’un endroit tout simplement beau.
lepetitjournal.com
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14/07/2017

SAVE DAKAR

SaveDakar, la campagne qui dénonce l’indiscipline et l’incivisme des Sénégalais

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Lancée il y a un mois par Mandione Laye, #SaveDakar est une campagne digitale qui lutte contre l’incivisme et l’indiscipline des populations de la capitale.
C’est au Sénégal où l’on voit beaucoup d’individus qui manifestent une totale indifférence à l’égard des choses incontournables pour le développement d’un pays.
En conséquence, il est temps que les citoyens s’engagent pour mettre fin au laisser- aller total qui règne dans la ville de Dakar.
Pour réussir un tel pari, il faut nécessairement, une sensibilisation une rééducation des populations surtout ces jeunes qui seront les adultes de demain. Les réseaux sociaux demeurent le meilleur moyen selon le photographe.
“En fait, j’ai su qu’il y avait plus de deux millions de Sénégalais qui utilisent Facebook. Ainsi, je me suis dit voilà un moyen simple et gratuit pour partager mon indignation, pour dénoncer les divers abus notés à Dakar. Un moyen aussi de sensibiliser afin de lutter contre l’occupation illégale de l’espace public, les dépôts d’ordures dans les rues, les surcharges dans les véhicules de transport en commun, etc.”
Depuis le début du mois de juin, Mandione poste des images montrant cet incivisme et cette indiscipline, à travers des comptes Twitter, Facebook et Instagram, intitulés SAVE DAKAR, utilisant en même temps le mot-dièse #SaveDakar.
Ce qui lui a surtout poussé à lancer cette campagne c’est “la Place de l’Indépendance, le cœur de la capitale sénégalaise, la vitrine du pays, un des symboles de la nation qui est devenu le lieu de rassemblement préféré des fous, des sans-abris, des ” boudjoumanes “, des talibés, des mendiants.”
Pour lui c’est inacceptable, incompréhensible et frustrant de voir tout ce qui se passe dans ce lieu situé à moins de 200 m du palais de Macky SALL.
“Et pourtant le prestigieux ministère qui abrite nos diplomates est en face. Cet ancien beau joyau avec son joli jet d’eau est devenu aussi un dépotoir d’ordures et de déchets publics.”
Mandione a peur pour l’avenir de son pays qui n’a plus de civilité, “cette attitude de respect, à la fois à l’égard des autres citoyens mais aussi à l’égard des bâtiments et lieux de l’espace public. Cette reconnaissance mutuelle et tolérante des individus entre eux, au nom du respect de la dignité de la personne humaine, qui permet une plus grande harmonie dans la société. “
Néanmoins, le passionné de la photographie espère qu’il est possible de changer les citoyens de ce pays car “tant qu’il y aura des gens pour dénoncer certains actes, considérons qu’il y a encore de l’espoir. Parce que seule une véritable action citoyenne peut faire réagir les politiques.”, ajoute t- il.
Il souhaite que chacun en fasse son problème et que cela soit un mouvement d’ensemble dans tous les réseaux sociaux afin que cela cesse.
Il rappelle que beaucoup de Sénégalais réclament toujours certains de leurs droits, or, avant cela, ils devraient d’abord s’acquitter de leurs devoirs.
En fait, les autorités étatiques ne font aucune action la- dessus, c’est pourquoi il veut utiliser les réseaux sociaux pour les interpeller, il est temps d’intervenir. Car, c’est une remarque, toutes ces autorités sont présentes sur les réseaux sociaux. En plus, tous les jeunes sont actifs sur ces derniers, quel que soit le statut : élève, étudiant, maçon, menuisier, mécanicien, ambulant, etc.
Pratiquement, “les gens ne suivent plus la télévision, ils n’écoutent, non plus, la radio. Ils préfèrent s’informer sur internet. Alors, je me suis dit voilà un bon moyen pour sensibiliser. Certes nous avons un beau pays, par contre, il est trop sale. Donc, nous devons le dénoncer.”, affirme Mandione Laye.
socialnetlink/org

05/07/2017

SUPER BOUQUIN D'OISEAUX!

