15/10/2017

LE SENEGAL: CATASTROPHE ECOLOGIQUE

Haïdar El Ali : « Le Sénégal est dans un état de catastrophe écologique »

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Alors que la COP21 approche et que l’écologie sera censée être sur toutes les lèvres en novembre à Paris, les pays africains n’ont pas encore brillé par leur contribution. Où en est le continent ? Quelle place pour l’environnement en Afrique ? Réponses d’Haïdar el Ali, ancien ministre de l’Environnement du Sénégal.
« Quand je mourrai, plantez un arbre pour moi plutôt que de prier », a-t-il coutume de dire aux femmes de Casamance qu’il rencontre alors qu’il sillonne la région en lutte contre la destruction de sa mangrove. D’origine libanaise – ses parents ont émigré au Sénégal dans les années 40 –, Haïdar El Ali est un homme convaincu et engagé.
Infatigable défenseur de l’utilisation durable des ressources naturelles, l’ancien ministre sénégalais de l’Environnement se bat pour mettre l’écologie au centre du débat sur le développement et mettre à bas un système de captation des richesses et des ressources au profit d’une minorité dont il fustige la corruption. Initiateur de la fédération des partis écologistes africains, il estime que le salut de l’Afrique passe par une révolution verte, et le crie haut et fort. Interview.

Jeune Afrique : L’écologie s’est-elle durablement installée dans le débat politique en Afrique ?

Haïdar El Ali : Clairement non. On construit encore des centrales électriques qui fonctionnent au charbon, alors que le gaz n’est pas plus cher. Ce n’est pas cohérent. Le continent africain vit globalement des économies de prélèvement mais accepte de voir ses ressources pillées, notamment au niveau forestier ou halieutique. Autre exemple, révélateur : il y a trois semaines, le premier conseiller en matière d’environnement de Macky Sall a écrit dans un article que le réchauffement climatique était du pipeau inventé par l’Occident ! C’est invraisemblable.

Nous disposons de ressources limitées qu’il nous faut gérer dans l’intérêt des populations. Pour nous, c’est davantage une question de survie que d’écologie.

Les pouvoirs africains opposent-ils toujours le développement industriel et l’écologie ?

C’est vrai qu’on a beaucoup entendu ce discours, dans lequel on accuse les Occidentaux de nous parler d’écologie alors qu’ils ont pu polluer pendant de nombreuses années de leur côté tout en développant leur industrie. L’erreur, c’est de regarder le développement à travers le prisme de l’Occident. Il faut comprendre que la ressource est pour nous, Africains, une question de survie. Nous n’avons pas les moyens de filtrer notre air et notre eau, de mettre en place des agricultures en étages, etc… Nous disposons de ressources limitées qu’il nous faut gérer dans l’intérêt des populations. Pour nous, c’est davantage une question de survie que d’écologie. Si on ne préserve pas les forêts ou les mangroves par exemple, il n’y a plus d’agriculture et plus d’élevage.

C’est un pillage organisé et environ 1000 milliards de francs CFA échappent chaque année aux Sénégalais !

Les gouvernements en sont-ils conscients ?

Il ne s’agit pas que des gouvernements. Le problème, c’est que tout le système est basé sur la finance et la croissance, qui ont pour effet de corrompre et donc de diriger et de dominer les quelques personnes au pouvoir. Les trafics de ressources comme le bois est international. Les Chinois, qui se servent des Sénégalais à la frontière avec la Gambie pour récupérer illégalement du bois précieux, ne transportent pas les troncs à dos d’ânes ! Ils passent les frontières et utilisent les groupes internationaux de transport, sous couvert de certificats gambiens qui n’ont évidemment rien à voir avec la véritable marchandise. Tout le monde le sait et ferme les yeux. On déguise des exploitations de bois de grumes sous des permis de bois de chauffe. C’est un pillage organisé et environ 1000 milliards de francs CFA qui échappent chaque année aux Sénégalais !

Les gouvernements sont donc complices ?

Je vais vous donner un exemple : quand je suis arrivé au ministère, il y avait une autorisation d’activité délivrée par les autorités sénégalaises à une multinationale canadienne pour exploiter des mines d’or à six kilomètres à l’intérieur… d’un parc naturel protégé et classé par l’Unesco ! En échange de cette autorisation ? Un contrat entre cette mine canadienne et la direction des Parcs d’un montant de 20 millions de francs CFA ! Dans les grands projets d’extraction en Afrique, les politiques ne regardent même pas les contrats. Ce qui les intéresse, ce sont les sommes qu’ils vont pouvoir empocher. Les multinationales font ce qu’elles veulent.

En somme, les dirigeants africains se « suicident » ?

Globalement, les dirigeants africains n’aiment pas leur pays. Sinon, ils y passeraient sans doute plus de temps. Quand on veut lutter contre la corruption, mettre à la porte des gens qui touchent de l’argent pour dilapider nos ressources, on peut le faire. C’est ce que j’ai fait au ministère de l’Environnement. J’ai dérangé, j’ai été dégommé.

J’ai dérangé, j’ai été dégommé.

Que faire pour que l’écologie occupe une place plus importante dans le débat politique ?

La meilleure piste, c’est l’éducation et la formation des citoyens. Mais, bien sûr, notre force réside aussi dans la fédération de tous ces mouvements écologistes régionaux, nationaux et locaux. Je travaille par exemple avec des associations guinéennes au sujet du trafic de bois impliquant des intérêts chinois. Sur les questions transfrontalières, se fédérer est essentiel. Il faut également chercher à occuper le pouvoir. Ram Ouedraogo essaie au Burkina en se présentant à la présidentielle. Au Sénégal, nous avons une centaine d’élus locaux. C’est positif. Seulement, dans le jeu politique, les partis traditionnels sont mille fois meilleurs, mille fois plus aguerris.

C’est ce que vous avez constaté lors des dernières municipales ?

Quand je me suis présenté aux municipales, il y avait une telle ferveur autour de moi que certains me disaient que je ne pouvais pas perdre. Et puis, le jour où je suis allé voter, j’ai compris : tous les électeurs se faisaient prendre à part à l’entrée du bureau de vote et recevait une somme d’argent. J’ai dénoncé cela au gouverneur et il m’a répondu : « Tant qu’il n’y a pas bagarre, je n’interviens pas » ! Qu’est-ce que vous voulez faire ? J’ai fini quatrième du scrutin.

Votre parti sera pourtant actif lors des prochaines échéances électorales au Sénégal ?

Oui, aux législatives sénégalaises de 2017, nous n’allons pas faire d’alliance avec le parti au pouvoir ou l’opposition, qui entretiennent un système de concentration des richesses dans les mains d’une minorité qui fait la pluie, la pluie, et la pluie. Nous irons seuls et nous verrons bien quelle place l’opinion nous donne.

Le temps, c’est de la vie, et pas de l’argent.

L’opinion, justement, ne semble pas encore faire grand cas de l’écologie en Afrique…

L’opinion, elle se forge notamment par les médias et l’éducation, les deux étant contrôlés par le système que je décris. Cela changera quand l’humain recevra une grosse baffe. Et je ne parle pas d’un tsunami… On se rendra compte que le temps, c’est de la vie, et pas de l’argent.

Globalement, on sent un constat d’échec pour les partis écologistes africains, qui ne parviennent pas à s’imposer. Quelle est leur influence réelle ?

Il y a une réussite, c’est que l’on parle d’écologie. Ce n’était as le cas il y a quinze ans. Ensuite, il y a une vraie influence sur le domaine politique. Au Sénégal, quand j’étais en fonction, nous avons fait passer la loi interdisant les sacs plastiques et nous avons introduit le code de la pêche et le code forestier. Il y a donc des avancées mais il reste beaucoup à faire. Le Sénégal est aujourd’hui en état de catastrophe écologique.

Après les municipales et les législatives, votre prochaine étape est la présidentielle ?

(Soupirs) Malheureusement, cela coûte trop d’argent. Quand j’étais ministre, je me suis retrouvé dans des situations où des gens, notamment des capitaines de bateaux russes qui venaient pêchaient illégalement dans les eaux sénégalaises, me proposaient de l’argent pour que je les laisse partir. Je ne l’ai pas pris. Je crois que l’on s’en sortira quand chacun arrivera à renoncer à ces tentations. J’ai choisi ce chemin. Résultat, je n’ai pas l’argent pour me présenter à la présidentielle.
Mathieu Olivier/jeuneafrique.com

11/10/2017

FATWA CONTRE LES INTERETS DE LA FRANCE

Appels tous azimuts au boycott des multinationales françaises au Sénégal et en Afrique

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C’est la France et son jeune Président qui devront faire vite s’ils ne veulent voir leurs intérêts en Afrique et au Sénégal, mourir. En effet, depuis quelque temps, les appels invitant la jeunesse africaine à boycotter les produits français, ne cessent plus. À l’origine de ces invites, le très populaire rappeur et membre du mouvement Y en a marre, Thiat, l’activiste très respecté de la jeunesse africaine, Kémi Séba, mais aussi, depuis hier, le leader du Pastef-Les Patriotes, Ousmane Sonko.
Dans le cadre de leur lutte contre le Franc Cfa, les organisations panafricanistes n’écartent plus rien. En effet, tel un combat où tous les coups sont permis, les détracteurs de la «monnaie coloniale» enchaînent les initiatives de lutte, les unes plus acerbes que les autres. Et la dernière forme de lutte semble le boycott des produits et intérêts de la France, qu’ils accusent de faire main basse sur les économies de nos pays. Pour eux, c’est la seule manière de faire entendre raison à l’ancienne puissance coloniale, qu’ils accusent d’être à l’origine du maintien du Franc Cfa.
Thiat ouvre le bal
C’est lors de la mobilisation internationale contre le Franc Cfa du 16 septembre dernier que la dynamique a été lancée, à la place de l’Obélisque à Dakar. En effet, c’est lors de sa prise de parole à l’occasion de cette manifestation, que le rappeur Thiat, du mouvement Y en a marre, a appelé les Sénégalais à boycotter les produits de toutes les multinationales françaises présentes sur le sol sénégalais.
«Nous ne sommes plus dans une logique de dénonciation, nous devons poser des actes, parce que les gens que nous avons en face, ne nous respectent pas. C’est pourquoi, je lance un appel à vous ici présents, à dire à vos proches et à vos amis, de boycotter tous les produits de toutes les multinationales françaises présentes au Sénégal. Il faut leur dire de ne plus acheter le carburant chez Shell, Elf ou Total. Il faut leur dire de ne plus acheter dans les magasins Auchan, Leader Price ou Citydia. Il faut les inciter à acheter chez les Sénégalais. Laissons-leur leurs produits», avait alors martelé le virulent activiste, estimant que «si l’État du Sénégal croyait dissuader notre engagement en expulsant le camarade Kémi Séba, c’est qu’il n’a rien compris».
Kémi Séba s’y met
Dans un post publié, avant-hier, sur sa page Facebook officiel, l’activiste panafricaniste Kémi Séba a invité près de 400.000 personnes qui le suivent sur ce réseau social, dans le cadre de «la révolution anti Cfa», à boycotter des produits français en Afrique, le 28 octobre prochain. En effet, pour l’auteur de «Supra Négritude», puisque les élites politiques françaises et africaines continuent de faire la sourde oreille, la jeunesse africaine va hausser le ton. Ainsi, note Kémi Séba, «l’Ong Urgences Panafricanistes appelle à une journée internationale de boycott des produits français dans toutes les capitales africaines. Toutes les forces militantes stationneront ce jour là (peut-être pour longtemps…) devant les entreprises françaises et expliqueront à la population pourquoi il faut les boycotter et où désormais il faudra consommer», a déclaré Kémi Séba.
Ousmane Sonko fait fort
À Guédiawaye, avant-hier, pour rencontrer des militants de son parti, le leader du parti Pastef-Les Patriotes a dénoncé, à sa manière, le manque de patriotisme et la non-préférence nationale de bon nombre de Sénégalais, notamment des élus et autres fonctionnaires de l’État. En effet, le député Ousmane Sonko a révélé qu’en tant que député, il a refusé de s’approvisionner chez Total ou Shell, comme le lui ont proposé les services de l’Assemblée nationale du Sénégal.
«À l’Assemblée, l’autre jour, ils m’ont appris que j’avais droit à 350 litres en carburant. Il m’a été dit que j’avais droit à une carte de Shell ou de Total. J’ai répondu que je ne voulais pas de ces cartes. Je leur ai demandé s’il existait des cartes pareilles, mais de chez Elton ou de Touba Oil… Ils m’ont répondu que non. Je leur ai alors déclaré que je voudrais que vous me donniez une dotation d’un entrepreneur sénégalais. Pourquoi vous enrichissez les autres ainsi ? Ils font des bénéfices à coups de milliards qui sortent du pays. Or, je reste convaincu que si l’on soutient nos entrepreneurs nationaux, ils investiraient leurs bénéfices ici (Ndlr le Sénégal)», a raconté l’auteur de «Pétrole et gaz du Sénégal : chronique d’une spoliation», qui explique : «finalement, ils m’ont répondu qu’ils avaient trouvé un accord et qu’ils allaient me remettre des tickets de chez Elton».
Sidy Djimby NDAO jotay/leral.net

