06/05/2013

Démineurs enlevés en Casamance?

Démineurs enlevés en Casamance

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Douze démineurs dont trois (3) femmes travaillant pour l’opérateur sud-africain Mechem ont été enlevés par des hommes armés à Kaylou, dans la communauté rurale de Nyassia, département de Ziguinchor, au sud du Sénégal, où sévit depuis 1982 une rébellion indépendantiste.

Selon le communiqué officiel, les démineurs ont été enlevés vendredi après-midi sur le sur le chantier entamé par l’ONG Handicap international et suspendu depuis l’année dernière.

La même source estime que «ce kidnapping est peut-être en rapport avec l’interdiction par le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC, rébellion) de déminer la zone».

«Pour le MFDC, déminer dans la zone est synonyme d’infraction. Des tractations sont en cours pour leur libération», a dit le texte, soulignant ignorer l’identité des ravisseurs.

Le Centre national d’actions antimines au Sénégal (CNAMS) a confirmé l’enlèvement des démineurs de l’opérateur sud-africain Mechem.

Selon le CNAMS, ils ont été enlevés alors qu'ils procédaient à une opération de vérification sur le site de Kaylou. Le matériel de déminage n’a pas été emporté par les ravisseurs, précise t-on encore.

La localité de Kaylou est un ancien chantier de déminage entamé par Handicap international. Des individus ont nuitamment fait incursion sur le site en 2011, en saccageant le balisage et laissé sur place l'inscription: ''Attention danger de mort, Atika'', nom de l'aile combattante du MFDC.

Le CNAMS, des ONG dont Appel de Genève et APRAN, le MFDC et la partie bissau-guinéenne se sont réunis en mars dernier à Sao-Domingo (Guinée-Bissau) pour discuter sur les modalités d’accélération du processus de déminage en Casamance.

Au cours de cette rencontre, des éléments du mouvement indépendantiste se réclamant de l’aile de César Atoute Badiate, chef d'Atika du front sud du MFDC, ont déclaré que la «zone rouge est atteinte», estimant qu' «au-delà de cette zone rouge, la sécurité des démineurs n’est plus garantie».

Ndiack FAYE

Le gouvernement sud-africain a nié dimanche des reportages de médias selon lesquels 12 ressortissants travaillant comme démineurs ont été enlevés au Sénégal.

"Ce n'est pas vrai. Aucun sud-africain n'a été enlevé au Sénégal", a déclaré Clayson Monyela, porte-parole du département sud-africain des relations et de la coopération internationales. 

15/04/2013

Allez Casamance !

Le chef rebelle Salif Sadio prêt à regagner les siens, après la levée de son mandat d’arrêt

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Le chef du front nord d’Atika, branche armée du mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) opérant à la frontière gambienne, Salif Sadio, est prêt à regagner les siens après la levée du mandat d’arrêt international de l’Etat sénégalais contre lui, apprend KOACI.COM de sources proches du combattant rebelle.

«Notre chef, Salif Sadio est toujours déterminé pour le retour de la paix en Casamance. D’ailleurs, c’est pourquoi le 09 décembre 2012, il a libéré huit otages dont 6 militaires qu’il détenait depuis un an. Mais le seul obstacle à son retour dans son village, c’était le mandat d’arrêt qui a été lancé contre lui. Maintenant que ce mandat est levé, bientôt il va regagner les siens et prendre une part active aux négociations», dit l’un des proches de Salif Sadio.

Ce week-end, un communiqué officiel a annoncé la levée du mandat d’arrêt contre Salif Sadio, l’un des combattants les plus actifs pour l’Indépendance de la Casamance (Sud), depuis l’éclatement de la rébellion en 1982.

En mars 2001, sous le magistère du Président Abdoulaye Wade, un mandat d’arrêt international avait été lancé contre Salif Sadio. Le gouvernement avait même promis une prime de 140 millions de F CFA à toute personne qui faciliterait l’arrestation du chef de la branche nord d’Atika.

La levée du mandat d’arrêt contre lui fait intervient dans le cadre des négociations entre l’Etat du Sénégal et le MFDC, entamées depuis octobre dernier, sous l’égide de la communauté catholique Sant ‘Egidio qui estime que ce geste du Sénégal «participe à la volonté des pouvoirs politiques de faire revenir la paix en Casamance».

Après Salif Sadio, le problème reste à démobiliser aussi les autres chefs rebelles comme César Atoute Badiate, chef du front sud d’Atika, basé à la frontière bissau-guinéenne ; et son «ex-fieul», Ousmane Niantang Diatta, un dissident qui a créé sa propre base dans le Balantacounda, au sud-est de la Casamance.

Ndiack FAYE

06/04/2013

Les USA veulent la paix en Casamance

L’engagement de Washington pour la paix en Casamance "est ferme et durable"

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L’engagement des Etats-Unis d'Amérique à côté du Sénégal dans le processus de paix en Casamance ''est ferme et durable'', a soutenu James R. Bullington, conseiller pour la Casamance auprès de l’ambassade des Etats Unis d’Amérique au Sénégal.

''L’acceptation du gouvernement du Sénégal de la nomination d’un conseiller pour la Casamance à l’ambassade des Etats-Unis au Sénégal est une indication de la volonté affichée par le gouvernement du Sénégal de réunir toutes les conditions pour le retour de la paix en Casamance. Les opportunités existent mais il importe de bien les exploiter’’, a déclaré le diplomate, dans le numéro de mars du bulletin d’information ‘’Synergie’’, une publication de l’USAID.

L’ambassadeur à la retraite James R. Bullington est le conseiller pour la Casamance auprès de l’ambassade des Etats Unis d’Amérique au Sénégal. Avec trente-trois ans de carrière diplomatique dont douze en Afrique, il est décrit comme ‘’un homme riche d’une grande expérience diplomatique et expert en résolution de conflits''.

La Casamance, région méridionale du Sénégal, est en proie à une rébellion indépendantiste depuis 1982 sous la houlette du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).

Selon le diplomate américain, ‘’un conflit de plus de 30 ans n’est pas facile à résoudre, il faut continuer à s’inscrire dans les processus existants et faciliter les rencontres positives qui offrent des opportunités’’.

Pour James R. Bullington, ‘’la complexité du conflit montre qu’il y a certainement plusieurs angles d’analyse pour venir au bout’’ du problème.

Ainsi, s’est-il réjoui, de ‘’l’ouverture manifestée par le président de la République du Sénégal (qui) offre une grande opportunité d’associer les pays voisins et les partenaires du Sénégal pour une intervention en vue d’une résolution définitive du conflit et la gestion durable de la paix’’.

''L’évolution dans les relations entre le Sénégal et ses voisins marquée par les visites du président Sall en Gambie, la libération des otages militaires par le MFDC et la réalisation prochaine du pont sur le fleuve Gambie sont des signes encourageants’’, a soutenu le diplomate.

''Les efforts des parties en conflit pour faire évoluer les questions de décentralisation et de développement économique et social sont à encourager’’, a-t-il ajouté.

James R. Bullington a rappelé que ‘’la mission d’un Ambassadeur n’est pas permanente’’, tout en précisant à son sujet : ‘’J’ai déjà prolonge mon affectation jusqu’en juin, et il est possible qu’elle dure même plus longtemps que çà’’.

APS

29/03/2013

Conflit Casamançais

Guerre des chefs en Casamance

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Les négociations entre la communauté de Sant'Egidio et Salif Sadio ont heurté la susceptibilité des autres chefs du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Dont le principal rival de Sadio, César Atoute Badiate.

La communauté de Sant'Egidio, qui a engagé l'an dernier une médiation, et l'État du Sénégal ont dû revoir leur copie en Casamance. Partant du principe qu'on fait la paix avec ceux qui font la guerre, les médiateurs avaient, dans un premier temps, concentré leurs efforts sur le front nord du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), de loin le plus opérationnel, que dirige Salif Sadio. Mais ce faisant, ils ont froissé la susceptibilité d'Ousmane Niantang Diatta et de César Atoute Badiate, les dirigeants du front sud. Moins belliqueux ces derniers temps, ces derniers n'en conservent pas moins une forte capacité de nuisance, surtout depuis leur réconciliation, il y a six mois. « Ils regroupent environ 80 % des combattants, et sont relativement bien armés », confie un médiateur. Décision a donc été prise de les associer aux pourparlers. Et d'y impliquer les autorités bissau-guinéennes et gambiennes. Problème : si tout le monde dans le maquis est d'accord pour discuter avec l'État du Sénégal, Badiate et Sadio continuent de se disputer le leadership de la rébellion. Avant de négocier avec Dakar, le premier veut organiser des assises inter-MFDC. Le second exclut toute réconciliation.

Jeuneafrique.com

10/03/2013

Casamance : le retour du poisson dans les bolongs

Casamance : le retour du poisson dans les bolongs
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On entend dire que le poisson est de plus en plus rare… les poissons sont petits, sur toutes les mers du monde, sur tous les cours d’eau, c’est le même refrain.
« Dans les années 90, on revenait les glacières pleine en une demie journée’ » nous dit Robert, un habitué de la pêche à la traîne dans les bolongs de Casamance et du Saloum. « Maintenant, si on ramène deux barras, on est content ».
Voici ce que l’on entend depuis quelques années dans les clubs et les hôtels proposant la pêche de loisirs au Sénégal. À qui la faute ? Surexploitation, pêche industrielle, changement climatique et pollution ? Tout est certainement lié. Certains amateurs de pêche, les plus passionnés, se sont exilés : Madagascar et les Bijagos sont les destinations à la mode pour les passionnés de pêche, mais le problème reste le même.
Jean, rencontré sur une pirogue au large de l’ile de Carabane, revient pêcher sur le lieu de « ses premiers amours ». « Je n’étais pas revenu en Casamance depuis 2009, envie de voir ailleurs, et puis c’est pareil partout, plus on vous promet de gros poissons, plus on vous demande cher. Je suis donc revenu au Sénégal, en Casamance depuis trois semaines, je sors tous les deux jours et ne reviens jamais bredouille ».
On remarque depuis quelques mois le retour de gros poissons, qu’ils soient sédentaires (raie, carpe rouge, barracuda ou otolithe) ou migrants (capitaine et carangue). Les poissons sont de retour dans les bolongs de Katakalousse à Kafountine…
Repos biologique
Un repos biologique interdisant la pêche industrielle dans les eaux sénégalaise a été observé du 1er octobre au 30 novembre 2012. Ce genre de mesure est à renouveler régulièrement, si elle peut contribuer à l’augmentation de la taille et du nombre de poissons. Surtout dans ces régions où la pêche artisanale est une activité importante.
Philippe Laura

03/02/2013

Encore des morts en Casamance

Encore des morts en Casamance

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Des rebelles présumés du Mouvement des forces démocratiques de Casamance, au sud du Sénégal, ont attaqué une agence du Crédit mutuel, tuant au moins trois civils. 

Au moins cinq personnes ont péri dans une attaque menée vendredi soir contre une banque et des boutiques par des rebelles présumés en Casamance, région du sud du Sénégal, suivie d'un accrochage avec l'armée. 

L'attaque menée par des rebelles présumés du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) s'est produite à Kafountine contre une agence du Crédit Mutuel et des boutiques, tuant au moins trois civils, deux rebelles ayant été par la suite tués par des soldats sénégalais lors d'un long échange de coups de feu pendant la nuit, selon les services de communication de l'armée. 

Un Français, donné pour mort dans un premier temps lors de cette attaque, est en réalité décédé avant, en se suicidant d'une balle dans la tête, selon des habitants de Kafountine. Ces derniers ont parlé de quatre civils tués pendant l'attaque, la plus importante depuis l'arrivée au pouvoir du président Macky Sall, en mars 2012, qui avait fait renaître l'espoir d'une solution pacifique au conflit indépendantiste de Casamance. 

