19/10/2011

Des résultats concluants sur un vaccin anti-palu

Des résultats concluants sur un vaccin anti-palu
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La maladie cause la mort de 800.000 personnes par an, notamment en Afrique subsaharienne. Un vaste essai clinique d'un nouveau vaccin contre le paludisme a montré une réduction de moitié du risque d'infection chez de jeunes Africains.
Alors que mi-septembre les premiers résultats d'un essai clinique mené par une équipe internationale chez des enfants au Burkina Faso sous la direction d'un médecin de Pasteur donnaient déjà des résultats prometteurs (lire notre article > Paludisme : un vaccin qui suscite l'espoir), un autre vaccin anti-paludéen a livré ses résultats. Des résultats là encore porteurs d'espoir. Ce vaccin dénommé RTS,S réduit le risque de contracter la maladie d'environ 50% chez les enfants africains en bas âge, selon les premiers résultats d'un essai clinique de phase 3 dévoilés mardi aux Etats-Unis.
L'essai clinique du vaccin mis au point par le groupe britannique GlaxoSmithKline dans un laboratoire situé en Belgique --le plus avancé contre le paludisme--, a été mené dans sept pays d'Afrique subsaharienne. Il a montré que trois doses permettent de réduire le risque de paludisme de 56% et de 47% pour la forme la plus grave --quand la maladie touche des organes comme le cerveau ou les reins et devient alors fatale.
800.000 morts par an
L'analyse de ces résultats, portant sur une période de 12 mois suivant la vaccination, a été effectuée sur des données provenant des 6.000 premiers enfants âgé de six à 17 mois vaccinés. La publication de ces premiers résultats "marque une étape clé dans le développement de ce vaccin (...) et devrait susciter de nouveaux espoirs que le paludisme soit vaincu", souligne le Dr Tsiri Agbenyega, le principal chercheur. "Ces résultats prouvent l'efficacité de travailler en partenariat pour créer un vaccin antipaludéen capable de protéger des millions d'enfants contre cette maladie dévastatrice", ajoute Bill Gates, co-président de la la fondation créée avec son épouse Melinda qui finance le PATH Malaria Vaccine Initiative créé en 2001.
Malgré des progrès importants ces dernières années pour réduire la mortalité résultant du paludisme, cette maladie tue encore 781.000 personnes par an, dont une grande majorité des enfants en bas âge en Afrique sub-saharienne, selon les statistiques de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les résultats de l'essai clinique du vaccin RTS,S ont été présentés au Forum sur le paludisme organisé cette semaine à Seattle (Etat de Washington, Nord-Ouest) par la Fondation de Bill et Melinda Gates. Ils sont également publiés dans la version en ligne du New England Journal of Medicine.
Il a fallu le concours de MONSIEUR BILL GATES pour avancer dans ce domaine de maladie de pauvres...aucun état auparavant n'a fait cette démarche il est vrai que de fabriquer et de vendre des armes est plus lucratif et que, finalement, quelques centaines de milliers de pauvres qui meurent par an, ça ralenti un peu la démographie; pauvres qui de toute façon, sans aide, n'ont pas les moyens de s'offrir le moindre vaccin...

15/12/2010

Paludisme

Paludisme, un rapport très encourageant
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En Afrique, 35 % des enfants de moins de cinq ans dorment sous une moustiquaire © Louise Gubb / Corbis
Dans onze pays d'Afrique, le nombre de cas confirmés de paludisme, d'hospitalisations et de décès dus à cette maladie a diminué de plus de 50 % au cours de la décennie écoulée. C'est l'un des enseignements du Rapport sur le paludisme dans le monde publié aujourd'hui par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Une réduction de même ampleur a également été constatée dans 32 des 56 pays d'endémie palustre en dehors de l'Afrique au cours de la même période, alors qu'une diminution de 25 à 50 % a été constatée dans huit autres pays. Cette maladie est maintenant éliminée au Maroc et au Turkménistan. Quant à la région européenne de l'OMS, elle n'a signalé aucun cas de paludisme à Plasmodium falciparum l'an dernier.
Les moustiquaires protègent 578 millions d'habitants
Ces bons résultats sont liés à différentes actions. Tout d'abord, grâce à une extension massive des programmes de lutte antipaludique entre 2008 et 2010, il a été possible de fournir assez de moustiquaires imprégnées d'insecticide pour protéger plus de 578 millions de personnes exposées au risque de paludisme en Afrique subsaharienne. Actuellement, 42 % des familles africaines possèdent au moins une moustiquaire imprégnée d'insecticide et 35 % des enfants de moins de cinq ans dorment sous ce type de protection. Même si cela semble encore bien peu, la progression est indéniable. D'autre part, la pulvérisation à effet rémanent à l'intérieur des habitations a permis de protéger 75 millions de personnes, c'est-à-dire 10 % de la population à risque en 2009.
Côté soins, onze pays africains offraient suffisamment de traitements par association médicamenteuse pour couvrir tous les cas pris en charge par le secteur public à la fin 2009. Dans cinq autres pays africains, il y avait assez de traitements pour soigner bien plus de la moitié des malades. Ces chiffres représentent une augmentation sensible puisque, en 2005, seuls cinq pays disposaient d'assez de médicaments pour prendre en charge plus de 50 % des cas dans le secteur public. Selon le rapport, le nombre de décès par paludisme a été ramené de 985.000 en 2000 à 781.000 en 2009. "Les résultats exposés dans ce rapport sont les meilleurs depuis des décennies", se réjouit le Dr Margaret Chan, directrice générale de l'OMS. Mais elle s'inquiète pour l'avenir. Car les montants engagés contre la maladie sont, certes, considérables (1,5 milliard de dollars en 2009, 1,8 milliard en 2010), mais ils restent bien en-deçà des ressources nécessaires, estimées à plus de 6 milliards de dollars pour 2010.
Anne Jeanblanc