09/10/2017

LE SENEGAL PERFORMANT CONTRE DAESH

Deux terroristes de Daesh arrêtés au Sénégal

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La police sénégalaise a réussi un joli coup en arrêtant deux combattants algériens de l’organisation islamiste Daesh, à la frontière sénégalo-mauritanienne.
Les services de renseignements du Sénégal ont réussi un coup de maître en mettant la mains sur deux combattants terroristes algériens « aguerris et surentraînés » de l’organisation islamiste « Daesh », fait savoir L’Observateur. Ils sont identifiés sous les noms de B.M.A et B.M, et sont tous les deux âgés de 25 ans.
En collaboration avec d’autres forces, les services de renseignements suivaient les moindres faits et gestes des deux hommes depuis leurs entrés au Sénégal, en milieu de mois de septembre. Après un séjour en Mauritanie, les forces de l’ordre les ont cueillis à la frontière avec la Mauritanie, près de Rosso, alors qu’ils rentraient au Sénégal.
Mouhamed CAMARA/Senenews

07/10/2017

UNE FILLE SUR TROIS MARIEE AVANT 18 ANS

Mariages précoces : Pédophilie à grande échelle au Sénégal

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Selon le 16e rapport de Plan international sur la situation des jeunes filles, une fille sur trois est victime de mariage précoce au Sénégal. C’est-à-dire qu’elle a été mariée avant 18 ans, l’âge de la majorité.
L’étude, reprise par Le Quotidien dans son édition de ce samedi, indique que la situation est plus alarmante en milieu rural où le pourcentage de filles mariées avant 18 ans est de 49% contre 17% en ville.
Conséquences : grossesses précoces, avec leurs risques sur la santé de la mère et de l’enfant, et décrochage scolaire.
En effet, l’étude, qui couvre la période 2005-2015, renseigne qu’en 2015 «971 cas de grossesses ont été recensés au Sénégal concernant la tranche d’âges des 12-19 ans». Et que celles-ci concernent pour 71% des élèves de la 6e à la 3e et pour 28,1% des élèves de la seconde à la terminale.
Les régions de Sédhiou et de Ziguinchor sont les plus touchées. Elles affichent, respectivement, 30% et 19%, alors que dans le reste du pays les pourcentages oscillent entre 2% et 5,4%.
RP/Seneweb News

LE CHÔMAGE AUGMENTE

Emploi au Sénégal : Le taux de chômage hausse de 12,5% au 2e semestre 2017

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Le taux de chômage a augmenté de 12,5% au deuxième trimestre 2017 et il affecte davantage les femmes (17,8%) que les hommes (8,1%).
Ce taux de chômage du deuxième trimestre 2017 est marqué par un début plus précoce de l’hivernage. Selon Vox Populi, qui tire ses informations de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), ceci explique partiellement la baisse notée comparativement à celui du deuxième trimestre 2016.
Il s’ajoute à cela les durées de collecte qui n’ont pas été les mêmes. Environ 2 mois pour le deuxième trimestre 2017 contre un seul mois pour celui de 2016.
setal.net

05/10/2017

3000 ELEVES TÊTES DE TURC

Vive inquiétude après la fermeture des écoles du groupe Yavuz-Selim

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Sept écoles, 3 000 élèves, 500 professeurs plongés dans l’inconnu. Lundi 2 octobre, l’Etat du Sénégal a donc décidé comme d’autres, notamment le Mali et le Maroc, de fermer les établissements Yavuz Selim. Etablissements proches du prédicateur turc Fethullah Gülen, opposant accusé par Ankara d’être à l’origine de la tentative de coup d’Etat contre Recep Tayyip Erdogan en 2016. Des fermetures qui ont en tout cas provoqué une vive inquiétude chez les professeurs, les élèves et leurs parents. Reportage.
Fâchés contre deux présidents, Macky Sall mais aussi Recep Tayyip Ergodan. Comme de nombreux parents, El Hadj Mbaye accuse le chef d’Etat turc de faire pression sur l’Etat du Sénégal. « Un président d’un autre pays qui ferme une école au Sénégal, ou nous sommes indépendants ou nous ne sommes pas indépendants », tempête ce père de famille.
Le ministre de l’Education, Serigne Mbaye Thiam, a justifié ces fermetures. D’après lui l’association qui gère les écoles n’a plus d’agrément. Les faits reprochés seraient graves et donc confidentiels. « Vous savez bien que si ce sont des questions de cette nature-là, ce ne sont pas des questions que l’on étale sur la place publique. On reproche à une association des faits qui sont sans doute graves et en même temps on laisse cette association finir une année scolaire. On tenait à la continuité des enseignants », explique le ministre.
A 15 ans, Abdou ne comprend pas comment il est possible de fermer des établissements parmi les mieux cotés du Sénégal. « Regardez l’école. Vous voyez bien que ce ne sont pas des terroristes. Ils nous ont appris beaucoup de choses : le Coran, la religion, les mathématiques. On n’a pas élu Erdogan comme président, c’est Macky Sall que nous avons élu », souligne Abdou.
Présent depuis la création, professeur de mathématiques, Mamadou Ning s’inquiète pour le futur du groupe : « Si le dictat nous vient d’ailleurs, c’est difficile. Le « bijou » va-t-il se relever un jour ? Dieu seul peut le dire ».
L’Etat compte, via des tractations, permettre la reprise des cours rapidement.
Saggo/ferloo.com/rfi

01/10/2017

MBOUR ET SALY...

Culture Et Tourisme En Difficulté : Mbour, Pourquoi Ça Cale ?