La libération, le 9 décembre 2012, de huit otages dont des militaires détenus depuis un an par des branches militaires du MFDC, avait renforcé le sentiment que la paix pouvait revenir. Ils étaient retenus par Salif Sadio, présenté comme le plus radical des chefs militaires du MFDC, divisé en plusieurs factions politiques et militaires depuis la mort en 2007 de son dirigeant historique Augustin Diamacoune. 

L'Express

02/02/2013

5 morts en Casamance

Cinq morts, dont un Français, dans une attaque rebelle en Casamance

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Cinq personnes, dont un Français, ont été tuées dans une attaque menée vendredi soir contre une banque par des rebelles présumés en Casamance, région du sud du Sénégal, suivie d'un accrochage avec l'armée, a appris samedi l'AFP auprès de l'armée sénégalaise.

L'attaque menée par des rebelles présumés du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) s'est produite à Kafountine contre une agence du Crédit Mutuel, tuant trois civils dont un Français, deux rebelles ayant été par la suite tués par des soldats sénégalais, selon les services de communication de l'armée.

afp

02/01/2013

Prise d'otages en Casamance

15 jeunes pris en otage par des éléments du MFDC en Casamance

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Quinze jeunes de Djibanar, chef lieu de communauté rurale du même nom (au sud du Sénégal) sont pris en otage dans la nuit du lundi à mardi par des éléments du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) qui les a conduits vers la Guinée-Bissau, confirment des sources contactées par koaci.com sur place.

Dans la nuit de la Saint-Sylvestre, des bandes armées se sont introduites entre 3 heures et 4 heures du matin dans ce village situé dans le département de Goudomp, dans la région de Sédhiou et ont mis la main sur plus de vingt bœufs et des vivres.

«C’est ainsi que ces éléments armés ont pris en otage ces 15 jeunes pour les charger d’acheminer le butin vers la Guinée voisine. Lourdement armés, ces éléments ont pris d’assaut des boutiques et des maisons. Ils ont pris tout ce qui pouvait l’être sous les yeux impuissants des populations. Après leur forfait, ces bandits armés soupçonnés proches du Chef rebelle Ousmane Niantang Diatta ont pris la fuite en se dirigeant du côté de la Guinée Bissau», explique Ousmane Cissé, un habitant de Djibanar joint par koaci.

Il souligne que les militaires en cantonnement à Simbandi Balante et Goudomp alertés, sont arrivés sur les lieux tôt le matin. Il faut signaler que la même localité a été la cible au mois de mai 2011, d’une attaque similaire au cours de laquelle un jeune du nom de Bamba Dramé a trouvé la mort.

Cette attaque vient mettre du sable dans l’espoir du processus de paix en Casamance où sévit depuis 1982 le MFDC, mouvement indépendantiste, après la libération par Saliou Sadio, chef rebelle, le 9 décembre 2012 des huit militaires qu’il détenait prisonniers depuis au moins un an.

Ndiack Faye

26/12/2012

Casamance: 30 ans de conflit

Casamance : 30 ans de conflit

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Voilà 30 ans que le conflit casamançais perdure, depuis la marche du 26 décembre 1982 qui réclamait plus de considération de la part de Dakar. Après une période de durcissement, puis de pourrissement de la situation, le conflit semble depuis l'élection du président Mack Sall trouver une issue.

Tout est parti d’une marche, menée le 26 décembre 1982 à Ziguinchor, par des sympathisants du Mouvement des Forces démocratiques de Casamance (MFDC, créé en 1947 à Sédhiou). A l’époque, les populations réclament plus de considérations par le pouvoir central, la région étant quelque peu délaissée. Les manifestants dénoncent notamment le « mépris culturel » des « nordistes » vis-à-vis des Casamançais (sud). Ils pointent aussi du doigt « la confiscation des terres » au profit de « nordistes ».

Suite à la répression de cette marche par les forces de l’ordre, le ton se durcit. Le MFDC met l’accent sur les revendications séparatistes et constitue une aile armée, Atika. Plusieurs personnes animées par la colère et une volonté de vengeance gagnent le maquis. « Dès le déclenchement, et sur une période de plus de dix ans, la méthode utilisée par l’Etat était celle du ' tout sécuritaire ', explique Nouha Cissé, observateur du conflit. Il fallait taper sur tout ce qui bouge, poursuit-il, et cela a entraîné la résistance de tous ceux qui étaient pourchassés suite aux manifestations de 1982-1983 ». C’est un curé, l’abbé Diamacoune Senghor, qui dirige le mouvement pendant vingt-cinq ans. Mais depuis sa mort, survenue en janvier 2007, le MFDC est profondément divisé, avec plusieurs ailes armées et civiles, empêchant tout dialogue interne cohérent.

De son côté, l’Etat va, pendant plusieurs années, mettre en place une « stratégie du pourrissement ». Pour le géographe Jean-Claude Marut*, « tout en proclamant qu’il n’y avait d’autre issue que politique, les dirigeants qui se sont succédé au pouvoir à Dakar entre 1982 et début 2012 n’ont ainsi eu de cesse que de dépolitiser la question, maniant, tour à tour ou simultanément, la carotte et le bâton, chacun à sa manière ».

A ce jour, les nombreux cessez-le-feu et accords de paix entre le gouvernement et le MFDC sont restés lettre morte. Mais une lueur d’espoir apparaît avec le nouveau président Macky Sall, élu en mars dernier. Depuis son élection, Sall se montre ouvert au dialogue avec toutes les factions du mouvement séparatiste, notamment avec l’aile la plus radicale, dirigée par Salif Sadio. En octobre dernier, l’Etat sénégalais, sous l’égide de la communauté Sant’Egidio, a entamé des discussions avec ce groupe armé, suscitant de nouveaux espoirs de paix.

RFI

11/12/2012

Espoir de paix en Casamance

En Casamance, premier espoir de paix après la libération de militaires

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Les rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) ont libéré des militaires de l’armée sénégalaise capturés il y a un an.

La communauté de Sant’Egidio, notamment le P. Angelo Romano, ici avec des membres du CICR, a obtenu la libération sans contrepartie de huits captifs sénégalais retenus par le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).

La médiation de la communauté de Sant’Egidio a permis cette avancée sans précédent dans un conflit qui oppose depuis trente ans le gouvernement et les rebelles indépendantistes.

Un rendez-vous préparé

C’est en plein milieu de la brousse, à quelques centaines de mètres de la frontière gambienne, que la rencontre a lieu. Des rebelles armés de fusils d’assaut et de lance-roquettes font signe d’abandonner les véhicules tout-terrain et de continuer à pied entre les broussailles. Il est 11 heures. Le rendez-vous est donné à l’ombre d’un arbre imposant surveillé par une vingtaine d’hommes, chaudement couverts, malgré la chaleur, dans leurs vêtements usés et dépareillés.

L’endroit a visiblement été défriché et aménagé pour l’événement : la libération de six militaires, un gendarme et un sapeur-pompier à la retraite capturés il y a un an par le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), le principal mouvement indépendantiste de cette région enclavée du sud du Sénégal. 

Les différents intervenants sont invités à s’asseoir sur des chaises en plastique disposées en cercle. Sont notamment présents un représentant du Comité international de la Croix-Rouge, qui s’est assuré du bon traitement des prisonniers durant leur année de captivité, et une délégation ministérielle du gouvernement gambien.

Le discours du chef du Mouvement

Les membres de la communauté de Sant’Egidio, pourtant principaux médiateurs dans ce conflit, sont absents. L’État de Gambie leur a demandé de ne pas se rendre sur place, officiellement pour des raisons de sécurité. Ce n’est que vers midi qu’apparaît Salif Sadio, chef sexagénaire de la branche armée du MFDC, dans un boubou au blanc étincelant, chapelet musulman à la main.

L’ambiance est très détendue. Chaque salutation du chef rebelle à ses « invités » est suivie d’un rire et d’un remerciement pour leur présence. Le leader du mouvement tient à faire un discours avant la libération des huit prisonniers, vêtus de leur uniforme, des tongs à la place des bottes. « C’est une date importante pour l’histoire de la Casamance, qui est également une partie de l’histoire du monde. (…) Les prisonniers de guerre sont maintenant libres,  souligne-t-il. Cependant, leur liberté ne signifie nullement la fin de la lutte que nous menons. »  

Une lutte qui n’en finit pas

La lutte du MFDC fêtera son trentième anniversaire le 26 décembre. Le mouvement a pris les armes à la suite de la répression sanglante, par les forces de l’ordre sénégalaises, d’une marche pacifique à Ziguinchor, capitale de l’ouest de Casamance. Aujourd’hui, le nombre de victimes est difficile à évaluer : entre plusieurs centaines et des milliers de morts, voire plus si l’on compte les victimes des mines antipersonnel et des tueries liées aux affrontements internes au MFDC.

En trente ans, les efforts de paix ont été faibles. L’armée sénégalaise a commis de nombreuses exactions contre les populations. Les rivalités entre groupes rebelles, en partie liées au jeu de division effectué par Dakar, subsistent encore aujourd’hui. Les divers cessez-le-feu signés entre gouvernement sénégalais et indépendantistes ne durent pas longtemps.

Dans ce contexte, le MFDC a préféré faire appel à un médiateur extérieur pour régler le conflit avec Dakar : la communauté de Sant’Egidio. « Le premier contact a eu lieu dans les années 1990,  raconte le P. Angelo Romano, membre de la communauté, à Banjul, capitale de la Gambie. Mais, à l’époque, le gouvernement sénégalais souhaitait conduire les négociations de façon autonome. On a respecté cette décision tout en gardant un œil sur la situation. »  

L’action pacifique de l’Eglise catholique

Le prêtre sait que la patience reste le meilleur atout de la communauté. Présente dans 70 pays des cinq continents, l’organisation catholique, née à Rome en 1968, a fait de la médiation politique son expertise. Elle s’est notamment distinguée en 1992 pour son importante participation dans le processus de paix au Mozambique, marquant ainsi la fin de quinze années de guerre civile.

 « En Casamance, il y a eu beaucoup de rendez-vous manqués et d’occasions perdues pour résoudre le conflit,  précise le P. Angelo Romano. Ça fait vingt ans que nous échangeons avec le gouvernement sénégalais et le MFDC, mais seules les deux dernières années ont été vraiment constructives. »  L’élection du nouveau chef de l’État sénégalais cette année a aussi été décisive.

Le rôle décisif de Sant’Egidio

Contrairement à son prédécesseur, Abdoulaye Wade, qui avait promis de régler la question casamançaise en cent jours, le président Macky Sall a tout de suite laissé la main à la communauté de Sant’Egidio. En quelques mois, l’organisation a relancé les pourparlers entre les deux camps lors d’une rencontre à Rome en octobre dernier et décroché la libération de huit captifs sénégalais sans la moindre contrepartie.

« Le MFDC a fait un acte unilatéral de grande valeur. Je ne me rappelle pas une telle avancée dans la résolution du conflit. Ça aidera sûrement pour l’établissement d’une paix durable en Casamance,  affirme le P. Angelo Romano, qui souligne le rôle joué par la Gambie, trait d’union géographique entre le Sénégal et la région casamançaise. »  

Malgré cette avancée dans le règlement du conflit, dont s’est félicité Macky Sall, qui a « réaffirmé son engagement de tout mettre en œuvre pour trouver une solution pacifique, durable et définitive à la crise casamançaise »,  les risques d’enlisement restent grands. Le potentiel économique et touristique de la région est miné par la guerre et les activités criminelles de certains groupes armés. La méfiance envers Dakar n’a que très peu diminué. De plus, Salif Sadio, le leader du MFDC, souligne que son « acte humanitaire »  n’est pas un signe de renoncement à l’indépendance.