Oiseaux du Sénégal de Jean Marie Dupart

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Oiseaux du Sénégal est un voyage merveilleux et très instructif du monde des espèces aviaires magnifiques qui parcourent nos eaux, terres et cieux.
Oiseaux du Sénégal se veut être une vulgarisation des connaissances scientifiques sur les oiseaux en général et sur ceux du Sénégal en particulier, destiné à tous les amoureux de la nature. Ce livre richement illustré s’adresse aussi bien au citoyen(ne) qui prend conscience de son environnement, aux jeunes étudiants d’aujourd’hui qui veulent avoir des renseignements, qu’au visiteur qui cherche simplement à
reconnaître les oiseaux qu’il découvre.
Ce livre inédit propose des explications lucides, une fiche par oiseau avec les principaux signes distinctifs et quelques informations contextuelles, avec une photo originale par oiseau soigneusement pris en photo par l’auteur, ce qui permet d’identifier chaque oiseau à coup sûr.
Jean Marie Dupart est ingénieur agronome, photographe, passionné d’environnement et d’ornithologie. Il a parcouru les marais landais et les montagnes basques appareil en bandoulière. Au Sénégal depuis plusieurs années, il collabore avec de nombreux ornithologues professionnels européens dans des projets sur les oiseaux migrateurs et en particulier le balbuzard pêcheur, oiseau sur lequel il travaille avec les Anglais et les Espagnols. Il a travaillé en collaboration avec des parcs nationaux et, notamment, avec le Parc National de la Langue de Barbarie, et plus récemment avec le Parc du Djoudj. Il participe à des sessions de formation pour les étudiants en Master en Environnement de l’Institut des Sciences de l’Environnement de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, et travaille actuellement sur un projet de la même université pour la formation de guides touristiques spécialisés dans la nature et l’ornithologie.
Dédicace ce samedi 8 juillet dès 18h au Bigaro Dos de Saly Koulang (778841883)
réf: 9782359260748 Broché - 132pages, 2017 - €20.50 • CFA15000

25/06/2017

PAUVRE SENEGAL

«Diagnostic systématique pays» de la Banque mondiale: un taux de pauvreté toujours élevé au Sénégal