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Une ville avec tous les atouts, Mbour. Dans ce gigantesque complexe urbain où tout se mélange, le principal souci des gouvernants d’aujourd’hui, (l’Etat et les collectivités locales) reste dans ce qui peut être fait pour sauver ce qui peut l’être. Mbour suffoque et il semble qu’il n’y a pas de solutions immédiates. Et, le plus regrettable est que contrairement à la métropole niçoise adossée sur la Méditerranée et seulement distante de quelques kilomètres de Monaco et de l’immense agglomération marseillaise sur la canebière qui est devenue la quatrième ville de France, Mbour forte de ses attributs de la nature, n’a tiré profit ni de la mer, encore moins de tous les atouts qui fondent le caractère d’une véritable ville.
En métropole, quelle grande ville aujourd’hui n’a pas son tramway, son centre piéton, ses vélos en libre-service ou encore son «écoquartier», se demandent certains experts et urbanistes. A l’heure du Smartphone et des villes numériques, l’on est pourtant, très très loin de ces images et clichés qui symbolisent la ville moderne, quand on parle des villes sénégalaises. A Mbour, à ce jour, le tourisme est presque mort de cette anomalie. Tout comme la culture, l’éducation et toutes les grandes librairies qui faisaient sa réputation, ont fermé leurs portes. Les grands magasins du centre aussi laissés à des affairistes dont le seul souci, loin de rendre belle, une cité, fussent-ils des Sénégalais, est de se faire de l’argent sur la population au lieu de servir les populations. Dans le centre ou ce qu’il reste, ne subsistent que les ombres du passé.
Le tramway, même si des lignes de tata viennent d’être lancées, ce sera peut-être pour l’autre siècle. Pour avoir une ligne, il faut des voies dans la cité ; Mbour n’en a plus. Pour améliorer la mobilité urbaine, la ville ne compte aucune voie bitumée dans le centre encore moins des feux de circulation. L’on est encore dans la préhistoire de la civilisation urbaine et la population semble s’en accommoder. Aujourd’hui, il n’y a aucune forme d’innovations, à commencer par la voirie morte de sa plus belle mort.
De centre, la jeunesse actuelle de la ville n’en connaît qu’une seule direction, celle qui mène à la station de Saly, site touristique qui n’a pas été incluse dans le périmètre urbaine ville et laissée à une communauté rurale, Malicounda, pour renflouer les caisses de cette commune-quartier située à l’entrée de la ville. Une cité de tous les paradoxes qui n’en tire aucun avantage ; voilà qui symbolise la ville de Mbour et son environnement.
La plus incompréhensible des mesures a été de l’avoir séparé pour des raisons qu’on aura du mal à expliquer dans l’avenir, à son arrière pays, sans aucune forme de concertation entre le rural et l’urbain. Au même moment, Diamniadio et son immense complexe urbain arrivent dans ce contexte sans aucune autre forme de perspectives qui va dans le sens du développement de la Petite côte. Ici tout a été pensé pour aller à… ou revenir de… Dakar. Quid de l’aéroport de Diass en voie d’être inauguré et qui ne sera d’aucune forme d’utilité dans la relance de la ville sinon y accroître l’anarchie et les encombrements en tout genre. Comme l’a été d’ailleurs, au regret des populations, le tourisme et l’aménagement de la station balnéaire de Saly au départ du programme.
Conçue comme l’élément-clé dans la construction du territoire, Dakar, devient une sorte de goulot d’étranglement à partir duquel tout se déconstruit également. Comment expliquer, à partir de ce moment, la difficulté d’entrer ou de sortir de Mbour ? Que l’on bifurque par la soi-disante bretelle à l’entrée de la ville et qui mène sur la route de Kaolack ou que l’on entre dans le ventre mouvementé de la ville pour aller vers Joal, on ne le fait pas en moins de vingt minutes. Un calvaire avec comme élément catalyseur, les gros camions en direction du Mali, de la Guinée-Bissau, de la Guinée ou des fois en provenance de ces pays, du Sénégal oriental et/ou de la Casamance.
Et dans un tel contexte, sans moyens suffisants, sans aucune vision, le maire peut tout se permettre en invoquant les difficultés liées à la conjoncture, mais encore l’absence de véritables projets politiques venant de l’Etat dans la ville. Les inondations qui le tracassent au quotidien à chaque saison des pluies en sont un bel exemple.
CONTRAINTES BUDGETAIRES, ABSENCE D’HORIZONS CLAIRS… : Un véritable gouffre urbain qui explose
Limitées au niveau de leur budget, toutes les villes sénégalaises fussent-elles littorales, fluviales, fluvio-maritimes ou intérieures n’ont aucune marge de manœuvre. Tous les projets urbains qui sont y lancés, ne le sont que grâce aux intérêts de la puissance publique. Sans elle, il y a aucun autre investissement à venir. Pour preuve, le pôle de Diamniadio en construction pour un montant d’environs 2 milliards de dollars, ne l’a été que par l’engagement de l’Etat avec ses partenaires marocains, indiens, et quelques Sénégalais qui y tireront nul doute profit. Que peuvent faire les maires, face à l’anarchie, toutes les formes de pollution, l’absence d’études sur leur cité.
Tous ces faits remarqués sont des freins au développement d’une ville qui ne prendra son envol que quand elle sera dotée d’un plan de développement urbain régional qui inclut à la fois, Thiès, Joal et Fatick. Mbour comme espace économique principal, Thiès comme centre d’une région économique, Joal et Fatick, comme aires de prospérité qui permettent de réduire la pression sur la ville. Pour exemple, Thiès n’est distante de Mbour que de 70, voire 75 kilomètres, selon le chemin qu’on prend. Joal est à 30, voire 32 km. Et, Fatick et sa région seulement distante de 70 km. Construire un ensemble au cœur de cette partie la plus humide du littoral à travers les îles du Saloum, Djifère, sur la route de Kombongoy, voilà le travail à faire pour certains spécialistes de l’aménagement du territoire.
Contrairement, à Diamniadio, Mbour et son agglomération ne se développeront par des bouts de territoire découpés en fonction des intérêts des uns et des autres. Confrontée aux pénuries d’eau chaque jour, à l’anarchie au sein des aires de rencontres (marchés, routes ou ce qu’il en reste), la population ne veut même plus qu’on lui parle de ville. L’absence d’homme ou de femme de la ville proche de l’Apr, dans le dernier gouvernement de Macky Sall, est aussi soulevée chez les jeunes comme une forme d’oubli que le président de la République et son entourage n’assument pas. Mbour, une méprise ! Certains jeunes n’hésitent plus à penser que l’équipe au pouvoir ne rêve pas d’un grand destin pour leur ville. Est-ce qu’ils ont tort à ce qu’on voit ?
Depuis des années, la grande mosquée dont un des pans s’était effondré, est restée en souffrance de par l’incompétence d’une équipe municipale incapable de développer la moindre capacité de coopération économique et sociale pour relancer ce projet. Quand l’association «Solidarité mbouroise » s’y est mise avec ses moyens à elle, la chose s’est accélérée timidement. Et, maintenant, c’est le Président Macky Sall qui s’y met avec la promesse de finir les travaux. Un mouvement de jeunes pour vendre du rêve voilà l’enjeu, mais s’agira-il d’un rêve durable ?
CITE NUMERIQUE, VOIRIE NOUVELLE, UNIVERSITES, LACS… : Diamniadio, modèle ou anti-modèle…
La question du budget est intéressante quand on l’évoque au cœur du fonctionnement des villes, car même Dakar dont le maire Khalifa Sall est encore en prison pour des problèmes de gestion interne de sa mairie, n’y arrive pas. Dans la ville sénégalaise, il semble que le casse-tête des élus reste l’équation de la gestion municipale. Le nœud de tous les problèmes est là et de quels moyens dispose un maire qu’il soit de Guédiawaye, de Diourbel, Pikine ou Mbour pour faire la mixité sociale, le logement ou des programmes d’assainissement ? Avec Diamniadio, l’on tente le tout pour le tout pour élaborer un modèle urbain qui devrait marquer les esprits. Mais, les autres villes, en ont-elles les moyens ? De l’Etat et des collectivités, qui doit faire la région, la question est ouverte aux planificateurs.
Le modèle Diamniadio, tout beau projet, confié à la Délégation Générale à la Promotion du pôle Urbain (Dgpu), est vu par certains comme un paradoxe dans le contexte de décentralisation que connaît le pays depuis le lancement en 1997, de ce projet dit de régionalisation. Et c’est le Délégué Général Seydou Sy Sall qui le dit lui-même, chez nos confrères de Financial Afrik en soulignant que «C’est la première fois dans l’histoire du Sénégal qu’un projet de cette envergure, est entrepris. 1644 hectares, pour vous donner une idée, c’est quatre fois le plateau de Dakar ; quatre fois les Parcelles Assainies. Certains pensaient en parlant de çà qu’il s’agissait d’un projet pharaonique qu’il était impossible de réaliser… En 2014, lorsque le Président Macky Sall lançait le projet, c’était un site complètement vierge. Mais, le Président, vous savez, c’est avec l’audace qu’on réussit tout. La première chose a été d’injecter ici le Centre international de conférence de la francophonie». L’idée, ajoute le délégué général du Pole, «c’était de susciter l’attractivité, l’attraction vers le pôle. L’Etat a voulu démontrer ici le mouvement en marchant…» Audace et attractivité, chacun de ces mots gardent son sens pour le projet, mais aussi pour la suite. Ils fixent aussi un cap pour le pays et son futur modèle à l’horizon 2030-2050. Mais, les mairies actuelles dans leur configuration et la composition de leurs élus, sont-elles capables de suivre ce mouvement, fut-il le plus beau, le plus construit au plan de la conception et du partage des idées ?
Face à cet exemple, la France dans sa conception du territoire, en partant de la région, du département, de la commune est un exemple inspirant encore une fois. On peut retenir ainsi, et les études des laboratoires des universités et instituts de recherche sur l’urbain, que la France n’a connu en tout et pour tout que deux périodes où les gestions municipales ont été fortement marquées par une vision politique. Celle du socialisme municipal, né dans les années 1880, qui s’est prolongé jusque dans les années 1930. Les villes deviennent alors des laboratoires du changement, avec la mise en place de grands services publics municipaux allant jusqu’à la création de boulangeries ou de pharmacies municipales. C’était pour l’époque…
Celle des années 1970 et 1980 ensuite, fortement marquée par la bipolarisation de la vie politique. À la suite du programme commun, une nouvelle génération d’élus de gauche conquiert des villes aux municipales de 1977. Dans leur gestion, ils vont mettre l’accent sur la démocratie locale, les loisirs et les grands équipements culturels. La première expérience se heurtera au Conseil d’État, qui veille scrupuleusement à faire respecter la loi de 1884 limitant les compétences des communes. La seconde trouvera ses limites dans les contraintes budgétaires qui vont rapidement s’imposer à tous. Les villes sénégalaises sont dans cette forme d’impasse qui commence à trop durer. «Pour faire très différent, encore faut-il en avoir les moyens financiers», souligne Patrick Le Lidec, chercheur au centre d’études européennes de Sciences-Po.
LIGNES DE FORCE
A l’heure des innovations et de la croissance verte : Mbour peut-elle redevenir une ville qui attire ?
Mal éclairée pour ses rues principales, sans aucun reflet qui attire le visiteur, Mbour peut elle devenir une ville d’avenir ? Simplement, une cité lumineuse, lisible et presque de taille humaine. Toute la question est à ces points.
Un débat de fond se tient actuellement au Sénégal dans le monde des urbanistes pour ce qui est du modèle à suivre pour remettre en vie les villes secondaires. Mais, quelles réponses proposent les mairies des villages devenues communes rurales comme celles des villes grandes ou moyennes au moment où tous disent avoir fait passer le budget municipal de 100 millions à plus d’un milliard de FCFA. A tort ou à raison, d’où vient cet argent que l’on agite et dont on ne recouvre même pas les 70% pour le budget. Image d’épinal, nos villes n’ont plus rien de villes malgré ces types de déclarations. Les maires de villes comme ceux des communes rurales en purs politiciens ne sont pas souvent et pour la plupart capables de lire même un bon budget. L’on fait dans l’à-peu-près en pensant que le peuple de la ville dort. Çà les arrange. Contre les inondations, les saletés, la mauvaise organisation des activités (mobilité urbaine, transports, gestion des marchés et halles…), l’anarchie est au cœur de tout. A Mbour comme à Kaolack, dans le centre de ces villes paisibles d’il y a quelques années, rien n’attire sinon, les odeurs et les saletés qui se mélangent au sable de rues mal entretenues. On est dans le flou. Si on considère qu’une ville intelligente, c’est une cité où l’on peut vivre son bien-être et faire du business, il n’existe pas encore une ville sénégalaise qui répond à ce critère en attendant de voir ce que va offrir le pôle urbain de Diamniadio. Le contexte de l’édification de cette nouvelle ville arrive au moment où jamais la gestion de la cité n’a jamais été aussi défaillante. Pour preuve, faute de résultat, même nanti de son expérience de paysagiste et grand connaisseur de la vie urbaine, le maire de Saint-Louis, Cheikh Bamba Dièye a été sanctionné par sa base et une partie de la population de la vieille ville. Le maire actuel, fort du soutien du chef dont il est le beau frère, ne fait pas mieux que lui moins de deux ans, après son élection.
Que dire de Mbour, la cité la plus envahie du Sénégal par l’exode après Dakar ? Au cœur d’une belle tourmente au niveau foncier, la ville n’a plus aucun charme. La décentralisation et ses incohérences lui ont enlevé tous ses privilèges et c’est dans ce contexte que tout ce qui faisait son charme a disparu : le tourisme est bien en très grande difficulté. La mer n’attire plus le visiteur étranger qui préfère désormais le sable fin de la Dominique et des Antilles beaucoup plus propres et plus aptes à les recevoir. Dans le même temps, rien n’est fait par les autorités au niveau de l’Etat comme au niveau municipal, pour relever la qualité de l’offre dans les hôtels encore en vie ; mais encore dans l’aménagement d’espaces du genre : les places du centre, la plantation d’arbres, les façades etc.
Qu’est ce qui attire d’ailleurs dans cette cité où toutes ces facéties qui font la réputation d’une cité n’existent nulle part ? A cette question, le maire serait incapable de vous apporter une réponse. Au cœur de la tourmente, il n’a plus d’avis ; il semble attendre son heure, pour ne serait-ce que rendre le tablier et laisser la place. Raisonnablement, c’est sans doute le meilleur service qu’il aura à rendre à la ville ; mais pour être remplacé par qui ? Autre question lancinante qui revient dans cette ville où depuis Ameth Sarr et Abdou Mané, il semble que l’on soit plus damnée que les autres. Moussa Ndoye n’a guère mieux, bradant le foncier comme il pouvait. Mbaye Diagne, malade et impuissant a eu toutes les difficultés à finir ses mandats. Alors à partir de là, regarder l’avenir reste difficile dans cette cité sans reflet, adossée sur l’atlantique, comme malgré elle.
FOCUS SUR… SALY
La grosse anomalie au cœur d’un chaos
40 ans d’existence et le Ko après, c’est cela à quoi ressemble la station balnéaire la plus connue en Afrique de l’ouest. Comment est-ce possible ? La réponse n’est pas simple pour les experts et les hôteliers qui se renvoient la balle. Au niveau du Centre Expérimental de Recherches et d'Études pour l'Équipement (Cereq)), l’on met cela sur la somme de toutes ces erreurs nées du non respect des normes d’établissement et de construction sur le littoral. L’on a chargé la mer, dit-on. Dans l’aménagement littoral, le village de Saly et sa station balnéaire reste comme un complexe qui, au début de sa conception, étaient destinés à faire de la Petite côte avec le Cap skirring, aux côtés de Dakar, mais aussi de Saint-Louis, le cœur du tourisme au Sénégal.
1977-2017, c’est juste au lieu des belles prévisions attendues, ce furent quarante années de désillusions pour la ville. Même si les débuts jusqu’à la fin des années 1990 furent exceptionnels sur l’économie de la zone et de la région, la suite a été presque catastrophique, parce que tout finalement s’en va. La côte envahie par la mer parce que «sabotée» par des édifices sans aucune norme de respect des sites. Sans le respect de la distance des 100 mètres entre la mer et la côte, comme dans la législation européenne qui devrait permettre de laisser l’océan dérouler ses vagues. La Direction de l’environnement et des établissements classés est dans la même mouvance sans arriver à convaincre les promoteurs hôteliers sur la Petite côte. Selon eux, aucune des solutions tentées par l’Etat jusque-là, n’a servi à rien pour sauver ce qui peut l’être sur le littoral. Le tourisme se meurt à Mbour parce que tout a été fait dans la planification du secteur, sans une cohérence avec le développement de la ville. Rien n’attire le touriste dans la cité, les quartiers, chez les gens. Ni l’habitat, ni la gastronomie, encore moins, la boulangerie et les services. Comment dans une cité touristique, vous ne pouvez avoir aucun organisme à visiter au plan récréatif. Aucun musée, encore moins des centres culturels et de bons restaurants.
Au niveau des infrastructures, qu’est-ce qu’il y a, à part le grand marché coincé au bord de mer et de l’ancien centre ville ? Pittoresque et propre à ces débuts dans sa gestion et son organisation, ce grand centre d’échanges a été vite dépassé par le développement anarchique qu’il y a dans la ville sans que des mesures intelligentes viennent pour prévenir et organiser son avenir. Est-ce trop demander aux autorités municipales ? Tout autour de ce marché où toutes les voies étaient bien tracées, il n’existe plus aucun grand restaurant ; aucun centre où l’on peut se reposer quand il fait chaud. La station de Saly qui était devenue le lieu où l’on pouvait disposer de ces espaces, a également perdu sa flamme même forte de son nouveau statut de commune.
Mame Aly KONTE - Sud Quotidien

28/09/2017

37% NON SCOLARISES

37% des enfants en âge d’aller à l’école ne sont pas scolarisés

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Trente-sept pour cent des enfants scolarisables ne fréquentent pas l’école, selon une étude nationale sur les enfants et les jeunes hors du système éducatif.
D’après cette enquête, au Sénégal, entre 2015-2016, sur une population scolarisable d’enfants estimée à 4 millions 22 mille 229, l’effectif des enfants scolarisés était de 2 millions 523 mille 973, soit 63%, contre 324 mille 209 enfants déscolarisés, soit 8%. L’effectif d’enfants jamais scolarisés se chiffrait dans le même temps, à 1 million 174 mille 077, soit 29%, a constaté l’agence de presse sénégalaise.
Quelque 20% des enfants et jeunes scolarisés âgés entre 6 et 16 ans sont dans une situation de risque de décrochage scolaire, révèle l’enquête, passée en revue par la même source.
Toujours selon les résultats de l’enquête, 57 % d’entre eux sont des garçons. Cette prédominance des garçons parmi les enfants hors du système s’observe dans toutes les régions du pays, à l’exception de Kédougou, Sédhiou et Ziguinchor.
L’objectif de cette enquête de l’USAID menée en collaboration avec le ministère de l’Education nationale, est de fournir des donnés actualisées et nationales sur les enfants et les jeunes hors du système éducatif afin d’assurer une meilleure prise en charge de leurs besoins et attentes en matières de formation ou d’éducation.
Le ministre de l’Education nationale (MEN), Serigne Mbaye Thiam, estime que les résultats de cette enquête interpellent directement l’Etat du Sénégal qui devra développer une stratégie pour prendre en charge ces enfants hors du système éducatif.
Couly CASSE/Senego

27/09/2017

LE SENEGALAIS N'A PAS CHANGE

Naufrage du Joola : Non, les Sénégalais n'ont pas tiré de leçons du drame !