SIDY YANSANE

04/12/2012

Tourisme au point mort en Casamance

Casamance : le tourisme au point mort

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L’Alliance franco-sénégalaise de Ziguinchor, dans le sud du Sénégal, a accueilli la semaine dernière une conférence avec pour thème « Le tourisme en Casamance, état des lieux et perspectives ». L’occasion pour les participants de déplorer les effets que le conflit armé en Casamance a eus sur une activité qui a connu son apogée à la fin des années 1970.
Mamadou Diombera, enseignant au département du tourisme de l’Université de Ziguinchor, a révélé qu’entre 1975 et 1980, la Casamance accueillait chaque année en moyenne 75 000 touristes. Mais tout est remis en question avec l’éclatement de la crise sociopolitique au début de 1980. La crise étouffe toutes les potentialités touristiques de la région dont le fameux « tourisme de découverte » pour une région forte d’un riche patrimoine naturel et culturel. Un tournant est définitivement marqué avec la disparition de quatre touristes français en 1984, dans le Parc national de la Basse-Casamance. Depuis cette date, les ambassades étrangères n’autorisent plus leurs ressortissants à aller au-delà de la zone de la station balnéaire de Cap-Skirring, toujours en Basse-Casamance. Les conséquences pour l’activité touristique sont dures. Les services du ministère du tourisme ne reconnaissent plus à présent que 35 hôtels, 74 campements et auberges, 10 campements villageois, 8 agences de voyages et 23 guides touristiques. A titre comparatif, la capacité en hôtels  de la Casamance représente le dixième seulement de celle de la station balnéaire de Saly-Portugal, à Mbour, dans l’ouest du Sénégal.
Commencé par le conflit, le déclin du tourisme en Casamance a continué à s’accentuer, en partie parce que les différents gouvernements qui se sont succédé depuis n’ont pas su pallier aux autres freins de l’activité, dont l’enclavement de la région, le manque de promotion ainsi que l’insuffisance de professionnels confirmés du tourisme.
Parmi les décisions majeures prises, hier, figurent, en bonne place, les doléances des députés. Ils ont demandé et obtenu du ministre des Affaires Etrangères, que, désormais, leurs épouses ou époux bénéficient de passeports diplomatiques. La mesure ne tient pas compte du nombre d’épouses. Un polygame, marié à quatre, cinq et mêmes six femmes, verra toutes ses épouses bénéficier du précieux sésame. Alléluia. Car, on assiste ainsi à une vraie bamboula.
Sékou Dianko DIATTA

02/11/2012

L'aéroport de Cap Skirring fait du bien au tourisme

La réhabilitation de l’aéroport du Cap-Skirring a permis une hausse du flux touristique

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La réhabilitation de la piste d’atterrissage de l’aéroport du Cap-Skirring, situé à 70 km au Sud-Ouest de Ziguinchor, a eu comme conséquences la hausse du flux touristique, a déclaré mercredi, Pape Maël Diop, le directeur général des Aéroports du Sénégal (ADS).

« Avec l’extension de la piste d’atterrissage, nous nous sommes rendus compte, depuis le top Résa en France, que les réservations ont augmenté. Qui dit augmentation de réservations dit augmentation du flux touristique avec ce que cela comporte comme conséquences positives », s’est il félicité.

M. Diop s’exprimait lors de la visite des travaux réalisés sur la piste d’atterrissage de l’aéroport du Cap-Skirring.

« Depuis deux ans, le tronçon n’était pas opérationnel sur 100 m. Les gros porteurs ne pouvaient pas atterrir à l’aéroport du Cap-Skirring » a-t-il rappelé.

Le directeur général des ADS a félicité la SOTRACOM qui a réalisé les travaux de réhabilitation de la piste d’atterrissage, pendant trois semaines nuit et jour, pour que la mise à disposition des infrastructures puisse coïncider avec l’ouverture de la saison touristique.

« Nous avons fait appel à un cabinet pour superviser les travaux. Aujourd’hui, nous sommes en mesure de dire avec certitude que les travaux ont été effectués conformément au cahier de charges. Des rapports seront faits et nous transmettrons à l’autorité la qualité et la nature des travaux qui sont réalisés », a-t-il fait savoir.

Selon lui, le président de la République Macky Sall avait pris des engagements fermes, lors du conseil des ministres décentralisé tenu en juillet dernier dans la capitale du Sud, à ce que les aéroports de Ziguinchor et du Cap-Skirring soient réhabilités.

« Nous avons commencé par le Cap-Skirring, nous allons terminer par Ziguinchor pour que les aérodromes répondent aux normes. Aujourd’hui, il y a ce projet de piste d’atterrissage de l’aéroport du Cap-Skirring. Suivra le projet d’élargissement du parking, afin de permettre aux compagnies d’avoir beaucoup plus d’espaces », a-t-il promis.

Le directeur général des ADS a annoncé d’autres projets pour l’Aéroport du Cap-Skirring, notamment la réhabilitation de la caserne de la Sécurité contre les incendies (SCI), la construction d’un nouveau salon d’honneur, la réalisation de la radiobalise et la mise à la disposition des travailleurs d’un bus pour leur transport.

Pape Maël Diop a indiqué que les travailleurs temporaires qui sont présents à l’aéroport du Cap-Skirring depuis 2006 « ont été embauchés depuis le 1er octobre dernier ».

Concernant la doléance des travailleurs relative à la cuve à kérosène, le directeur général des ADS a assuré que « des dispositions nécessaires sont en train d’être prises ».

« En ce qui concerne les ADS, nous renonçons volontairement à tout ce qui est taxe pour la réalisation de ces cuves. Ce ne sera pas seulement le Cap-Skirring, mais aussi Ziguinchor pour permettre aux gros-porteurs de venir directement sur Cap-Skirring sans transiter par Dakar » a-t-il annoncé.

Le directeur des ADS a indiqué que sa structure veut, avec l’appui du ministère du Tourisme et des Loisirs, « impulser une nouvelle dynamique » en permettant aux Sénégalais et aux Africains de passer des week-ends au Cap-Skirring, dans le but de développer le secteur touristique dans la zone sud du pays.

Bouba Sow

06/10/2012

Patience en Casamance

Casamance, un mot d'ordre, patience

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Les tentatives du chef de l'État de renouer un dialogue franc et direct avec les différentes factions rebelles se multiplient. Si le retour à la paix semble encore loin, on observe une réelle accalmie.

En 2000, Abdoulaye Wade avait promis de régler la question casamançaise « en cent jours ». Douze ans après, la paix n'avait pas avancé d'un chouïa. Au cours de la dernière campagne électorale, Macky Sall s'est bien gardé de pronostiquer quoi que ce soit - « il sait que cela prendra du temps », confie un proche -, mais le retour à la normale dans cette région en proie à une rébellion armée alimentée par une revendication indépendantiste depuis trente ans est pour lui une priorité. Après sa victoire, il a rompu avec les méthodes passées. Fini les « Monsieur Casamance » officieux chargés de renouer avec les rebelles et de distribuer des liasses de billets de manière trop voyante au nom du président Wade : personne ne représente « Macky » dans le maquis. Le dossier est cogéré par les ministres de l'Intérieur et de la Défense, en lien étroit avec la présidence, mais pour l'heure le nouveau pouvoir n'est pas entré dans la danse des négociations. Si « des contacts ont été pris » avec certains groupes armés, Sall laisse le soin à la communauté Sant'Egidio de poursuivre la médiation qu'elle a entamée en début d'année à la demande des chefs rebelles et à l'invitation de Wade.

Deux fronts

Fini aussi le refus d'internationaliser le problème : si Macky Sall a réservé sa première visite officielle en tant que chef d'État à la Gambie, c'était pour convaincre Yahya Jammeh, dont le soutien à une partie de la rébellion est un secret de polichinelle, de l'aider à ramener les combattants à la table des négociations. Dans son discours d'investiture d'avril, Sall avait déclaré compter sur les deux voisins qui abritent des bases rebelles, la Gambie et la Guinée-Bissau, pour résoudre la crise.

Aujourd'hui, plus personne ne représente "Macky" dans le maquis.

Mais la principale différence se traduit dans les mots. À plusieurs reprises, Sall s'est déclaré ouvert à « un dialogue franc » avec les combattants du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), divisés en deux fronts pour l'heure irréconciliables - le Sud, dirigé par César Atoute Badiate et Ousmane Niantang Diatta, et le Nord, commandé par Salif Sadio. « Pour la première fois depuis longtemps, on sent une réelle volonté de négocier », confie un cadre du MFDC (aile civile), Louis Tendeng. « Les choses ont changé avec Macky, souligne Nouha Cissé, un des observateurs les mieux informés. La première nouveauté, c'est qu'il a répondu publiquement à la main tendue de Sadio, qui s'est dit ouvert aux négociations à deux reprises depuis décembre 2011. La ­deuxième, c'est que le président est prêt à négocier n'importe où, même à l'étranger, ce que refusait Wade. »

Un vieux rêve

Avec son offensive de charme, Sall peut s'enorgueillir d'avoir fait avancer un dossier en suspens depuis de nombreuses années : la construction d'un pont sur le fleuve Gambie - un vieux rêve à Ziguinchor. Le 4 août, le Sénégal et la Gambie l'ont concrétisé en signant un mémorandum. Cet acte marque « une nouvelle ère dans les relations entre les deux États », confiait une source diplomatique. Mais c'était avant l'affaire des exécutions de condamnés à mort (dont deux Sénégalais) à Banjul, qui a provoqué la colère de Dakar.

Malgré ces tiraillements, Sall sait que le contexte lui est favorable. Un temps fâchés, Badiate et son ancien lieutenant, Niantang, ont accepté de renouer le dialogue. Une réconciliation est en bonne voie, et tous deux sont prêts à ouvrir les négociations avec Dakar. Mais il reste à convaincre Sadio, dans le Nord. Pour la première fois depuis très longtemps, le plus radical (et le plus armé) des chefs de guerre, qui détient neuf soldats sénégalais depuis plusieurs mois, est disposé à négocier avec l'État. Mais il continue, pour l'heure, de refuser tout contact avec les autres branches du Mouvement. « Il estime être le seul représentant authentique du MFDC. C'est un frein aujourd'hui », convient un médiateur.

En attendant, sur le terrain, « on a observé une forte accalmie des affrontements ces derniers mois, note Nouha Cissé. On n'avait pas vu ça depuis longtemps ». 

Jeuneafrique.com

29/09/2012

Casamance oubliée

En Casamance, un conflit de trente ans oublié

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Cette région séparée du reste du Sénégal par la Gambie connaît une rébellion indépendantiste depuis 1982. C'est l'un des plus vieux conflits d'Afrique contemporaine.

On les appelle les « artisans rebelles ». Retranchés dans la brousse à la frontière bissau-guinéenne, les indépendantistes de Casamance portent des sandales en plastique et recyclent de grands sacs de riz pour y glisser leurs munitions. Elle n'a pas de gros moyens financiers, cette rébellion qui dure depuis trente ans. Les gouvernements successifs, à Dakar, n'ont pas réussi à venir à bout de ces rebelles retranchés dans ce bout de Sénégal coupé du reste du territoire par la Gambie.

Depuis 2009, les braquages routiers imputés aux rebelles et les combats avec les militaires se sont même intensifiés.

5 000 morts, 8 otages

« Je suis dans le maquis depuis 1983. Nous voulons nous séparer complètement d'avec le Sénégal, nous cherchons uniquement l'indépendance », martèle César Atoute Badiate, un des trois chefs de guerre, adossé à un tronc d'arbre, devant le drapeau du « Territoire libre de Casamance ». Autour de lui, ses soldats armés acquiescent.

Une indépendance impossible, même si les jeunes maquisards assurent « qu'ils se battront jusqu'à la mort pour l'obtenir ». Les autorités restent fermes sur ce point délicat de l'histoire sénégalaise. « Tout ce que je peux faire, c'est d'engager l'état du Sénégal dans la voie du dialogue, dans la voie de la paix. Évidemment, il s'agit de défendre l'intégrité territoriale », avait indiqué, le 27 juin, le président Macky Sall lors d'un conseil des ministres décentralisé à Ziguinchor, la principale ville de Casamance.

