22/04/2017

LA PRESIDENCE FRANCAISE VUE DU SENEGAL

Présidentielle française : ce qu'on en dit au Sénégal

images.jpg

"Un changement de pouvoir là-bas impacte le pouvoir ici". Voilà qui donne le ton des commentaires sur le scrutin présidentiel au pays de la Téranga.
Dakar. Pointe des Almadies. A quelques mètres de la plage. Dans ce quartier plutôt huppé, des hommes d'affaires et fonctionnaires croisent quelques touristes français et nombre d'expatriés. Aux terrasses des cafés, les conversations tournent autour du quotidien, du dernier match de football ou de la politique, véritable passion nationale. Et à quelques jours de la prochaine élection présidentielle française, tous les regards se tournent vers Paris. Ainsi que nous l'explique Mame-Fatou, 28 ans, chargée de communication dans un grand groupe. « Je suis une passionnée de politique, et je pense suivre les élections françaises bien plus que la plupart des gens, voire que la plupart des Français. D'abord, il y a un climat de peur internationale, avec en plus une montée des extrémistes. C'est donc une élection passionnante : l'enjeu y est crucial, les candidats sont vraiment atypiques, et l'électorat très indécis. »
"Forcément, le Sénégal est concerné"
Et Mame-Fatou est loin d'être seule à s'enflammer pour le scrutin français. « Je suis de très près les élections françaises, et particulièrement les débats télévisés. Car, forcément le Sénégal est concerné : un changement de pouvoir là-bas impacte le pouvoir ici. Pour autant, je ne m'intéresse pas aux détails aux programmes des différents candidats, car c'est aux Français de choisir ! », rappelle Babacar F., 40 ans, médecin et conseiller technique au ministère de la Santé. Ceci étant, sans faire preuve d'ingérence, notre praticien s'autorise un avertissement : « Mais, attention, car le président que vous choisirez sera obligé d'être confronté à la realpolitik et donc de travailler avec tous les autres pays. C'est pour cela que ma préférence irait plutôt vers Fillon - car son expérience et son charisme dans un contexte très houleux permettrait de faire entendre la voix de la France – ou à défaut le jeune Macron qui donnerait la parole à une nouvelle génération. »
Deux candidats qui semblent avoir la faveur des Sénégalais. Pour différentes raisons. "Si j'étais français, je voterais Fillon", lance Albarca B, 32 ans, enseignant à l'Institut Français (ex-CCF). C'est un homme courageux, malgré les affaires qui l'ont déstabilisé. Il a montré ainsi qu'il sait se tenir debout dans les situations difficiles, et c'est assez séduisant par les temps qui courent… », poursuit-il. "Mon favori : c'est Macron. Il a fait une belle prouesse en fédérant de grosses pointures en très peu de temps. De plus, même si mon cœur est un peu plus à gauche, je pense qu'il est le favori pour battre Le Pen au second tour. Enfin, j'ai entendu ses déclarations sur la décolonisation, c'est bien !", note Mame-Fatou. Tout en émettant certaines réserves. « Mais pourra-il traduire ses déclarations en acte une fois élu ? Comme en s'engageant sur des dédommagements ? Voilà ce qu'ici nous attendons", ajoute-t-elle.
« L'avenir de l'Afrique ne se joue pas à Paris ! »
Des attentes, mais peu d'illusion, car pour cette dernière, « l'avenir de l'Afrique ne se joue pas à Paris ! ». Et de s'expliquer : « Avec Hollande, on a senti que le discours s'est amélioré et qu'il était plus respectueux… Après il ne faut pas se leurrer, un président français ne va pas changer le quotidien des Sénégalais ». Allusion aux propos, tenus à Dakar, par son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, qui assurait que « l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire ». Des propos qui avaient alors consterné les Sénégalais, comme les autres populations africaines. Hollande, au début de son quinquennat, également en visite au pays de la Téranga, lui, avait salué la démocratie sénégalaise. Avant d'annoncer « le temps de la Françafrique est révolu ! » Une promesse de rupture tenue ?
"J'avoue qu'avec Hollande, j'ai senti beaucoup plus de respect pour le Sénégal, plus de considération pour l'Afrique aussi. Il disait dans ses discours, avec une vraie sincérité, que le Sénégal est l'égal de la France… tout le contraire de Sarkozy qui se comportait comme un donneur de leçon !", observe Babacar. C'est aussi pour Hollande un bilan positif d'un point de vue international, surtout pour la sous-région et le Mali, car il a su donner son soutien plutôt à des pays démocratiques et n'a pas hésité à être franc avec le président de la RD Congo. » Un avis loin d'être partagé par Albarca. « Pour moi, les relations entre la France et le Sénégal n'ont pas vraiment évolué sous Hollande, dont le discours était au final de simple façade. Pour être honnête, Je préférais même Sarkozy ! Au moins il était plus clair en défendant ouvertement une immigration choisie, et plus actif à l'international, c'est-à-dire d'un point de vue militaire ».
« Il est temps que la France traite du F CFA »
Pour Tonton Massaer, 66 ans, c'est plutôt du « ni-ni ». Cet administrateur de société, dont le cœur penche plutôt à droite mais qui, cette fois, dit apprécier Mélenchon, dont le slogan « la France insoumise », proche de la devise sénégalaise « conquis mais non soumis », lui rappelle l'esprit des Lumières, estime que l'enjeu est ailleurs. « Pour ce qui nous concerne, et donc par rapport à l'Afrique, je crois qu'il est temps que la France traite du Franc CFA, car je crains, comme beaucoup d'entre nous, pour notre indépendance… Cela m'inquiète… et puis la France a perdu du terrain ici par rapport à l'Asie, alors elle doit trouver les bons arguments pour remonter la pente ». Au risque de voir les relations entre le Sénégal et la France, plus largement entre l'Afrique et l'ancienne métropole, aujourd'hui coincé dans un « je t'aime… moi non plus », glisser vers un désamour plus tranché.
Aurélien Buraud (avec ANA)/Lepointafrique