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Lors d’une rencontre entre la Banque mondiale et la société civile sur le projet «Diagnostic systématique pays» qui permettra d’élaborer un document de développement pour chaque pays, les acteurs ont insisté sur le taux de pauvreté toujours élevé au Sénégal. Malgré une croissance de plus de 6%, les spécialistes se sont toujours accordés à dire que le taux de pauvreté du Sénégal n’a pas beaucoup baissé, car la richesse n’est pas souvent partagée.
Cette semaine, la Banque mondiale a tenu une rencontre avec les acteurs de la société civile autour du ‘’Diagnostic Systématique pays ». D’après la Pana, la rencontre a été présidée par le président du Conseil des Ong d’appui au Développement (Congad), Amacodou Diouf, et la Directrice des Opérations de la Banque mondiale au Sénégal, Mme Louise Cord.
Cette rencontre est organisée dans le cadre du processus d’élaboration du Diagnostic Systématic-pays du Sénégal initié par la Banque mondiale. Elle permettra à l’institution de présenter les résultats de l’étude aux acteurs de la société civile et de recueillir leurs points de vue sur les contraintes principales du Sénégal.
Après la présentation générale du SCD-Sénégal, il ressort que le pays affiche une croissance louable et un taux de pauvreté toujours élevé, malgré ses atouts. Selon les experts de la Banque mondiale, ce résultat permettra de faire une analyse sur la durabilité des progrès récents et la capacité du Sénégal à faire face aux contraintes structurelles.
Les participants ont également fait des remarques, notamment le gap du secteur informel, le problème d’accès à l’information sur l’exploitation des ressources du pays, sur le lien entre les réalités que vivent les populations sénégalaises et les indicateurs de travail de la Banque mondiale. Ils indiquent que souvent, ces indicateurs ne sont pas adaptés au contexte du pays.
Avec ces remarques, nous nous sommes intéressés réellement aux performances du Sénégal dans la lutte contre la pauvreté car, même si ces dernières années, la croissance du pays est louable, le niveau de la pauvreté n’a pas tellement baissé.
Un taux de pauvreté de plus de 46%, plus de 6 millions de pauvres
Ainsi, la présentation de la Banque mondiale sur le Sénégal, que nous avons visitée, rappelle que le taux de pauvreté est estimé à 46,7% dans notre pays. «Le taux de pauvreté, qui atteint 46,7% selon les dernières estimations, reste élevé. Le taux de croissance du Pib est bien en deçà du niveau nécessaire pour faire reculer la pauvreté, tandis que le poids de plus en plus important des exportations de biens à forte intensité capitalistique, au détriment de secteurs intensifs en main-d’œuvre, limite la création de nouveaux emplois», lit-on sur le document de la Banque mondiale.
D’après l’institution de Breton Woods, la série de chocs économiques dont a souffert le Sénégal au cours des dernières années, est venue freiner encore davantage les progrès : l’incidence de la pauvreté n’a baissé que de 1,8 point de pourcentage entre 2006 et 2011, tandis que le nombre absolu de pauvres, lui, augmentait, pour atteindre 6,3 millions en 2011.
Toujours pour le Sénégal, la Banque mondiale, indique que le niveau des inégalités reste modéré et se situe en-dessous de la moyenne enregistrée en Afrique subsaharienne. Les disparités géographiques restent cependant, très prononcées : deux habitants sur trois vivent dans la pauvreté dans les zones rurales, et en particulier dans le Sud du pays, contre un sur quatre à Dakar.
Lors de la rencontre, la Directrice des Opérations de la Banque mondiale, Louise Cord, a indiqué que les remarques seront intégrées dans le processus d’élaboration du projet.
