26/04/2017

ET SI DAKAR DEVENAIT KIGALI...

Rwanda Kigali, est la ville la plus propre d’Afrique.

kigali-masterplan-2.jpg

Lorsqu’on arrive à Kigali, la capitale du Rwanda, on est vite frappé par la beauté d’une ville- capitale où les populations sont disciplinés, c’est-à-dire , des populations qui ont d’autres mentalités qu’on se demande comment ils font pour rendre leur ville capitale d’une beauté saine, sans ordures dans les rues? Dans les lieux public et, tenez-vous bien, toutes les avenues, du nord au sud, de l’est à l’ouest, il y plane un système de bitumage ou d’asphaltage permanent, faisant que toutes les avenues à Kigali brillent comme des rayons solaires, sans le moindre nid de poule. Flaque d’eau ni dos d’âne. L’entretien de ces routes étant permanent, Kigali est hautement au top de la beauté, surplombée de jolis immeubles construits avec amour. Kigali la coquette, a une visibilité éminemment enivrante.
L’Onu a déclaré la capitale du Rwanda « meilleure capitale africaine ». Modèle de développement, avec ses routes bitumées et ses quartiers salubres, elle fait rêver d’une « autre Afrique ».
« La ville change, observe le responsable d’une ONG. Chaque année, on construit de nouveaux bâtiments. La propreté est partout, c’est une question d’état d’esprit. Il n’y a plus d’eau stagnante, on ne jette plus d’ordures. Le leadership a bien voulu qu’on change ça. »
Nombreux sont des Africains vivant en occident, qui ne m’en voudront pas, et par cette étiquette, ces Africains peuvent lire de près ou de loin, comment les occidentaux rendent leurs villes dans un état de salubrité appréciable et impeccable.
Pourquoi alors nos villes en Afrique sont toujours sales ?
Que chacun de nous, ait le courage de donner une petite réponse. Le débat est donc lancer pour que chaque africain essaie de parler de sa ville dans son pays, sans gêne, sans un brin de honte à afficher.
Je me suis promené dans plus de 14 villes-capitales en Afrique, mon Afrique de matières de premières, c’est-à-dire, cette Afrique qui regorge de grandes richesses avec lesquelles on parviendrait à développer nos pays. Mais curieusement, partout, du Congo-Brazzaville, en passant par le grand Congo de la RDC, jusqu’en Côte d’Ivoire, Sénégal, le Mali et même le Togo, le Bénin, le Niger et le Burkina Faso, les villes-capitales de tous ces pays sont bien sales et , partout, on y retrouve un tapis d’ordures trainant sur les artères publiques et d’autres endroits qui se transforment en bouillon de microbe entrainant des maladies et des épidémies.
Allez à Libreville, vous verrez et serez étonné de voir des avenues chaotiques jonchées des trous béants où des flaques d’eau prenant l’allure de bons et géants étangs sur lesquels, nagent les voitures des ministres, du président de la république et de tous les fonctionnaires qui ont pour la plupart étudié dans les grandes universités occidentales.
Allez voir à Brazzaville comment les rues et les avenues sont bien sales, poussiéreuses en saison sèche ou boueuses en saison des pluies, où l’on retrouve un tapis d’ordures, des sacs qu’on appelle là-bas des sachets, constituant de grandes montagnes d’ordures… Pitié ! C’est le pays de Sassou.
Dans cette ville également où des ministres se baladent comme des rois, avec leur président…
Des rue où parfois, qui sont transformées en urinoirs, que des odeurs d’urines vous refoulant en passant, à pieds, ou même en circulant en voiture, surtout à 20km/h.!
C’est étonnant de voir qu’à Yaoundé, les caniveaux soient bouchés et que des eaux pourries déferlent sur les pieds nus des enfants sans que le gouvernement ou les gestionnaires de mairies fassent quelque chose.
Nos capitales en Afrique sont parfois des dépotoirs des cacas, car les enfants et parfois des grandes personnes non seulement pissent contre les murs des maisons, mais également des adultes y font caca, si bien que l’on n’est pas étonné de marcher sur des cacas déposés dans la nuit par des citoyens souffrant d’un manque d’éducation en hygiène et soins de santé primaire.
Comprenez que je ne suis pas Rwandais et, ne le deviendrai jamais, mais, notre camera visuelle et spirituelle s’est arrêtée sur ce pays, le Rwanda et sa capitale Kigali afin de louer le niveau de respectabilité et de propreté qui règne sur cette ville de Kigali. Ceux qui ont dû faire leur voyage et qui ont foulé le sol de Kigali, doivent avoir une bonne impression de cette Ville-Capitale au Rwanda qui a en même temps suscité leur admiration.
Kigali : miroir des capitales des pays Africains ?
D’emblée, je réponds à l’affirmatif, sans détour et sans hésitation.
Sans être géographe ou gestionnaire d’espaces urbains, j’estime pour ma part que les critères sur lesquels peut être fondé un tel classement en matière de propreté dans n’importe quel pays du monde, n’est autre que l’environnement sain qui s’offre à nos organes de sens entre autre : la vue, l’ouï, le touché, sans compter l’odorat. On respire un bel air à Kigali.
Malgré son histoire sombre d’il y’a plus de 18 ans avec le génocide que ce pays a connu, malgré la dictature de Paul Kagamé, eh oui, il faut le dire ! je suis celui qui critique toutes les dictatures quelle qu’elles soient. Eh bien, je suis de ceux qui pensent que même un autre Tutsi, peut arriver au pouvoir aujourd’hui, ce qui compte c’est favoriser une alternance politique dans ce pays, pour que ce pays puisse davantage recevoir ses lettres de noblesse…
Cependant, lorsque l’honnêteté arme la pensée des gens comme nous autres, on ne peut que dire de manière autant honnête et claire que Kigali, la capitale du Rwanda est la première capitale d’Afrique en matière de propreté.
L’un des éléments fondamentaux qui attire à Kigali, c’est l’art architectural des bâtiments et des artères publiques. Pas de dos d’âne sur les artères publiques. Pas de trous, pas de saleté répandue dans les rues, pas de poussière, le système de bitumage des avenues a été fait avec art et professionnalisme qu’on se demande si tous les ingénieurs en ponts et chaussés ont vraiment étudié dans les mêmes écoles. C’est vrai qu’on n’oubliera pas que certains travaux sont exécutés par des occidentaux qui obtiennent souvent des marchés en Afrique. Cela est inévitable.
Cependant, pour une route de quelques 10 kilomètres coutant des milliards frs cfa dans les pays comme le Gabon, le Congo-Brazzaville ou le Cameroun, avec cette histoire de surfacturation éhontée comptables aux gestionnaires véreux dans ces pays, cette même route de 10 kilomètres ne couterait que quelques dizaines de millions à Kigali. Tout dépend souvent de l’organisation et de la bonne gestion dans les affaires de l’État.
Souvenez que le Rwanda n’a aucune goutte de pétrole. Il faut également dire que ce pays n’a aucun débouché maritime, donc pays enclavé.
Non, il n’y pas de magie, le miracle c’est la bonne gestion et la foi qu’anime les fils et filles du Rwanda de pouvoir utiliser leur expertise au service de leur nation, gage de tout développement.
Et pour une ville propre, il est question simplement d’adopter une culture de gestion basée sur l’excellence. Par ailleurs en ce qui concerne la propreté : des notions élémentaires que tous les peuples du monde ont apprises depuis le bas âge doivent être appliquées par tous.
Si à Libreville ou à Brazzaville et à Yaoundé, les gens pissent dans la rue, font caca dans la rue : un tel comportement n’est-il pas celui des personnes manquant d’éducation ?
À Kigali, les populations ne rejettent pas leurs urines dans la rue, comme à Libreville, Brazzaville, Yaoundé et Kinshasa, Abidjan ou ailleurs.
Changeons nos mentalités ! Nous nous épargnerons des maladies en rendant nos ville dans un état de propreté !
Pour en revenir au cas de Kagali ;
Un policier à chaque carrefour
Le résultat : une « Suisse de l’Afrique » qui soutient mieux la comparaison que Lomé (Togo) ou Bukavu (République démocratique du Congo), deux autres villes affublées de ce surnom. Kigali se distingue par ses toits en pente, tuiles ou zinc, ses grosses horloges partout dans le centre-ville et son culte de la ponctualité. Les feux rouges, plus modernes qu’à Paris, égrènent les secondes d’attente avant de passer au vert. Mais nuance : les ronds-points, ici, ne sont pas seulement bordés de verdure – sans grilles autour comme à Goma, au Congo, pour empêcher les voleurs de faire feu de ce petit bois. À chaque grand carrefour se trouve au moins un policier, en tenue bleue avec gilet jaune fluorescent. Certains lieux sont même gardés par des militaires. Du coup, les forces de l’ordre paraissent omniprésentes…
Un taxi se fait contrôler sur l’une des artères de la ville. Très peu de mots sont échangés. C’est la routine. Pas question de remettre un billet au gendarme, qui ne demande rien d’ailleurs. À Abidjan, Lomé ou Johannesburg, on ne se serait pas gêné pour réclamer quelque chose pour « le transport », « les enfants » ou « les haricots ». Moins drôle, cependant : le chauffeur, d’accord pour emmener le client faire un tour de la ville, fait mine de ne pas comprendre qu’on veuille voir un grand marché avec des femmes, des carottes, des salades et des passants. Il prétend que c’est trop loin, alors que le marché couvert de Kimironko se tient tout près. Veut-il économiser de l’essence ? Ou plutôt éviter les ennuis, en facilitant dans un lieu public la tâche d’une journaliste étrangère ? Il ne répond pas. Mais insiste pour faire le tour des galeries marchandes de la colline du centre-ville.
La vitrine rutilante du nouveau Rwanda fait penser à un mini-Sandton, le quartier d’affaires de Johannesburg qui se vante d’être « le kilomètre le plus riche d’Afrique ». La tour en verre Kigali City Tower reflète le ciel. À l’intérieur, des restaurants dans un patio couvert, et le magasin de décoration Mister Price, qui propose les mêmes produits qu’en Afrique du Sud. Comme partout, le président Paul Kagamé veille, par photo interposée. Son portrait est accroché à l’entrée du supermarché Nakumatt, une chaîne kenyanne pourtant privée. Difficile d’aborder le quidam dans la rue pour obtenir le moindre renseignement. Un serveur dans un fast-food se carapate derrière son comptoir quand on lui demande où trouver le grand marché.
Quant au gardien de sécurité, planté devant la City Tower of Kigali avec son talkie-walkie et son arme, il demande l’autorisation de son leader, avant de laisser le visiteur profiter de la vue panoramique. La réponse tombe au bout de quelques minutes : « Pas possible aujourd’hui », pour cause d’umuganda. Autrement dit, de travail communautaire.
Travaux communautaires obligatoires pour tous
Eh oui, comme tous les derniers samedis du mois, les citoyens de plus de 16 ans sont censés participer aux travaux communautaires, de huit heures à midi. Sous peine d’amende de 5000 francs rwandais (8 dollars), en cas d’absence non justifiée. Les travaux sont organisés par le plus petit degré de l’administration, le village. Le terme désigne un ensemble de dix maisons, aussi bien dans les campagnes que dans les villes. Les uns débroussaillent, les autres nettoient des canalisations ou creusent des trous pour recueillir l’eau de pluie. Après les travaux, une réunion se tient entre les résidents du même quartier, pour parler des problèmes – et surtout, des solutions.
source: http://www.afrik53.com/Kigali-la-capitale-du-Rwanda-la-vi...
Source: http://www.latribune.fr/actualites/economie/international...l

08/04/2017

TOURISME AFRICAIN: LE CLASSEMENT

Classement des pays africains en matière de compétitivité touristique en 2017

2371715-3320105.jpg

L’Afrique du Sud occupe la première position à l’échelle africaine dans le classement mondial de la compétitivité touristique publié le 6 avril par le Forum économique mondial (WEF).
La nation arc-en-ciel se place à la 53è position sur les 136 pays étudiés.
L’Ile Maurice (55è au plan mondial) arrive en deuxième position à l’échelle africaine, devant le Maroc (65è), l’Egypte (74è), le Kenya (80è), la Namibie (82è), le Cap Vert (83è), le Botswana (85è), la Tunisie (87è). La Tanzanie (91è à l’échelle mondiale) ferme le Top 10 africain.
Le classement mondial de la compétitivité touristique se base sur 16 critères dont la sécurité, la santé et l’hygiène, l’ouverture sur l’étranger, la valorisation des ressources naturelles, l'environnement durable, les ressources culturelles, le marketing touristique, le niveau des prix, les ressources humaines qualifiées, les infrastructures routières et aéroportuaires et les services touristiques.
A l’échelle planétaire, l'Espagne rafle la première place, toujours suivie de la France et de l'Allemagne. De manière générale, l'Asie remonte nettement dans le palmarès. Le Japon s'adjuge ainsi la 4e position (+5 en deux ans), devant le Royaume-Uni et les Etats-Unis. L'Italie occupe le 8e rang. La Chine se hisse à la 15e position (+2) et l'Inde à la 40e (+12).
Classement 2017 des 34 pays africains étudiés en matière de compétitivité touristique :
1-Afrique du Sud (53è à l’échelle mondiale)
2-Ile Maurice (55è)
3-Maroc (65è)
4-Egypte (74è)
5-Kenya (80è)
6-Namibie (82è)
7-Cap Vert (83è)
8-Botswana (85è)
9-Tunisie (87è)
10-Tanzanie (91è)
11-Rwanda (97è)
12-Ouganda (106è)
13-Zambie (108è)
14-Côte d’Ivoire (109è)
15-Sénégal (111è)
16-Gambie (112è)
17-Zimbabwe (114è)
18-Ethiopie (116è)
19-Algérie (118è)
20-Gabon (119è)
21-Ghana (120è)
22-Madagascar (121è)
23-Mozambique (122è)
24-Malawi (123è)
25-Cameroun (126è)
26-Bénin (127è)
27-Lesotho (128è)
28-Nigeria (129è)
29-Mali (130è)
30-Sierra Leone (131è)
31-Mauritanie (132è)
32-RD Congo (133è)
33-Burundi (134è)
34-Tchad (135è)
Agence Ecofin

31/03/2017

LE FREE ROAMING DEMARRE

Télécommunications en afrique de l’ouest : Le « Free roaming » démarre aujourd’hui dans 5 pays

o-AFRICA-CELL-PHONES-facebook.jpg

Le « Free Roaming » sera désormais applicable à partir d’aujourd’hui, dans cinq pays de l’espace ouest-africain signataires d’un protocole d’accord, à savoir le Burkina Faso, la Guinée, le Mali, le Sénégal et le Togo.
Le secteur des télécommunications dans l’espace ouest-africain amorcera désormais un nouveau départ avec l’effectivité, aujourd’hui, du projet « Free roaming » dans cinq pays de la sous-région, à savoir le Burkina Faso, la Guinée, le Mali, le Sénégal et le Togo. Tous ces pays signataires de ce protocole d’accord vont appliquer les tarifs qui sont contenus dans le protocole. Selon le directeur général de l’Artp, Abdou Karim Sall, avec ce « Free roaming », les pays signataires du protocole d’accord pourraient communiquer ou recevoir des appels sans être facturés, en roaming de manière gratuit. A l’en croire, dans le périmètre du « Free roaming », la réception des appels est gratuite pour une durée de 300 minutes dans un délai de 30 jours calendaires. Quant aux appels et les Sms émis, ils seront facturés aux tarifs appliqués par les opérateurs du pays visité.
« Avant le «Free Roaming», les usagers sénégalais en visite au Mali par exemple devaient payer pour la réception d’appels 200 FCfa par minute et pour l’appel vers un opérateur local 400 FCfa/mn et l’appel vers le pays d’origine et l’international, 1.100 FCfa/mn », informe-t-il. Non sans préciser qu’au aujourd’hui, 31 mars, les tarifs appliqués aux Sénégalais en visite au Mali seront gratuits pour 300 minutes. « Quant à l’appel vers un opérateur local, le tarif sera de 150 FCfa/mn (Tarif plafond). Concernant l’appel vers le pays d’origine et l’international, il sera désormais à 300 FCfa/mn. Et le tarif pour l’envoi des Sms toutes destinations est fixé à 100 FCfa », fait savoir M. Sall. Aussi a-t-il tenu à rappeler que la gratuité de ces appels est limitée dans le temps, un mois, et ne concerne que les clients en déplacement mais pas des clients permanents.
« Au Sénégal, nous avons travaillé avec les trois opérateurs Tigo, Sonatel et Expresso. Ils ont fait le point avec nous et sont prêts et ont déjà implanté les nouveaux tarifs du «roaming» », indique-t-il. Aussi, souligne le directeur général de l’Artp, qu’au départ, ils étaient 7 pays mais le projet ne va démarrer qu’avec le Burkina Faso, la Guinée, le Mali, le Sénégal et le Togo. « La Côte d’Ivoire et la Sierra Leone vont nous rejoindre plus tard », informe toutefois Abdou Karim Sall. La discussion va continuer avec les régulateurs d’autres pays tels que la Gambie, la Mauritanie pour pouvoir faire la même chose et ainsi étendre le réseau.
Présidant le lancement officiel de ce « Free roaming » dans l’espace africain, le ministre des Postes et Télécommunications, Yaya Abdou Kane, a félicité et remercié l’ensemble des acteurs qui ont su matérialiser et rendre effective l’initiative « Free roaming » (réseau africain unique).
A l’en croire, le lancement du réseau unique africain contribuera sans nul doute à une meilleure intégration sous-régionale entre nos États à travers les Télécommunications/Tic.*
Maguette Guèye DIEDHIOU/lesoleil.sn

