08/03/2015

LES SAVEURS DU SENEGAL...EN FRANCE!

« La cuisine de Marième », toutes les saveurs de l’Afrique à Saint-Cyprien
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Entrer dans la boutique « La cuisine de Marième », 25 rue Augustine-Fournier à Saint-Cyprien, c’est arriver au terme d’un long voyage et savourer tous les plaisirs du dépaysement.
Marième Brun-Faye est née à Saint-Louis au Sénégal et a rejoint son conjoint voici 9 ans. "Au début, j’ai eu vraiment de la peine à trouver un travail et quelque chose qui me plaisait. Comme j’aime bien cuisiner, j’ai lancé l’idée de faire de la cuisine africaine, de la vente de produits exotiques ».
Au démarrage, ce sont sur les marchés de Montbrison et de Saint-Just-Saint-Rambert.
« Nous avons jumelé nos compétences, renchérit Jean-François, son époux. Ma femme est un fin cordon-bleu et, pour ma part, j'ai plusieurs années d’expérience dans le domaine de l’emballage agro-alimentaire ».
Marième cuisine le yassa au poulet, le thiou (ragoût de bœuf avec patates douces), le Tieb', le mafé (bœuf à base de pâte d’arachide et légumes), et bien d’autres spécialités africaines qui sont mises en bocaux.
Sur les rayons de la boutique sont alignées des bouteilles de sirops et jus de fruits: à la fleur d’hibiscus, le bouye (fruit du baobab), le tamarin qui est un fruit sec, des épices : curry vert, safran, gouttes de poivrons, la cannelle, etc.
Il est aussi possible d’acheter de la farine de haricots, du couscous de mil, du pain de singe, des confitures du Sénégal, de la Martinique, de la Réunion, du beurre de karité qui arrive d’Afrique, du miel de savane, etc...
Marième a aussi développé le concept de plats à emporter et, désormais, une boutique prouve le succès croissant, la demande tant d'Africains vivant en France que de toubabs aimant retrouver les saveurs qu'ils ont découvertes lors d'un voyage sur ce continent ou les curieux de cuisine exotique.
Outre les marchés, les foires, Marième a également développé dans son magasin une salle dédiée au commerce équitable: vêtements, vanneries de Thié, encens, bijoux, maroquinerie, pagne de nuit, portage bébé, etc...
Le plus simple est de visiter son site internet si vous n'avez pas la chance d'habiter dans la Loire...
Il se chuchote que la demande de vente en ligne est telle que Marième risque bien de sauter le pas. Affaire à suivre!
LA CUISINE DE MARIEME
25 rue Augustine Fournier à St Cyprien
Tel:06 20 13 50 74
Fix: 04 27 64 48 67
Email: contact@lacuisinedemarieme.org
http://www.lacuisinedemarieme.org/

30/12/2010

La cuisine Sénégalaise

La cuisine sénégalaise racontée par Coumba Diop
Des recettes délicieuses et de belles photos en un seul livre
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Après le superbe "La cuisine de ma mère", de Youssou N’Dour, voici le savoureux "Cuisine du Sénégal", écrit par la journaliste gastronomique Coumba Diop. Le livre, superbement illustré, dévoile les mille et une facette de cette cuisine aux influences multiples.
Il y a très peu de livres de cuisine africaine. Mais depuis quelques années, avec le nombre croissant d’Africains vivant en Europe, donc de femmes désireuses de perpétuer la cuisine de leur enfance ou de leur culture, et avec l’intérêt croissant des Occidentaux pour les cuisines du monde, les éditeurs commencent à s’intéresser à ce secteur. Après le superbe La cuisine de ma mère, de Youssou N’Dour, paru en 2004 chez Minerva, voici donc Hachette, l’un des plus gros éditeurs culinaires de France et d’Europe, qui publie La cuisine du Sénégal. Le livre est rédigé par Coumba Diop, journaliste gastronomique installée en France, qui écrit notamment pour Gala, L’Express et TGV magazine, et il est superbement illustré de photographies prises dans tout le pays, par Philippe Vaurès-Santamaria.
Le livre nous apprend que la cuisine sénégalaise, et notamment dakaroise, porte les influences de toutes les cultures qui ont marqué un endroit du monde qui est, depuis des siècles, une escale-clé sur diverses routes commerciales, et un port et centre économique cosmopolite brassant des gens venus de partout : commerce transsaharien qui a amené au Sénégal le couscous marocain par exemple, revu et corrigé ; présence française qui a engendré des recettes telles le ragoût de bœuf aux petits pois ou le goût pour les farcis, comme dans le mulet farci à la Saint-Louisienne ; présence des Libanais du Sénégal qui ont apporté leur goût pour les méchouis d’agneau ou pour les « fatayers », ces petits chaussons libanais devenus « fatayas » ; sans oublier les influences récentes avec des recettes comme le « Bobotie diongoma », bœuf et agneau cuits au four au curry et à la Worcester sauce, recette inspirée de la cuisine sud-africaine – car les Sénégalais sont de plus en plus nombreux à se rendre dans ce pays qui est en plein boom économique. Rencontre avec Coumba Diop – qui a dédié ce livre à sa mère, Dié, qui lui donna sa première leçon de cuisine…