«Le problème de l’accès à l’information est important à noter. Le gap du secteur informel est une urgence et nous allons réfléchir là-dessus», a-t-elle indiqué.
Le président du Conseil des Ong d’appui au développement (Congad), Amacodou Diouf, a félicité cette initiative de la Banque mondiale et a indiqué qu’il est important de promouvoir le dialogue avec les acteurs de la société civile et la Banque mondiale.
Les Echos/leral.net

20/06/2017

DESERTIFICATION DU SENEGAL

34 % de la superficie affectés par la désertification

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La désertification gagne du terrain au Sénégal. Elle reste un phénomène tenace auquel il faut apporter une réponse. C’est en substance le message livré à l’occasion de la célébration, à Mbao, de la Journée mondiale de lutte contre la désertification.
La désertification constitue toujours une menace pour le Sénégal. Elle est bien présente partout sur le territoire. Selon la conseillère technique du ministre de l’Environnement et du Développement durable, le colonel Gogo Ndiaye, le phénomène s’étend sur 6,5 millions d’hectares de la superficie nationale. « Les dernières investigations nous enseignent que 34 % de la superficie du pays sont affectés, soit plus de 6,5 millions d’ha. Cela constitue une contrainte majeure pesant sur le développement et l’atteinte de la sécurité alimentaire », a déclaré, le week-end dernier, à Mbao, le colonel Ndiaye.
C’était à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre la désertification dont le thème de cette année est : « Notre terre, notre maison, notre avenir ». Une occasion saisie par la représentante du ministre de l’Environnement pour rappeler que cette désertification se manifeste par des phénomènes divers, tels que l’érosion, les coupes abusives sur les forêts et les pressions de l’homme et du bétail. « La forêt au Sénégal se dégrade progressivement, surtout en ce qui concerne les essences remarquables, telles que le Vène, le Dialabane, le Mbep, le Beer, le Dimb, pour ne citer que celles-là. Les coupes illicites de bois, surtout le long de nos frontières, portent un coup fatal non seulement à nos formations forestières mais aussi à l’économie nationale », a indiqué le colonel Ndiaye, rappelant la nécessité de prévenir la dégradation de nouvelles terres et la remise en état des terres déjà dégradées.
Il faut aussi, d’après Gogo Ndiaye, continuer à reboiser ou à régénérer un hectare de terre dans les mêmes écosystèmes et pendant la même période. A ce titre, a-t-elle précisé, « il faut un effort annuel soutenu de 480.263 ha par an, soit un rythme de progression de 7 % par an de compensation des pertes à partir de 2020 pour tendre vers la neutralité ».
Pour autant, cette détérioration des terres ne doit guère faire oublier les efforts consentis par l’Etat, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, pour lutter contre ce phénomène. a en croire le colonel Ndiaye, des engagements financiers à hauteur de 321,5 milliards de FCfa ont été mobilisés entre 1997 et 2007 par les projets de lutte contre la dégradation des terres au Sénégal. Mais, tous ces moyens n’ont pas encore permis de venir à bout d’un phénomène tenace qui se développe d’année en année. « Le bilan global des programmes et projets mis en œuvre pour la lutte contre la désertification et gestion durable des terres demeure mitigé, parfois décevant, au regard des ressources investies », a reconnu la conseillère technique du ministre de l’Environnement. D’où l’organisation de cette journée pour permettre aux Sénégalais d’être suffisamment informés sur les méfaits de la désertification.
Maguette NDONG/lesoleil.sn/BBC