19/03/2017

AIDE A L'AFRIQUE

Près de 60 milliards de dollars de financement pour l'Afrique

681837416.2.jpg

La Banque mondiale a annoncé dimanche que 57 milliards de dollars d'investissements sur les trois prochaines années allaient être mobilisés pour l'Afrique sub-saharienne.
L'essentiel de ce financement (45 milliards de dollars) va provenir de l'Association Internationale de Développement (AID), l'agence de la Banque mondiale qui accorde des dons et des crédits à taux zéro aux pays les plus pauvres. Quelque 8 milliards proviendront de financements privés par le biais de la Société financière internationale (IFC), une autre antenne de la Banque mondiale, et 4 milliards de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), la filiale de la Banque dédiée aux pays à revenu intermédiaire, a précisé le président de la BM Jim Yong Kim, cité dans un communiqué. L'Allemagne, qui a accueilli vendredi et samedi une réunion des ministres des Finances du G20 à Baden-Baden, a fait du partenariat avec l'Afrique (appelé "Compact with Africa") une priorité de sa présidence en 2017. De tous les pays africains, seule l'Afrique du sud fait partie de ce cénacle international.
Belga

28/12/2016

L'AFRIQUE, C'EST LA FEMME

Pour les femmes en politique l'exemple c'est l'Afrique

90cbbe28c1ff2a81c18401734a3d4894.jpg

Dans les comparaisons mondiales analysant les pourcentages de représentation des femmes dans les parlements, les États-Unis (19.2% ) se classent au 99e rang et la France (26.2%) au 62e rang, très loin derrière le Rwanda, premier avec 63,8% des élus sont des élues, le Sénégal (42,7%), l’Afrique du Sud (42%), la Namibie (41.3%), le Mozambique (39.6%) et l’Éthiopie (38.8%) qui se trouvent tous dans le top 20 du classement.
Questions à Iris Berger, professeure émérite à l’Université de l’État de New-York à Albany (États-Unis) et spécialiste de l’histoire des femmes en Afrique et de l’histoire de l’Afrique du Sud. Elle vient de publier Women in Twentieth-Century Africa avec Cambridge University Press (2016). Elle a aussi publié, entre autres, South Africa in World History (2009), un ouvrage faisant partie de la collection New Oxford World History.
Iris Berger, professeure émérite à l’Université de l’État de New-York à Albany (États-Unis)
Comment l’islam a-t-il affecté la vie des femmes en Afrique subsaharienne?
Les femmes musulmanes d’Afrique subsahariennes tendent à être associées à la burqa, au hijab, au voile et à l’isolement. Cette association dissimule une histoire complexe du genre et de l’islam aux échelles locale et régionale. En Afrique subsaharienne, l’islam remonte aux VIIIe et IXe siècles. Quand les commerçants musulmans traversaient le désert du Sahara et l’Océan Indien, diffusaient leur nouvelle religion. Peu à peu, au cours des siècles (par le commerce et les mariages mixtes), l’islam a été adoptée par les dirigeants des puissants royaumes du Ghana, du Mali et du Songhaï. L’islam a aussi remodelé les pratiques religieuses dans de grandes parties de l’Afrique du Nord-Est et a inspiré la langue et la culture swahili de la côte d’Afrique orientale en combinant les influences religieuses, culturelles, et linguistiques locales et externes. Cependant l’influence musulmane s’estompe avec la distance des grands centres urbains et commerciaux et l’islam a mis du temps à transformer la vie des femmes.
Une série de mouvements militants de renouveau islamique à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle ainsi que la conquête coloniale européenne un siècle plus tard, ont redéfini le climat religieux du continent. La diversité culturelle et religieuse qui en a résulté a augmenté avec les efforts de prosélytisme des missionnaires chrétiens qui ont commencé à déferler sur le continent au XIXe siècle. Dans toutes les régions, cependant, les traditions et pratiques religieuses et spirituelles antérieures ont continué à influencer islam et christianisme et la pratique des deux religions était aussi variée que les langues et les sociétés qui les ont précédées.
De plus, l’influence de l’islam pour les femmes était complexe. Contrairement aux anciennes religions africaines qui ont généralement reconnu et célébré l’influence spirituelle des femmes, les femmes musulmanes ont été exclues des rôles politiques et religieux officiels. Mais ni l’islam ni la domination coloniale n’ont endommagé l’expression exubérante de la religion par les femmes à travers des groupes locaux de possession d’esprit qui valorisent le pouvoir des femmes par rapport aux hommes et inspirent leurs pouvoirs en tant que guérisseuses, surtout en matière de fécondité féminine. En outre, bien que les femmes ne pouvaient hériter que de la moitié de ce que les hommes pouvaient hériter, la loi islamique assurait aux femmes des droits fondamentaux en matière de mariage, de divorce et de propriété. Les pratiques qui exigent que les femmes portent le voile ou qui exigent l’isolement des lieux publics varient selon les régions, mais sont rarement appliquées dans les zones rurales où les femmes doivent travailler à l’extérieur du foyer ; par nécessité, la plupart des femmes musulmanes restaient des agricultrices productives et menaient une vie active en tant que commerçantes, travaillant souvent à partir de leurs foyers et utilisant des enfants comme intermédiaires dans les espaces publics.
Alors que l’éducation occidentale se répandait sur le continent, certains lettrés musulmans défendaient l’éducation des filles comme faisant partie intégrante de l’islam, arguant que le Prophète lui-même croyait que les femmes instruites faisaient de meilleures épouses et mères. Le rythme et la nature de la scolarisation des filles musulmanes variaient beaucoup mais dans certaines régions, à mesure que l’indépendance s’approchait, la persistance du phénomène de réclusion fournissait une justification pour l’éducation des femmes, et ce afin de combler la demande en médecins, enseignantes et sages-femmes. À Zanzibar, au moment de la révolution de 1964, les filles devaient rejeter le purdah (isolement) et l’éducation universelle était considérée comme un aspect clé du programme de développement socialiste. Néanmoins, dans les années 60, après que la plupart des pays africains ont gagné leur indépendance, le nombre de filles instruites était plus bas dans les régions francophones, en partie à cause des politiques coloniales persistantes et en de nombreux endroits en raison d’une forte population musulmane opposée à l’éducation des filles. Ainsi dans le puissant roman Une si longue lettre de l’écrivaine sénégalaise Mariama Bȃ, des femmes musulmanes éduquées se sont heurtées à des dilemmes complexes, surtout lorsque leurs maris ont décidé de prendre une seconde épouse.
Au cours des années 1990, les mouvements de renouveau musulman au nord du Nigeria et au Niger (parallèlement à la montée des Églises chrétiennes pentecôtistes) ont proposé des visions de l’ordre moral musulman qui trouvaient les origines des problèmes économiques dans l’immoralité croissante, en particulier dans la sexualité féminine. Leurs dirigeants ont soutenu que seules des réformes morales généralisées pouvaient inverser les effets dévastateurs de la pauvreté et du sous-développement. Néanmoins, un petit nombre de femmes prospères ont été en mesure d’améliorer leur statut en exécutant le hajj, le pèlerinage annuel à La Mecque - menant à une nouvelle classe proéminente de marchandes. Elles sont revenues de La Mecque non seulement avec un sentiment de piété musulmane plus fort, mais aussi avec des symboles coûteux de la modernité tels que les magnétoscopes et les caméras vidéo.
Comment l’influence politique des femmes en Afrique se compare-t-elle à celle des États-Unis?
Lorsqu’elle a remporté la nomination démocrate au poste de présidente des États-Unis, Hillary Clinton est devenue la première femme d’un parti majeur à se présenter au plus haut poste de la nation, mais ce n’était pas la première femme candidate à ce poste. À la fin du XIXe siècle, deux femmes du Parti pour l’égalité des droits se sont présentées au poste de présidente des États-Unis ; il s’agissait de Victoria Claflin Woodhull en 1872 et de Belva Ann Bennett Lockwood en 1884 et 1888. C’est cependant seulement en 1964, qu’une femme, Margaret Chase Smith, a obtenu la nomination d’un parti majeur. Depuis, neuf femmes (dont Clinton) ont demandé la nomination pour les grands scrutins du parti. Néanmoins, des partis plus petits, comme le Parti de la Femme Américaine, le Parti Communiste, le Parti Socialiste des Travailleurs, le Parti Vert (qui a soutenu Jill Stein aux élections de 2016) et de minuscules groupes idiosyncratiques avaient déjà aligné plus de 30 femmes comme candidats à la présidence.
Cependant, la plupart des gens aux États-Unis (et en France) ne savent pas que ces statistiques ne supportent pas la comparaison avec de nombreux pays d’Afrique, un continent souvent associé à l’oppression des femmes. En effet, dans les comparaisons mondiales analysant les pourcentages de représentation des femmes dans les chambres basses ou dans les systèmes à chambre unique, les États-Unis se classent au 99e rang avec 19.2% et la France au 62e rang avec (26.2%), loin derrière le Rwanda, premier de ce classement avec 63,8% de femmes. Le Sénégal (42,7%), l’Afrique du Sud (42%), la Namibie (41.3%), le Mozambique (39.6%) et l’Éthiopie (38.8%) se retrouvent quant à eux tous dans le top 20 (1). Devant les États-Unis se trouvent 15 autres pays africains. Hillary Clinton, si elle avait été élue, aurait pris place à côté d’Ellen Johnson Sirleaf, économiste, banquière, militante politique de renommée internationale et présidente du Liberia depuis 2006. En 2011, Johnson Sirleaf est devenue la première femme politique à recevoir le Prix Nobel de la paix.
Née au Liberia, un pays fondé en 1847 par des esclaves libérés des États-Unis, Ellen Johnson Sirleaf s’est mariée à 17 ans et a eu 4 fils. Elle a étudié au Madison Business College dans le Wisconsin avant d’obtenir un diplôme en économie de l’Université du Colorado à Boulder et un master en administration publique de la Kennedy School of Government de l’Université Harvard. De retour au Libéria, elle a été embauchée au Trésor et est devenue ministre adjointe des Finances dans le gouvernement du président William Tolbert, dont le parti représentait les élites descendantes des fondateurs du pays. Lorsqu’il a été renversé par Samuel Doe en 1980, Johnson Sirleaf est partie en exil au Kenya et aux États-Unis, travaillant dans les services bancaires internationaux, mais cette dernière est retournée au Libéria en 1985 et a fait campagne pour un siège au Sénat. De plus en plus critique contre la brutalité et la corruption de Doe, Johnson Sirleaf a été condamnée à 10 ans de prison, menacée de viol et de mort. Libérée après avoir purgé une peine partielle, elle a fui le pays une fois de plus et a déménagé à Washington, D.C., mais est restée connectée à la politique du Liberia pendant la guerre civile. Quand Johnson Sirleaf est retournée au Libéria pour une troisième fois en 1997, elle a fait campagne sans succès pour devenir présidente, mais s’est représentée en 2005. En faisant campagne agressivement et avec succès contre le célèbre footballeur international George Weah, elle a gagné le scrutin en promettant le développement économique ainsi que la fin de la guerre civile et de la corruption. Lors de son investiture, elle est devenue la première femme élue présidente sur le continent africain.
Ellen Johnson Sirleaf, la présidente du Liberia, durant une conférence de presse organisée par le FMI et la Banque Mondiale sur la question des conflits armés, le 8 octobre 2016, à Washnigton DC. Photo Zach Gibson / AFP
Le Liberia a été un cas unique en ayant une candidate féminine tout à fait qualifiée pour devenir présidente à la suite de la guerre civile. Néanmoins ce phénomène s’est produit aussi ailleurs en Afrique : les femmes se sont positionnées pour tirer parti des pressions locales et internationales visant à rédiger des constitutions démocratiques et organiser des élections multipartites au cours des années 1990 et au début du XXIe siècle. Dans la réorganisation post-conflit du gouvernement qui a eu lieu en Afrique du Sud, en Namibie, au Mozambique et en Ouganda en Sierra Leone, au Liberia et en Érythrée, les femmes se sont rassemblées pour faire en sorte que leurs voix ne soient pas réduites au silence dans les nouveaux systèmes politiques. Appliquée en Afrique du Sud après les élections historiques qui ont mis fin à l’apartheid en 1994, l’une de leurs principales tactiques (également utilisées en France) était d’exiger une plus grande parité entre les femmes et les hommes dans les organes législatifs en fixant des quotas pour la représentation des femmes au niveau national (et parfois régional et local). Ces demandes ont été particulièrement fructueuses dans les pays issus de troubles civils depuis le milieu des années 80, ouvrant des espaces aux militants politiques pour promouvoir des cadres politiques et constitutionnels reflétant les préoccupations contemporaines en matière de protection des droits des femmes.
Comment une perspective comparative peut-elle enrichir notre compréhension de l’histoire de l’Afrique du Sud?
Lorsque le sénateur Robert F. Kennedy, frère du défunt président John F. Kennedy, prononça un discours à l’Université du Cap en 1966, il commença ses remarques avec un résumé apparemment simple de l’histoire de l’Afrique du Sud. Il a ainsi évoqué un pays colonisé par les Hollandais au milieu du XVIIe siècle, puis pris par les Britanniques et enfin devenu indépendant. Il a aussi évoqué un pays où les premiers habitants furent d’abord soumis, mais avec qui les relations restaient un problème. Il a parlé d’un pays qui se définissait sur une frontière hostile, d’un pays qui importait autrefois des esclaves et qui luttait toujours pour effacer les dernières traces de cette ancienne servitude. À la surprise de son auditoire, il conclut: «Je me réfère bien sûr aux États-Unis d’Amérique».
En établissant ces liens communs entre les deux pays, Kennedy appelait les jeunes à lutter contre l’injustice et l’inhumanité à travers le monde, mais ses remarques contribuèrent aussi à placer l’Afrique du Sud dans le contexte plus large de l’histoire mondiale en la situant parmi les nombreux pays colonisés par les Européens qui parcoururent le globe à partir de la fin du XVe siècle à la recherche de nouvelles sources de richesse et de pouvoir. Comme l’a observé Kennedy, ces conquêtes ont laissé un héritage d’oppression, d’esclavage et d’inégalité raciale combiné à une exploitation intensive des ressources naturelles et des technologies modernes très développées. Comme au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et dans de nombreux pays d’Amérique latine, l’Afrique du Sud a attiré un nombre important de colons européens qui se sont emparés de vastes étendues de terres et approprié de précieuses ressources. En Afrique, ce récit sud-africain de dépossession était parallèle à l’histoire de la Rhodésie du Sud (aujourd’hui Zimbabwe), du Kenya et de l’Algérie. Kennedy a également évoqué la lutte pour éradiquer les derniers vestiges de la servitude. Bien que la lutte contre l’apartheid se poursuivait encore en 1966, l’Afrique du Sud, contrairement aux États-Unis, avait obtenu sa liberté par une combinaison de pressions politiques, diplomatiques et militaires plutôt que par une guerre anticoloniale à grande échelle.
Vincent Hiribarren/Ibariafrika24