Echec de l'accord de paix

L'accord de paix de 2004, entre l'État et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), a été un échec. Cette année, les différentes factions du MFDC ont proposé une négociation hors d'Afrique avec, comme médiateur, la communauté catholique Sant'Egidio, qui est déjà intervenue dans d'autres crises (Mozambique, Algérie, Liberia) et qui est prête à s'engager sur la Casamance.

« La partition du Sénégal en deux républiques n'est pas viable, mais il est important d'envisager un statut politique et juridique à la Casamance qui lui confère suffisamment d'autonomie », décrypte Nouha Cissé, historien spécialiste du conflit.

Pas d'enjeu économique

Ce conflit de basse intensité (environ 5 000 morts, 751 victimes de mines, huit otages) et qui intéresse peu la communauté internationale, puisqu'il n'y a pas d'enjeux économiques, lasse une partie de la population. Sécurité, tourisme et agriculture pâtissent de cette situation.

Et sur les routes de la région, les patrouilles de militaires lourdement armés rappellent constamment cet état de « ni paix ni guerre ».

Aurélie FONTAINE

08/09/2012

Paix en Casamance

Propositions pour une paix durable en Casamance

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Conduit par le cabinet Epistème, une firme de consultance internationale basée à Dakar, le projet « Paix définitive en Casamance » a fait l’objet d’un atelier de restitution des résultats mercredi dernier. Ce projet est le produit d’une exploitation technique des clauses mentionnées dans les accords du 30 décembre 2004 entre le gouvernement et le MFDC (Mouvement des Forces démocratiques de Casamance), lesquels avaient précédé le cessez-le-feu de 2005.

La principale proposition de ce projet est un programme baptisé DDR (Désarmement, Démobilisation et Réintégration) des combattants du MFDC. Epistème estime le coût global de ce programme à près de 13 millions de dollars US et étale son déroulement sur une période de 5 ans. Il consiste à offrir des possibilités considérables d’emplois et de recrutement aux jeunes. Amadou Tall, conseiller technique à la présidence de la République sénégalaise, a fait part de l’engagement du gouvernement à soutenir le DDR. Selon lui, le président de la République est parfaitement disposé à engager le dialogue avec le mouvement séparatiste pour une paix rapide et durable dans la région. La participation de la population locale devrait jouer un rôle important dans cette démarche. Une participation que le colonel Fabouré, un expert en résolution et gestion des conflits, souhaite active en privilégiant le terme « communication avec la population » plutôt que celui de « sensibilisation ».

La Casamance est depuis une trentaine d’années le théâtre d’un conflit larvé, mené par le MFDC contre l’armée gouvernementale pour l’indépendance de cette région du sud-ouest du Sénégal. Les combats ont provoqué la mort de centaines de personnes, notamment parmi les civils. Et malgré le cessez-le-feu de 2005, des accrochages sporadiques sont enregistrés entre l’armée et les « rebelles », mais également entre groupes rivaux.

Frédéric Powelton

07/09/2012

Ansoumana Badji échappe à un attentat

Ansoumana Badji échappe à un attentat à Dakar

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Ansoumana Badji, l’ex-secrétaire général du Mfdc a échappé à un attentat dans sa résidence de Dakar. Les autorités, elles, parlent d’intimidation…

Décidément, Ansoumana Badji, l’ex-secrétaire général du mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc) continue toujours à être la cible d’adversaires qui veulent en finir avec lui. En effet, celui qui avait échappé à un accident de voiture suite à un sabotage (selon ses propres déclarations) qui visait à l’éliminer en 2005, sur l’axe Ziguinchor-Kolda, a encore fait l’objet d’une tentative d’attentat. Nous tenons l’information de sources sûres qui révèlent que cela s’est passé dans la nuit du mercredi 21 mars courant au niveau de sa résidence du point E à Dakar.

Il semble que c’est vers 3 heures du matin que deux individus armés se sont introduits dans sa résidence avec l’option visible de le tuer. Ne l’ayant pas trouvé dans sa chambre, les deux hommes se sont rapidement retirés sans chercher à voir s’il n’était pas caché dans une autre pièce de la maison. Cette information nous a été confirmée par une autre source très proche de M. Badji qui révèle que les assaillants ont escaladé la clôture de la maison par derrière, déjouant ainsi la vigilance de sa sécurité qui n’a rien senti dans cette affaire et ils ont défoncé la fenêtre des toilettes qui donne directement accès à la chambre de leur cible. « Mais, Ansoumana a très tôt entendu le bruit et s’est camouflé quelque part dans la résidence et observait toute la scène.

Ainsi, quand ils sont arrivés dans sa chambre, ils n’ont trouvé personne. Comprenant que leur objectif est raté, ils ont simulé un vol en prenant tous les objets précieux et notamment ses appareils téléphoniques portables qu’ils ont emportés », a confié cette source qui signale que les plus hautes autorités de l'État ont été saisies de cette affaire tout comme les responsables de la police qui auraient promis que les assaillants seront retrouvés et leurs commanditaires démasqués.

Tentative d’attentat ou intimidation ?

Mais les autorités semblent ne pas vouloir accréditer la thèse de l’attentat, signale-t-on. A en croire notre source, elles pensent plutôt à une tentative d’intimider M. Badji pour le pousser à repartir au Portugal, sa présence à Dakar étant une gêne pour certains. Une thèse que l’intéressé aurait balayé d’un revers de main, soutenant que les malfaiteurs qui lui ont rendu visite voulaient absolument le tuer. Dans l’entourage de M. Badji, on ne nie pas cette nouvelle mais l’on préfère ne pas se prononcer pour l’instant.

A signaler qu’en dehors de cette tentative d’attentat supposée et l’accident dont nous avons fait référence un peu plus haut, M. Badji avait été également victime d’un cambriolage dans cette même résidence, courant 2005, cambriolage au cours duquel tout son matériel informatique qui contenait de précieuses informations avait été emporté tout comme des documents relatifs au Mfdc. Mais depuis lors, on n’a eu aucune trace des malfaiteurs, malgré l’enquête de la police qui avait été ouverte à cet effet, du moins c’est ce qu’il nous avait confié à l’époque. A signaler que toutes nos tentatives d’entrer en contact M. Badji sont restées sans succès, à chaque fois, on nous rétorque qu’il était en réunion.   

Mamadou DIALLO

17/07/2012

La forêt Casamançaise recule

ARRESTATION DE DEUX CAMIONS DE BOIS

Les forêts reculent

Casamance-5.jpg   Les forêts de la Casamance sont entrain d’être massacrées à une grande échelle par des trafiquants profitant de l’insécurité et de la corruption ambiantes. Le péril est imminent ! Chaque année en Casamance, ce sont des dizaines d’hectares de massifs forestiers qui disparaissent du fait d’une exploitation irrégulière, illégale et abusive du couvert végétal. C’est le constat établi par les services de protection de la nature en service dans les régions sud du pays. Pire, l’éventail s’est élargi à la dimension d’un réseau de trafic international de bois. Il y a seulement deux jours, le jeudi 12 juillet, deux camions dont un immatriculé en Gambie, ont été saisis à Boudouck, un village religieux du nord du département de Bounkiling contenant du bois frauduleusement abattu. Selon le commandant Ousmane Fall, inspecteur régional des eaux et forêts de Sédhiou, « ce sont deux camions qui ont été saisis contenant des billes de venne frauduleusement coupées. L’un des deux véhicules est immatriculé en Gambie. Nous n’y avons trouvé personne mais nous avons réussi à mettre la main sur les documents du camion que nous avons finalement remorqué jusqu’à Bounkiling. Pour le second camion, le chauffeur est en état d’arrestation mais son véhicule est complètement rasé au sol du fait de l’hivernage. Cependant, nous trouverons des moyens de le faire remorquer ». Et de poursuivre que « cela dénote l’ampleur des coupes abusives et illégales de bois dans la région de Sédhiou »

Indiens et chinois échangent des motos contre des billes de bois

L’implication des sujets étrangers dans ce réseau fait dire à Daniel André, le directeur national des eaux et forêts, chasses et de la conservation des sols, que l’agression frise la provocation. « Aujourd’hui nous sommes agressés de toutes parts, ce sont des actes de guerre parce que quand on vous pille vos ressources naturelles on pille le pays, on pille les générations futures. Chaque sénégalais doit se lever et prendre le mal à bras le corps pour circonscrire le phénomène qui nous installe progressivement dans la précarité et la catastrophe ». Dans le nord Bignona, le troc du bois avec des motos fait l’effet de mode dit –on, dans toute la bande frontalière avec le pays du président le Dr Yaya Diamé dans la zone du Fogny, de Makhmouda Chérif à Diouloulou en passant par Baïla, Siléty, Kabeum et Oulampane. En visite de travail dans la région, avant-hier samedi, le ministre de l’écologie et de la protection de la nature, Aly Aïdar, promet de prendre des mesures idoines, en rapport avec l’ensemble des corps de défense et de sécurité, à savoir les militaires, les gendarmes, les agents des eaux et forêts et chasse, de la douane entre autres. « Nous ferons en sorte qu’il y ait une synergie dans la protection de la nature car, à défaut, c’est la catastrophe ». Interrogé sur le bras destructeur des corps étrangers impliqués dans ce trafic, le ministre de l’écologie et de la protection de la nature dénonce : « De l’autre côté de nos frontières avec la Gambie, il y a des Indiens et des Chinois qui réceptionnent des billes de venne des mains des jeunes sénégalais à qui ils remettent des motos vitesse. Ce sont des individus qui pillent nos ressources et nul n’ignore que le désert conduit à la misère. Et le processus a commencé, il est temps de le freiner ».

Obstacles multiples

Plusieurs accords dont celui sur l’environnement y compris la convention sur les zones humides lient le Sénégal à la Gambie dans le cadre de la protection commune des ressources naturelles. Mais impossible à ce jour de cerner les véritables contours d’un partenariat bilatéral entre ces deux Etats en matière de défense et de surveillance des forêts. La porosité des frontières entre le Sénégal et la Gambie exacerbée par l’insurrection indépendantiste dans le nord Fogny sous la bannière du mouvement des forces démocratique de Casamance (MFDC) annihile toute propension d’actions communes efficaces et efficientes de terrain. Le ministre a bien conscience des obstacles dont principalement cette question d’insécurité en Casamance. « C’est vraiment un écueil de taille et j’en ai personnellement parlé à l’aile politique du (MFDC) pour leur dire qu’il est de leur responsabilité de préserver les ressources des forêts pour le simple constat qu’il ya des secteurs qu’ils contrôlent », a-t-il indiqué.

La gangrène !

Au lendemain de la saisie, en juin 2007, de douze camions remplis de bois de venne dont plus de la moitié provenait de la Gambie dans la circonscription de Diouloulou et l’incident diplomatique qui s’en était suivi avec ce pays voisin, l’on caressait l’espoir d’une fin du trafic. Que non ! Bien au contraire, ce sont des sujets locaux, de surcroit des élus qui entrent dans la danse. A Tankon dans le nord de Bounkiling, cinq conseillers ont croupi en prison pour ces mêmes délits. Dans la zone de Médina Yoro Foula à Kolda, sept gambiens et cinq sénégalais ont purgé une peine d’un emprisonnement ferme, a confirmé Aly Aïdar à son passage à Sédhiou. Aussi, un citoyen lambda ayant requis l’anonymat a-t-il fait savoir que « des hommes de tenue assimilés à des agents des eaux et forêts, si ce n’est vraiment pas eux, délivrent des permis coupes de bois de complaisance pour en empocher des dividendes », nous dit cet homme, la soixantaine bien sonnée. 