17/06/2017

L'AMOUR EN NOIR ET BLANC

Relations inter-raciales sur la Petite Côte : Dans l’intimité des couples mixtes à Mbour

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L’envie de connaître une situation sociale bien meilleure a poussé de nombreux jeunes Sénégalais dans les bras de vieux retraités européens venus passer du bon temps à la Petite Côte, pour le restant de leur vie. Mais si certains ont pu construire de belles villas et investir dans des créneaux porteurs, grâce au mariage mixte, d’autres, trahis et abandonnés à leur triste sort, ont vu leurs rêves s’effondrer comme un château de cartes.
Il est venu une première fois au mois de février, il est revenu au mois de mai et il compte s’installer définitivement dès novembre prochain. Lui, c’est Fabrice, un sexagénaire français, en vacances à Saly Portudal, depuis un mois. C’est un amoureux du Sénégal et particulièrement de cette station balnéaire où, selon lui, on trouve toutes les commodités pour mener une vie agréable. Cet après-midi du mois béni de Ramadan, il fait partie de la cohorte de retraités européens, en belle compagnie, venus faire leurs achats dans un supermarché niché en plein cœur de Saly Portudal. A la devanture de cette grande enseigne, les belles bagnoles se succèdent les unes les autres, dans un vrombissement continu des moteurs. Le lieu dégage un luxe insolent. Tout autour, des vendeurs d’œuvre d’art guettent le moindre touriste, dans l’espoir de réaliser de bonnes affaires. Les vendeurs de cartes de crédit, le long des trottoirs, ont aussi senti le bon coup n’hésitant pas à interpeller les passants. Enfin, les bureaux de change installés un peu partout complètent le décor.
Dans ce milieu qui grouille de touristes, pour la plupart des Européens, l’activité commerciale est intense, le marchandage constant. Il est 17h. Dans deux heures et demie, les musulmans procéderont à la rupture du jeûne. Le supermarché reçoit de plus en plus de monde. Un ballet incessant de couples mixtes se mêle parmi cette foule hétérogène qui grossit au fil des heures.
De vieux occidentaux sont accompagnés de belles nymphes africaines, des sénégalaises pour l’essentiel. Un homme s’empresse de récupérer un panier et ouvre aussitôt la porte à sa jeune partenaire noire. Ah, ils sont toujours galants ces Blancs ! Un autre, sans doute, un septuagénaire, traine sa lourde silhouette, derrière une fille d’à peine 20 ans, qui se trouve être sa conjointe. Vu l’écart d’âge qui les sépare, la jeune dame pourrait être sa petite fille voire son arrière-petite-fille. Mais l’amour connaît-il l’âge ? Evidemment non.
D’autres acheteurs prennent d’assaut les échoppes de fortune qui font face au supermarché. Parmi eux, Fabrice et sa femme, une Sénégalaise de 21 ans, les lunettes noires bien vissées, certainement pour éviter les regards de certains curieux et jaloux. Entre ces deux-là, le courant est vite passé. Le couple s’est rencontré en février dernier à l’occasion de la première visite au Sénégal du sexagénaire français. Très vite, le coup de foudre a lieu entre les deux tourtereaux. Finalement, Fabrice et sa compagne ont fini par sceller leur alliance, devant Dieu et les hommes.
« Ici, c’est sympathique »
Pour l’heure, c’est le prolongement de leur lune de miel. Les deux conjoints surfent toujours dans un bonheur intense, la belle vie qu’ils entendent croquer à belles dents. La ville est belle ! D’ailleurs, Fabrice compte, à partir du mois de novembre prochain, revenir s’installer définitivement au Sénégal et à Saly auprès de sa femme afin de vivre pleinement son idylle. C’est fou l’amour ! « Je suis là depuis un mois et il ne me reste que trois semaines de vacances. Je suis venu une première fois au mois de février et je suis revenu. C’est un endroit qui me plait énormément. Personnellement, ce n’est pas le premier pays africain que j’ai fait. J’ai toujours aimé l’Afrique mais ici c’est sympathique », affirme-t-il, en homme amoureux.
Pour lui, Saly Portudal, en termes de confort, de commodités etc. ; n’a pas beaucoup à envier aux villes françaises « Le coût de la vie n’est pas cher et l’on peut trouver tout ce que l’on veut ; sans oublier les hôtels, les belles plages, le soleil, le beau temps toute l’année, la proximité géographique etc. », ajoute-t-il, manifestement sous le charme de cette station balnéaire.