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C'était le 26 septembre 2002. Alors qu'il reliait Ziguinchor, le bateau le Joola coulait en mer. Près de 2000 personnes y ont perdu la vie. Encore plus terrible que le Titanic, le naufrage devient la catastrophe maritime la plus meurtrière. En cause : la surcharge du navire. "Plus jamais ça", s'étaient emballés les Sénégalais dans leur grande majorité. Quinze ans après, les pratiques demeurent.
Un meurtrier nommé "Indiscipline"
Mercredi 25 mai 2011, consternation sur la voie de dégagement nord ! Un camion chargé de gravats roule à tombeau ouvert et se dispute la route avec un car "Ndiaga Ndiaye". Un acte d'une irresponsabilité déconcertante, qui ôtera prématurément la vie à 3 âmes innocentes.
Dans sa course folle, le conducteur du camion perdit le contrôle de son véhicule qui percute un poteau électrique, tue un jeune talibé et finit sa course sur deux autres jeunes élèves de l'école Machalla! Insoutenable scène!
Le coupable : le chauffeur du camion qui écopera d'une peine de 5 ans de prison ferme. Son permis sera annulé. La page est très vite tournée. La prise de conscience générale n'aura pas lieu. L'indiscipline reprend de plus belle sur les routes.
Les menaces de Macky
Le chef de l'Etat monte au créneau. "Il y a une indiscipline telle que je vais demander au gouvernement de renforcer les moyens de contrôle et de présence pour que nous puissions préserver ces vies humaines, qui auraient pu permettre au pays d'avancer et permettre aux familles éplorées de se développer dans la quiétude", avait-il dit. Rien n'y fit. Chaque jour, même tableau. Des bus, mini bus, cars rapides ou Ndiaga Ndiaye, surchargés à bloc, sous l'œil des forces de l'ordre.
L'indiscipline semble avoir la vie dure. Le mardi 07 août 2012, une vingtaine de famille est dévastée par la tristesse. Un accident d'une rare violence s'est produit à Kaffrine. Bilan : 20 personnes décédées. Le bus a percuté un camion chargé de charbons, la nuit. La cause est toute connue: la somnolence. "Plus jamais ça", a-t-on encore dit. Mais, cela ne freinera aucunement le carnage. De 2012 à 2016, l'indiscipline, l'inobservance des règles de sécurité et de conduite, règnent sur les routes.
"Plus jamais ça", un refrain sans effet
L'année 2016 se montrera particulièrement macabre sur nos routes. Lundi 12 décembre, au moins, 13 personnes perdent la vie dans une collision effroyable à hauteur de Koumpentoum. Dans la même journée à Thieumbeul, un véhicule qui transportait des pèlerins revenant du Gamou, entre en collision avec un "Ndiaga Ndiaye". Bilan : huit 8 morts et plusieurs blessés graves. 21 morts en une journée. Le dimanche 11 décembre, un véhicule 7 places entre, encore, en collision avec un camion frigorifique. 8 personnes meurent. Verdict : 29 morts en 48 heures.
Médina, Gounass, Demba Diop : La honte
Le 15 juillet 2017, l'indiscipline atteint son paroxysme quand des supporters de l'Us Ouakam s'en prennent à ceux du Stade de Mbour, provoquant une tragédie nationale à retentissement mondial. 8 morts seront dénombrés au Stade Demba Diop.
En avril 2017, un incendie d'une rare violence ravage le Daaka de Médina Gounass et fait 30 morts. Pourtant, à chaque édition du Daaka, des incendies meurtriers sont notés. Les mêmes causes provoquent chaque année les mêmes conséquences macabres. Les mêmes comportements meurtriers se poursuivent et l'Etat n'apporte aucune solution radicale. Et même, cet incendie du Daaka, rappelait celui de la Médina où 9 talibés perdirent tristement la vie.
Il n'y a pas que les routes qui tuent. A Diourbel, des branchements électriques vétustes avaient causé un incendie dans lequel un pompier, qui tentait d'éteindre les flammes, a péri.
"Les Sénégalais n'ont pas tiré des leçons de cette catastrophe"
Pour le sociologue Oumou Tandian, l'explication à ces drames répétitifs est simple : "Les Sénégalais n'ont pas tiré de leçons du naufrage du Joola".
"Nous Sénégalais, à chaud, on essaye de tirer les leçons. Mais le problème, c'est que dans la pratique on ne le fait pas. Chez nous, on est tellement fatalistes qu'on dira "Ndogalou Yalla la" (c'est la volonté divine), c'est Dieu qui l'a voulu ainsi on n'y peut rien", analyse Dr Oumou Khairy Coubaly Tandian.
"Aujourd'hui à Dakar vous voyez les véhicules surchargés. En dehors de Dakar également les voitures sont surchargées. Je dirais que les Sénégalais n'ont pas tiré des leçons de cette catastrophe qui peut se reproduire. D'ailleurs, elle s'est reproduit à Bettenty. Peut-être que l'ampleur est moindre, mais ça s'est quand même reproduit", a-t-elle analysé.
Un problème d'autorité et de discipline
La solution pour Dr Oumou Tandian : plus de fermeté de la part des autorités. " Il faut qu'il y ait des sanctions. Car, le transporteur qui surcharge son véhicule lors des fêtes pour gagner plus, ou les transporteurs qui font des aller-retour incessants pour gagner le maximum, c'est qu'ils se disent que quand il y a accident il n'y a pas de sanction derrière. On ne situe pas les responsabilités et on dira "Ndogalou Yalla la" et on continue". Mais il n'y a pas que ça pour le sociologue. "Il y a aussi un manque de respect de la vie humaine. Il faut que les autorités fassent leur travail. Ce sont des problèmes de sécurité que les autorités doivent prendre à bras le corps. Parce que les Sénégalais, tant qu'il n'y a pas de sanctions ils continuent à faire ce qu'ils font. Il faut que l'autorité sanctionne davantage et que les gens prennent conscience aussi du danger", indique Mme Tandian.
Youssouf SANE - Seneweb.com

25/09/2017

BUDGET 2018 DU SENEGAL

Le Sénégal vise un budget de 3700 milliards de francs FCFA en 2018

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Après avoir franchi la barre des 3000 milliards de francs CFA depuis quelques années, le budget du Sénégal est en croissance chaque année. Pour 2018 ont devrait atteindre la barre des 3700 milliards de francs CFA selon Mamadou Moustapha BA, directeur général des finances.
Il a tenu ces propos lors de la 17ème session des assises économiques du Mouvement des entreprises du Sénégal (Meds). Prenant prétexte du thème des assises du Meds : «Les infrastructures sont-elles un levier de développement économique pour le Sénégal ?», Mamadou Moustapha d’indiqué que le Sénégal a injecté de beaucoup fonds dans les infrastructures, notamment routières qui permettent une meilleure activité économique. De 2012 à 2016, le gouvernement du président Macky Sall a mis 840 milliards de francs CFA dans les infrastructures. Cela fait une moyenne annuelle d’à peu près 210 milliards de francs CFA. L’argent investi a permis la réalisation de 56 kilomètres d’autoroute, 1500 kilomètres de pistes de désenclavement, la construction de 1314 kilomètres de routes revêtues etc…
Awa Diallomediasenegalsn

23/09/2017

DEUIL CHEZ LES TIDIANES

le khalife de la confrérie des Tidianes est mort

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Jour de deuil pour les Tidianes au Sénégal après la disparition du khalife général de la confrérie dans la nuit de jeudi à vendredi 22 septembre. Six mois après son intronisation en mars 2017, Serigne Abdou Aziz Sy Al Amine avait notamment marqué par ses déclarations très critiques à l'égard de la vie politique. Il a été enterré ce jour. Il était né en 1928 et a été très actif au sein de la confrérie depuis son adolescence. Et il cherchait à atténuer les tensions, y compris au sein de sa propre famille religieuse, mais aussi du côté de la classe politique.
Serigne Abdou Aziz Sy Al Amine n'est plus. Sa réputation s’était confirmée à peine quelques jours après son arrivée à la tête de la confrérie religieuse, il y a six mois. A la classe politique sénégalaise réunie pour le rencontrer, il avait fait à l’époque cette demande : « arrêtez les injures et reprenez le dialogue ».
Il connaissait mieux que personne cette famille religieuse tidiane pour en avoir été le porte-parole, pendant plusieurs décennies. Son père lui-même avait été khalife général.
Sa désignation à la tête de la confrérie il y a six mois avait été vue comme une forme de continuité, explique l’enseignant-chercheur sénégalais Bakary Sambe. Continuité, mais également rupture. Al Amine était par exemple l’un des grands artisans de la reconnaissance de l’enseignement de l’arabe au Sénégal. Et il ne craignait pas non plus de faire la morale aux hommes politiques.
Pour sa succession, on cite déjà un nom, celui de Serigne Mbaye Sy Mansour, porte-parole de la confrérie depuis six mois. En attendant une confirmation officielle, l’inhumation d’Al Amine vient d’avoir lieu ce jour, à Tivaouane, la ville sainte des Tidianes, où se sont rendus de nombreux talibés tidianes et où les représentants de toutes les confréries religieuses sénégalaises sont venus rendre un dernier hommage au khalife général des Tidianes.
RFI

21/09/2017

LES MIGRANTS AU SENEGAL

Le quotidien des migrants au Sénégal, pays de transit

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Souvent sans papiers, les candidats au départ doivent affronter de fréquentes tracasseries administratives et se voient aussi refuser l’accès aux soins ou à l’éducation de leurs enfants.
De part sa situation géographique, le Sénégal est sur le chemin de l’Europe. Beaucoup de candidats à la migration passent par ce pays avant de poursuivre leur route. Mais certains Africains de la sous-région ou du continent arrivent sans papiers. Une situation qui les expose à des tracasseries administratives, comme l'explique Amadou Tall, magistrat et membre du comité des Nations unies pour la protection des droits des migrants. "Après avoir quitté leur pays, les migrants se débarrassent souvent de leur papiers," explique-t-il. "Une fois arrivés dans le pays de transit ou le pays de destination, ils ont alors des problèmes d’accès à l’Etat civil. Quand ils sont en famille, ils ont des problèmes d’accès à l’éducation pour leurs enfants, ils ont des problèmes d'accès aux soins de santé" confie le magistrat à la DW.
Les lois de la justice
En situation irrégulière, ces migrants sont aussi en situation de vulnérabilité. Ils sont arrêtés et traduits en justice. Souvent sans bénéficier d’un droit à la défense.
Me Pape Sène est le président du comité sénégalais des droits de l’Homme et il explique que "effectivement, il est arrivé que des migrants venant de pays voisins comme la Guinée ou le Cap Vert qui essaient de transiter par le Sénégal connaissent un certain nombre de problèmes parce qu'étant dans une situation irrégulière."
"Ils sont abandonnés à eux-mêmes parce qu’ils n’ont pas les rudiments nécessaires pour pouvoir au moins accéder à la justice. Ils n’ont pas également d'interlocuteurs, ni leurs représentations diplomatiques, ni les autorités étatiques pour les orienter", dit-il pour terminer.
Des actions judiciaires sont engagées à leur encontre et se soldent parfois par leur incarcération. Le Juge Amadou Tall s’en désole.
"Aujourd’hui, au Sénégal, on peut toujours emprisonner quelqu’un parce qu’il est en situation irrégulière", explique-t-il. "Ce qui n’est pas conforme aux dispositions de la Convention internationale sur les droits des migrants".
Une protection minimale garantie?
Malgré tout, le Sénégal n’est pas un si mauvais élève en matière de droits des migrants. C’est du moins l’avis d’Andrea Orbi. Il est spécialiste en migration et droit international et explique que "le Sénégal, du point de vue de l’intégration des migrants, est quand même assez protecteur."
Pour endiguer les difficultés, les fondations Friedrich Neumann et René Cassin ont récemment organisé une session de formation à Dakar afin de mieux former les magistrats et les avocats sur la question sensible du droit des migrants.
dw.com

18/09/2017

LA NATIONALITE SENEGALAISE

Que vaut la nationalité Sénégalaise aux yeux du monde?

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Dans une étude menée par le professeur de droit Dmitri Kotchenov et publiée par l'entreprise britannique Henley & Partners, il est établi l'indice représentative de la nationalité de la valeur de chaque nationalité dans le monde.
Cette étude qui a découlé d'un classement mondial est établie selon plusieurs critères traités équitablement et divisés en deux grandes catégories: les facteurs internes, propres au territoire national, et les facteurs externes, liés à la reconnaissance du document d'identité à l'étranger.
Parmi les facteurs internes, les chercheurs ont analysé les données nationales en matière de développement, de progrès et de puissance économique, son niveau de stabilité politique et les risques de conflits.
Parmi les facteurs externes pris en compte: la liberté pour les citoyens d'un pays de voyager et les facilités octroyées par ce pays aux étrangers désireux de s'y installer.
En ce qui concerne le Sénégal, ces dernières n'ont pas été de bons résultats sur l'emplacement de la qualité de la nationalité. Cette étude publiée chaque année précédente de l'année en cours montre des statistiques de chaque pays du monde.
Sur l'indice de qualité de nationalité, le Sénégal est placé à la 104ème contre la 88 ème place en 2015. Le Sénégal devance beaucoup de pays l'espace CEDEAO mais est loin derrière comparé à des pays comme l'Allemagne 1er et la France 2ème.
Sur la valeur externe de la nationalité le Sénégal est classé à la 87ème place contre la 68ème place qu'il occupait en 2015. Comparé à des pays comme le Ghana (81) ou la Sierra Leone (84), le Sénégal est derrière aussi la France 1ère et la Suède 2ème.
Sur la liberté des étrangers de venir s'installer au pays, le Sénégal est classé 19 ème contre la 15 ème place de 2015. Mais le Sénégal devance presque tous les pays de l'espace CEDEAO sauf la Guinée et le Mali placés à la 18 ème place. Pour cet indice le premier pays est la France et le 2ème est la Finlande.
Sur l'indice de la liberté de voyager qui garantit aux citoyens de se déplacer en toute sécurité dans d'autres pays du monde, le Sénégal est classé à la 122 ème place contre la 116 ème place de 2015. Néanmoins le Sénégal est loin devant les pays de l'espace CEDEAO. L'Allemagne est le 1er pays suivi de la Suède en seconde place.
Tous ces indices démontent que le Sénégal perd de plus en plus de place dans la course à la qualité de la nationalité. Cela montre aussi que la diplomatie Sénégalaise doit faire des efforts en matière de bien-être des citoyens partout dans le monde. Le Sénégal a perdu beaucoup de places en l'espace d'une seule année. Ce qui diminue de plus en plus la force de la nationalité Sénégalaise aux yeux du monde...
Dakaractu.com

