01/09/2015

RECHERCHONS FIGURANTS TOUBABS

Production cinématographique cherche figurants toubabs (blancs) pour film historique basé sur faits réels.

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Profil 25-45 ans. Tournage pendant 2-3 jours vers le 20 octobre sur l'île de Dionewar (à côté de Palmarin, à 1h30 de saly/2h30 de Dakar).
"Petit" dédommagement de prévu. Mais surtout le plaisir de découvrir un tournage et de figurer dans un film réalisé par cinéaste réputé (Moussa Touré/"La pirogue")
Envoyer  photo avec  numéro de téléphone et mail  à la production : moussatouree@gmail.com ainsi que copie à cheikhyves@gmail.com

16/01/2013

Tavernier le Sénégalais

FIN TOURNAGE DU FILM QUAI D'ORSAY

Un Sénégalais nommé Bertrand Tavernier

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Le Sénégal peut en toute légitimité réclamer sa part d'héritage dans l'œuvre filmique du réalisateur français Bertrand Tavernier dont la carrière est riche de plus d'une quarantaine de films. Pour la troisième  fois, après «Coup de Torchon» (1981) puis «L'enfant de Thiès», un court métrage documentaire de 26 minutes réalisé avec  son fils Neil, il vient de boucler par le Sénégal  le tournage de «Quai d'Orsay», une adaptation de la célèbre bande dessinée  portant le même titre.

Blanchi sous le harnais, derrière ses lunettes de soleil, la toison enserrée dans une casquette noire à visière, Bertrand Tavernier, le sourire enjoué  après le dernier plan de son film «Quai D’Orsay», entouré de toute son affection et les vivats de son équipe. Le Sénégal accueillait le tournage après La France, l’Allemagne et les Etats Unis. La jeune société de production sénégalaise Cinékap qui assurait la production exécutive de ces deux jours de tournage   avait proposé à Bertrand Tavernier Dougar, un petit village à une soixantaine de kilomètres de Dakar, censé représenter le village d’un pays imaginaire nommé Oubanga, en proie à un conflit dans lequel l’image de la France est écornée.

Le ministre français des  Affaires Etrangères,  Taillard (Thierry Lhermitte), fait le voyage pour calmer les esprits. C'est cette séquence  qu’est venu tourner Bertrand Tavernier sur la route de Dougar, transformée en route Oubanga, pays imaginaire d’Afrique. La veille, il avait planté sa caméra  dans les jardins de la résidence de l’ambassadeur de France au Sénégal pour filmer l’interview télé de ce ministre des Affaires Etrangères.

Samedi 12 janvier 2013. Sur une route poussiéreuse, un cortège de voitures. A l’arrière d’une Berline  Lincoln ont pris place Taillard et Valérie Dumontheil (Julie Gayet) en pantalon de tailleur. Une foule de manifestants chauffés à blanc veulent bloquer le convoi. Ils s’agglutinent autour de la voiture de Taillard qui dit : «On avance, quoi qu’il arrive». La voiture arrive à se dégager puis s’englue à nouveau dans la manifestation. Les gardes du corps sortent de leur voiture pour déblayer la route.

La pression des manifestants augmente. Sur une des banderoles on lit : «Dehors la France». Le convoi est bel et bien bloqué. Taillard en bras de chemise bleue et cravate ouvre la portière de sa voiture, demande à Valérie de rester. Il sort, suivi de  son garde du corps. Arrive  un officiel Oubangais qui s’interpose entre le Ministre et la foule. Taillard tente de dominer la clameur en s’adressant à la foule : «Je suis venu pacifiquement pour aider l’Oubanga.

Je suis là pour régler les problèmes, pas pour en créer.» L’officiel  oubangais lui coupe la parole, entreprend de le convaincre de revenir dans la voiture et faire demi-tour. Le ministre n’en a cure. Il avance, bloqué par la foule.  Eclats de voix. Valérie dans la voiture a très peur mais prend son courage à deux mains et  sort rejoindre Taillard.  Fin de tournage, on remballe. Il a fallu une matinée et un chouya  dans l’après midi pour ces différents plans.