21/11/2016

MIA MOKE

Une petite héroïne 100 % africaine sensibilise les enfants à l’écologie

teasermia.png

La protection de l’environnement n’est pas une priorité au Sénégal. C’est ce qui a décidé un Franco-Sénégalais et son équipe à lancer "Mia Moké", un projet visant à sensibiliser les enfants à ce sujet, à travers la voix d’une jeune héroïne africaine, à laquelle ils peuvent s’identifier. Leur projet est décliné sur différents supports : application pour tablettes ou encore bande-dessinée.
"Mia Moké" – "moké" signifie "petit" en lingala – a été lancé fin septembre par l’agence de communication Advise, basée à Dakar. Quatre personnes y travaillent, dont Karim Gadjigo, un Franco-Sénégalais de 50 ans. Ce dernier a grandi au Sénégal, avant de partir en France pour étudier. Il est ensuite retourné au Sénégal il y a une vingtaine d’année pour travailler dans le secteur de la communication.
Destinés à sensibiliser les enfants à l'écologie, ces visuels, créés par l'agence Advise, se trouvent sur la page Facebook de "Mia Moké".
"Nous avons créé une héroïne vivant dans un village où les habitants trient les déchets"
Nous avons commencé à travailler sur le projet "Mia Moké" en 2011, pour répondre à des enjeux culturels et environnementaux.
Tout d’abord, à la sortie des écoles, à Dakar, on constate que les enfants ont des sacs "Dora l’exploratrice", "Barbie" ou encore "Hello Kitty". Ce ne sont jamais des héros africains, ce qui interroge sur la place de l’identité africaine et des modèles culturels dominants dans le monde. On peut aussi s’interroger sur l’impact que peut avoir l’absence de petits héros qui leur ressemblent dans le développement personnel de ces enfants. Ce n’est d’ailleurs pas anodin si les produits pour éclaircir la peau se vendent autant en Afrique. Nous avons donc créé une petite héroïne africaine, pour faire évoluer les mentalités à travers elle.
"Les gens continent de jeter leur déchets par terre"
L’autre constat, c’est que les gens sont très peu sensibilisés aux questions environnementales au Sénégal : comme dans d’autres pays africains, la protection de l’environnement n’est pas une priorité. Du coup, les comportements n’évoluent pas vraiment : les gens continent de jeter leurs déchets par terre, notamment. À travers notre héroïne, nous cherchons donc à faire connaître la nature en expliquant comment la protéger. Par exemple, elle vit dans un village à la campagne – car c’est un endroit souvent dévalorisé par rapport à la ville – où les habitants font le tri des déchets.
"Nous avons créé une application sur le thème de la déforestation"
Pour l’instant, nous avons créé une application pour les tablettes, sur le thème de la déforestation, un enjeu majeur au Sénégal. À travers l’application, les enfants doivent résoudre une sorte d’énigme dans un village où tous les oiseaux ont disparu. Ils comprennent ensuite que c’est lié à la production de charbon qui s’est développée sur place, ayant entraîné la déforestation du site. Durant le jeu, des informations sont données sur la nature, sur les alternatives au charbon qui existent, il y a un quizz, un karaoké avec des chansons sur l’environnement...
L'interface de l'application "Mia Moké".
Des explications sur la faune et la flore sont données dans cet "éco-dico", qui fait partie de l'application.
Cette application coûte 3,99 euros sur l’Apple Store : nous avons conscience que nous ne pouvons pas toucher tout le monde ainsi. D’ailleurs, nous en avons vendu seulement une centaine depuis deux mois. Mais c’est un support pertinent pour faire passer notre message. De plus, il y a déjà 50 millions de tablettes en Afrique et leur usage devrait se démocratiser d’ici deux ou trois ans. Par ailleurs, nous avons lancé une bande-dessinée et des livres de coloriage sur le thème de l’environnement, vendus au prix de 2 500 francs CFA [3,81 euros], ainsi qu’un kit pour faire pousser un arbre, avec des graines, qui coûte 3 500 francs CFA [5,34 euros].
Cette bande-dessinée est vendue dans quatre librairires à Dakar.
Ces produits, plus accessibles, sont vendus dans quatre librairies de Dakar. Des écoles nous en ont acheté et nous en avons donné à des associations.
Actuellement, nous sommes également en train de concevoir une série de 30 dessins animés pour la télévision, un jeu vidéo, deux nouvelles applications pour tablettes, sur la biodiversité marine et la pollution – celle liée au plastique en particulier – toujours avec le même personnage. En revanche, il nous manque des fonds pour développer une application pour smartphones.
"Nous voulons développer le projet sans dépendre de subventions"
Nous aimerions que notre projet soit rentable, pour ne pas dépendre de subventions. Et surtout, si ça marche, nous pourrons développer encore davantage nos liens avec les associations, ainsi que des supports accessibles au plus grand nombre.
L’agence Advise travaille principalement pour des marques alimentaires locales, mais collabore également avec Nébéday, l’une des rares associations locales de défense de l’environnement, en lui fournissant notamment des affiches.
Karim Gadjigo/Chloé Lauvergnier/France24

09/11/2016

TRUMP: L'AVENIR AVEC L'AFRIQUE

Quelle sera la politique africaine de Donald Trump?

2016-11-09t083701z_1805056303_ht1ecb90nxb33_rtrmadp_3_usa-election-trump_0.jpg

L'Afrique a été la grande absente des débats et des discours des deux candidats à la présidentielle américaine. Parmi ses conseillers sur la politique étrangère, Donald Trump n’a pas de spécialiste du continent. De quoi susciter quelques inquiétudes sur les grandes lignes de sa politique africaine.
Certains éléments peuvent aller dans le sens d’une continuité dans la politique africaine des Etats-Unis. Le fait que Trump ne dispose pas de spécialiste du continent peut s'expliquer : les postes décisionnaires sur la politique étrangère ne sont pas tous liés à des nominations présidentielles. Donc des membres clés au bureau Afrique du département d’Etat ou du Pentagone pourraient rester en place.
De plus, il n’y a jamais eu de réelle différence idéologique entre démocrates et républicains sur la politique africaine, même si les démocrates sont plus fermes sur la promotion de la bonne gouvernance par principe, quand les républicains, plus axés sur les intérêts du secteur privé, estiment que la libéralisation économique est en soi un facteur de démocratisation
La concurrence avec la Chine est l’un des éléments qui pourraient pousser Donald Trump à s’intéresser au continent. Durant la campagne, Donald Trump a adopté une attitude de confrontation avec la Chine, et les Etats-Unis sont bien conscients d’être très en retard face à l’offensive chinoise en Afrique, en particulier dans le secteur économiques et l’accès aux matières premières. En businessman, Trump devrait adopter une politique pragmatique basée sur les intérêts américains avant tout, économique et sécuritaires, et, en chantre de l’isolationnisme, relayer au second plan les exigences démocratiques.
Moins de pression sur les régimes contestés, c’est d’ailleurs ce qu’espèrent les pouvoirs actuellement en proie à des sanctions, comme le Burundi ou la RDC, dont les dirigeants ont rapidement félicité le président nouvellement élu.
Mais cet isolationnisme pourrait avoir une répercussion négative sur l’aide au développement, si Donald Trump, qui a promis de placer les intérêts des Américains avant toute chose, décidait que l’enveloppe conséquente de l’aide aux pays africains serait mieux utilisée à l’intérieur du pays. C’est du moins ce qu’il a laissé entendre pendant sa campagne.
■ Donald Trump va-t-il mettre fin à l'AGOA ?
Donald Trump va-t-il mettre fin à l'AGOA, cet accord de libre-échange signé en 2000 qui facilite l'entrée des marchandises africaines au marché américain ? Après les Etats-Unis, quelle nation a effectué le plus de recherches Google liées aux élections américaines mardi soir ? Réponse de Google Trends : le Ghana. En plus d'avoir de très nombreux ressortissants aux Etats-Unis, le pays d'Afrique de l'Ouest a exporté des millions de dollars de cacao et d'anacarde vers la première économie mondiale en vertu de l'accord AGOA de libre-échange.
Signe de l'inquiétude après les déclarations du candidat Trump menaçant de remettre en cause une fois élu plusieurs des accords de ce type. Mais contrairement aux accords Alena avec les voisins américains ou le Traité transatlantique, l'AGOA était absent de la campagne.
Trump va-t-il s'en prendre à l'AGOA ? Du côté de l'un des plus importants partenaires commerciaux, l’Afrique du Sud, avec 13 milliards de dollars échangés en 2015, on en doute. Car cela risque aussi de gêner les intérêts de grandes entreprises américaines implantées en Afrique.
Autre obstacle, le Congrès américain. Dominé par le camp républicain, il a reconduit l'AGOA jusqu'en 2025. Mais là encore, rien ne dit que Trump entend revenir sur l'accord. Plus inquiétante pour l'Afrique est la remise en cause répétée par Trump de l'aide au développement ou encore de l'accord mondial sur le climat.
Laura Martel/RFI

COMMENT TRUMP VOIT L'AFRIQUE...

En attendant la presse Dakaroise du jour, nous avons retrouvé un article révélateur de ce qui attend l'Afrique face au nouveau président des USA...

unnamed1.jpg
Donald Trump: « Certains africains sont des imbéciles, paresseux, bons qu’à manger, faire l’amour et voler »
Le magnat des affaires, l’américain Donald Trump, nouveau président élu aux Etats Unis cette nuit, a exprimé son profond dégoût pour les africains en se référant à eux comme des imbéciles, paresseux seulement bon à manger, faire l’amour et à la brutalité.
Parlant à Indianapolis, Trump, le républicain a réitéré sa promesse d’expulser les africains en particulier ceux d’origine kényane, y compris leur fils Barack Obama.
« Les afro-Américains sont très paresseux. Le mieux qu’ils puissent faire est de vadrouiller dans les ghettos, déplorant la façon dont ils sont discriminés. Ce sont les gens que l’Amérique n’a pas besoin. Ils sont les ennemis du progrès. Regardez les pays africains comme le Kenya, par exemple, ces gens sont en train de voler leur propre gouvernement et vont investir l’argent dans des pays étrangers. Du gouvernement à l’opposition, ils sont qualifiés pour être utilisés comme une étude de cas à chaque fois que de mauvais exemples sont nécessaires. Comment faites-vous confiance, même à ceux qui ont couru loin pour se cacher ici, aux États-Unis se cachant derrière l’éducation? Il paraît qu’ils abuser de moi dans leurs blogs, mais je ne me soucie pas parce que même l’Internet qu’ils utilisent est la nôtre et nous pouvons décider de l’éteindre de ce côté. Ce sont des gens qui importent tout, y compris des allumettes. Pour moi, la plupart de ces pays africains devrait être colonisé à nouveau pour un autre 100 ans parce qu’ils ne savent rien sur le leadership et l’auto-gouvernance «, a expliqué Donald Trump amèrement pendant qu’il donnait des éclaircissements sur la façon dont il envisage de reconstruire l’Amérique et restaurer sa gloire perdue .
«Je promets de faire de l’Amérique une grande à nouveau en rétablissant notre dignité que nous avons depuis perdu par Obama. Raison de plus pour que je crois toujours que lui et ses frères et sœurs du Kenya devrait être expulsés vers le Kenya pour mettre l’Amérique en sécurité. »
Afrikamag

15/10/2016

SECURITE MARITIME EN AFRIQUE

L'Union Africaine adopte une charte "historique" pour la sécurité maritime

20160722004832_sene3.jpg

Plus de 40 pays africains, réunis en sommet samedi à Lomé à la demande de l'Union Africaine, ont adopté une charte contraignante sur la sûreté et la sécurité maritime.
"Nous nous félicitons de l'adoption et de la signature de la charte sur la sécurité et la sûreté maritime et le développement en Afrique", a annoncé le président congolais Denis Sassou Nguesso pour conclure le premier Sommet de l'UA sur la sécurité des mers. "Ce geste est on ne peut plus historique dans la vie de notre continent", a-t-il ajouté. Le président kényan, Uhuru Kenyatta, s'est également réjoui de cette promesse de coordonner les actions entre les pays du continent pour lutter contre la piraterie et les trafics de drogue, d'armes et d'êtres humains sur les côtes africaines. "Cette charte va également participer à la Stratégie africaine intégrée pour les mers et pour les océans à l'horizon 2050 (adoptée en 2012), et baliser de nouvelles initiatives et de nouvelles actions", a déclaré le président du Kenya. Le pays d'Afrique de l'est a longtemps souffert de l'insécurité maritime dans le Golfe d'Aden, et des conséquences de la piraterie de son voisin somalien. Avec un total de 13 millions de km2 de zones économiques maritimes et 17% des ressources mondiales en eau douce, l'Afrique doit voir cette richesse comme une opportunité de développement durable, selon le président Kenya. Cette charte engage les Etats de l'UA signataires à protéger leur environnement mais aussi à prévenir et réprimer la criminalité en mer, ainsi que les trafics d'êtres humains, d'armes ou de drogue. Ils s'engagent également à créer des institutions nationales et régionales "pour assurer la mise en oeuvre de politiques appropriées pour promouvoir la sureté en mer". Dans son discours d'inauguration, le président tchadien Idriss Deby (président en exercice de l'UA) a rappelé qe sur "54 pays que compte l'Afrique, 38 sont des Etats côtiers". 90% des importations et exportations transitent par la mer et un nombre important des corridors commerciaux maritimes les plus stratégiques se trouvent dans l'espace maritime africain, selon lui. 43 pays étaient représentés au sommet de Lomé, dont 18 par leur chef d'Etat, sur les 54 pays que compte l'Union africaine. La situation s'est apaisée à l'est du continent, et c'est désormais le Golfe de Guinée - et ses 5.700 km de côtes - qui fait figure de nouvel épicentre de la piraterie maritime en Afrique.
Agence Belga

13/10/2016

MARIAGES ET BEBES GRIS...

Quand des africains profanent leur famille pour avoir des papiers en France : « mariage gris » et « bébé gris »

52411bb83570bed7db9d5fd3.jpg

Avec le ministre français de l’immigration Eric BESSON, j’ai participé à un groupe de travail sur l’incrimination de l’escroquerie sentimentale à des fins migratoires. J’ai défendu devant ce groupe que l’administration française n’avait pas le droit de s’immiscer dans la vie sentimentale des étrangers, pour déterminer si leur amour est sincère ou sournois. Cela dit, l’honnêteté et la pratique du droit des étrangers obligent à admettre que des étrangers bricolent un mariage (mariage gris) ou « fabriquent » un bébé (bébé gris) uniquement pour obtenir un titre de séjour. Il y a lieu d’avertir les africains qui banalisent ces manœuvres sur les risques qu’ils encourent.
Mariage gris : je t’aime, moi non plus !
Il ressort de la loi française que tout étranger non polygame marié à un ressortissant français peut obtenir de plein droit un titre de séjour « vie privée et familiale », s’il mène une vie commune effective avec son conjoint. Il arrive ainsi qu’un étranger, faisant l’objet d’un refus de titre de séjour, se dépêche d’épouser un « gaulois » ou d’engendrer un petit « gaulois » pour échapper à l’éloignement. Des « sans papiers », à qui la loi ou la préfecture n’offrent aucune autre chance d’obtenir un titre de séjour, succombent à cette tentation. Ce détournement frauduleux du droit fondamental à une vie privée et familiale normale peut être le fait de l’étudiante titulaire d’un Master 2, qui n’a pas pu faire un changement de statut pour obtenir un titre de séjour »salarié ». Comme la loi lui impose de rentrer au pays, elle dit OUI au mariage éclair que lui propose son camarade de classe français ou son compatriote étranger qui détient un titre de séjour. Alors qu’en temps normal, ce camarade étudiant n’aurait même pas espéré un bisou de sa part. Cela peut aussi être le fait d’un étranger qui a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français, à qui son avocat, en manque d’inspiration ou d’expertise en droit des étrangers, conseille de se marier à un ressortissant français pour bloquer toute procédure d’expulsion à son encontre. C’est aussi le cas d’un étranger qui en a marre d’essuyer des refus de titre de séjour, et qui improvise un amour insidieux l’obligeant à jouer le gigolo ou la courtisane, pendant tout le temps nécessaire à l’obtention d’un titre de séjour en tant que conjoint de français(e). Une fois son titre de séjour en poche, il n’hésitera pas à trouver un prétexte pour larguer son naïf conjoint français.
Bébé gris : Où t’es, papa où t’es ?
D’autres étrangers, plus pressés, zappent la case mariage et font rapidement un enfant avec un ressortissant français pour obtenir un titre de séjour. La loi française attribue un titre de séjour à tout étranger non polygame, qui est père ou mère d’un enfant français vivant en France, s’il contribue à son entretien et son éducation. Les étrangers qui font des « bébés gris » sont généralement rattrapés par l’effet boomerang de leur turpitude : titre de séjour non renouvelé pour défaut d’entretien de l’ « enfant gris » ; chantage de la mère de l’enfant qui leur soutire de l’argent avec la menace de dénoncer leur manège à la préfecture ; infidélité ou divorce au bout de quelques mois du fait que la mariage n’était pas motivé par une intention matrimoniale, etc.
Pour éviter le poids très lourd de la procréation d’un enfant juste pour obtenir des papiers, des étrangers, plus machiavéliques, se livrent à un périlleux business de reconnaissance frauduleux de leur enfant par un français : les vrais géniteurs se mettent d’accord pour payer jusqu’à 10 000 euros à un français pour qu’il se déclare comme étant le père de leur enfant. De ce fait, l’enfant étranger devient automatiquement français. Par conséquent, la maman étrangère bénéficie d’un titre de séjour en tant que mère d’un enfant français. Comme les français de peau blanche font plutôt des enfants métis avec des africaines de peau noire, ces dernières ciblent alors les français antillais pour procéder à cette téméraire fraude à la filiation. Ce business compromet l’état civil de l’enfant innocent, et accouche souvent d’une souris judiciaire.
Sanctions grises : je ne savais pas que c’est si grave.
Les étrangers tentés par ces transgressions ne se rendent pas souvent compte du risque pénal qu’ils encourent. La loi française punit toute personne qui contracte un mariage ou reconnait un enfant uniquement pour obtenir des papiers, éviter l’éloignement ou obtenir la nationalité française, à une peine de prison de 5 ans, pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison si plusieurs personnes ont contribué à la fraude. Pis, le seul fait d’avoir tenté de faire un « mariage gris » ou un « bébé gris » peut vous amener en prison.
Pis encore, votre conjoint français peut vous faire emprisonner s’il découvre plus tard que vous l’avez épousé, ou lui avez fait un bébé, juste pour obtenir un titre de séjour.
Dans cette hypothèse, votre vie dépend de lui : vous êtes à sa merci et vous devenez psychologiquement son esclave. A la sortie de prison l’étranger condamné pour « mariage gris ou « bébé gris » peut se voir interdit de remettre le pied en France pour plusieurs années ou définitivement ; et ses biens peuvent être confisqués. A y voir plus clair, ce n’est pas un bon deal.
Il existe des moyens légaux pour régulariser sa situation administrative en France, sans faire de mal à un conjoint et à un bébé innocent, et sans se tirer une balle sur la cheville.
A bon entendeur, vigilance !
Aliou TALL, Juriste, Président du Réseau Africain de Défense des Usagers, des Consommateurs et du Citoyen (RADUCC)/Fatima Diop/Senenews