17/09/2017

DROIT D'ASILE DES HOMOSEXUELS

1839 homosexuels sénégalais obtiennent un droit d’asile en Belgique

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Selon des chiffres provenant du secrétariat d’État à l’Asile et aux Migrations, le nombre de Sénégalais ayant déposé une demande d’asile en Belgique depuis 2010, a atteint 3 280. Sur ce nombre, 1 839 Sénégalais ont reçu leurs titres de réfugié après avoir été reconnus comme homosexuels.
Et sur ces 1 839 « goorjigeen » sénégalais, 327 sont des femmes reconnues lesbiennes. Selon la source belge qui relate l’information, le «Sénégal n’est pas sûr» dans la liberté sexuele.
Raison pour laquelle l’Etat belge accorde cette protection aux homos Sénégalais.
L’info filée par le site wabitimrew.net et reprise par le pop, précise que pour être reconnu comme homo, les candidats à l’asile « passent à la caisse » avant de recevoir une attestation de membre d’une des nombreuses associations de gays et de lesbiennes du Royaume qui leur permet de prouver d’abord leur état.
pointsenegal

07/09/2017

HISTORIQUE

Les Sénégalaises font moins d’enfants

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Historique ! Les Sénégalaises font moins d’enfants que par le passé. «C’est la première fois au Sénégal que nous descendons de la barre de la moyenne de 5 enfants par femme en âge de procréer», révèle Aboubacar Sadikh Bèye, le directeur de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, lors de la publication des résultats de l’Enquête démographique continue 2016. D’après cette étude, les femmes de 15 à 49 ans font en moyenne 4,7 enfants. Une baisse de fécondité qui survient pour la première fois depuis 10 ans.
Voxpopuli - Seneweb.com

02/09/2017

TABASKI AUSSI SAMEDI

L'Afrique de l'Ouest célèbre la Tabaski, la «fête du mouton»

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Selon les pays, c’est ce vendredi 1er septembre ou samedi qu’est célébrée la Tabaski, l’une des fêtes religieuses les plus importantes de l’année pour les musulmans. Derniers préparatifs et traditions locales.
A Dakar, les tailleurs font les dernières retouches et rendent les commandes d'habits passées il y a parfois plusieurs semaines. Car la Tabaski est aussi une affaire d'élégance au Sénégal.
Dans l'atelier d'Omar Ly, un poste de télévision retransmet le rassemblement des pèlerins du hadj au mont Arafat. Les prières des fidèles servent de fond sonore pour les cinq couturiers qui travaillent cette dernière nuit jusqu'à 4h du matin et tentent par tous les moyens de lutter contre le sommeil.
Dans une autre boutique, Alioune, la cinquantaine, finit une broderie. Cela fait quinze jours qu'il passe ses nuits devant sa machine à coudre. « Je n’ai presque pas dormi, j’ai les yeux fatigués », commente-t-il.
Il y a beaucoup de travail à quelques heures de la Tabaski pour les milliers de tailleurs de Dakar. Cette année, les tendances semblent être les coupes « obasanjo » et le rose fuchsia pour les femmes, confie Habib Aw. Lui pourra dormir tranquille. Ce tailleur n'en est pas à sa première Tabaski et il a su bien s'organiser. « Je reprends à 6h et j’arrête à 22h. C’est comme ça que je travaille. Et je ne prends pas les commandes passées moins de dix jours avant la fête », explique-t-il.
Au Sénégal, la Tabaski ce sera samedi pour la majorité des habitants.
RFI

31/08/2017

TABASKI

Le Sénégal se prépare à la fête musulmane Tabaski

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Au Sénégal, la vie est rythmée depuis plusieurs jours par les préparatifs de la Tabaski. L'achat du mouton continue d’être un casse-tête pour les ménages et les habits coûtent de plus en plus chers. L'ambiance bat son plein au marché Hlm, en plein cœur de Dakar.
L'Aïd al-Adha ou l'Aïd el-Kebir, fête la plus importante de l'islam, est appelée Tabaski dans les pays d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique Centrale qui ont une importante communauté musulmane.
"Cette année, les ventes ne marchent pas tellement car les pluies fréquentes nous obligent à couvrir nos produits en permanence, ce qui restreint leur visibilité", explique Madior, un jeune marchand de tissus.
Comme lui, les marchands ne sont pas vernis à cause de l’hivernage. Les tailleurs, eux, se frottent les mains. Au milieu des crépitements de ses machines, Lassana Diarra confie ses bonnes affaires.
Lassana dans son atelier de couture, à Dakar, le 27 août 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)
Lassana dans son atelier de couture, à Dakar, le 27 août 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)
"En ce moment, on ne se plaint pas trop car les affaires marchent bien. D’habitude, les coupures d’électricité nous handicapaient, mais il n’y a presque plus de délestages. Nos clients nous posent des soucis avec leurs nombreuses réclamations et leur pression constante, mais nous essayons toujours d’être compréhensifs car à la fin on y trouve notre compte. Malgré la conjoncture, les tissus et les boubous coûtent au minimum entre 10000 et 15000 francs CFA".
Non loin de l’atelier de Lassana, Assane Diop se pavane au milieu de ses dizaines de moutons. Il souhaite les vendre à bon prix, mais il est aussi inquiet pour certains chefs de famille.
"Au Sénégal, les moutons ne sont pas vendus à des prix qui ne sont pas très abordables. Nous achetons les moutons chers et nous nous occupons d’eux pendant plusieurs semaines, ce qui fait que les prix sont toujours élevés", explique-t-il.
"Nous pensons aux chefs de famille qui tirent le diable par la queue pour trouver un mouton et passer la Tabaski dignement", conclut-il.
Pour Ndeye Lissa Gueye, il est tout à fait normal de faire toutes ces dépenses pour une fête aussi prestigieuse que la Tabaski.
"Au Sénégal, nous sommes des musulmans qui tenons beaucoup à cette fête, c’est pourquoi nous y mettons tout ce que nous avons, toutes nos économies y vont. Nous achetons des chaussures pour les enfants, des boubous et tout ce qui peut rendre cette fête belle. Nos chefs de famille achètent de beaux béliers pour que le Jour-J, la fête soit totale avec un grand festin. C’est vraiment une grosse dépense financière", témoigne-t-il.
Au Sénégal, les traits culturels déteignent sur la pratique religieuse au point que la Tabaski y est fêtée avec un faste qui n’a pas son pareil dans la sous-région africaine. Même le mouton, élément le plus symbolique de cette fête, est devenu un véritable casse-tête pour les chefs de famille qui sont obligés d’en trouver le plus cher possible pour le simple paraître social.
Seydina Aba Gueye/voaafrique.com

30/08/2017

L'EGLISE DE KARABANE EST RENOVEE

Casamance : La vieille église de l’île historique de Carabane totalement réhabilitée

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La vieille église de l’île historique de Carabane (Oussouye) vient d’être entièrement réhabilitée par l’Etat. Le ministre de la Culture et de la Communication, qui a visité le chantier la semaine dernière, s’est réjoui de la remise à neuf de ce lieu de culte, au grand bonheur des insulaires de la zone, notamment les fidèles chrétiens.
Le ministre a rappelé que cette église était complètement délabrée et même abandonnée. Sa rénovation a été faite dans le cadre du programme de réhabilitation des lieux de culte et des lieux de mémoire historiques auxquels les populations locales sont fortement attachées. C’est un programme initié par le chef de l’Etat. Il s’inscrit dans le cadre de la territorialisation des politiques publiques que le Président Macky Sall a instaurée et qui met le terroir au cœur du développement local.
Pour Mbagnick Ndiaye, réhabiliter ces sites du patrimoine historique classé, c’est leur redonner une seconde vie et leur permettre de continuer à demeurer le socle de l’affirmation de notre identité culturelle. « Le projet a coûté presque 200 millions de FCfa », a révélé M. Ndiaye.
Le ministre s’est félicité du fait que le chantier ait été magnifiquement réalisé par Eiffage qu’il a remercié d’avoir retapé à neuf cette église en six mois de travaux. Il a estimé que l’édifice peut encore durer une cinquantaine d’années. D’après les informations historiques, l’église de Carabane a été construite en 1885. Elle est une des premières du Sénégal. Quant aux populations locales, elles ont tenu à saluer la bonne qualité des travaux et à féliciter les techniciens de l’entreprise Eiffage, ainsi que les ouvriers qui ont été recrutés sur place pour l’exécution correcte du chantier.
Pour sa part, le directeur du Patrimoine culturel, Abdoul Aziz Guissé, a fait remarquer que le choix de Carabane, dans le cadre du programme de réhabilitation des lieux de culte et des lieux de mémoire historiques, se justifiait par l’importance historique de cette île. Il a rappelé que celle-ci avait accueilli le premier comptoir colonial français.
A en croire toujours M. Guissé, la construction de cette église de style breton, qui remonte à 1885, était partie intégrante d’un plan d’urbanisme de l’île de Carabane initié sous l’administrateur Emmanuel Bertrand Bocandé en 1852. « Carabane, avec l’ancienne mission catholique, son église bretonne, les ruines du pénitencier, asile de déportation des résistants à la colonisation, pudiquement appelé l’école spéciale et les vestiges des maisons commerciales bordelaises, constitue un ensemble historique important qui figure sur la liste indicative du Sénégal des sites susceptibles d’être proposés au patrimoine mondial de l’Unesco ».
Au moment de quitter Carabane, le ministre a demandé à la direction du Patrimoine et à Eiffage de trouver une cloche pour l’église, avant son inauguration prévue en février 2018. A ce sujet, le vicaire d’Elinkine, Père Pierre Francesco, au nom du conseil paroissial, a invité le chef de l’Etat à venir honorer de sa présence ladite cérémonie. En outre, le ministre a invité le directeur des Arts à appuyer les initiatives des acteurs culturels locaux pour contribuer à l’animation de Carabane, l’île historique.
El Hadj Moussa SADIO/lesoleil.sn

29/08/2017

LE SENEGALAIS EST SOBRE...

Consommation d’alcool : Le Sénégal à la 44e place en Afrique

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Le Sénégal fait partie des pays où l’on consomme le moins d’alcool en Afrique. Il se trouve à la 44e place sur les 49 pays africains étudiés, avec 0,23 litre.
C’est du moins les résultats d’un rapport publié par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans le document, l’OMS mesure la consommation d’alcool pur, par an et par habitant de plus de 15 ans.
Respectivement, le Gabon est arrivé largement en tête avec une moyenne de 9,01 litres d’alcool pur. Le Nigéria vient en seconde position avec 8,9 litres, l’Ouganda avec 8,33, l’Afrique du sud avec 7,7 litres, le Rwanda avec 7,12 litres.
L’Algérie et le Niger restent les pays où l’on consomme le moins d’alcool.
Par ailleurs, le document rapporte que l’OMS a également mesuré dans chaque pays, la consommation « des seuls buveurs d’alcool en excluant toutes les populations abstinentes ». Ainsi, en Gambie, la consommation annuelle d’un buveur est de 30,9 litres, au Mali 29,3 litres et aux Emirats Arabes Unis, 32,8 litres.
Junior Sen/leral.com