«Quai d’Orsay», adaptation du tome 1 de la bande dessinée garde le coté comique et  délirant sur fond de géopolitique puisque l’histoire se déroule lors de l’intervention américaine en Irak. Bertrand Tavernier dit : «Je trouve que c’est formidable de faire une comédie et en même temps de faire un film qui parle de choses sérieuses. La guerre qui va arriver, les Nations Unies, la position de la France qui ne voulait pas suivre les néo conservateurs américains  et qui pensait que aller dans cette guerre était une action criminelle et l’avenir a donné raison à la position française. C’est le comportement de ce ministre, personnage délirant et qui  a une vision qui m’a aussi intéressé.»

Pourquoi le choix du Sénégal ?: «Parce que j’avais gardé un souvenir très, très ému du tournage de Coup de Torchon, du bonheur que cela était et je dis sans flatterie, les gens , le pays, l’atmosphère la cuisine les acteurs. J’ai gardé un souvenir ému du poulet yassa, du thiébudiene de tout ce que j’avais mangé. Quand j’ai voulu tourner des scènes de Quai d’Orsay, la production disait que ce serait plus économique d’aller à Saint Domingue, parce que c’est tout prés de l’Amérique, de Haiti ou en Martinique  et moi j’ai toujours dit que je voulais retourner au Sénégal.

Ce film a été une aventure formidable et je l’ai terminé dans le bonheur. Je ne pouvais pas avoir de meilleure fin que la fin que j’ai eue aujourd’hui. Aussi bien au niveau du décor que de la figuration qui était magnifique.»

La sortie du film est prévue pour le dernier trimestre de 2013.

Baba DIOP

21/05/2012

Le Sénégal à Cannes

Festival de Cannes 2012 : « La Pirogue » ou la galère des candidats sénégalais à l’exil

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«La pirogue», un film du Sénégalais, Moussa Touré, sélection officielle «Un certain regard» au Festival de Cannes 2012.

L’un des événements de ce dimanche à Cannes était la projection de La Pirogue dans la section Un certain regard, le seul film de l'Afrique subsaharienne en sélection officielle. Le ministre de la culture sénégalais, Youssou N'Dour avait d'ailleurs fait le déplacement pour l'occasion pour ce film qui a pour thème les candidats à l'exil.

La Pirogue, c'est un long bateau de pêche. Ces derniers temps cependant, ce ne sont pas des poissons qu'elle ramasse mais des hommes en quête d'une vie meilleure en Europe. L'un rêve de réussir dans la musique, l'autre de devenir footballeur, un infirme espère pouvoir se faire soigner et une jeune femme affirme qu'un emploi l'attend à Paris.

Le réalisateur Moussa Touré montre les préparatifs puis la traversée tragique en mer. Tous ne survivront pas à cette odyssée, et ceux qui restent, heureux d'avoir réchappé aux flots, reviendront à Dakar, transformés et désabusés. Rares sont les films africains sélectionnés au Festival. Pour autant, Moussa Touré refuse d'apparaitre comme le représentant du continent.

Youssou N'Dour salué

« Il y a une Afrique que je ne veux pas représenter. Parce que l’Afrique des dictateurs et tout ça, moi je ne la représente pas ! », insiste-t-il « Je suis pour représenter l’Afrique mais avec le peuple, ou les peuples » poursuit-il.  « Aujourd’hui, tous ceux qui nous gouvernement au Sénégal, je suis d’accord pour les représenter parce qu’ils sont dans la même voie que le peuple et dans la même voie de la liberté parce qu’on s’est battu pour avoir ce qu’on a. Les gens Comme Youssou N’Dour ou notre président de la république Macky Sall qui sont dans ce gouvernement, je suis avec eux », conclut-il.

Youssou N'Dour, venu monter les marches de la section Un certain regard, a d'ailleurs été ovationné au Palais des festivals. Le ministre était salué aussi bien pour ses talents de musicien que pour la transition démocratique qui prend forme au Sénégal et qui redonne espoir aux cinéastes locaux.

Sophie Torlotin/RFI