Dans le livre vous racontez que vous réalisez votre première recette à 15 ans, sous la houlette de votre mère, fin cordon-bleu : un Thiébou Dieune (plat traditionnel à base de poisson mijoté et de riz, ndlr). Comment passe-t-on de « jeune-fille-qui-aime-faire-la-cuisine », comme beaucoup de jeunes filles, à la journaliste gastronomique que vous êtes devenue aujourd’hui ?
Coumba Diop :Le premier déclic a été quand j’ai réalisé ce Thiébou Dieune, et que je l’ai réussi. Je me suis étonnée moi-même ! Parce que j’étais allée à la cuisine en traînant des pieds… Et quelque temps après un couple de Français qui étaient en visite chez mes parents m’ont offert le livre de pâtisserie de Françoise Bernard (célèbre auteur culinaire en France, auteur de nombreux livres, ndlr). J’ai feuilleté le livre, qui m’a parlé. J’ai vu la recette d’un flan, et je me suis lancée. Et là, non seulement il était conforme à la photo, mais en plus il était bon ! J’étais éberluée ! C’était la première fois que je réalisais une recette à partir d’un livre. Après j’ai fait d’autres desserts, une crème fouettée, un cake, une tarte, etc. : tout était très réussi ! Quand je suis arrivée à Paris, j’ai continué à faire des recettes, pour mon plaisir. Puis un jour, j’étais étudiante, et comme job on m’a demandé de réécrire des textes écrits par les testeurs du Bottin Gourmand (l’un des guides des meilleurs restaurants en France, ndlr). Je me suis dit : « c’est quelque chose d’extraordinaire, d’aller dans ces endroits… ». L’intitulé des plats me faisait rêver, il y avait la description des décors... J’ai tout fait pour devenir journaliste gastronomique à mon tour !
C’est votre mère qui vous a donné vos premières leçons de cuisine. Avez-vous des enfants, et leur transmettez-vous à votre tour votre passion pour la cuisine ?
Coumba Diop :J’ai un fils de 3 ans, et il est très gourmand, comme sa maman. Et bien, si je lui prépare un plat qui est moyen, il me le rend, et il me dit « c’est pas bon ! » !!!

Afrik.com:Quelle a été la réaction de votre mère à la publication de votre livre ?
Coumba Diop :Elle est très fière ! Parce qu’au début, quand elle nous entraînait de force dans la cuisine – nous sommes 5 filles – nous trouvions que faire la cuisine était une tâche ingrate et infâme.

Afrik.com:Toute cuisinière aime créer ses propres recettes : quelles sont celles que vous avez créées, dans ce livre ?
Coumba Diop :La recette du cabillaud à la mangue ; le potage de potiron au lait de coco ; le gratin de crabes ; l’ananas infusé au gingembre ; le gratin de patates douces ; entre autres…

Coumba Diop, La cuisine du Sénégal, Hachette Pratique, 2010