Ajoutez-y ce forestier qui répond à un septuagénaire, non sans préciser qu’ « on ne peut pas mettre derrière chaque arbre un agent des eaux et forêts ».Le péril environnementalIl est très communément admis que l’abattage des forêts supprime des habitants naturels et menace gravement la faune et la flore présentes. Il peut conduire à la réduction de la biodiversité. La déforestation a également des répercussions sur la nature des sols et sur le climat car les arbres et les forêts jouent un rôle prépondérant dans le cycle de l’eau et dans la stabilité des sols. D’une part, en réduisant le ruissellement de l’eau sur les sols, les arbres lui permettent de s’infiltrer dans la terre. Pendant la saison des pluies, trop d’eau se déverse dans le fleuve qui entre en crue. 

La déforestation favorise donc les inondations. Seules les opérations de reboisement peuvent arrêter ce processus. Mais elles ne sont favorisées que pendant la journée de l’arbre. Les forestiers invoquent traditionnellement un manque de bras alors que les villageois rétorquent très inconsciemment que les forêts sont un don de Dieu qui ne tarit jamais. A Bamdoumba, non loin de Djinany et Diallocounda, près de la frontière avec la Gambie, les habitants ont mis en place des comités de veille et de surveillance des forêts. Ce sont du reste eux qui ont contribué à l’arrestation des deux camions il y’a deux jours. La complicité des populations locales sur fond de pauvreté, la délivrance des permis de coupe de complaisance, la corruption des forestiers, le mal est profond et gangrène la région. Il détruit les dernières réserves de forêts et précarise le proche avenir. Les forêts sont en voie de disparition, la biosphère étouffe. Demain la mort !

Webnews

Le déminage en Casamance

Le déminage en Casamance confronté au ralentissement

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Le retrait des mines terrestres dans les villages, les fermes et les plantations de Casamance, au sud du Sénégal, est un processus qui a gagné en rapidité au prix de plusieurs années d’efforts. Pourtant, les équipes de déminage vont peut-être devoir se retirer, empêchant le pays d’atteindre l’objectif de la Convention d’Ottawa qui prévoit la neutralisation de toutes les mines antipersonnelles d’ici 2016.

Les opérations de déminage ont progressivement commencé en 2008 et leur rythme s’est accéléré depuis. Seize villages ont été dépollués, permettant aux habitants de revenir y vivre. Mi-juin 2012, six autres villages ont été déclarés déminés et prêts à être repeuplés.

Cependant, des centaines de villages et des milliers d’hectares de terres agricoles sont toujours truffés de mines. Jean-François Lepetit, chef de mission en Casamance pour l’organisation non gouvernementale (ONG) Handicap International (HI), estime qu’au moins 90 pour cent des terrains minés reste à être dépollué, la plupart au nord de la Casamance, le long de la frontière avec la Gambie.

HI soutient le Centre national d’action antimines du Sénégal (CNAMS) dans les trois régions de Casamance : Ziguinchor, Sédhiou et Kolda. HI est responsable du déminage, tandis que le CNAMS supervise et coordonne les activités liées à ce fléau : la sensibilisation aux risques posés par les mines, l’aide aux victimes et le plaidoyer pour l’abandon du recours aux mines antipersonnel.

Si le CNAMS continue son rôle de supervision, un nouveau partenaire - une société privée sud-africaine - va désormais prendre en charge le déminage, conformément aux termes du contrat initial entre HI et ses bailleurs de fonds prévoyant deux sociétés distinctes pour mener les opérations. Le personnel de HI redoute un ralentissement du déminage au cours de l’année prochaine car la nouvelle société devra, d’une part, recruter et former des démineurs, et d’autre part, apprendre à connaître le terrain et le contexte politique.

Des mines sont encore posées à Sindian, à 100 km au nord de la capitale, Ziguinchor, où les combats continuent entre les rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) et l’armée sénégalaise. Il reste des mines dans plusieurs parties du sud, à la frontière avec la Guinée-Bissau, a dit M. Lepetit. Une étude de 2006, financée par le gouvernement canadien, a signalé la présence de mines dans la région de Kolda, au sud, mais le déminage n’a même pas encore commencé là-bas, a constaté Anne-Sophie Trujillo, directrice des programmes HI au Sénégal.

Début juillet 2012, selon l’armée sénégalaise, il y aurait eu plusieurs rebelles du MFDC tués et deux militaires sénégalais blessés lors d’une échauffourée entre les forces sénégalaises, près du village d’Emaye, à 40 km à l’ouest de Ziguinchor.

Du déminage manuel au déminage mécanique

Le déminage requiert une phase d’apprentissage et d’adaptation rapide car chaque contexte est très différent. Fort des opérations de déminage effectuées dans de nombreux pays comme la Bosnie, le Tchad, le Mozambique et maintenant, la Libye, HI a indiqué qu’il fallait deux ans pour former des équipes locales – la formation des chefs d’équipe requiert 18 mois d’entraînement intensif - et pour bien connaître le terrain.

En 2010, l’organisation a découvert que leurs détecteurs de métaux portatifs n’étaient pas en mesure de détecter un nouveau type de mine, de fabrication belge, utilisé dans au moins cinq villes. Cette découverte a douloureusement ralenti le déminage manuel – un processus ‘méticuleusement long’ a déclaré Mme Trujillo. En 2011, un ‘char de déminage’ de 440 000 dollars a été acheté. Il peut couvrir 200 fois plus de surface qu’un homme par jour, ne nécessite pas une trop longue préparation du sol et assure la sécurité de l’opérateur. « Maintenant, si vous considérez le rapport coût-efficacité, c’est vraiment rentable » a déclaré Mme Trujillo. « C’est le pire moment pour nous de partir [de Casamance] ».

Le Sénégal est signataire de la Convention d’Ottawa – la Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction. Le pays a obtenu une extension de délai et a jusqu’à 2016 pour éradiquer les mines terrestres. Il a reçu pour cela des fonds supplémentaires de la part de l’Union européenne (UE) et d’autres organismes donateurs.

Dominique Dellicour, chef de la délégation de l’UE au Sénégal, paraissait optimiste concernant le respect du délai de 2016, tout en continuant d’insister auprès du gouvernement afin qu’il avance des fonds à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du village en juin, à laquelle le ministre des Affaires étrangères sénégalais, Alioune Badara Cissé, et le directeur du CNAMS, Papa Oumar Ndiaye, étaient également présents. Ce dernier a qualifié la cérémonie d’‘événement majeur’ dans les opérations de lutte contre les mines.

Cependant, Mme Trujillo n’est pas convaincue. « Avec l’action d’une seule équipe à la fois, le déminage ne sera pas terminé d’ici 2016 » a-t-elle déclaré à IRIN. Le directeur du CNAMS, le gouvernement sénégalais, les ONG œuvrant pour la paix - à l’image de SOS Casamance - et de nombreux habitants veulent tous que HI reste, mais « personne ne parvient à trouver les fonds nécessaires », a dit M. Lepetit.

HI poursuivra ses efforts de réhabilitation des terres et des villages même si l’organisation n’est plus chargée du déminage. « Nous avons un devoir envers le peuple de Casamance […] Nous avons gagné leur confiance dans cette région marquée par l’instabilité » a déclaré Mme Trujillo. Elle a affirmé que HI continuerait d’œuvrer pour la paix et le développement de la région en offrant un soutien psychosocial aux personnes ayant survécu à l’explosion d’une mine et aux villageois ; en apportant de l’eau et des services sanitaires dans les écoles et les villages ; en proposant une sensibilisation aux risques posés par les mines dans les écoles ; et en aidant les femmes victimes de violence conjugale.

Dans un accord de paix de 2004, les parties en conflit s’étaient engagées à ne plus utiliser de mines mais n’ont pas appliqué ce principe. Les rebelles du MFDC ont largement soutenu le déminage dans les zones autres que celles où ils étaient basés (principalement au nord).

« Une nouvelle vie commence »

Ibrahima Diédhiou, président de la communauté rurale d’Adéane, l’un des nouveaux villages nettoyés, à l’est de Ziguinchor, peut enfin retourner travailler dans les champs et ses enfants pourront de nouveau aller à l’école. « Ici, nous sommes dans une école et la zone déminée est située à quelques mètres seulement, l’accès était interdit depuis des années… Cela signifie tellement pour nous ».

Fatou Diamé, une mère de famille vivant à Gonoumé a déclaré à IRIN : « Pendant des années, nous n’osions pas aller ramasser du bois mort ou cueillir des fruits. Chaque année, des tonnes de fruits pourrissaient dans la brousse tandis que nous vivons dans la pauvreté la plus abjecte. C’est vraiment une nouvelle vie qui commence pour nous ».

La présence de mines a fortement ralenti le développement socio-économique de la région, limitant l’accès aux terres agricoles et aux cultures de cajou. Elle est responsable de la diminution du commerce avec les pays voisins, a déclaré le ministre des Affaires étrangères, M. Cissé, dans un discours lors de la cérémonie de juin. « Les mines antipersonnel sont des armes qui tuent arbitrairement et qui causent des traumatismes permanents chez les personnes physiquement exposées à ce danger au quotidien » a-t-il dit.

Les mines ont d’abord été posées par les rebelles du MFDC et l’armée sénégalaise en 1990, dans le contexte d’un conflit armé vieux de 30 ans qui a transformé certaines régions du sud du Sénégal en véritable poudrière. Depuis, les mines ont tué plus de 800 civils et militaires en Casamance et ont provoqué le déplacement de dizaines de milliers de personnes.

Irin

25/03/2012

La Casamance et les élections

Au Sénégal, la Casamance observe de loin le second tour de l'élection présidentielle

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Forêts et rivières, sable fin et cocotiers. Poisson, riz, mangue, marijuana et noix de cajou à foison. Au sud-ouest du Sénégal, la Casamance a tout pour faire rêver les touristes et faire prospérer les populations locales. Derrière la carte postale, c'est là que Stéphanie Mallak, une Casamançaise née en 1970, a perdu sa jambe droite en marchant sur une mine antipersonnel. Depuis trente ans, la Casamance est le théâtre d'un conflit de basse intensité qui oppose l'Etat central à quelques centaines de combattants indépendantistes du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Du coup, la région végète, loin de Dakar. Et les habitants, assis sur un trésor qu'ils ne peuvent exploiter et las des promesses non tenues, n'attendent plus grand-chose du scrutin présidentiel du 25 mars.

En 2000, Abdoulaye Wade, le président sortant, candidat, dimanche, à un troisième mandat, s'était engagé à régler le conflit "en cent jours". Douze ans plus tard, MmeMallak ne compte plus sur grand monde et survit tant bien que mal en faisant de la couture. Sa vie a basculé un jour de 1998 sur une piste de son village situé près du bourg de Boutout, à une encablure de la frontière du Sénégal avec la Guinée-Bissau, alors qu'elle allait cueillir des citrons.

"Nous avions quitté nos maisons quelques semaines avant et nous étions réfugiés à Boutout à cause des rebelles qui venaient au village nous demander de les nourrir, se rappelle-t-elle. Mais nous retournions aux vergers de temps en temps, seule façon pour nous, agriculteurs, de survivre. Aujourd'hui encore, ceux qui reviennent dans le village pour la cueillette croisent des rebelles. L'armée ne vient pas, la sécurité n'est pas là. On ne rentrera pas chez nous", confie cette mère d'une fille de 20 ans.

90 000 VICTIMES

Bacary Diédhiou, le président de l'Association sénégalaise des victimes de mines (ASVM), a connu le même drame dans le nord de la Casamance proche de la Gambie. "Les personnes déplacées par les combats se réfugient dans les villes et n'ont pas d'autres moyens de subsistance que de retourner faire la cueillette de mangues ou de noix de cajou dans leur verger. Elles sont les principales victimes des mines", dit-il en s'appuyant sur des béquilles.