27/08/2017

TABASKI

Les chiffres clés de la Tabaski

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La fête du mouton, l'a-t-on surnommé. Au Sénégal, quand la Tabaski approche, c'est la ruée vers les moutons. Dans chaque ménage musulman, trouver un bon bélier, à moindre cout, devient l'obsession des pères de famille. L'Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (Ansd), dans son projet dénommé "à l'écoute du Sénégal", a réalisé un travail, jusqu'ici jamais fait sur cette fête, en étudiant la manière dont les ménages Sénégalais ont vécu la Tabaski 2016. Elle vient de rendre les conclusions de son enquête. Sans précédent !
83.6%, ont pu sacrifier un mouton
Le premier constat fait par les enquêteurs, c'est qu'au Sénégal, la majorité des ménages musulmans se sont acquittés de leur devoir religieux en sacrifiant un animal lors de l'Aïd Al Kébir 2016. Sur le plan national, "plus de quatre ménages sur cinq, soit 83,6% ont accompli ce rituel lors de la Tabaski, renseigne le rapport parcouru par Seneweb.
Plus de 16% n'ont pas pu sacrifier un mouton
Cependant, ce chiffre révèle une statistique bien moins joyeuse. Car, "malheureusement, un peu plus de 16,0% des musulmans au Sénégal n'ont pas pu le faire notamment en milieu rural (18,7%) et dans la zone urbaine de Dakar (16,0 %) dans une moindre mesure", renseigne l'Agence nationale de la statistique et de la démographie. Et pour être plus précis, ce sont 16.4% qui n'ont pas pu immoler.
Pas d'argent, pas de Tabaski
Et ces 16,4% des ménages enquêtés, qui "n'ont pas pu accomplir de sacrifice lors de la tabaski", ont cité le manque d'argent comme la raison principale. "La principale raison qui explique l'absence de sacrifice est le manque d'argent : neuf ménages sur dix (90,3%) n'ont pas sacrifié un animal parce qu'ils n'ont pas eu d'argent.
Le manque d'argent reste également la principale raison qui a poussé les ménages à ne pas effectuer de sacrifice en milieu rural (94,4%), à Dakar-urbain (83,8%) et dans les autres zones urbaines".
Les Sénégalais raffolent du mouton
Au Sénégal, le mouton est l'animal star de la Tabaski. L'Ansd renseigne que 9 ménages sur 10, ou 89,6%, ont sacrifié un mouton. Cependant, ce chiffre cache des disparités, puisqu'en zone urbaine de Dakar, la proportion des ménages ayant sacrifié un mouton est proche de 100% alors qu'en milieu rural ce sont plutôt huit ménages sur dix (80,3%) qui sont concernés.
9.5% ont immolé une chèvre
Après le mouton, vient la chèvre, sur la liste des bêtes les plus immolées. Cependant, la proportion des ménages qui ont sacrifié une chèvre n'est pas importante et "ne concerne, au niveau national, que 9,5% des ménages qui ont accompli le rituel de la tabaski". Et c'est en milieu rural que "cette proportion est relativement importante avec 18,2% des ménages ruraux". Les autres types d'animaux, tels les bœufs, n'ont quasiment pas été utilisés pour le sacrifice.
Élever ou acheter ?
Chez nous, de nombreux Sénégalais font l'effort d'élever leur mouton chez eux. Cependant, l'écrasante majorité des ménages achètent le mouton qu'ils sacrifient. L'enquête révèle que "72,4% des ménages ont acheté l'animal sacrifié tandis que 23,0% l'ont élevé". Et c'est dans le milieu rural qu'on retrouve le plus souvent les ménages qui ont élevé eux-mêmes la bête sacrifiée avec 26,5% contre 21,6% à Dakar-urbain et 17,3% dans les autres zones urbaines.
Pourquoi ils achètent plutôt que d'élever
Si l'écrasante majorité des ménages ont décidé de ne pas élever le mouton qu'ils sacrifient lors de la Tabaski, les questions d'espace et de sécurité y sont pour beaucoup. Par exemple, en zone urbaine de Dakar, 50.8% des enquêtés évoquent "le manque d'espace". Dans les autres zones urbaines cependant, 36.1% évoquent "des problèmes d'insécurité". En milieu rural où l'espace ne manque pas, "c'est plutôt les problèmes de sécurité (34,7%), de temps ou de moyens (16,4%), ou pour des raisons de commodité (17,4%) ou de coût qui font que les ménages privilégient l'option d'acheter sur celle d'élever".
On leur a offert leur mouton
Tous ceux qui ont pu immoler un mouton lors de la Tabaski 2016, ne l'ont pas acheté ou élevé. 4.6% d'entre eux, se sont vus offrir leur animal. Pour la plupart d'entre eux, leur mouton provient d'un don des autorités locales, d'amis, de parents ou de connaissances. "Cette proportion reste approximativement la même au niveau des autres zones de résidence de Dakar (4,5%) et du milieu rural (4,3%) sauf pour les autres villes (5,6%) qui dépassent d'un point de pourcentage le niveau national", ajoute l'Ansd.
Le prix du mouton, le nerf de la guerre
L'enquête a révélé que 50 000 francs CFA est le prix plancher pour le mouton. Ce qui veut dire que l'ère des moutons à moins de 50 000 francs CFA, semble être révolue. "Au niveau national, deux ménages sur trois (65,2%) ont acheté leur mouton à un prix compris entre 50 000 Francs CFA et 100 000 Francs CFA alors qu'ils ne sont que 23,7 % à acheter un mouton à un prix inférieur à 50 000 F CFA. Les ménages qui ont acheté à des prix relativement élevés (100 000 F CFA et plus) sont moins nombreux.
En effet, ceux qui ont payé leur mouton à un prix compris entre 100 000 Francs CFA et 150 000 Francs CFA ne représentent que 8,4% et ceux qui ont acheté entre 150 000 FCFA et 200 000 Francs CFA sont évalués à seulement 1,4%".
À Dakar, les prix sont chauds !
Ceux qui ont acheté leur mouton à un prix compris entre 200 000 francs CFA et 250 000 francs CFA représentent 0.6%. Et ce sont 0,7% des ménages qui achètent leur mouton à un prix supérieur à 250 000 Francs CFA. Décortiquées, les statistiques renseignent que la zone urbaine de Dakar concentre également les ménages dont le prix du mouton sacrifié est situé dans les tranches 100 000 FCFA-150 000 Francs CFA, 150 000 Francs CFA – 200 000 Francs CFA et plus de 250 000 FCFA.
Le dernier moment pour acheter son mouton
Quid de la période que les Sénégalais choisissent le plus pour aller acquérir leur bélier ? La dernière semaine avant la fête est la plus prisée: "La plupart des ménages (85,5%) attendent la dernière semaine avant la tabaski pour se procurer un animal pour le sacrifice. Seuls 10,7% des ménages ont effectué leur achat entre une semaine et un mois avant la tabaski", révèle l'enquête.
Youssouph Sané - Seneweb.com

26/08/2017

LE TRAVAIL DES ENFANTS

Pires formes de travail des enfants : le Sénégal veut éradiquer le phénomène

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Face aux défis de l’éradication des pires formes de travail des enfants (Pfte), le ministère du travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les institutions s’est employé à mettre en œuvre le Plan cadre national de prévention et d’élimination du travail des enfants. A cet effet, un atelier de partage de la charte des entreprises minières a été organisé ce matin pour une action multidimensionnelle visant à protéger les enfants des PFTE.
En collaboration avec les partenaires nationaux, le ministère du Travail prend le bâton et engage la lutte contre le travail des enfants afin de faire respecter les droits de ces derniers.
Le coordonnateur du cellule de lutte contre le travail des enfants dudit ministère qui a présidé la rencontre a déclaré qu': «ils sont en train d’élever la lutte dans la mesure où sur le plan réglementaire et sur le plan juridique, le Sénégal est en phase avec l’Organisation internationale du travail (Oit) avec la ratification des conventions».
Ibra Ndoye de poursuivre, «il y a également au plan national avec une mise en place d’un document de politique nationale de lutte contre le travail des enfants, qui a été validée en 2012, qui est mis en œuvre, malheureusement, pas intégralement faute de ressources nécessaires à son exécution».
M. Ndoye de déplorer que les statistiques par rapport aux PFTE dont nous disposons soient ceux de 2005 et qu'aujourd’hui, 12 ans plus tard, ces statistiques sont en train d’évoluer sans pour autant être actualisés. N'empêche, ajoute-t-il, il urge qu’on aille vers une actualisation des études statistiques aux PFTE.
Pour le président de la coalition nationale des associations et Ong en faveur de l’Enfant, François Raoul Latif, (Conafe Sénégal), qui a pris part à la rencontre, le Sénégal a ratifié la convention des droits l’enfants de même que la charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant et qui précise que l’âge de l’enfant c’est de 0 à 18 ans.
Donc, argue-t-il: «nos Etats doivent pouvoir se mettre à jour par rapport à cela. Parce que nous pensons qu’aujourd’hui, quand on parle de l’âge de l’enfant pour aller à l’école c’est de 0 à 16 ans or, ça c’est la loi d’orientation de l’éducation au niveau de notre pays qui le dit. Tandis que nous avons une convention de droit de l’enfant qui dit : que l’âge de l’enfant c’est de 0 à 18 ans. ET, il faut que l’Etat se mette à jour par rapport à cela».
Avant de lancer : «c’est un combat que nous devons continuer à mener et que l’Etat du Sénégal doit obligatoirement se mettre à jour par rapport à cette question».
M. Latif d'informer que : «l’enquête nationale qui a été menée sur le travail des enfants au Sénégal qui date de 2005 donne 1 378 250 enfants qui sont économiquement exploités».
Par ailleurs, le président du Comité intersyndicale de lutte contre les PFTE, Cheikh Fall, précise que cet atelier de partage de la charte des entreprises minières permet à ces dernières, surtout celles de Kédougou, de venir en appoint aux différentes actions que nous aurons menées et certainement dans cette charte, il y aura une feuille de route et il faut aussi des actions à mener».
Mais, en tant que syndicaliste, conclut-il : « ce qui importe c’est d’accompagner l’Etat dans les conventions 138 relative à l’âge d’admission à l’emploi et 182 qui permet de déterminer l’âge d’accès à l’emploi (qui ne doit pas être inférieur à l’âge auquel l’éducation est obligatoire et gratuite) mais aussi dans la mise en œuvre du Plan cadre national et il y a des activités qui doivent être menées».
Aminata Diouf/Pressafrik.com

23/08/2017

DEUX TABASKI

La Tabaski fêtée dans la division

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La Tabaski sera fêtée dans la division. Une partie des musulmans fêtera l'Aïd El Kébir le vendredi 1e septembre 2017, en même temps que l'Arabie Saoudite. Mais la grande partie des Sénégalais célébrera la Tabaski le lendemain.
La Commission mise en place pour scruter la lune et présidée par Mourchid Iyane Thiam a annoncé ce mardi 22 août que l'Aïd sera célébrée le samedi 2 septembre 2017.
Seneweb News

22/08/2017

AVANT LA TABASKI

Avant la Tabaski, à Dakar, tout le monde cherche son mouton

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Plus qu'une dizaine de jours avant la Tabaski, le nom donné à l'Aïd el-Kébir en Afrique de l'Ouest. Tout le monde est à la recherche d'un ou plusieurs moutons à sacrifier. Rien que dans la capitale sénégalaise, la demande est estimée à 260 000 têtes. Comme chaque année, la ville est donc devenue un immense point de vente.
Beaucoup des moutons vendus avant la Tabaski ont été élevés dans la cour de maison ou sur le toit d'un immeuble. Mais pour compléter cette offre dakaroise, des milliers d'autres bêtes sont ramenées chaque année de l'intérieur du pays, mais aussi du Mali ou de la Mauritanie.
Sur le trottoir d'une rue passante de la capitale sénégalaise, un groupe d'adolescents discute, tout en gardant un œil sur plusieurs dizaines de moutons mis en vente par les habitants de leur quartier. Ici, les prix varient entre 150 et 350 000 francs CFA par tête.
Et le marché donne lieu à toutes sortes de spéculations. « Parfois, ici, ils achètent un mouton à 110 000 francs CFA. Ils le gardent à la maison, le nourrissent pendant quelques mois, puis lorsque la fête est très proche, ils le revendent en doublant souvent le prix », explique Cheikh Loum, un étudiant chargé de la surveillance du cheptel de son père.
« Save Dakar » regrette l'occupation de l'espace public
Des milliers de moutons sont actuellement exposés dans les rues de la capitale. Ce qui ne va pas sans certains désagréments. Dans le quartier de Soumbedioune, des dizaines de béliers ont ainsi été regroupés sur un terre-plein central réservé habituellement aux piétons.
Mandione Laye Kébé, de la campagne digitale « Save Dakar », dénonce les comportements à l'origine de la dégradation de la capitale sénégalaise. Pour lui, la vente des moutons destinés à la Tabaski ne devrait pas avoir lieu à chaque coin de rue.
« Normalement, ici, c’est pour les piétons, mais les vendeurs de moutons l’ont transformé en marché », observe-t-il. « Ils mettent en danger la population, marchent dans la rue et occupent l’espace réservé pour les piétons… C’est dommage. »
Mais pour l'heure, la préoccupation des Dakarois n'est pas l'état de leur ville ou l'aménagement des points de vente, mais bien de trouver un mouton avant le jour de la Tabaski.
RFI

DEGRADATIONS DES MOEURS

La dégradation des mœurs au Sénégal

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N’avez-vous jamais été confronté au choix d’un mot plutôt qu’un autre, surtout lorsqu’il est question d’être vraiment pris au sérieux? On est assailli par une foule d’expressions prêtes à nous prendre par la gorge sans qu’on sache à laquelle se fier.
Pas parce que nous ne maîtrisons pas notre discours, mais dans la viduité lexicale actuelle du ouolof, on s’y perd comme dans un labyrinthe. D’une oreille à l’autre, un mot cesse de dire la même chose. Le signifié cesse de renvoyer au signifiant.
Pris au piège du mensonge, de la calomnie et de la médisance, le Sénégalais dénature la syntaxe et érige un système de mots insensés, incapables de cerner le vide social qui nous engloutit comme du sable mouvant.
Dans cette polyphonie syntaxique, mot, expression ou locution désigne plusieurs choses, sans signifier grand-chose. «Sama yeuf, jongama, namouma dara, yaye bagne, yamay danel et dializ ma»...La dérision du discours, la viduité des mots annihilent la fonction thérapeutique du langage.
On s’égosille sans résultats. Les maux sont cernés, mais le «ndeup» national tant annoncé, tarde à prendre forme. Sa quintessence étant confisquée, torpillée, dévoyée, dénaturée, galvaudée, le verbe désormais échoue à cerner le mal.
On s’enlise par les mots dans un voyeurisme impudique. L’érotisme résonne aux oreilles, triomphant presque de tout. On finit par le sentir, le vivre, vivre avec. Un simple mot est évocateur d’une sexualité ou d’une sensualité débridée.
Il faut une posture de l’orateur ou un rappel de l’auditoire, pour ne pas tomber dans le vulgaire, le comique.
Dans cette cacophonie, mots, maux et images, obscènes pour la plupart, sont indissociables. Un délire verbal mine les rapports à autrui. L’échange qui se veut productif laisse place à l’insulte.
Ainsi traqués et trafiqués, les mots passent au scalpel la psyché du Sénégalais. Le jeu de massacre du langage accouche d’un langage codé. Les mots pervertis sont détournés de leur sens premier.
On use d’un vocabulaire anodin, estampillé moderne, installant la haine dans le carcan ordinaire. On ne condamne les dérives que le temps d’une rose, pour faire bonne figure.
On ne s’autocensure plus. Les parents ne réprimandent plus. Les familles ne désavouent plus les leurs. On trahit, on dénonce, on espionne, on enregistre en secret et étale en public les confidences faites dans l’intimité, pour exister. La vie devient un vaste théâtre.
La parole est confisquée par une «élite» végétative, qui érige les contre-valeurs en mode de vie. Des individus sortis des cuisses de la confusion, s’en nourrissent et entretiennent l’amalgame pour survivre.
Un peuple de chanteurs, de danseurs et pas des meilleurs, de laudateurs, d’encenseurs sans once de vergogne, qui ne jurent que par le piston et la grande gueule pour s’assurer leur pain du jour.
Raspoutine (s) des temps modernes qui, par la ruse et le mensonge, s’arrogent le grade de «conseillers» d’un «Tsar» en perte de vitesse. La paralysie de la pensée accouche d’une pyromanie linguistique. Les mots étouffent. La rumeur s’enflamme. On accuse sans preuve, vilipende, triche sans en donner l’air.
On est collabo mais on ne s’en cache plus. Bon sang! Ici, on en est plutôt fier. Une psyché entortillée sous les jupons nauséabonds de la bassesse. On ne communique plus. On cherche à faire le BUZZ. On insulte à faire pâlir Bacchus. On ment les yeux ouverts.
S’il en a un qui n’ait pas sorti indemne de la déchéance de la société sénégalaise, c’est bien la langue, le mot, le langage, le verbe. Appelons-le comme on veut ! Dans ce déclin qui s’enclenche, chacun, dans son acception linguistique, joue sa sombre partition.
Vous, moi, eux, nous tous sommes menacés dans notre liberté, notre devenir et ceux de nos enfants. Alors, ayons toujours en tête que lorsque les vainqueurs triomphent, il ne reste plus que les larmes aux vaincus. A bon entendeur...
Daouda Samba Gaye-Ex-conseiller municipal commune de Mékhé/lesoleil.sn

