24/11/2012

De Palmarin en Vendée

Ils bâtissent Terragora Lodges en Vendée, une résidence écolo inspirée du Sénégal

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Dans la vallée de la Sèvre, un projet hôtelier fait le pari de l’écotourisme et du culot architectural. Une aventure familiale qui trouve ses racines en Afrique. Ouverture en juin 2013.

Il y a ces œufs géants, montés sur pilotis, tout en matériaux nobles. Ces igloos lunaires, nommés , faits de boudins astucieusement entassés. Et, bien sûr, ces cabanes en bois plus classiques, plus nombreuses aussi, qui dominent la vallée de la Sèvre.

Bienvenue sur le chantier de Terragora Lodges, un complexe hôtelier hors norme, tourné vers l’écotourisme. Aux Épesses, dans cet écrin de verdure baigné de silence, le projet prend forme à l’abri des regards depuis plusieurs mois. Il est porté par un couple, Jean-Pierre et Sylvie Gaborit, avec un objectif précis : « On veut que les gens trouvent ici deux éléments essentiels : le côté cocon et l’ouverture à la nature. »

On y trouvera donc huit lodges aux formes diverses (terrier, chrysalide ou nymphe), seize cabanes en bois sur pilotis et un espace central de 250 mqui accueillera un restaurant, « ouvert à l’année et aux gens de l’extérieur ». L’eau y sera chauffée « à 70 % » par capteur solaire.

De Mortagne à Palmarin

Cette drôle d’aventure vendéenne est en fait un retour aux sources. Mais elle prend ses racines au Sénégal. Ancien chef d’entreprise à Mortagne-sur-Sèvre, Jean-Pierre a cédé en 2002 sa société (Énergie système) pour investir dans un projet original au Sénégal : bâtir un parc éco-hôtelier sur les collines de Niassam, à Palmarin. Même philosophie. Succès total.

Au fil des années, l’idée de décliner ce concept en France prend forme. Pas forcément dans la facilité. « Il y a ici une lenteur administrative qui sclérose l’économie, assène Sylvie Gaborit. Il faut avoir du courage pour ne pas laisser tomber. » Le couple parvient à trouver un terrain de 19 ha, « dont seulement quatre vont être transformés ».

Leur projet est soumis à un concours d’architecte. Les feux administratifs passent tous au vert, progressivement. En janvier 2011, le conseil municipal des Épesses (Vendée) valide le principe. « Il a fallu être convaincant. Notre idée est bien de garder le site à l’état naturel. On ne vend pas que des séjours de vacances : on propose un point de départ pour découvrir la région. »

Artisans locaux

L’autre originalité du projet, c’est sa dimension familiale. « Nous sommes à la fois les créateurs, les constructeurs et les exploitants, résume Sylvie. On fait beaucoup de choses nous-mêmes, pour mieux gérer notre budget. » Enveloppe totale : 1,4 million d’euros, dont « 80 % de fonds propres, les nôtres et ceux d’amis entrepreneurs ». Une dizaine d’artisans locaux, de jeunes en formation y travaillent avec eux.

François, le fils, ancien étudiant en relations internationales, y est aussi très investi. Le jeune homme a travaillé avec ses parents au Sénégal et a aussi effectué une formation de trois mois en Californie pour apprendre à construire le fameux .

Cette aventure, « c’est aussi de l’apprentissage en temps réel », confie-t-il, soulignant la cohérence écologique du projet : « On a souvent tendance à vouloir réduire la consommation énergétique tout en utilisant du matériel polluant. Pas nous. » Ouverture prévue en juin 2013.

Benoît GUÉRIN