Souleymane Diallo, lui, fuyait son village à la veille d'une attaque rebelle. En bordure d'une rizière, alors âgé de 11 ans, il a marché sur un engin explosif posé avant l'offensive et perdu la jambe droite. Soigné et sommairement appareillé, il a repris à Ziguinchor, la capitale régionale, les chemins de l'école, jusqu'à obtenir un diplôme d'informatique et de gestion alors qu'avant son accident, il avait dû déserter les bancs de l'école primaire pour aider sa famille dans les champs. "Mais maintenant, je ne trouve pas de travail."

La fin des années 1990 fut particulièrement sanglante : plusieurs centaines de personnes mutilées, fauchées par les engins posés par la rébellion ou l'armée. "Le Sénégal a signé le traité contre l'utilisation des mines, mais ne l'a pas réellement appliqué, notamment le volet d'aide aux victimes", regrette Bacary Diédhiou, 57 ans, deux femmes et douze enfants à nourrir.

Selon une enquête réalisée en 2006 par l'organisation non gouvernementale française Handicap International, quelque 90 000 personnes, déplacées, blessées ou tuées, ont été victimes de ce conflit rythmé par des accords de cessez-le-feu violés par leurs signataires avant même que l'encre ne sèche.

"Ces dernières années, le régime d'Abdoulaye Wade a surtout cherché à semer la zizanie au sein du MFDC à coups de valises d'argent, provoquant la division et la suspicion entre les différents commandants de zone, sans gagner la bataille de la paix", constate Nouah Cissé, historien casamançais. "Depuis le début de l'année, trois militaires ont été tués par les mines", comptabilise Sény Diop, du Centre national antimines du Sénégal (Cnams).

"LA CASAMANCE, C'EST UNE SOUPE KANDJA"

Dans ce pays où la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, les handicapés ne sont pas la priorité. Surtout pour les victimes d'une guerre dont Dakar répugne à reconnaître l'existence. "Pourtant, la présence des mines est un frein à l'activité économique de ce qui fut le grenier du Sénégal", déplore M.Diop. "C'est une psychose permanente pour les gens de la campagne", ajoute-t-il.

"Cette guerre a détruit le tissu économique et social. Le tourisme, les activités de pêche, l'agriculture, tous les secteurs sont touchés, et cela se traduit par une augmentation du chômage et de la pauvreté", remarque Jean-Pascal Ehemba, le président de la chambre de commerce de la région de Ziguinchor et le patron d'un hôtel situé sur les rives du fleuve Casamance. Au loin, on devine l'activité de l'usine de collecte des arachides, seul employeur privé de poids dans la région.

En cette période électorale, la plupart des candidats ont fait le déplacement en Casamance, un bassin de 1,5 million d'habitants dans un pays qui en compte 12,8 millions, une région intimement mélangée sur le plan ethnique et religieux. "La Casamance, c'est une soupe kandja, comme dans une macédoine, on mélange tout un tas d'ingrédients et c'est bon", rigole Gustave Sambou, professeur de français dans un lycée de Ziguinchor. Tous les candidats ont donc promis la paix et de mettre fin au conflit, que ce soit par la force, en distribuant des sacs de riz aux chefs de quartier ou en promettant le développement d'une région qui se sent oubliée par Dakar, la capitale sénégalaise, distante de 400km par une route traversant la Gambie, pays qui coupe pratiquement le Sénégal en deux.

A la frontière, les chauffeurs routiers sénégalais attendent pendant des jours une place sur le bac traversant le fleuve Gambie afin de poursuivre leur route vers le sud de leur pays. "La guerre et le manque d'infrastructures nous pénalisent", déplore Jean-Pascal Ehemba. "Mais c'est aussi à nous, habitants de la Casamance, de lutter pacifiquement pour nous en sortir sans attendre que cela vienne de Dakar. Dieu nous aidera", conclut-il.

Le Monde

14/02/2012

La Casamance ne désarme pas

Casamance: 3 soldats sénégalais tués, six autres blessés par des rebelles

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Trois soldats sénégalais ont été tués et six blessés lors d'un "accrochage" lundi soir avec des rebelles indépendantistes présumés en Casamance (sud du Sénégal), a appris mardi l'AFP de sources militaire et hospitalière.

"Hier au crépuscule (...) nous avons eu un accrochage avec des maquisards du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC, rébellion), nous avons enregistré trois morts et six blessés", a déclaré une source militaire.

L'accrochage s'est produit dans la sous-préfecture du Sindian, à 50 km au nord de Ziguinchor, ville principale de Casamance.

Deux des soldats blessés l'ont été grièvement et ont été transférés par avion dans la nuit de lundi à mardi à Dakar, a précisé cette source.

Un infirmier de l'hôpital régional de Ziguinchor a confirmé que l'établissement "a reçu 6 blessés et 3 corps".

Aucun bilan n'a été fourni concernant d'éventuelles victimes dans les rangs du MFDC.

La source militaire a précisé que l'accrochage s'est produit alors que l'armée sénégalaise se trouve dans la zone du Sindian "dans le cadre de la sécurisation des personnes et de biens contre ces bandes armées qui les terrorisent".

Le conflit en Casamance, séparée du nord du Sénégal par la Gambie, a débuté en 1982 et a fait des milliers de victimes, civiles et militaires, malgré plusieurs accords de paix entre Dakar et la rébellion du MFDC, signés et aussitôt caducs.

En campagne électorale pour sa réélection à la présidentielle du 26 février après douze ans de pouvoir, le chef de l'Etat Abdoulaye Wade a tenu samedi un meeting à Ziguinchor au cours duquel il a proposé un nouveau plan pour mettre fin au conflit.

Lors de sa première élection en 2000, il s'était engagé à résoudre le conflit casamançais "en 100 jours".

Les affrontements, braquages et embuscades se sont poursuivis à intervalles réguliers, et se sont intensifiés depuis novembre 2011, alors que les divisions au sein du mouvement rebelle se sont amplifiées depuis la mort en décembre 2007 de son chef historique, l'abbé Augustin Diamacoune Senghor.

Début janvier, le président Wade avait affirmé être disposé à "poursuivre le dialogue avec le MFDC pour une solution pacifique de la crise".

Il s'est dit d'accord pour une médiation de la communauté Sant'Egidio, avec notamment la tendance la plus radicale de la rébellion, dirigée par Salif Sadio.

Ce dernier s'y est déclaré favorable sous conditions, en particulier que la médiation se tienne en terrain neutre, hors d'Afrique.

AFP

12/02/2012

Wade a un plan pour la casamance

le président Wade propose un nouveau plan de paix pour la Casamance

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Le président sénégalais Abdoulaye Wade a proposé samedi un nouveau plan pour mettre fin au conflit en Casamance, à l'occasion de sa campagne électorale pour la présidentielle du 26 février dans cette région du sud du Sénégal en proie à une rébellion indépendantiste.

Je propose le plan DDP: désarmement, déminage, projet, a déclaré le président Wade, lors d'un meeting dans la localité de Bignona, où de nombreux militaires avaient été déployés.

Le désarmement, puisqu'on ne peut pas arriver à la paix tant que les armes circulent, a-t-il poursuivi. Le déminage, pour cela nous avons besoin du MFDC (Mouvement des forces démocratiques de Casamance, rébellion indépendantiste), car c'est eux qui ont posé les mines.

Donc, il nous faut enlever ensemble les mines pour cultiver de grandes surfaces, aller vers les champs. Je voudrais proposer aux rebelles cinq grands projets agricoles. Chaque projet s'étendra sur 20.000 hectares, un à Oussouye, deux pour Bignona et deux à Ziguinchor, a-t-il énuméré.

Je financerai tous ces projets à 100% (...). Les chefs du maquis a qui j'ai soumis ce projet (y) sont favorables, ils ont dit qu'ils vont consulter leur base, a ajouté le président Wade, qui n'a donné aucune autre précision.

Ces projets ont été faits pour que les rebelles sortent du maquis et rentrent pour travailler, a-t-il simplement ajouté.

Commencée en 1982, la guerre oubliée de Casamance, séparée du nord du Sénégal par la Gambie, a fait des milliers de victimes, civiles et militaires, malgré plusieurs accords de paix entre Dakar et la rébellion du MFDC, signés et aussitôt caducs.

Lors de sa première élection en 2000, le président Wade s'était engagé à résoudre le conflit casamançais en 100 jours.

Les affrontements, braquages et embuscades entre des militaires et des membres réels ou supposés du MFDC se sont cependant poursuivies à intervalles réguliers, et se sont même intensifiées depuis novembre 2011, alors que les divisions au sein du mouvement rebelle se sont amplifiées depuis la mort en décembre 2007 de son chef historique, l'abbé Augustin Diamacoune Senghor.

Dans son message à la nation pour le Nouvel An, le président Wade avait affirmé être disposé à poursuivre le dialogue avec le MFDC pour une solution pacifique de la crise.

Il s'est dit favorable à une médiation de la communauté Sant'Egidio, avec notamment la tendance la plus radicale de la rébellion, dirigée par Salif Sadio.

L'annonce samedi de ce nouveau plan de paix a été faite devant plusieurs milliers de personnes, rassemblées dans le centre-ville de Bignona, l'une des zones de Casamance les plus touchées par les violences.

Le cortège présidentiel, composé d'une trentaine de véhicules, a été entouré par la foule dès son entrée dans la ville. Aucun incident n'a été signalé. Le président Wade s'est ensuite rendu à Ziguinchor, pour un meeting au cours duquel il a fait la même annonce à la foule.

Il est en Casamance depuis samedi matin dans le cadre de sa campagne électorale à la présidentielle du 26 février, pour laquelle il brigue un troisième mandat.

AFP

29/12/2011

militaires sénégalais otages de rebelles

Casamance: cinq militaires sénégalais otages de rebelles

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Cinq militaires sénégalais dont on était sans nouvelles après une attaque de rebelles sont depuis deux semaines otages des indépendantistes du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), une région du Sud du Sénégal en proie à des troubles, a annoncé mercredi l'armée sénégalaise.

L'armée informe que cinq parmi les six (soldats) manquant à l'appel sont présentement entre les mains du MFDC, a indiqué la Direction des relations publiques des armées (Dirpa) du Sénégal dans un communiqué transmis à l'AFP.

Le sort du sixième soldat n'a pas été précisé.

Ces cinq militaires sont vivants et (leurs) familles ont été informées de leur situation, d'après la Dirpa, qui ajoute: L'armée tient à préciser qu'elle a toujours réservé aux éléments du MFDC capturés un traitement humain conforme aux droits de l'homme.

C'est la première fois que des rebelles du MFDC gardent en otages des soldats sénégalais. Nous ne savons pas où ces soldats sont retenus, a affirmé sous couvert d'anonymat un responsable militaire sénégalais joint par l'AFP.

Des médias locaux, citant un responsable du MFDC, avaient annoncé cette semaine la capture par le mouvement rebelle de cinq militaires à la suite de l'attaque, le 13 décembre, du cantonnement militaire du village de Kabeum, à Sédhiou, une des trois régions administratives de Casamance.

Cet assaut a fait plusieurs tués dans les rangs de l'armée, selon des sources militaires sur place alors que l'armée avait nié avoir eu des morts dans ses rangs.

L'armée avait annoncé le 19 décembre rechercher cinq de ses éléments disparus à la suite de l'attaque du 13 décembre.

Depuis le déclenchement de la rébellion en 1982, la Casamance est le théâtre d'attaques, braquages et affrontements entre des militaires et des membres réels ou supposés du MFDC divisé en plusieurs factions politiques et armées.

La région a connu ces dernières semaines une flambée de violences: le 21 novembre, dix civils partis chercher du bois dans une forêt, qui pourrait être une base de repli des rebelles, avaient été tués par des indépendantistes présumés à Diagnon, à une trentaine de kilomètres de Ziguinchor, principale ville de Casamance.