25/08/2016

BONNE NOUVELLE POUR LES DESCENDEURS

Rabat goudronne une route reliant Guergarat au Nord de la Mauritanie

ob_5594c1_dsc09187.JPG

Rabat est décidée à mettre fin aux opérations de contrebande dans la zone séparant le Maroc de la Mauritanie. Le Maroc compte ainsi goudronner une route reliant les deux pays et envisage même d’y installer des caméras. Le Polisario s'agite.
Le Polisario est mauvais perdant. Suite aux opérations d’assainissement récemment entreprises par les services de la douane marocaine, à Guergarat, zone située près des frontières maroco-mauritaniennes, le Polisario menace de recourir à des «mesures musclées», fait savoir le quotidien Al Massae dans son édition de ce mardi 23 août.
Si Ghali et les siens s'agitent, c'est bien parce que le Maroc a entamé le projet de goudronnage d’une route reliant le Maroc à la Mauritanie, allant jusqu’à la doter de caméras à même de rendre compte des activités contrebandières, les trafiquants étant très actifs dans cette zone, rapporte le journal.
Bien que les relations diplomatiques entre Rabat et Nouakchott passent par des moments difficiles, le Maroc a pris la décision de goudronner ce tronçon reliant la zone de Guergarat au point frontalier de la Mauritanie, resté longtemps impraticable, ajoute Al Massae qui précise que cette route sera entourée d’un grillage et dotée de caméras de surveillance.
Ce projet, qui a démarré par des opérations de balisage du tronçon, se fait en parfaite coordination avec les Nations Unies et la Mauritanie, d'autant que cette zone est devenue un fief de truands et, probablement, d’activités terroristes, note le journal.
Face à la propagande menée par le Polisario quant à ces opérations d’assainissement, les Nations Unies ont réfuté les informations selon lesquelles Rabat aurait violé les conventions signées dans le cadre du cesser-le-feu entre les parties, soulignant qu’il n’existe aucune activité militaire douteuse et susceptible d’affecter la convention en question.
Mustapha Nouri/DR/Kiosque360

08/08/2016

LA CHINE PILLE L'AFRIQUE

La Chine fait main basse sur les forêts africaines

La-chine-sur-le-bois.jpg

La voracité chinoise à l’égard des matières premières africaines n’a pas de limite : les minerais, le pétrole, la faune et la flore sont exploités de façon intensive. C’est le cas également du bois, dont 75 % de la production part pour la Chine, ce qui en fait la troisième matière première la plus importée par l’empire du Milieu.
Selon l’ONG Greenpeace, qui vient de publier une enquête à ce sujet, une grande partie des forêts est exploitée illégalement. Le bois est exporté brut vers la Chine où il est transformé avant d’être réexporté essentiellement vers l’ Europe. Le tout dans des conditions souvent opaques. Le Cameroun, le Gabon, la République du Congo et le Mozambique sont en première ligne.
Greenpeace s’est ainsi penchée en particulier sur le bois en provenance du Cameroun et du Congo. Avec plus de 250 millions d’hectares, le bassin du Congo abrite la deuxième plus grande forêt de la planète. Elle fait vivre plus de 75 millions de personnes qui en dépendent pour leur subsistance, tout comme des espèces animales menacées comme les gorilles et les chimpanzés.
Un chiffre d’affaires de 6 milliards de dollars
L’ enquête de l’ONG se concentre essentiellement sur la société camerounaise CCT (Compagnie de commerce et de transport) qui est le plus grand exportateur de grumes du pays. L’ONG a remonté la filière des forêts camerounaises au port chinois de Zhangjiagang (à l’est de la Chine), où les importateurs profitent d’une législation particulièrement laxiste. Cette zone de libre-échange construite en 1992 se trouve à une heure trente à peine de Shanghai.
Sur les quelque trois cents entreprises identifiées qui importent du bois d’ Afrique, une trentaine concentre 80 % des volumes transportés. Parmi elles, Jiu Li Timber Industry, World Wood Trade, Allwin ou Huilong Goup… Il s’agit essentiellement d’ entreprises de quatre provinces du Sud-Est : le Guangdong, le Zhejiang, Shanghai et le Jiangsu où se trouve le port de Zhangjiagang. C’est là, sur les rives du Yangtze, que se concentre l’essentiel de l’ industrie chinoise du bois. Au total, le chiffre d’affaires de ces industriels du bois s’élève à 6 milliards des dollars.
Mais le principal scandale de cette exploitation illégale est le commerce d’essences précieuses et protégées, comme le bois de rose en provenance de Madagascar. Un bois plutôt utilisé dans la fabrication de meubles pour une clientèle aisée. Dans le bassin du Congo existe plus de 10 000 espèces de bois tropicaux dont un tiers est endémique à cette région.
Entre 2000 et 2013, près de neuf millions d’hectares de forêts ont disparu. Une catastrophe pour la biodiversité. Au Gabon par exemple, l’exploitation illégale de Kevazingo, un bois précieux, est particulièrement réprimée. L’an dernier, vingt-six personnes, dont cinq Chinois, ont été arrêtées près de Makokou, dans le nord-est du Gabon, dans le cadre de la lutte contre l’exploitation illégale. Le Gabon est l’un des principaux exportateurs de cette essence rare d’Afrique centrale avec près de 18 000 m 3 exportés chaque année. Ce bois sert à fabriquer des meubles massifs, des parquets et moulures ou encore des instruments de musique.
La Chine ferme les yeux
La demande en Kevazingo a explosé ces dernières années, faisant flamber son prix. Le mètre cube varie aujourd’hui entre 1 500 et 3 000 euros une fois en Chine, selon Luc Mathot, responsable de l’ONG Conservation Justice, à l’origine d’un rapport accablant qui dénonce une ” véritable organisation mafieuse de blanchiment du bois et une corruption à tous les étages “.
Ces pays sont devenus tellement dépendants de la Chine qu’ils acceptent toutes les conditions posées par leur principal client. Selon l’Institut international pour l’ environnement et le développement (IIED), 90 % du bois du Mozambique part ainsi pour la Chine, dont la moitié proviendrait d’exploitations illégales.
Si l’ Union européenne et les Etats-Unis ont renforcé leur législation en matière d’importation de bois africain, la Chine en revanche ferme les yeux. Pour prévenir une déforestation sauvage, l’IIED a mis en place, il y a deux ans, un observatoire, qui réunit les autorités africaines, chinoises et les principaux forestiers du continent, conduisant la Chine à adopter un code de bonne conduite dans l’importation de bois d’Afrique. Pour les pays africains, cela doit aussi être l’occasion de mettre en place une industrie responsable du bois, aussi vertueuse que vitale pour leurs économies.
Sébastien Le Belzic dirige le site Chinafrica. info, un magazine sur la ” Chinafrique ” et les économies émergentes.
Africa24/Le Monde.fr

01/08/2016

RENDEZ-VOUS DU BUSINESS EN SEPTEMBRE

L'UNE DES PLUS GRANDES MANIFESTATIONS EN FRANCE CONSACRÉE A L AFRIQUE !

camara14.jpg

800 entreprises pour 3 000 rendez vous les 22 et 23 septembre 2016 au Conseil économique, social et environnemental, Paris 16e
Sous le haut parrainage conjoint du Ministère des Affaires Étrangères et du Développement International et du Ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique de la France, en collaboration avec AfricaFrance, et le Conseil économique, social et environnemental (CESE), les Rencontres Africa 2016 contribuent à un «trait d’union économique et humain entre l’Afrique et la France, pour un avenir partagé».
Le continent africain joue, aujourd’hui, un rôle essentiel dans le monde économique. L’objectif de cette rencontre internationale est de faciliter et de diversifier les échanges. De faire naître des coopérations industrielles, économiques et technologiques, de créer des emplois en plaçant l’homme au centre des préoccupations, de favoriser le transfert de savoir-faire, de développer des formations.
La manifestation est également soutenue par AFD / Proparco, Bpifrance, Business France, la CGPME, le CIAN, COFACE, le Comité National des Conseillers du Commerce Extérieur de la France et par de nombreuses Chambres de Commerce et d’Industrie.
Les Rencontres Africa 2016 s’inscrivent dans la perspective du sommet Afrique - France qui réunira les chefs d’États africains et français, à Bamako, en 2017.
Les Rencontres Africa 2016 reposent sur trois piliers :
Organiser des rendez-vous BtoB pour favoriser les partenariats économiques entre entreprises africaines & françaises et, entre entreprises africaines, sur des thématiques importantes : ville durable, énergie, agriculture …
Favoriser les réseaux et les connexions entre dirigeants de ces entreprises et avec les autorités/organismes représentatifs.
Produire un contenu à forte valeur ajoutée et novateur au travers de conférences et colloques haut de gamme, qui seront repris pour la grande conférence des chefs d’états africains et français de Bamako en janvier 2017.
La qualité des intervenants, des partenaires, des entreprises participantes, ainsi que l’ampleur de la mobilisation africaine, font des Rencontres Africa 2016 LA manifestation que beaucoup attendait à Paris.
Elle s’inscrit dans une nouvelle dynamique de la France vers l’Afrique, et fait écho aux engagements du Chef de l’Etat Français, à la suite de la COP21, pour le financement de projets sur le continent africain.
Très pragmatique, les Rencontres Africa 2016 sont un espace de réseautage à grande échelle. D’ores et déjà de nombreux partenaires ont signifiés leur soutien à la manifestation.
Ce sera la plus importante manifestation économique organisée en France sur l’Afrique.
Plus d'infos:
M Freddy D. ZANGA - La Chambre Internationale pour le Conseil et la Promotion des entreprises 66, Av. des Champs Élysées 75008 Paris
Tél+33 7 51 97 21 37 ou 33 6 66 20 94 63-Fax +33 1 44 95 14 14
E-Mail: dom.zanga@cicpgroup.com - http://www.cicpgroup.com
Email : association.cicp@hotmail.fr

04/07/2016

REFLEXIONS PAR RAPPORT AU BREXIT

LE BREXIT : QUELLES LEÇONS POUR UNE NOUVELLE DYNAMIQUE AFRICAINE ?

MT_Affidis_illus_500.jpg

Du calvaire financier de la Grèce en passant par le dérèglement de la zone euro, la crise des réfugiés, la poussée des nationalistes, etc. rien ne va plus en Europe ! Jour après jour, l’union s’enfonce dans un euroscepticisme qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Le récent référendum britannique sur le « Brexit » en est une parfaite illustration. Un référendum dont les conséquences politiques, économiques, diplomatiques à long terme [1] ne manqueront pas d’influencer l’avenir de l’Europe tout entière et d’imposer un nouveau principe de réalité [2].
L’UE serait-elle en cours de démolition et le référendum britannique, le début de la césure qui la fait avancer vers la plus grande transformation qu’elle n’ait jamais connue depuis sa création ? De toute évidence, le Brexit menace la construction européenne et fait vaciller l’un des modèles les plus aboutis d’intégration dans ce monde contemporain multipolaire où la construction de blocs est une tentative pour consolider des intérêts communs.
Comment en est-on arrivé là ? Comment « un peuple de grande culture démocratique comme le peuple britannique décide d’abandonner une institution comme l’Union européenne, garante de paix et de coopération dans un espace commun qui a été ravagé par des guerres pendant des années ? [3] ».
Si le rejet de la globalisation [4] explique en partie cet euroscepticisme, celui-ci trouve son origine dans l’incapacité de l’Union à être à la hauteur [5], à répondre aux besoins de ces citoyens et à redonner à « l’idée européenne » tout son sens, une nouvelle perspective, une nouvelle renaissance.
Quand bien même très différent d’un point de vue historique, institutionnel, politique, économique, sociologique..., l’UA, comme l’UE sur laquelle elle s’est, par ailleurs, largement inspirée, fait face aux mêmes incertitudes, aux mêmes défis. Des défis immenses eu égard à « la complexité et la totalité de l’Afrique [6] ».
Ainsi, entre espoirs démesurés et désillusions, entre affirmation du continent africain et dépendance vis-à-vis des instances internationales, entre projets de renaissance africaine et défis économiques et sociaux, le rôle de l’UA et l’empreinte qu’elle laissera sur l’histoire de ses pays membres restent à écrire.
En effet, elle traverse aujourd’hui une crise profonde parce que ne fabriquant plus les imaginaires d’un panafricanisme qui se pense en dehors de ses instances et des systèmes étatiques où les concepts de solidarité, de sécurité et de culture n’ont plus leur place [7]. Parce qu’elle est déconnectée des réalités et n’a pas réussi à intégrer les sociétés civiles dans les discussions. Parce qu’elle reste un cercle de Chefs d’État. Parce qu’elle a échoué sur la plupart des crises politiques et sécuritaires [8]. Parce qu’elle n’a pas les moyens de ses ambitions, parce qu’elle n’inspire plus confiance, notamment auprès de la jeunesse africaine qui, dans un grand sondage récent, brocardait « la quête de pouvoir des politiciens [9] » au détriment des aspirations des peuples.
Pour toutes ces raisons et dès lors que L'Histoire ne doit pas nous prendre au dépourvu, le Brexit doit être l’occasion pour l’Union africaine de revoir sa feuille de route, de s’inspirer des causes et des effets de ce choc historique pour s’imposer une nouvelle vision, améliorer ses institutions, son fonctionnement, rallumer le rêve fédéral et être un acteur résolu de la stabilité et de la prospérité de l’Afrique. Mais, il faut pour cela promouvoir et respecter des valeurs et des principes, se donner les moyens d’atteindre ses ambitions et faire de l’unité africaine l’affaire de tous les Africains.
Promouvoir et respecter des valeurs et des principes
Une union qu’elle qu’elle soit, repose sur des règles, des valeurs et des principes. Si, dans le cadre de l’Acte constitutif de l’union africaine, ces objectifs et ces principes sont expressément mentionnés, quand est-il de leur respect et de leur mise en œuvre ?
La réponse à cette question est loin d’être satisfaisante au regard, entre autres, de ses tergiversations et de ses multiples échecs. L’UA n'arrive plus à sauvegarder la paix sur le continent, à l'image des échecs survenus en Libye, au Mali, au Darfour, au Soudan du Sud, etc. Ses ambitions politiques et économiques ne font plus guère l'unanimité. Son inefficacité à concrétiser le sentiment de « solidarité africaine » est plus que jamais une réalité. Pire encore, elle est frappée par une crise de légitimité et de crédibilité. En définitive, l’UA est victime de ses incohérences stratégiques, diplomatiques, de ses contradictions [10] et des rivalités entre Chefs d’État. Par conséquent, elle ne saurait être résolue « à relever les défis multiformes auxquels sont confrontés notre continent et nos peuples, à la lumière des changements sociaux, économiques et politiques qui se produisent dans le monde [11]» ni à impulser la création d’une Afrique forte, prospère, intégrée et plus protectrice si elle ne s’engage pas résolument à s’appliquer et à respecter les valeurs et les principes qui sont sa raison d’être. Faut-il pour cela redéfinir les critères d’adhésion à l’UA ? Faut-il pour cela être plus ferme dans les sanctions au point d’exclure des instances de l’organisation les États ne respectant pas les principes et les valeurs de celle-ci ? Faut-il pour cela une UA autour d’un noyau dur de pays soucieux de l’Afrique et des Africains qu’une pléthore de pays ne partageant ni les mêmes ambitions ni la même vision de l’Afrique ? Faut-il pour cela opérer un choix démocratique du président de la commission de l’UA ? Ce qui est certain, c’est que le changement doit venir de l’intérieur pour insuffler un nouveau dynamisme à cette organisation, annoncer clairement ce qu’est l’UA, ce qu’elle n’est pas et lui donner les moyens d’atteindre ses ambitions.
Se donner les moyens d’atteindre ses ambitions
La question des moyens est fondamentale et présuppose, par ailleurs, le respect des règles et des principes établis. Mais si ces moyens sont financiers, ce qui est par ailleurs incontournable, ils sont tout aussi institutionnels. Car, comment concilier désir d’intégration et liberté des nations ? Comment assurer une complémentarité voire un prolongement entre organisations sous régionaux et UA ? Comment éviter la concurrence de tous contre tous ? Comment accorder ambition d’émancipation politique, géopolitique, désir d’hégémonie de certains États et « intérêts africains » ? Comment apprécier et/ou faire face à l’inflexibilité de présidents qui font valoir le principe de souveraineté et le sacro-saint concept de non-ingérence si cher à l’UA ?
L’Union africaine doit reprendre son élan pour, au-delà de Vision 2063 qui a pour objectif de relever les nouveaux défis du continent en matière de croissance, mettre en œuvre les instruments institutionnels lui permettant de formuler des idées vraies, claires, et compréhensibles par tous. Cependant, pour pasticher une assertion sur l’Europe et qui pourrait bien s’appliquer à l’UA, ce n'est pas seulement dans le champ institutionnel ni dans les mécaniques d'experts, ni dans les discours et les grandes célébrations qu'il faut s'investir au premier chef [12]: tout cela est beau, bon et il faut sans doute l'accomplir, mais l'urgence n'est pas là. L'urgence se situe dans la réconciliation entre « le rêve africain », « l’idée africaine » et les peuples inquiets pour leur avenir, effarés par l'inefficacité voire l’inaction dont font preuve leurs dirigeants et qui démontre l’impuissance de l’UA. « L’Afrique politique » doit davantage se concentrer sur les grands choix d’avenir, à commencer, entre autres, par la sécurité, la politique industrielle commune, la protection de ses intérêts vitaux, la stratégie commerciale vis-à-vis du monde au lieu de s’autodétruire par des rivalités qui alimentent les rapports de force entre pays africains, la réticence des États membres à abandonner une partie de leur souveraineté.
Il est donc grand temps de refonder l’Union africaine et se rendre à l’évidence, notamment, que toute initiative offensive sans approbation démocratique ni implication des peuples aura tôt ou tard plus d’effets négatifs que positifs.
Faire de l’unité africaine l’affaire de tous les Africains
Si, aujourd’hui, l’Union européenne va très mal, c’est parce qu’elle souffre d’un déficit structurel de démocratie [13], c’est parce qu’elle s’est détournée de ses fondamentaux qui sont politiques, c’est parce qu’elle a, en partie, tourné le dos à ses peuples qu’elle ne défend plus, c’est parce qu’elle s’est lancée plus dans une administration des choses qu’une gouvernance des hommes [14]. Au regard de ce qui précède, concrétiser et pérenniser l’Unité africaine ne saurait se faire sans amener les Africains, de tous bords, à participer activement à la vie de l’organisation. Sans cette participation, cette « bénédiction », l’UA est voué à devenir « un empire non impérial », un « despotisme éclairé et doux », un « machin bureaucratique » et/ou un entre-soi de Chefs d’État au service d’intérêts autres que ceux attendus par les citoyens.
En outre, la construction d’une union viable ne pourrait être fondée uniquement sur des considérations d’ordre mercantiles, sur le triomphe du droit de la concurrence et la globalisation du marché, sur une coalition d’États, mais plutôt sur une « union d’Hommes », une « globalisation de l’état de droit », une expression véridique de la démocratie représentative. Car, quand bien même le débat n’est pas encore posé, le consentement des peuples apparaîtra à un moment donné comme le facteur clef de l’avenir de l’union africaine. Dans ce sens, ne pourrait-on pas permettre à des citoyens africains ressortissants d’un nombre significatif d’États membres et en fonction d’un nombre déterminé de soumettre des propositions appropriées sur des questions pour lesquelles une décision de la commission africaine est nécessaire ?
Nous ne devons méconnaître que « tout gouvernement est menacé d’une effrayante mutation en bureaucratie, le règne non plus du droit ni des Hommes, mais de bureaux anonymes et d’ordinateurs. Leur domination, totalement désincarnée, pourrait se révéler plus dangereuse pour la liberté et pour ce minimum de civilité sans lesquels aucune vie en commun n’est concevable, que le plus monstrueux arbitraire des tyrannies du passé. Ces dangers de démesure et de technocratie toute-puissante menacent en effet de dépérissement et d’extinction toutes les formes de gouvernement. Une fois de plus, cela commencerait comme une idéologie rêveuse et nourrie des meilleures intentions, mais dont les conséquences cauchemardesques ne seraient décelables qu’au prix d’un examen critique [15] ».
Pour créer donc une Afrique forte, prospère et intégrée, entraînée par ses propres citoyens et capable d’occuper la place qui lui revient sur la scène mondiale [16], il est crucial et même urgent pour les dirigeants de l’UA, de penser d’abord à l’intérêt des générations suivantes, de considérer la voix de tous ses enfants, en particulier de sa jeunesse, pour lui donner les moyens de se mêler, de s’unir autant qu’ils peuvent afin de les inciter à reconnaître leur rôle et à prendre leurs responsabilités dans la réalisation du rêve africain
Si, comme le stipule son acte constitutif, l’UA est « résolu à promouvoir et à protéger les droits de l’homme et des peuples, à consolider les institutions et la culture démocratiques, à promouvoir la bonne gouvernance et l’État de droit ; résolu également à prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer ses institutions communes et à les doter des pouvoirs et des ressources nécessaires afin de leur permettre de remplir efficacement leurs missions », elle doit, dès lors, s’enraciner dans des valeurs, des principes, s’ouvrir au monde et faire de la prise en compte des aspirations de ses citoyens, la raison d’être de son existence. Car, c’est en s’attelant aux tâches les plus urgentes que l’UA des femmes et des hommes de bonne volonté se relèvera et reprendra sa marche en avant.
Pierre Sarr
[1] Article 50, http://europa.eu/pol/pdf/consolidated-treaties_fr.pdf
[2] « Comment réparer l’Europe ? », L’OBS, édition n°2694 du 23 au 29 juin 2016, p.32
[3] El Español
[4] http://international.blogs.ouest-france.fr/archive/2016/06/24/brexit-ue-16411.html#more
[5]Alternatives économiques hors-série n° 081 - mai 2009
[6] Hélène d'Almeida-Topor, L'Afrique du 20 siècle à nos jours, Paris, Armand Colin, 2010. 400 pages
[7] Amzat Boukari-Yabara
[8] http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/06/09/comment-madame-dlamini-zuma-a-plombe-l-union-africaine
[9] Matteo Maillard, Le monde Afrique du 17.06.2016
[10] Romuald Likibi, La Charte africaine pour la démocratie, les élections et la gouvernance : analyse et commentaires, Éditions Publibook, 2012, 419 pages.
[11] Cf. Acte constitutif de l’union africaine
[12] http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/brexit-donner-des-frontieres-a-l-europe_1805955.html
[13] Cour constitutionnelle allemande du 30 juin 2009 à Karlsruhe
[14] Christophe Beaudouin, La démocratie à l'épreuve de l'intégration européenne, Broché, 2013, 562 pages
[15] Hannah Arendt, philosophe du totalitarisme cité par Christophe Beaudouin dans http://www.observatoiredeleurope.com/
[16] Nkosazana Dlamini Zuma, Présidente de la Commission de l’UA