18/08/2017

750000 MOUTONS

Tabaski 2017 : le Sénégal a besoin de 750 000 moutons

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Pour satisfaire les besoins du marché en moutons pour la fête de Tabaski, la demande globale s’élève à 750 000 têtes de bétail. L’annonce a été faite par Mme Aminata Mbengue Ndiaye, Ministre sénégalais de l’Elevage et des Productions animales, à l’occasion de sa visite effectuée à Nouakchott avant-hier.
Dans le cadre de l’opération Tabaski, Mme Aminata Mbengue Ndiaye, Ministre de l’Elevage et des Productions animales, a effectué, avant-hier, une visite en Mauritanie, au cours de laquelle elle a rencontré son homologue mauritanien, représenté par le ministre mauritanien des Pêches et de l’Economie maritime, M. Nany Ould Chrougha. Cette rencontre s’est déroulée en présence du ministre mauritanien du Commerce, de messieurs Mamadou Tall et Cheikhna Ould Nenni, respectivement ambassadeur du Sénégal en Mauritanie et ambassadeur de Mauritanie au Sénégal, ainsi que les représentants des éleveurs et commerçants mauritaniens.
Le ministre sénégalais de l’Elevage et des Productions animales, Mme Aminata Mbengue Ndiaye, a rappelé les deux accords signés dans le domaine de l’élevage, à savoir les accords sur la transhumance et dans le domaine de la santé animale, de la santé publique vétérinaire et des productions animales. Aussi, elle a indiqué que la réunion paritaire de suivi de la transhumance a permis d’enregistrer des avancées significatives en termes de coopération pastorale entre les deux pays, tout en soulignant que cette rencontre a été une opportunité pour procéder au recensement du cheptel transhumant sénégalais.
Toutefois, elle a indiqué que le rapport du recensement effectué n’est pas encore finalisé.
Aminata Mbengue Ndiaye a, en outre, indiqué que la fête de Tabaski revêt une triple dimension religieuse, économique et sociale. C’est pourquoi elle a indiqué que ‘’pour cette année 2017, la demande globale pour satisfaire les besoins du marché national est maintenue à 750 000 moutons dont 260 000 têtes pour la seule région de Dakar’’ et ‘’les importations à partir de la Mauritanie constitueront une contribution non négligeable pour la réalisation de nos objectifs’’, a-t-elle soutenu.
Nouakchott s’est dit satisfaite des dispositions prises par la partie sénégalaise, dans le cadre de cette opération Tabaski 2017, afin que ‘’tout se déroule dans les règles de l’art’’, aux dires du ministre mauritanien.
Ibou BADIANE/africatime.com

TABASKI 2017

LES ASTRONOMES SENEGALAIS RETIENNENT LE 1ER SEPTEMBRE

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Lundi 21 août 2017, il est impossible de voir le croissant lunaire à l’œil nu au Sénégal, en Afrique et en Asie car il se couche avant le soleil. Pour les Amériques, il se produira une éclipse de soleil ce jour, la lune n’est pas observable non plus. C’est seulement le lendemain mardi 22 août qu’il sera possible de voir la nouvelle lune à l’œil nu au Sénégal. L’Association Sénégalaise pour la Promotion de l’Astronomie (Aspa) est formelle. Si cette information scientifique venait à se vérifier, la Commission nationale de Concertation sur le Croissant Lunaire (Conacoc) devrait fixer la Tabaski 2017 au 1er septembre prochain.
S’achemine-t-on encore vers deux Tabaskis (Aïd el kabir) au Sénégal, après les deux Korités (Aïd el fitr) célébrées par les Sénégalais les 25 et 26 juin dernier ? En attendant d’y voir plus clair, la Commission nationale de Concertation sur le Croissant Lunaire (Conacoc), dirigée par Mourchid Ahmed Iyan Thiam va scruter le nouveau croissant lunaire le lundi 21 août prochain, correspondant au 29e jour du 11e mois lunaire (Dhu’l qi’da) pour les musulmans. Seulement, dans un communiqué parvenu à la rédaction de Sud Quotidien hier, mercredi 16 août, l’Association Sénégalaise pour la Promotion de l’Astronomie (Aspa) informe que la nouvelle lune ne peut être vue dans notre pays, lundi prochain, à l’œil nu.
Selon le texte signé Maram Kaïré, président de l’Aspa, Ibrahima Gueye, le vice-président, et Baïdy Demba Diop, le secrétaire chargé de la Formation, «la conjonction qui correspond au moment précis où la lune se trouve entre le soleil et la terre, aura lieu le lundi 21 août à 18h31mn20s GMT. Ce moment marque la fin d’un tour de la lune autour de la Terre et le début d’un nouveau tour. Ce jour correspond à une éclipse totale de soleil pour l’Amérique du nord et partielle pour certaines zones où la conjonction aura lieu avant le coucher du Soleil».
VERS DEUX TABASKI ?
Par conséquent «le lundi 21 août: il sera impossible de voir le croissant lunaire au Sénégal et partout ailleurs dans le monde. La lune se couchera à 19h26, donc avant le soleil qui se couche à 19h29. Cette situation est identique pour l’Afrique, l’Europe et l’Asie: la lune se couchera avant le soleil. Pour les Amériques, ce jour correspondant à une éclipse totale de soleil, le croissant n’est pas observable non plus. Le fait qu’une éclipse de soleil se produise aussi tardivement dans la journée exclut toute possibilité d’observation du croissant lunaire».
En en croire l’Aspa, ce n’est que le lendemain mardi que le croissant lunaire pourra être vu à l’œil nu. «Le mardi 22 août: il sera possible de voir la lune à l’œil nu au Sénégal, partout où la météo est favorable avec l’hivernage. La lune se couchera à 20h13, soit 45mn après le soleil. Sa surface éclairée sera de 1,40% et elle sera âgée de 1 jour. Le meilleur moment d’observation est à 19h50, à une altitude de 5°. La zone de visibilité à l’œil nu couvrira l’ensemble des pays d’Afrique, l’Asie et les Amériques.» «Nous rappelons également qu’il faut toujours chercher le premier croissant à l’Ouest, un peu à gauche au-dessus de là où le soleil se couche.»
En outre, l’Aspa attire «l’attention sur le fait qu’en période hivernale, la couverture nuageuse peut rendre difficile, voire empêcher l’observation du croissant dans certaines zones. La lune du mercredi 23 sera âgée de 2 jours et se couchera à 20h57, soit 1h30 après le soleil. Ce qui est très tardif pour un premier croissant.» Aussi renseigne-t-elle que «cette éclipse sera partielle et difficile à observer pour le Sénégal et l’Afrique de l’Ouest car elle se produit à un moment où le Soleil sera très bas à l’horizon. Pour essayer l’observer, il faut choisir un endroit ou la ligne de l’horizon est bien dégagé, sans couverture nuageuse. Le meilleur moment pour le Sénégal se situe entre 19h05 et 19h20.»
LA SOURCE DE LA DISCORDE
Si ces informations scientifiques venaient à se vérifier, la Commission nationale de Concertation sur le Croissant Lunaire (Conacoc) qui va siéger pour observer la nouvelle lune le 21 août pourrait fixer la Tabaski 2017 le 1er septembre prochain, correspondant au 10e jour de Dhu’l hijja 1438 (après Hégire, le 12e mois lunaire). En effet, partant du décalage d’un jour entre les pays au niveau du décompte des jours du mois lunaire, pour l'année 2017 (1438-AH), le jour de la Tabaski (10 Dhu’l hijja 1438 de l'Hégire) sera le 1er septembre prochain plus ou moins un jour selon les communautés ou pays.
C’est le cas au Sénégal où cet écart est souvent noté entre la Commission d'observation du Croissant Lunaire (Cocl) de la Coordination des Musulmans du Sénégal, qui avaient célébré la fête de l’Aïd el fitr (Korité) le dimanche 25 juin, avec de nombreux pays musulmans (Arabie Saoudite, Koweït, Jordanie, Algérie, Cameroun, Burkina Faso et autres localités de la sous région et du monde), contrairement à la majorité des Sénégalais qui avaient sacrifié à cette tradition marquant la fin du Ramadan un jour après, le lundi 26 juin.
Ibrahima DIALLO/sudonline.sn

MUTILATIONS GENITALES FEMININES AU SENEGAL

13 % des filles de moins de 15 ans sont excisées

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Les mutilations génitales féminines persistent encore au Sénégal, malgré leur interdiction. Les dernières statistiques révèlent que 13 % des jeunes filles sénégalaises de moins de 15 ans sont victimes d'excision, surtout dans la région de Matam.
L'excision est toujours une réalité au Sénégal. Et ce, malgré son interdiction par la justice et les campagnes de sensibilisation pour son éradication. C'est ce que révèlent les derniers chiffres d'une enquête dont les résultats ont été livrés avant-hier, à Guédiawaye. C'était lors d'une journée de dépistage du cancer du col de l'utérus et de sensibilisation sur la santé de la reproduction, l'excision et les mariages précoces organisée par Youth Women for Action (Ywa).
A en croire la présidente de ce réseau constitué de jeunes filles leaders au niveau national, 13 % des filles de moins de 15 ans sont victimes de mutilations génitales féminines ou excision. Dans les détails, selon Néné Fatoumata Maricou, la région de Matam vient en tête avec 53 %. Elle est suivie de Sédhiou avec 51 %, Kolda 46 %, Tambacounda 42 %, Kédougou 36 %, Ziguinchor 32 % et Saint-Louis 31 %. Les autres régions du pays enregistrent de faibles taux. Il s'agit de Dakar 8 %, Kaffrine 6 %, Fatick 2 % et Louga 2 %. Kaolack, Diourbel et Thiès ferment le peloton avec un pourcentage de 1 %.
Par ailleurs, la présidente d'Ywa a relevé que la pratique de l'excision présente un particularisme ethnique, puisque les Soninkés viennent en tête à hauteur de 38,7 %. Ils sont suivis de près par les Diolas avec 37,5 % et des Mandingues avec 36,25 %. Le taux est à 31,1 % chez les Pulaar et 0,5 % chez les Sérères. Les étrangers vivant au Sénégal sont concernés avec un taux estimé à 22,8 %.
Concernant les mariages précoces, le taux national est de 26 %. Les zones les plus touchées sont Matam, Diourbel, Kolda et Tambacounda.
Face à cette situation, Mme Maricou estime qu'il urge de faire certains redressements. A ce propos, elle a préconisé l'installation d'espaces jeunes pour mieux prendre en charge les questions de cette frange de la population ainsi que des campagnes de sensibilisation. Aussi, de l'avis de la présidente d'Ywa, ces solutions doivent être étendues à l'ensemble du territoire national. ''Les gens pensent que ces pratiques ne se passent que dans les régions, alors que tel n'est pas le cas. Car ce sont les campagnards qui viennent dans les banlieues et/ou dans les capitales régionales, s'y installent et continuent toujours la tradition. C'est une continuité'', a conclu Mme Maricou.
CHEIKH THIAM/sen360.fr

16/08/2017

TERRORISME ET INSECURITE

Suite aux attaques de Ouagadougou en cette veille de la célébration du 15 Août, le Sénégal est sous haute tension.