Jean, un vieux promoteur touristique a, lui aussi, cédé aux assauts charmants d’une belle demoiselle à la fleur de l’âge. C’est à la suite du décès brusque de sa femme, alors qu’ils étaient tous deux en voyage au Sénégal, en compagnie de leur jeune fils, que le Français a rencontré la Sénégalaise. Comme Fabrice et sa femme, les deux amants n’ont pas mis du temps pour officialiser leur relation. Eux aussi ont l’air de bien s’entendre, malgré le gap générationnel consistant. Ils ont fait de l’amour un pont pour traverser les âges, se retrouver et sceller leur union sacrée pour le meilleur et le pire. Toutefois, le couple n’entend pas se fixer définitivement au pays comme l’ont fait beaucoup de retraités européens. « Ma femme et moi, nous nous entendons à merveille ; mais nous ne comptons pas nous installer à Saly. Nous aller retourner en France. J’étais venu pour me lancer dans le tourisme mais le secteur n’est pas bien soutenu », se convainc Jean. Entre autres raisons, à l’origine de ce choix, « la jalousie et la haine » qu’attire son idylle avec sa fringante dame, sans oublier « les difficultés du tourisme, les billets d’avion chers ».
Comme Fabrice et Jean, ils sont nombreux ces vieux retraités européens qui ont décidé de se la couler douce à la Petite Côte. Le cadre de vie, les belles plages, le soleil tropical, la chaleur africaine et le coût de la vie peu cher etc. ; font partie des raisons qui attirent ces derniers. Sans compter la possibilité de trouver de jolies belles nymphes « qu’ils ne peuvent espérer rencontrer chez eux, tant l’écart d’âge est important », martèle le premier adjoint au maire de Saly, Babacar Guèye.
Résultat, à Saly, Mbour, Pointe Sarène, Nianing, Somone etc. ; le mariage mixte est devenu un phénomène social. L’élu de Saly ajoute qu’il est en hausse.
Dans ces localités, beaucoup de jeunes se sont mariés à des Blancs et Blanches qui viennent essentiellement de la France ; et dans une moindre mesure de l’Italie. A Saly, constate l’adjoint au maire, « sur 100 mariages, les 35 sont des mariages mixtes ».
Troisième adjoint au maire de Mbour, chargé de l’intercommunalité, Babacar Guèye a, en sa qualité d’officier d’état civil, eu à sceller des mariages mixtes. Il pense que la raison fondamentale qui pousse les jeunes dans les bras des Occidentaux est d’ordre économique.
Quand la pauvreté pousse les jeunes dans les bras des retraités européens
« Nous sommes dans un pays sous-développé et beaucoup de jeunes, en s’engageant dans ces mariages, espèrent trouver une situation socioéconomique bien meilleure. Ces mariages mixtes ne sont pas en général fondés sur l’amour », fait-il remarquer.
Par ailleurs, il ajoute que certains garçons et filles ont pu rallier l’Occident grâce à leur alliance avec des Européens. Un constat que conforte l’autre Babacar Guèye, 1er adjoint au maire de Saly. « Le rêve, pour beaucoup de jeunes, est de se rendre en Europe. Du coup, le phénomène du mariage mixte constitue, à leurs yeux, une formidable opportunité de réaliser ce rêve », souligne-t-il. A l’en croire, certains ont effectivement atteint leurs objectifs en arrivant dans « l’Eldorado » européen. Le troisième adjoint au maire de Mbour soutient que d’autres jeunes ont pu également, grâce à leur mariage avec des Blancs, investir dans des créneaux porteurs, l’immobilier etc. « Certaines filles ont réussi à investir dans des projets, à construire de grandes maisons qu’elles louent. Actuellement, elles vivent dans un milieu social respectable. J’en connais trois cas », fait constater M. Guèye. Pour autant, les deux élus conviennent que le mariage mixte comporte plus d’inconvénients que d’avantages. Le phénomène, expliquent-ils, peut se révéler un dangereux miroir aux alouettes.
Ils racontent que des jeunes filles et garçons, contrairement à ce qu’ils espéraient, ont fini dans des culs-de-sac, trahis puis abandonnés à leur malheureux sort. « On a appris que certaines filles qui avaient pu gagner l’Europe à la faveur du mariage mixte ont été entrainés dans des réseaux de prostitution », souligne, avec regrets, le troisième adjoint à la mairie de Mbour.
Des sergents recruteurs à la solde de réseaux de prostitution
Babacar Guèye adjoint maire MbourEn fait, les vieux retraités qui jettent leur dévolu sur la Petite Côte n’ont pas toujours les mêmes motivations. Si certains ont de bonnes intentions, cherchent l’âme sœur, veulent passer du bon temps sous le soleil tropical, d’autres ne sont en réalité que des sergents recruteurs encagoulés à la solde de dangereux réseaux de prostitution. « La prostitution est l’autre danger qui guette les jeunes qui s’engagent dans les mariages mixtes », prévient encore Babacar Guèye. Il fait savoir que certains (filles et garçons) ont également été contaminés par le VIH Sida et abandonnés. C’est pourquoi, il appelle les jeunes à apprendre à mieux connaître d’abord leurs partenaires avant de s’engager dans une relation durable. « Le problème, c’est que les jeunes comme leurs familles ne font les investigations nécessaires avant de s’engager parce que pour la plupart, c’est une opportunité de réussite à saisir. Ils ne prennent pas les précautions nécessaires pour s’entourer de garanties en vue d’éviter des surprises désagréables », déplore encore, l’adjoint à la mairie de Mbour. L’autre inconvénient relevé par ce dernier est que « certains jeunes, une fois en Europe, sont coupés de leurs attaches au Sénégal ». Les deux hommes pensent que le risque de perdre son identité culturelle, ses valeurs est donc réel dans ce genre de relation.