12/05/2016

LE TOURISME SOUFFRE EN AFRIQUE DE L'OUEST

L’activité touristique chute de 6% en Afrique de l’Ouest après les attaques terroristes de 2015

12394262_10203833785363857_1455301180_o.jpg

Après l’attentat de Grand-Bassam, station balnéaire près d’Abidjan, le 14 mars 2016, qui avait tué 14 touristes et deux militaires.
En 2015, l’activité touristique a chuté de 6 % dans les huit Etats membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Ce recul prononcé du flux de touristes est lié « au contexte sécuritaire après les différentes attaques terroristes », a expliqué Gustave Assourdi, un responsable de l’UEMOA en marge d’une réunion d’experts sur la relance du secteur à Niamey.
Au cours de la même période, les recettes ont chuté de 3 % pour se situer à 539 milliards de francs CFA (822 millions d’euros), a précisé M. Assourdi. « 2015 et début 2016 ont été difficiles » et le tourisme qui « représente 2,1 % » du PIB régional « se porte plutôt mal », indiquant que les attaques des djihadistes « ont porté atteinte aux sites » touristiques de l’espace communautaire. Plusieurs Etats, dont le Niger, le Burkina Faso et le Mali, sont toujours classés en zone rouge par les pays occidentaux, gros pourvoyeurs de touristes.
L’exception ivoirienne
Seule la Côte d’Ivoire, locomotive économique de la région, fait pour l’heure figure d’exception, en dépit des récentes attaques djihadistes contre des sites touristiques près d’Abidjan.
« Nous sommes à une croisée des chemins, mais le tourisme ne se porte pas mal en Côte d’Ivoire », a estimé Germain Aphing-Kouassi N’Dri, le représentant ivoirien.
« Beaucoup d’opérateurs ont fermé, des employés sont licenciés ou mis en congé technique », a noté de son côté Gougnafier Caribou, un expert du Mali. Au Burkina Faso, « 2 900 réservations de chambres, onze congrès internationaux et des festivals ont été annulés », a déploré Abdoulaye Sankara, le délégué de ce pays.
Pour donner un second souffle au secteur, l’UEMOA mise sur la promotion du tourisme au sein de son « marché intérieur ». L’UEMOA regroupe sept pays francophones d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal et Togo) et la Guinée-Bissau (lusophone), pour un bassin de population de 90 millions d’habitants.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/05/11/l-activi...

28/04/2016

LE TOURISME EN AFRIQUE

Classement 2015 des pays africains les plus visités, le Sénégal le grand absent

sen2015 661.jpg

L’agence espagnole Bloom Consulting vient de publier son classement des meilleures destinations touristiques dans le monde pour l’année 2014-2015. Un classement qui connait de grands changements, mais aussi de nombreux absents.
Depuis 14 ans, Bloom Consulting en partenariat avec The Economist, CNN et Forbes, s’intéresse aux déplacements des touristes dans les pays du monde à travers son classement des meilleures destinations touristiques. Ce classement s’appuie sur quatre critères : la performance économique mesurée en recettes du tourisme au cours des cinq dernières années, le nombre de recherche en ligne pour les activités du secteur, les attractions liées au tourisme, le contenu numérique ainsi que la performance des médias sociaux.
Selon ce rapport, l’Afrique du Sud a détrôné l’Egypte du premier rang. Une remontée favorisée par l’instabilité politique dans le pays des pharaons, l’amélioration du climat des affaires, ainsi que la libération du secteur du transport aérien et d’importants investissements d’infrastructures dans le pays de Nelson Mandela. Une percée qui permet également au pays « arc-en-ciel » d’intégrer le top 25 des meilleures destinations touristiques au niveau international. La troisième position est occupée par le Maroc qui conserve sa place, suivi du Kenya. La Tanzanie améliore sa position et ravit à l’île Maurice la cinquième place.
On note également les progressions des pays comme le Zimbabwe (+5), Soudan (+6), Seychelles (+3), Côte d’Ivoire (+3) et même le Cameroun (+3) en dépit de ses problèmes sécuritaires dans l’Extrême Nord. A noter que plusieurs pays présents dans ce classement ont bénéficié durant cette période d’une meilleure visibilité avec l’implantation de partenaires touristiques tel que le site de réservation d’hôtels Jovago, de tours opérateurs mais aussi d’ investissements importants : routes, hôtels, hôpitaux, etc.
L’un des faits marquants de ce classement est l’absence du Sénégal sur la liste des trente-sept pays africains retenus, alors que le pays était présent dans le précédent. Une absence qui traduit les difficultés actuelles du secteur touristique dans le pays.
En savoir plus sur http://xibaaru.com/societe/classement-2015-des-pays-afric...

Xibaaru

06/04/2016

ORANGE INVESTIT ENCORE EN AFRIQUE

Orange investit 75 millions d’euros dans l’e-commerce en Afrique

orange-investit-dans-la-premiere-licorne-africaine-0134fb1933a8b2c9a48db28109799070_660x439p.jpg

Après avoir digéré l’échec du rachat de Bouygues Telecom, Orange se console en investissant 75 millions d’euros au capital de la société Africa Internet Group (AIG), l’un des leaders de l’e-commerce du continent.
« Avec cet investissement stratégique, Orange est désormais en capacité de jouer un rôle de premier plan dans le développement exponentiel de l’e-commerce en Afrique », s’est félicité Stéphane Richard, le PDG du groupe. L’opérateur est le second investisseur français d’envergure en quelques semaines après la prise de participation d’Axa dans ce groupe.
Le continent représente déjà plus de 110 millions de clients sur les 244 millions d’Orange au 31 décembre 2014, et un chiffre d’affaires la même année de 4,3 milliards d’euros, soit 11 % du total.
Amadou L. Mbaye/Senenews

19/10/2015

L'AFRIQUE: LE CONTINENT LE PLUS MEURTRIER

L'Afrique enregistre le taux de mortalité le plus élevé du monde dans les accidents de la route, ce qui coûte au continent quelque 7,3 milliards de dollars américains par an, soit 1% de son Produit intérieur brut (PIB), a révélé mercredi à Johannesburg le Bureau de l'Organisation mondiale de la santé pour l'Afrique (OMS-AFRO).

afrique
Dans un rapport présenté à la 53è session de son comité régional Afrique, l'OMS indique que les accidents de la route ont provoqué la mort d'environ 725.
000 personnes dans le continent en 2000, précisant que ce chiffre représentait 7% de l'ensemble des décès enregistrés sur le continent et 15% des morts par accident dans le monde.
Jong-Wook Lee, le directeur général de l'OMS a estimé, dans son discours prononcé devant le Comité des ministres africains de la Santé, que les décès par accident dans le monde sont supérieurs à 1 million de personnes.
Le rapport de l'OMS-AFRO précise qu'en Afrique, les catégories les plus touchées par ce carnage sont les piétons, les passagers et les cyclistes.
Selon le document, la mauvaise conception des routes, la consommation excessive d'alcool, l'excès de vitesse, la sous-utilisation de la ceinture de sécurité et des harnais d'auto pour enfants et l'absence de système de sécurité dans les véhicules, sont à l'origine de ce carnage.
On compte aussi le mauvais entretien des véhicules et des routes, la mauvaise formation des usagers des véhicules et le non-respect du code de la route.
De nombreuses voitures d'occasion venues d'Europe et utilisées en Afrique ainsi que les pneus qui sont dans un mauvais état constituent un des facteurs à l'origine des accidents de la route.
Le rapport, qui aborde la question de la prévention et de la limitation des accidents de la route en Afrique, identifie les conflits et les violences relationnelles comme les principales causes de la mortalité et de l'infirmité liées aux accidents.
Les brûlures lors d'incendie, la noyade, le suicide, les chutes et l'empoisonnement, la maltraitance des enfants, l'abandon moral des personnes âgées, le viol, le mariage précoce, le trafic des enfants et les pratiques traditionnelles nuisibles telles que les mutilations génitales féminines sont cités parmi les causes de mortalité et d'infirmité liés à un accident.
D'après le rapport, quelque 116.000 cas sur les 725.000 morts par accident sont dues à des violences relationnelles, 27.000 à des suicides ou à "des violences".
Quelque 167.000 décès sont dus à une violence collective, dont la moitié concernent les jeunes hommes de la tranche d'âge économiquement active des 15-44 ans.
Certaines parties de ce rapport sont consacrées aux préjudices liés à la guerre qui représentent le plus grand nombre de décès liés aux accidents en Afrique.
Le rapport révèle que quelque 25 nouveaux conflits ont été identifiés dans la région en 1997.
La proportion des non combattants parmi les tués en conséquence directe des conflits est susceptible de dépasser les 50%.
De nombreuses personnes qui survivent à un préjudice direct souffrent d'une infirmité permanente et de divers troubles psychosociaux à la suite de ou découlant d'une maladie, d'un accident ou d'un traitement.
"Les accidents coûtent chers parce qu'il faut détourner les rares ressources d'autres secteurs prioritaires pour assurer le traitement en urgences, l'hospitalisation et le traitement à long terme" note le rapport.
Il souligne aussi que les accidents peuvent causer des infirmités à vie qui provoquent d'autres problèmes de santé avec des "conséquences graves pour l'individu, sa famille, sa communauté et le système de soins de santé".
Afin de réduire les accidents et leurs immenses impacts économiques, le rapport invite les différents pays à "s'investir pour préserver la paix et éviter ou régler les conflits".
Il leur recommande aussi de lancer des programmes de sensibilisation sur les accidents et la prévention de la violence, de développer et d'installer des systèmes d'information pertinents, d'accorder une priorité à la recherche pour combler les déficits d'information et de construire des partenariats avec les partenaires adéquats.
Ces partenariats devraient permettre de mieux faire connaître et de donner un degré de priorité élevé à la prévention de la violence et des accidents, et de coordonner des activités pour leur prévention.
"Les organisations locales, les individus et les institutions peuvent faire énormément en ce sens, mais le succès de ces efforts en matière de santé publique dépend en dernière analyse de l'engagement politique.
"Cet engagement est essentiel au niveau national où les décisions politiques, parlementaires et de financement se prennent de la manière identique au niveau de la province, du district et de la municipalité où la responsabilité de l'administration courante sur les politiques et les programmes demeure".
Les ministres africains doivent proposer des stratégies visant à régler ces problèmes, un casse-tête qui s'ajoute aux déprimantes questions de santé et de développement d'un continent ravagé par des guerres et des conflits sans fin, des urgences et des catastrophes ainsi qu'un lourd fardeau de la maladie aggravé par la pauvreté.

Panapress

16/07/2015

LES VRAIS CHIFFRES...