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Des sites comme Saly, Somone et Ngaparou, très fréquentés par les touristes en cette période de chaleur, sont surveillés de très près, plus particulièrement en ce jour de fête.
Selon la RFM qui s’est rendu à Somone, le dispositif sécuritaire a été renforcé.
Des forces de l’ordre sont visibles partout et mènent un contrôle strict.
Une fouille minutieuse et systématique est effectuée sur toutes les personnes qui arrivent sur le site et plus particulièrement sur tous les véhicules.
A Somone, même si les uns et les autres décident de passer de bonnes vacances, l’inquiétude se perçoit et la vigilance demeure le mot d’ordre.
xalimasn.com
ndlr: Ce que l'on constate surtout c'est, comme chaque année avant la Tabaski, une recrudescence de vols et d'agressions en zones touristiques.

15/08/2017

LA HONTE DU SENEGAL (7)

Talibés : les enfants mendiants du Sénégal, de l'or pour les marabouts

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En Afrique de l’ouest, la tradition d’envoyer au moins les enfants à l'école coranique s’est transformée en commerce.
On les repère dans les rues de Dakar ou de Saint-Louis à leurs grands yeux hagards et à leurs gamelles de plastique pendues autour du cou. Qu’on soit "toubab" ou noir, qu’on termine un yassa sur le bord de la route ou qu’on attende dans la carlingue miteuse d’un taxi-brousse, impossible de ne pas voir les talibés, ces élèves d’écoles coraniques que leurs maîtres obligent souvent à mendier. Ils sont là, se précipitent sur les assiettes métalliques des restaurants de rue une fois le client rassasié ou glissent leurs minuscules mains sales et apeurées par la fenêtre des voitures.
Leurs joues dévorées par la faim, leur peau d'ébène grisée par la pollution, leurs petits corps noyés dans un vieux maillot de football de contrefaçon ou un tee-shirt trop grand, ils mendient. D’abord on s’attendrit. Puis, à force de se déchirer le cœur à chaque croisement de rue, on finit par les ignorer, comme tout le monde, et leurs silhouettes maigres se transforment en faibles fantômes dont le nom est tabou.
Sur les bancs de la misère
"Pour sauver les talibés, l’Etat prévoit amendes et peines de prison pour ceux mettant leurs enfants dans la rue", tweetait Macky Sall, l’actuel président du Sénégal, le 1er juillet 2016, avant de lancer le plan "retrait des enfants des rues". Juillet 2017, un an après, Human Rights Watch publie un rapport qui en dresse le bilan. Précis, fondé sur une série d’entretiens avec 43 talibés dans 5 refuges pour enfants et 17 écoles coraniques différentes, il nous rappelle avec violence les conditions de vies de ces jeunes talibés (de l’arabe talib, "étudiant"), envoyés par leurs parents à des marabouts (l'équivalent local des imams) pour apprendre le Coran et faire honneur au clan. C’est la tradition du "confiage", celle d’envoyer un enfant par fratrie dans une daara, une école coranique, dès l'âge de cinq ans.
Toutes les écoles coraniques ne forcent pas leurs élèves à la mendicité. Mais dans un précédent rapport paru en 2010, Human Rights Watch estimait déjà à 50.000 le nombre de ces jeunes enfants, essentiellement des garçons, "forcés par leurs maîtres coraniques à mendier chaque jour leur quota d’argent, de riz ou de sucre". Car une fois leur enfant placé entre les mains des marabouts, ces derniers les emmènent parfois à plusieurs centaines de kilomètres de chez eux. Et les parents n’ont alors que très peu de contrôle sur le sort de leur progéniture.
Enfermés, entassés dans des logements insalubres, mal nourris, battus ou enchaînés, violés parfois, les talibés sont transformés en de lucratifs esclaves. Réfugié dans un centre pour enfants de Dakar, un ancien talibé de 18 ans décrit à Human Rights Watch les conditions de son emprisonnement :
"Dans mon daara de Diourbel, j’ai été emprisonné pendant deux ans dans une 'cellule' parce que je ne voulais pas apprendre. Je faisais tout dans cette pièce : manger, aller aux toilettes… Il y avait beaucoup d’autres talibés avec moi dans la pièce, qui avaient refusé d’apprendre eux aussi, ou tenté de fuir. Nos jambes étaient attachées avec des chaînes, même celles des plus jeunes [...]. Ceux qui essayaient de fuir étaient punis, battus."
Depuis l'engagement du président Macky Sall, deux d’entre eux sont morts à la suite de sévices. Malgré une balbutiante prise de conscience, le système est difficile à changer tant les profits générés sont gargantuesques.
Un système économiquement florissant
En 2015 déjà, Ismaïl Ndiaye, imam de la mosquée Cheikh Anta Diop à Dakar et membre de la Ligue des imams et prédicateurs du Sénégal, affirmait à une télévision locale que "retirer tous les mendiants des rues, c’est couper la source de revenus de 30% des familles sénégalaises". Soit plusieurs millions de personnes. Pour assurer leur approvisionnement en main d’œuvre et fidéliser les parents, certains marabouts se seraient mis à leur reverser des pensions. Gagnant jusqu’à 2 millions de francs CFA par mois (environ 3.000 euros), les marabouts qui exigent de chaque enfant un rendement quotidien se multiplient.
Dans le rapport d’Human Rights Watch, un talibé de Saloum, âgé de huit ou neuf ans, raconte ses deux années passées dans une daara :
"Nous faisions la mendicité pour de l’argent et pour du riz. Le marabout demandait 400 francs CFA par jour. Le mercredi, c’était 500 francs CFA, pour payer le loyer et l’électricité. Si nous n’apportions pas l’argent, ou si nous ne récitions pas les versets, le marabout nous battait. Il nous frappait avec une ardoise cassée en deux [l’ardoise en bois utilisée pour écrire les versets du Coran, NDLR]."
Et certains marabouts "possèdent" plusieurs centaines d'enfants.
Initialement destiné à des fins religieuses, ce système se serait ainsi professionnalisé jusqu’à perdre dans certains cas toute vertu éducative ou religieuse. A Dakar Plateau, près du palais présidentiel, le gardien de nuit d’une banque occidentale rencontré en mars 2017, affirme que le problème est moins dû à la gloutonnerie des marabouts qu’à la misère des talibés. De son point d’observation de choix sur la misère de la rue, il décrit ce qu'il a vu :
"A l’été 2016, l’Etat est venu avec des bus pour rafler les mendiants. Il a arrêté plusieurs centaines de personnes dans le centre-ville. Mais lorsqu’on les libère, ils n’ont rien d’autre à faire, ils reprennent la mendicité. Tant que l’Etat n’organisera pas l’assistance publique, son combat contre l’exploitation des talibés sera perdu."
Un programme qui ne va pas assez loin
L'Etat a tout de même redoublé ses efforts. En 2005, une loi qui interdisait la mendicité forcée et la traite des êtres humains avait déjà été votée, mais sans succès. En juin 2016, à la suite de l’engagement fanfaronnant de Macky Sall, le ministère de la Femme, de la famille et de l’enfance, lançait un programme intitulé "retrait des enfants de la rue" pour appliquer cette loi. Entre juin 2016 et mars 2017, 60 opérations de rues ont été menées par la police et les travailleurs sociaux dans les rues de Dakar. 1.547 enfants ont été officiellement retirés des rues, recueillis et placés dans des centres d’accueil, pour être ensuite restitués à leurs parents.
Mais comme souvent, les chiffres masquent une réalité qu’on préfère taire. "Le programme de retrait ne permet pas de protéger les droits des enfants ni de rendre justice aux victimes", titre ainsi le chapitre 2 du rapport. Corinne Dufka, directrice adjointe de la division Afrique à Human Rights Watch, abonde :
"Bien qu'il représente un pas dans la bonne direction, le programme du Sénégal visant à retirer les enfants des rues n'a presque rien changé au nombre alarmant de jeunes talibés qui sont tous les jours victimes d'exploitation, d'abus et de négligence."
Faiblesse des investissements (141 millions de francs CFA au lieu des 14 milliards promis), mauvaise communication publique, absence de coordination entre les ministères et les acteurs de terrain locaux : le programme "retrait" ne semble être qu’une opération de communication.
Corinne Dufka détaille : "Pour s'attaquer au cœur du problème, le gouvernement devrait veiller à ce que les maîtres abusifs fassent l’objet de sanctions ou de poursuites." Mais l’Etat, malgré ses promesses, demeure frileux à condamner les marabouts, que la tradition et le tissu social entourent toujours d’un halo d’inviolabilité. Aucun de ceux qui ont été surpris à exploiter des talibés n’a été arrêté. Pire : sur les 1.456 enfants que le gouvernement a déclaré avoir "retournés" à leurs familles, 1.006 ont même été renvoyés à leurs maîtres coraniques sans enquête sur ces derniers ou sur les conditions de vie de leurs daara. Et près de 85 marabouts auraient même reçu de l’argent ou des fournitures de la part du ministère de la Famille lorsqu’ils sont venus récupérer leur main-d’œuvre illicite.
L’échec est criant : 37 des 43 enfants talibés interrogés par HRW ont avoué avoir été forcés à mendier ou ont été surpris à le faire. "En juin et en juillet 2016, il y avait moins d'enfants dans les rues," concède Etienne Dieng, le gestionnaire d’un des trois centres d’accueil pour talibés sortis de la rue. "Mais quand les maîtres ont vu qu'il n'y aurait pas de sanctions, ils se sont mis à renvoyer les enfants dans les rues." Et le trafic est d’autant plus difficile à contrôler qu’il concerne toute l’Afrique de l’ouest.
De la chair à canon pour Al-Qaida
Selon les chiffres fournis par le ministère de la Famille au journal "Senego", seuls 829 des 1.374 enfants identifiés par la police dans le cadre du plan "retrait", entre juin 2016 et février 2017, sont sénégalais. Les autres sont "importés" des pays voisins : Guinée-Bissau (355) ou Mali (103) et dans une moindre mesure Gambie ou de Guinée. A l’inverse, des Sénégalais sont envoyés dans d’autres pays, au gré du marché. Dans les pays en guerre, le problème se pose alors avec d’autant plus d’acuité que les étudiants, privés de débouchés après leur éducation religieuse, sont souvent enrôlés dans les groupes de combattants.
C’est ce qu’affirme un proche de l’imam de Djenné, au Mali, qui propose aux rares toubabs de passage de leur faire visiter la ville. Dans cette cité millénaire, connue pour sa somptueuse mosquée et réputée pour ses daara, les enfants viennent de tous les pays d’Afrique de l’ouest. Selon le guide, rencontré en avril 2017, beaucoup de ces enfants "ne peuvent rien faire après la daara. Ils connaissent bien le Coran, certes, et lisent l’arabe, mais ils n’ont aucune compétence demandée sur le marché du travail. Un nombre infime parviendra à devenir grand-talibé [assistant du marabout NDLR] puis marabout". Et pour les autres ?
"Que voulez-vous qu’ils fassent ? Inadaptés, ils chercheront du travail, traîneront en bandes, et seront de la chair à canon pour Al-Qaida."
Emile Boutelier - Lobs- tempsreel.nouvelobs.com - Webnews

31/07/2017

MALTRAITANCE D'ENFANTS

Prise en charge des enfants victimes de maltraitance, World Vision outille les OPJ

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Des officiers de police judiciaire (OPJ) ont terminé, vendredi à Dakar, une session de renforcement de capacités dans la prise en charge de l’audition des enfants mineurs victimes de maltraitance, a constaté KOACI sur place.
Ce séminaire organisé par World vision Rechercher World vision Sénégalais en collaboration avec le centre de guidance infantile et familiale (CEGID), et qui a duré cinq jours a été axé sur le thème : ’’Les enfants mineurs victimes de maltraitance et abus sexuel’’.
Selon le directeur national de World vision, le Dr Andrew Catford Rechercher Dr Andrew Catford , « ces formations contribuent à coup sûr à donner une place importante à l’enfant victime tout le long de sa réhabilitation », a indiqué M. Catford qui a salué la détermination des forces de défense et de sécurité qui ont participé à cette formation
Formateur lors de cette session de renforcement de capacités, le directeur du centre de guidance infantile et familiale ( CEGID ), le Pr Sérigne Mor Mbaye Rechercher Pr Sérigne Mor Mbaye a soutenu que ’’la formation a porté sur le renforcement des capacités des OPJ qui ont en charge de conduire l’audition des enfants mineurs, victimes de violence sexuelle, physique ou de maltraitance’’.
Poursuivant, le Pr Mbaye a indiqué que cette formation a permis d’amener les 20 officiers et agents de police judiciaire à comprendre quels sont les facteurs de risque d’abus sexuel et maltraitance au Sénégal ainsi que les conséquences médicales, psychologiques et psychosociales dans la vie de l’enfant.
’’Nous leur avons appris comment conduire une audition, comment accueillir un enfant dans un poste de police ou de gendarmerie et comment parvenir à recueillir sa parole’’, a-t-il expliqué.
avant d’ajouter qu’il a bon espoir que du point de vue de l’offre juridique, ’’ces personnels contribueront largement à une prise en charge de qualité pour les victimes’’.
Pour sa part souligné le chef d’escadron et commandant de cours de formation à l’école des officiers de la gendarmerie nationale, Cheikh Diouf Rechercher Cheikh Diouf a déclaré qu’« avec ces outils, les séminaristes gagneront des pratiques d’expérience sur le professionnalisme en faveur des populations vulnérables’’.
Sidy Djimby Ndao, Dakar/Kaoci