Les 13 et 20 décembre, dans deux attaques de rebelles contre des cantonnements de l'armée, à Kabeum et Diegoune, plusieurs militaires, des rebelles et des civils ont été tués, selon des sources concordantes.

AFP

21/12/2011

14 morts encore en Casamance

13 morts, 13 blessés lors d'une nouvelle attaque en Casamance

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Treize personnes ont été tuées et treize blessées à l'occasion d'une nouvelle attaque de rebelles présumés mardi contre un poste militaire de Diégoune en Casamance, région du sud du Sénégal en proie à une rébellion armée, a appris l'AFP de sources militaires, sécuritaire et médicale.

L'attaque a a eu lieu à 06H45 (locales et GMT) et a été menée par "une bande de rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) d'un volume important", précise un communiqué de la Direction de l'information et des relations publiques de l'armée (Dirpa) transmis à l'AFP.

Il y eu "côté armée un tué, un blessé grave" et un disparu, "côté rebelles, le bilan provisoire donne cinq morts et six blessés", ajoute le communiqué.

"Par ailleurs les éléments du même secteur dépêchés en intervention ont eu un grave accident de circulation qui s'est soldé par la mort de sept militaires, dont un officier, et quatre blessés", affirme la Dirpa.

Une source des services de renseignement de Casamance a parlé de "neuf morts et sept blessés dans les rangs de l'armée".

Elle a précisé qu'un convoi militaire est tombé dans une embuscade alors qu'il se rendait à Diégoune en renfort après l'attaque et que des lance-roquettes ont été utilisés par les rebelles présumés.

Une source médicale de l'hôpital régional de Ziguinchor, ville principale de Casamance, a confirmé que "sept militaires blessés ont été admis ce matin (mardi) aux urgences".

Cette attaque contre le cantonnement du village de Diégoune, situé à 45 km au nord-ouest de Ziguinchor a été confirmée par une source villageoise."Il y a eu d'intenses échanges de tirs pendant au moins trente minutes, nous avons eu très peur", a-t-ell déclaré à l'AFP.

Cette nouvelle attaque des rebelles présumés du MFDC, survient une semaine après celle menée contre un autre cantonnement militaire dans le village de Kambeum, qui, selon des sources militaires sur place, avait tué "plusieurs soldats". La Dirpa avait confirmé l'attaque, mais démenti la mort de soldats.

Lundi, elle avait précisé que "les opérations de ratissage et de sécurisation" étaient toujours en cours après cette attaque de Kambeum, "pour assurer la libre circulation des personnes et des biens, mais aussi pour retrouver cinq de nos éléments manquant toujours à l'appel".

La Dirpa avait ajouté que deux militaires avaient été "blessés, dont un par un engin explosif" dans ces opérations, et que, par ailleurs, un autre soldat avait été tué par une mine vers Nyassia, dans une autre zone de Casamance.

Dans son communiqué de mardi elle affirme que "malgré ces deux attaques du MFDC contre nos positions (...) les armées restent déterminées à assurer la sécurité des personnes et des biens sur toute l'étendue de la Casamance naturelle".

Le 21 novembre, dix civils, partis chercher du bois dans une forêt, "peut-être une base de repli" des rebelles, avaient été tués par des rebelles présumés à une trentaine de kilomètres de Ziguinchor.

Depuis le déclenchement de la rébellion indépendantiste en 1982, la Casamance est le théâtre, avec plus au moins de régularité, d'attaques, braquages et affrontements entre des militaires et des membres réels ou supposés du MFDC divisé en plusieurs factions politiques et armées.

Les divisions au sein du mouvement rebelle se sont amplifiées depuis la mort en décembre 2007 du chef historique du MFDC, l'abbé Augustin Diamacoune Senghor, rendant plus difficiles les négociations avec Dakar, annoncées et reportées plusieurs fois.

Les violences ont fait des milliers de morts en 30 ans, bien qu'aucun chiffre officiel n'ait jamais été rendu public.

Fin décembre 2010 et début 2011, une vingtaine de soldats sénégalais avaient été tués lors de différentes attaques rebelles.

AFP

19/12/2011

5 soldats disparus en Casamance

L'armée recherche cinq soldats portés disparus en Casamance

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L'armée sénégalaise a annoncé lundi rechercher cinq soldats portés disparus en Casamance après une attaque la semaine dernière d'un cantonnement militaire dans cette partie sud du pays, par des rebelles présumés, qui avait fait "plusieurs tués" dans les rangs des militaires.

"Les opérations de ratissage et de sécurisation sont en cours pour assurer la libre circulation des personnes et des biens, mais aussi pour retrouver cinq de nos éléments manquant toujours à l'appel", indique un communiqué de la Direction des relations publiques des armées (Dirpa) transmis à l'AFP.

Ces soldats ont été portés disparus après une attaque attribuée à des rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) le 13 décembre contre un cantonnement de l'armée situé dans le village de Kabeum, à Sédhiou, une des trois régions administratives de Casamance.

Elle s'était soldée par "plusieurs tués" parmi les soldats, selon plusieurs sources militaires sur place, alors que l'armée nie des morts dans ses rangs.

Lors des opérations de ratissage menées après l'attaque, deux militaires ont été "blessés, dont un par un engin explosif", selon le communiqué qui précise par ailleurs qu'un soldat "a perdu la vie, victime de l'explosion d'une mine" vers Nyassia, dans une autre zone de Casamance située à une quinzaine de km de sa ville principale, Ziguinchor.

Le 21 novembre, dix civils, partis chercher du bois dans une forêt, "peut-être une base de repli" des rebelles, avaient été tués par des rebelles présumés à une trentaine de kilomètres de Ziguinchor.

Depuis le déclenchement de la rébellion en 1982, la Casamance a été, avec plus au moins d'intensité, le théâtre d'attaques, braquages et affrontements entre des militaires et des membres réels ou supposés de la rébellion, qui ont fait des milliers de morts, bien qu'aucun chiffre n'ait jamais été rendu public.

Une faction du MFDC, mouvement divisé en plusieurs branches politiques et armées, a organisé samedi et dimanche à Ziguinchor les "états-généraux pour la paix", en présence d'environ 150 personnes, dont des représentants de la société civile.

AFP

18/12/2011

Casamance: Paradis blessé

La plaie de la Casamance et le trafic de cocaïne

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La tension monte en Casamance, la région du Sénégal située entre la Gambie et la Guinée Bissau, théâtre depuis 1982 d’une guerre « à basse intensité » du fait de la présence d’un mouvement indépendantiste. Le 13 décembre, un groupe armé a attaqué le village de Kabeum, provoquant un nombre non établi de victimes. Le Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC), qui se bat depuis des années en faveur de l’indépendance du territoire, s’est désormais divisé en différentes bandes armées qui relèvent plus du banditisme que de la guérilla politique.

« Il existe différents groupes armés qui opèrent en Casamance » explique à l’Agence Fides le Père Giuseppe Giordano, missionnaire OMI qui œuvre depuis des années au Sénégal. « Les affrontements de ces derniers jours ont eu lieu dans les environs de la frontière avec la Gambie mais il existe des phénomènes de banditisme également dans les environs de la frontière avec la Guinée Bissau. Dans ces cas-là, on ne peut exclure qu’il s’agisse de bandits provenant de ce dernier pays où, des militaires mal payés pratiquent depuis longtemps déjà ce type d’actions ».

A propos de la possibilité que les flux de cocaïne croissants qui transitent par l’Afrique occidentale en provenance d’Amérique latine et en direction de l’Europe puissent avoir un rôle dans la croissante instabilité de la Casamance, le missionnaire répond : « On ne peut l’exclure. La drogue arrive certainement d’Amérique latine en Guinée Bissau, surtout dans les îles de son archipel. A partir de là, il n’est cependant pas facile de la faire partir directement pour l’Europe parce que le pays est mal relié au reste du monde. Par exemple, les liaisons avec l’Europe se limitent à deux vols hebdomadaires en direction du Portugal ».

« Donc – indique le Père Giordano – si une zone instable venait à se créer dans la zone frontalière entre le Sénégal et la Guinée Bissau, on peut présumer que cela faciliterait le transfert de chargements de cocaïne au travers du territoire sénégalais jusqu’à l’aéroport de Dakar qui est en revanche bien relié avec le reste du monde : avec le reste de l’Afrique, avec l’Europe et avec l’Amérique du Nord. On parle de cela depuis longtemps au Sénégal mais il est vraiment difficile de savoir quelle est réellement la situation » avertit en conclusion le Père Giuseppe.

Fides

16/12/2011

Rififi en Casamance

Sénégal/Casamance: une faction rebelle condamne la dernière attaque anti-armée

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Une faction du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), rébellion de cette région du sud du Sénégal, a condamné jeudi avec la plus grande fermeté l'attaque menée mardi contre un cantonnement de l'armée sénégalaise qui a tué plusieurs soldats.

Les drames et autres incidents malheureux survenus ces derniers mois en Casamance sont si absurdes et si irrationnels (...) qu'ils ne peuvent participer d'aucune logique politique, affirme un communiqué signé de Jean-Marie Biagui, qui se présente comme secrétaire général du MFDC.

La dernière attaque du poste militaire de Kabeum (...) menée par des individus non identifiés ne peut donc être mise à l'actif ou au passif du MFDC que nous incarnons, ajoute-t-il. Qui plus est, nous la condamnons, avec la plus grande fermeté, au nom du MFDC et en notre nom propre, écrit M. Biagui.

Une source militaire et un élu local de Casamance avaient indiqué à l'AFP après l'attaque que plusieurs soldats avaient été tués, de quatre à sept selon la presse sénégalaise. Le porte-parole de l'armée avait confirmé l'attaque, mais démenti la mort de soldats.

Des opérations de ratissage sont depuis opérées en Casamance, région en proie à une rébellion indépendantiste depuis 30 ans.

Un habitant du village de Kabeum contacté par l'AFP a affirmé qu'un soldat a été tué mercredi en sautant sur une mine. Une source médicale a confirmé qu'un militaire a bien sauté sur une mine et a été évacué à Dakar, sans dire s'il était décédé.

Le ratissage entamé par l'armée a rencontré une résistance des éléments armés, au point que les populations ont très peur, a déclaré le villageois. Selon lui, les détonations des armes lourdes et légéres sont intenses et il y a aussi les bombardements aériens par l'hélicoptére et des avion militaires.

L'armée a pu réoccuper ses positions dans le cantonnement que les rebelles avaient saccagé, a ajouté ce villageois interrogé par l'AFP.

La rébellion casamançaise es divisée en plusieurs factions politiques au sein du MFDC, ainsi qu'en plusieurs groupes armés dont il est difficile de savoir qui les contrôle vraiment.

Ces divisions se sont amplifiées depuis la mort en décembre 2007 du chef historique du MFDC, l'abbé Augustin Diamacoune Senghor, rendant plus difficiles les négociations avec le pouvoir central de Dakar, annoncées et reportées plusieurs fois.

M. Biagui a prévu d'organiser samedi et dimanche à Ziguinchor, principale ville de Casamance, des états généraux du processus de paix en Casamance. Jeudi, les participants à cette rencontre, en dehors de M. Biagui et de ses partisans, n'étaient pas connus.

AFP

13/12/2011

Nouvelle attaque armée en Casamance

plusieurs morts dans une nouvelle attaque armée en Casamance

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Plusieurs militaires sénégalais ont été tués mardi dans une attaque armée de rebelles présumés en Casamance, moins d'un mois après un assaut meurtrier dans cette région du sud du Sénégal en proie à un conflit indépendantiste, a indiqué à l'AFP une source militaire.

"Nous avons perdu des éléments" lors de l'attaque menée tôt mardi matin contre un cantonnement de l'armée dans le village de Kabeumeu, à environ 60 km au nord-ouest de Ziguinchor, principale ville de la région, "et certains sont portés disparus", a affirmé cette source militaire jointe au téléphone.

abeumeu est dans un département proche de la frontière avec la Gambie.