Le rêve vert de la Chinafrique
afrique,senegal
Le professeur Deborah Brautigam n’aime pas les clichés. Et pourtant, ils sont nombreux dans cette Chinafrique qu’elle étudie et enseigne à l’université Johns Hopkins de Washington. Son prochain livre, Will Africa feed China, (L’Afrique va-t-elle nourrir la Chine ?), démonte ainsi pièce par pièce les mythes et les fausses informations autour de la supposée razzia chinoise sur les terres africaines.
« Certains journalistes pensent que le fait de raconter que les Chinois achètent à tour de bras des terres en Afrique est une histoire excitante, et l’on trouve toujours des analystes pour confirmer ce type d’informations sans aucune vérification sur le terrain. Ces informations sont évidemment reprises par la presse internationale qui aime critiquer la Chine », explique-t-elle.
« Nous avons vérifié pour ce livre toutes les informations sur le sujet point par point en Afrique et en Chine. Nous avons trouvé en fait très peu de terrains acquis par la Chine et les investissements concernent surtout l’agro-industrie plus que les cultures vivrières. Il ne s’agit pas de nourriture, et en fait c’est plutôt la Chine qui nourrit l’Afrique. Les sociétés chinoises qui investissent en Afrique le font pour le marché local ».
La Chine en 19e position !
De fait, 65 % des terres achetées par les sociétés étrangères sont exploitées pour produire du biocarburant. Jatropha, colza ou soja servent à produire de l’éthanol. Depuis l’an 2000, 5 % de l’espace africain cultivable a ainsi été concédé à des investisseurs étrangers. C’est le cas notamment en Afrique de l’Est (Tanzanie, Soudan, Mozambique) et centrale (RDC, Cameroun), mais aussi à l’Ouest (Sierra Leone, Nigeria, Mali, Sénégal). Depuis 2010, un total de 56 millions d’hectares a été vendu en Afrique à des entreprises étrangères, soit l’équivalent de la superficie du Kenya. Mais les Chinois sont loin d’être les plus gourmands.
Selon le « länder matrice » de 2013, les dix plus importants acteurs des acquisitions foncières en Afrique sont les Emirats arabes unis (1,9 million d’hectares), l’Inde (1,8 million d’hectares), le Royaume-Uni (1,5), les USA (1,4), l’Afrique du Sud (1,3), l’Italie (0,6), l’Allemagne (0,5), le Soudan (0,5), l’Éthiopie (0,4) et le Portugal (0,4). La Chine n’arrive qu’en 19e position avec 0,16 million d’hectares !
Les principaux investisseurs sont l’Inde en Ethiopie, la compagnie chinoise ZIE International en République démocratique du Congo et le Coréen Daewoo à Madagascar. Les pays les plus courtisés sont la RDC (2e au niveau mondial avec 8 millions d’hectares), l’Ethiopie (5,3 millions d’hectares), le Soudan et Madagascar, selon les chiffres du programme Afraso de l’université de Francfort. L’Afrique possède plus de la moitié des terres cultivables dans le monde. Problème : la majorité des investissements dans le secteur agricole n’est pas destinée aux cultures vivrières et l’Afrique ne parvient toujours pas à assurer sa sécurité alimentaire.
« L’Afrique devrait nourrir un pays comme la Chine »
Selon la Banque mondiale, l’Afrique a dépensé plus de 50 milliards de dollars en 2012 pour importer riz, céréales, et autres produits alimentaires. « C’est la raison pour laquelle, je pense que contrairement aux idées reçues, l’Afrique devrait nourrir un pays comme la Chine, précise le professeur Brautigam. Les 10 000 hectares de terres cultivées au Cameroun par une entreprise chinoise servent en fait à nourrir les Camerounais. Pourtant, ce serait une opportunité de croissance du commerce local si le Cameroun parvenait à exporter cette production » (voir extrait ci-dessous).
Le continent n’est donc pas l’Eldorado agricole que certains voudraient dénoncer. « Il n’y a aucune preuve d’une action coordonnée du gouvernement chinois pour acquérir des terres en Afrique. Très peu d’entreprises chinoises de l’agro-industrie sont présentes en Afrique si on compare à leurs opérations en Asie par exemple. Leur présence fait partie du même mouvement qui consiste à ouvrir l’économie chinoise vers l’Ouest, mais on est très loin des investissements dans les domaines miniers ou dans les infrastructures ».
Le professeur Brautigam parle d’un « rêve vert » chinois qui se heurte aux réalités. « Les investissements sont beaucoup plus limités que certains voudraient le penser. La Chine est bien consciente des risques politiques et sociaux qu’il y a à acquérir des terres en Afrique. Pourtant, un pays comme le Zimbabwe exportait dans les années 1980 de la nourriture en Asie. Aujourd’hui, il ne peut même plus nourrir sa population. Finalement, l’Afrique devrait exporter ses produits agricoles en Chine et cette chimère d’une Chine qui achète les terres africaines est finalement le reflet d’une Afrique incapable de se nourrir et de faire évoluer sa chaîne de valeur. »
Sébastien Le Belzic/Seneweb

TU GAGNES COMBIEN DOUDOU DIS DONC?

Salaire des chefs d'Etat africains :
8025727-12494566.jpg
Macky Sall parmi les Présidents les plus mal payés
Les chefs d'Etats africains vivent-ils au dessus de leurs moyens ? A la lecture du salaire officiel des uns et des autres, EnQuête indique qu'ils ont des fortunes diverses. Et, pour certains, n'eussent été les caisses noires ou les fonds politiques, joindre les deux bouts aurait été difficile.
A titre d'exemple, dans la grille de salaire publiée par Jeune Afrique, le président de la République du Sénégal, Macky Sall, fait partie des Présidents mal payés. Son salaire officiel est estimé à 1 145 euros par mois. Autrement dit, le patron de l'exécutif perçoit moins que les députés, les directeurs généraux et d'autres fonctionnaires de l'Etat qui ont plus d'un million par mois. Le Président guinéen est mieux loti que son homologue sénégalais. Le Pr Condé se retrouve avec 1 696 euros par mois. L'autre voisin du Sénégal, le Président Ibrahim Boubacar Keïta, empoche officiellement 5 335 euros par mois. La libérienne Ellen Johnson encaisse 5 470 euros par mois. Officiellement, Alassane Ouattara est mieux payé que les autres Présidents d'Afrique de l'Ouest compte non tenu de la situation des Etats de la sous-région où l'opacité entoure le niveau de rémunération du président de la République : Gambie, Niger, etc. Le Président ivoirien touche 7 300 euros par mois. Il reçoit le double de ce que gagne son homologue du Nigeria, Buhari, qui a 2 200 euros. Officiellement, le chef d'Etat le mieux payé est le Sud-Africain Jacob Zuma, avec une rémunération mensuelle de 19 765 euros. Le plus "petit" salaire officielle est celui du Camerounais Paul Biya, rémunéré 200 euros par mois pour son mandat de Président.
Dans l'ensemble, les Présidents d'Afrique centrale et de l'Est sont mieux lotis que ceux d'Afrique au sud du Sahara à quelques exceptions près. Le Président Sassou Nguesso perçoit 7 622 euros par mois. Son voisin de la RDC gagne 4000 euros par mois. La Centrafricaine Catherine Samba Panza se retrouve officiellement avec 3 049 euros. Là où Paul Kagamé du Rwanda et Robert Mugabé du Zimbabwe empochent respectivement 6 893 euros et 1 284 euros.
Leral.net

15/07/2015

L'AFRIQUE EST BELLE

Des Africaines lancent une campagne contre le Poverty-porn sur les réseaux sociaux
lacrose2.jpg
Sur les réseaux sociaux, des Africaines répondent aux stéréotypes dont elles sont victimes en postant des photos qui donnent une image positive de leur continent.
En réponse à une stigmatisation et une représentation simpliste de leur continent, des Africaines postent sur Twitter et Instagram des photos qui montrent la beauté et la richesse de l’Afrique. C’est une étudiante d’origine somalienne, qui vit aux Etats-Unis, qui a contribué à lancer la campagne, en réponse au poverty porn.
Egalement connu sous le nom de development porn ou famine porn, le poverty porn a officiellement été défini comme « toute représentation médiatique qui exploite la condition des pauvres dans le but de générer la sympathie nécessaire pour vendre ou augmenter les dons ou le soutien pour une cause ».
Typiquement, le poverty porn est associé à l’image d’enfants africains au ventre gonflé par la famine, qui fixent l’objectif avec un regard hagard, et n’attendent qu’une seule chose: qu’on vienne les sauver.
C’est une technique dont font usage certains médias ou organisations, pour susciter de l’empathie de la part de l’audience visée, dans le but de récolter des fonds et de susciter des réactions émotionnelles fortes. Une tactique qui peut se révéler efficace pour certaines organisations, qui n’hésitent pas pour le coup à représentant tout un continent comme s’il n’était qu’un immense bidonville.
Une romancière nigériane, Chimamanda Ngozi Adichie, qui a étudié aux Etats-Unis, raconte à l’association Ted: « Ma colocataire américaine avait une image biaisée de l’Afrique, celle d’un continent qui n’est que misère et catastrophe. Elle ne pouvait donc pas s’identifier une seule seconde à d’autres jeunes Africains.
Elle ne ressentait rien d’autre qu’une sorte de compassion ou un certain mépris. Il n’y avait pas de connexion possible ».
Cette colocataire était choquée que la jeune Nigériane puisse écouter, comme elle, des chanteuses pop américaines, ou sache se servir de machines électro-ménagères.
Sur les photos postées sur Twitter sous le hashtag #TheAfricaTheMediaNeverShowsYou, on peut observer de magnifiques paysages, dont le lac rose au Sénégal.
Mais surtout, des photos de femmes rayonnantes et lookées, partageant le même goût pour la mode comme pourrait l’avoir n’importe quelle femme occidentale. Depuis son lancement, le hashtag #TheAfricaTheMediaNeverShowsYou a été réutilisé plus de 50 000 fois.
Cora Delacroix avec les Inrocks/Dakarecho

09/07/2015

L'AFRIQUE SE LEVERA ELLE MÊME

La solution au développement en Afrique viendra de l’intérieur
8740606313_741c2bbe4b_b-592x296.jpg
Pourquoi les jeunes Africains quittent-ils une terre qui offre tant de perspectives ?
La mer Méditerranée est devenue un cimetière pour la jeunesse africaine. Nous voyons chaque jour des images d’un continent qui semble dévasté par les conflits et la pauvreté, et d’êtres humains qui risquent – et souvent perdent – leur vie en tentant de fuir. Et cependant, onze des 20 économies dont la croissance est la plus rapide au monde se trouvent en Afrique. Ce continent, dont les ressources sont considérables, possède près de la moitié des terres qui, à l’échelle mondiale, ne sont pas cultivées mais sont adaptées aux cultures vivrières. Alors, pourquoi sont-ils si nombreux à risquer leur vie pour fuir une terre qui offre tant de perspectives ?
En partie car, souvent, les nombreuses richesses que possède l’Afrique ne se traduisent pas en développement, ne profitant en général qu’à certains ou étant entièrement dilapidées. En 2014, les flux illicites provenant d’Afrique s’élevaient au total à 69 milliards de dollars. Le développement suppose bien davantage que des ressources financières.
Il est des choses que l’argent ne peut acheter
Il ne fait aucun doute que l’argent peut remédier à certaines des insuffisances qui piègent des millions d’individus, en particulier les populations rurales, dans la pauvreté. Ces populations ont besoin d’infrastructures, à commencer par des routes qui leur permettront de se rendre à l’école ou au marché, mais aussi des systèmes d’électrification, d’eau et d’assainissement. Elles ont besoin d’éducation, de soins de santé, de salaires décents et d’un accès aux financements.
Mais il est des choses que l’argent ne peut acheter. L’encadrement, la bonne gouvernance, l’engagement en faveur de l’état de droit, et un environnement susceptible d’attirer les investissements. La responsabilité sociale de verser des salaires équitables, de créer des emplois décents et de payer des impôts.
La troisième Conférence internationale sur le financement du développement, qui se tiendra prochainement à Addis-Abeba, en Éthiopie, constitue une étape sur la voie que les dirigeants mondiaux ont tracé vers l’instauration d’un nouveau consensus international afin de changer le monde dans lequel nous vivons et d’éliminer l’extrême pauvreté et la faim. Nous devons encore parfaire le programme pour l’après-2015 et les objectifs de développement durable (ODD) ainsi qu’un nouvel accord mondial sur le changement climatique. Les objectifs sont essentiels pour notre avenir commun. Cependant, faute d’un solide consensus sur les besoins en termes de financement et de ressources, les objectifs restent à l’état de simples souhaits.
Mais ce n’est pas juste une question d’argent, encore moins d’aide au sens classique du terme. La solution pour parvenir à un futur pour toujours libéré de la pauvreté et de la faim, ce sont les personnes. Pour voir cela, il suffira aux dirigeants mondiaux rassemblés à Addis-Abeba d’observer le continent où ils se trouvent réunis.
Les trois quarts des personnes qui, dans le monde, souffrent de pauvreté et de faim chronique vivent en milieu rural
L’Afrique est riche. Les revenus dérivant de ses industries extractives se chiffrent en centaines de milliards de dollars. Mais c’est dans les pays d’Afrique les plus riches en ressources que les taux de mortalité infantile sont les plus élevés au monde, dépassant 100 décès pour 1 000 naissances vivantes dans une douzaine d’entre eux. Ce paradoxe montre bien que le développement exige également des ressources autres que financières, à commencer par l’encadrement, la responsabilité et l’engagement.
Les trois quarts des personnes qui, dans le monde, souffrent de pauvreté et de faim chronique vivent en milieu rural et tirent essentiellement leurs moyens de subsistance de l’agriculture. Les petits exploitants et les entrepreneurs ruraux pourraient concourir bien davantage à la production alimentaire, à la création d’emplois, à la croissance économique nationale et à la protection des ressources naturelles, mais ils manquent bien souvent des outils nécessaires pour ce faire. Et nombre de ceux qui produisent des denrées alimentaires souffrent eux-mêmes de la faim.
Pour pouvoir atteindre toute une série d’objectifs de développement – nourriture en quantité suffisante, air pur, eau potable et biodiversité, notamment –, il est impératif d’investir en faveur du développement rural. Et l’on estime que, s’agissant de réduire la pauvreté, la croissance du secteur rural est au moins trois fois – onze fois en Afrique subsaharienne – plus efficace que celle d’autres secteurs.
L’Éthiopie, pays autrefois synonyme de famine, figure désormais parmi les économies africaines dont la croissance est la plus rapide
Le changement doit venir de l’intérieur. Une organisation comme celle que je dirige, le Fonds international de développement agricole, offre son appui. Nous investissons. Nous partageons savoirs et meilleures pratiques. En notre qualité de seule institution financière internationale au sein du système des Nations unies, nous sommes des acteurs engagés en faveur de la transformation du monde rural. Mais il n’en demeure pas moins qu’aucune institution donatrice ne peut transformer les pays si ceux-ci ne souhaitent pas se transformer eux-mêmes.
L’Éthiopie, pays autrefois synonyme de famine, figure désormais parmi les économies africaines dont la croissance est la plus rapide. Grâce aux investissements en faveur des infrastructures rurales et de la transformation de l’agriculture, il a été possible de faire ce qu’aucune aide, de quelque importance que ce soit, ne serait parvenue à faire. L’Éthiopie est le premier pays d’Afrique exportateur de miel, et il arrive en deuxième position pour ce qui est de l’horticulture.
Alors, n’oublions pas que l’on ne mesure pas tous les engagements en dollars. En effet, pour nous sauver nous-mêmes et pour sauver notre avenir et notre planète, nous avons besoin de ressources importantes, tant publiques que privées. Mais nous avons également besoin que gouverneurs, législateurs, investisseurs, entrepreneurs et partenaires de tous genres s’engagent en faveur d’investissements équitables et sans exclusive. Et ce pas seulement en Afrique. L’Accord d’Addis-Abeba nous offre l’occasion de ne pas nous contenter de compter l’argent mais de veiller à ce que celui-ci fasse la différence.
Kanayo F. Nwanze - président du Fonds international de développement agricole des Nations Unies / Jeune Afrique

30/06/2015

ENFIN LE PROCES D'HABRE

Plus de 4.000 victimes parties civiles au procès de Hissène Habré
5224819-7796607.jpg
Plus de 4.000 victimes seront parties civiles au procès de l'ex-président tchadien Hissène Habré, prévu à partir du 20 juillet à Dakar pour "crimes contre l'humanité, crimes de guerre et crimes de torture", affirment lundi les avocats qui les représentent.
Le collectif d'avocats "représente plus de 4.000 victimes directes et indirectes" devant les "Chambres africaines extraordinaires", le tribunal spécial qui jugera l'ex-chef d'Etat, a affirmé sa coordinatrice, l'avocate tchadienne Jacqueline Moudeina, lors d'une conférence de presse à Dakar.
Le tribunal a également prévu "de faire comparaître 100 témoins (qu'il a) pris en charge", a-t-elle indiqué, estimant que ce procès "marquera un tournant pour la justice en Afrique et sonnera comme un signal d'alarme pour tous les dictateurs qui devront un jour être rattrapés par leurs crimes".
"Les preuves qui seront présentées au procès sont solides, surtout les documents de la DDS (Direction de la documentation et de la sécurité, police politique tchadienne) qui démontrent qu'il y avait un lien direct de supérieur à subordonné entre Habré et la direction de la DDS", a assuré l'avocate.
"Habré avait une connaissance parfaite des opérations menées par la DDS", a-t-elle insisté.
"Ce ne serait pas une violation de la loi si le tribunal ordonnait une comparution forcée de Hissène Habré", a de son côté indiqué Assane Dioma Ndiaye, autre avocat des victimes, qui craignent qu'il refuse de comparaître.
Les conseils de l'ex-président tchadien ont affirmé qu'il ne "reconnaît pas" le tribunal spécial devant lequel il avait refusé de parler, selon un des avocats, lors de sa présentation le 3 juin pour un "interrogatoire d'identité".
"Les victimes auraient souhaité le voir les yeux dans les yeux. Nous aurions souhaité, comme il dit qu'il n'est pas coupable, qu'il se disculpe", a dit M. Ndiaye.
Le tribunal spécial a été créé par l'Union africaine après la signature d'un accord avec le Sénégal en décembre 2012.
Il est présidé par le Burkinabè Gberdao Gustave Kam, assisté de trois juges sénégalais.
Hissène Habré a dirigé le Tchad de 1982 à 1990, date à laquelle il a été renversé par l'actuel président Idriss Deby Itno. Depuis sa chute, il vit en exil au Sénégal.
Il a été arrêté le 30 juin 2013 à Dakar, puis inculpé le 2 juillet 2013 par le tribunal spécial et placé en détention préventive.
APS