04/10/2016

ET SI C'ETAIT LA MEILLEURE CANDIDATE!?!...

Rama Yade à Dakar: «La France doit changer de regard sur l’Afrique»

000_Par6501670.jpg

L’ancienne secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, Rama Yade en tournée sur ses terres d’origine, reste très optimiste de l’avenir du continent africain, devenu, selon elle, «l’atelier du monde». Elle insiste sur la nécessité de changer de regard.
«Compte tenu de la croissance qui dépasse en moyenne 5% et qui est portée par une stabilité de l’inflation et par une gouvernance améliorée, la France doit changer de regard sur le continent», a invité Rama Yade qui a rencontré le président Macky Sall pour lui présenter sa vision sur les relations entre l’ancienne métropole et ses anciennes colonies.
Rama Yade s’est également entretenue avec les membres de l’association des femmes juristes du Sénégal.
«Il faut prendre acte aujourd’hui des changements importants du continent africain et changer de regard. Nous avons un défi majeur qu’est de rebâtir une nation», invite-t-elle dans les colonnes de l’As quotidien.
Seneweb

19/04/2016

VALSE DES AMBASSADEURS...

Ambassade de France au Sénégal: Christophe Bigot remplace Jean Félix Paganon

BIGOT.jpg

Changement de visage à la tête de l’ambassade de France au Sénégal. Jean Félix Paganon va céder sa place à un autre diplomate.
Christophe Bigot, a été nommé nouvel ambassadeur au Sénégal par décret du 15 avril 2016, par François Hollande. Cet ancien Directeur de la Stratégie à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) au ministère français de la Défense va donc succéder à Jean Felix Paganon appelé à d’autres fonctions..
Christophe Bigot, conseiller des affaires étrangères hors classe, avait été nommé en 2003, Directeur de la stratégie à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) au ministère de la Défense. Auparavant, il était ambassadeur de France en Israël.
Amadou L. Mbaye/Senenews