« Beaucoup restent 3 à 4 ans sans venir en vacances au pays ; tandis que d’autres n’envoient même pas de l’argent à leurs familles à la fin du mois », renchérit l’adjoint à la mairie de Saly. Il explique que ce ne sont pas seulement les filles qui sont les malheureuses victimes du mariage mixte. Les garçons ne sont pas en reste ; surtout ceux qui vivent en concubinage avec leurs partenaires. « Généralement, certaines femmes, au bout d’un certain temps, quittent leurs jeunes conjoints pour d’autres plus aptes physiquement. Abandonnés, ces derniers se retrouvent sur les carreaux, épuisés, sans ressources », constate-t-il. Pour lui, le concubinage est encore plus dangereux ; puisqu’aucun papier juridique ne légalise ni ne garantit cette relation.
Manque de sensibilisation
« Ceux ou celles qui s’engagent dans le concubinage sont plus faciles à virer. Il n’y a rien qui garantit les liens. Si c’est un mariage avec des papiers, on réfléchit deux fois avant de se séparer de son conjoint ou de sa conjointe. Les vieilles personnes qui cherchent à se marier avec des jeunes, c’est uniquement pour le plaisir et quand le conjoint n’est plus en mesure de satisfaire aux désirs, il est viré », note l’élu de Mbour. Il faut dire que le prétexte ne manque pas pour se débarrasser de son partenaire ou sa partenaire ; même si c’est parfois fallacieux. Qui veut tuer son chien l’accuse de rage, selon un vieil adage. En effet, révèle-t-il, les jeunes vivant en concubinage avec des Européens ou Européennes font généralement l’objet d’accusations de vols mais ce n’est qu’un prétexte pour se séparer d’eux au profit d’autres plus aptes sur le plan physique.
Face aux dangers du phénomène, il insiste encore sur l’importance de la sensibilisation à l’endroit des jeunes et des parents dont la responsabilité est, d’après lui, engagée. Il constate que l’Etat, en dépit de l’ampleur de la situation, ne développe pas des initiatives dans ce sens. Le hic, c’est que chacun est libre de contracter un mariage avec le partenaire de son choix à la seule condition que tous deux s’aiment. « L’Etat, ni les communes ne peuvent s’opposer à un mariage, dès lors que les concernés ont convenu de vivre pour le meilleur et le pire. Tout ce qu’on peut faire, c’est de venir constater le mariage », indique, Babacar Guèye, 1er adjoint à la mairie de Saly Portudal. Les deux élus soutiennent que c’est seulement à travers des causeries ponctuelles qu’ils arrivent à sensibiliser, par affinité, des jeunes qui constituent une cible potentielle du phénomène du mariage mixte.
Le Tourisme sexuel, un terreau fertile au mariage mixte
Selon Babacar Guèye, adjoint à la mairie de Mbour, des Européens ont pu trouver des partenaires par le biais du tourisme sexuel. Il explique qu’au départ, certains vieux retraités viennent, en vacances, pour « déguster de la bonne chair » et repartir chez eux. Certains ont, cependant, pris goût à la belle vie de Saly, y ont pris femmes et ont fini par s’y installer ; tandis que d’autres retournent en Europe avec leurs jeunes conquêtes. « A l’origine, ces gens ne viennent pas pour le mariage, ils viennent en vacances et entrent en contact avec des relais dans l’espoir de passer du bon temps avec des filles, le temps de leur bref séjour en terre sénégalaise. Ainsi, ces personnes trouvent des clientes qui évoluent dans la prostitution et occasionnellement des femmes qui cherchent des partenaires », relève-t-il.
Il révèle que la mairie de Mbour a organisé un programme de formation de guides touristiques en vue d’encadrer l’arrivée des touristes à la Petite Côte. A son avis, beaucoup de gens qui accompagnent ces derniers dans leurs sorties, une fois à Saly, ne sont pas de vrais guides touristiques et peuvent souvent abuser de la confiance de leurs hôtes en les conduisant dans des réseaux de prostitution. « Avec les guides que nous avons formés, nous voulons dorénavant que les touristes passent désormais par ces gens-là afin d’éviter d’être emmerdés ou même entrainés, sans leur aval, vers des réseaux de prostitution », soutient l’élu de la mairie de Mbour.
Diégane Sarr et Babacar Dione Abib DIOUM - lesoleil.sn
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