L'information a été confirmée à l'AFP par un élu local de la région, également contacté par téléphone, qui a fait état de "plusieurs militaires tués", d'autres "pris en otage" par les assaillants, supposés membres du Mouvement des forces démocratique de la Casamance (MFDC, rébellion).

La Direction des relations publiques des armées (Dirpa) a confirmé l'attaque, mais démenti la mort de soldats. "Aucun militaire n'a été tué. Il y a seulement un soldat blessé", a affirmé à l'AFP le chef de la Dirpa, le colonel Abdourahim Kébé. "Les assaillants ont été repoussés. L'armée mène des opérations de poursuite", a t-il ajouté.

"Les militaires ont été surpris" par cette attaque lancée vers 06H00 locales (et GMT), "néanmoins ils se sont défendus, il y a eu des échanges de tirs intenses à l'arme lourde comme à l'arme légère. Nous avons été obligés de quitter les maisons pour trouver refuge en brousse", a expliqué l'élu local.

Le 21 novembre, dix civils, partis chercher du bois dans une "forêt classée, peut-être une base de repli" des rebelles, à Diagnon, à une trentaine de kilomètres de Ziguinchor, avaient été tués par des rebelles présumés, avait affirmé un haut responsable administratif.

Fin 2010 et début 2011, des violences avaient causé la mort d'une vingtaine de militaires, selon l'armée sénégalaise. De nombreux rebelles présumés avaient aussi été tués, mais aucun bilan n'est disponible de source indépendante.

Depuis le déclenchement de la rébellion en 1982, la Casamance a été le théâtre d'attaques, braquages et affrontements entre des militaires et des membres réels ou supposés de ce mouvement, aujourd'hui divisé en plusieurs factions.

Ces divisions se sont amplifiées depuis la mort en décembre 2007 du chef historique du MFDC, l'abbé Augustin Diamacoune Senghor, rendant plus difficiles les négociations avec le pouvoir central de Dakar, annoncées et reportées plusieurs fois.

Les derniers pourparlers directs entre le gouvernement sénégalais et le MFDC remontent à février 2005, à Foundiougne (centre-ouest), après un accord de paix signé en décembre 2004 à Ziguinchor, qui n'a pas réussi à enrayer le conflit.

Sur le terrain, des périodes d'accalmie alternent avec des regains de tension.

En février, le Sénégal et la Gambie avaient annoncé des patrouilles conjointes, des mesures similaires ont été évoquées en septembre entre le Sénégal et la Guinée-Bissau, autre pays jouxtant la Casamance. Mais ces initiatives n'ont visiblement pas permis de mettre fin aux activités des bandes armées rebelles.

Depuis 1982, le conflit en Casamance a fait au total des milliers de victimes civiles et militaires, sans qu'aucun bilan précis n'ait jamais été rendu public.

AFP

22/11/2011

10 morts en Casamance

Dix morts dans une attaque armée en Casamance

Guinea_0_1.jpgDix personnes ont été tuées lundi en Casamance (sud du Sénégal) par des membres présumés d'une rébellion indépendantiste active depuis trois décennies dans cette région, selon un élu local, une source militaire ayant fait état de six corps récupérés.
"Il y a eu dix morts", tous des civils, lors de cette attaque qui a eu lieu dans une forêt près du village de Diagnon, à une trentaine de km de Ziguinchor, principale ville de la région, a déclaré à l'AFP un élu local ayant requis l'anonymat.
Un peu plus tôt, une source militaire avait indiqué à l'AFP que des militaires dépêchés sur les lieux avaient "trouvé six corps criblés de balles", en précisant que plusieurs personnes étaient portées disparues.
"Selon les villageois, plus de vingt personnes" sont parties travailler dans la forêt "et plusieurs manquent à l'appel", a dit la source militaire sous couvert d'anonymat.
L'élu local a attribué l'attaque aux "rebelles du MFDC", le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (indépendantiste), créé en 1982. "Ils sont toujours là, c'est eux qui ont commis cet acte ignoble", a-t-il accusé.
Depuis la création du MFDC, la Casamance a été le théâtre d'attaques, braquages et affrontements avec des militaires. Sur le terrain, des périodes d'accalmie alternent avec des regains de tension.
Fin 2010 et début 2011, des violences avaient causé la mort d'une vingtaine de militaires, selon l'armée sénégalaise. De nombreux rebelles présumés avaient aussi été tués, mais aucun bilan n'est disponible de source indépendante.
Ce conflit "oublié" de Casamance peine à trouver une solution, malgré plusieurs accords de paix signés et aussitôt devenus caducs entre Dakar et le MFDC, aujourd'hui divisé en plusieurs factions.
Les divisions du mouvement qui se sont amplifiées depuis la mort en décembre 2007 de son leader historique, l'abbé Diamacoune Senghor, rendent d'autant plus difficiles les négociations.
Le conflit a fait au total des milliers de victimes civiles et militaires depuis 1982, sans qu'aucun bilan précis n'ait jamais été rendu public.
Les mines antipersonnel, qui ont officiellement fait 776 victimes depuis le début du conflit, empêchent les agriculteurs d'aller dans les rizières et vergers de cette région dotée de fortes potentialités agricoles.
En septembre, le Sénégal et la Guinée-Bissau, dont le nord est frontalier de la Casamance, avaient décidé de patrouilles militaires conjointes le long de leur frontière commune pour renforcer la sécurité dans cette région.
Cette décision avait été prise par les chefs militaires des deux pays après la multiplication, de braquages et attaques attribués au MFDC dans des localités proches de la frontière bissau-guinéenne.
En février, le Sénégal et la Gambie, autre pays jouxtant la Casamance, avaient également annoncé qu'ils allaient organiser des patrouilles conjointes dans la région.
AFP

21/10/2011

Dakar se rapproche de la Casamance

Dakar se rapproche de la Casamance
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À quelques mois de la présidentielle sénégalaise, le gouvernement multiplie les projets pour désenclaver la région de la Casamance. Avec des premiers pas concrets.
C’est toujours la même chose à Ziguinchor. Deux fois par semaine, le mercredi et le samedi, le brouhaha envahit les berges habituellement calmes du fleuve Casamance. Et la ville, tout à coup, revit… L’Aline Sitoé Diatta, le seul ferry qui la relie à Dakar, déverse son lot de commerçantes de retour de la capitale, de travailleurs ou d’étudiants venus rendre visite à la famille, ainsi que quelques touristes. Pour rien au monde Mamadou ne manquerait le rendez-vous. « C’est le seul moment où je peux gagner des clients », dit-il devant les deux tables de son minuscule restaurant, à deux pas de l’entrée du port. Les langoustes grillées qu’il propose ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Et les touristes sont bien trop rares.
Un espoir tout de même : bientôt, Mamadou pourra peut-être se permettre de ne pas être de chaque arrivée. Si tout se passe bien, dans un peu plus de un an, l’Aline Sitoé Diatta – un ferry moderne pouvant transporter cinq cents passagers, qui a pris la succession du Joola de sinistre mémoire – ne sera plus le seul lien maritime entre le chef-lieu casamançais et le reste du Sénégal. Le 29 septembre, la Corée du Sud a annoncé qu’elle allait financer la construction de deux navires qui assureront la desserte à partir de fin 2012.
« Un seul bateau ne suffit pas. Il ne permet pas aux commerçants de venir régulièrement à Dakar vendre leurs produits », explique un conseiller de Karim Wade, le ministre de la Coopération internationale, des Transports aériens, des Infrastructures et de l’Énergie, qui a signé la convention avec les Coréens. L’accord d’un montant de 27 milliards de F CFA (41 millions d’euros) devrait également permettre la construction, à Ziguinchor, d’un complexe frigorifique d’une capacité de 2 000 tonnes.
L’entrepreneur Pierre-Marie Coly se dit ravi. « C’était une attente de la population depuis longtemps. Avec le ferry actuel, le fret est quasi inexistant. Et puis, les prix sont inaccessibles. » Dans les locaux vétustes de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Ziguinchor, Jean-Pascal Ehemba, son président, est tout aussi enthousiaste. « C’est une excellente nouvelle pour l’économie de la Casamance », dit-il, notamment « parce qu’elle ne vient pas seule ». Depuis quelques jours, Sénégal Airlines propose en effet neuf rotations par semaine entre Dakar et Ziguinchor, avec un avion de quarante-huit places. Auparavant, un transporteur assurait bien des vols quotidiens, mais la place manquait dans son coucou capable d’embarquer tout au plus une dizaine de passagers.
Même Robert Sagna, l’ancien maire de Ziguinchor qui joue aujourd’hui un rôle central au sein de la coalition d’opposition, Benno Siggil Sénégal, applaudit : le désenclavement, rappelle-t-il, « c’est vital » pour la Casamance, sinistrée par trente ans de guerre larvée. Le taux de chômage y oscille entre 60 % et 80 % chez les jeunes, le tourisme est en état de mort clinique et l’agriculture a perdu son lustre d’antan. Or, sans développement économique, on ne viendra pas à bout de la rébellion, estime-t-on au gouvernement.
Promesses
Lors de l’inauguration de la nouvelle ligne aérienne, en août, Karim Wade a d’ailleurs multiplié les promesses : construction d’un aéroport international et d’une route digne de ce nom contournant la Gambie, réhabilitation du pont Émile-Badiane, véritable cordon ombilical qui relie Ziguinchor au nord de la Casamance, si vétuste que les autorités ont dû imposer des restrictions à la circulation des poids lourds… Il a également rappelé que le projet de pont sur le fleuve Gambie restait « une priorité », même si ce vieux rêve est entravé par les réticences de Banjul.
Autant d’annonces qui tombent à point nommé à cinq mois de la présidentielle, ironisent des opposants. Ils rappellent que la Casamance est certes un bastion du Parti démocratique sénégalais (PDS) d’Abdoulaye Wade, mais un bastion menacé qui pourrait basculer dans les prochains mois. « Ce régime nous a habitués à des promesses. Cela fait onze ans qu’on nous parle du désenclavement de la Casamance et qu’on ne voit rien. J’espère que ce ne sont pas des effets d’annonce », alerte Robert Sagna.
Jeuneafrique.com/Rémi Carayol

14/10/2011

Cap Cap Skirring

Sénégal Airlines dessert désormais le Cap-Skirring
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La compagnie nationale Sénégal Airlines a annoncé jeudi «l’augmentation de ses fréquences sur la région casamançaise». Elle l’a fait par le biais d’un communiqué de presse reçu par lesenegalais.net dans la capitale de la région sud du pays.
Le communiqué précise que cette augmentation des fréquences des lignes procède d’«une initiative qui vise à assurer le désenclavement de cette région, répondant ainsi à un objectif assigné par le Ministre d’Etat, Ministre des Transports aériens, M. Karim Wade et répondant à la très forte demande constatée depuis le début des vols sur Ziguinchor en août 2011».
Ainsi, poursuit le document d’information, «la compagnie aérienne passe de 9 à 10 fréquences hebdomadaires sur l’axe Dakar-Ziguinchor et annonce l’ouverture de vols réguliers entre Dakar et Cap Skirring».
Le Directeur commercial de Sénégal Airlines était, la semaine dernière, à Ziguinchor pour participer à un atelier de préparation de la campagne touristique dans le sud du pays. Lors de cet atelier,  les professionnels du secteur touristique lui avaient fait connaître leur volonté de voir le Cap-Skirring desservi par la compagnie aérienne nationale.
Cette augmentation des fréquences est à coup sûr une réponse positive aux doléances des professionnels du tourisme. Ainsi, lit-on dans le communiqué en question, «la mise en place d’une desserte régulière entre Dakar et le Cap Skirring illustre ainsi l’attention particulière accordée par Sénégal Airlines au développement du tourisme au Sénégal».
A noter que «le premier vol est programmé pour le vendredi 04 novembre 2011».
Boubacar Diassy