26/06/2015

LA GRECE, UNE REFLEXION POUR L'AFRIQUE

Le scénario grec : un exemple à méditer pour une Afrique (1) à la croisée des chemins.
Collection grecque, Persee tenant la tete de Meduse 041.jpg.JPG
Les pourparlers qui font rage entre Athènes et la Troïka, ces « institutions partenaires » alimentent les inquiétudes en tout genre et témoignent du reste de la toute-puissance des pouvoirs financiers, ces « maîtres du monde ». Entre les injonctions d'augmentation des recettes et de diminution des dépenses, d’allégements de la dette et de réformes, voire d’engagements contraints, le sort de la Grèce est lié au bon vouloir d’une « communauté d’intérêts » dont les préoccupations paraissent s’opposer aux attentes et aux choix des peuples, en dépit des résultats des urnes. Mais, au-delà du scénario grec, cet affrontement semble engager le destin de la démocratie en Europe (2) comme partout ailleurs et confirmer ces adages ô combien d’actualité : « Donnez-moi le contrôle sur la monnaie d’une nation et je n’aurai pas à me soucier de ceux qui font ses lois (3) », « il y a deux manières de conquérir et d’assouvir une nation, l’une est par les armes, l’autre est par la dette (4) ».
Assurément, « pendant que le garrot européen se resserre, que les marchés financiers accentuent leur pression sur le gouvernement d’Athènes, les termes du jeu deviennent terriblement clairs. La Grèce est soumise à un diktat. En échange des financements dont elle a besoin, on exige qu’elle entérine sur-le-champ une avalanche d’exigences dogmatiques et inefficaces, toutes contraires au programme de son gouvernement (5)».
Bien sûr, Athènes n’est pas Dakar, ni Abidjan encore moins Bamako ou Accra pour ne prendre que ces quelques exemples. Mais, les phénomènes qui sont à l’origine de la situation grecque, quand bien même, je le redis, très différente de nos réalités, doivent, néanmoins, nous rappeler une chose essentielle : accepter d'autrui qu'il subvienne à des besoins vitaux, nombreux et même superflus, et aussi parfaitement que possible, finit par vous réduire à un état de dépendance (6). Or, il n’y a pas pire folie que de se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent (7) . Au regard de ce qui précède, le problème grec a donc le mérite de soulever plusieurs questions qui pourraient inspirer l’Afrique :
Quel est, aujourd’hui, son degré de dépendance par rapport au reste du monde ?
Cette servitude n’est-elle pas de nature à compromettre son avenir ? Qu’est-ce qui se cache derrière les vocables de « destin commun », « d’objectifs communs », de « partenariat stratégique basé sur l’égalité politique et la confiance mutuelle », de « coopération économique gagnant-gagnant », de « nouveau modèle de partenariat » qui sont devenus les maîtres mots de la relation entre l’Afrique et ses partenaires ?
Les réponses à ces questions sont aussi diverses que ceux qui s’y intéressent. Cependant, une chose est sûre, le statu quo et le manque d’ambition, les indécisions, les tâtonnements et les tiraillements, les laxismes ambiants, la prise en compte de l’accessoire au détriment de l’essentiel en plus d’une très grande « contrainte » vis-à-vis de l’extérieur peuvent avoir des conséquences insoupçonnées, telle de la mauvaise graine, se disséminant sournoisement dans le champ des espérances collectives.
Tirer les leçons des modèles sociopolitiques expérimentés à travers le monde, et en l’occurrence du cas grec, puis rompre les processus des dépendances dans lesquels l’Afrique ne cesse de s’enliser devient une nécessité absolue au regard de ses ambitions et des dangers d’une telle stratégie. Cela passera par une reconquête, et de sa pensée, et de son indépendance.
Qui ne possède pas sa pensée ne possède pas son action.
L’Afrique a été, pendant longtemps, le terrain d’expérimentations des politiques de toutes natures, politiques supposées permettre son développement, son arrimage au reste du monde et qui n’ont cessé de la soumettre aux ukases d’une pensée à laquelle elle adhère, lors même que les échecs de cette dernière dans plusieurs domaines, ont été largement démontrés (8)
. Qu’en est-il aujourd’hui ? Qui est-ce qui dicte le tempo ? Qui écrit la partition ? L’Afrique est-elle maître de sa pensée et donc de ses actions ? En un mot, qu’en est-il de son indépendance ?
Le constat est sans équivoque au regard des faits et des rapports qu’entretient l’Afrique avec le monde. D’abord, parce que la dépendance exagérée de ces moyens d’action, de certaines de ses institutions est avérée et traduit, par ailleurs, une profonde imprudence voire une sous- estimation des intérêts qui guident aujourd’hui le monde9
. Ensuite, parce que l'Afrique est un acteur subissant aussi bien les relations internationales, économiques, que financières. Enfin, parce qu’elle est continuellement malade de ses contradictions, de ses faiblesses et de ses impuissances(10)
Dans de telles conditions, comment peut-elle maîtriser son destin ?
Quels sont donc les forces à l’œuvre et les intérêts en jeu lorsqu’il est question de l’avenir de l’Afrique ? L’interventionnisme de certaines institutions internationales dans les stratégies de développement, l’implication de certains États partenaires dans la résolution des conflits comme dans le financement de ses économies, est-il seulement fondé sur une certaine philanthropie ou un quelconque altruisme ? Il ne faut pas être naïfs ! Dans les relations entre États, il n’y a pas d’amis, il y a que des intérêts, des cibles ou des vassaux. Dans un contexte de compétition permanente, compétition entre États, compétition entre entreprises où tous les coups sont permis pour arriver à ses fins, où chacun essaie de préserver ses intérêts, aller à la conquête d’une certaine indépendance de pensées et d’actions ne serait que salutaire au regard des enjeux auxquels l’Afrique fait face et des ambitions qui doivent être les siennes. Car l’indépendance dont elle se prévaut ne lui a nullement permis, jusque-là, d’avoir l’initiative encore moins de toujours décider pour elle-même et par elle-même.
Quid des moyens ? D’abord s’unir, mutualiser ses efforts dans tous les domaines (11). L’union face aux États continents et autres puissances régionales qui domineront ce siècle et contre lesquels aucun pays ne peut agir seul. Ensuite, l'Afrique doit s’assumer elle-même, pratiquer largement et sans complexes les emprunts12 à l’Occident avec un opportunisme scientifique (13) pour mieux et davantage servir ses intérêts. Enfin, elle doit choisir les bonnes voies, ses propres voies, celles qui correspondent à ses réalités, à ses aspirations. Faudrait-il encore attendre cinquante ans pour cela! (14)
L’indépendance n'est pas un état de choses, mais un devoir que l’Afrique et ses dirigeants doivent à ceux qui ont sacrifié leurs vies pour la conquérir et à ceux qui en attendent tant.
1- Il n’y a pas une Afrique. L’Afrique est plurielle et caractérisée par une forte hétérogénéité de situations. Le terme Afrique fait donc, ici, référence à la partie subsaharienne.
2- Lire « La gauche grecque peut-elle changer l’Europe ? », Le Monde diplomatique, février 2015 ; «L’Europe a-t-elle un avenir ?», Alternatives économiques, hors série n° 095 ; «La crise a-t-elle fait reculer la démocratie en Europe?», Alternatives économiques, hors série n° 096 - février 2013.
3-  Mayer Amschel Rothschild (1744 - 1812) est le fondateur de la dynastie banquière des Rothschild, devenue l'une des familles les plus célèbres dans le monde des affaires.
4- John Adams (1735 - 1826) est un homme politique américain.
5- «Contre l’austérité à perpétuité, soutenir la Grèce», Le Monde diplomatique, mars 2015.
6- Friedrich Nietzche.
7-  Albert Einstein.
8- Joseph Stiglitz, La Grande Désillusion, Fayard, 2002, 407 p, Gilles Duruflé, L’ajustement structurel en Afrique, Karthala, 1988, 205 p.
9- Les écoutes de la NSA sur certains de ses partenaires, révélées par Wikileaks.
10-  Nguway K. Kadony, Une introduction aux relations internationales africaines, l’Harmattan, Paris, 2008, 208p
11-  Théophile Obenga, L’État Fédéral D’Afrique Noire : La seule issue, L’Harmattan, 2012, 71 p.
12 - Imitation, reproduction d’une idée, d’une expression, pour en tirer profit, pour son propre compte.
13- Adapté d’Axelle Kabou : Et si l'Afrique refusait le développement ? L’Harmattan 1991, 208 p.
14- «Agenda 2063, l’Afrique que nous voulons», Commission de l’Union Africaine.
Pierre Sarr/sarr.pierre@sfr.fr

13/06/2015

MULTIMILLIARDAIRES SANS SOLUTIONS...

Sommet UA: les chefs d’Etats impuissants face à la tragédie des migrants

les-chefs-d’État-africains.pngMULTI
Casse-tête de l’Europe, la tragédie des migrants africains noyés en Méditerranée n’a suscité jusqu’à présent qu’un hommage apitoyé de l’Union africaine, mais sauf surprise, les chefs d’Etat réunis à partir de dimanche en Afrique du Sud seront bien en peine de proposer des solutions.
Épineuse dans un continent parti pour dépasser les deux milliards d’habitants d’ici 2050 et miné par la mal-gouvernance, la question sera abordée à huis-clos dimanche, premier jour du sommet, avant une réunion prévue avec l’Union européenne, mais pas avant septembre.
« Je me demande cependant ce que les leaders africains peuvent se dire là-dessus car les solutions sont principalement internes, il s’agit d’améliorer la gouvernance, de promouvoir une croissance qui profite à tous (…) Jusqu’à quel point ils peuvent se dire des vérités qui dérangent et proposer des solutions aux problèmes des migrations, je n’en sais rien », souligne Tjiurimo Hengari de l’Institut sud-africain des affaires internationales (SAIIA).
Il y a un mois et demi, juste après la vague de violences xénophobes qui a fait 8 morts à Soweto en janvier et au moins 7 morts à Durban en avril, parmi les immigrés africains, le président sud-africain Jacob Zuma avait interpellé ses pairs.
« Ces problèmes doivent être discutés à l’UA, parce que si nous avons peut-être un problème de xénophobie, nos pays frères y ont contribué. Pourquoi leurs citoyens ne sont-ils pas dans leurs pays? », avait-il lancé.
L’Afrique du Sud, à l’économie développée, est un des principaux pays d’accueil des migrants sur le continent. Mais les violences xénophobes à répétition et la réaction des autorités ont écorné son image.
Délicat par exemple pour M. Zuma d’aller donner des leçons de droits de l’Homme à son homologue congolais Denis Sassou Nguesso et de lui reprocher la traque des clandestins issus de République démocratique du Congo (RDC), alors qu’il vient de mobiliser l’armée pour une opération similaire en Afrique du Sud (1.600 sans-papiers arrêtés en mai).
Difficile aussi de demander qu’on aide davantage les réfugiés somaliens quand l’Afrique du Sud se montre « plus restrictive et en renvoie beaucoup chez eux », selon l’avocat spécialisé David Cote, membre de Lawyers for Human Rights (LHR).
- ‘Pas les bienvenus’ -
Signataire des textes les plus progressistes en matière de protection des réfugiés, l’Afrique du Sud s’est efforcée à la fin de l’apartheid de devenir une terre d’accueil exemplaire, après que nombre de ses dirigeants aient eux-mêmes vécu en exil durant le régime raciste.
Mais très vite, « dès les premières circulaires ministérielles de 2000″, souligne M. Cote, le temps des restrictions est arrivé. Et avec lui, celui des récépissés sans valeur légale, des bagarres dans les files d’attente devant les guichets du Home Affairs (ministère de l’Intérieur), et des papiers obtenus au gré d’agents hostiles et parfois corrompus.
« La tragédie, après ce qui s’est passé en janvier et en avril en Afrique du Sud, c’est le signal envoyé aux migrants: où qu’ils aillent, au nord, au sud, peu importe, ils ne sont pas bienvenus », commente Jens Pedersen, consultant humanitaire de Médecins sans Frontières (MSF).
Marc Gbaffou, président du Forum de la Diaspora africaine (ADF), enfonce le clou: « Nous, on dit que la xénophobie est institutionnalisée en Afrique du Sud (…) il y a des migrants tués tout le temps ».
Dès le 12 avril, il a écrit à l’Union africaine pour demander d’ajouter « la protection des migrants dans les pays d’accueil » à son ordre du jour, ainsi que « la liberté d’installation et de monter une entreprise dans le pays africain de son choix ».
Ivoirien d’origine, M. Gbaffou fait partie des leaders reçus en avril par M. Zuma: « On a discuté franchement, pendant six heures. Il a pris son temps (…) Quelques semaines après, l’impression que nous avons, c’est qu’ils sont en train de rétrograder l’importance de ce sujet ».
Et « le 1er mai, ils ont déclenché l’+opération Fiela+, ça veut dire +nettoyer+, et là on n’a rien compris ». L’opération (plus de 4.000 arrestations dont 1.600 sans-papiers) visait des lieux où habitaient des migrants. « C’est comme si le gouvernement donnait raison aux gens qui attaquaient les migrants dans les townships », dit-il.
AFP/Alain Serge/Oeil d'Afrique

04/06/2015

ALLO L'AFRIQUE!?!

L'accès au téléphone mobile devrait doubler en Afrique d'ici 2020
09671e0963d5ca2e83a1deedefa45855cde051fe.jpg
Près de 80% des 800 millions d'habitants de l'Afrique sub-saharienne devraient avoir accès à des téléphones portables d'ici 2020, le double du taux de pénétration actuel, estime la fédération professionnelle des télécoms GSMA.
Mais pour atteindre cet objectif, des aides publiques seront nécessaires pour que la couverture puisse atteindre les zones les plus reculées, selon cette association qui représente les principaux opérateurs de téléphonie mobile dans le monde.
 En effet la progression des services mobiles, plus gourmands en bande passante que les simples communications vocales, dépend notamment de l'attribution par les autorités de bandes de fréquences suffisamment larges, a déclaré Mortimer Hope, directeur de GSMA pour la zone Afrique.
"Les services mobiles en sont encore à leurs balbutiements mais nous aimerions qu'ils soient accessibles partout où les communications vocales sont déjà possibles. Les infrastructures supplémentaires nécessaires ne sont pas si importantes qu'on pourrait le penser", a-t-il déclaré à Reuters en marge du Forum économique mondial sur l'Afrique qui se déroule actuellement au Cap.
 Une diminution des taxes sur les smartphones afin de les rendre plus abordables constitue un autre élément nécessaire à un déploiement optimal de l'internet mobile, a-t-il ajouté.
A l'heure actuelle, environ 15% des Africains peuvent accéder à internet par l'intermédiaire de leur téléphone portable.
Selon lui, bien que conscients du potentiel économique que représente la téléphonie mobile, les gouvernements africains sont parfois lents à mettre en place le cadre réglementaire nécessaire à son expansion.
 De nombreux gouvernements ont développé des programmes pour l'internet mobile mais "le problème c'est que très souvent ces plans restent dans un tiroir et ne sont pas mis en oeuvre", a relevé Mortimer Hope.
Le principal opérateur de téléphonie mobile en Afrique est le sud-africain MTN. Son compatriote Vodacom et le français Orange sont également des acteurs importants du marché.
Ed Cropley;/Myriam Rivet/Véronique Tison/Reuters/Seneweb

03/06/2015

CHERE CORRUPTION...

Impact de la corruption et des transferts illicites en Afrique: plus de 300 milliards CFA de perte annuelle
franc-cfa-euro.jpg
60 milliards de dollars, soit plus de 300 milliards de F Cfa sont perdus chaque année du fait de la corruption et des transferts illicites. L’annonce est du directeur du Bureau régional pour l’Afrique du Fonds des nations unies pour le développement (Pnud), Abdoulaye Mar Dièye, qui s’exprimait lundi 1er juin, lors d’une conférence de presse en prélude de la rencontre ministérielle sur le renforcement de l’Etat de droit et la lutte contre la corruption en Afrique qui s’ouvre ce jour, mardi 2 juin à Dakar.
La corruption et les transferts illicites de fonds font perdre au continent 60 milliards de dollars chaque année. Une somme estimée à plus de 300 milliards de F Cfa. La remarque est du directeur du Bureau régional pour l’Afrique du Fonds des Nations unies pour le développement (Pnud), Abdoulaye Mar Dieye.
Il était hier, lundi 1er juin en compagnie du Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Sidiki Kaba et du Procureur général du Qatar, Ali Fetais Al-Marri. Les trois responsables tenaient une conférence de presse préparatoire de la rencontre sur le renforcement de l’Etat de droit et la lutte contre la corruption qui s’ouvre ce jour, mardi 2 juin à Dakar.
Abdoulaye Mar Dieye estime les dommages financiers à 4% du Produit intérieur du contient. A cause de cela, pense-t-il, la corruption et les transferts illicites de fonds sont des contraintes au développement des Etats africains. Suffisant pour qu’il invite à y remédier.
Mesurant les conséquences, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Sidiki Kaba a pour sa part assimilé la corruption à une gangrène qui plombe les efforts de développement des Etats africains.
Pis, poursuit-il, elle conduit souvent à la violence et à des situations productrices de violence. La lutte contre la corruption doit passer, à son avis, par un Etat de droit qui garantie la séparation des pouvoirs et une justice pour tous.
Cette lutte contre la corruption a motivé l’organisation de la conférence ministérielle qui réunit pour trois jours à Dakar, 15 ministres de la Justice venant de plusieurs pays africains.
La rencontre est organisée par le gouvernement du Sénégal et celui du Qatar. Ils sont appuyés par le Pnud. Il s’agit à terme, laisse entendre Abdoulaye Mar Dieye, de développer des initiatives régionales pour éradiquer le fléau.
Fatou NDIAYE/Dakar echo

25/05/2015

LE SILENCE DES DIRIGEANTS AFRICAINS

Migrants en Méditerranée - Le Congolais Denis Mukwege déplore le silence des dirigeants africains
672122-des-secouristes-sur-la-plage-d-al-qarbole-ou-gisent-des-corps-de-migrants-clandestins-a-60-km-a-l-es.jpg
Le gynécologue congolais Denis Mukwege, prix Sakharov 2014 du Parlement européen pour les droits de l'Homme, a déploré lundi à Rome le silence des dirigeants africains face aux drames de l'immigration en Méditerranée.
Alors que les Européens "s'indignent quand il y a 1.800 morts, on aurait bien voulu qu'il y ait un sommet spécial des présidents (africains), ne serait-ce que pour pouvoir exprimer leur indignation et voir à leur niveau ce qu'ils peuvent faire pour éviter ces drames", a-t-il déclaré à l'AFP, en marge d'une conférence à Rome sur la Méditerranée. Pour ce gynécologue, dont l'hôpital en République démocratique du Congo (RDC) est devenu un refuge pour des centaines de femmes victimes de violences sexuelles, "il faut engager les dirigeants africains à ce qu'ils fassent leur part pour éviter que ce trafic (de migrants) puisse continuer". "Quand on voit des milliers de gens se noyer, on ne peut pas dire que l'Afrique n'a rien à faire, que les autorités africaines ne peuvent pas engager un système qui permette de pouvoir contrôler quelqu'un qui prend cette route de la mort", a assuré ce médecin. Les Etats africains peuvent par exemple mieux contrôler les flux de départs, en particulier en Afrique centrale, même si cela n'aurait d'effet qu'à court terme. "On peut mettre des barbelés, on peut faire des murs, on peut faire toutes les lois qu'on veut pour protéger l'Europe mais lorsque quelqu'un a cet instinct de survie, il est très difficile de pouvoir l'arrêter", a-t-il estimé. Il est donc indispensable d'aider les Africains "à construire leur rêve en Afrique même", ce qui est aussi dans l'intérêt de l'Europe, a-t-il expliqué dans son intervention devant cette conférence. Aujourd'hui, "la paix que vous connaissez ne peut être durable que s'il y a la paix ailleurs", a-t-il martelé. "Si vous devenez un îlot de paix isolé, la pression de l'insécurité ailleurs va être très forte sur les portes de l'Europe".
Agence Belga

12/04/2015

ACCES A L'EAU POUR L'AFRIQUE

Marathon de Paris: une Gambienne court avec un bidon sur la tête pour défendre l'accès à l'eau
marathon-eau-afrique_5319219.jpg
Siabatou Sanneh a décidé de faire le marathon de Paris en marchant, avec un bidon d'eau sur la tête. La Gambienne en tenue traditionnelle est venue sensibiliser le public sur le difficile accès à l'eau en Afrique.
Siabatou Sanneh est venue de Gambie pour marcher les 42 km du marathon de Paris le 12 avril 2015, distance qu'elle parcoure dans son pays pour chercher de l'eau.
Siabatou Sanneh n'a pas pris le départ du 39e marathon de Paris pour la beauté du sport, mais pour faire comprendre la distance que parcourent les habitants de son village, en Gambie, pour aller chercher de l'eau. Jérican sur la tête, la femme en habit traditionnel est venue pour sensibiliser et non pour courir.
"Aidez-nous à réduire la distance"
La Gambienne, qui quittait son pays pour la première fois, avec plusieurs messages urgents à faire passer: "en Afrique, les femmes parcourent chaque jour cette distance pour de l'eau potable", "aidez-nous à réduire la distance" peut-on lire sur des panonceaux qu'elle porte.
Sandales aux pieds, et dossard réglementaire épinglé, cette Gambienne s'est retrouvée dimanche au milieu des 42 000 coureurs qui ont pris le départ du marathon. Elle a fait tout se chemin pour "s'aider elle-même, aider sa famille et son village", a-t-elle dit avant la course, avec l'aide d'une traductrice. "Qu'on les aide à avoir de l'eau", exhorte-elle, "les Africains sont fatigués".
Siabatou Sanneh doit chercher de l'eau trois fois par jour, accompagnée de ses filles de 10 et 4 ans qui ont, elles aussi, l'habitude de porter de lourds bidons, nécessaires "pour boire, pour cuisiner, pour laver les vêtements". Mais parfois, en particulier lors de la saison des pluies, "l'eau n'est pas très bonne et les enfants tombent malades, ils ont des diarrhées à cause de l'eau".
Envoyée par l'ONG Water for Africa
Cette femme longiligne d'une quarantaine d'années a été envoyée à Paris par Water for Africa, qui promeut l'accès à l'eau en Afrique. L'ONG lance une campagne de collecte de fonds pour financer des pompes à eau à Bullenghat, où vit Siabatou Sanneh, et dans d'autres villages. Sur themarathonwalker.com, l'internaute peut suivre dimanche le nombre de kilomètres que doit encore parcourir Siabatou Sanneh avant de franchir la ligne d'arrivée du marathon parisien.
Il s'agit aussi de "montrer le contraste entre l'opulence, la beauté de Paris et la pauvreté de l'Afrique", a déclaré Sheryl Greentree, fondatrice de l'ONG. Un puits de pompage coûte près de 5 000 euros et peut être monté en cinq jours, assure-t-elle. L'ONG a déjà financé 120 projets de ce type en Gambie. Selon l'ONG, entre 200 et 300 pompes à eau seraient nécessaires en Gambie pour approvisionner les populations et pallier les 40% à 60% de puits ou systèmes de pompage qui tombent en ruine.
Cette initiative est symbolique, alors que s'ouvre dimanche à Daegu, en Corée du sud, le 7e forum mondial de l'eau.
L'Express.fr/AFP

12/01/2015

SECURITE EN AFRIQUE

Sécurité en Afrique : Entre urgences, priorités et superficialité
e412d8c340fee3729deb11bde45f02dd_XL.jpg
De la résurgence des crises politiques(1) en passant par les problèmes de sécurité(2) et la menace, entre autres, d’Ebola, l’Afrique subsaharienne semble, plus que jamais, être aux creux de la vague. Cette situation, en dépit du chemin parcouru et de la réussite dans certains domaines(3), interpelle et fait l’objet de nombreux débats(4) dont les réponses, hélas, paraissent superficielles face à la gravité de la situation. De la Lybie, base arrière du terrorisme et poudrière à ciel ouvert qui témoigne du reste de l’échec qu’a constitué l’intervention occidentale dans ce pays, en passant par le Mali, la RCA, le Nigéria, la RDC, le Soudan, la Somalie, les foyers de tension ne cessent de s’étendre et menacent durablement la stabilité de l’Afrique et les maigres réalisations en matière de développement. Plus de cinquante ans après les indépendances, l’Afrique, tout du moins une partie, est toujours livrée aux conflits ethniques, aux guerres confessionnelles et maintenant au terrorisme. Les équilibres stratégiques dans cette « une et plurielle Afrique » demeurent encore fragiles.
Comment en est-on arrivé là ? Quelle est la responsabilité des Africains dans cet état de fait ? Pourquoi l’Afrique est-elle devenue une terre du jihadisme et une priorité militaire de certaines grandes puissances ? Les crises actuelles sont-elles la conséquence des stratégies géopolitiques de ces puissances étrangères dans leurs luttes acharnées d’endiguement de la Chine et de la Russie, qui, dans le cadre des BRICS, leur disputent âprement le marché africain et ses ressources comme l’estiment certains5 ?
Le raccourci est tentant et ne saurait être exclu. Mais, en réalité, ces crises, qui minent le continent et dont la complexité est avérée, ne sont que le résultat d’un enchevêtrement de facteurs endogènes et exogènes qui n’échappent pas aux tensions géopolitiques et géo-économiques mondiales.
Résoudre ces crises passe nécessairement par une prise en compte des impératifs démocratiques, économiques et la mise en place d’actions communes au niveau régional et continental.
La démocratie : un impératif au service de la stabilité et de l’unité des peuples
La démocratie ne peut être la solution à tous les maux, mais elle a le mérite de les reconnaitre, de les exposer et de chercher à les résoudre. Si l’émergence d’une réelle démocratie n’est pas la seule réponse adéquate aux problèmes que peuvent subir les citoyens de tel ou tel pays, elle constitue, sans nul doute, une des solutions les plus importantes pour sa stabilité.
D’abord, elle permet une certaine harmonie dans la société, à travers la participation qu’elle accorde à chacun dans la contribution à la vie de la cité. Ensuite, le fait qu’il y ait alternance, que le pouvoir soit entre les mains de la population et pas entre les mains d’une seule personne, aussi éclairée soit-elle, est gage d’une gestion rigoureuse de la chose publique. Enfin, elle est fondée, notamment, sur la séparation des pouvoirs, le respect des libertés publiques, les droits de l’homme, la transparence…
Ignorer ces aspirations légitimes, c’est encourager les fanatismes de tout genre, annihiler toute possibilité de coopération, de dialogue et creuser le lit de tous les dangers des mécontentements et des frustrations qui couvent. S’ouvrir à la démocratie, c’est atténuer et canaliser, par les moyens qu’elle sous-tend, toute velléité d’expression violente, de défiance et la tentation de s’enfermer dans des raidissements en tout genre. S’ouvrir à la démocratie, c’est créer les conditions d’une convergence de représentations, d’un langage commun minimal, de règles de jeu connues et acceptées nécessaires à la construction d’un projet de société endogène. S’ouvrir à la démocratie, c’est être en phase avec le monde dans lequel nous vivons et partie prenante de son édification. Dans ce sens, l’existence d’États forts, fondés sur des structures institutionnelles de pouvoir solides, des organes centraux de décision qui jouent pleinement leurs rôles, des activités publiques productrices de bien et de services collectifs est le premier rempart face aux dangers et aux différents enjeux auxquels l’Afrique fait face6, mais aussi un préalable pour l’émergence d’un nouveau paradigme économique.
Un nouveau paradigme économique
L’Afrique subsaharienne, à l’instar de l’Afrique de l’Est, est, en termes de croissance, la région la plus dynamique du monde(7). Mais ce dynamisme et ces taux de croissance, qui font pâlir d’envie, cachent d’énormes disparités et sont, au regard de la réalité, insignifiants face aux problèmes auxquelles les citoyens font face. En dépit des engagements, des discours, la pauvreté ne recule guère. Les inégalités persistent voire s’aggravent. La jeunesse, sans perspectives, est laissée à elle-même. Le système éducatif peine à jouer pleinement son rôle. Les infrastructures font cruellement défaut. La cession des terres, dans certains pays, cristallise les rancœurs. Les crises environnementales et alimentaires liées au climat, à la vulnérabilité des écosystèmes s’empirent. Au regard de ce qui précède, vouloir inscrire le continent dans la trajectoire de la stabilité et de la sécurité sans prendre en compte ces facteurs de déstabilisation, ces déclencheurs de crise, ces catalyseurs d’injustice et in fine les besoins vitaux de ses habitants est illusoire et peine perdue. Au contraire, c’est jeter ces masses avides d’espoir et de justice dans les bras des marchands d’illusions, des prêcheurs de la mort et de tous ces falsificateurs de la bonne parole qui ne vivent que de l’ignorance et de la désespérance de leurs semblables. Les premières guerres qui doivent être menées sont celles-là même contre l’ignorance, le chômage, la sacralisation et l’abus du pouvoir, la corruption, les dégâts sur l’environnement, contre l’injustice sociale. Car, il n’y a pas pire fléau que l’injustice. Elle est une mère qui n'est jamais stérile et qui produit des enfants dignes d'elle. Les premières victoires qui doivent nous contenter sont celles qui visent à forger une nouvelle vision d’un leadership politique, fondée sur de solides et nobles valeurs pour vaincre certaines idéologies et garder le contrôle sur notre destin commun. Subir les effets des changements climatiques auxquels l’Afrique ne contribue que faiblement8, souffrir des conséquences de politiques économiques pensées ailleurs et dont l’inefficacité n’est plus à démontrer(9), ne peut être, à long terme, que préjudiciable et destructrice. Ériger le social et l'écologie comme moteurs des stratégies de développement s’avère être une nécessité absolue pour bâtir des économies plus fortes, plus saines, plus justes et dresser de solides remparts contre les obscurantismes de notre temps. Face à ces fléaux, l’union, l’action commune ne peuvent être que salutaires.
Une Afrique, qui parle d’une seule voix
« Aux problèmes africains, des solutions africaines ». Telle est la doctrine, défendue par l’UA, et à laquelle commencent à adhérer la plupart des chefs d’États africains. Une doctrine clamée, à juste titre, lors du récent forum international de Dakar pour la paix et la sécurité en Afrique et qui constitue, a priori, une réponse adéquate à la question comment faire en sorte que les pays d'Afrique prennent en main leur propre sécurité. Si l’intention est louable eu égard à ce à quoi nous avons assisté jusque-là, d’autres interrogations demeurent quant à la mise en pratique de cette volonté affichée. Mais une chose est sûre quelles que soient les réponses apportées à ces questions et malgré l’inscription de l’Afrique, aujourd’hui, dans la globalisation, externaliser, privatiser ou sous-traiter la sécurité en Afrique ne serait que pire folie et rajouterait à la dépendance dont elle est plus que victime et qui ne fait que réduire ses marges de manœuvre. La situation économique mondiale actuelle peut, paradoxalement, constituer une chance inouïe pour l’Afrique, malgré son retard dans certains domaines, retard qui doit par ailleurs constituer une opportunité inespérée au regard de l’impuissance dont sont victimes certaines puissances, de se remettre en question, de redéployer d’autres instruments pour se repositionner dans le jeu des relations internationales, briser les jougs de l’humiliation(10) pour instaurer un « nouvel ordre ou désordre » qui lui sera profitable. Cela suppose, bien entendu, que sa «voix» soit plus audible, que le morcellement des initiatives et les égoïsmes étatiques, qui affaiblissent davantage le continent, laissent place à une volonté plus forte d’action commune, par le renforcement, entre autres, de dispositifs politiques, sanitaires(11), économiques, militaires tant au niveau régional que continent. Il est plus qu’urgent de dépasser le nationalisme étroit, inutile et suicidaire pour aller vers des solutions panafricaines(12). Dans ce sens, il faut questionner l’efficacité des organisations panafricaines, leurs modes de financement en conformité avec la philosophie même de leur existence.
L’avenir de l’Afrique, sa stabilité, sa sécurité passera par la volonté qu’aura chaque pays africain de renoncer, tant soit peu, à son indépendance et de contribuer, à hauteur de sa richesse, au bien collectif. Car, les affres des uns aujourd’hui seront les tourments des autres demain.
En définitive, la lutte contre le terrorisme, les grands fléaux qui menacent l’Afrique doivent s’appuyer sur une pluralité d’actions, d’initiatives communes de nature politique, diplomatique, socioéconomique et sécuritaire pour être véritablement effectifs et efficaces. Ne pas s’engager sur cette voie, c’est compromettre l’avenir de toute l’Afrique pour une longue période et décevoir les espoirs de tant de générations.
Pierre Sarr

références
1 http://www.carto-presse.com, « Où en est la démocratie en Afrique ? », Rapports Afrique 2014
2 Menace terroriste en Afrique de l’Ouest : État des réponses nationales, régionales et internationales note d’analyse n° 13, septembre 2012
3 Cf. L’année stratégique 2015, « Entre dégradation sécuritaire et amélioration économique » p.333-353 ; l’Économie politique n° 59, « l’Afrique est-elle bien partie ? », Alternatives Internationales, « L'Afrique qui bouge» - hors-série mai 2013
4 Le forum international sur la paix et la sécurité en Afrique
5 Ibrahima SENE, PIT/SÉNÉGAL http://www.enqueteplus.com/content/libre-parole-crise-au-sahel
6 Pour plus de précisions, lire Philippe Hugon, Géopolitique de l’Afrique, 2è édition, Armand Colin, Paris 2010, 127 p
7 Cf. Perspectives économiques régionales, FMI, « Afrique subsaharienne, pour une croissance durable et plus solidaire », avril 2014
8 http://www.observateurocde.org/news/archivestory.php/aid/2410/Vers_un_nouveau_paradigme.html#sthash.xorJd8Kh.dpuf
9 Cf. Gilles Duruflé, l’ajustement structurel en Afrique, Kharthala, 1988 ; Joseph Stieglitz, la Grande Désillusion, Paris, Fayard, 2002
10 Bernard Badié, Le temps des humiliés, pathologie des relations internationales, Odile Jacob, Paris, 2014, 249 p
11 L’existence de centres de recherches panafricains dans le domaine de la santé, par exemple, devient une nécessité face aux multiples pandémies qui ne manqueront pas d’apparaître au cours des années à venir.
12 Comment peut-on expliquer, pour prendre l’exemple des APE, qu’il n’y ait pas eu de consensus avant leur signature ?
sarr.pierre@sfr.fr